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Journal -Novembre 2012

Au sommaire :

-Edito : le traité portant sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union européenne (TSCG).

- il faut s’opposer à l’asphyxie budgétaire des collectivités

-Le pacte budgétaire engage les collectivités sur la voie de la récession…

-Election à la proportionnelle : le scrutin le plus démocratique !

-Remettre la finance au service des peuples

- Remettre l’humain au coeur des Intercommunalités

-Statut de l'élu, il y a urgence

-Rencontre territoriales préparatoires aux Etats Généraux de la Démocratie Territoriale, en Seine-et-Marne : quelques enseignements de la journée du 14 septembre ....

 

Intercommunalité : intervention d'Alain Briard au Conseil municipal sur la SDCI

Cette délibération normative correspond à l’offensive du gouvernement contre la démocratie locale Ainsi après la suppression de la TP & création des Conseillers Territoriaux, et dans la perspective de la remise en cause des départements & de la disparition à terme des communes

Cette Loi ne fait pas , n’a pas fait l’unanimité, même dans la majorité gouvernementale : elle a été votée au forceps car au Sénat, par seulement 3 voix de majorité

Le projet soumis a été initié par l’ancien préfet. Le nouveau préfet « semble » davantage disposé à écouter les élus locaux : ainsi, il l’a affirmé en recevant une délégation des élus communistes seine-et-marnais qui ont pu exposer leur craintes et celles de nombreux maires de communes, notamment rurales, du 77

L’ADECR77 lui a ainsi fait part de ses revendications : .prolongation du délai pour laisser le temps aux CM de délibérer .tenir compte de la volonté de ces élus

La plupart des associations d’élus (« Maires de France », « Maires Ruraux ») exprime l’impossibilité de délibérer sérieusement et dénonce l’examen des schémas à « marche forcée »

Le flou le plus complet a présidé à la désignation des membres de la CDCI, sauf sur un point : y siègent les maires des 5 premières villes de Seine-et-Marne : Mme le Maire, vous y avez donc toute votre place.

Si la délibération approuve la proposition concernant Sénart, elle ne vaut pas approbation du Schéma pour le 77 : il faut, au sein de la CDCI, faire acte de solidarité avec les communes rurales et les petites communes, qui craignent des regroupements abusifs, contraints et non pertinents.

Il ne saurait y avoir de coopération intercommunale que librement consentie, sur la base, sinon d’une communauté de destin, à tout le moins, en portant des projets communs, de nature, en terme d’équipements et d’aménagement, à répondre aux besoins des habitants

 

Compans n’est pas à vendre : non à un rattachement à la Seine-Saint-Denis !

Déclaration de Joël Marion, maire de Compans (77)

compans-4f3b8.jpgDans ma commune de Compans en Seine-et-Marne, proche de l’aéroport de Roissy et comptant près de 800 habitants, le Conseil Municipal a voté en mars 2011 contre une intégration forcée de notre commune dans une intercommunalité.

Le préfet nous propose aujourd’hui, dans son projet de réorganisation territoriale, d’intégrer une communauté de communes en Seine-Saint-Denis.

La majorité des élus du conseil Municipal est opposée à ce projet.

Nous avons décidé d’en appeler à la population qui est la première concernée par un projet qui va engager la vie de notre commune et de ses habitants pour des décennies.

Nous avons organisé une réunion publique contradictoire, puis une consultation populaire. Malgré l’appel de l’opposition UMP à boycotter le scrutin, 57% de nos citoyens ont participé au vote, organisé durant en 5h, de 8h à 13h un samedi matin.

Ils se sont très majoritairement prononcés sur le projet d’intercommunalité du préfet. Le résultat est sans appel : 94% des votants ont choisi, en opposition à la proposition du préfet, de soutenir celle du Conseil Municipal adoptée en mars dernier, contre une intégration forcée à une intercommunalité en dehors de notre département.

Le 2 septembre prochain, Monsieur le Préfet sera en visite dans la localité. Le vote des Companaises et des Companais donne à la municipalité plus de force pour lui rappeler nos exigences, non seulement d’une coopération intercommunale librement décidée par les élus, mais aussi de respect de la souveraineté des habitants et la légitimité des élus locaux à décider des choix engageant l’avenir de notre commune.

Vendredi 8 juillet le conseil municipal se réunit à nouveau pour donner son avis sur la carte du préfet et sur le projet d’intercommunalité pour notre commune.

J’appellerai l’ensemble des élus à un vote sans ambiguité qui respecte la volonté des Companais et qui marque la détermination de notre conseil municipal à être respecté dans ses choix par le représentant de l’Etat.

Au lendemain de ce vote, j’informerai l’ensemble des habitants de Compans du vote du CM, je m’adresserai à l’ensemble des élus de mon département, notamment à ceux qui siègent dans la CDCI, afin de leur faire connaître la position des élus de Compans, et je les inviterai à rejeter le projet autoritaire de recomposition intercommunale envisagé par le préfet.

 

SDCI de l'Hérault : Les documents sur la fiscalité présentés lors de la réunion en Préfecture du 10/06/2011.

Outres le incidences financières sur les EPCI fusionnées et les compétences de celles-ci, cette réunion concernait aussi la fiscalité de l’aménagement et le regroupement de commune en zone de montagne.

Le nouveau visage de l'intercommunalité dans l'Hérault.

 

Appel de l'ANECR aux maires de France : Combattre les choix désastreux de la réforme des collectivités

Se rassembler pour la démocratie, l’avenir des collectivités locales et des services publics territoriaux

La réforme territoriale, qui vient d’être adoptée à la hussarde, va bouleverser de fond en comble notre République en faisant disparaître tout un pan de la souveraineté populaire, en étouffant les collectivités au plan financier et réglementaire, en poussant à la privatisation massive de services. Le congrès est l’occasion d’attirer l’attention de l’opinion publique sur cette réforme dont nos concitoyens ne mesurent pas encore toutes les conséquences négatives sur les services dont ils bénéficient. C’est aussi un moment fort pour réagir collectivement, pour rassembler pour d’autres solutions.

La loi relative à la réforme territoriale a été adoptée sous de faux prétextes et d’extrême justesse par le Sénat (4 voix de majorité, 9 abstentions). C’est significatif d’un malaise profond au-delà des appartenances sur un texte qui prévoit tout sauf la simplification annoncée : apparaissent trois nouvelles structures qui tournent le dos à la libre administration et à la coopération volontaire : métropole, pôle métropolitain, commune nouvelle.

Et si l’application globale du texte attend l’élection des conseillers territoriaux en 2014, les préfets s’engouffrent déjà dans la brèche et sont à la manœuvre pour finaliser une réorganisation complète des différents échelons territoriaux.
Une recentralisation autoritaire, un mode de scrutin inique

Tout est fait pour éloigner les citoyens des lieux de décision, à la fois en fusionnant les collectivités aux seins d’identités plus lointaines, moins accessibles et en rendant les modes de scrutins moins démocratiques et les niveaux de responsabilités moins lisibles. Le mode d’élection du conseiller territorial met fin à la proportionnelle et à la parité.

Le gouvernement s’attaque tout particulièrement à l’élu de proximité par excellence qu’est le maire, puisque les communes nouvelles, les métropoles et le détournement de l’intercommunalité pour y parvenir viendront peu à peu démanteler, vider de leurs sens le réseau de nos communes. Même l’extension aux petites communes du mode de scrutin de liste majoritaire, qui aurait pu renforcer la démocratie dans la ruralité et le périurbain, a été en définitive abandonnée.
Assécher l’initiative publique locale

Avec la fin de la clause générale de compétences des départements et des régions et l’interdiction des financements solidaires (croisés), c’est aussi en 2015 une considérable remise en cause de nombre de projets communaux d’intérêt général. La vie locale, l’aide au réseau associatif sont en sursis. Pourquoi s’en prendre à cette coopération entre les différents niveaux de collectivité ?

Avec le gel des dotations pour les trois années qui viennent et les effets globalement défavorables de la suppression de la taxe professionnelle, le but du gouvernement est d’imposer l’austérité et les suppressions de postes. L’objectif est de forcer les collectivités à confier davantage de services, actuellement très accessibles aux habitants, à des entreprises privées. Or, ces entreprises commencent toujours par faire passer les tarifs au prix fort. Crèches, transports, équipements sportifs, santé, grand âge, insertion… : tous les secteurs aiguisent des appétits.

Les investissements publics, assurés aux trois quart par les collectivités, intéressent la finance qui voudrait nous convertir aux partenariats public-privé, avec les conséquences à terme sur la dette que l’on connaît. C’est une menace directe pour l’emploi public et la place des agents territoriaux et leur statut. Agir sans attendre pour la démocratie locale et les services publics territoriaux

Les associations d’élus, ANECR, FNESR, FEVE et élus radicaux, du Parti de Gauche et du MRC, se sont retrouvées en novembre face à l’Assemblée nationale avec les organisations syndicales de territoriaux pour dire NON à cette réforme. Si la réforme est adoptée, elle n’en continue pas moins de susciter beaucoup de rejet.

Nous proposons d’agir pour obtenir, sans attendre la remise en cause des choix négatifs qu’elle porte : 3 axes décisifs pour les collectivités :

- Obtenir des financements de rattrapage et pérennes pour nos communes, départements et régions. En cette période de budgets impossibles à boucler, appelons les populations à exiger avec leurs élu-e-s des collectifs budgétaires pour contraindre au paiement de toutes les compensations redevables par l’Etat.. Exigeons le retour à un impôt économique dynamique lié au territoire, voté par les conseils et taxant notamment les actifs financiers des entreprises.

- Exiger que soit respectée la libre administration des collectivités. Refusons les injonctions préfectorales sur les intercommunalités : les coopérations n’ont de sens que lorsqu’elles sont librement choisies. Exigeons le rétablissement par la loi de la clause générale de compétence et des financements solidaires. Mettons les citoyens en situation de décider de l’avenir des coopérations en les associant par référendum ou par tout autre forme appropriée.
- Défendre les services publics territoriaux et les agents qui les assurent.

Ensemble nous pouvons gagner le soutien de l’opinion publique et la participation des citoyens pour faire reculer la mise en œuvre de cette loi injuste. Les maires ont un rôle essentiel à y jouer.

Association nationale des élus communistes et républicains,

le 23 novembre 2010

 

Réforme territoriale : l'AMF fait le point après la deuxième lecture au Sénat. La discussion reprendra en septembre à l'Asssemblée nationale

Ceci est le texte d'introduction à la note de l'AMF.


Le texte adopté en seconde lecture par le Sénat prend en compte l’ensemble des amendements proposés par l’AMF, principalement ceux relatifs à l’avancement du calendrier pour l’achèvement de la carte de l’intercommunalité ainsi que ceux concernant l’exercice des pouvoirs exceptionnels du préfet jusqu’au 1er mars 2013.

Conformément à la demande de l’AMF, le Sénat, en commission des lois, a rétabli l’autonomie fiscale (suppression de l’unification de plein droit de la taxe foncière sur les propriétés bâties) et l’autonomie financière des communes membres d’une métropole (unification de la DGF après accord unanime des communes), ainsi que l’accord des 2/3 des membres du conseil métropolitain pour le transfert des équipements de proximité. En outre, les sénateurs ont maintenu l’accord unanime des communes concernées par la création d’une commune nouvelle – ce qui répondait à une demande de l’AMF - et réintroduit la consultation obligatoire de la population de chaque commune. Au titre IV, les sénateurs ont supprimé les dispositions introduites à l’Assemblée nationale sur la spécialisation des compétences des départements et des régions ainsi que la limitation des financements croisés. Ils ont préféré reporter ce sujet à une loi spécifique ultérieure. De nombreuses dispositions, qui satisfont les demandes de l’AMF, ont été votées conformes* à celles adoptées par l’Assemblée nationale. On retiendra notamment : la composition des assemblées communautaires et métropolitaines (nombre et répartition des sièges), la modification de la composition de la CDCI et son renouvellement dans les 3 trois mois qui suivent le vote de la loi, la simplification des procédures de fusions d’EPCI, le maintien des conditions actuelles de majorité qualifiée pour les transferts de compétences et la définition de l’intérêt communautaire, la condition d’unanimité des communes membres pour l’unification de la DGF au sein des communautés. Le projet de loi sera discuté à l’Assemblée nationale en seconde lecture au mois de septembre

 

Information...transparence...citoyenneté...

Un document important est aujourd'hui étudié par notre Communauté De Communes concernant le Programme Local de l'Habitat (PLH). Il orientera profondément l'avenir de nos communes puisqu' il détermine le Schéma Territorial de l'Habitat pour la Communauté des Communes des Coteaux Macariens.
Il intéresse donc votre vie quotidienne et il me semble important de vous en informer.
N'hésitez pas à me faire part de vos remarques ni à en débattre avec vos élus municipaux et communautaires qui devront l'adopter.

 

La remise en cause des communes, des départements et des régions est totale Par Nicole Borvo Cohen-Seat (groupe CRC-SPG)

La remise en cause des communes, des départements et des régions est totale

Réforme des collectivités territoriales : explication de vote

Nous avons débattu de longues heures. À vrai dire, ces débats ont parfois obscurci les choses et, d’une manière générale, nous en sommes restés à l’architecture de départ, ce qui est bien regrettable!

Tout au long de ces débats, nous avons défendu les deux principes constitutionnels de libre administration des collectivités territoriales et de non-tutelle d’une collectivité sur une autre. Nous sommes très attachés à ces principes qui constituent, à notre avis, l’un des fondements de notre République.

Tous nos amendements, toutes nos interventions ont soutenu ces principes. Malheureusement, même si ceux-ci sont chers à la plus grande part voire à la majorité des élus et de nos concitoyens, nous n’avons pas toujours été suivis.

Sous couvert du renforcement et de la généralisation des différentes formes d’intercommunalités, c’est en fait une remise en cause complète de nos communes, de nos départements et de nos régions qui est portée par l’ensemble de ce texte.

L’intercommunalité forcée est instituée, quoi que vous en disiez. Certes, les dénominations actuelles des collectivités territoriales demeurent – vous ne pouviez pas les supprimer d’un trait de plume sans provoquer de grands dommages pour vous – mais leurs pouvoirs changent, se transforment et sont même appelés à disparaître.

Cette intercommunalité forcée va se substituer à la coopération volontaire fondée sur des projets communs et sur le partage librement consenti. Ce faisant, ces intercommunalités et interterritorialités, incluant les départements et les régions, transformeront durablement le paysage institutionnel de notre pays.

Les centres de décision vont s’éloigner des citoyens et nos foyers de démocratie locale, dont tout le monde souligne la vivacité, sont appelés à disparaître peu à peu au profit d’entités territoriales élargies.

Il y aura alors moins de communes, certains parlent même d’en faire disparaître 30 000, comme le rapport Balladur qui évoquait leur nécessaire évaporation. Les départements verront leur nombre diminuer, avant leur disparition totale, au profit des métropoles, des pôles métropolitains et de nouvelles régions aux territoires probablement élargis, équivalents des provinces du temps de l’Ancien Régime.

Ainsi, insidieusement, sans que cela soit dit, se mettra en place une tout autre architecture de notre République. Sans passer par une révision constitutionnelle, sans passer par un référendum, une nouvelle République recentralisée est en train de naître.

Pour parvenir à vos fins, qui ne sont jamais explicites, vous décidez d’ouvrir, avec ce texte, une période d’instabilité institutionnelle qui verra se côtoyer nos collectivités actuelles, appelées à disparaître, et de nouvelles institutions plus intégrées, qui seront nos collectivités futures.

Celles-ci seront des communes nouvelles, ne regroupant pas moins de 5 000 habitants, intégrées au sein de communautés de communes, de communautés d’agglomération, de communautés urbaines ou de métropoles – ces mêmes intercommunalités étant associées au sein de pôles métropolitains. Il n’y aura alors plus besoin des départements, qui seront remplacés par ces différentes formes d’intercommunalités. Entre ce qui restera de nos communes et le pouvoir central, on trouvera un niveau intermédiaire : des régions dont les territoires seront élargis, afin de réduire leur nombre actuel.

Ainsi, sous couvert de réduction du « millefeuille », la métamorphose européenne de notre pays est en cours, même si, dans un premier temps, à l’inverse de l’objectif annoncé, il y aura demain plus de structures qu’il n’y en a aujourd’hui. Le millefeuille que vous avez tant vilipendé aura doublé d’épaisseur ! Mais il est vrai qu’après-demain la réduction s’imposera, quand vous aurez transformé nos anciennes collectivités en coquilles vides et réduit drastiquement leurs moyens financiers.

La spécificité de l’organisation administrative de notre pays disparaîtra et, avec elle, sa vivacité démocratique. Certes, le pire n’est jamais assuré, mais il eût été plus honnête de discuter du fond, c’est-à-dire de cette perspective, puisque tel est votre projet.

Nous voterons contre ce projet de loi et demandons un scrutin public.

 

Un excellent anniversaire

Près de 40 000 visites réparties sur les 673 articles qui tracent 2 ans de coups de gueule, 2 ans d'animation des débats tant sur le plan local que sur un plan plus général.

Des centaines de commentaires favorisant une expression multiple.

Une centaine d'auteurs venant des horizons d'une gauche diversifiée pour un site qui n'a de cesse depuis 2 ans de se situer sur le versant d'une transformation nécessaire de la société.


2 ans de combats, de pétitions, d'appels en faveur de celles et ceux qui luttent, de prises de position sans ambiguïté contre une société capitaliste qui écrase les êtres humains.

2 ans, déjà, et tant d'injustice à dénoncer encore, tant de batailles à mener!



Merci à tous pour vos soutiens qui renforcent notre détermination!


 

Des vœux 2010 plus que jamais offensifs

Chaque année, le doute se répand : et si l’année écoulée se révélait être meilleure que l’année qui commence ? Alors me direz-vous quel intérêt à présenter des vœux de bonheur ? De prospérité ?


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Il en est ainsi des convenances en ce lendemain de fêtes mais nous pourrions aussi sortir des niaiseries récurrentes et proposer peut-être une autre perspective pour une année 2010 porteuse de plus d’espoirs.

La crise de 2009 va se poursuivre et aggraver les situations de millions de gens.

Les gens riches vont continuer à s’enrichir, les gens pauvres… nos agriculteurs vont continuer à « crever » de subventions plutôt que de vivre de leur labeur, nos entreprises vont licencier à tour de bras pour complaire à leurs actionnaires, la bourse va très bien, merci pour elle (not’ bon président aussi d’ailleurs !), nos tribunaux mettront encore la clé sous la porte, nos services hospitaliers pareillement, nos bureaux de poste s’affranchiront de leur responsabilité au nom de la privatisation, nos trains seront en retard et pour gagner du temps ne s’arrêteront plus dans nos gares privatisées, nos enseignants seront moins nombreux devant plus d’élèves, nos fonctionnaires (qui ne servent à rien comme on sait !) disparaîtront petit à petit au profit de sociétés de mission de service public (avec des salariés non formés, sous payés), l’eau sera plus chère y compris dans nos propres puits, le gazole, le pain, les fruits qui pourrissent sur les arbres, les légumes que l’on ne peut plus se payer, le seront tout autant…

Bref, 2010 serait comme 2009 mais en pire! Alors que souhaiter ? Que vous souhaiter ?

Et si…. Si nous faisions de 2010, une année extraordinaire, une année ou nous imposerions ces principes humains les plus élémentaires pour toutes et tous : la Solidarité bien plus forte et plus exigeante que leur « fraternité », l’Egalité dans l’accès aux services publics, aux savoirs, aux droits fondamentaux pour un travail, un logement, une éducation, la santé, la culture, la Liberté d’exister socialement, dans le respect des idées et de l’expression individuelle et collective, la Laïcité pour combattre tous les intégrismes religieux et leurs cortèges obscurantistes, l’Ecologie dans une réalité politique et sociale affirmée…

Si nous devions exprimer nos vœux pour 2010, ils seraient de cet acabit : utopistes par nécessité car d’avenir et réalistes car ancrés dans le quotidien de nos concitoyens.

Nous en faisons le pari et nos combats de résistance de 2009 (école, hôpital, liberté, transports, gare, Eau, la Poste…) se feront offensifs pour arracher les conquêtes sociales et politiques indispensables.

Les communistes seront de celles et ceux qui feront de 2010, une année des possibles et ils vous invitent à en faire de même. Mieux que des vœux, nous vous appelons à construire ensemble une autre perspective. Bonne année 2010 !

Maximilien Reynès-Dupleix
PCF des cantons de Moissac

 

Impulser des pratiques participatives et un développement humain durable

PAR FRANÇOIS AUGUSTE, VICE-PRÉSIDENT (PCF) DE LA RÉGION RHÔNE-ALPES, DÉLÉGUÉ À LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE

L’actuelle réforme des collectivités est une immense réduction des services, des investissements et des emplois publics, un recul terrible de la démocratie locale, une mise à mort clinique des communes, des départements, des régions, et la création d’un nouvel espace territorial, les métropoles, pour la concurrence capitaliste mondialisée.

Les nouvelles instances territoriales seront des sous-régions, pas des super-régions. Il y a néanmoins besoin d’une réforme des collectivités, et profonde, pour trouver des solutions au cloisonnement entre collectivités, à l’absence de reconnaissance de la démocratie participative, à la fiscalité injuste, à l’hyper recentralisation de l’État qui accompagne, ce n’est pas contradictoire, son désengagement financier.

Je vois une réforme en 5 axes.

*Premièrement, il faut maintenir les trois niveaux de collectivités, mais en développant les coopérations entre elles.

Une collectivité pourrait être chef de file des deux autres dans une compétence et avoir à ce titre un pouvoir de coordination, de recherche des financements, notamment de l’État, d’impulsion des projets. À titre d’exemple, il serait logique que les régions soient chef de file en matière de multimodalité des transports ferroviaires, urbains et ruraux, avec les autorités organisatrices concernées.
Il y a également nécessité de décentraliser les politiques dans les territoires, en pratiquant la démocratie participative avec tous les acteurs concernés et les citoyens, notamment à travers des budgets participatifs, en limitant le nombre de ces instances par territoire.

Cela nous amène à notre deuxième axe : mettre la démocratie participative au coeur des pratiques de gestion, à tous les niveaux.

Ces pratiques ne pourront pas rester expérimentales, sauf à prendre le risque de leur enlisement. Nous proposons la création d’espaces participatifs dans les départements et les régions, composés de salariés et de leurs représentants syndicaux, d’élus locaux, de citoyens tirés au sort et d’autres représentant la vie associative.
Ces espaces auront des pouvoirs d’interpellation, d’avis sur les décisions en matière économique et de maîtrise du crédit, d’aménagement du territoire. Nous proposons que les budgets participatifs représentent 10 % des budgets des collectivités locales. Les formes, le fonctionnement, la gestion de ces budgets seront décidés par les collectivités.
Dans le même temps, la démocratie représentative doit être défendue et améliorée par la création d’un statut de l’élu et l’instauration de la proportionnelle à toutes les élections, garantissant la parité entre les femmes et les hommes.

Troisièmement, une profonde réforme de la fiscalité locale sera entreprise, avec la contribution des actifs financiers des entreprises.

À un taux de 0,5 %, cela rapporterait 25 milliards d’euros. Cette réforme devra aussi porter sur la fiscalité nationale avec un rééquilibrage en faveur des prélèvements directs et progressifs (revenus, ISF, impôt sur les sociétés…), au détriment des prélèvements indirects ( TVA, Tipp), et une maîtrise nouvelle du crédit.

Quatrièmement, le rôle de péréquation de l’État devra être affirmé, pour une répartition juste et équitable des financements, pour faire reculer les inégalités sociales et territoriales, pour favoriser le développement humain durable.

Le problème n’est pas de défendre un « retour de l’État » au moment où les collectivités locales sont sacrifiées et où c’est l’hyperrecentralisation de l’État qui caractérise le sarkozysme et sa réforme. Avec celle-ci, l’État ne paiera presque rien mais décidera de presque tout !
Il faut redonner à l’État le rôle de garant du service public, de l’égalité d’accès aux droits, de financeur du développement des territoires.

Enfin, cinquièmement, nous sommes favorables au développement des coopérations décentralisées entre les collectivités locales et celles du monde entier, dans l’objectif de contribuer à construire une mondialisation humaine, sociale et solidaire.

Les collectivités peuvent faire beaucoup dans ce sens. Il faut leur en donner les moyens financiers et humains


comité de soutien



Les signataires (21)

  • M Ardouin Paul ( président retraités agricole)
  • M Bauchy Hugues (82 conseiller régional)
  • M Cassou Jean marie (82400 valence d'agen)
  • M Chamboredon Benoist ( Médecin généraliste)
  • DESPRETZ -ROQUERE Thierry et Nadine ( miltants PCF)
  • M DUDT Jacky ( )
  • M Ducros Jean ( Malause)
  • Mme/M Ducros Partouche Danièle (82200 MALAUSE)
  • Mme/M Dupleix Françoise ( Moissac)
  • LOZIER Nathalie ( enseignante)
  • Mme/M Leboucher Corine ( Piac/Moissac)
  • Mme/M MAIRESSE-JUSNEL MAUD (82400 CASTELSAGRAT)
  • M MIRO JEAN-PIERRE (82100 agent EDF élu CGT)
  • Mme/M Malange Véronique ( infirmière hopital Moissac)
  • M Manchado Alain ( adjoint au maire Moissac)
  • M Montoya William ( )
  • M Pietrzak Jean Michel ( syndicaliste EDF)
  • M Poitou Jean Paul ( syndicaliste FSU)
  • M Reynes Michel (82240 lavaurette)
  • Mme/M Souchet Michèle ( Montauban)

Formulaire a remplir:













 

Fronde des élus locaux : une signification profonde par P. le Hyaric

L’article 72 de la Constitution française énonce que : « Les collectivités territoriales de la République, commune, département, région, s’administrent librement par des conseils élus ». On peut se demander dans quelle mesure le pouvoir sarkozyste n’est pas tenté de violer cet article avec l’attaque contre la décentralisation et l’organisation territoriale.

Face à cela, la force de la fronde des élus locaux de toutes opinions, manifestée lors du congrès des maires de France n’est pas un épiphénomène. Elle constitue un mouvement de contestation de choix politiques fondamentaux, portée par les élus les plus proches de la population et de ses préoccupations les plus quotidiennes.

Ce mouvement, dirigé contre le projet de destruction d’une partie des structures territoriales est une action pour que vive la démocratie française. Les élus locaux sont ceux qu’apprécient le plus leurs concitoyens. Au-delà, ces derniers considèrent, à une très large majorité, que les collectivités locales sont un service public efficace, au service de tous.

C’est ce que veut détruire le pouvoir de droite avec de lourdes conséquences pour la vie de chacun. En effet, son projet consiste à assécher les ressources locales avec la suppression de la taxe professionnelle. Ceci aboutira soit à la hausse des impôts locaux des ménages -parmi les plus injustes-, soit à la diminution des services communaux, départementaux ou régionaux.

Refusant de se rendre au congrès des maires et n’en convoquant qu’une partie triée sur le volet en son château, M. Sarkozy s’est livré à une violente diatribe contre la gestion sociale des élus locaux de gauche, particulièrement dans les régions. Cette attaque indécente ne visait en fait réalité qu’à camoufler son projet de piller encore les ressources des collectivités locales pour boucher les trous qu’il crée dans le budget de l’Etat en exonérant les plus riches de l’impôt sur le capital.

C’est le cas du bouclier fiscal pour les plus favorisés, de la réduction continue de l’impôt sur les sociétés, de l’exonération d’imposition sur les actifs financiers, de la perte de vingt milliards d’euros d’impôt dus par les grands groupes, grâce à une manipulation leur permettant d’être exonérés de prélèvements sur des échanges d’actions. C’est aussi le sens du refus de s’attaquer aux « niches fiscales ».

La conférence nationale annoncée pour « parler du déficit de la France », selon les termes de M. Sarkozy vise cet objectif du pompage des ressources des collectivités vers les caisses centrales de l’Etat. Tout bénéfice ! On prend l’argent, et on tente de détourner le mécontentement, contre les élus locaux !

Derrière les bobards sur la baisse des impôts, Nicolas Sarkozy veut faire payer la crise par les citoyens et sur les ressources des collectivités locales. C’est une lourde erreur quand on sait que les collectivités réalisent les trois-quarts des investissements publics. Ce faisant, le pouvoir aggravera la situation du pays et des régions, y réduisant l’activité et donc en y aggravant encore l’énorme chômage. D’autre part, moins de services publics locaux et régionaux cela signifie plus de difficultés et d’inégalités pour les familles populaires alors que la crise impose qu’on les aide davantage.

Mais, dans le même temps, où le pouvoir s’attaque aux services publics des collectivités locales, il détruit aussi le maillage constitué par les services publics nationaux tels que l’énergie, l’équipement, les services de santé et la Poste.

Il aura fallu par exemple toute la ténacité des conseillers régionaux, souvent communistes, pour défendre, maintenir, rénover, améliorer les transports régionaux en lien avec la SNCF. En vérité, le projet du pouvoir vise à une «recentralisation absolue » vers le Président de la République qui s’assure ainsi lui-même le pouvoir de décider du budget des collectivités locales. C’est le modèle nord-américain qu’on installe où les grandes métropoles et les grandes régions seront branchées demain sur l’Europe de la finance, qui est en gestation. C’en serait fini de la démocratie de proximité et surtout de la solidarité nationale, certes aujourd’hui imparfaite mais réelle, entre collectivités et territoires, et cela au détriment des quartiers populaires et des communes rurales.

Ce projet, c’est aussi une formidable régression démocratique puisque le charcutage des cantons, combiné à un mode de scrutin uninominal à un tour, fera qu’un parti ne représentant que le tiers des électrices et des électeurs, aurait la totalité des élus. Autrement dit, c’est l’organisation du hold-up de l’UMP sur la gestion de tous les territoires. Ajoutons que le système revient aussi à détruire la parité pour les élus.

Ce sont en fait des pans entiers de l’identité française et des spécificités de notre pays qui seraient mis à mal. Dès lors, on comprend pourquoi la contestation va bien au-delà des clivages politiques habituels comme chaque fois que la République est en danger.

On comprend pourquoi, M. Sarkozy a déclaré lors de la réception des élus UMP à l’Elysée, qu’il ne reculerait pas. Cela en dit long, très long sur sa volonté d’écouter le peuple et ses représentants. Cela ne donne que plus d’importance aux prochaines élections régionales pour lesquelles N. Sarkozy est en campagne.

C’est l’occasion de le faire reculer, de réclamer une nouvelle fiscalité avec une taxe professionnelle assise sur les actifs financiers des entreprises ; une taxe d’habitation liée aux revenus ; de réclamer que les communes, départements et régions disposent de moyens financiers correspondant à leurs responsabilités ; d’améliorer la solidarité entre les territoires ; d’impulser la démocratie ; de défendre les services publics menacés ; de peser en faveur de la création, en lien avec le secteur bancaire, de fonds régionaux pour l’emploi, la formation, la recherche et pour un nouveau projet d’agriculture paysanne.

Les élections régionales vont être un moment très important pour battre le pouvoir sarkozyste, pour créer un nouveau rapport de forces, pour un ancrage bien à gauche des politiques régionales au service des habitants.

 

Réforme des Collectivités locales : vérités, contre-vérités, omissions...

Sur tous les tons, à chaque occasion, pour n'importe quel prétexte, le gouvernement de Sarkozy et Fillon nous répète que les Collectivités locales dépensent beaucoup trop et sans compter. Il convient, selon eux, de les réformer en profondeur, tellement même, que certaines pourraient disparaître, en se fondant entre elles ! mille_feuilles.jpgLe fameux "mille-feuilles" (tarte à la crème, si j'ose dire !), est brandi comme un chiffon rouge, les fonctionnaires sont jetés en pâture à l'opinion et les élus sont taxés de féodaux... Rien que çà ! A toute époque, à tout gouvernement, il faut un bouc émissaire ! Pourtant, peu de ceux qui relaient ce discours populiste étayent leurs propos. Et s'ils le font, ils se gardent bien de rapporter le cheminement par lequel l'Etat a imposé au fil des ans de plus en plus de compétences aux Collectivités, les rendant ainsi incontournables dans notre paysage économique, indispensables dans notre tissu social et vital pour notre équilibre démocratique. Voici donc « l’histoire » succincte de la décentralisation, son état des lieux, un coup d'oeil chez nos voisins européens, quelques pare-feux pour démonter des mensonges un peu gros et des pistes de travail. De quoi répondre à la pensée unique qui nous envahie depuis quelque temps...

Un peu d’histoire.

La France se construit depuis Hugues Capet en 987CARTE_HUGHES_CAPET.GIF, dans un esprit d’unité et de centralisation. Les 36782 communes sont issues directement des paroisses, entités de base du royaume jusqu'à la Révolution. 22 000 d’entre elles comptent moins de 500 habitants. Dès le 11 novembre 1789, l’Assemblée nationale constituante adopte le découpage de la France en départements, aujourd’hui au nombre de 100, comptant eux-mêmes 4039 cantons. La loi du 5 juillet 1972 créée les Conseils régionaux (après l’échec du référendum de 1969). La loi du 2 mars 1982 (Loi Deferre), institue l'élection des Conseillers régionaux au suffrage universel direct. On compte ainsi 22 régions Françaises et 4 Régions d’Outre-mer créées en 1946, constituant depuis 1982 des régions monodépartementales. Enfin, il est convenu d’admettre que l’intercommunalité pris son plein essor avec la loi Chevènement du 12 juillet 1999. On compte ainsi 2588 Communautés de communes, Communauté d’agglomération et communautés urbaines. A cela se rajoute l’Etat et l’Europe. Le mille-feuilles territorial est en réalité constitué de 4 niveaux : la Commune, l’Intercommunalité, le Département, la Région. (A noter qu’en 1995, Charles Pasqua créa les « Pays ». Il en existe aujourd’hui 334 sur le territoire. Sans réel pouvoir ni financement, les Pays ont plus vocation de proposition d’aménagement local des territoires).

Chaque entité a ses compétences propres, ce qui n’empêche pas des compétences croisées, favorisant la réalisation d’équipements (piscine, centre culturel, stade, etc, qu’une seule collectivité ne pourrait supporter financièrement). On comprend bien que ce type de financement est souhaitable pour une gestion saine et équilibrée de chaque collectivité. Ce n’est pas un empilement, mais une répartition des coûts. On parle là d’investissement, sachant qu’il en va tout autrement pour le fonctionnement, qui est très clairement supporté par une seule entité. Posons la seule question qui vaille : par quoi seront remplacés les financements actuels ? Par le privé ? Par l’abandon des projets ?

Réformer les Collectivités : état des lieux objectif et vision d’avenir réaliste.assemblee_nationale_01.jpg

On le sait, l’Etat est « un et indivisible » (constitution), mais il est depuis tout temps « jacobin ». En gros, il y a Paris et le reste de la France. C’est à Paris que tout se décide et si l’on décentralise, on déconcentre aussi les services de l’Etat, sous la haute autorité des Préfets. Cette « déconcentration » d’Etat est en grande partie à l’origine de l’éparpillement et de la disparité des services. En réalité, le mille-feuille est créé et alimenté par l’Etat qui tient un double langage. D’un côté, il veut décentraliser auprès des communes, des départements et des régions, et ce faisant, transfère nombres de compétences. Par ailleurs, il souhaite garder la mainmise sur nombre de décisions et multiplie pour cela sa présence, ses actions, ses contrôles. D’où, effectivement, des empilements, des enchevêtrements, des rivalités de services et au final des dépenses inutiles, qui ne sont pas du fait des Collectivités comme on le verra plus loin. Ainsi, en 40 ans, le nombre des administrations a été multiplié par 2 ! La frilosité de l’Etat en matière de décentralisation se vérifie à tous les niveaux : songeons que la Charte européenne d’autonomie locale, adoptant le principe de libre administration, et datant de 1985, n’a été ratifiée par la France qu’en 2007 ! Bel exemple, non !?

Sans doute faudrait-il déconnecter l’Etat des Collectivités en imaginant une échelle territoriale pertinente à chaque politique publique : le village, la cité, le quartier, la ville, l’agglomération... Est-il logique que l’Etat gère aujourd’hui directement sur le territoire : les rectorats et les universités, la carte judiciaire, la carte scolaire, la sécurité sociale, l’urbanisme, la fiscalité, etc ? Les moyens et les besoins étant différents d’une région à une autre, il est contre-productif de prétendre gérer les Hauts-de-Seine comme le Limousin !

Comment s’organisent nos amis Européens ?

La diversité des expériences de décentralisation en Europe est liée à l’histoire, à la culture politico-administrative, à l’économie et à la sociologie des Etats. La superficie et la population de chaque pays expliquent également les choix opérés. Avec 24 Etats unitaires et 3 Etats fédéraux, l’organisation territoriale des Collectivités locales se caractérise par une très grande diversité. (Ce que ne nous disent pas nos dirigeants !).

9 Etats (Bulgarie, Chypre, Estonie, Finlande, Lituanie, Luxembourg, Malte, Portugal, Slovénie), sont à 1 niveau de Collectivités locales : les communes qui ont la particularité d’être de petite taille.

11 Etats (Danemark, Grèce, Hongrie, Irlande, Lettonie, Pays-Bas, République Tchèque, PENTAX ImageRoumanie, Royaume-Uni, Suède, Slovaquie), sont à 2 niveaux de Collectivités locales : qu’ils soient communaux ou régionaux, ces 2 niveaux font apparaître une grande autonomie et de larges compétences. C’est aussi un choix politique, choix que l’on ne sent guère vivace en France, et ce historiquement.

4 Etats (Espagne, Italie, France, Pologne), sont à 3 niveaux de Collectivités locales : communes, départements, régions. L’Espagne fait figure de modèle en matière de décentralisation dans toute l’Union européenne. L’Italie, présentée comme « Etat régionalisé », compte 8100 communes, 103 provinces, et 25 régions. Le pouvoir des régions s’accroît d’année en année. Pour sa part, la Pologne (entrée dans l’UE en 2004), était, on s’en doute, hyper centralisée. Son évolution « à la Française », en constante évolution, fait qu’elle compte 16 régions, 373 départements et 2489 communes.

Les 3 Etats fédéraux sont l’Allemagne, la Belgique et l’Autriche.

A cet égard, il n’est pas inutile d’observer le fonctionnement de l’Allemagne, dont l’Autriche est très proche. Les « Länder », (nos régions), sont dotés d’une constitution, d’un parlement, d’un gouvernement et d’un appareil judiciaire. Ils disposent d’une assemblée délibérante, élue au suffrage universel direct, qui élit un exécutif, avec à sa tête, un Ministre-président. Cela n’empêche nullement la cohésion nationale, et assure une gestion adaptée des régions. La Belgique, fédérale depuis 1993, doit tenter de résoudre les antagonismes forts qui opposent Flandre et Wallonie.

Les mensonges d’Etat.

Il est insultant pour les élus locaux et les agents de la fonction publique (1 800 000, dont 80% de catégorie C, c'est-à-dire payés au Smic), de dire qu’ils dépensent trop et qu’ils coûtent cher. C’est insultant parce que c’est faux. Lorsque le Président et ses ministres rabâchent à longueur de colonnes et d’antennes que les Collectivités sont dispendieuses, ils mentent. Et voici pourquoi en quelques exemples : La loi du 13 août 2004 a opéré nombre de transferts de compétences. Parmi ces transferts aux départements et aux régions, la gestion des personnels techniciens, ouvriers et de services (TOS) des collèges et des lycées. Les 26 régions que comptent la France fonctionnaient jusque là avec 12 000 agents au total. Ce sont d’un coup 43 000 agents supplémentaires qu’il a fallut absorber, avec les structures de ressources humaines (RH), pour faire face à ce flux de personnel. Ou est l’aspect dispendieux de cette gestion locale voulue par…l’Etat !?bouche_cousue.jpg

Idem pour les collèges gérés par les départements. Par ailleurs, l’Etat a transféré plus de 17 000 km de routes nationales aux départements. La longueur du réseau routier national passant de 28 500 km à 11 800 km. L’Etat a-t-il pour autant transféré à l’euro près les moyens matériels et humains ? Le texte paru au JO indique « une compensation financière », et précise que : « l’État ne participera plus au financement des nouveaux projets sur le réseau transféré ».Dans le même temps, souvenons-nous que l’Etat a vendu au privé tout le réseau autoroutier. Plus évocateur encore et toujours en application de cette loi de 2004, c’est tout le système d’action sociale qui a été transféré aux Départements, soit le RSA (6,7 milliards), l’ASE (7 milliards) et l’APA (4,3 milliards). Certes, il y a les prestations, mais il y a aussi le personnel pour répondre, aider, accompagner les bénéficiaires de ces aides, qui, chacun l’aura remarqué, ne décroissent pas durant la période que nous traversons.

La vérité est que l’Etat n’a plus de services de proximité. Après tout, il est logique que les Collectivités répondent aux besoins de proximité des habitants : encore faut-il que les moyens humains, techniques et financiers soient prévus et justement répartis. D’autant que pour parfaire le tout, l’Etat impose aux Collectivités d’appliquer les mises aux normes européennes, lesquelles, tous secteurs confondues, sont au nombre de… 400 000 ! De source bien renseignée, l’Etat était moins regardant quand cela le concernait directement.

Par ailleurs, les Collectivitésbillets_de_banque.jpg locales ne représentent que 10% de la dette publique et assume dans le même temps 73% des investissements publics. Allez donc dire aux artisans de votre région que les collectivités ne feront plus appel à eux !

Enfin, tordons le coup une fois pour toutes au fantasme qui veut que les élus locaux perçoivent des indemnités pharaoniques. La réalité est tout autre et vérifiable auprès de la Cour des comptes : « le coût global annuel de leurs fonctions ne représente que 0,8 % des charges de fonctionnement des collectivités territoriales, soit 28 millions d’euros pour une dépense publique locale au service des citoyens de 220 milliards ». En revanche, il est tout aussi vérifiable que le coût annuel de la présidence de Sarkozy approche les 100 millions d’euros… CQFD !

Décentralisation et politique.

On voit bien que la France n’est pas un cas isolé de gouvernance comportant différents niveaux de gestion, ce que l’on oublie toujours de nous dire. Pire encore, les discours actuels ont tendance à nous faire culpabiliser sur nos supposés archaïsmes, arguant du fait que nos voisins auraient résorbé administrativement les strates existantes, et dépassé budgétairement les questions y attenant. La réalité est tout autre. Elle est politique : nos gouvernants craignent de perdre leur pouvoir à véritablement décentraliser. Je pense qu’ils n’ont pas tort ! On comprend mieux la tentation de reprise en main en faisant disparaître un niveau de grande proximité, le département, et en incitant les petites communes à se regrouper. Faut-il rappeler que les élections municipales, cantonales et régionales sont plutôt favorables à la gauche ? Faut-il rappeler que les associations des Maires, des Conseillers généraux, des Conseillers régionaux, sont plus que sceptiques face aux réformes annoncées des Collectivités. L’absence du Président de la République au salon des Maires de France, les 17, 18 et 19 novembre dernier, fut un signe que beaucoup, à droite comme à gauche, ont très mal vécu. Car c’est Sarkozy qui déclarait en 2007 :fillon_au_salon_des_maires_09.jpg « On ne réforme pas contre les élus locaux ! ». Mais c’est aussi lui qui déclarait en février 2009 : « C’est la compétitivité des entreprises, dans le cadre de la mondialisation qui est la question centrale de l’abrogation de la Taxe professionnelle ». La fronde qu’a dû supporter le premier ministre fut impressionnante d'ampleur. Inviter quelques maires à l’Elysée 2 jours après n’y change rien.

Un haut fonctionnaire du ministère de l’Intérieur me disait il y a quelques jours que la fusion départements-régions ne se ferait pas, car le gouvernement mesurait, à l’heure où il transfère à tours de bras, que chacune de ces Collectivités, et notamment le département, a une fonction de proximité irremplaçable. Les Français aussi, commencent à comprendre tout cela, et pourraient le faire savoir à la majorité présidentielle à l’occasion des élections régionales des 14 et 21 mars prochain. Et 2012 n’est pas si loin !

 

Les collectivités locales victimes d’un massacre à la tronçonneuse

Pourquoi élus et citoyens doivent réclamer un référendum sur la réforme territoriale projetée par Nicolas Sarkozy.
Une tribune signée André Chassaigne, Nicole Borvo Cohen-Seat, Roland Muzeau, Jean-Claude Sandrier, Jean-Jacques Paris.

Une machine infernale est en marche qui anéantira la fraternité et la laïcité, qui accentuera les inégalités entre territoires et entre citoyens. Elle a pour nom : réforme territoriale.

Ce que vise ce projet, c’est le démantèlement de la République et de la démocratie locale. Il faut mesurer la gravité des attaques sur les institutions et l’organisation de la France, sur les services publics et la souveraineté de notre peuple : - suppression progressive de l’essentiel des communes et, à terme, de tous les départements transformés, avant leur disparition, en rouages captifs et dociles de l’État ; - constitution de féodalités avec des super-régions et métropoles ; éloignement des citoyens des lieux de décision et généralisation d’un nouveau système électoral de bonus à l’UMP ; - retour d’un État qui ne paye rien et commande tout ; - agonie financière des collectivités pour laisser place libre aux appétits du capital privé. C’est le véritable objectif de la suppression de la taxe professionnelle.

C’est la même question que celle du devenir de La Poste : quel avenir, pour tous les services rendus aux habitants et aux citoyens par les collectivités, si cette « réforme » gangrène notre pays ? Cela commencera inexorablement par une accélération du sacrifice des services les « moins rentables », des populations les moins solvables, des territoires les plus défavorisés. Est-ce ainsi que les hommes doivent vivre au XXIe siècle ?

Pourtant, les villes et villages, les départements et les régions : c’est concret !

Les élus doivent respecter leurs électeurs et les territoires ! Leurs actions, leurs réalisations sont indispensables à la vie quotidienne : écoles, crèches, logements, équipements sociaux, culturels, sportifs, de santé, environnement, transports et une multitude d’autres services publics de qualité.

Pour Nicolas Sarkozy, les élus sont coupables : « Trop d’élus qui coûtent trop cher. » Un mensonge grossier parmi d’autres : le « coût » des élus représente 0,02 % du budget des collectivités et plus de 450 000 d’entre eux sont bénévoles.

Que dire également des 1 800 000 agents territoriaux, menacés par la suppression de centaines de milliers d’emplois, alors qu’ils sont les acteurs irremplaçables au quotidien des services publics de proximité, alors que les collectivités sont des amortisseurs des désastres sociaux provoqués par la crise?

Une fois ainsi délégitimés, les élus locaux seront réduits à être des relais institutionnels pour accompagner les dégâts sociaux. Au lieu d’être mieux encore des fonctionnaires-citoyens au service du bien public, les personnels seront subordonnés aux décisions zélées de l’État pour l’application de politiques libérales. Et dans peu de temps, ils pourront être rayés d’un trait de plume.

Est-il trop tard pour stopper la machine infernale du chacun pour soi et contre tous ? Est-ce qu’une société plus humaine serait désormais impossible ?

Nous sommes convaincus du contraire ! Parce que les citoyens aspirent à plus d’efficacité sociale, plus de services publics, de démocratie participative et à un partage équitable des richesses, nous pensons que rien n’est joué. Nous pensons que la bonne réforme des institutions et des collectivités, c’est plus de démocratie locale, plus de moyens, plus de coopérations et de solidarités, plus de justice sociale. Dans cette lutte historique, nous devons contribuer à des ripostes larges et populaires à tous les niveaux.

Sachons nous rassembler pour imposer au président de la République et à son gouvernement le retrait de ce projet !

Nous appelons les centaines de milliers d’élus bénévoles de toutes sensibilités qui irriguent notre démocratie territoriale, les personnels territoriaux dans toutes leurs diversités, les responsables associatifs, syndicalistes, les citoyens à dévoiler la gravité de cette réforme et à mobiliser l’ensemble des habitants pour exiger son retrait.

Nous appelons l’ensemble des élus attachés au respect du suffrage universel à exprimer leur refus de laisser mettre en lambeaux la démocratie, en votant dans leurs collectivités respectives des délibérations, des vœux, des appels citoyens.

Nous invitons habitants et élus à converger pour faire vivre un projet de réforme des institutions qui réduise les inégalités territoriales, qui garantisse l’égalité entre les collectivités en leur donnant des moyens financiers et humains conséquents, qui fasse vivre la démocratie locale et qui réponde aux besoins d’une France moderne, relevant les défis sociaux, environnementaux et économiques du XXIe siècle. Les députés, sénateurs, maires et l’ensemble des élus locaux communistes et républicains n’épargneront aucun effort et s’engageront de toutes leurs forces pour que le dernier mot revienne à notre peuple, notamment par l’organisation d’un référendum sur la réforme des collectivités territoriales.

Par André CHASSAIGNE, président de l’ANECR (association nationale des élus communistes et républicains) ; Nicole BORVO COHEN-SEAT, présidente du groupe communiste, républicain, citoyen et des sénateurs du Parti de Gauche ; Roland MUZEAU et Jean-Claude SANDRIER pour les député-e-s communistes et républicains ; Jean-Jacques PARIS, secrétaire général de l’ANECR

 

Moissac: Après la réunion du comité de défense de l'hôpital de Castel-Moissac

Nous publions ici le texte du compte-rendu élaboré par le secrétariat de Monsieur le Maire de Moissac et son service communication et trouvé en ligne sur le site de Moissac.

Ce compte-rendu nous semble fidèle aux propos tenus lors de cette réunion et nous ne pouvons que regretter dans un premier temps qu'il fasse état que de constats sans que nous puissions mettre en œuvre un début de mobilisation.
Certes, nous pensons qu'il est bon de rappeler les réussites de notre hôpital de proximité mais quid des sacrifices consentis quotidiennement par tous les personnels, quid des efforts permanents pour hisser la qualité des soins vers des sommets de professionnalisme.
Lors de ce comité, il manquait un peu de cela et la présence de M. Petitou, responsable départemental de la CGT Santé masquait mal l'absence d'expression des salariés de la santé pour la défense de leur outil de travail.

Nous pouvons saluer la présence de 5 maires des communes des cantons de Moissac tout en nous interrogeant sur l'absence de représentation de la municipalité de Castelsarrasin, sachant que seule une conseillère municipale de l'opposition était présente (Mme Tardin) au nom de l'association "Vivre -Ensemble à Castel".
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Enfin, le lien avec la coordination nationale n'a pas été abordé alors que des victoires faisant reculer les décisions ministérielles sont enregistrées chaque jour. la défense de notre C.H.I.C. ne peut s'inscrire que dans la défense de tous les outils de santé dont les populations ont besoin...



Nous vous livrons donc ce compte-rendu tel qu'il a été rédigé:

Alors que les textes de la réforme Bachelot sont encore à l’étude au Ministère de la Santé, un article paru dans la presse locale (tiré du Quotidien du Médecin) annonçait le 26 octobre dernier la fermeture de 8 blocs opératoires dans le Grand Sud parmi lesquels figurait l’hôpital intercommunal Moissac/Castelsarrasin; ce qui a suscité beaucoup d’inquiétudes au sein de la population, du personnel de l’hôpital et des élus.



Lors du dernier conseil municipal, le maire, Jean-Paul Nunzi, président du conseil d’administration du C.H.I.C. a fait une mise au point rappelant que le seuil fixé à ce jour est de 1500 séjours* par an.



« Il semblerait qu’il y ait un projet de décret concernant la fermeture des plateaux techniques qui pratiquent moins de 1 500 actes. Il s’avère que Moissac dépasse les 1500 séjours.
« Il est prévu que l’activité de l’établissement de santé s’apprécie de manière globale et soit fondée sur la moyenne de l’activité des 3 années écoulées précédant la demande d’autorisation.

Les chiffres de Moissac pour les 3 dernières années sont les suivants :2006 = 1 528 séjours ; 2007 = 1 562 séjours ; 2008 = 1 609 séjours ? 2009 / plus de 1700

Donc, notre établissement n’est pas concerné par la mesure aujourd’hui… »



Cependant, avant même que les négociations pour la mise en place des communautés hospitalières aient eu lieu, des décisions sont prises ; la preuve que cette loi n’avait pour but qu’une restructuration rapide et brutale des établissements hospitaliers ;Une ombre reste donc au tableau malgré la qualité des soins, des services et des personnels ; créant à nouveau une inquiétude ressentie lors du dernier conseil d’administration et manifestée lors de la réunion.



Des décisions anormales!



Une décision de fermeture serait anormale à un moment où on entre dans l’application de la loi avec la mise en œuvre des communautés hospitalières ; il était prévu au début, que celle-ci serait librement décidée par les établissements concernés, mais cela pourrait changer,
les nouveaux directeurs d’Agences Régionales de la Santé, (qui se substituent aux Agences Régionales d’Hospitalisation) ayant le pouvoir d’imposer la restructuration.
La construction de la communauté hospitalière : C.H.I.C. de Moissac/centre hospitalier de Montauban se poursuit ; des praticiens se sont réunis et tombés d’accord sur un certain nombre de décisions concernant les deux établissements ; ce qui paraît positif.

Les Montalbanais ont compris au niveau de la commission médicale et acceptent une coopération plus difficile à concevoir il y a 4 ou 5 ans », précisait J.P. Nunzi. Une convention CHIC Moissac/CH.Montauban est en préparation.

Tout faire pour réussir la mutation



Des efforts importants ont été consentis ces dernières années par les équipes chirurgicales et l’activité, notamment de la chirurgie orthopédique au-delà de notre bassin de vie, témoigne sans aucun doute de la confiance et de la réputation acquises auprès de la population.

Le plateau technique est au moins équivalent, en terme de qualité, à celui d’établissements beaucoup plus importants. Le C.H.I.C. s’est donné aussi les moyens de conserver sa place en développant ses consultations (urologie, dermatologie…) par :

  • l’ implantation d’un scanner dont l’activité croît de 10 % par an
  • la restructuration du plateau d’imagerie,
  • l’ouverture d’un nouveau service de SSR (soins de suites et de réadaptation) à la place de l’ancienne maternité. Une structure de 72 lits sera également ouverte l’année prochaine en zone intercommunale,
  • l’étude d’un projet de rénovation complet des Urgences et Soins continus est en cours
  • Le développement de l’hospitalisation à domicile depuis 2 ans, est une réussite avérée.
  • On peut ajouter aussi tout récemment
  • l’acquisition d’un densitomètre (densitométrie osseuse)
  • le changement de toutes les télévisions dans les chambres…


La diminution du nombre de praticiens et le manque d’infirmières inquiètent

Autre facteur d’inquiétude, exprimé par M. Rollet qui ne partage pas l’optimisme du maire sur la chirurgie : la pénurie de médecins y compris dans les campagnes – 20% d’ici 2010, - 50% en 2020. Il manque aussi des infirmières, malgré les incitations de la Région dans le financement des formations (+ 20%) « Des services nouveaux ouvrent avec des valeurs sûres mais on n’a pas d’infirmières » regrette VéroniqueMalange.



Un tableau en demi-teinte donc en ce qui concerne l’avenir du C.H.I.C. moins touché pour l’heure que les autres établissements français, 182 blocs opératoires étant concernés par ces restructurations. La mobilisation des élus des grandes et petites villes, des personnels de la santé et des populations doit rester entière.



Il a été décidé lors du conseil municipal qu’un courrier du maire de Moissac serait adressé à tous les élus de communes du bassin de vie afin que les populations soient informées par le biais de la presse municipale.
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Réforme des collectivités locales : après la formation du 24 octobre à Carnon, quelques documents utiles pour préparer les combats futurs.

de G à D, Bernard Clément et Jean Jacques ParisLe CIDEFE 34 tient à remercier Jean Jacques PARIS, secrétaire général de l'ANECR, pour sa disponiblité et la qualité des débats qu'il a soulevé lors de cette rencontre.

Voici quelques documents pour aller plus loin dans notre réflexion : une synthèse de N. Liebault des premiers éléments des quatres projet de lois institutionnels qui vont être discutés à partir du 14 décembre au Sénat.

Synthèse des points essentiels de la lois faite par Nicolas LIEBAULT, chargé de mission à l’ANECR.

Les mesures à venir mettant en œuvre la réforme territoriale voulue par le gouvernement est scindée en cinq projets de loi. Le premier est le projet de loi de finances pour 2010 qui entérine la disparition de la taxe professionnelle annoncée par Nicolas SARKOZY. Les quatre autres sont institutionnels et seront examinés en Conseil des ministres mercredi prochain. Le principal projet est connu depuis samedi dernier dans sa version définitive. Il est disponible sur le site de la Gazette des Communes et sur CIDEFIL. S’appuyant sur les conclusions du rapport de la commission présidée par Edouard BALLADUR, il en reprend les principales propositions.



La deuxième loi comportera toutes les dispositions électorales de la réforme, avec notamment les modalités d’élection des conseillers territoriaux et des conseillers communautaires. Ces dispositions nécessiteront une loi organique, troisième loi. Enfin, une dernière loi réduira à quatre ans le mandat des conseillers régionaux élus en 2010 et à trois ans le mandat des élus départementaux élus en 2011, afin de permettre la première élection des conseillers territoriaux en 2014.

Le tout, très touffus, forme une réforme territoriale dont la philosophie est cohérente. Je vais donc rendre compte ce que l’ANECR pense être la philosophie globale de la réforme pour ensuite en préciser le contenu en entrant dans les détails de ce bouleversement majeur pour notre République.

Philosophie générale de la réforme

La philosophie même de la réforme est de poursuivre la libéralisation de l’économie en privatisant des services aujourd’hui mis en œuvre par les collectivités. En limitant aux communes la clause de compétence générale, en réduisant le nombre d’élus, en regroupant de force les collectivités, en réunissant les conditions de la suppression des départements, le gouvernement n’a qu’un seul but : baisser la dépense publique en réduisant l’intervention publique pour ouvrir des marchés nouveaux aux entreprises et augmenter leurs profits.

En cela, le gouvernement ne fait qu’entreprendre au niveau local que ce qu’il opère déjà pour des services publics nationaux tels que La Poste, l’hôpital public ou l’Education nationale. La réforme territoriale en cours est en effet un volet de la réforme de l’Etat, avec la mise en oeuvre de la Révision générale des politiques publique (RGPP) à tous les échelons de l’administration centrale et déconcentrée. Elle constitue une rupture avec les rôle et place de l’Etat et des collectivités dans notre République.

Les collectivités qui subsisteront n’auront qu’une seule et même fonction : la valorisation du capital. Pour y parvenir, la concurrence entre les territoires deviendra selon le gouvernement le « moteur du développement local », alors que le pouvoir de décision s’éloignera toujours plus des citoyens. Afin d’imposer cette politique aux collectivités, le texte met en œuvre une forte « re-centralisation » de la décision. Territoire d’expérimentation, le « Grand Paris », si le projet de loi spécifique le concernant est adopté, verra ainsi l’Etat supplanter les collectivités dans de nombreux domaines.

La réforme de la fiscalité locale va dans le même sens. Elle vise à baisser la contribution locale des entreprises alors même que celles-ci sont bénéficiaires de nombreux équipements publics mis en place par les collectivités (routes, zones industrielles, etc…). En supprimant la taxe professionnelle pour la remplacer par des compensations aléatoires, marquant une diminution notable des recettes, l’Etat va obliger les collectivités à reporter la charge des dépenses sur des ménages pourtant déjà fragilisés par la crise capitaliste. En opérant cette réforme dès le Projet de loi de finances pour 2010, le gouvernement ne fait qu’enclencher la réforme territoriale elle-même.

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Je vais maintenant détailler le contenu de la réforme territoriale en cours et les principales critiques qui peuvent lui être adressées. Je mettrai en avant six caractéristiques de cette réforme :

- Une réorganisation des collectivités imposée par l’Etat - Un approfondissement du déséquilibre territorial - La fin programmée de notre maillage communal - Un mode de scrutin complexe et antidémocratique - Un fonctionnement amélioré de l’intercommunalité - Une asphyxie financière des collectivités

1) Une réorganisation des collectivités imposée par l’Etat.

Dans l’avant-projet de loi de juillet dernier, plutôt que de laisser aux collectivités locales l’initiative de décider avec les habitants de l’opportunité d’une extension ou d’un approfondissement des coopérations entre elles, c’est l’Etat, par le biais de ses représentants, qui avait la haute main sur l’ensemble du processus. Tous les grands choix de réorganisation des collectivités et territoires pouvaient en effet être imposés par l’Etat, via les préfets. Devant les critiques soulevées par cette « recentralisation » de la part des associations d’élus dont l’ANECR lors de son audition par le ministre, le gouvernement a été contraint de « déminer » le terrain comme le montre le texte rendu public samedi dernier. Reste que l’Etat conserve un droit de regard important. En attestent différents blocs de dispositions contenus dans le projet de loi.

Tout d’abord, dans la première mouture le préfet décidait seul de donner suite aux demandes des collectivités de créer une métropole et il fixait lui-même son périmètre, un décret en Conseil d’Etat entérinant sa création. Le gouvernement était libre de donner ou non son aval. La création des métropoles pouvait ainsi faire l’impasse sur la volonté des populations et des élus locaux qui les représentent. Désormais sa création suit la procédure de création des autres EPCI. Le texte retire même, contrairement au droit commun, toute possibilité de proposition du préfet. Il s’agit là d’un recul important.

Mais pour le reste, le gouvernement garde la haute main sur le processus. Ainsi, c’est le gouvernement et lui seul qui choisira de donner suite au projet de regroupement de départements ou de régions. Certes, en cas de délibérations discordantes des différents conseils généraux ou régionaux, le gouvernement devra procéder à une consultation des habitants. Seul recul, la disposition suivant laquelle le gouvernement n’était par lié par le résultat de la consultation a été retirée. Reste qu’on risque d’assister ici à une « rationalisation » à marche forcée par l’Etat de la carte des départements et des régions.

Enfin, concernant la couverture intercommunale du territoire, la méthode est encore plus directive. Le « schéma départemental de la coopération intercommunale » sera élaboré, après consultation, par le seul préfet du département. Et c’est ce même préfet qui, dans une période de deux ans, pourra propose de créer un EPCI à fiscalité propre conformément à ce schéma. Mais ici encore on observe un recul : à défaut d'accord, le préfet ne pourra plus trancher en dernier recours. En revanche, désormais le préfet pourra imposer le rattachement d’une commune isolée ou enclavée à un EPCI à fiscalité propre après simple avis de la Commission départementale de la coopération intercommunale.

L’Etat cherche donc à opérer un véritable coup de force contre les collectivités en imposant ses vues par le biais des préfets. Les élus communistes et républicains ont continuellement affirmé que ce sont à l’inverse les citoyens ainsi que les élus qui les représentent, qui doivent avoir le dernier mot dans les choix et les décisions touchant au devenir de leurs territoires. Mais l’actualité récente montre que lorsque élus locaux et populations donnent de la voix, le gouvernement doit atténuer ses velléités de recentralisation.

2) Un approfondissement du déséquilibre territorial.

Les mesures annoncées vont renforcer le développement « en tâche d’huile » des métropoles sous l’effet de la polarisation des activités économiques et des échanges migratoires, avec la formation d’un archipel de grands pôles en relations entre eux (migrations, relations siège-établissements, relations entreprises-pôles de recherche, etc...), les métropoles concentrant les fonctions à haute valeur ajoutée au détriment des autres territoires laissés à l’abandon.

La création, prévue par le texte, de nouvelles entités comprenant 450 000 habitants (500 000 dans l’avant-projet de loi) ou plus - les métropoles - a pour seul objectif la constitution de ces « pôles de compétitivité » privilégiés par rapport aux autres territoires. La raison invoquée par le projet de loi est que « la compétition entre les grandes agglomérations, européennes ou internationales, n’a cessé de s’accentuer », ce qui implique « un nouveau cadre de gouvernance ». C’est donc bien l’adaptation au capitalisme qui est ici en vue. Le projet de Grand Paris vise le même objectif.

Pour un seuil de 500 000 habitants, le gouvernement visait expressément sept communautés urbaines : Bordeaux, Lyon, Lille, Marseille, Nantes, Nice et Toulouse. Avec le nouveau seuil de 450 000, le gouvernement reste muet sur les villes centre concernées. Pour l’est de la France, le Grand Nancy comptant 270 000 habitants et Metz Métropole 230 000 habitants, ces agglomérations seront exclues de cette possibilité. Mais la Communauté urbaine de Strasbourg avec ses 470 000 habitants se voit ouvrir cette faculté. Le gouvernement prétend que, quoi qu’il en soit, seul un petit nombre d’agglomérations est concerné par un tel seuil. Mais en réalité il omet de rendre public un ajout récemment introduit dans le projet de loi qui est la création possible de « pôles métropolitains » à partir cette fois de plusieurs EPCI à fiscalité propre dont l’un de plus de 200 000 habitants, le tout formant un ensemble de plus de 450 000 habitants. Metz et Nancy pourraient alors être concernées. Le but est donc bien de pousser à la métropolisation sur tout le territoire français.

Le texte initial prévoyait un véritable statut d’« extraterritorialité » organisé par rapport aux collectivités plus vastes. Ainsi, les limites territoriales du département étaient re-découpées pour en « extraire » la métropole, avec l’aberration que, si le chef-lieu du département est situé dans la métropole, celui-ci se trouvera situé sur un territoire… n’appartenant plus au département ! Devant les critiques nombreuses, le gouvernement a du reculé sur ce point. Mais cela en dit long sur la fracture avec le reste des territoires environnants que le gouvernement souhaite voir mise en place !

Malgré ces discours apaisants, il est à prévoir que les communes composant les métropoles viennent à terme à disparaître, effaçant ainsi des échelons démocratiques de proximité au profit d’une entité écrasante et lointaine. Certes la métropole ne disposera pas de la clause générale de compétence. Mais la liste impressionnante des transferts de compétences prévue par le texte montre que la nouvelle entité viendra aspirer, de fait, la plupart des attributions communales. Les compétences listées touchent en effet à presque tous les domaines : développement économique, urbanisme, habitat, transport, éducation, infrastructures, sécurité, eau et assainissement, culture, etc… La liste a été encore rallongée par rapport à l’avant-projet de loi.

Qui plus est, les métropoles reprendront obligatoirement aux départements les compétences des transports scolaires et des routes départementales. En revanche, le projet de loi ne prévoit plus comme envisagé que la nouvelle entité reprenne sur son territoire les compétences des départements à caractère social. Avec le texte rendu public samedi dernier, il ne s’agit plus que d’une possibilité suite à une convention entre le département et la métropole. Toujours est-il qu’en transférant des compétences du conseil général à la métropole, le risque est grand de voir la fin de la solidarité départementale, notamment financière, entre pôles urbains et zones rurales et, à l’inverse, la mise en concurrence des territoires et de leurs habitants.

Les élus communistes et républicains ont condamné ces choix qui aboutiront dans les années à venir à un aménagement du territoire déséquilibré et injuste, avec la concentration des emplois, des services, des richesses dans quelques grands pôles urbains, faisant exploser les inégalités territoriales. Plutôt que la mise en concurrence des territoires, les élus communistes et républicains prônent au contraire le renforcement de la coopération et de la solidarité entre collectivités, avec la mise sur pied d’une véritable péréquation financière.

3) La fin de notre maillage communal.

Suivant le projet de loi, une « commune nouvelle » pourra être créée en lieu et place d’un EPCI à fiscalité propre et reprendra alors toutes les attributions des communes membres de l’EPCI. Le texte initial prévoyait que seuls étaient concernés les EPCI dont la population était inférieure à 500 000 habitants. Maintenant, tous les EPCI ont cette possibilité, si plus des deux tiers des communes représentant plus des deux tiers de la population sont d’accord. A noter que l’Etat pourra imposer que les communes et les habitants se prononcent sur un tel projet.

Certes, le texte ne prévoit pas explicitement la disparition des communes actuelles, la création des « communes nouvelles » demeurant, sur le papier, une option. Mais le fait de pouvoir bénéficier, pour la nouvelle entité créée, d’une dotation particulière égale à 5% de la dotation forfaitaire (10% initialement) sera une incitation importante. Car on mesure le puissant attrait qu’aura cette prime lorsque l’on sait la politique d’asphyxie financière des communes actuellement mise en œuvre par l’Etat.

Sur accord des conseils municipaux, la commune nouvelle pourra être divisée en « communes déléguées » correspondant aux anciennes communes. Initialement, il s’agissait de simples « territoires » mais le gouvernement a reculé sur ce point, la charge symbolique de la disparition des communes étant sans doute trop forte. Mais cette simple option de création de « communes déléguées », sur laquelle le préfet pourra d’ailleurs revenir dans certaines conditions, n’est qu’un pâle succédané aux communes disparues, les « communes délégués » ne conservant essentiellement en leur sein… que le service des actes civils ! Dans ce cadre, le « maire délégué » et les « conseillers communaux » prévus par le texte seront des instances sans grand pouvoir de décision. Le peu de compétences des arrondissements prévus par la loi PLM, qui a inspiré l’architecture les nouvelles « communes déléguées », sont là pour en attester, se limitant le plus souvent à émettre des vœux auprès de la mairie centrale. Il s’agit donc bien comme objectif la disparition pure et simple du maillage unique en Europe des 36000 communes.

De plus, la fin de la clause de compétence générale des départements et des régions aura des conséquences importantes sur les petites communes, les conseils généraux surtout mais aussi régionaux jouant actuellement un rôle essentiel dans le financement de leurs équipements. Bien sûr, le texte prévoit que les départements pourront malgré tout co-financer les projets portés par les communes pour « des motifs de solidarité ou d’aménagement du territoire ». Dans le texte initial, ces communes devaient assurer au moins 50% du financement des projets, en investissement comme en fonctionnement. Le gouvernement a reculé sur ce point et les maîtres d’ouvrage doivent désormais assurer « une part significative du financement ». Il n’en demeure pas moins qu’en limitant les financements croisés, il y a fort à parier que les moins importantes des communes et les plus en difficulté financièrement auront du mal à abonder. Ce sont alors les projets les plus essentiels aux habitants qui risquent d’être abandonnés.

Les élus communistes et républicains se félicitent en revanche du nouveau mode d’élection dans les communes de 500 à 3499 habitants, avec le remplacement du « panachage » par un scrutin de liste à deux tours « sans adjonction ni suppression de noms ». Un tel mode de scrutin, soutenu depuis plusieurs années par André CHASSAIGNE, président de l’ANECR, permettra une meilleure prise en compte des sensibilités et des valeurs portées par nouveaux et anciens habitants et un véritable débat sur les différents projets plutôt que sur les personnes. Mais, pour cette réforme se mette en place, encore faudrait-il que les petites communes continuent purement et simplement à subsister, ce que la création des « communes nouvelles » ne garantit plus.

Au total, avec la suppression à terme du maillage de nos 36 000 communes et des élus qui y siègent, élus largement bénévoles, c’est la base vivante de notre démocratie, de la participation citoyenne qui va disparaître. C’est pourquoi les élus communistes et républicains se sont prononcé contre cette version contemporaine des « fusions de communes » pourtant largement rejetées par la population depuis la loi « Marcellin » de 1971.

4) Un mode de scrutin complexe et antidémocratique.

Le texte crée une nouvelle catégorie d’élu, le conseiller territorial, élu à la fois au conseil général de son département d’élection et au conseil régional de la région à laquelle appartient leur département d’élection. Contrairement aux préconisations du rapport BALLADUR, l’intégralité des conseillers territoriaux siègeront donc dans les deux types d’assemblées.

Bien qu’il soit affirmé le maintien des conseils généraux et régionaux comme assemblées délibérantes respectivement des départements et des régions, l’objectif du gouvernement est bien de créer les conditions pour la suppression à terme des départements, destinés à « s’évaporer » comme l’annonce Edouard BALLADUR lui-même et non d’ « organiser leur complémentarité » comme l’annonce l’exposé des motifs. Simplement, le gouvernement préfère vider en premier lieu les départements de leur contenu pour ensuite plus facilement les faire disparaître. Et la manière la plus simple est à cet égard d’en faire d’abord comme le proposait BALLADUR « des composantes des régions ».

Le but affirmé est suivant le projet de loi « d’éviter les actions concurrentes ou redondantes sur un même territoire ». Mais les « financements croisés » entre départements et régions ici mis en cause ne concernent en réalité qu’à peine 10% des financements globaux. Et le projet de loi omet de mettre en place une collectivité « chef de file » sur les projets communs comme le proposent les élus communistes et républicains. Cela démontre que le gouvernement ne cherche pas à articuler les financements les uns aux autres mais uniquement à les réduire dans leur globalité pour baisser la dépense publique et ouvrir des marchés aux entreprises privées.

Comme je l’ai dit en introduction, le mode d’élection des conseillers territoriaux fera l’objet d’un projet de loi spécifique intitulé « projet de loi relatif à l’élection des conseillers territoriaux et au renforcement de la démocratie locale ». Ils seront élus en mars 2014 ce qui implique qu’un autre projet de loi réduise les mandats des conseillers régionaux élus en mars 2010 et des conseillers généraux élus en mars 2011.

Mais les intentions du gouvernement font déjà l’objet d’échos inquiétants. Une partie des conseillers territoriaux seraient ainsi élus au scrutin uninominal à un tour, dans le cadre de cantons re-découpés, plus grands et moins nombreux. Il résulterait de ce re-découpage la suppression d’environ un quart du nombre actuel des cantons, soit environ 1000 cantons. Une autre partie, très minoritaire (sans doute 10%), des conseillers territoriaux seraient élus indirectement parmi des listes départementales. Brice HORTEFEUX a ainsi lui-même révélé à André CHASSAIGNE et Marie-George BUFFET lors d’une audition que les candidats sur les cantons seraient rattachés aux listes départementales dont les candidats seraient élus en proportion du nombre de voix recueillies par les candidats rattachés à l’échelle du département.

Un tel mode de scrutin apparaît particulièrement illisible pour la population, alors que le gouvernement prétendait vouloir « simplifier » l’organisation territoriale. Le seul objectif est en réalité de réduire le nombre des élus régionaux et départementaux de moitié afin de répondre au fantasme, propagé par les médias, d’élus « pléthoriques ». On passerait en effet de 4220 conseillers généraux et 1880 conseillers régionaux, soit environ 6000 élus à seulement 3000 conseillers territoriaux.

En réalité une telle réforme n’entraînerait aucune économie mais installerait durablement le bipartisme dans les collectivités locales. En prévoyant globalement de supprimer plus de 100 000 élus, pour l’essentiel bénévoles, c’est la démocratie qui se trouvera ainsi amputée. On peut s’attendre qui plus est à ce que des élus cumulant difficilement action régionale et action départementale en vienne en effet à déléguer à des techniciens la réalité des décisions prises.

Au total, avec la création d’un mandat de « conseiller territorial » siégeant à la fois dans les conseils régionaux et les conseils généraux, c’est toujours la même logique qui prévaut : priver le pays d’élus de proximité pour les transformer en élus « techniciens » peu nombreux et sans liberté d’action. Les élus communistes et républicains ont réaffirmé que le choix des électeurs doit être respecté par un mode de scrutin à la proportionnelle permettant l’expression de toutes les sensibilités et accompagné d’un véritable statut de l’élu propre à ce que toutes les couches sociales puissent assumer des fonctions électives.

5) Un fonctionnement amélioré de l’intercommunalité.

Même si cette question n’a pas fait l’objet jusqu’à présent, en-dehors des métropoles, d’une attention médiatique particulière, reste que la moitié du projet de loi connu samedi est consacré au fonctionnement de l’intercommunalité. J’ai évoqué la question concernant la mainmise de l’Etat pour montrer la cohérence d’ensemble. Je vais compléter mon propos en évoquant le nouveau mode de scrutin, la couverture intercommunales du territoire et l’approfondissement de l’intercommunalité.

Les élus communistes et républicains soutiennent tout d’abord le nouveau mode d’élection des délégués communautaires proposé dans le texte, suivant lequel, dès les prochaines élections municipales, les délégués des communes de 500 habitants et plus seront désormais désignés au suffrage universel direct en même temps que les conseillers municipaux, par la technique dite du « fléchage » proposée par le rapport BALLADUR. A noter que ce mode d’élection concerne y compris les nouvelles « métropoles ». Un tel mode de scrutin contribue en effet à garantir à la fois le maintien de l’échelon communal et l’introduction d’une désignation plus démocratique pour les conseillers communautaires. Le régime ancien de désignation n’est maintenu que pour les communes de moins de 500 habitants.

Il faudra attendre le projet de loi « relatif à l’élection des conseillers territoriaux et au renforcement de la démocratie locale » pour connaître précisément les modalités de cette disposition. Mais l’article 3 du projet de loi prévoit déjà que les délégués communautaires seront répartis entre communes proportionnellement à leur population au lieu des accords passés actuellement entre municipalités. Il est alors à craindre que la commune la plus importante vienne à prédominer largement dans le conseil communautaire et donc imposer ses choix, ceci d’autant que à la fois le nombre d’élus et de vice-présidents seront limités de manière drastique. Les choix effectués dans ce cadre risquent de renforcer les inégalités de développement entre le centre urbain et la périphérie. Mais un tel mode de scrutin ne risque-t-il pas d’être rendu caduc par la transformation à terme de ces EPCI en « communes nouvelles » ?

Concernant la carte intercommunale, le gouvernement vise son achèvement à l’horizon du 31 décembre 2011 et non plus au 1er janvier 2014 comme initialement, répondant ainsi aux souhaits de l’Association des districts et communautés de France (ADCF) qui craignait la concomitance avec les élections municipales. C’est donc une marche forcée de couverture du territoire qui va être engagée si le projet de loi est adopté, ce qui justifie selon le gouvernement le recours accru au préfet, même si la Commission départementale de la coopération intercommunale voit son rôle renforcé et sa composition modifiée.

Le projet de loi cherche également à regrouper les EPCI et les syndicats entre eux et simplifie donc les procédures de fusion, passant outre la décision de l’échelon intercommunal pour privilégier le choix d’une majorité qualifiée de communes. Il cherche également à éviter les doublons sur un même territoire entre différentes structures intercommunales. Ensuite, il approfondit l’intercommunalité en accroissant le nombre des polices spéciales pouvant être confiés aux présidents d’EPCI (déchets, assainissement, déplacements, gens du voyage). Quant aux transferts de compétences, elles pourront se faire à la majorité simple.

Le projet de loi initial supprimait enfin la possibilité de créer de nouveaux pays. Désormais, il abroge purement et simplement les dispositions de la loi de 1995 instituant les pays. Cela signifie-t-il que les pays existants seront supprimés ? Cela serait dommageable car pour les élus communistes et républicains, les pays, échelons d’élaboration de projet et de coopération, peuvent avoir leur utilité en associant des acteurs très divers, y compris de la société civiles, et de manière transversale. Avant de les rayer d’un trait de plume, leur rôle devrait être évalué.

6) Une asphyxie financière de nos collectivités.

Avec le projet de loi de finances pour 2010, le but est explicitement donné : « faire contribuer les collectivités locales à l’effort de réduction du déficit public ». Or seul l’Etat vote aujourd’hui son budget de fonctionnement en déficit et emprunte donc pour l’équilibrer. IL s’agit donc de sanctionner les collectivités vertueuses pour pallier à la gabegie de l’Etat.

La mesure phare du projet de loi de finances pour 2010 consiste en la suppression de la taxe professionnelle sur les « investissements productifs », annoncée en janvier 2009. Sa suppression sera compensée par des recettes peu fiables ne permettant plus d’anticiper sur plusieurs années les projets à réaliser. Les autres composantes de l’assiette actuelle de la TP seront en effet maintenues sous la forme d’une nouvelle imposition locale : la « contribution économique territoriale », composée d’une « cotisation locale d’activité » assise sur les bases foncières et d’une « cotisation complémentaire » assise sur la valeur ajoutée et le chiffre d’affaires.

Initialement, le gouvernement prévoyait une affectation spécialisée de ces taxes par collectivité, la « cotisation locale d’activité » revenant aux communes et EPCI et la « cotisation complémentaire » aux départements et régions. Les recettes de taxe d’habitation étaient retirées au département. Mais devant le tollé général, y compris dans la majorité parlementaire, il semble que cette spécialisation soit supprimée.

Pour renforcer la compensation, il est prévu l’affectation aux collectivités de ressources fiscales actuellement perçues par l’Etat ou partagés entre l’Etat et les collectivités et une nouvelle imposition forfaitaire sur les entreprises de réseau, parce que jugées « non-délocalisables ». Il est également prévu une réduction de 2 milliards d’euros du montant des frais d’assiette et de recouvrement prélevé par l’Etat sur le produit des impôts locaux. Au total, avec cette loi de finances, il y aura perte du lien entre entreprise et territoire, perte pour les communes du lien avec l’activité économique.

Ces mesures entreront en application pour les entreprises dès janvier 2010 mais c’est l’Etat qui percevra l’ensemble des recettes de la nouvelle « cotisation économique territoriale ». Pour l’année 2010, les collectivités recevront donc une compensation relais de la part de l’Etat au moins égale à ce qu’elle percevait avant la réforme de la taxe professionnelle. Les décisions sont donc prises dans l’urgence en l’absence complète d’étude d’impact détaillée sur les conséquences à la fois sur les collectivités et sans état des lieux des précédents allègements de fiscalité pour les entreprises sur l’emploi et les territoires.

Le gouvernement prévoit également de répartir différemment les quatre taxes selon les strates de collectivités en les spécialisant. La fixation des taux, fixés par le Parlement, échapperait pour une grande part aux collectivités. Ainsi les communes et EPCI à fiscalité propre conservent une liberté de fixer le taux de la « cotisation locale d’activité », mais de manière restreinte, tandis que les département et régions seront dessaisies de tout pouvoir fiscal. Quant au plafonnement de la valeur ajoutée, il baisserait de 3,5% à 3%.

La taxe professionnelle représentant la moitié des ressources fiscales des collectivités territoriales, on peut donc s’attendre à un report massif de la charge sur les ménages, d’autant que le projet de loi supprime toutes les modalités dérogatoires de « déliaison » du taux de taxe professionnelle et des impôts ménages. Sur l’ensemble des recettes fiscales des collectivités, actuellement, 48% proviennent des ménages et 52% des entreprises. Avec la réforme, la proportion est amené à 75% pour les ménages et 25% pour les entreprises.

Le gouvernement indexe les concours de l’Etat aux collectivités à 0,6% alors que l’inflation atteint 1,2%. Il s’agit donc de la fin du contrat de croissance et de solidarité. Cela aurait pour conséquence une baisse de 20% à 30% des dotations de compensation.

___

Pour toutes ces raisons, les élus communistes et républicains ont demandé que le projet de réforme des collectivités territorial soit retiré et qu’un large débat citoyen soit organisé pour qu’une nouvelle réforme soit mise en œuvre répondant réellement aux besoins des populations.

Les propositions portées par les élus communistes et républicains visent au contraire à articuler démocratie sociale et territoriale, afin de promouvoir un nouveau type de développement social, économique, environnemental et citoyen. Ils proposent pour cela une réforme ambitieuse fondée sur la solidarité entre territoires, de nouveaux droits aux citoyens, de nouveaux moyens d’action et de financement aux différents échelons territoriaux :

- Les élus doivent pouvoir mettre en oeuvre, dans toutes les collectivités, les services publics et les politiques dont ont besoin les habitants, afin que soit assurée la satisfaction des droits humains qui leur sont constitutionnellement garantis.

- Pour cela, des coopérations doivent se développer pour mieux répondre à l’intérêt général. A cet égard, le rôle de l’Etat doit être clairement identifié afin d’assurer la solidarité nationale, la cohésion sociale, l’aménagement de l’espace et l’égalité entre les territoires.

- Pour assurer leurs missions, les collectivités doivent bénéficier de moyens financiers suffisants. Il faut mettre en place une fiscalité locale au caractère progressif pour les ménages et une fiscalité liant étroitement l’entreprise au territoire incluant les actifs financiers des entreprises.

- Enfin, un pôle public financier doit être créé pour intervenir efficacement dans la vie économique et sociale, financer les investissements relevant de l’intérêt général et couvrir les besoins des territoires que les logiques du marché ne veulent pas assurer.

 

Menace sur les petits hôpitaux: un projet d'arrêté pourrait entraîner la fermeture des blocs opératoires (source AFP/Le Monde)

Un projet d'arrêté pourrait entraîner la fermeture des blocs opératoires qui pratiquent moins de 1 500 interventions par an.

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"L'arrêté est encore en discussion et sera pris d'ici à la fin de l'année. Le chiffre vraisemblable est celui de 1 500 opérations par an, qui a fait l'objet de concertations depuis trois ans", précise-t-on, dimanche 25 octobre, dans l'entourage de Roselyne Bachelot, la ministre de la santé. Et d'ajouter : "le but de cet arrêté, c'est la sécurité des patients", en précisant que l'objectif était de fixer un seuil en dessous duquel les blocs ne présenteraient pas des garanties suffisantes.

Ces informations confirment un article publié par Le Quotidien du Médecin selon lequel le projet d'arrêté stipule que "l'activité annuelle minimale de chirurgie (...) est fixée, par site, à 1 500 séjours chirurgicaux avec acte classant opératoire".
Le journal a précisé que "sur les 1 075 établissements aujourd'hui autorisés à pratiquer la chirurgie, 182 n'enregistrent pas les 1 500 séjours requis, les menaces de fermeture étant beaucoup plus forte dans le secteur public (plus du quart des blocs touchés) que du côté des cliniques privées (9 %)", des chiffres qui ne sont pas confirmés par l'entourage de Roselyne Bachelot.

Toujours selon Le Quotidien du Médecin, le projet d'arrêté fixe en outre à 100 séjours par an le seuil minimal d'activité en chirurgie gynécologique et pourrait donc aboutir à la fermeture de 28 maternités.
Le ministère de la Santé n'a pas confirmé cette information.

 

Réforme territoriale : Un dossier complet pour mesurer la portée de la réforme proposée

Dans cet article, les élus, les militants, les forces progressistes ou non trouveront l'ensemble des textes qui portent atteinte à la démocratie de proximité, des interventions, des prises de positions.

Le dossier est fourni mais il a aussi ses lacunes que nous vous invitons à combler avec vos propres liens, vos commentaires.

Un diaporama sous powerpoint en annexe explique les grandes lignes de cette réforme.
A télécharger ici aussi: http://moissacaucoeur.elunet.fr/pub...

Téléchargez les 4 textes présentés le 21 octobre en conseil des ministres

Sur le site du Sénat, vous pouvez télécharger les 4 textes relatifs à la réforme des collectivités qui ont été présentés le 21 octobre en Conseil des ministres. Ils doivent être discutés à partir de la mi-décembre au Parlement.

Déclaration de Claudy LEBRETON, président de l’ADF, à l’issue du discours du président de la République

Dans un communiqué de presse, Claudy LEBRETON, président de l’Assemblée des départements de France, dénonce un discours du président de la République reposant sur le dénigrement de la démocratie locale, qui ne correspond en rien à la réalité de la France des territoires. Le discours du président de la République repose sur trois erreurs d’analyse fondamentales.

Le discours du Président de la République repose sur trois erreurs d’analyse fondamentales.
La première : celle qui supprime la taxe professionnelle, pour soi-disant rendre plus compétitifs les grands groupes industriels. Les financements aux collectivités locales correspondant à cette suppression seront supportés par les ménages. Il y aura donc une aggravation de la fiscalité locale pour les contribuables.
La seconde affirme que les déficits de la France seraient en partie dus aux collectivités locales. Or c’est bien le budget de l’Etat qui est en déficit de plus de 140 milliards d’euros, ce ne sont pas les budgets des collectivités, qui ont l’obligation légale de voter des budgets en équilibre.
La troisième : celle qui fonde l’organisation territoriale de la France sur le couple département-région. La réalité est tout autre, notre organisation territoriale repose sur deux blocs bien identifiés : le bloc communes et intercommunalités / départements. Il incarne la proximité. Le bloc région / Etat-Europe. Il incarne les stratégies de développement. A partir de ces fausses analyses, ce que nous propose le gouvernement n’est pas une simple réforme. Ce qui est en train de se dérouler va bien au-delà des sensibilités politiques.
Il s’agit d’une atteinte aux libertés publiques, liberté de voter les dépenses et les recettes de nos collectivités, liberté de choisir nos politiques territoriales en fonction de la spécificité de nos territoires, liberté de nous présenter devant les électeurs et de leur proposer des projets.
Enfin, avec la création des conseillers territoriaux, il y a une manipulation permettant à terme de fusionner les deux assemblées locales.
Contrairement à ce qu’il dit, le Président de la République détruit une France qui n’est ni dépassée, ni du passé. Nous voulons une France forte de son héritage, fière de son histoire, et moderne dans son fonctionnement démocratique.
Il faut mesurer la gravité du moment dans lequel nous sommes et réagir, car demain il sera trop tard.

Éditorial du 21 octobre dans l'Humanité par Maurice Ulrich in l'Humanité: http://www.humanite.fr/-+2009-10-21...

« Les commentateurs, ils commentent. Moi, je suis du côté des acteurs, donc j’agis. »

À Saint-Dizier, hier, Nicolas Sarkozy, dans son discours sur sa réforme des collectivités territoriales, a ainsi révélé qui était le chef d’orchestre de l’offensive menée depuis deux jours contre ce milieu politico-médiatique qui veut détruire le président. Ce chef, c’est lui. On n’avait pas vraiment noté jusqu’alors une telle volonté de destruction. On avait même souvent le sentiment d’une certaine empathie des médias dans leur ensemble, où il compte pas mal d’amis et de relais, pour l’hôte de l’Élysée. Mais il en veut plus. Souvenons-nous, ce n’est pas si loin, de l’épisode qui suivit sa dernière intervention télévisée quand, s’emportant après Arlette Chabot qui n’en pouvait mais, il jugea insuffisant le temps d’antenne de l’UMP à la télévision ! Chacun est pourtant à même de juger que ministres et secrétaires, pour ne même pas parler de l’omniprésent Frédéric Lefebvre, squattent les écrans sans vergogne.

Mais cette charge contre les commentateurs n’est pas une simple bouffée de chaleur. Elle est du même tonneau, dans sa philosophie, que la réforme précisément des collectivités territoriales. Commentons, donc, en revenant un instant sur les mots du président de la chambre de commerce et d’industrie de Paris, Claude Leroi, à propos de l’Epad et de Jean Sarkozy. « Si le nouveau président du conseil d’administration est un garçon brillant et qui a des relations, ça n’en ira que mieux. » Et qui a des relations… Bien sûr et d’abord celles de Monsieur père. Les grands patrons du CAC 40, les grands patrons de presse qui parfois se confondent comme les Bouygues, amis et familiers du chef de l’État.

La démocratie là-dedans, l’intérêt général ?

La prise en charge par les citoyens de la chose publique ? Rien de tout cela. Ce sont les relations qui comptent, les milieux d’affaires qui dirigent. C’est la clé de la réforme territoriale. Vendredi dernier, dans le Figaro, Nicolas Sarkozy s’en prenait aux emplois publics dans les collectivités locales. Il a réaffirmé hier, malgré le malaise d’une partie de sa majorité et des élus locaux UMP, la suppression de la taxe professionnelle, l’écrasement des départements et la fin de leurs compétences générales, la recentralisation des régions et la création des grandes métropoles. Tout cela est cohérent. Il s’agit d’écarter le plus possible les citoyens des grands choix qui les concernent pour un pilotage d’en haut et la mise en place d’une véritable concurrence entre les grandes régions et les métropoles dans le cadre européen. Faut-il préciser que cette même cohérence anime les réformes de l’université ou de la recherche ? En retirant de plus aux collectivités locales une part considérable de leurs moyens d’action, on ouvre aussi et en même temps de nouveaux espaces au privé, en clair au capital.

La reforme territoriale n’a rien de technique. La rupture avec le modèle social français issu de la Résistance était au programme de Nicolas Sarkozy. La rupture avec son modèle politique né de la Révolution et de la fondation de la république l’est aussi. La démocratie lui pèse. Son projet c’est un président tout-puissant, d’aucuns diraient un monarque, au service des grands des affaires et de la finance.

D'autres liens pour alimenter le débat:

L'APVF intervient: http://www.elunet.org/spip.php?arti...
Le syndicat des impôts met son grain de sel: http://www.elunet.org/spip.php?arti...
L'AMGVF reste vigilante: http://www.elunet.org/spip.php?arti...

 

Discours de N. Sarkozy: Les collectivités locales responsables de tous les maux

Dans son discours à Saint-Dizier, le président de la République a accusé les collectivités territoriales d’être responsable du manque de compétitivité de la France.

Extrait:"Alors qu’il faut raisonner en terme d’acteurs et de projets, on raisonne en terme d’institutions, de procédures, de statuts, de frontières... et on (les collectivités) dépense, on crée des emplois pendant que l’Etat vertueux en supprime".

Il a averti "Il faut supprimer la taxe professionnelle, je ne cèderai pas". La TP est responsable des délocalisations (500 000 emplois industriels ont été détruits depuis 15 ans a-t-il indiqué) et donc de la casse industrielle. Le président n’a bien évidemment fait aucune référence à la financiarisation de l’économie pour au contraire vanter la mondialisation et la concurrence des territoires.

"Prétendre que les collectivités locales ne font face à aucune difficulté, qu’elles peuvent rester à l’écart de l’effort de modernisation du pays, qu’elles n’ont pas à contribuer à la réduction de nos dépenses publiques, (...) qu’elle peuvent continuer, indépendamment de tout transfert de compétences à créer plus d’emplois publics que l’Etat n’en supprime, serait un déni de la réalité".

La création des conseillers territoriaux a été présentée comme le premier pilier de la réforme. Le deuxième pilier étant la clarification des compétences avec la suppression de la clause de compétence générale pour les régions et les départements.

"Chargé de son département et de sa région, le conseiller territorial sera le mieux à même d’organiser ces deux collectivités sur le mode de la complémentarité et non de la concurrence. » Cela permettra de "réduire de moitié le nombre des élus locaux dans les régions et départements. De 6000, nous allons passer à 3000". Et cela évite de supprimer soit le département soit la région...

Il s’est prononcé pour un « scrutin uninominal majoritaire à un tour. Cela fera des économies a-t-il ajouté et "ce n’est pas une infamie". 20 % des sièges seront répartis à la proportionnelle pour respecter le pluralisme.

Il faut boucler l’intercommunalité mais le Président constate que si c’était nécessaire dans les communes rurales, bien souvent cela a rajouté des échelons supplémentaires, entrainé la création de postes de fonctionnaires. Il faut donc arrêter d’empiler les échelons, d’où la réforme qui entrainera la suppression de syndicats intercommunaux, la fin des pays. Les conseillers intercommunaux seraient élus en même temps que les conseillers municipaux par fléchage.

En ce qui concerne les communes, elles garderaient la clause de compétence générale. Le scrutin de liste s’appliquerait à partir de 500 habitants et non plus 3500. Les communes seraient incitées financièrement à la fusion.

Les principes de révision des valeurs locatives seraient proposés d’ici la fin de l’année. La réforme s’appliquerait progressivement c’est-à-dire à chaque changement de locataire ou propriétaire.

Les métropoles seraient potentiellement au nombre de 8 avec un seuil de population fixé à 450.000 habitants. Il y aurait d’une part des métropoles d’un seul tenant qui pourraient passer des conventions de transfert de compétences avec les régions et les départements ; d’autre part des métropoles multipolaires à qui l’Etat pourra transférer des grands équipements...

Le Grand Paris, devra lui aller de Paris au Havre.

Le tout vise à mettre nos territoires en compétition à l’échelle mondiale et à mettre un terme à l’explosion des dépenses des collectivités locales. Ces dépenses ont augmenté de 40 milliards d’euros de 2003 à 2007 soit 5 fois le budget de la recherche. Un million de fonctionnaires ont été embauché depuis 1992. Cela entraîne l’augmentation des impôts locaux...
Voir la vidéo du discours de N. Sarkozy sur le site de l’Elysée: http://www.elysee.fr/accueil/

 

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