Apauldup.jpg
C. Bruneau, Michel Valade et des anciens de Paul Dupont remettent le drapeau rouge du syndicat aux archives.
Le 2 mai, en mairie, Claude Bruneau, ancien dirigeant syndical CGT de Paul Dupont, vieille imprimerie clichoise qui a arrêté ses activités dans les années quatre-vingt, a remis le drapeau du syndicat et les registres de mutuelles aux archives de la Ville.
Paul Dupont, imprimerie de renom durant près de 130 années, avec le savoir-faire de ses ouvriers et ses luttes qui ont rythmé la vie locale des années durant, est un effet un pan de l'histoire locale.
L'histoire de Paul Dupont, haut lieu de conquêtes ouvrières fait partie du patrimoine clichois.
Le maire G. Catoire, M Valade, maire de Pierrelaye et ancien ouvrier de Paul Dupont, ainsi que d'anciens travailleurs de l'entreprise ou compagnons de luttes avaient tenu à assister à ce legs de patrimoine
Le maire a évoqué l'histoire et ouvrière de Clichy et reconnu l'importance du rôle des syndicats.
F. Delalleau, candidat du Front de gauche aux législatives marquait par sa présence, l'actualité du combat syndical à l'heure où Sarkozy chausse les pas de Pétain pour exhorter les syndicats à "déposer le drapeau rouge"
Parmi les élus clichois, on relevait la présence notamment de M. Allamellou, C. Alfaroba et des communistes Ch. Garnier et Guy Schmaus. Claude Bruneau et Michel Valade, avec beaucoup d'émotion et de chaleur, ont fait revivre cette page de l'histoire ouvrière clichoise.
A cette occasion Guy Schmaus, au nom des élus communistes a prononcé l'allocution suivante.
Monsieur le Maire de Clichy, Monsieur le Maire de Pierrelaye, Mesdames, Messieurs, Mon cher Claude,
C’est à l’occasion de nos retrouvailles, 25 ans après la fin, en 1987, de l’imprimerie Paul Dupont, que tu as souhaité remettre à la ville de Clichy, c'est-à-dire aux clichois, les deux registres de sa mutuelle datant de 1860 et son drapeau CGT datant de 1936.
Par cette donation, toi et tes camarades de travail, témoignez que l’imprimerie et vous, appartenez à notre histoire locale.
Celle de 6 générations qui se sont succédées, clichois pour la plupart, en faisant tourner vos machines durant 129 ans, en donnant sa vitalité à tout un quartier, le Bac d’Asnières, en gravant ses heures chaudes.
Paul Dupont était déjà célèbre quand en 1887, Van Gogh, au terme de sa descente à pieds de la rue Lepic, posa son chevalet, chez nous, pour y peindre les « rives des bords de Seine » et les « usines de Clichy » avec en premier plan l’éclatant jaune d’un champ de blé.

Le 2 mai, en mairie, Claude Bruneau, ancien dirigeant syndical de Paul Dupont, l'imprimerie clichoise qui a arrêté ses activités dans les années quatre-vingt, a remis le drapeau du syndicat aux archives de la Ville. Paul Dupont, imprimerie de renom, avec le savoir-faire de ses ouvriers et ses luttes qui ont rythmé la vie locales des années durant, est un effet un pan de l'histoire locale. L'histoire de Paul Dupont, haut lieu de résistance et de conquêtes ouvrières fait partie du patrimoine clichois.
Le maire G. Catoire, X maire de Pierre layee t ancien ouvrier de Paul Dupont,, et d'anciens travailleurs de l'entreprise ou d'anciens compagnons de luttes avaient tenus à assister à ce leg de patrimoine. F. Delalleau, candidat du Front de gauche aux législatives était présent. A cette occasion Guy Schmaus, au nom des élus communistes a prononcé l'allocution suivante.
Monsieur le Maire de Clichy, Monsieur le Maire de Pierrelaye, Mesdames, Messieurs, Mon cher Claude,
C’est à l’occasion de nos retrouvailles, 25 ans après la fin, en 1987, de l’imprimerie Paul Dupont, que tu as souhaité remettre à la ville de Clichy, c'est-à-dire aux clichois, les deux registres de sa mutuelle datant de 1860 et son drapeau CGT datant de 1936.
Par cette donation, toi et tes camarades de travail, témoignez que l’imprimerie et vous, appartenez à notre histoire locale. Celle de 6 générations qui se sont succédées, clichois pour la plupart, en faisant tourner vos machines durant 129 ans, en donnant sa vitalité à tout un quartier, le Bac d’Asnières, en gravant ses heures chaudes.
Paul Dupont était déjà célèbre quand en 1887, Van Gogh, au terme de sa descente à pieds de la rue Lepic, posa son chevalet, chez nous, pour y peindre les « rives des bords de Seine » et les « usines de Clichy » avec en premier plan l’éclatant jaune d’un champ de blé. Un proverbe chinois nous apprend qu’ :« oublier ses ancêtres c’est être un ruisseau sans source, un arbre sans racines » Or, pour être elle-même, Clichy a besoin de toutes ses racines.
Le fraiseur-outilleur de chez Citroën que je fus t’a connu, comme beaucoup d’autres, ouvrières et ouvriers de la boîte, pendant les trente dernières années de son existence.
Il a eu la chance de visiter vos ateliers, de soutenir vos actions pour vos salaires, vos emplois, la modernisation,……. J’étais fasciné par l’adresse des brocheuses, la puissance des rotatives, la dextérité des typos, le goût des photograveurs.
C’était bien vous les créateurs des richesses…sans rejet pour les nouvelles technologies qui s’appelaient alors l’offset, bien avant le bouleversement informatique.
Vous m’avez fait chaud au cœur par votre esprit de solidarité et votre combativité face aux menaces sur l’avenir de l’entreprise. L’activité pointilleuse et rigoureuse de la mutuelle n’explique-t-elle pas, pour une part, la solidité et la profondeur de votre solidarité ?
Une solidarité jamais démentie puisque, plus près de nous, vos luttes de 1968, pour vous opposer à la fermeture de Paul Dupont ont permis que l’état prenne le relais du patron défaillant. Paul Dupont devint une filiale de la Société Nationale des entreprises de Presse (S.N.E.P.), avec le nom de Société Nationale de l’Imprimerie Paul Dupont. Elle passa de 285 à 530 salariés en 1975.
Il vous a fallu prouver avec votre syndicat CGT que Paul Dupont était viable, d’où vos propositions de diversification des travaux et d’efficacité économique. Mais le gouvernement prétendit, je cite, que « l’état n’a pas vocation graphique » et qu’il fallait donc « supprimer 20 000 emplois ».
Pourtant, soutenus par les clichois, relayés par Parfait Jans à l’Assemblée Nationale et par moi-même au Sénat, nous expliquâmes dans nos hémicycles respectifs aux ministres en charge de l’industrie qu’ « amputer le potentiel humain ne peut rien régler ».
J’avoue avoir un amer sourire quand j’entends aujourd’hui les fossoyeurs de vos savoir-faire, disserter sur la nécessaire ré-industrialisation de la France.
Une preuve supplémentaire qu’au lieu d’écouter le monde du travail, nos gouvernants d’alors et leurs valets ont préféré à tort la « course folle » à l’argent pour l’argent, qui a ruiné des pans entiers de notre économie, sacrifié l’emploi, la formation et écrasé le pouvoir d’achat des salariés.
Ainsi, cette donation qui nous renvoie un siècle et demi en arrière a une forte résonance sur le présent. Un présent qui donne des espérances et qui, je l’espère, ne s’écrira plus au chapitre des illusions perdues.