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Appel des universités à une mobilisation interprofessionnelle

Nous enseignants, étudiants, BIATOSS de diverses universités d'île de France, organisons à Paris, avec les salariés en lutte de la FNAC, un rassemblement interprofessionnel le jeudi 9 avril à 14h.

Les FNAC parisiennes sont en lutte depuis plusieurs semaines, notamment celle de Bastille, contre les plans sociaux. Alors que le groupe Pinault-Printemps-La Redoute (PPR) fait d'énormes bénéfices, plus d' 1 milliard d'Euros, en hausse de 5%, celui-ci supprime 400 emplois à la FNAC en France et 800 à Conforama. A la Fnac Bastille, 60 postes sont supprimés : le magasin ferme !

De notre coté, depuis 9 semaines les universités sont massivement en lutte contre la casse de l'université publique (Loi LRU, LMD, contrat doctoral unique, Plan campus, Plan Licence, RGPP...).

Les autres secteurs de l'éducation sont aussi mobilisés contre les réformes dévastatrices du gouvernement : contre la suppression des RASED, la fragilisation de la maternelle par la création de « jardins d'éveil », la suppression d'heures, de postes, la précarisation des personnels, des enseignants et de leur formation (suppression des IUFM).

La justice, la santé, le monde de la culture se mobilisent aussi contre les réformes gouvernementales, et les salariés de plusieurs entreprises privées comme Continental, Caterpillar, KFC, Numericable (...) subissent de plein fouet la politique du patronat de chômage partiel, baisse de salaire et licenciements.

Nous constatons que l'économie libérale impose un projet de société qui s'attaque à tous les secteurs : elle sacrifie l'intérêt des travailleurs, l'esprit du service public et la philosophie de l'université en se servant de la crise au profit des actionnaires et de la logique de rentabilité à tout prix. Par exemple on parle de « pôles d'excellence », où les magasins seront spécialisés dans une catégorie restreinte (Disque, ou Librairie, ou Hi?Fi...) pour les FNAC comme pour les universités où ces pôles signifient la spécialisation des campus dans des domaines rentables. Partout les mêmes idées s'appliquent !

Le gouvernement et le patronat ne lâchent sur rien, il est donc plus que temps de se mobiliser, se coordonner et d'agir tous ensemble: étudiants, salariés du public, du privé, syndiqués ou non, avec ou sans-papiers, construisons ensemble une plateforme de revendications communes. Seule une grève générale nous permettrait de créer un réel rapport de force pour obtenir satisfaction de nos revendications.

Cependant nous voyons bien que le calendrier des directions syndicales d'une journée de grève tous les 2 mois (après le 1er mai, le 14 juillet ?) ne mène nul part. C'est pourquoi il est plus que nécessaire de s'organiser dès maintenant sur nos lieux de travail et d'étude en vu de mettre en place une mobilisation interprofessionnelle plus efficace. Ce rassemblement interprofessionnel de jeudi est le premier du genre avant le 1er mai. Le but est de rendre visible les luttes des différents secteurs et de rédiger un appel commun qui ressortira de ce rassemblement.

Rendez-vous Place de la BASTILLE, Paris, à 14h (en face de la Fnac), jeudi 9 avril 2009

 

Conseil municipal du 9 février : Intervention de Cédric Sudres, groupe communiste, pendant le débat sur le voeu de soutien aux I.U.T.

                               Alors que depuis plusieurs semaines les IUT se mobilisent. Le vœu de soutien aux I.U.T. s’inscrit dans la mobilisation actuelle des étudiants, des enseignants-chercheurs, des enseignants et des personnels administratifs des universités. Ces mobilisations ont toute pour mes objectifs : combattre les conséquences dangereuses de la loi LRU sur le service public d’enseignement supérieur.

Après la déréglementation pédagogique, instauré par le système LMD, qui a mi à mal le cadre national des diplômes, les trois grands objectifs poursuivis par la loi LRU sont les suivants :

- une déréglementation financière avec réduction des financements publics des universités au profit de financements privés. - une déréglementation dans la gouvernance des établissements, avec l’instauration « de super-président » sans contre-pouvoir face à eux, avec notamment pour conséquence pour des entités comme les IUT d’être soumis au choix politique et budgétaire du président de leur université de rattachement. - une déréglementation statuaire avec notamment une remise en cause du statut des enseignements-chercheurs mais plus largement de tous les personnels avec le développement des contrats de droit privé au profit de postes statutaires.

Il s’agit là d’une véritable casse du service public d’enseignement supérieur, d’éducation. Or pourquoi casser, de manière générale, le service public alors que le service public ça marche, ça fonctionne !!! On là encore vu après le passage de la tempête dans le sud-ouest….le service public accompli pleinement sa mission.

Et bien la réponse nous est apportée par François Fillon lui-même et permettez moi de citer ces propos devants la fondation concorde : « le problème que nous avons en France, c’est que les gens sont contents des services publics. L’hôpital fonctionne bien, l’école fonctionne bien, la police fonctionne bien. Alors il fat tenir un discours, expliquer que nous sommes à deux doigts d’une crise majeure…. » et de rajouter un peu plus loin « c’est bien en les fragilisant de l’intérieur (baisse d’effectif, baisse des investissements…) que l’on rendra les services publics impopulaires auprès des populations. Une impopularité qui pourra servir de prétexte pour des privatisations à venir… »

Cédric Sudres