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Les communes à l’honneur ? Le tract de l'ANECR au congrès des maires.

Tract ANECR pour le congrès AMF 2012Elles peuvent être un formidable atout anti-crise si elles ont les moyens de jouer pleinement leur rôle.

Le Président de la République au cours de son intervention aux État généraux du Sénat, a prôné un contrat de confiance entre l’Etat et les collectivités territoriales et un nouvel Acte de décentralisation… Mais les ambitions de cette réforme sont aussitôt contredites car il enferme ce processus dans ce qu’il appelle le redressement des comptes publics, en fait la «règle d’or» budgétaire imposée par le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy.Cela se traduit par le gel des dotations d’État aux collectivités en 2013 et une réduction programmée de 2,4 milliards pour 2014 et 2015. Une potion très amère pour nombre de communes, départements et régions en proie à l’étouffement progressif de leur capacité d’agir au service des populations. Le processus sera étroitement surveillé avec la création du Haut Conseil des Territoires, expressément prévu dans le TCSG, chargé de faire respecter l’austérité permanente et véritable retour d’une tutelle sur les budgets des collectivités.

C’est d’autant plus grave qu’explosent partout sur le territoire les situations de détresse des familles qui mobilisent des moyens d’urgence de la part des collectivités. Celles-ci n’ont souvent d’autres choix que de pallier tant que faire se peut les carences de l’État qui, au cours des années de gouvernement de droite, s’est désengagé en transférant les compétences sans compensation suffisante, en s’en prenant aux services publics. L’aggravation de la crise sociale du pays, pleine de dangers, nécessite assurément d’autres choix…

Si quelques mesures vont dans le bon sens, le gouvernement a en réalité imprimé un cap politique (confirmé par la conférence de presse de François Hollande qui repousse à cinq ans les résultats !) un cap qui, s’il n’est pas infléchi largement, ne nous sortira pas de la crise et de la domination des marchés financiers. Il n’y a en effet pas d’austérité juste, ni efficace. Comment compter sur le succès d’un «pacte de compétitivité» en ne donnant pas un nouvel élan à ces acteurs stratégiques que sont les collectivités territoriales, qui portent plus de 70% des investissements publics civils du pays, de multiples politiques solidaires et sociales, qui sont vecteurs d’innovation, de développement économique, social et environnemental et parmi les premiers défenseurs de l’emploi ?

Pas de décentralisation réussie sans recettes nouvelles.

C’est pourquoi, les élus communistes et républicains avec les parlementaires du Front de gauche, d’autres élus partout dans le pays et les citoyens, mènent l’action pour que des mesures concrètes et «anticrise» soient prises tout de suite ou dans les prochains mois dans le cadre de la loi sur l’acte 3 de la décentralisation.
Il est ainsi urgent de rétablir un impôt économique lié au territoire après la suppression de la taxe professionnelle décidée par Nicolas Sarkozy. Nous proposons de donner à cet impôt une nouvelle force en lui intégrant la taxation des actifs financiers des entreprises, lesquels sont significatifs de l’évolution de ces 20 dernières années vers la sphère financière et spéculative d’une grande partie de l’économie, processus à l’origine de la crise. Taxer ces actifs, même faiblement à 0,3%, aurait l’avantage de ramener vers nos territoires des sommes considérables (40 milliards) et permettrait d’alimenter efficacement un fonds de péréquation verticale utile aux besoins de nos concitoyens, sans opposer les collectivités entre elles.

S’agissant de la nouvelle banque des collectivités locales (à terme un consortium Banque Postale et Caisse des Dépôts et Consignations), nous proposons qu’elle soit vraiment affranchie des critères des marchés financiers (rentabilité immédiate, taux sélectifs et usuraires), ce qui suppose un pilotage et un contrôle démocratique. Mais elle a ses limites en volume, et il faudra bien créer un pôle financier public à la hauteur des besoins.

Enfin, en pleine préparation du projet de loi par le gouvernement, c’est le moment pour les élus de s’exprimer et d’agir en faveur d’une réforme ambitieuse donnant plus de souffle à la démocratie territoriale, pour répondre aux défis humains et démocratiques d’aujourd’hui, avec des services publics et des champs d’intervention publique locale élargis, véritables boucliers anticrise et vecteurs de solidarité. Il n’est pas trop tard pour abroger complètement la réforme territoriale de 2010 de Nicolas Sarkozy qui préparait l’évaporation des communes et des départements et qui a suscité une très forte opposition de la part de dizaines de milliers d’élus… Le rendu de vos questionnaires des Etats généraux du Sénat contenait des exigences fortes : affirmation très large du fait communal, refus des fusions autoritaires des intercommunalités, rétablissement d’un impôt économique garant de la libre administration des collectivités…

Certaines annonces gouvernementales nous inquiètent : définition stricte de blocs de compétence à chaque niveau, risquant de remettre en cause «de facto» la clause de compétence générale. Le débat sur la métropole ou le pôle métropolitain ne doit pas faire non plus disparaître la primauté du fait communal. Les élus communistes et républicains proposent que dans le cas de transferts lourds de compétences, la loi oblige à consulter les citoyens, la commune étant le lieu efficace permettant cette consultation.

Rien sans la commune !

Les communes sont des leviers démocratiques et économiques tout à fait indispensables pour sortir de la crise. Moderniser la vie politique, c’est mettre le citoyen au coeur, tourner le dos au présidentialisme, conquérir des pouvoirs sur la finance. Dans ce cadre, le non cumul des mandats, la citoyenneté de résidence avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, le scrutin proportionnel à toutes les élections pour respecter le pluralisme d’opinion, des nouveaux droits pour les salariés sont autant de mesures qui ne doivent pas être reportées.

Il n’y a pas trop d’élus dans ce pays, leur dévouement est un atout considérable. La représentation démocratique ne doit pas être réservée aux professions libérales. Il est particulièrement urgent de travailler à un statut de l’élu qui aille jusqu’à donner des droits équivalents aux droits syndicaux.



UBULAND Les limites des péréquations !
On a perdu la TP et des effets ciseaux multiples apparaissent pour les collectivités. Les dotations globales de l’Etat accentuent leur pente descendante, non compensées complètement par les hausses légères de la DSU et de la DDU décidées récemment. Quant aux péréquations «horizontales», elles sont dramatiques, avec de nombreuses situations ubuesques : Nanterre paye plus que Neuilly ! Des communes éligibles à la DSU sont contributrices ! Il est urgent de revenir à des financements pérennes et solides.

 

Contre l’austérité, la Ville fait le choix du service public !

Tribune Ivry-Ma-Ville de mars 2012, question posée par le groupe communistes et partenaires :

La municipalité envisage un programme d’investissement à hauteur de 107 millions d’euros sur trois ans, comment le mettre en oeuvre au regard de la situation des marchés financiers ?

Philippe Bouyssou pour le groupe communistes et partenaires :


PARCE QUE L’HUMAIN est au coeur de ses actions et ses choix politiques, la municipalité a décidé de relever le défi de choix audacieux et combatifs, prenant le contrepied de l’austérité qui gouverne l’Europe. Face aux politiques stériles, violentes et inégalitaires imposées par la droite et l’ultra libéralisme, Ivry, avec son programme d’investissement de 107 millions d’euros sur trois ans fait le choix premier de conforter les services publics pour la population.

Nous faisons aussi le choix du développement et de l’investissement pour l’avenir qui nécessitera un recours raisonnable à l’emprunt. Bien entendu rien n’est joué, la commune comme toutes les autres collectivités territoriales, est contrainte, l’Etat n’assumant pas ses responsabilités de régulateur et de garant de l’intérêt général, de recourir au « libre marché bancaire » pour financer ses investissements. Nous savons que les banques et les trop fameux marchés financiers, qui saignent aujourd'hui le peuple grec, toujours à la recherche
de profits et de rentabilité immédiate, ne donnent absolument pas priorité à l'investissement public durable et solidaire. Mais il n’y a là aucune fatalité à ce que seuls, les marchés et la banque centrale européenne soient libres et indépendants. Il est grand temps de faire d’autres choix et entre autres, celui d’un pôle public bancaire financeur des collectivités, faire le choix de l’humain, de la vie, de l’avenir.

« A propos de » par Gisèle Pernin : Le résultat de la politique des banquiers et de leurs serviteurs


La part des impôts censée revenir aux collectivités locales diminue chaque année. L’État consacre le plus clair de nos impôts à payer des sommes faramineuses aux banquiers, au titre de la dette, et à subventionner les grosses entreprises pour garantir leurs profits. La crise du système capitaliste sert de prétexte à des interventions massives pour que la lutte sans merci que se livrent ces requins n’aboutisse pas trop vite à un effondrement social. Du coup l’État diminue les budgets des communes et les accuse d’être trop dépensières.

C’est pourquoi, à Ivry, le budget investissement a été réduit de plusieurs millions d’euros quitte à modifier les projets concernant la reconstruction du centre de santé,la construction d’établissements scolaires ou de logements sociaux. Cette politique d’austérité est partie pour durer, même en cas de changement de gouvernement, car, les principaux candidats l’ont annoncé : ils nous feront payer le trou creusé par la spéculation financière.

 

Ce n’est pas une crise, c’est une arnaque !

Et si la BCE refinançait les dettes publiques ?

Cette institution refinance bien les banques pour un taux proche de zéro mais les États sont, eux, aujourd’hui obligés de se tourner vers les marchés financiers avec des taux allant de 2 à …38%, taux usuraire appliqué aux Grecs ! Cercle infernal : plus le risque est estimé important, plus le taux est élevé et plus le poids de la dette s’alourdit, entraînant des plans d’austérité qui plongent ces pays dans toujours plus de récession, d’où des rentrées fiscales en chute et des déficits encore aggravés…

crise.JPGEt la France ? Depuis 1974, il lui est interdit de se financer directement auprès de la Banque de France. Elle emprunte donc sur les marchés et cela nous a coûté 1 200 milliards depuis cette date, pour une dette totale de près de 1 600 milliards. Une charge financière phénoménale sur l’économie et la compétitivité du pays. 70% de notre dette est détenue par des investisseurs étrangers : fonds de pension américains, banquiers anglais ou grandes sociétés d’assurance, ceux-là mêmes qui menacent, via les agences de notation, notre si fameux triple A ! En 2012, la France devra emprunter, aux marchés financiers bien évidemment, 400 milliards. Le remboursement de « vieilles dettes » en engloutira 300 quand les 100 autres seront consacrés à combler le déficit budgétaire.

Qui vient donc de déclarer : « Est-il normal que, en cas de crise, les banques privées, qui se financent habituellement à 1 % auprès des banques centrales, puissent bénéficier de taux à 0,01 %, mais que, en cas de crise, certains États soient obligés au contraire de payer des taux 600 ou 800 fois plus élevés ? "Etre gouverné par l'argent organisé est aussi dangereux que par le crime organisé", affirmait Roosevelt. Il avait raison. Nous sommes en train de vivre une crise du capitalisme dérégulé qui peut être suicidaire pour notre civilisation. Comme l'écrivent Edgar Morin et Stéphane Hessel dans Le Chemin de l'espérance, nos sociétés doivent choisir : la métamorphose ou la mort ? Faire payer des taux d'intérêt colossaux pour des dettes accumulées il y a cinq ou dix ans ne participe pas à responsabiliser les gouvernements mais à asphyxier nos économies au seul profit de quelques banques privées » ?

Jean-Luc Mélenchon ? Pierre Laurent ? Perdu, c’est Michel Rocard ayant des remords tardifs, qui propose à présent de permettre à la BCE de prêter aux États membres à des taux très bas, via les organismes publics de crédit. Il oublie juste que ces organismes sont gérés dans un objectif de rentabilité financière et non dans un souci de favoriser les dépenses porteuses de développement de l’emploi, de recherche ou de formation… Financer à bas taux, certes, mais pour quels buts ?

C’est pourquoi le Front de Gauche avance des propositions beaucoup plus…audacieuses ! Refinancer, non pour mettre en place de nouveaux plans d’austérité, mais pour développer les services publics, progresser dans une politique sociale et écologique, et contribuer efficacement à sortir de la crise. D’où l’affirmation de la nécessité de mettre en place une nouvelle politique du crédit et une réforme de la fiscalité. Ces mesures, avancées par le PCF il y a deux ans, sont aujourd’hui portées par Le Front de Gauche dans son ensemble.

Nous, on peut !

Chiffres extraits de l’Humanité du 4 janvier 2012

 

P. BOCCARA, économiste : Les Banques et la BCE, au coeur de la bataille des peuples

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Il faut partir de la gravité de la crise financière en Europe.
Cela a commencé avec la formidable crise financière et des banques en 2008 aux Etats-Unis et en Europe, suivie de la récession à l’échelle mondiale en 2009.
D’où les réponses des soutiens publics des banques et aussi des relances de la croissance à partir des fonds obtenus par les endettements des Etats. Mais on n’a pas changé les critères des banques, qui ont relancé leurs activités spéculatives.
Tout cela a débouché sur la crise des dettes publiques européennes, avec la spéculation contre ces titres de dettes.
D’autant plus que les dettes avaient grossi considérablement, en liaison avec les facilités d’endettement en euros des Etats de la zone, malgré les capacités de remboursements limitées de plusieurs Etats de la zone, de la Grèce à l’Espagne.
D’où les hausses intolérables des taux d’intérêt des nouvelles dettes, pour le remboursement de ces Etats, et les interventions de fonds européens pour soutenir ces endettements.
C’est la crise de la construction fondée sur l’euro. Cela a engendré en 2011 de grandes difficultés de plusieurs banques et du crédit bancaire.
Car les banques sont fragilisées par la masse de titres de dettes de leur capital, dévalorisés et attaqués par la spéculation.

Après la Grèce avec ses 350 milliards d’€ de dettes publiques, l’Italie est menacée avec1900 milliards d’€ de dettes, tandis que la France en a 1690 milliards.
Les mesures d’austérité imposées aux peuples, de la Grèce à la France, les limitations des dépenses sociales et des dépenses pour les services publics, soit-disant pour réduire les déficits et l’endettement, tendent en réalité à déprimer la demande.
Elles brident la croissance et compriment les recettes fiscales, relançant les difficultés : 10% de baisse du PIB en Grèce en 3 ans et croissance de moins de 1% en France. L’austérité et les difficultés du crédit contribuent à la relance du chômage dans l’Union européenne.
Le taux de chômage dépasse 21% en Espagne, presque 10% en France avec 2,8 millions de chômeurs catégorie A et 4,756 millions toutes catégories. Les services publics, école, santé, logement social, etc., sont attaqués.
Au cœur de la réponse à la crise économique et social e, de l’alternative à gauche et de l’apport du PCF et du Front de gauche, il y a donc les banques et le financement.
Cela vise de nouveaux objectifs sociaux et nécessite de nouveaux pouvoirs. Pour la bataille à gauche, il faut partir des contradictions du PS.
S’appuyer sur les éléments positifs pour les développer contre les éléments négatifs qui prédominent.
D’un côté, dans le débat des primaires du PS, ont avancé des exigences de contrôle public des banques. Mais en contradiction, d’un autre côté, ce qui prédomine c’est l’obsession de la réduction du déficit et de la dette publics, et donc des dépenses publiques, en surenchère avec Sarkozy.
L’objectif serait de réduire la part du déficit public dans le PIB à 3% en 2013 (actuellement presque 6%) et 0% en 2017 ! Le recours aux mesures d’austérité pour réduire les dépenses sociales est renforcé sous la pression des marchés financiers.
Ainsi la France est menacée par l’agence de notation Moody’s de la dégradation de sa note AAA. Cette dégradation entraînerait une augmentation des intérêts à payer, dont le taux passerait de 3% à 4,5% et de 50 milliards à 70 ou 75 milliards d’€.
Les propositions alternatives doivent être articulées aux luttes sociales dans les entreprises, les services publics, les collectivités territoriales.
Dans le PS sont certes montées les idées d’un contrôle public des banques, avec des représentants de l’Etat dans leurs conseils d’administration , voire leur droit de veto, et de mesures contre la spéculation, pour la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires.
Mais persistent de grandes insuffisances sur l’importance du contrôle public des banques, et surtout le vague sur un autre comportement des banques et un autre crédit.
Les mesures du sommet européen le 27 octobre, pourraient entraîner un répit provisoire, mais les graves problèmes ne seraient pas résolus.
Outre le soutien conditionnel à la Grèce, ce sont :

  • 100 milliards d’€ , la moitié de la dette publique grecque dans les banques , non remboursés. C’est une partie limitée des 350 milliards de dette, sans compter les risques pour les autres pays, comme l’Italie.
  • Des recapitalisations des banques, une augmentation de leurs fonds propres de106 milliards d’€, mais en comptant sur leurs profits, et sans changement de leurs critères.
  • Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) à la capacité portée à 1000 milliards d’€, au lieu de 440 milliards, mais à partir des marchés

financiers et avec des garanties des Etats, tout particulièrement de l’Allemagne et de la France.
Contre l’austérité renforcée, une renégociation est souhaitable. Nous avions proposé que la prise de dettes par la BCE soit amplifiée, au lieu d’être remplacée ultérieurement par le Fonds de stabilité.
Finalement Sarkozy avait dû avancer l’idée d’un appel du FESF à la BCE, mais cela s’est heurté à l’opposition de Merkel et il s’est incliné.
Désormais Hollande lui- même a dû revendiquer cette intervention de la BCE, quoique uniquement pour soutenir les dettes et non aussi pour le progrès social.
Au G20, un recours aux Droits de Tirage Spéciaux (DTS) du FMI pour appuyer le FESF a été décidé.
Les propositions du PCF et du Front de gauche concernent
1) Un Pôle public financier en France. Il participerait à une incitation et à un contrôle public des banques. Face au défi de recapitalisation, des prises de p a r t i c i p a t i o n s e t c e r t a i n e s nationalisations, avec de nouveaux pouvoirs, contribueraient à un pôle public financier, également adossé à la Caisse des dépôts, la Banque postale, les Caisses d’épargne, les banques mutualistes .
En outre, nous proposons des mesures de taxation des banques et une mutualisation des garanties entre elles. Ce pôle, directement et par coopération avec toutes les banques, inciterait à un autre type de crédit : Une baisse sélective des taux d’intérêt, jusqu’à zéro (voire négatifs avec une diminution des remboursements), pour des crédits aux entreprises, avec des taux d’intérêt d’autant plus abaissés que sont programmés emplois et formations, et une efficacité des investissements avec recherche et formation.
2) Un refinancement des banques par la BCE, pour le nouveau crédit. Cela implique de nouvelles missions pour la BCE (croissance, emploi, et non priorité à la lutte contre l’inflation), et son contrôle public démocratique. Le 3 novembre, le taux de refinancement de la BCE pour les banques a été abaissé de 1,5 à 1,25% m a i s s a n s c o n d i t i o n s , e t éventuellement pour la spéculation Il faut faire comprendre la force formidable de la créat ion monétaire de la Banque Centrale.
Si la création monétaire favorise les salaires, l’emploi, la production réelle, elle ne développe pas l’inflation. Il s’agit aussi de rompre avec l’obsession libérale de la réduction des déficits et des dettes. Il peut exister une bonne dette pour favoriser un nouveau type de croissance fondé sur la progression de l’emploi et des services publics.
3) Une création monétaire par la BCE pour développer sa prise de titres de dettes publiques européennes des Etats en difficultés. Au contraire, le FESF s’appuie sur les marchés financiers et sur les garanties des Etats, avec la dépendance des marchés et leurs pressions.
4) Une prise de titres de dette publique par la BCE pour le progrès social.
Cela alimenterait un « Fonds européen de développement social et écologique », pour l’expansion des services publics.
Cette proposition du PCF a été reprise par le Parti de la Gauche Européenne (PGE). Cela se rapproche des propositions des forces syndicales et de gauche en Allemagne pour une Banque publique.
C’est dire l’importance de la bataille pour une autre utilisation de la BCE et de l’euro.
Il ne s’agit pas de la fuir, avec la proposition de sortir de l’euro, de Marine Le Pen ou de certains à l’extrême gauche, qui est dangereuse:
· Elle entraînerait une dévaluation des monnaies nationales et la montée des dettes publiques, la pression renforcée contre les salaires, les dépenses sociales et la croissance.
· On se priverait de la force de la création monétaire en Europe, à partir d’une base réelle large et de solidarités.
· On renforcerait la domination mondiale du dollar, au lieu de l’appui de l’euro pour un autre FMI, avec une monnaie commune mondiale émancipée de la domination du dollar, pour une autre mondialisation de progrès social.
Cependant, devant les luttes dans les pays concernés, à commencer par la Grèce malgré le rejet du référendum, de nouvelles négociations seraient possibles pour modifier les mesures, en prenant en compte les exigences sociales. Nous visons l’articulation entre nouveaux moyens financiers, objectifs sociaux, pouvoirs.
Une construction nouvelle de l’Union européenne, de démocratie participative, sociale, internationaliste, dans une Confédération, peut s’opposer au fédéralisme d’une gouvernance européenne de domination du couple franco-allemand où l’emporterait d’ailleurs l’Allemagne.
Il faut maîtriser et commencer à dépasser les marchés :
- de la monnaie et de la finance ;
- du travail, en avançant vers une sécurisation de l’emploi et de la formation ; des productions, avec de nouveaux critères de gestion des entreprises, pouvoirs des salariés, politique industrielle ;
- du marché mondial, avec des coopérations de réciprocité et des taxes, protégeant contre les concurrences destructrices et les délocalisations.
Une autre mondialisation est possible, également avec un autre euro
· Une véritable coopération euroméditerrannée avec l’enjeu de démocratisation dans les pays arabes, s’appuierait sur un plan de type Marshall, avec des dons en euros aux banques centrales de ces pays, pour des achats aux pays de l’Union européenne, afin de favoriser croissance et emploi des deux côtés.
· Une autre coopération est possible avec les Pays émergents. La Chine propose de participer au FESF et elle a déjà pris des dettes européennes. En négociant de nouveaux rapports, il ne s’agit pas de s’y opposer comme le fait le PS. La Chine tend d’ailleurs à s’émanciper du dollar.
Et elle a repris nos propositions d’une nouvelle monnaie commune mondiale émancipée du dollar , à partir des DTS du FMI. Cela permettrait un refinancement des banques centrales elles- mêmes, pour un autre crédit partout. Et aussi la prise de titres de dette publique par le FMI, pour les services publics, au plan mondial, avec des biens ou services publics et communs de toute l’humanité.

 

Mikis Thedorakis et Manolis Glezos appellent les peuples d'Europe à se soulever contre les marchés financiers

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Le compositeur grec Mikis Theodorakis et Manolis Glezos (cliché ci dessus), le héros de la résistance qui arracha en 1941le drapeau hitlérien qui flottait sur l'Acropole durant l'occupation nazie, dénoncent le fascisme financier qui menace et appellent les peuples d'Europe à s'unir pour en finir avec la domination des marchés.
Voici un extrait de leur déclaration.
Une poignée de banques internationales, d'agences d'évaluation, de fonds d'investissement, une concentration mondiale du capital financier sans précédent historique, revendiquent le pouvoir en Europe et dans le monde et se préparent à abolir nos états et notre démocratie, utilisant l'arme de la dette pour mettre en esclavage la population européenne, mettant à la place des démocraties imparfaites que nous avons, la dictature de l'argent et des banques, le pouvoir de l'empire totalitaire de la mondialisation, dont le centre politique est en dehors de l'Europe continentale, malgré la présence de banques européennes puissantes au cœur de l'empire.
Ils ont commencé par la Grèce, l'utilisant comme cobaye, pour se déplacer vers les autres pays de la périphérie européenne, et progressivement vers le centre.
L'espoir de quelques pays européens d'échapper éventuellement prouve que les leaders européens font face à un nouveau "fascisme financier", ne faisant pas mieux quand ils étaient en face de la menace de Hitler dans l'entre-deux- guerres.

Ce n'est pas par accident qu'une grosse partie des media contrôlée par les banques s'attaque à la périphérie européenne, en traitant ces pays de "cochons" et aussi tournant leur campagne médiatique méprisante, sadique, raciste avec les media qu'ils possèdent, pas seulement contre les Grecs, mais aussi contre l'héritage grec et la civilisation grecque antique. Ce choix montre les buts profonds et inavoués de l'idéologie et des valeurs du capital financier, promoteur d'un capitalisme de destruction.
La tentative des media allemands d'humilier des symboles tels que l'Acropole ou la Venus de Milo, monuments qui furent respectés même par les officiers d'Hitler, n'est rien d'autre que l'expression d'un profond mépris affiché par les banquiers qui contrôlent ces media, pas tellement contre les Grecs, mais surtout contre les idées de liberté et de démocratie qui sont nées dans ce pays.
Le monstre financier a produit quatre décades d'exemption de taxe pour le capital, toutes sortes de "libéralisations du marché", une large dérégulation, l'abolition de toutes les barrières aux flux financiers et aux facilités, d'attaques constantes contre l'état, l'acquisition massive des partis et des media, l'appropriation des surplus mondiaux par une poignée de banques vampires de Wall Street.
Maintenant, ce monstre, un véritable "état derrière les états" se révèle vouloir la réalisation d'un "permanent coup d'état " (en français dans le texte) financier et politique, et cela pour plus de quatre décades.
En face de cette attaque, les forces politiques de droite et la social-démocratie semblent compromises après des décades d'entrisme par le capitalisme financier, dont les centres des plus importants sont non-européens.
D'autre part, les syndicats et les mouvements sociaux ne sont pas encore assez forts pour bloquer cette attaque de manière décisive, comme ils l'ont fait à de nombreuses reprises dans le passé. Le nouveau totalitarisme financier cherche à tirer avantage de cette situation de manière à imposer des conditions irréversibles à travers l'Europe.
Il y a un urgent besoin d'une coordination d'action immédiate et d'une coordination transfrontalière par des intellectuels, des gens des arts et des lettres, de mouvements spontanés, de forces sociales et de personnalités qui comprennent l'importance des enjeux; nous avons besoin de créer un front de résistance puissant contre "l'empire totalitaire de la mondialisation" qui est en marche, avant qu'il soit trop tard.
L'Europe ne peut survivre que si elle met en avant une réponse unie contre les marchés, un défi plus important que les leurs, un nouveau "New Deal" européen.
Nous devons stopper immédiatement l'attaque contre la Grèce et les autres pays de l'UE de la périphérie; nous devons arrêter cette politique irresponsable et criminelle d'austérité et de privatisation, qui conduit directement à une crise pire que celle de 1929.
Les dettes publiques doivent être radicalement restructurées dans l'Eurozone, particulièrement aux dépens des géants des banques privées.
Les banques doivent être recontrôlées et le financement de l'économie européenne doit être sous contrôle social, nationale et européen.
Il n'est pas possible de laisser les clés financières de l'Europe dans les mains de banques comme Goldman Sachs, JP Morgan, UBS, la Deutsche Bank, etc… Nous devons bannir les dérives financières incontrôlées, qui sont le fer de lance du capitalisme financier destructeur et créer un véritable développement économique, à la place des profits spéculatifs.
L'architecture actuelle, basée sur le traité de Maastricht et les règles du WTO, a installé en Europe une machine à fabriquer la dette. Nous avons besoin d'un changement radical de tous les traités, la soumission de la BCE au contrôle politique par la population européenne, une "règle d'or" pour un minimum de niveau social, fiscal et environnemental en Europe.
Nous avons un urgent besoin d'un changement de modèle; un retour de la stimulation de la croissance par la stimulation de la demande, via de nouveaux programmes d'investissements européens, une nouvelle réglementation, la taxation et le contrôle du capital international et des flux de facilité, une nouvelle forme douce et raisonnable de protectionnisme dans une Europe indépendante qui serait le protagoniste dans le combat pour une planète multipolaire, démocratique, écologique et sociale.
Nous faisons appel aux forces et aux individus qui partagent ces idées à converger dans un large front d'action européen aussi tôt que possible, de produire un programme de transition européen, de coordonner notre action internationale, de façon à mobiliser les forces du mouvement populaire, de renverser l'actuel équilibre des forces et de vaincre les actuels leaderships historiquement irresponsables de nos pays, de façon à sauver nos populations et nos sociétés avant qu'il ne soit trop tard pour l'Europe.
Mikis Thédorakis et Manolis Glezos
Athènes, octobre 2011

 

Communiqué du Bureau National de l’ANECR sur la proposition d’ « agence de financement des collectivités locales »

Bandeau solidarité Un autre crédit pour un autre type de développement Force est de constater que les modalités de l’emprunt des collectivités locales tout comme ses structures et ses intervenants se sont profondément modifiés.

Autrefois encadré de manière très stricte, l’emprunt des collectivités locales connaît une période de dérèglementation totale.

Les organismes prêteurs se sont multipliés proposant une variété de financements.

Ainsi les collectivités locales ont atteint une quasi autonomie d’action en matière d’emprunt, avec une moindre dépendance vis-à-vis de l’Etat dans ce domaine. Mais les fonctions de conseil et de suivi des organismes de crédit ont été largement usurpées ou dévoyées dans cette période. Certaines banques ont fait des offres alléchantes accompagnées de contrat aux clauses opaques.

Est apparu alors le besoin pour les collectivités locales de mieux contrôler leur système d’emprunt et la gestion de leur dette pour réduire les risques et notamment ceux liés à une trop grande dépendance avec les institutions financières et à leurs choix.

Est apparu alors le besoin pour les collectivités locales de mieux contrôler leur système d’emprunt et la gestion de leur dette pour réduire les risques et notamment ceux liés à une trop grande dépendance avec les institutions financières et à leurs choix.

Les collectivités locales les plus démunies étant celles qui ne disposent ni d’une puissance financière suffisante, ni d’un savoir faire nécessaire.

L’actualité montre d’ailleurs les conséquences graves pour les collectivités locales qui découlent de la concurrence exacerbée dans le secteur bancaire pour rentabiliser toujours plus le capital, comme elle montre que les créanciers des États font leur rente sur la dette publique.

De nombreuses collectivités locales se trouvent plombées par des prêts dont elles n’ont pas maitrisé la nature usurière.

Gérer une telle complexité est donc rendue extrêmement difficile pour bon nombre de collectivités locales, exceptées les plus importantes qui ont pu se doter des personnels et des moyens financiers pour accéder à un tel système.

Alors que l’accès à l’emprunt est devenu de plus en plus difficile avec la crise bancaire et la raréfaction du crédit, l’idée de créer une agence de financement des collectivités locales est portée par les associations d’élus AMF/ ARF etc... pour mutualiser l’emprunt et garantir des meilleures conditions de financement. Cette idée peut paraître intéressante comme une solution aux difficultés.

Encore faut-il s’interroger sur la réelle indépendance financière que cet outil permettrait.

Cette agence aurait en fait la possibilité d’aller emprunter directement sur les marchés financiers, sans intermédiaire arguant du fait qu’elle bénéficierait du meilleur label des agences de notation, dont elle ferait profiter toutes les collectivités locales adhérentes.

C’est oublier un peu vite les critères de rentabilité maximum qui anime le fonctionnement des marchés financiers, leurs exigences dominatrices pour réduire toujours plus les risques pour les capitaux et favoriser leur liberté totale. Ainsi d’ores et déjà la future agence fait savoir que l’adhésion d’une collectivité locale ne vaudra pas droit de tirage automatique.

Les collectivités sollicitant des liquidités devront faire valoir leur bonne santé financière et notamment un niveau d’endettement acceptable qui sera apprécié par l’agence elle-même.

Nous le voyons bien cette nouvelle agence, faute de se dégager des critères du marché, constituera un outil, in fine, d’autorégulation des collectivités locales à l’orthodoxie budgétaire libérale.

La crise systémique que nous traversons appelle le développement d’un autre crédit tourné vers des dépenses utiles, tant pour les entreprises que pour les collectivités. Une politique de crédit sélectif favorisant les investissements pour l’emploi, la formation, l’éducation, la recherche et le social etc…

C’est tout le sens de la proposition portée par de nombreux acteurs sociaux et syndicaux, par les élus communistes et républicains et du Front de Gauche de la création d’un pole public financier regroupant toutes les institutions financières publiques et semi publiques : caisse d’épargne, banque postale, caisse des dépôts, crédit foncier, banque de France etc…

Cette idée est le fruit de convergences entre les salariés de plusieurs institutions et de nombreux acteurs du mouvement social et politique ce qui la rend possible aujourd’hui.

Ce pôle public financier, indépendant du pouvoir d’Etat et des marchés financiers serait placé sous le pilotage d’un conseil reflétant les différents acteurs : parlementaires, élus locaux, organisations de consommateurs, représentants des salariés, conseil qui se verrait confier un véritable pouvoir de décision et de contrôle.

De nouvelles coopérations pourraient se nouer à l’échelle européenne.

Ce sont ainsi des centaines de milliards issus de la collecte de l’épargne qui pourraient être disponibles pour un autre type de développement au lieu d’être utilisés en placements sur les marchés financiers renforçant leur emprise sur l’économie et alimentant la croissance financière.

Tout au contraire, en restant dépendante des marchés financiers et sous la pression des injonctions de l’Union Européenne en matière de dette publique, l’agence de financement peut se voir transformée en outil de mise au pas des budgets locaux.

Si les élus communistes et républicains considèrent que la création de l’agence de financement des collectivités locales peut répondre à une préoccupation légitime des élu(e)s elle n’est pas de nature à elle seule répondre au défi d’un nouveau développement des collectivités locales.

C’est d’une autre politique du crédit dont elles ont besoin dans lesquelles la Banque Centrale Européenne comme la Banque d’Investissement Européen auraient un nouveau rôle à jouer.

Jean-Jacques PARIS
Secrétaire général de l’ANECR

 

Crise financière : il est temps d’imposer une autre logique

crise.JPGLes banques nous ont conduits dans le mur !

La spéculation affole le monde par sa rapacité. Les banques dictent maintenant leurs ordres aux États pour étouffer nos pays dans l’étau de la vie chère et du crédit. Les dirigeants des États et les politiques libéraux, de droite comme de gauche, refusent de s’attaquer aux origines de la crise, la spéculation financière, et se soumettent aux diktats des marchés financiers et de leurs agences de notation.

Pourtant, rappelle Pierre Laurent , secrétaire national du PCF, « de la Grèce à l’Égypte en passant par l’Espagne et Israël, le monde entier rejette l’austérité. Une vraie politique de gauche se doit d’inverser cette logique et de proposer une relance sociale. » Les solutions existent pour sortir de la crise à condition d’avoir le courage de dire et de faire en sorte de dessaisir les marchés financiers de leur pouvoir.

La dette : une affaire qui rapporte

Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière.

Deux exemples :

• Avant 1974, les États européens pouvaient emprunter directement aux banques centrales nationales à 0%. C’est maintenant interdit, ils sont contraints d’emprunter sur les marchés financiers aux banques privées. Depuis 1974, la France a payé en intérêts 1 200 milliards d’euros, à comparer avec les 1 641 milliards de dette publique actuelle !

• Les banques privées obtiennent de l’argent auprès de la Banque centrale européenne ( la BCE) à un taux de 1,5% pour re-prêter aux États entre 3 et 15%, comme à la Grèce pour ce qu’elles appellent un sauvetage !

La finance dicte sa loi

Nos gouvernants, issus d’élections, reçoivent maintenant des injonctions du secteur privé leur disant ce qu’ils doivent faire. Et plutôt que d’écouter leurs peuples, ils s’y plient quand ils ne les devancent pas.

Deux exemples :

• Après le plan du FMI pour la Grèce, c’est la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques comme l’a confirmé le Traité de Lisbonne, qui envoie une lettre au gouvernement italien. Elle l’incite à agir par décret pour « libéraliser l’économie italienne ; privatiser les entreprises locales qui gèrent les déchets, les transports, l’énergie ; assouplir le droit à licencier ; réduire le niveau de rémunération ; réduire le niveau de protection sociale… pour doper la compétitivité. »

• L’agence de notation Standard et Poor’s, qui a dégradé la note des États-Unis, décerne un brevet de bon élève à Sarkozy pour sa réforme des retraites « une mesure intelligente » et pour « ses choix de rigueur budgétaire bien conçus » et l’encourage à poursuivre dans cette voie pour garder son AAA. Aux ordres, Sarkozy demande aux parlementaires français d’inclure la règle d’or dans la constitution, c’est à dire graver dans le marbre constitutionnel les politiques d’hyper- austérité.

Privations et privatisations, ce sont les peuples qui paient la crise

Alors que ce sont les marchés financiers qui conduisent le monde au bord du gouffre, tout est fait pour maintenir leurs profits et nous faire payer l’addition à grands coups de privatisations et de réduction des dépenses sociales.

Deux exemples :

• Le FMI a imposé à la Grèce 50 milliards d’euros de privatisations. Le secteur privé, avec l’argent que continue de lui verser la Grèce pour sa dette, pourra lui acheter à des prix intéressants des ports, des aéroports, des universités, l’énergie…. Et ce seront encore les Grecs qui paieront plus pour se déplacer, étudier, se chauffer ou s’éclairer.

• En France, le nombre de personnes privées d’emploi continue d’augmenter de façon dramatique. A cette annonce, Christine Lagarde, nouvelle directrice du FMI et ancienne ministre de l’Économie et des Finances de Sarkozy, préconise « de renforcer la rigueur notamment salariale » et de poursuivre la politique d’exonération et de cadeaux aux entreprises qui pourtant délocalisent et licencient.

Quand on est de gauche, on ne transige pas

Dans sa lettre aux parlementaires, le président de la République plaide en matière de politique européenne pour une alliance « au-delà des intérêts partisans » à une union sacrée pour la maîtrise des déficits publics ».

Ces vibrants appels à l’union nationale relayés par des dirigeants du Parti socialiste permettraient, s’ils étaient entendus, d’obtenir la majorité nécessaire à l’adoption par le parlementaires de la « règle d’or ».
Pour le Parti communiste français, les choses sont claires : il est hors de question de prêter la main à l‘adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination, avec toutes les forces du Front de Gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Changer de logique et imposer d’autres choix, c’est possible

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe. Elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Et précisément, le Parti communiste propose :

• Un pôle public bancaire délivrant un crédit sélectif favorables aux investissements porteurs d’emplois, de salaires, de formations et de recherche

• Des droits nouveaux pour les salariés à l’entreprise à l’inverse des droits de décision que se sont octroyés les marchés.

C’est cela dont le PCF et le Front de Gauche seront porteurs tout au long de cette année électorale et ce week-end lors de la fête de l’Humanité.

Argumentaire PCF

 

Annonces gouvernementales : l’impasse de la rigueur !

Communiqué de la FSU

Face à la crise économique et financière, le gouvernement cherche à convaincre qu’il n’y a pas d’autres choix que ceux de la rigueur. A vouloir rassurer les marchés financiers et les agences de notation, il ne s’attaque pas aux causes structurelles de la crise.

En revenant modestement sur les niches fiscales, la défiscalisation des heures supplémentaires et en taxant de manière marginale et provisoire les hauts revenus, le gouvernement reconnaît l’échec de sa politique menée jusqu’ici.

Mais les mesures annoncées s’inscrivent toujours dans une politique d’austérité pénalisant essentiellement les salariés, mettant peu à contribution les hauts revenus (200 millions sur un plan de 11 milliards), ne remettant pas en cause la réforme de l’ISF (2 milliards de recettes fiscales en moins). Elles hypothèquent ainsi toute sortie réelle de la crise et s’inscrivent dans des orientations européennes qui fragilisent encore plus la situation des pays de l’UE.

Le gouvernement utilise l’argument de la dette publique dont la hausse résulte pour l’essentiel des cadeaux fiscaux aux plus riches et des exonérations de charges pour des entreprises et poursuit dans sa logique de baisse des dépenses publiques. Ceci entraînera encore une baisse de l’activité et des recettes fiscales, tout en aggravant les inégalités. A cet effet, la FSU estime que la « règle d’or » serait néfaste pour notre économie et dangereuse pour notre démocratie sociale.

La FSU avait demandé au gouvernement d’intervenir sur les causes réelles de la crise en agissant sur l’emploi - l’Etat employeur devant montrer l’exemple en renonçant au "un sur 2" dans la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires-, le pouvoir d’achat, la fiscalité (avec un autre partage des richesses produites) et les investissements productifs pour l’avenir prenant en compte les impératifs écologiques.

Où est l’équité, l’effort partagé dans les annonces faites ? D’un côté des mesures ponctuelles et réduites de taxation des hauts revenus de surcroît à partir d’un seuil trop élevé, de l’autre, réforme des retraites, suppressions massives d’emplois publics, RGPP et stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés ! Plus des mesures présageant une mise à mal des dépenses de santé et des mutuelles qui entraîneraient une aggravation des difficultés d’accès au soin pour les plus modestes… La Fonction publique reste particulièrement impactée par les choix faits : 15 milliards d’économie avec la RGPP contre 200 millions d’euro par la contribution exceptionnelle des hauts revenus !

Pour la FSU, il faut cesser de considérer les services publics et la Fonction publique comme une charge. Ce sont bien des investissements productifs indispensables notamment l’éducation, la formation et la recherche.

En poursuivant dans cette impasse, le gouvernement ne change pas la donne et n’offre pas de perspective d’avenir aux générations futures.

La FSU invite les agents de la Fonction publique et les salariés à se saisir de ces débats et à s’engager massivement dans les actions et initiatives dès les prochaines semaines pour empêcher la mise en œuvre de ces mesures et imposer d’autres choix économiques et financiers garantissant davantage d’égalité, de justice sociale et de progrès pour tous. C’est en ce sens qu’elle participera à l’intersyndicale du 1er septembre prochain.

 

Refusons la « règle d’or » sarkozyenne

pierre_laurent_8.JPGComment mettre en échec la récession à venir??

Dans le courrier qu’il vient d’adresser aux parlementaires, daté du 26?juillet, Nicolas Sarkozy plaide avec enthousiasme en faveur des récentes décisions du sommet de Bruxelles concernant la crise grecque et une gouvernance économique européenne renforcée.

Il appelle les députés et les sénateurs français à s’unir «?comme un seul homme?» sur ces bases en vertu des intérêts supérieurs de la nation de «?maîtrise?» des dépenses publiques.

Tout le monde a parfaitement saisi son appel à adopter sans discussion la «?règle d’or?» qui permettrait d’inscrire dans la Constitution la politique d’austérité et d’injustice sociale que son gouvernement mène au bénéfice des marchés financiers depuis son élection à la présidence et que les gouvernements européens renforcent dans toute l’Europe sous le contrôle de la BCE, du FMI et de l’Union européenne.

Pour le Parti communiste français, les choses sont claires?: il est hors de question de prêter la main à l’adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination avec toutes les forces du Front de gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Face à la crise très grave des dettes publiques en zone euro, le sommet extraordinaire de l’Eurogroupe du 22?juillet dernier a, en réalité, décidé de sauvegarder les intérêts financiers des grands créanciers au détriment de celui des peuples, des salariés. Cette réunion n’a surtout rien changé ni à l’orientation de la politique monétaire de la Banque centrale européenne ni à la sélectivité du crédit bancaire. Nicolas Sarkozy et ses homologues européens ont fait le choix de ne pas frapper les spéculateurs qui sont pourtant à l’origine de la crise financière.

Ainsi, le principe d’une taxation bancaire a été rejeté. Certes, les taux d’intérêt des prêts consentis vont être abaissés et leur durée rallongée pour maintenir la tête du débiteur grec hors de l’eau sans le sauver de la noyade. Mais la possibilité d’un «?défaut de paiement sélectif?» de la Grèce est maintenue, avec le risque de nouveaux acharnements spéculatifs des marchés financiers contre elle, mais également contre d’autres pays considérés comme «?fragiles?», parmi lesquels l’Espagne, mais aussi l’Italie et ses 1?900?milliards d’euros de dette publique.

Le Fonds européen de stabilité financière (FESF), doté de 440?milliards d’euros en mai?2010 pour reprêter aux États en difficulté de l’argent qu’il emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de chaque pays membre de l’euro, voit son rôle très accru.

Avec le nouveau plan de 160?milliards d’euros décidé pour la Grèce, le FESF tend à devenir, à côté de la toujours très monétariste BCE, le pivot d’un projet de fuite en avant vers l’endettement public massif sur les marchés financiers de toute la zone euro, prise comme un tout.

Or un premier épisode, ouvert au printemps 2010, de cette fuite en avant au service de la domination des marchés financiers vient, pourtant, de se conclure en débouchant sur un fiasco.

Le premier plan dit de «?sauvetage?» de la Grèce, auquel les députés communistes et du Parti de gauche ont été les seuls à s’opposer au Parlement, a brisé la croissance de ce pays, provoqué l’explosion du chômage et l’écrasement des salaires réels (– 8,9?% entre?2008 et?2011), aggravant le déficit budgétaire (+?6?% de 2008 à 2011) et accentuant, en pratique, l’accumulation des dettes, malgré les énormes sacrifices imposés au peuple et le bradage des atouts nationaux avec les privatisations, la casse des retraites… La dette publique de la Grèce qui était de 105?% de son PIB en 2008 approche, désormais, 150?%?! Et voilà dans quelle voie on propose de nous enfoncer.

Ces décisions soumettent tous les peuples de l’Union européenne à ce chantage alors que cinq jours à peine après le sommet, les agences de notation annoncent déjà la forte probabilité de baisser les notes de l’Italie et de la France. N’est-il pas grand temps de changer radicalement de logique et de cesser le sacrifice des économies nationales au profit des spéculateurs??

L’adoption de la règle d’or qui soumettrait constitutionnellement tous nos budgets aux exigences des marchés financiers serait une folie. Le remboursement des marchés serait garanti tandis que cette règle obligerait à sacrifier nos salaires, nos retraites, notre protection sociale, nos systèmes publics d’éducation et de santé. Ce serait l’austérité à perpétuité et l’incapacité pour notre économie de se relever.

C’est cette voie que notre peuple a refusée par référendum en 2005. Si les partisans de la règle d’or sont convaincus que les Français ont changé d’avis depuis, qu’ils osent la soumettre au suffrage universel?!

Si le président de la République par peur du suffrage universel décide d’obtenir ce changement constitutionnel en convoquant tous les parlementaires en Congrès, pas une voix ne doit manquer à gauche pour empêcher l’adoption de ce projet.

Les communistes appellent toutes les femmes et tous les hommes de progrès à se mobiliser pour mettre en échec cette récession programmée et ce déni de démocratie. Ce rejet doit être l’occasion pour toutes les forces de gauche de s’engager fermement à renoncer à cette politique d’austérité suicidaire et à promouvoir des choix nouveaux de développement social et écologique en France et en Europe.

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe mais elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Le Front de gauche, avec le Parti communiste et ses partenaires, est déjà pleinement mobilisé pour mener cette bataille. Nicolas Sarkozy lance un défi à toute la gauche en cherchant à faire la démonstration qu’il n’y a pas d’alternative à sa politique. Relevons ce défi. Une autre politique est possible?!

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français

 

L’Europe s’enfonce dans la voie de l’austérité

_480_.jpgA l’occasion du Sommet de la zone euro, l’Europe aurait fait preuve de « solidarité », en mettant à contribution les marchés financiers, et le secteur privé, c’est-à-dire les banques et les compagnies d’assurance, pour boucler le second « plan de sauvetage » de la Grèce
. La vérité est à la fois plus simple et moins séduisante.

Plus simple parce que, en contrepartie de leur intervention, les gouvernants européens, avec Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à la manœuvre, la Banque centrale et le Fonds Monétaire International vont imposer une cure d’austérité sans précédent non seulement au peuple grec, mais à l’ensemble des peuples européens.

Baisses de salaires, chute des pensions et des allocations, réduction draconienne des dépenses publiques, voilà le régime promis à des degrés divers aux peuples européens.

Moins séduisant parce que le soulagement des marchés financiers est fort compréhensible : c’est qu’ils ont l’assurance de toucher le capital et les intérêts de la dette grecque, puisque le soutien européen promis ne vise qu’un objectif, celui de payer à la place de la Grèce si elle est en difficulté pour le faire. Voilà à quoi serviront les 158 milliards d’aide annoncés : assurer une garantie de paiement aux banquiers, aux marchés, aux compagnies d’assurance qui se nourrissent des dettes publiques, qui spéculent contre les Etats et sur la monnaie unique !

La crise en cours montre au moins trois choses : un, l’euro et la politique monétariste entretiennent la spéculation financière ; deux, il est temps de repenser le rôle de la Banque centrale européenne et de lui permettre d’accorder aux Etats les avances de fonds nécessaires au développement de chaque pays de la zone euro ; trois, il est plus que temps que les marchés financiers soient taxés pour leurs attaques spéculatives sur les dettes souveraines. Il est regrettable que l’idée d’une taxe bancaire ait été abandonnée hier. (le 21 juillet, ndlr du blog)

Il faut prendre à contrepied cette politique récessive et dégager les moyens d’accorder des financements nouveaux pour les politiques publiques, qui seules sont porteuses de croissance et d’emploi. Ce « sauvetage » à courte vue n’empêchera donc pas le naufrage si le redémarrage de l’économie n’est pas encouragé par une politique volontariste de croissance. Les dirigeants européens ont fait une nouvelle fois le choix des intérêts financiers plutôt que celui du développement.

Groupe des sénateurs communistes, républicains et citoyens ; sénateurs du Parti de gauche

 

SDCI de l'Hérault : DECLARATION DU GROUPE COMMUNISTE AU CONSEIL D’AGGLOMERATION DU 28 JUILLET 2011 ET AU CONSEIL MUNICIPAL DU 25 JUILLET 2011

Logo PCF contre réforme des collectivités localesMonsieur le Préfet a présenté pour notre département les grandes lignes de son schéma de coopération intercommunale.
Dans le cadre de la procédure d’adoption du SDCI, il nous est demandé notre avis.
Ce cadre procédural, issu de la réforme très controversée des collectivités territoriales, ne favorise pas la participation citoyenne.
Nous tenons à réaffirmer un principe fondamental, qui, pour nous, est le fondement même de notre République.
Nous soutenons la constitution d’intercommunalités choisies qui ne dépossède pas les communes.

Forts de lois votées de justesse par le Parlement fin 2010, le gouvernement et ses préfets mettent la pression sur les élus locaux pour « boucler » le dossier de l’intercommunalité d’ici fin 2011, sans aucun débat démocratique. Ces lois ont pour objectifs de répondre au Pacte de l’Euro, à l’Europe de la concurrence, aux exigences des marchés financiers.

Après la suppression de la Taxe Professionnelle et son remplacement aléatoire par des dotations d’État gelées et des taxes non pérennes, les collectivités territoriales sont privées depuis deux ans de toute marge de manœuvre financière ; elles sont étranglées.

Avec la mise en place des Commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI), la plupart des préfets présentent leur vision étatique du territoire et veulent imposer, sans délai, une nouvelle organisation territoriale du pays.

Les préfets veulent imposer des adhésions de communes, fusions, extensions de communautés, en supprimant au passage de très nombreux syndicats intercommunaux. Cela préfigure la disparition des départements, de nombreuses communes et l’affaiblissement de la démocratie de proximité, au bénéfice de la métropolisation, sur fond de concurrence entre les territoires.

Nous nous prononçons très clairement contre ces lois centralisatrices, ce démantèlement de la démocratie de proximité, qui favorise de grandes collectivités éloignées du citoyen et contre cette soumission de nos territoires aux lois du profit, aux grands groupes privés. Les Parlementaires communistes et républicains, citoyens et du Parti de Gauche ont mené des batailles remarquables au sein de l’Assemblée nationale et du Sénat, pour s’opposer à ces choix et proposer la solidarité des territoires, les services publics et un État garant de l’égalité des citoyens.

La loi a donc une cohérence : même si, grâce à la bataille menée, des atténuations ont été apportées, l’essentiel de la réforme a été maintenu, à savoir un coup de poignard contre la démocratie locale supprimant tout un pan de la souveraineté populaire dans notre pays. La réforme de l’intercommunalité participe tout particulièrement de ce projet anti-démocratique et anti-républicain. Nicolas Sarkozy n’en fait d’ailleurs pas mystère comparant lors du discours de Saint-Dizier son action à celle de l’État centralisateur face à la féodalité ! Cette « recentralisation » de la décision passe par la transformation des intercommunalités et leurs élus en simples instruments de l’État, réduits à mettre en œuvre les compétences que l’État ne veut plus assurer, le tout dans un contexte d’asphyxie financière.

C’est pourquoi les élus communistes et républicains exigent l’abrogation pure et simple de cette loi liberticide qui favorise de grandes collectivités éloignées du citoyen et qui soumet nos territoires aux lois du profit, aux grands groupes privés. Ils demandent plus que jamais le respect de la libre administration communale et des choix de coopération intercommunale.

L’intercommunalité ne peut et ne doit être que le produit de la concertation entre collectivités à égalité de droits et de devoirs. Ces collectivités, en particulier les communes et les communautés, doivent s’accorder notamment sur le caractère mutuellement avantageux de la coopération et doivent pouvoir répondre aux besoins locaux des populations. Pour cela, un débat pluraliste, ouvert, associant la population, doit s’instaurer, un débat entre les communes et les communautés, pour trouver les meilleures solutions propres à répondre à l’intérêt général.

Nous voterons donc la délibération proposée sur un seul point : le rejet de la proposition du Préfet.

 

L’austérité nous mène dans le mur

Pierre Laurent : « L’austérité nous mène dans le mur »

Selon Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, la rigueur doit être celle de la gauche envers les marchés financiers et le capital pour porter une alternative de changement.

La gauche socialiste promet le changement et reprend à son compte le thème de la rigueur. N’y a-t-il pas là une contradiction ?

Pierre Laurent. Il y a une erreur d’analyse sur les causes de la crise. Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop-plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière. Les énormes profits acquis contre les salaires, par la précarisation de l’emploi, par la fragilisation des ressources de l’État, sont les causes réelles de la situation auxquelles il faut s’attaquer.

Est-ce à dire qu’il faut rompre ?avec ce dogme de la rigueur ?

Pierre Laurent. Dans toute l’Europe, ce dogme de l’austérité est en train de nous entraîner dans le mur. En Grèce, il y a un an, l’Europe libérale imposait un plan d’austérité en promettant le retour de la croissance. Aujourd’hui, il est demandé aux Grecs des sacrifices supplémentaires, comme les privatisations, qui ne conduiront pas ce pays à sortir de la crise mais affaibliront son potentiel de croissance et ses possibilités de rembourser sa dette. Ce diagnostic vaut pour toute l’Europe. Face à la crise, la réponse unique qui consiste à faire payer la dérive des marchés financiers aux peuples par des politiques d’austérité et de privatisation n’est en aucun cas une solution conforme à l’intérêt des peuples.

Pour autant, le déficit budgétaire de la France – 140 milliards d’euros en 2010 – est une réalité. Quelles sont vos solutions : réduire la dépense publique ou trouver de nouvelles recettes ?

Pierre Laurent. La dette publique a deux origines. La première réside dans le sauvetage de la dette privée sur des fonds publics. La seconde, c’est l’insuffisance de ressources de l’État liée aux politiques d’exonérations fiscales du capital et de précarisation de l’économie et de l’emploi. Il est impératif de restaurer les capacités de développement des États européens pour leur permettre de rembourser leurs dettes. Et ce, sur la base d’une croissance saine, fondée sur des investissements favorables à l’emploi et des dépenses utiles aux besoins des peuples. Tout le contraire des politiques actuelles, faites d’austérité et de purges sociales. Il est urgent de taxer le capital et de juguler la spéculation financière.

Cette question sera-t-elle ?au cœur des débats à gauche en vue ?de l’échéance de 2012??

Pierre Laurent. C’est particulièrement sur ce point que la gauche devra se différencier des politiques qui, sous la férule de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, sont imposées dans toute l’Europe. Le débat devra se mener pour clarifier?les engagements de chacun. ?C’est la condition pour porter ?une politique de gauche ambitieuse. Avec le Front de Gauche, nous sommes la force qui, dès 2005, en nous opposant au traité constitutionnel, a vu et dénoncé l’impasse des politiques libérales. Aujourd’hui, avec la dynamique ?de rassemblement que nous impulsons, nous continuons ce combat pour une véritable alternative de gauche en 2012.

Entretien réalisé par Max Staat pour l’Humanité
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Tract PCF-Front de Gauche : En 2012, prenez le pouvoir !

 

Un programme de « changement raisonnable »

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Le programme rendu public par le Parti Socialiste nécessite un examen attentif, notamment pour celles et ceux qui aspirent à une alternative aux politiques menées depuis des années sur la base des logiques dominantes du système capitaliste.

Hélas rien de fort qui symboliserait une ambition nouvelle pour notre pays. Rien de comparable même avec les nationalisations portées en 1981 par exemple ou la réduction du temps de travail qui en 2007 avait sans doute porté Lionel Jospin à Matignon. Il s’agit en quelque sorte d’un programme de « changement raisonnable ». On sait malheureusement que le raisonnable est l’ennemi des révolutions. L’ambition affichée est celle du redressement de la France et d’un nouveau modèle de développement. Mais ces objectifs s’inscrivent dans une acceptation d’un monde concurrentiel dominé par les marchés financiers et dans une conception de la croissance économique où les gains de productivité ne sont jamais redistribués en faveur de l’emploi, des qualifications et des salaires.

Ce programme est-il de gauche ?

Il y a certes des choses qu'on ne peut balayer d'un revers de main, comme la création de 300.000 emplois jeunes ou la modulation de l'impôt sur les bénéfices qui prévoit d’appliquer un taux de 40 % lorsque ceux-ci sont distribués en dividendes. Mais quelques propositions concrètes ne constituent pas une vision de la société. Ce programme ne rompt pas avec les logiques libérales et atlantistes des politiques menées ces dernières années. Pour l’OTAN par exemple, on frise le ridicule puisqu’il est suggéré d’évaluer les conséquences de l’entrée de la France dans l’OTAN. Tous les jours nous constatons qu’elle nous entraîne dans la guerre. Concernant l’Europe, il y a acceptation par le PS de toutes les logiques issues du traité de Lisbonne. Et cette acceptation des politiques libérales se retrouve au plan national. Les hypothèses économiques du parti socialiste prévoient une inflation à 2 et une augmentation des dépenses publiques à 1,7 %, c'est-à-dire moins vite que l’inflation. Nous sommes dans une logique de diminution de la dépense publique confirmée par des propositions de réformes fiscales à budget public constant. Dans ces conditions, on comprend que rien n’est dit sur l’arrêt de la RGPP ou la nécessité d’un plan d’embauche de fonctionnaires pourtant nécessaire dans tous les services rendus à la population. Le PS annonce 10 000 policiers recrutés, cinq cents magistrats, mais combien pour l’école considérée comme une priorité ? On ne sait pas, et rien sur la poste. Rien pour empêcher le démantèlement de notre système de santé et la casse de l’hôpital. Les propositions sur des maisons de santé ou sur la médecine libérale confirment même l’engagement d’une politique de substitution au service public. L’absence de propositions sur le maintien et l’extension des services publics, sur leur rôle dans la logique de redistribution des richesses et la maîtrise sociale de secteurs indispensables à la solidarité et à l’accès aux biens communs est sans doute le marqueur le plus négatif d’un programme enlisé dans l’acceptation des logiques libérales. Concernant les mesures en faveur du développement de l’emploi, de la formation et d’une économie au service des impératifs sociaux et écologiques, on ne peut qu’être déçu. Nous avons besoin d’un véritable pôle financier public permettant de réorienter l’ensemble des crédits publics et privés vers ces objectifs en s’appuyant sur de nouveaux droits pour les salariés, sur leur lutte et sur des fonds régionaux pour l’emploi. En matière de justice sociale, rien sur l’éventualité d’une réduction du temps de travail ou même sur les 35 heures sans annualisation et sans diminution de salaire ; rien de précis sur le SMIC. Concernant la retraite, l’augmentation de la durée de cotisation et de toutes les cotisations, y compris les cotisations salariales confirme la position du PS dans le conflit. On sait pourtant que la mise en place d’une taxe sur les actifs financiers, évalués à 305 milliards d’euros, permettrait de régler le problème d’une bonne couverture sociale. Un taux de taxe équivalent à celui des cotisations patronales de ce jour rapporterait 24,3 milliards à la caisse des retraites.

De telles mesures permettraient de « marquer » un programme de gauche remettant en cause le capitalisme financier qui est le capitalisme de notre siècle et auquel il faut s’attaquer sous peine de se résigner à accepter sa domination et la marchandisation de toute activité humaine qu’elle induit.

Rendre l’espoir au peuple de Gauche

Un tel constat concernant le programme du PS est-il désespérant ? Oui, si on croit le rapport de force à gauche immuable. Non, si on s’inscrit dans une dynamique, si on s’appuie sur les potentialités de rassemblement qu’induit le mouvement social, sur les aspirations profondes de nos concitoyen-ne-s et sur des propositions, portées par le Front de Gauche, qui rompent avec les logiques précédentes. Il s’agit de rendre l’espoir au peuple de Gauche et d’entraver ainsi la « résistible » ascension du vote FN. Le programme populaire partagé du Front de Gauche est un outil. De son appropriation par le plus grand nombre dépend un vote en 2012 qui ne soit pas guidé par la crainte mais par l’espoir. C’est notre combat.

Francis Parny, responsable national du PCF et vice-président à la culture de la Région Île-de-France

 

Sous la réforme, la finance

Texte invité
Les récentes informations sur l'activité de Guillaume Sarkozy, frère de, dans l'assurance retraite privée, sont décidément précieuses. Elles expliquent l'objectif de la réforme : ouvrir le marché des retraites à la finance. Les mesures d'âge (62 et 67 ans) ratatineraient en effet la part des retraites liquidées à taux plein. Ce serait un argument massue pour pousser à mettre son argent dans une complémentaire privée. Elles éclairent aussi l'attitude bloquée du pouvoir.
En refusant de revoir sa réforme, Sarkozy n'oppose pas seulement sa légitimité à celle de la « rue » (en réalité l'opinion majoritaire des Français). C'est oublier qu'entre ses représentants et le peuple, seuls légitimes en démocratie, se sont glissé quelques intrus. Notamment les « marchés financiers ». C'est à eux que Sarkozy rend des comptes ! Tout en faisant mine de vouloir remettre la finance à sa place, le gouvernement n'a pas hésité à justifier sa réforme par la nécessité de mériter le « triple A » des agences de notation. Verra-t-on bientôt Sarkozy, comme Zapatero le mois dernier, rencontrer les financiers de Wall Street pour un compte-rendu de mandat et leur jurer « j'ai fait tout ce que vous vouliez » en matière de réformes ?
La financiarisation de l'économie, voilà l'enjeu véritable de la réforme des retraites. Et voilà notre ennemi ! C'est un ennemi mortel au plan économique et social. Ouvrir à la finance un gigantesque marché de l'épargne retraite encouragerait tout ce qui a conduit à la crise actuelle. Lisez les conseils du magazine Challenges pour préparer sa retraite : « d'abord être propriétaire, et souscrire une assurance-vie ». L'immobilier plus la finance, le cocktail dont les Etats-Unis se sont abreuvés avec le résultat que l'on sait. Aujourd'hui, leurs si modernes retraites par capitalisation sont au bord de la faillite. Le total des engagements non financés des caisses de la fonction publique des Etats atteint 3300 milliards de dollars, celui des municipalités et comtés 574 milliards, celui des 100 plus grosses entreprises privées 460 milliards ! Quant aux fonds de pension « à cotisation définie » (on sait combien on verse mais pas combien on touche), le taux de remplacement moyen des pensions versées a baissé de dix points avec la crise. Nous ne manquons donc pas d'arguments pour montrer que le bon vieux système par répartition, justement parce qu'il se passe des marchés financiers, est plus stable. Il est aussi moins cher : pour 40 ans de cotisation retraite atteignant un total de 120 000£ la banque britannique HSBC empoche une commission de 99 900£ soit 80% !
Cette financiarisation est aussi notre ennemi politique. Car le pouvoir qu'elle donne aux détenteurs du capital financier piétine la souveraineté populaire. Les marchés ont récupéré la souveraineté monétaire. Ils exigent maintenant de contrôler les politiques budgétaires. C'est à ce titre qu'on leur devrait des comptes quant au modèle social que nous voulons pour nos pays ! La finance a parachevé le caractère antidémocratique de l'Union européenne. C'est elle qui aujourd'hui renforce la nature oligarchique du pouvoir en France. Le pouvoir n'est ni dans les urnes ni dans la « rue », il est aux mains d'une petite poignée d'individus qui doivent au capital financier leur fortune et leur pouvoir. Chaque jour du mouvement sur les retraites renforce la prise de conscience populaire à ce sujet. Ce bras de fer prépare la révolution citoyenne contre les oligarques aussi efficacement que mille cahiers de doléances !
Parti de Gauche
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La soumission à la dictature des marchés n’est pas acceptable, par Henri Sterdyniak (OFCE)

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Henri Sterdyniak est directeur du Département économie de la mondialisation de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), il est aussi l'un des rédacteurs du Manifeste des économistes atterrés.

Le Manifeste des économistes atterrés a été déjà été cosigné par plus de 500 économistes (1). Alors que la crise financière de 2008-2009 a montré l’impasse à laquelle conduit le développement du capitalisme financier, les classes dominantes et les gouvernements refusent d’en tirer les leçons.
Pire, la crise, provoquée par l’aveuglement et la cupidité des marchés financiers, est utilisée comme prétexte pour réduire les dépenses publiques en Europe. Retrouver le chemin de la croissance n’est plus la priorité de l’Europe. Elle s’est engagée dans une autre voie?: celle de la lutte contre les déficits publics.
L’Europe s’est prise dans son piège institutionnel?: alors que les États des autres pays développés peuvent toujours être financés par leur banque centrale, les pays de la zone euro ont renoncé à cette possibilité, et dépendent totalement des marchés pour financer leurs déficits.
Aussi la spéculation peut-elle facilement se déclencher contre les pays les plus fragiles de la zone, d’autant plus que les agences de notation jouent à accentuer la défiance et que la solidarité européenne est problématique.

Pour «?rassurer les marchés?», des plans drastiques de réduction des dépenses publiques et sociales sont mis en œuvre à travers l’Europe. La croissance et l’emploi en pâtiront nécessairement.
Cette politique aura de graves conséquences sociales dans de nombreux pays européens, tout particulièrement sur la jeunesse et les plus fragiles. Elle menace la construction européenne elle-même, qui était bien plus qu’un projet économique. L’économie devait être au service de la construction d’une Europe unie, développant un modèle original de société. Au lieu de cela, la dictature des marchés s’impose aujourd’hui en Europe.

La soumission à cette dictature n’est pas acceptable. Un véritable débat démocratique sur les choix de politiques économiques en Europe doit être ouvert. La plupart des économistes qui interviennent dans le débat public le font pour justifier la soumission des politiques aux exigences des marchés financiers.
Certes, les pouvoirs publics ont dû partout improviser des plans de relance keynésiens et même parfois nationaliser des banques. Mais les classes dominantes et leurs idéologues veulent refermer au plus vite cette parenthèse. La théorie néolibérale est toujours la seule reconnue légitime, malgré ses échecs patents.
Fondée sur l’hypothèse d’efficience des marchés, et en particulier des marchés financiers, et sur le dogme de la rentabilité financière comme le seul critère de l’efficacité économique et sociale, elle prône la réduction des dépenses publiques, la privatisation des services publics, la flexibilisation du marché du travail, l’accentuation de la concurrence et de la libéralisation du commerce international et des marchés de capitaux.

Le Manifeste proclame que les fondements théoriques de ces politiques sont fallacieux, que ces politiques entraîneront l’Europe dans la stagnation. D’autres choix sont possibles, qui commencent par desserrer l’étau imposé par les marchés financiers. Les arguments avancés depuis trente ans pour orienter les choix de la politique économique européenne sont aujourd’hui invalidés par les faits.
Le Manifeste démonte dix postulats qui continuent à inspirer les décisions des pouvoirs publics partout en Europe, malgré les cinglants démentis apportés par la crise financière et ses suites
Le Manifeste soumet à la discussion des économistes et des citoyens des mesures pour sortir l’Europe de l’impasse. Il propose, par exemple, d’interdire aux banques de spéculer sur les marchés financiers afin de les recentrer sur la distribution du crédit?; d’affranchir les États de la tutelle des marchés financiers, en garantissant le rachat de titres publics par la BCE?; de réduire unilatéralement les taux d’intérêt exorbitants des titres émis par les pays en difficulté depuis la crise?; de réduire la part de la finance de marché dans le financement des entreprises, en développant une politique publique du crédit. Le Manifeste montre que la hausse des dettes publiques en Europe au cours des trente dernières années ne résulte pas d’une dérive des dépenses publiques, mais de la réduction de la fiscalité sur les plus riches, sur les revenus financiers, sur les entreprises, puis de la récession induite par les dérèglements financiers.
Il propose de créer une tranche d’imposition confiscatoire sur les revenus exorbitants, d’augmenter la fiscalité sur les profits distribués pour favoriser le réinvestissement des profits. Les libéraux et les lobbys des assurances veulent obliger les ménages à épargner pour leur retraite et leur santé auprès des institutions financières, responsables de la crise?; au contraire, il faut promouvoir un nouveau modèle social européen, assurant la sécurisation des moments de la vie (garde des enfants, formation, emploi, retraites, maladie).
Une réduction simultanée et massive des dépenses publiques de l’ensemble des pays de l’Union ne peut avoir pour effet qu’une récession aggravée, une baisse des recettes fiscales et donc un alourdissement de la dette publique. Il ne faut pas entreprendre de réduire les déficits publics avant d’avoir retrouvé une croissance satisfaisante, comportant une forte baisse du taux de chômage.
L’Europe doit assurer une véritable coordination des politiques macroéconomiques et une réduction concertée des déséquilibres commerciaux entre pays européens. Elle doit développer une fiscalité européenne (taxe carbone et taxes environnementales, impôt sur les bénéfices) et un véritable budget européen pour aider à la convergence des économies.
Elle doit lancer un grand emprunt européen pour financer la reconversion écologique de l’économie européenne et pour favoriser le rattrapage des pays du Sud et de l’Est.
L’Europe s’est construite depuis trente ans sur une base technocratique excluant les populations du débat de politique économique. Il faut une nouvelle politique économique qui bride le pouvoir de la finance et organise l’harmonisation dans le progrès des systèmes économiques et sociaux européens.
C’est ainsi, et seulement ainsi, que le projet de construction européenne retrouvera une légitimité populaire et démocratique qui lui fait aujourd’hui défaut.




(1) Le Manifeste a été lancé par Philippe Askenazy (CNRS, École d’économie de Paris), Thomas Coutrot (conseil scientifique d’Attac), André Orléan (CNRS, EHESS), Henri Sterdyniak (OFCE).

Le texte intégral est disponible sur le site?: http://economistes-atterres.blogspot.com.

 

La Commission Européenne est à la botte des marchés financiers

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Sur le terrain, comme à Bruxelles : P. Le Hyaric, député communiste européen et directeur de l'Huma

Pour la commission européenne, répondre à la crise c'est satisfaire les marchés financiers et écraser les solidarités.
C'est ce qu'explique le député communiste européen, Patrick Le Hyaric :
"Alors que cette année 2010 a été décrétée « année de lutte contre la pauvreté en Europe », et que le chômage ne cesse d’augmenter, la Commission européenne prépare pour cette fin de semaine un conseil économique et financier des plus antisociaux qui va accentuer la désindustrialisation, le chômage et la pauvreté.
Au moment du déclenchement de la crise, de nombreuses institutions ont salué le rôle des politiques de solidarité dans les pays européens comme « amortisseurs de la crise », pourtant la commission pousse à la destruction de ces solidarités.

Elle demande que la part de la dette d’un pays au-delà de 60% du PIB (la France était à 78% à la fin 2009), limite fixée par le Pacte de stabilité et de croissance, baisse à un rythme annuel de 5% pendant au moins trois ans.
Dans le cas contraire, le pays serait sanctionné par une amende équivalente à 0,2% de son PIB. Mais la commission n’exige rien des banques à qui, sous différentes formes, ont été donnés en Europe près de 3000 milliards d’euros, c’est d’ailleurs l’une des causes essentielles de l’augmentation des dettes.
Les banques sont passées faire des retraits à la caisse, et maintenant ce serait aux peuples de banquer ! Cette orientation est inadmissible, intolérable.
Par exemple, cette taxe équivaudrait pour la France à une ponction de 3.8 milliards d’euros. Soit le budget de l’agriculture ou la moitié de celui de la justice.
Ce choix de la Commission qui doit être validé par les Etats est une aberration économique, sociale et politique. Nous appelons donc la France à ne pas le valider. Cette Commission est sourde aux souffrances des européens, des 75 millions de pauvres, des chômeurs, des travailleurs.
Au contraire, le message de la Commission est le suivant : « soit vous acceptez des sacrifices sans précédent soit vous paierez notre amende ». C’est déjà au nom de ces choix qu’est appliquée la super-austérité, avec le démantèlement des services publics et la casse des systèmes de retraite.
La Commission, avec ses calculs rigides et sans vision politique, ne propose aucun plan de relance, n’a pas pour réel objectif l’emploi et les salaires. Cette décision est en réalité un gage donné aux marchés financiers pour les rassurer sur l’argent qu’ils ont placé sur l’euro.
On voit les dégâts en Europe, sur un an le nombre de personnes ayant un travail continue de diminuer. Il faut au contraire changer radicalement de politique en changeant les fonctions de la BCE qui doit avoir un rôle de financeur des entreprises créatrices d’emplois, investissant dans la formation et l’emploi. Il faut lancer un grand plan de relance à l’échelle de l’Union, financé par la taxation des marchés financiers, qui passe par des associations d’entreprises européennes et de services publics européens, la mise en place d’objectifs en terme d’emplois, de développement industriel, de services utiles, et une vraie politique sociale. Au pacte d’austérité, nous opposons un pacte de développement social et humain durable."
Patrick Le Hyaric se félicite en conclusion du succès de la manifestation à Bruxellesdes syndicats liés à la CSE.

 

Endettement public : "La « Moody’s attitude » des dirigeants vise à justifier l’abaissement social", par P. Ivorra

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La mise en garde adressée notamment à la France, il y a peu, par l’agence de notation Moody’s, qui soulignait le niveau excessif selon elle de l’endettement public dans notre pays et aussi aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni, est pour nos gouvernants à double tranchant.
Les économistes dopés au CAC 40, les gens au pouvoir y voient une raison pour réduire les dépenses sociales utiles, reculer l’âge de la retraite.
À plusieurs reprises, Nicolas Sarkozy et François Fillon ont justifié leur politique d’austérité en invoquant la nécessité de ne pas dégrader la note de la dette française.
C’est la «Moody’s attitude» qui vise à faire peur aux Français, à leur faire croire que le ciel va leur tomber sur la tête si jamais ils s’avisent de bouger ne serait-ce qu’un cil.

Dans une économie ouverte, nous dit-on, en tout cas ouverte aux capitaux à défaut de l’être aux hommes, les nations seraient contraintes de se soumettre. Le boulet de la dette publique menace effectivement de déstabiliser notre société.
En 2013, le paiement des seuls intérêts approchera les 60?milliards d’euros et représentera le premier poste budgétaire, devant celui de l’Éducation nationale. Il y a un vrai risque de nouveau krach, en France, mais pas seulement, également aux États-Unis, au Japon… La peur cependant n’évite pas le danger.
En même temps, une telle attitude de soumission est difficile à faire accepter à nos concitoyens. Rappelons-nous, c’est de Gaulle qui répondait, en octobre?1966, il y a donc plus de quarante ans de cela, à une question sur les marchés financiers?: «?La politique de la France ne se fait pas à la corbeille?», c’est-à-dire à la Bourse.
Nicolas Sarkozy a capté les suffrages des Français justement en les assurant que la politique pouvait en imposer aux marchés.
Pourtant, le mouvement populaire ?est souvent démuni face à la dialectique de?la résignation. Il sait qu’il ne peut pas prôner le repli en réponse à la globalisation et à la libre circulation des capitaux. Il ne voit pas suffisamment que la seule façon de regagner de la marge de manœuvre sur les marchés c’est de dégager des sources de financement alternatives. Cela suppose de commencer ?à sortir du marché.
Cela appelle, certes, une réforme des prélèvements obligatoires, mettant à contribution le capital.
Il est un autre moyen.
Actuellement, comme nous l’indiquions ?la semaine dernière, le crédit et la création monétaire des banques, et notamment de la Banque centrale européenne, sont cannibalisés par les marchés financiers.
Il faut les réorienter vers le social, au travers particulièrement d’un financement des services publics par la BCE.

Pierre Ivorra (source l'Humanité)

 

Du 1er au 3 octobre 2010, l'ANECR tiendra son XVème congrès à Nantes.

Jean Jacques Paris, secrétaire général de l'association, présenta les pistes de travail lors du Conseil national de l'ANECR du 22 juin 2010.


Il y a quelques semaines, le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz, ancien chef économiste de la banque mondiale déclarait : « l’austérité mène au désastre… Nous savons depuis la grande dépression des années 30 que ce n’est pas ce qu’il faut faire ». Il précisait d’ailleurs qu’une sortie de crise pour l’Europe ne pourrait se faire que par la solidarité et l’investissement.
Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas été entendu par les dirigeants français et européens comme par le FMI qui persistent à ne se préoccuper que de rassurer les marchés financiers, à préserver leurs intérêts en faisant subir aux peuples des politiques d’austérité toujours plus dures pour les conditions de vie et de travail.

Voilà plus de 30 ans que les États se sont placés dans la dépendance des marchés financiers qui sont toujours aux aguets des politiques économiques des pays pour les utiliser à leur avantage, à leur seul bénéfice, ainsi ont-ils fait de la dette publique depuis les années 80 une source de profits. Les titres d’Etat sont devenus une valeur sûre pour assurer une rentabilité de plus en plus difficile à dégager de l’activité de production.
En fait tout ceci a conduit à une montée de la spéculation sur les titres d’état et à la chasse aux déficits publics sans résultats, donnant du poids à l’offensive idéologique sur la gravité de l’endettement public. C’est le 1er ministre qui déclarait : « la France est en faillite », ou Alain Minc qui soulignait que la réforme des retraites était le principal signal à donner aux marchés. Mais aussi les ministres ou parlementaires de droite qui ne manquent pas une occasion de rappeler qu’il faut poursuivre la RGPP, ou le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, ou encore que les collectivités locales sont trop dépensières, et le Président de la République vient de décider le gel des dotations pendant trois ans dans le même temps où la suppression de la TP va se solder par une tendance à la baisse des recettes des collectivités locales.

En fait, les collectivités locales se voient retirées progressivement leur pouvoir fiscal et leur autonomie financière alors qu’elles ne génèrent qu’une part très limitée de la dette publique sous forme d’emprunts qu’elles ne consacrent qu’à des investissements utiles et qu’il est nécessaire d’étaler dans le temps. Ajoutons à cela les exigences incessantes du Medef et du patronat pour voir réduire encore leurs contributions et l’absence d’avancées sur la péréquation en général, sur la DSU, la réforme fiscale, les valeurs locatives, etc… Tout concourt à confisquer aux collectivités toute visibilité à moyen terme, toute marge de manœuvre et d’initiative. Notons au passage que la structure de la fiscalité locale se trouve bouleversée. Le poids de la fiscalité sur les recettes représentait :
•Pour les communes et communautés de communes 37%, il passe à 32
% •Pour les départements 32 %, il passe à 15
% •Pour les régions, 20 %, il passe à 0
% Et ce n’est pas fini…

Reste au gouvernement à mettre en place une loi d’encadrement des dépenses des collectivités locales et celles-ci seront transformées en prestataires de l’Etat.
On peut le mesurer, alors que la récession entraîne les familles dans une dégradation de leur situation économique et sociale, tant au regard des ressources qu’au niveau de l’emploi, avec une nette aggravation de la précarité, du chômage et notamment de celui des jeunes et des femmes.
Une partie de la population touchée par le chômage de longue durée, non indemnisée, n’ayant comme perspective de rémunération à long terme que les seuls minima sociaux.
Une situation alarmante qui pèse sur l’avenir des départements, l’exemple de la Gironde en atteste, il nous faut abonder de 20 millions d’euros le budget supplémentaire pour pouvoir répondre aux demandes de RSA en nette augmentation.
Avec des dépenses sociales en augmentation de 8 %, sur 2009, le Conseil général de la Gironde comme beaucoup d’autres est poussé à abandonner des missions publiques indispensables à la vie des habitants. Face à cette accélération, il est de première importance que tous les élus communistes, républicains, progressistes ou partenaires divers se rassemblent pour agir avec les habitants et faire grandir des solutions alternatives.
C’était le sens de l’appel des associations d’élus de gauche à participer à une journée de mobilisation le 26 juin alors que la réforme territoriale va revenir en discussion au Sénat.
Cette journée ou une autre d’ici le prochain vote de l’Assemblée doit nous permettre de porter haut et fort avec nos concitoyens l’exigence de démocratie et de service public et ce, dans la plus large unité pour faire naître l’idée qu’une autre réforme est possible et nécessaire.
Ainsi, dans le département du Pas de Calais, l’Adecr s’emploie à ce que les conseils municipaux se réunissent le matin du 14 juillet pour réveiller la République. Les idées ne manquent pas et nous vous faisons confiance pour en inventer de nouvelles. C’est bien dans ce contexte d’effervescence que se prépare notre prochain congrès des 1, 2 et 3 octobre à Nantes.
En pleine bataille pour défendre le droit à le retraite à 60 ans, avec une pension permettant de vivre dignement, après une vie de travail usante, voire aliénante, il s’agit de défendre en fait un droit humain, gage d’une civilisation évoluée dont on mesure le degré d’humanité aux conditions qu’elle est capable d’assurer à celles et ceux qui l’ont fait se développer au prix souvent de leur santé, et très souvent d’efforts et privations non sans conséquences pour eux-mêmes.
Alors être dans ces rassemblements comme dans tous ceux pour défendre, développer et créer des services publics doit être toujours mieux une priorité pour les élus que nous sommes bien repérés dans nos départements pour être source de combativité ; les élus de l’anti-résignation, les élus toujours en recherche de rendre possible ce qui ne l’est pas encore. N’est-ce pas là un atout considérable, une forme de joie de vivre lucide que l’on veut partager ?
Notre congrès qui se tiendra 15 jours après la fête de l’Humanité, événement populaire stimulant dans lequel nous tiendrons notre stand avec plusieurs débats où nous pourrons nous retrouver avec de nombreux invités. Un congrès dont la préparation est lancée depuis bientôt trois mois mais qui n’a pas encore reçu l’apport collectif nécessaire pour en faire un grand moment politique à quelques mois des élections cantonales.
Mais il n’est pas trop tard si nous décidons ensemble de nous y mettre vraiment. L’organisation matérielle est en cours de mise au point sous la responsabilité de Yves Rémy en coopération avec les élus et les collectivités qui accueillent cet important rassemblement.
Il est à noter qu’un moment sera consacré le vendredi de 18 h à 20 h à une initiative autour de l’abolition de l’esclavage et de la déclaration d’indépendance des pays africains.
Lysiane Alezard prend les contacts nécessaires pour donner à cette initiative le meilleur contenu. La séance de vendredi soir sera consacrée à l’introduction et au débat en plénière qui devrait intégrer tout à la fois la situation politique, le devenir des collectivités face à la crise de l’accumulation capitaliste et les plans d’austérité mis en œuvre par les gouvernements.

Mais aussi quelles luttes, quels rassemblements construire ? Pour quelle perspective à l’approche des échéances cantonales et sénatoriales mais aussi présidentielles et législatives de 2012 ?
Et pour contribuer à un réel changement, de quelle association d’élu(e)s communistes et progressistes avons-nous besoin ?
Un débat général que nous pourrions poursuivre le samedi après-midi en y intégrant le travail des ateliers qui se tiendraient le samedi matin. En rapport avec le travail conduit par le groupe projet, suivi par Jean-Claude Mairal, il nous faut valider le contenu des ateliers que nous souhaitons proposer aux congressistes.
Nous pourrions, en s’y préparant mieux que pour les rencontres de Dijon, accueillir pour chaque atelier, un ou plusieurs invités pour enrichir et ouvrir les échanges. Si nous le décidons, c’est dès maintenant qu’il faut anticiper et prendre des contacts.
Quels pourraient être ces ateliers ? Nous proposons qu’ils se construisent autour de 6 engagements qui pourraient constituer l’armature d’une charte plaçant les droits humains au cœur.
1) Les droits humains au cœur des politiques territoriales.
2) Promouvoir le vivre-ensemble, l’intérêt général et les diversités.
3) Les services publics : base de modernité, d’égalité, d’émancipation, de progrès social et de libertés.
4) Un développement écologique et solidaire des territoires.
5) Penser local, agir global, être source de nouvelles solidarités européennes et mondiales.
6) Des moyens financiers et une fiscalité solidaire au service du développement humain et des territoires.
7) Le conseiller territorial. Parlons-en, pourrait permettre de réunir conseillers généraux et régionaux pendant 1 heure 30 sur cette question qui mérite d’échanger en profondeur.

Vous donnerez votre avis sur ces propositions comme sur la charte des engagements qui vous permettra de nourrir les débats dans vos associations départementales. Car telle est bien la difficulté qu’il nous faut franchir. Comment faire participer le plus grand nombre ? Nous vous faisons des propositions de délégués par département pour ce congrès.
Vous le comprendrez, ces propositions ne peuvent se lire en terme quantitatifs seulement. Le nombre est certes important, 700 à 800 élus qui se rencontrent pour travailler ensemble, mais notre ambition est plus grande encore, elle s’épanouira dans la composition des délégations, par sa dimension paritaire d’abord mais aussi par sa dimension d’ouverture aux jeunes et à la diversité comme au pluralisme.
Autant dire que construire les délégations demande un effort politique important pour tendre vers l’objectif recherché.
Dans cette période politique où la fatalité traverse toute la société, n’est-ce pas là une question majeur ? Face à tous les coups qui pleuvent, à la résistance qui s’émousse, à l’abstention qui s’enracine, aux luttes qui ont du mal à s’amplifier même si la mobilisation pour les retraites semble s’étendre et si les travailleurs sans-papiers viennent d’infliger une première défaite à Sarkozy et Besson. Face également au mécontentement qui gagne du terrain et au doute qui s’installe, comment susciter l’engagement, l’implication, l’intervention pour réaliser une construction commune, une élaboration plus collective forte de la diversité des approches et expériences ?
C’est pour y parvenir que nous avons mis en place deux groupes de travail ouverts à tous les membres du CN ; si on peut regretter la trop faible participation, on peut se féliciter de l’implication forte de plusieurs élu(e)s qui ont permis de faire avancer le processus démocratique.

Où en est-on à ce jour ?
La démarche mise en œuvre pour travailler le projet se poursuit avec la proposition de charte évoquée précédemment. Partant des riches travaux de réflexion engagés à ce jour par notre association, il est proposé de continuer à les enrichir, à les actualiser, à les revisiter à l’aune de la crise dans laquelle s’enfonce le pays et l’Europe, à les confronter à la mondialisation capitaliste.
A partir de chaque territoire et des expériences mises en œuvre dans les communes, départements et régions, comment développer de nouvelles politiques publiques et trouver les financements nécessaires ? Comment rechercher des coopérations pour dépasser les obstacles et s’affranchir des dogmes libéraux ? Ce groupe de travail a donc planché sur une série d’engagements forts que les élu(e)s communistes et républicains pourraient porter avec les populations sur tout le territoire national ; des engagements que les élu(e)s pourraient faire vivre localement.
Même souci de démocratie dans l’autre groupe de travail sur les instances de l’Anecr. Un questionnaire à chaque membre du conseil national pour partir des questions qui se posent réellement et pouvoir y répondre, la synthèse se trouve dans le dossier qui vous a été remis. Il en ressort un souci de participer malgré les obstacles rencontrés, liés à l’emploi du temps, à la distance, à la difficulté de se libérer des obligations professionnelles, aux moyens financiers, etc…
Cependant, le constat également qui montre que 40 % des membres du CN n’ont jamais ou une seule fois participé à nos réunions. Le constat également, que sur 163 membres, seuls 5 sont des élus républicains et seulement 53 sont des femmes. Une composition qui ne correspond pas à la réalité des élu(e)s membres de notre association. Cette distorsion mérite pour le moins qu’on y réfléchisse. C’est pourquoi nous avons pris l’initiative de proposer aux responsables d’Adecr une séance de travail qui se tiendra cet après-midi afin de recueillir leur avis, mais surtout de définir ensemble une démarche pour faire bouger les choses et s’entendre sur les critères qui pourraient nous guider pour construire notre prochain conseil national, notre bureau, notre secrétariat et remplacer notre camarade André Chassaigne à la présidence puisqu’il terminera, comme il l’avait toujours dit son mandat.
Le groupe de travail a également abordé, comme nous l’avions évoqué lors du dernier congrès, la question du nom de notre association sans pouvoir à ce jour faire une proposition qui pourrait être consensuelle. Comment faire apparaître la diversité des élus qui sont susceptibles d’être des adhérents de l’association et que ne reflète pas précisément le vocable républicain,
Vos propositions sont attendues. Voilà où nous en sommes, il reste du chemin à faire d’ici le CN de septembre, mais d’ici là toutes les Adecr auront réuni ou pour le moins convoqué leurs assemblées générales et le travail sera largement avancé pour assurer les meilleures conditions à ce rendez-vous démocratique.
Je me dois bien entendu d’évoquer parmi les activités de la dernière période, la rencontre des conseillers régionaux, celle des conseillers généraux et l’initiative sur le fret ferroviaire qui ont permis de favoriser les échanges et les rassemblements sur des questions d’importance pour la vie des habitants et d’autres camarades en préciseront le contenu.
Je me dois également de signaler notre rencontre avec les représentants des états généraux des services publics afin de mieux nous engager dans ce front qui se dessine et nous concerne au plus haut point, tout comme notre rencontre avec les responsables du collectif de la votation citoyenne afin d’étudier avec eux les conditions dans lesquelles pourrait se tenir une initiative sur le vote des étrangers autour d’un référendum d’initiative locale avec listes d’émargements et bureaux de vote.
Une initiative qui devrait se construire une même journée dans la diversité des forces qui partagent cette idée et serait précédée par une délibération des conseils municipaux. Une journée qui pourrait s’accompagner de votations citoyennes quand le référendum ne serait pas retenu.
Je pense n’avoir rien oublié, ou plutôt j’ai gardé le meilleur pour la fin, entendez par là l’élection d’un nouveau conseiller général dans le département du Pas de Calais, un des élus communiste bien ancré dans le local et dans les luttes et apprécié comme tel par la population et qui succède à un conseiller général PS. Mais nos camarades du Pas de calais auront le plaisir de nous en dire plus.
Certes une hirondelle ne fait pas le printemps mais avec le changement climatique, sait-on jamais ? Puisque tout est bousculé, tout reste possible !

 

« Arracher les politiques publiques des griffes de la finance », par D. Durand

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Denis Durand est un économiste communiste, syndicaliste du secteur bancaire, membre du Conseil économique, social ? et environnemental.

« Si l’on veut s’arracher aux griffes des marchés financiers, on ne peut se contenter d’établir des règlements.
C’est une lutte de pouvoir qui suppose certes des instruments publics, des règlements mais aussi une intervention des citoyens d’abord sur leur lieu de travail.
Cela commence avec la lutte à l’entreprise pour de nouveaux critères de gestion, pour des projets industriels permettant un développement de l’emploi et des territoires.

Cela continue au niveau régional par une pression sur les établissements bancaires afin qu’ils financent ces projets. Cela en cohérence avec ce que l’on pourra faire au niveau national avec un pôle financier public, au niveau européen avec un autre rôle de la BCE et une nouvelle politique monétaire.
Il faut également réduire le rôle des marchés financiers dans l’économie. Il y a un mode de financement de l’économie qui n’est pas obligatoirement sous la dépendance des marchés financiers même s’il les a beaucoup servis ces dernières années, c’est le pouvoir des banques de créer de la monnaie et de dispenser des prêts.
Cela suppose de changer les critères d’attribution des crédits afin qu’ils servent à développer l’activité et l’emploi plutôt que la finance. On fera ainsi d’une pierre deux coups : on contribuera à créer des bases saines pour la croissance et l’on réduira le rôle des marchés.
La Banque centrale européenne peut jouer un rôle essentiel à ce titre, en contribuant au financement des dépenses publiques et au développement des services publics, en utilisant à bon escient son propre pouvoir de création monétaire.
Les États, les collectivités et les services publics pourraient ainsi progressivement lever les contraintes que leur imposent les marchés financiers. J’insiste cependant sur le rôle des mobilisations, c’est sur cette base-là que les institutions peuvent concrétiser des rapports de forces créés par les luttes. »

(source l'Humanité)

 

Une proposition de loi alternative pour une réforme des retraites juste et efficace

La réforme des retraites proposée par le gouvernement est un véritable coup de poignard contre le modèle social français.
Injuste, mais aussi inefficace, ce sont les salariés déjà durement touchés par la crise qui vont la payer au prix fort (22,6 milliards d'euro) alors qu'une fois de plus, le capital est épargné (4,4 milliards d'euro). Ce projet ne règlera rien. Ils s'inscrit dans la lignée des mesures d'austérité mises en place par l'Union Européenne : une véritable capitulation devant les marchés financiers et l'amplification d'une politique d'austérité qui nous enfonce dans la récession.
Il est possible de faire autrement.
Les député-e-s communistes, républicains et du parti de gauche, ont déposé une proposition de loi qui, tout en rétablissant la justice sociale, assurerait également un financement dynamique du système de retraite.

Retrouvez en annexe le texte complet de cette proposition de loi. Nous vous proposerons durant tout l’été de la soutenir en la signant.

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