Le portail des blogs Elunet

Mot clé - hôpital

Fil des billets - Fil des commentaires

Congrès de l'ANECR : Rapport introductif aux débats par Jean-Jacques Paris

INTRODUCTION : LA VIOLENCE DE LA PERIODE

D’un congrès à l’autre bien des événements se produisent, tant au plan international qu’à l’échelle du pays, c’est également vrai à l’échelle des collectivités locales.

La période qui s’est ouverte après le congrès de Nantes a été particulièrement riche en événements et en péripéties.

Les guerres qui ont surgi et continuent de sévir au Moyen Orient ou en Afrique semant la mort et le désarroi dans les populations traduisent l’immense gâchis que provoquent les politiques impérialistes qui n’ont pour but que de garder la main mise sur les richesses, les matières premières pour en extraire les plus grands profits possibles.

Les innombrables mouvements sociaux qui font irruption sur tous les continents traduisent les profondes aspirations des peuples à s’émanciper et se libérer des chaines de l’exploitation.

Le refus des politiques d’austérité et de régression sociale gagne du terrain dans toute l’Europe ébranlant les certitudes jusque dans les sphères des institutions mondiales et européennes. Le vote pour la ratification du traité budgétaire a d’ailleurs permis d’entrevoir que le rejet de ce corset démocratique et financier allait au-delà des parlementaires du Front de gauche, un rejet partagé par des millions de français et que la tenue d’un référendum n’aurait fait qu’amplifier. Et pourtant, après avoir obtenu l’aval de la France les gourous de la finance veulent encore aller plus loin.
Ces réalités participent pleinement de ce que chaque citoyen doit aujourd’hui prendre en considération pour s’emparer des pouvoirs qui lui sont confisqués par les tenants du capital et de la finance à leur seul profit, et ce à tous les niveaux, jusque dans les entreprises.

A Nantes, en 2010, notre congrès avait tenu ses travaux en pleine lutte pour le droit à la retraite à 60 ans face à un gouvernement de choc, intraitable avec les salariés, tout dévoué au grand patronat pour toujours mieux servir ses intérêts.
Cette offensive patronale a redoublé d’efforts tout au long de ces deux années pour soumettre le pays, ses structures, ses institutions, son code du travail, son régime de protection sociale à ses seules exigences toujours plus grandes.

Aujourd’hui notre congrès ouvre ses débats alors que le tribunal de commerce de Rouen vient de prononcer la liquidation du site de Petroplus, provoquant une colère, oh combien légitime de la part des salariés qui font tout depuis des mois pour sauver la raffinerie. C’est clair, sans une volonté politique nouvelle et affirmée qui doit se traduire par des actes et des lois il n’y aura pas le renouveau industriel attendu.
C’est bien à cela qu’il faut s’atteler, et tout de suite, il y a urgence !

1 Dans cette période nous avons déployé des efforts pour agir avec les habitants

Voilà dans quel environnement violent nous avons exercé nos mandats durant ces deux années, au cœur d’affrontements de classe, confrontés en permanence à des questions politiques majeures au regard desquelles il est devenu de plus en plus difficile de trouver des réponses dans la seule gestion de nos collectivités, acculées en dernier lieu à accompagner les dégâts pour en atténuer les effets.

Ainsi avons nous recherché toujours mieux à rencontrer les citoyens pour réfléchir et agir avec eux pour ici défendre et développer les services publics, là défendre l’emploi ou encore pour obtenir des moyens pour l’école, l’hôpital ou encore le logement. Une démarche toujours plus prégnante dans l’exercice d’un mandat pour un(e) élu(e) communiste et républicain.

Nous avions d’ailleurs une feuille de route partagée au travers de la charte des engagements que nous avions adoptée à notre dernier congrès, rappelons nous ces six engagements :

1 - Les droits de l’être humain au cœur des politiques publiques territoriales.
2 - Promouvoir le vivre ensemble et les diversités.
3 - L’intérêt général et le service public, base de modernité, d’égalité, d’émancipation, de progrès social et de liberté.
4 - Un développement écologique et solidaire des territoires.
5 - Penser local, agir global, être source de nouvelles solidarités européennes et mondiales.
6 - Des moyens financiers et une fiscalité solidaire au service du développement humain et des territoires.

Six engagements et une double démarche :
• l’intervention citoyenne et la démocratie participative
• la coopération entre les hommes et les territoires

Des objectifs que chacune et chacun peut aujourd’hui illustrer d’exemples concrets avec des résultats encourageants mais aussi des limites qui doivent être prises en compte pour dépasser tous les obstacles voire les dérives observées.

N’est-ce pas le cas avec la démocratie participative telle qu’elle est vécue trop souvent par les citoyens ?

Le débat qui va s’engager nous permettra ce travail d’approfondissement nécessaire car il faut bien le dire nous sommes encore loin d’une intervention citoyenne à la hauteur des enjeux et des besoins, et nos pratiques en ce domaine sont loin d’être émancipées des habitudes délégataires encore trop présentes, comme des travers liés à l’exercice du pouvoir et des responsabilités, et d’une tendance à faire à la place des uns et des autres ou à ficeler les projets en amont pour les faire approuver.

Nous avons à maintes occasions tant au plan national que local construit des partenariats avec les organisations syndicales, il en a été ainsi dans le secteur des transports, dans les services publics, dans l’industrie pharmaceutique, sur les finances publiques ou le logement social…dans les ports ou les aéroports et j’en passe, ce rapprochement avec les organisations syndicales doit s’étoffer et s’élargir à d’autres, il sera déterminant dans l’avenir pour construire un vrai rapport d’égalité avec le mouvement social.

Nous avons également consolidé nos rapports avec de nombreuses associations dans les domaines social et environnemental, des liens qui doivent s’enrichir encore sur le terrain. Mais également, nous avons pris toute notre place dans toutes les associations d’élu(es). Nous avons pleinement contribué à la dynamique des collectifs pour un audit citoyen de la dette, au plan national comme dans plusieurs départements et plus largement dans les collectifs anti austérité qui se développent depuis la manifestation réussie du 30 septembre 2012. Nous devons apporter notre point de vue et nos propositions dans ces rassemblements qui impliquent de nombreuses organisations au-delà du Front de gauche et intéressent un large éventail de progressistes préfigurant de larges possibilités de rassemblement.

2 Nous avons multiplié des initiatives pour contribuer à la réussite du Front de gauche, à son élargissement, et au succès de tous ses candidats

Dès le congrès de Nantes nous avons préparé le rendez-vous des élections cantonales qui reste toujours pour nos candidats une élection difficile de par un mode de scrutin et un découpage électoral qui nous sont défavorables.

L’élargissement, nourri par la stratégie du Front de gauche a permis de poursuivre une lente progression permettant que soit reconduite la quasi-totalité des élu(e)s communistes et républicains sortants, comme des autres composantes du Front de gauche, mais aussi d’en gagner quelques nouveaux.

Mais au-delà de ces résultats concrets nous pouvions vérifier que le périmètre des rassemblements s’élargissait à d’autres citoyens, non organisés, qui faisaient connaître leur intérêt pour la démarche. Malgré, il faut le souligner une forte abstention, ce succès partiel et plus généralement celui de toute la gauche dans les conseils généraux face à la politique dévastatrice de Sarkozy était de nature à conforter tous ceux et celles qui voulaient le changement.

D’une certain manière les candidats et les candidates qui refusaient la réforme territoriale destructrice des services publics, portée par le gouvernement Fillon avaient la faveur des électeurs. Déjà lors du congrès de Nantes Jean-Marc Ayrault qui nous accueillait avait bien pointé la question, il disait « Il est évident que si en 2012, la gauche est à la tête du pays il faudra abroger et revoir de fond en comble cette réforme des collectivités territoriales pour bâtir un nouveau contrat entre l’Etat et les collectivités locales ».

Voyez, compte tenu de ce qui est sorti des états généraux du Sénat, il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour que cette évidence soit partagée. Nous aurons l’occasion samedi après midi de décider des initiatives d’actions nécessaires.

Le projet de loi ne viendra au conseil des ministres qu’au mois de janvier, un délai qui traduit des hésitations et qui doit nous encourager à nous mobiliser. D’autant plus que le basculement historique du Sénat doit beaucoup à ce refus de la réforme Sarkozy dont la logique était dévastatrice pour la démocratie locale et les services publics.

Que disait-il Sarkozy ?
« Les dépenses locales ont augmenté de 40 milliards d’euros entre 2003 et 2007…, les impôts locaux augmentent. Quant à la fonction publique territoriale 36000 emplois nouveaux….Comment voulez-vous que notre pays puisse s’en sortir si l’on continue comme cela ? Nous sommes un pays qui a créé 1 million d’emplois de fonctionnaires depuis 1992. C’est le contribuable qui paie. C’est la compétitivité de l’économie française qui est en cause »
et il précisait :
« Cette réforme repose sur une vision : l’évolution de notre organisation territoriale en deux couples complémentaires, communes intercommunalités d’une part, départements régions d’autre part, et puis à côté, non pas à la place, mais en parallèle pour des raisons d’aménagement du territoire et selon une logique de projets plutôt que de structures, un réseau de métropoles pour relever le défi de la mondialisation ».

Intervenant lors des états généraux de la Sorbonne le Président de la République François Hollande en appelait lui à la concertation et à la confiance retrouvée entre l’Etat et les collectivités. Clarté. Maintien des 3 niveaux. Statut de l’élu…poursuivait-il

Mais tout aussitôt il insistait sur les deux contraintes auxquelles ils donnent la priorité : le redressement des comptes publics et le redressement productif par la compétitivité ajoutant : « La restauration des équilibres financiers appelle une contribution de tous les acteurs : l’Etat, les collectivités locales aussi » rappelant que les collectivités locales engagent 20% de la dépense publique. Il annonçait également la création d’un nouveau statut de métropole assorti d’un transfert de compétences de l’Etat et des autres collectivités. Autant dire que le débat est loin d’être clos et promet de sérieuses empoignades, car sur ce sujet également nos analyses et propositions convergent avec de nombreux élu(e)s bien au-delà de nos sensibilités.

A l’occasion de cette bataille des sénatoriales nous avons pu mesurer le bien fondé d’un travail coopératif entre l’ANECR, les ADECR et le groupe CRC, témoignant des possibilités de faire vivre un travail collectif efficace permettant de mieux populariser le rôle et le travail des parlementaires pour l’enrichir et le rendre visible. Nous devrons faire des propositions pour consolider cette démarche dans l’avenir.

Puis il y a eu tout notre engagement pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon présent lors de nos rencontres de Villejuif en octobre 2011. Les multiples rassemblements, réunions publiques, assemblées citoyennes, tous ces efforts déployés dans nos communes au plus près des habitants et des salariés, pour faire grandir le mouvement. Les 1000 parrainages recueillis en peu de temps par l’ANECR témoignant d’une énergie qui a parcouru toute la campagne avec le projet partagé « l’humain d’abord », un programme recoupant largement nos engagements et nos préoccupations pour les droits humains et traçant les contours d’une 6ème République démocratisée et déprésidentialisée. Les 4 millions de suffrages qui ont soutenu ce projet et son candidat ont permis au second tour l’élection de François Hollande.

Les 4 millions de voix qui se sont retrouvées dans ce vote ont permis de redessiner une implantation sur tout le territoire national avec des scores nettement en hausse dans les grandes villes et supérieur à 50% dans la quasi-totalité des départements, ouvrant de nouveaux espaces à nos pratiques politiques dans les territoires, y compris pour faire émerger des candidats dans les petites communes pour les prochaines échéances.

Bien sûr la séquence législative a révélé d’autres limites, même si le résultat marque un progrès par rapport à 2008, puisque nous perdons des députés. D’autres limites que notre activité, quelque soient les efforts engagés n’a pas permis de dépasser, ce qui nous engage à rechercher les causes profondes, rechercher les raisons sans vouloir justifier à postériori des certitudes ou des préjugés. Plutôt y regarder de près pour dégager de solides explications et des solutions pour l’avenir. Ce n’est pas un sujet tabou, y compris à l’ANECR.

3 L’ANECR a mieux défini sa place et développé son rôle

L’équipe mise en place au dernier congrès a déployé un travail collectif intense.

Le secrétariat et le bureau ont pu jouer leur rôle même si on peut souhaiter encore plus d’assiduité.

Il s’en est suivi des initiatives, des actions, des prises de position, une plus grande présence des collectifs de travail qu’il nous faut encore investir plus nombreux ; ce sont organisés ainsi les assises de la santé et du logement, des rencontres sur l’interco, pour la culture, la démocratie, en partenariat avec le CIDEFE, ou encore sur l’éducation, ou sur l’eau.

Des tracts et des déclarations ont été édités sur différents sujets.

Nous avons rédigé le cahier d’acteurs sur la réforme à partir de tout le travail construit depuis 4 ans au travers de nombreuses initiatives nationales, départementales ou locales. Le journal l’Elu d’aujourd’hui a franchi une étape importante en ajoutant à ses parutions des numéros spéciaux dans les départements et en ouvrant plus largement ses colonnes. Il faudra certainement aller au-delà pour se donner le mensuel adapté à nos combats à venir.

De nombreux élus ont contribué à animer des formations du CIDEFE apportant leur expérience et leurs connaissances aux côtés d’autres intervenants.

D’autres ont nourri par leurs témoignages ou leurs déclarations la lettre du CIDEFE et CIDEFIL, des parutions qui jouent un rôle très important pour l’information et la documentation des élus. Autant de supports qu’il convient toujours d’améliorer tant la demande évolue vite.

Ces deux années nous auront permis d’améliorer notre travail sur l’Europe tant avec le groupe GUE qu’avec le réseau REALPE avec de belles initiatives permettant des rencontres utiles avec des élus des différents pays et d’alimenter ainsi la réflexion, mais aussi la connaissance de l’union européenne, de ses rouages et de ses politiques qui nous concernent au plus haut point.

Nous aurons l’occasion d’y revenir samedi soir avec de passionnants intervenants pour pousser plus loin notre combat pour une autre Europe sociale et démocratique.

Nous avons bien entendu poursuivi nos actions pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien et une rencontre est envisagée avec l’ambassadeur pour faire le point de notre partenariat.

Nous avons également manifesté notre solidarité avec le peuple kurde et ses élus privés de liberté, comme avec les Roms toujours chassés et jamais accueillis.

Toutes ces questions ont été débattues lors des réunions régulières du conseil national et les échanges ont permis au fur et à mesure de l’actualité de mieux cibler les objectifs à atteindre, de tirer les enseignements des résultats électoraux mais aussi de décortiquer les mesures gouvernementales notamment celles touchant les collectivités locales, mais pas seulement, et de décider des actions à mettre en œuvre et des rassemblements nécessaires.

Les membres du conseil national se sont attachés à être présents aux différentes réunions. Cependant il est à regretter qu’un certain nombre d’entre eux n’aient jamais participé, privant l’ANECR de leur réflexion. Dans l’intérêt général il nous faut travailler à une pleine et entière participation de chacune et chacun.

Un conseil national qui fonctionne à plein favorise une activité soutenue des ADECR dans le cadre d’une cohérence nationale et en retour les ADECR s’appuyant sur des expériences donne un contenu concret et du sens aux travaux du Conseil national.

Si les obstacles sont nombreux et les contraintes fortes, faire vivre notre association permet de porter l’engagement politique des élues au niveau des grands enjeux nationaux et internationaux, d’autant plus que beaucoup d’entre elles et d’entre eux ne sont organisés dans aucun parti.

De plus, sous l’effet de la crise systémique les tendances au repli sur soi, ou sur son territoire, ou son entreprise peut conduire à l’isolement et à un certain découragement devant l’absence de solutions face aux problèmes rencontrés.

Il est plus que jamais nécessaire de faire vivre des lieux de mise en commun, d’échanges d’expérience, de co-élaboration pour investir ensemble le champ politique dans toutes ses dimensions, locales nationales et internationales ;

L’ANECR et les ADECR peuvent être de formidables outils bien appropriés au rôle des élu(e)s Communistes et républicains et plus largement progressistes.

4 Une nouvelle situation politique qui ouvre à de nouveaux possibles
Si la défaite de Nicolas Sarkozy a déclenché un grand soulagement dans une large partie de l’opinion et s’est concrétisée par une majorité confortable pour François Hollande, elle n’a pas suscité une vague d’espoir et de confiance en l’avenir.

Quelques mois après le scepticisme progresse, même si les électeurs de gauche continuent à faire confiance au Président de la République et à son gouvernement.

L’aggravation de la crise avec ses conséquences terribles sur l’emploi et la vie des familles nourrit un sentiment de fatalité mêlé de colère et de désespérance.

Le MEDEF et les tenants du libéralisme redoublent d’efforts pour peser sur les choix du gouvernement et de l’union européenne et obtenir une baisse sensible du prix du travail et de la protection sociale.

Face aux mesures d’austérité qui s’installent dans le pays des luttes sociales s’organisent en profondeur marquant le refus des salariés, comme des retraités de payer les dégâts faits par les banques, les marchés financiers et les spéculateurs.
Dans cette situation ouverte mais pleine d’incertitudes, les élu(e)s communistes et républicains peuvent faire reconnaître leur utilité.

En effet, nous sommes porteurs d’une ambition pour notre peuple et notre pays, qui passe par des changements très concrets dans tous les domaines de la vie. Nous mettons notre engagement au service des populations pour faire en sorte que leurs attentes deviennent force de loi. Nous nous investissons dans l’action publique pour que ce gouvernement que des millions d’électeurs de gauche ont décidé de mettre en place prenne les mesures les plus avancées possibles pour combattre la finance, rétablir la justice sociale et relancer une croissance utile et durable.

Nous le faisons car nous partageons la conviction qu’il ne faut pas semer la désespérance ou nourrir encore la fatalité sur lesquelles le Front national fait fructifier son poison anti-républicain, situation que la droite cherche à récupérer.

Nous le faisons car nous savons bien comme beaucoup d’économistes aujourd’hui que l’austérité n’est en rien la solution et qu’elle ne peut générer que toujours plus de malheurs et de récession et donc fragiliser encore plus le pays face aux marchés financiers.

Nous le faisons car face aux exigences patronales, seule l’intervention massive et consciente des citoyens peut bousculer la donne et infléchir suffisamment les choix gouvernementaux. C’est à construire ce rapport des forces que nous voulons consacrer notre énergie pour pied à pied enregistrer des succès pour notre peuple, son niveau de vie et sa place dans les pouvoirs.

Tous les élu(e)s que nous sommes et à tous les niveaux peuvent redonner de la confiance dans l’avenir en révélant par leur proximité avec le peuple une autre conception de la politique, que celle des promesses non tenues, ou de l’impuissance face au pouvoir de l’argent.

Tous les élu(e)s que nous sommes et à tous les niveaux peuvent faire avancer avec les citoyens des solutions pour combattre l’austérité et sortir de la crise, nous ne renoncerons pas, ni la soumission, ni le rejet pur et simple, les deux attitudes conduisant à l’abandon du combat pour l’émancipation et la recherche de solutions pour transformer la société.

Ne soyons pas frileux, ni trop de certitudes, ni trop de doute, ne craignons pas de dire ce qui nous parait aller dans le bon sens, en prenant le soin d’en rechercher les limites, nous serons d’autant plus crédibles pour porter des alternatives aux mesures et aux choix persistant à plonger le pays dans la récession et qu’il nous faut combattre avec détermination en ayant le souci de rassembler le plus largement.

Prenons nos distances avec le jeu politicien et ses mauvais calculs, les citoyens nous dirons demain en direct ce qu’ils pensent de la politique et ce qu’ils en attendent.

S’exprimant au sujet de son dernier roman « ce que savait Jennie » Gérard Mordillat nous dit « Un écrivain sert à lire le monde autrement et surtout à ne jamais renoncer à l’esprit critique. Le fait que la gauche soit arrivée au pouvoir- je nuance : que les socialistes soient arrivés au pouvoir ne change rien à nos yeux. Nous ne devons pas renoncer à notre esprit critique et ce serait aussi vrai si Jean-Luc Mélenchon était Président ».

Soyons de ces écrivains pour participer à écrire l’histoire humaine. A vos plumes ! il y a encore de belles pages à écrire.

Jean-Jacques PARIS
Secrétaire général de l’ANECR

 

Pour un accès au droit à la santé pour tous !

Tribune Ivry-Ma-Ville d'avril - Question posée par le groupe socialiste :

Alors que nous allons investir pour réhabiliter et agrandir le centre municipal de santé, comment enrayer un phénomène de désertification médicale qui touche désormais aussi les territoires urbains comme Ivry ? Quel schéma directeur de santé pour notre ville ?

Philippe Bouyssou répond pour le groupe communistes et partenaires :

LA SANTÉ ET LE POUVOIR D’ACHAT, sont deux des préoccupations majeures des Ivryennes et Ivryens, exprimées d’ailleurs, entre autre, au travers du sondage réalisé à l’occasion des Assises de la ville 2011. La droite au pouvoir et les logiques comptables néolibérales qu’elle assène au pays, démantèlent et détruisent notre système de protection sociale avec des attaques portées contre le droit à la santé, contre la sécurité sociale et les mutuelles, contre l’hôpital public, font des ravages sans précédents en matière d’accès aux soins.

Des logiques comptables toutes simples d’ailleurs : réduction drastique pour les dépenses publiques et augmentations substantielles pour les profits privés. En matière de santé, les résultats catastrophiques de la loi Bachelot sont éloquents, avec pour autre conséquence, peu glorieuse pour la cinquième puissance économique au monde, celle de la désertification
médicale. Là encore, à l’origine des logiques comptables et très politiques en fait, le numerus clausus bloqué des années durant, pour hautement rentabiliser la rareté et réserver la santé à ceux qui peuvent se la payer.

A Ivry, notre projet municipal est clairement en opposition à cette politique de casse et de classe. Nous agissons avec tous les leviers possibles : ceux de la lutte aux côtés des salariés et des usagers comme pour Jean Rostand ; ceux de la vigilance et de l’exigence aujourd’hui pour préserver Charles Foix, obtenir la réouverture du centre universitaire dentaire, totalement modernisé ; ceux du travail partenarial avec la réalisation de projet comme le Centre National de Recherche sur l’Allongement de la vie, en lien avec l’Université Jussieu Paris 6 ; des actions aux côtés du Conseil général du Val-de-Marne, bien entendu, et son engagement considérable en terme de prévention pour l’enfance et les seniors, d’accès au soin pour tous…

Tous les leviers possibles et, bien entendu, avec nos équipements municipaux médico-sociaux que sont le centre municipal psychopédagogique et le centre municipal de santé Fanny Dewerppe. Le CMS pour lequel nous avons fait le choix d’accroître l’offre de santé par sa modernisation et sa restructuration pour un coût évalué à plus de 9 millions d’euros. D’autres projets aussi à concrétiser avec l’élaboration d’un nouveau projet d’établissement public intercommunal, dédié aux personnes âgées dépendantes, ou encore, dans le cadre de nos opérations d’aménagements, des espaces dédiés à la mutualisation des cabinets de médecine
libérale.

A l’aube de choix politiques majeurs pour le pays, le fil conducteur d’un schéma directeur de santé à Ivry : l’accès au droit à la santé pour tous face aux politiques néo-libérales, la coopération face la mise en concurrence, l’humain avant tout.

 

Contre le saccage du système de santé publique, la lutte continue à Ivry !

Tribune Ivry-Ma-Ville de février 2012 - question de l'élu de la liste Ivry 100% à gauche :  "La municipalité a donné son accord pour que les sociétés Eiffage et Orpéa créent une clinique privée à but lucratif dans l’ancien hôpital Jean Rostand. Aurait-on pu faire autrement ?"

Philippe Bouyssou pour le groupe communistes et partenaires :

LA LUTTE MENÉE contre la fermeture de l’hôpital Jean Rostand pendant plus de dix ans a profondément marqué la vie ivryenne par l’ampleur et la détermination des actions engagées par tous les défenseurs de l’hôpital public et la municipalité. Tout comme à l’occasion du combat mené pour sa création il y a plus de trente ans, aux côtés des salariés de centre hospitalier privé d’Ivry, les élus communistes et partenaires ont pris toute leur part dans ces luttes et seront aux côtés des salariés, des agents hospitaliers et de la population pour défendre et développer l’hôpital public, gagner un véritable droit à la santé pour tous.
Deux ans après sa fermeture, après plusieurs hypothèses étudiées (crèche, centre de santé, foyer-logement…) et avant que le bâti et les locaux à vocation hospitalière, ne se dégradent un peu plus, la municipalité a émis un avis consultatif favorable, au projet d’implanter sur le site (propriété foncière et immobilière de la Macif) une clinique de suite de soins, présenté par le groupe Familisanté à l’Agence régionale de la santé (ARS). C’est l’ARS qui décidera de donner ou non son accord, à défaut la clinique s’implantera à 3, 5 ou 10 km d’Ivry.

Cette solution est-elle satisfaisante ? Non, puisque nous nous battons pour la préservation et le développement du service public hospitalier. Non parce que nous n’avons pas pu concrétiser un projet alternatif public.
Aurait-on pu faire autrement ? Je suis convaincu que oui ! Oui si les cliniques privées poursuivaient un but philanthropique, elles n’auraient aucun but lucratif ! Oui si nous étions propriétaires des locaux ! Oui si le budget d’investissement de la commune n’était pas amputé de 25 millions d’euros par l’Etat et les libéraux ne dirigeaient pas les politiques européennes imposées aux peuples ! Oui, oui, oui,… si, si, si,… Mais c’est vrai qu’avec des « si »… on mettrait Ivry en bouteille et avec un bon bouchon peut-être pourrait-elle surnager un bon moment dans la tempête libérale, à moins que les vagues destructrices de la concurrence libre et non faussée ne la jettent sur le granit d’un écueil de spéculation boursière, ou encore, avec un peu de chance, ne la dépose sur la plage de sable fin d’un îlot de paradis 250 % à gauche.

En attendant, oui il faut exprimer nos colères contre la politique de saccage de notre système de santé publique et de protection sociale ; oui il faut avancer des propositions alternatives et les élus communistes en sont porteurs ; oui il faut changer radicalement la perspective politique dans notre pays et nous y travaillons tout aussi activement qu’au développement de la ville dans l’intérêt de ses habitants.

 

Brèves de Conseil de Gisors.

fr_d_ric_passy.jpgDernier Conseil municipal à Gisors avant les vacances d'été. C'est traditionnellement le vote du compte administratif (CA), validant les comptes de l'année précédente (le bilan pour l'entreprise). Pas de surprise puisque la majorité vote pour et les oppositions (socialiste, ump, droite dure), votent contre et parfois s'abstiennent... Il faut ajouter que ces comptes sont certifiés par le receveur et ont passé l'examen du contrôle de légalité en préfecture.

Le maire, Marcel Larmanou, nous a donné, en préambule,quelques informations importantes :

1/ l'hôpital, menacé comme tant d'autres en province, a reçu l'agrément de l'Agence régionale de santé (ARS), lui permettant de fonctionner jusqu'en 2017. Cela concerne la chirurgie, donc la maternité et les urgences. Ouf ! Ceci grâce à la mobilisation de tous et à l'originalité du partenariat public-privé, indispensable pour répondre aux normes et critères exigés par les autorités de santé. Le Pôle sanitaire du Vexin n'est plus (momentanément), sous la perfusion qu'impose trop souvent la loi HPST (Hôpital, patients, santé, territoire), dîte loi Bachelot, directement liée à la fameuse RGPP (Révision générale des politiques publiques).

2/ La ligne SNCF Gisors-Serqueux, abandonnée depuis bien longtemps va être réhabilitée prochainement dans le cadre de l'aménagement du Grand Paris.

3/ La ligne de bus Etrépagny-Gisors-Cergy, dont le gestionnaire "Vexin-Bus", annonçait l'arrêt il y quelques mois, est en sursis pour un an. Mais rien n'est gagné et le combat, là aussi, doit continuer.

Ces deux dernières infos, liées au transport en commun, sont d'une extrême importance pour notre bassin de vie et même au-delà, car cela impacte directement l'emploi et la mobilité pour les habitants d'une région située aux confins des départements de l'Eure, de la Seine-Maritime, de l'Oise, du Val d'Oise et des Yvelines... rien que çà ! Emploi, économie, transport, tourisme en sont notamment les enjeux.

4/ Moins séduisante, l'annonce de la fermeture de l'usine Merck à Eragny-sur-Epte, aux portes de Gisors, avec 350 licenciements en vue, pour une multinationale de la pharmaceutique qui engrange des milliards de bénéfices annuels. Elus et salariés se battent, mais c'est un peu le pot de terre contre le pot de fer. Pour la petite histoire, le comité de soutien a symboliquement installé une banderole sur le donjon du château de Gisors, et bien figurez-vous que des représentants de la droite dure locale s'en sont émus en publiant un article dans le journal local... Touche pas à mes vieilles pierres, quelle qu'en soit la raison ! Les salariés, les habitants, donc les électeurs apprécieront la démarche des colistiers d'Emmanuel Hyest !

Frédéric Passy, issue d'une famille gisorsienne, donne son nom au parc environnemental.

Dorénavant, il faudra dire :"nous allons nous promener au parc Frédéric Passy". En effet, le Conseil a voté à l'unanimité la dénomination du parc qui fait le bonheur de tous.

Issu d'une ancienne famille de Gisors, propriétaire depuis la période révolutionnaire de l'ancien couvent des Récollets et de ses dépendances, Frédéric Passy, peu connu jusque là des Gisorsiens, fut pourtant le premier Prix Nobel de la Paix en 1901, en même temps que Henry Dunant, fondateur de la Croix-Rouge.

Frédéric Passy est né le 20 mai 1822 à Paris et est mort le 12 juin 1912 à Neuilly-sur-Seine. Il consacra sa vie à l'idéal pacifiste.

Il fonda la Ligue Internationale de la Paix en 1867, puis la Société d'arbitrage entre les nations, ancêtre de l'ONU.

Elu député en 1881, il s'opposa à la politique colonialiste de Jules Ferry.

Il était favorable à l'abolition de la peine de mort.

Un Conseil sans surprise !

Pour le reste, chacun était à sa place, dans son rôle, dans sa logique.

M. Lepert (ump) pinaille, finasse, décortique et tout le monde se marre... Il a promis de jouer aux boules de temps à autres pour se détendre !

M. Longet travaille beaucoup son quant-à-soi, mais craque à la première provocation du maire, qui s'en fait une joie !

Guy Soury rapporte, rapporte et rapporte encore : il est vrai qu'il est rapporteur du budget !

M. Hyest tente de plus en plus de se fondre dans un costume d'opposant (et de candidat !) appaisé, réfléchi, consensuel... jusqu'à quand !?

M. Magné pense que les plus pauvres ne doivent pas être logés trop loin du centre : Marcel Larmanou partage cet avis mais lui fait remarquer que son chef de file ne semble pas défendre cette idée !

C'est presque à l'aveugle que l'on a voté le nom de Louis Braille pour une nouvelle rue...

Tiens, Fabien Massin, de l'Impartial, est en vacances !

Allez, boujou et rendez-vous au Conseil du mois de septembre pour de nouvelles aventures municipales !

(photo: Wikipedia : Frédéric Passy)

 

Conseil Municipal du 10 mars 2011 : Voeu présenté au nom de la Majorité municipale sur proposition des Elus Communistes



VŒU EN FAVEUR DU MAINTIEN DU SERVICE DE CHIRURGIE CARDIAQUE DU CHU HENRI MONDOR A CRETEIL


Présenté au nom de la Majorité municipale

Alors que notre système de soins appellerait des réformes urgentes et en profondeur pour lutter efficacement contre les conséquences sanitaires des inégalités sociales et territoriales, l’Agence Régionale de Santé (ARS) d’Ile-de-France a confirmé son projet de supprimer le service de chirurgie cardiaque du CHU Henri-Mondor.

Sous couvert de « rationalisation », les décisions de l’ARS visent à asseoir l’offre de soins sur une logique commerciale en totale contradiction avec les exigences de service public. Elles ont en fait été impulsées par la mise en place de la loi « Hôpital, patients, santé et territoires » (HPST), à la suite de laquelle le gouvernement a opéré une restriction des budgets consacrés à la santé mais aussi de restrictions des budgets concernant les hôpitaux.

Lors de la séance parlementaire du 1er mars dernier, monsieur le Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé Xavier Bertrand récusait le lien de causalité entre la loi HPST et le nouveau schéma régional d’organisation sanitaire (SROS).

Depuis la publication du nouveau SROS programmant le regroupement des activités de chirurgie cardiaque autour de 10 sites sur les 14 centres franciliens existants, la mobilisation pour le maintien et le développement du service de chirurgie cardiaque du CHU Henri Mondor n’a eu de cesse de s’amplifier.

Une telle fermeture n’est justifiée que par une logique de rentabilité reposant sur l’utilisation du critère unique du nombre d’interventions lourdes réalisées sur une année, au mépris de la qualité de prise en charge des patients et de l’intensité du travail de prévention se substituant à la chirurgie cardiaque lourde. Avec ses 600 interventions par année, intégrées au pôle cardio-vasculaire, ce service contribue pour une part déterminante à l’activité de l’Hôpital et donc à son équilibre financier.

Le maillage territorial des lieux de soins de proximité ne serait pas important : pourtant, les conséquences sanitaires de cette décision pour les 700.000 habitants du Val-de-Marne et les 550.000 habitants de la Seine–et-Marne qui constituent le bassin de santé du CHU Henri-Mondor seraient désastreuses pour des patients hospitalisés dans des centres toujours plus éloignés.

Au-delà d’une incohérence de l’offre de soins sur notre département assumée par l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, c’est toute la communauté médicale, scientifique et universitaire de Créteil qui se trouve affectée par les conséquences budgétaires et sanitaires de cette décision. Elle provoque le blocage d’un ambitieux projet cardio-pulmonaire départemental, déstructure l’unité de recherche et d’enseignement pratiqués au CHU Henri-Mondor, réduit son activité et conduit à la baisse de ses ressources financières.

La Majorité municipale souhaite donc que le Conseil Municipal de L’Haÿ-les-Roses :

  • s’oppose à la fermeture du service de chirurgie cardiaque et de fait, à la régression de l’Hôpital, ainsi qu’au début du démantèlement du CHU Henri Mondor en lui faisant perdre son caractère universitaire et de recherche.
  • affirme sa volonté de voir garanti sur notre territoire val-de-marnais un véritable service public de santé de qualité, qui offre des conditions d’accès aux soins à tous, dans des conditions de travail et d’effectifs dignes pour le personnel hospitalier,
  • affirme que l’accès aux soins, droit fondamental inscrit dans la constitution, doit être exclu de tout échange marchand,
  • demande au gouvernement, en l’absence de toute perspective pour une offre de soins adaptée à la population du département, de revenir sur le programme de restructuration des centres de chirurgie cardiaque dicté par un plan d’économies organisé par la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoires ».
 

Devedjian à Gisors.

Vendredi 2 juillet, le ministre de la relance, Patrick Devedjian, inaugurera à Gisors la Maison d'accueil spécialisée (MAS). Je ne pourrai y être et je le regrette. hopital.jpg

Le dernier ministre qui a honoré Gisors de sa présence, était Xavier Bertrand, ministre de la santé. Il n'y a pas de hasard : ils savent bien tous, que, tant que Marcel Larmanou sera maire de la ville, l'hôpital sera intouchable, tant il se bat, notamment aux côtés de Bernard Benat, qui a diffusé le communiqué suivant :

Communiqué de presse de la section du PCF de Gisors-Etrépagny : Inauguration de la Maison d’Accueil Spécialisée, Pole Sanitaire du Vexin, le Vendredi 2 Juillet 2010 à 14H30

OU

Les funérailles de la relance économique sur l’autel du plan d’austérité !

Tous les citoyens du bassin de Gisors peuvent se réjouir de l’achèvement de cette structure d’accueil pour personnes handicapées. En effet, elle répond à un besoin sanitaire bien identifié sur le territoire de l’Eure, et vient conforter la diversité des activités proposées par l’hôpital.

Ce projet a permis de réaliser un chantier important qui a engendré des emplois et du savoir-faire sur plus d’un an à de nombreux corps de métiers, pour un cout de 6 millions d’euros. Dans le cadre de la relance économique, l’Etat a apporté un million d’euros, et c’est à ce titre que le Ministre de la relance économique sera présent pour l’inauguration. Toutefois l’exercice de monsieur Devedjian reste délicat pour plusieurs raisons :

Le financement du plan de relance économique provient du budget de l’Etat et chacun comprendra que les sommes engagées sont le fruit de la solidarité nationale auquel tous les contribuables ont participé. En ce sens, le ministre concerné ne fait que ce pourquoi il est « employé », c'est-à-dire, répartir les enveloppes en fonction des besoins d’équipements structurants jugés nécessaires à la population.

De plus ce choix est le résultat de l’engagement de la population, des personnels de santé et des élus au sein du comité de Défense et de Promotion du Pole Sanitaire du Vexin qui apporte son soutien aux décideurs locaux à savoir le Directeur et le Président du Conseil d’Administration. L’engagement du Maire et Conseiller Général communiste a été déterminant et reconnu de tous. Nous devons rappeler à chacun(e) que la récente disparition du Conseil d’Administration que nous devons à madame Bachelot constitue une réduction importante des moyens d’action des élus qui vous représentent dans le devenir de votre Hôpital. Pourquoi est-elle absente à cette inauguration ? Cherchez l’erreur car le mondial de football n’est plus une préoccupation nationale ?

Alors que le Président de la République vient d’annoncer un plan d’austérité qui implique une réduction drastique des financements publics, est-ce qu’il y aura encore une place pour aider les autres projets utiles à la population sur le site de l’hôpital pour ne parler que de ceux là ? Les unités d’hospitalisation des malades Alzheimer, l’humanisation des services de gériatrie, l’installation du scanner etc...

Nous rappelons que la situation sanitaire de la Région et plus particulièrement celle du département de l’Eure a fait l’objet d’un diagnostic sévère de la part de l’ORS (Observatoire Régional de Santé), tant au niveau de l’état sanitaire de la population (classement dans les derniers départements français) qu’en ce qui concerne l’offre de soins : insuffisance de la démographie des médecins et des personnels de santé. PENTAX ImageCette situation dramatique est aggravée par la logique de financement des établissements de santé : la T2A (Tarification A l’Activité). Plus la population présente un état sanitaire dégradé et plus elle a recours aux services hospitaliers. L’hôpital n’a, selon cette règle, aucun intérêt à voir la population « aller mieux » et à développer des actions de prévention sans se priver à terme de ses moyens de financements. Voilà la véritable situation dans laquelle la logique financière à court terme semble préparer la privatisation auxquels la majorité des hôpitaux serait vouée. Au-delà des besoins d’investissement, nous devons évoquer les moyens en personnel dont les conditions de travail se dégradent (horaires imposés de travail posté en 12 heures, non remplacement des agents absents, intensification de la charge physique et mentale) dont les conséquences négatives sur la santé des agents et la qualité des soins offertes aux patients est bien connue.

Comment recevoir dignement un représentant du gouvernement qui prépare des réformes liberticides, injustes et souvent incompatibles avec les valeurs contenues dans notre constitution républicaine (retraites, politiques publiques, territoriales etc…), sinon en l’interpellant sur les choix politiques qu’il veut imposer au pays ? Comment peut-il expliquer, qu’au moment ou la relance de l’économie devient une nécessité (choix fait par les USA), le gouvernement français s’engage dans une politique de récession ?

Bien que les collectivités territoriales assurent 73 % des investissements du pays et permettent aux entreprises de remplir les carnets de commandes dont elles ont un besoin vital, l’obsession de l’équilibre budgétaire vise à faire supporter à ces collectivités le poids de la dette nationale en cherchant à réduire leurs dotations.

Monsieur le ministre de la relance, votre gouvernement doit pouvoir reconnaitre que les collectivités sont à même de poursuivre leur soutien à l’activité économique et assumer les services publics de proximité afin de pérenniser notre modèle social solidaire, pour peu que vous leur en laissiez les moyens. La juste répartition des richesses de ce pays doit être engagée pour permettre aux dépenses sociales (salaires, retraites, dotations) de jouer pleinement leur rôle dans la relance économique.

L'emploi reste le maillon indispensable au maintien d'un système social juste et équitable, basé sur les cotisations salariales, patronales et la taxation des revenus financiers. Dans l'Eure, vous n'avez apporté aucune opposition au démantèlement des emplois industriels (Altuglas, M'Real, Henkel, Glaxo et des TPE).

Ne rien engager dans cette voie serait un aveu de plus, pour montrer, que la crise est une stratégie des tenants du capitalisme et que les personnels politiques de droite sont au service de ce choix désastreux.

Le secrétaire : B.BENAT

 

Hopital Castel-Moissac: un si bon docteur!

Peu de gens se souviennent mais lors des dernières élections municipales à Moissac, la liste conduite par M. Nunzi se présentait à nos suffrages en se prévalant d'un soutien original et important, celui du responsable d'alors des Urgences Hospitalières pour Montauban et depuis en charge du projet médical de l'hôpital de Montauban: le Docteur Mardegan!

Au demeurant les liens entre Moissac et le Docteur s'expriment de bien des manières et il n'est pas rare qu'il soit interrogé sur les questions de santé dans le magasine de la ville (page 4) http://www.moissac.fr/moissac_page/... et http://www.moissac.fr/moissac_page/...

Or, dans la lutte des salariés (es) de la Clinique privée du Pont de Chaume pour un salaire décent et plus de dignité, le Docteur Mardegan est venu au secours des patrons de cette entreprise au nom très certainement du nécessaire rapprochement Public-Privé, un dada déjà exprimé à plusieurs reprises quand il s'appuyait sur le rapport Larcher (le fossoyeur de l'Hôpital Public) dans une interview : http://www.ladepeche.fr/article/200...

Nous allons donc être taxé d'empêcheurs de tourner en rond car au détour d'une page de l'hebdomadaire Charlie Hebdo du 14 avril dernier, nous trouvons ceci:

Charlie_Hebdo0001.jpg
cliquez pour agrandir


Est-ce à dire que les rapprochements occasionnels comme celui-ci préfigurent de plus grandes manœuvres à l'ombre d'une réforme de l'hôpital qui se trame dans les bureaux de la toute nouvelle A.R.S. (Agence Régionale de santé)?


Nous n'osons le croire, bien que de nombreux signes avant-coureurs ne nous laissent guère le choix:

  • fermeture des blocs chirurgicaux la nuit...
  • transferts de plus en plus nombreux vers les Urgences de Montauban (Privées et publiques)
  • choix par les praticiens locaux d'interventions chirurgicales dans les cliniques privées de Montauban... etc...

Les prochains mois seront déterminants pour le devenir de notre CHIC, notre Hôpital de proximité et il n'est plus que temps d'informer les populations d e notre bassin de vie sur le devenir de notre santé de proximité...

Peut-être pourrions nous suggérer à M. Nunzi, Maire de Moissac, de prendre date avec son "ami" le docteur Mardegan pour connaître enfin les décisions qui sont en passe d'être prises... à moins que cela ne soit déjà fait!

 

La clinique du Pont de Chaume toujours en grève in "La Dépêche" + divers communiqués (Montauban Citoyenne) et infos

Déterminés comme jamais !

Les salariés de la clinique du Pont de Chaume ont entamé hier matin leur troisième semaine de grève.

clinique_vote.jpg
Photo DDM




« On continue. On ne lâchera pas maintenant. Il faut que la direction nous écoute », a lancé, hier en fin de matinée, Françoise Viguié en annonçant aux grévistes les résultats du vote organisé depuis vendredi soir. A la question « êtes-vous d'accord avec les propositions de la direction ? », la réponse a été massivement non, avec seulement 25 voix pour le oui sur 332 votants.

Les salariés de la clinique réclament toujours le 13e mois, ainsi que le paiement des jours de grève. De son côté, la direction campe sur sa position : 1/3 du 13e mois et une prime de fin d'année portée de 300 à 500 €.

Jusqu'à présent, la mission de conciliation n'a pas permis non plus de débloquer la situation. Désignée par le préfet dans ce dossier, Martine Radusevic, directrice adjointe du travail a pourtant encore tenté hier une dernière négociation après le résultat du vote. Mais la rencontre organisée à 13 heures, entre direction et délégués du personnel n'a débouché sur aucun accord. « La direction n'a pas évolué du week-end dans ses propositions. Et on va passer à des actions plus fortes », promet Françoise Viguié.

Après avoir manifesté hier après-midi dans les locaux de la DDASS, les grévistes envisagent de bloquer aujourd'hui les accès des consultations à la clinique. Ainsi qu'une opération-escargot dans la ville.

Malgrè toutes les tentatives, la direction n'a pas souhaité communiquer hier sur ce conflit. Seul Thierry Rollet, gastro-entérologue à la clinique trouve « anormal qu'on ne s'intéresse pas aux patients. Je suis confronté notamment au problème d'une personne atteinte d'un cancer du pancréas. Elle attend et souffre abominablement. Qu'est-ce qu'on fait pour elle ? Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas un système d'astreinte, de réquisition dans ce type de conflit. Je crains que ce soit une perte de chance pour ce patient. »

Pris sur le courrier des lecteurs du journal

Sylvie Sanchez (lectrice)
Grève à la clinique du Pont de Chaume. Messieurs les dirigeants et actionnaires de la clinique Pont-de-Chaume, en tant qu'usager de la clinique Pont-de-Chaume, depuis douze jours, je viens voir les grévistes et suis très choquée de voir votre comportement qui a amené la fermeture de la clinique, le transfert des patients... Inutile de condamner le personnel que j'ai pu voir pleurer, avoir les larmes aux yeux, lui n'est pas fautif, ce sont des personnes qui veulent plus et mieux pour nous, les patients, et ça, je peux dire que ce sont des valeurs que vous ne connaissez pas, vous, actionnaires, chirurgiens(...) Votre personnel, vous ne le considérez même pas en tant que tel, des personnes qui travaillent et grâce à qui votre clinique tourne, est ouverte. Franchement, je suis choquée par votre attitude et non par celle de votre personnel qui a le courage, lui, de sacrifier des euros pour ses conditions de travail et la condition des soins et d'accueil des patients, contrairement à vous qui préférez garder les poches pleines et votre clinique fermée(...) Certes, c'est la politique actuelle, s'engraisser sur le dos des autres. Quelle déception de voir agir le genre humain médical de la sorte! Je me suis permis d'écrire cette lettre en toute honnêteté en soutien à ceux qui ont le courage et la dignité de combattre... »



Solidarité avec les salariés en lutte

Les salariés de la clinique du Pont de Chaumes attaquent leur troisième semaine de grève suivie par plus de 80% du personnel.

Ils reclament le 13 ème mois, la suppression des 3 jours de carence en cas de congé de maladie, de meilleures conditions de travail et surtout le respect, la fin du mépris, des humiliations, du harcelement...
La direction et les actionnaires refusent toujours de négocier et espèrent le pourrissement du mouvement. Ils ne veulent surtout pas toucher à leurs profits et à leur taux de rentabilité.

Cette semaine sera décisive pour les salariés en lutte.

Aidons-les à tenir et à gagner. La population, les militants doivent être à leur côtés, solidaires. Ils nous attendent devant la clinique. Allons à leur rencontre.

(Pour la solidarité financière, chèques à l’ordre de: CGT Clinique Pont de Chaume chez M. Christophe Couder 1530 Av de Belcante 82700 MONTECH)

Bouyssi.jpg

Marie-Claude Bouyssi (Montauban Citoyenne/ Front de gauche)

 

L’hôpital public est votre hôpital : défendez-le avec nous !

Texte invité

Défendez-le parce qu’il assure des soins de qualité pour tous quels que soient leurs moyens.

Défendez-le parce que c’est là que se font les recherches d’aujourd’hui qui permettront les progrès de demain.

Défendez-le parce que c’est lui qui assure 80% des urgences 24h sur 24.

Défendez-le parce que c’est lui qui prend en charge les cas les plus graves ou les plus complexes à tous les âges de la vie.

Défendez-le parce que les autres pays nous l’envient.

La loi HPST dite loi Bachelot a supprimé l’appellation de « service public hospitalier » pour celle « d’établissement de santé ». Elle transforme l’hôpital en entreprise. Pour être rentable, il devra sélectionner les pathologies et les patients et diminuer le nombre de personnels (médecins, infirmières, aides-soignantes, administratifs, assistantes sociales…).

Il est prévu de supprimer 20 000 emplois dans l’ensemble des hôpitaux.

Comme les autres, l’hôpital d’Argenteuil est menacé. L’action a permis quelques succès : subvention exceptionnelle pour le budget 2009, prolongation de l’activité de la radiothérapie jusqu’à fin 2010, subvention pour une première tranche de travaux de rénovation, recherche d’une nouvelle direction préservant l’autonomie de l’établissement.

Consolidons ces acquis et exigeons :

  • le maintien des deux établissements autonomes à Eaubonne et Argenteuil sans exclure la possibilité de coopérations démocratiquement décidées,
  • le maintien définitif du service de radiothérapie,

Et plus généralement,

  • un financement accru des budgets hospitaliers à la hauteur des besoins de la population,
  • l’abrogation de la loi Bachelot,
  • une gestion démocratique de la santé contre le pouvoir autocratique des agences régionales de santé.

Rassemblons-nous samedi 20 février à 10h devant la sous-préfecture d’Argenteuil, pour faire entendre ces exigences et remettre à Madame la Sous Préfète les 3 500 signatures qui expriment la détermination de la population à défendre un hôpital de proximité assurant l’accès égal de tous à des soins de qualité.

L’association « Avec vous, Sannois pour tous » et sa représentante au conseil municipal de Sannois, Josiane Jeantils

 

Le grand amour du Front de gauche pour le service public !

Malgré les attaques dont ils sont régulièrement la cible, les services publics restent plébiscités par les Français. Ceux-ci font confiance notamment à l’hôpital (86%), à l’école (83%), aux grandes entreprises publiques (60 %) et à la justice (60 %). Les services publics font même irruption là où on ne les attend pas : pour la majorité des Français, ils font partie de l’identité nationale !

Aujourd’hui, la droite mène une offensive d’envergure contre les services publics : dénigrement de leur fonctionnement et de leurs personnels pour suggérer aux citoyens que tout irait mieux avec le privé, réduction des ressources budgétaires pour les désorganiser et les empêcher de remplir leurs missions, transfert au privé d’une partie des activités en laissant au public ce qui n’est pas rentable, attaques contre le statut des fonctionnaires.

Depuis 2007, plus de 100.000 postes auront été supprimés dans la seule Fonction publique de l’État, avec plus de 34.000 suppressions programmées pour la seule année 2010. L'Éducation nationale est particulièrement mise à mal par une saignée sans précédent de ses effectifs et des réformes régressives.

Des suppressions de postes massives seront encore effectuées dans les hôpitaux, déjà asphyxiés par le sous-effectif.

La fonction publique territoriale, elle, est très menacée par la réforme des collectivités locales, qui fait peser de graves dangers sur les missions et sur les emplois publics. La suppression de la taxe professionnelle malmène les finances locales. Elle menace directement de limiter les services publics territoriaux avec une volonté non dissimulée de les privatiser. Pourtant, tout le monde reconnaît le rôle irremplaçable des agents territoriaux dans la bonne marche des collectivités : le Maire de Saint Gratien elle-même a rendu un hommage appuyé au personnel communal lors de ses vœux.

La défense et la promotion des services publics au plan national comme au plan local sont une nécessité. Les services publics sont un facteur essentiel de réduction des inégalités, d’aménagement du territoire, de modernisation de notre pays, de garantie de l’égalité républicaine.

Aujourd’hui, dans le droit fil des logiques ultralibérales, l’ambition du gouvernement est d’achever la marchandisation des services publics et leur mise en concurrence. Santé, poste, transports, énergie… aucun secteur n’est épargné par les directives européennes et la Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP).

Nous pensons bien au contraire qu’il faut défendre et améliorer les services publics. Voici les propositions portées par le PCF dans le cadre du Front de gauche à l’occasion des élections régionales pour défendre et développer les services publics.

  • Sortir les services publics des logiques marchandes, en s’opposant aux fermetures, privatisations, mises en concurrence et à la rentabilité financière. Il faut faire valoir d’autres critères d’efficacité sociale et de coopération.
  • Reconquérir, moderniser les services publics, en créer de nouveaux.

Les biens communs de l’humanité et les besoins vitaux doivent revenir dans la sphère publique : le logement social, les grandes infrastructures (autoroutes…), la gestion de l’eau et du gaz, la santé … Nous sommes pour une réappropriation publique de ces domaines.

Nous voulons aussi créer et développer de nouveaux services publics répondant à des besoins qui se renforcent : des services publics de l’emploi, de la formation, du crédit et du secteur bancaire ...

  • Démocratiser le fonctionnement

Les citoyens usagers, salariés doivent être aussi décideurs et participer à la définition des contenus des prestations attendues, les priorités d’investissement, la qualité des services rendus, la politique tarifaire et les éventuelles gratuités.

Face à un gouvernement qui met à mal comme jamais les services publics, nous faisons le choix du public, nous défendons les services publics, dans une conception modernisée et démocratisée, que ce soit à l’école, dans la formation, dans la santé ou les transports, pour des questions de justice, d’efficacité sociale, mais aussi pour contribuer à créer des milliers d’emplois, au lieu des plans sociaux actuels.

Les trois derniers billets de ce blog traitaient du logement, de l’école et des transports, que nous refusons de voir traiter comme des marchandises. Autant de domaines qui participent à la définition d’une « identité » française originale, solidaire, efficace.

Le titre de ce billet est une évidente allusion à la déclaration publiée sur ce blog la veille de la Saint Valentin….

 

L’HÔPITAL PUBLIC EST VOTRE HÔPITAL DÉFENDEZ-LE AVEC NOUS ! (Pétition)

  • Défendez-le parce qu’il assure des soins de qualité pour tous quels que soient les moyens de chacun.
  • Défendez-le parce que c’est là que se font les grandes recherches d’aujourd’hui qui permettront les progrès de demain.
  • Défendez-le parce que c’est lui qui assure 80% des urgences, c’est lui qui a fait face hier à l’épidémie de SIDA et à la canicule et qui pourra faire face à une pandémie grippale.
  • Défendez-le parce que c’est lui qui prend en charge les cas les plus graves ou les plus complexes à tous les âges de la vie.
  • Défendez-le parce que les autres pays nous l’envient.

La loi HPST dite loi Bachelot a supprimé l’appellation de « Service Public Hospitalier ». Elle ne parle plus que d’ « Etablissement de Santé ». Elle cherche à transformer l’hôpital public en entreprise. Pour être rentable l’hôpital devra sélectionner les pathologies et les patients, et diminuer le nombre de personnels : moins d’infirmières, moins d’aides soignantes, moins de médecins, moins de secrétaires, moins d’assistantes sociales. Il est prévu se supprimer 20 000 emplois dans l’ensemble des hôpitaux.

NE LAISSEZ PAS FAIRE POUR DÉFENDRE VOTRE HÔPITAL PUBLIC ASSURANT L’ACCÈS ÉGAL POUR TOUS À DES SOINS DE QUALITÉ, SIGNEZ LA PÉTITION NATIONALE QUI SERA ADRESSÉE AU PARLEMENT ET AU GOUVERNEMENT :

« Je défends l’Hôpital Public, lieu de formation des professions médicales et paramédicales, de l’innovation et des progrès thérapeutiques, qui offre à tous, sans discrimination, des soins de qualité.

Je m’oppose à son démantèlement qu’annoncent d’une part un nouveau mode de direction qui aura pour souci principal la rentabilité, d’autre part des suppressions d’emplois non justifiées qui altèreront la qualité des soins. L’Hôpital Public doit avoir un financement lui permettant de remplir ses missions.»

http:-mdhp.fr/petition.ph...


Je signe :

Il y a 0 signataires depuis le mardi 9 février 2010

 

Jusqu'au sang Par Maurice Ulrich

Il y a de la frénésie et de la fureur marchande chez cette droite qu’il faut mettre à la raison.

carte_bleue.jpg

Le système de santé français en a pour combien de temps ? Plus de deux cent mille signataires de la pétition pour la défense de l’hôpital public, un millier de médecins en Ile-de-France dont de nombreux grands patrons qui menacent de démissionner n’ont pas donné de date. Mais leur diagnostic est sans appel. C’est la fin programmée.

Programmée car l’hôpital public ne souffre pas de gabegie et d’une mauvaise gestion que viendrait corriger son regroupement en grands pôles hospitaliers dirigés par des gestionnaires hantés par la rentabilité financière. Ce que propose la réforme Bachelot.
Non, il souffre précisément d’une politique de réduction des coûts et des effectifs, dont la logique est d’orienter vers le secteur marchand un nombre grandissant de malades.
Il faut savoir que, désormais, 60% des séjours en établissement de soins pour un motif chirurgical ont lieu dans le privé ! Dans le même temps, la mutation amorcée du statut des hôpitaux public, leur regroupement avec les hôpitaux privés à but non lucratif et avec les cliniques privées sous l’appellation d’établissements de santé, tend, selon les mots du professeur Grimaldi, à « une vente à la découpe des missions de service public ».

Ce système de santé français a longtemps été considéré comme le meilleur au monde.

Est-ce toujours le cas ?

Pas sûr. On compte désormais en France dans les hôpitaux de court séjour un chiffre moyen de 0,58 infirmière par lit contre 0,77 en Allemagne, 1,39 en Suisse. La France est désormais au quatrième rang mondial pour le nombre de lits par milliers d’habitants derrière le Japon, l’Allemagne et la Belgique. Les 4000 suppressions de poste annoncées dans les hôpitaux de Paris sont un massacre à la tronçonneuse mais le processus est en œuvre depuis longtemps. La Sécurité sociale remboursait, en 1980, 76,5% des dépenses de santé : c’est 73,9% aujourd’hui. Les soins courants ne sont plus remboursés qu’à 55% en moyenne. Cette situation recouvre en même temps de lourdes inégalités.

L’espérance de vie des ouvriers dans notre pays est inférieure de sept ans à celle des cadres. Nicolas Sarkozy, voici quelques jours, est allé rejouer à Davos son numéro de régulateur du capitalisme. Mais toute sa politique, toute la politique de la droite, vise à remettre au capital tout ce qui lui échappe encore dans la société, jusqu’au sang, comme on l’a vu hier avec une proposition de loi autorisant les banques privées. L’hôpital public, la santé, sont des offrandes de choix. Le veau d’or est debout comme jamais.

La France Sarko-UMP est à contre-courant.

Elle tourne le dos au progrès et quand le chef de l’État vante son modèle social, c’est pour mieux le manger. Au moment même où les États-Unis quoi qu’il en soit des déceptions concernant Barack Obama, débattent tant bien que mal d’une couverture universelle, alors que la Chine y songe, ce sont les dogmes et les appétits libéraux qui guident toujours la plupart des pays riches dont la France. Et elle n’est pas la dernière. Il y a de la frénésie et de la fureur marchande chez cette droite qu’il faut mettre à la raison.

Les paroles n’y suffiront pas. Le bulletin de vote peut y contribuer s’il permet d’ancrer toujours plus les régions à gauche.

edito_huma.jpg

 

Un excellent anniversaire

Près de 40 000 visites réparties sur les 673 articles qui tracent 2 ans de coups de gueule, 2 ans d'animation des débats tant sur le plan local que sur un plan plus général.

Des centaines de commentaires favorisant une expression multiple.

Une centaine d'auteurs venant des horizons d'une gauche diversifiée pour un site qui n'a de cesse depuis 2 ans de se situer sur le versant d'une transformation nécessaire de la société.


2 ans de combats, de pétitions, d'appels en faveur de celles et ceux qui luttent, de prises de position sans ambiguïté contre une société capitaliste qui écrase les êtres humains.

2 ans, déjà, et tant d'injustice à dénoncer encore, tant de batailles à mener!



Merci à tous pour vos soutiens qui renforcent notre détermination!


 

Des vœux 2010 plus que jamais offensifs

Chaque année, le doute se répand : et si l’année écoulée se révélait être meilleure que l’année qui commence ? Alors me direz-vous quel intérêt à présenter des vœux de bonheur ? De prospérité ?


visuel_voeux2.jpg

Il en est ainsi des convenances en ce lendemain de fêtes mais nous pourrions aussi sortir des niaiseries récurrentes et proposer peut-être une autre perspective pour une année 2010 porteuse de plus d’espoirs.

La crise de 2009 va se poursuivre et aggraver les situations de millions de gens.

Les gens riches vont continuer à s’enrichir, les gens pauvres… nos agriculteurs vont continuer à « crever » de subventions plutôt que de vivre de leur labeur, nos entreprises vont licencier à tour de bras pour complaire à leurs actionnaires, la bourse va très bien, merci pour elle (not’ bon président aussi d’ailleurs !), nos tribunaux mettront encore la clé sous la porte, nos services hospitaliers pareillement, nos bureaux de poste s’affranchiront de leur responsabilité au nom de la privatisation, nos trains seront en retard et pour gagner du temps ne s’arrêteront plus dans nos gares privatisées, nos enseignants seront moins nombreux devant plus d’élèves, nos fonctionnaires (qui ne servent à rien comme on sait !) disparaîtront petit à petit au profit de sociétés de mission de service public (avec des salariés non formés, sous payés), l’eau sera plus chère y compris dans nos propres puits, le gazole, le pain, les fruits qui pourrissent sur les arbres, les légumes que l’on ne peut plus se payer, le seront tout autant…

Bref, 2010 serait comme 2009 mais en pire! Alors que souhaiter ? Que vous souhaiter ?

Et si…. Si nous faisions de 2010, une année extraordinaire, une année ou nous imposerions ces principes humains les plus élémentaires pour toutes et tous : la Solidarité bien plus forte et plus exigeante que leur « fraternité », l’Egalité dans l’accès aux services publics, aux savoirs, aux droits fondamentaux pour un travail, un logement, une éducation, la santé, la culture, la Liberté d’exister socialement, dans le respect des idées et de l’expression individuelle et collective, la Laïcité pour combattre tous les intégrismes religieux et leurs cortèges obscurantistes, l’Ecologie dans une réalité politique et sociale affirmée…

Si nous devions exprimer nos vœux pour 2010, ils seraient de cet acabit : utopistes par nécessité car d’avenir et réalistes car ancrés dans le quotidien de nos concitoyens.

Nous en faisons le pari et nos combats de résistance de 2009 (école, hôpital, liberté, transports, gare, Eau, la Poste…) se feront offensifs pour arracher les conquêtes sociales et politiques indispensables.

Les communistes seront de celles et ceux qui feront de 2010, une année des possibles et ils vous invitent à en faire de même. Mieux que des vœux, nous vous appelons à construire ensemble une autre perspective. Bonne année 2010 !

Maximilien Reynès-Dupleix
PCF des cantons de Moissac

 

L'appel des appels un an après: un incontournable livre à offrir ou à s'offrir!

À l’origine, un manifeste : L’Appel des appels a été lancé pour déclencher une insurrection des consciences. Psychanalystes, enseignants, médecins, psychologues, chercheurs réagissent contre les réformes du gouvernement de Sarkozy. Un an après, un ouvrage retrace ce combat.

appel_des_appels.jpg

Le malaise en France est bien là, profond, palpable. Misère sociale, crise financière et économique, détresse morale, impasse politique. Le gouvernement navigue entre cynisme et opportunisme. La caporalisation des esprits accompagne la petite musique néolibérale, invitant tout un chacun à la servitude sociale librement consentie de tous. Lorsque le peuple résiste à consentir, on le réquisitionne, on l’opprime, on le licencie, on le « casse », bref le Pouvoir renoue avec les principes premiers de la tyrannie : populisme pour tous et décision d’un seul.

Au nom de « l’efficacité » mesurable érigée en loi suprême, les réformes visent à enserrer les populations dans des dispositifs de contrôle qui les accompagnent du berceau à la tombe.

Psychologisation, médicalisation et pédagogisation de l’existence se conjuguent pour fabriquer une « ressource humaine » performante. La sévère discipline d’une concurrence de tous contre tous impose à chacun de faire la preuve à tout instant de sa conformité aux standards de l’employabilité, de la productivité et de la flexibilité. L’idéologie d’une civilisation du profit s’insinue jusque dans les subjectivités convoquées à se vivre comme un « homo economicus », un « capital humain » en constante accumulation.
Cette normalisation, à la fois polymorphe et monotone, suppose que tous les métiers qui ont souci de l’humain soient subordonnés d’une manière ou d’une autre aux valeurs de rentabilité et fassent la preuve comptable de leur compatibilité avec le langage des marchés financiers et commerciaux. Convertis en entreprises de coaching psychiatrique, de recyclage psychique, de gestion de l’intime, une trame fine de services d’accompagnement individualisé, forcément bien intentionnés, proposent de nouvelles tutelles sociales et culturelles pour mieux mettre les hommes en consonance immédiate avec les exigences impitoyables des marchés qui nous disciplinent. Cette conversion du service public en contrôle social à la fois souple, constant et généralisé suppose que tous ceux qui concevaient encore leur métier comme une relation, un espace et un temps réservés à des valeurs et à des principes étrangers au pouvoir politique et à l’impératif de profit doivent être eux-mêmes convertis par toute la série de réformes qui s’abat sur la justice, l’hôpital, l’école, la culture, la recherche, le travail social. Contrôler les contrôleurs des populations, normaliser les normalisateurs des subjectivités, c’est la condition indispensable du bouclage des sociétés.

Lorsque cela ne suffit pas, c’est à la santé que l’on recourt pour alarmer les populations sans leur donner véritablement les moyens de la préserver : à propos de la pandémie récente des professeurs de médecine parlaient du « management par la panique ».

Comme la quête illimitée de la performance ne cesse de produire ses anormaux, ses exclus, ses inutiles et ses inefficaces, elle engendre un appareil répressif proliférant, à la mesure de la peur sociale et des paniques subjectives qu’elle provoque. L’auto-alimentation de la peur et de la répression paraît sans limites. Elle produit l’espoir suprêmement dangereux pour les libertés d’une société parfaitement sécurisée, dans laquelle serait repérée et éliminée de la naissance jusqu’à la mort la dangerosité de tout individu. L’homme indéfiniment traçable par la surveillance génétique, neuronale et numérique n’est plus une figure de science-fiction, c’est un programme scientifique et politique en plein développement.
La société de demain sera animale ou ne sera pas ! N’est-ce pas d’ailleurs ce que dit la « science » sur les résultats de laquelle tous les « tyrans » font cuire leur petite soupe pour justifier leur Pouvoir sans avoir à le soumettre au débat politique : c’est la Nature ou le Marché qui veut ça et on ne peut pas faire autrement que de s’y prendre comme l’on peut. Avec la Neuro-économie d’ailleurs on sait bien que la Nature et le Marché c’est du pareil au même et que le Cerveau fonctionne comme un actionnaire et réciproquement ! Il reste à apporter cette « Bonne Nouvelle » aux populations qui l’ignorent encore et les « corps intermédiaires » sont « réquisitionnés » entre deux pandémies et deux « spectacles » au cours desquels on a pu vendre à Coca-Cola un peu de temps disponible ! Entre les deux scènes le « risque » encore le « risque », vous dis-je, menace l’apathie sereine des populations managées par la peur et distraites par la télécratie.

Magistrats, enseignants, universitaires, médecins, journalistes, écrivains, travailleurs sociaux, acteurs culturels, tous doivent plier devant de nouveaux préfets qui, au nom des « risques » divers et variés, normalisent et évaluent leurs pratiques professionnelles selon des critères idéologiques de contrôle social des populations et de conformisation des individus : nouveaux préfets de santé, les directeurs des Agences Régionales de Santé contrôlent non seulement les établissements hospitaliers, les réseaux sanitaires, mais absorbent également tout le secteur social. Nouveaux inspecteurs d’université, les experts des Agences d’Évaluation (AERES et ANR) visitent les laboratoires et les équipes de recherche pour vérifier qu’en matière de production scientifique ils obéissent bien à la politique de marque des publications anglosaxonnes.

Ces nouveaux préfets du savoir, descendants des inspecteurs d’université créés par Napoléon Premier et des services de marketing publicitaire des industries de l’édition et de l’information scientifique vérifient que les acteurs de la production des connaissances courbent suffisamment l’échine sous le poids de leur nouvelle civilisation. Prônant la guerre de tous contre tous, ils chantent les louanges d’une performance d’autant plus proclamée qu’elle s’avère réellement inefficace. Pour les magistrats et les éducateurs, on supprime les relais intermédiaires et les procédures qui pouvaient potentiellement assurer leur indépendance. C’est le contenu même des programmes d’éducation et de soin, de justice, de recherche et d’information que l’on modifie en définissant de nouvelles formes par lesquelles ils s’exercent ou se transmettent. Comme le pouvoir actuel n’est pas à une contradiction près, les réformes qu’il impose peuvent dans le même mouvement désavouer les débats qu’il propose : on diminue l’importance de l’histoire et de la géographie au moment même où s’ouvre un soi-disant débat sur l’identité nationale ! Pour faire oublier les inégalités sociales redoublées et délibérées, la peur de l’étranger est attisée et exploitée sans vergogne. La traque au clandestin favorise les passions xénophobes, installe insidieusement des dispositifs de vidéosurveillance des populations et de traçabilité des individus. A partir de la traque des « anormaux » et des « illégaux », par la manipulation de l’opinion par la peur, par les effets d’annonces, avec des dispositifs de contrôle, le Pouvoir prépare insidieusement et obscurément le quadrillage en réseau des populations dites « normales » et « nationales ».

Cette infiltration progressive du « cancer » sécuritaire s’exerce au nom des risques que feraient courir les terroristes étrangers, les schizophrènes dangereux, les pédophiles en cavale, et ces sans domicile fixe que nous risquons tous, plus ou moins, de devenir dans la construction d’un État néolibéral qui fait de chacun d’entre nous un intérimaire de l’existence et un intermittent de la Cité. C’est cette civilisation dont nous ne voulons pas que démonte secteur professionnel par secteur professionnel le mouvement de l’Appel des appels. Civilisation de la haine qui invite à traiter les hommes comme des choses et à faire de chacun le manageur solitaire de sa servitude sociale et le contrôleur de gestion de sa faillite citoyenne.

De l’asphyxie à l’insurrection des consciences Face à l’irresponsabilité des gouvernements,

l’insurrection des consciences s’étend.

Désobéissance individuelle, protestations, grèves, contestations multiformes : le refus d’obtempérer est la réponse de tous ceux qui ne se résignent pas au monde de la guerre économique et à cette civilisation d’usurier qui « financiarise » les valeurs sociales et psychologiques et « calibre » les individus comme la Commission Européenne calibre les tomates. Dans le cours de ce vaste et divers mouvement de refus, il y a un an l’Appel des appels était lancé.

Au mensonge de réformes qui, partout, font pire quand elles prétendent améliorer, des dizaines de milliers de professionnels de multiples secteurs, depuis le soin jusqu’à la justice en passant par la culture, le travail social, l’éducation et la recherche, ont dit non. Non, il n’est nulle part écrit que la concurrence de tous contre tous, que le management de la performance, que la tyrannie de l’évaluation quantifiée doivent détruire les uns après les autres nos métiers et l’éthique du travail qui lui donne son sens. Non, il n’est écrit nulle part que les ravages provoqués par un capitalisme sans limites doivent se poursuivre de crise en crise et que l’idéologie de la rentabilité doive modifier jusque de l’intérieur toutes les institutions, surtout celles qui constituent les derniers remparts à la dictature absolue du profit.

Non, il n’est écrit nulle part que nous devions rester isolés et désolés face aux désastres en cours dans le monde du travail et dans le lien social. L’Appel des appels, un an plus tard, est connu comme un des points de ralliement, de croisement et de coordination des résistances. Le travail continue. Il est double : transversalité et réflexion commune. D’abord, établir des liens concrets entre des activités qui subissent toutes la même normalisation professionnelle. Cela se fait dans les comités locaux, et par toutes les alliances locales et nationales tissées entre associations, syndicats et collectifs. Ce qui lie dans ce que nous vivons est plus fort que ce qui sépare nos activités spécialisées. Ensuite, approfondir la réflexion commune. L’Appel des appels, c’est désormais un premier livre collectif qui propose des analyses précises des réformes et des politiques en cours, et qui tente une compréhension globale de la situation. Pas de lutte efficace possible si l’on ne saisit la particularité du moment, tel est le sens de l’ouvrage conçu comme un outil de transversalité et un point de départ possible d’un travail collectif mené par celles et ceux qui s’inscrivent dans la démarche de l’Appel des appels.
Ici, ce ne sont pas des « intellectuels » qui s’adressent à des « travailleurs ». Ce sont des professionnels qui forment un collectif de pensée et d’action, un « nous raisonnable » qui traverse les frontières des métiers et des disciplines. Intellectuels transversaux, plutôt que spécifiques, professionnels voulant exercer en toute connaissance de cause, tels se veulent les acteurs de ce mouvement à beaucoup d’égards original. Enoncée du cœur de nos métiers notre parole est citoyenne et c’est aux citoyens sans exclusive qu’elle s’adresse pour qu’en retour elle soit non seulement entendue mais encore relancée et redéfinie pour construire cet espace d’un dialogue dans l’espace public d’où émerge la démocratie.

L’Appel des appels, sa force, il la tient de notre conviction partagée que la division subjective et la division sociale ne peuvent être liquidées quels que soient les efforts déployés par les pouvoirs.


Réduire aujourd’hui l’homme à l’unité de compte d’une anonyme « ressource humaine », à une force enrôlée dans la mobilisation générale au service de la performance et de la compétitivité, asservie par des dispositifs de management des plus sophistiqués et souvent des plus persécutifs, ne peut qu’engendrer souffrance, révolte sourde, éclats demain qui diront l’insupportable de la négation de l’humain et du social. Nul pouvoir technique, scientifique, économique, quelles que soient ses prétentions à l’instrumentalisation totalitaire, ne saurait supprimer le sujet et le conflit, acquis anthropologiques de la démocratie. C’est la raison de l’Appel des appels.

C’est pourquoi, partout où nous sommes, nous ne céderons pas, nous refuserons l’humiliation et le mépris sans le demander pour l’autre. Pari difficile pour chacun d’entre nous, dont seul le « Nous raisonnable » constitue l’assurance que nous pouvons encore et encore le gagner, pas contre mais avec l’autre, à condition et à condition seulement d’autoriser, d’accueillir et de prendre soin du conflit.
Faute de quoi la reproduction de l’espèce finira par anéantir son humanité.

Pour le Bureau de l’Appel des appels Roland Gori et Christian Laval, Le 22 Décembre 2009

"L’Appel des appels, pour une insurrection des consciences", Sous la direction de Roland Gori, Barbara Cassin et Christian Laval, Paris : Mille et une nuits, 2009, 380 p.

 

SAUVONS L'HOPITAL PUBLIC DE MANCHESTER !

1812 004Ce soir, malgré un froid glacial et la neige, une trentaine de militants se sont rassemblés devant la permanence de la députée UMP, B. Poletti, pour lui remettre un premier lot de pétitions (2534 signatures déjà !!!) exigeant une autre politique de santé !
Rappelons que 100 emplois et 44 lits sont menacés à l'hôpital public de Manchester au nom de la "rentabilité" comptable : la santé -notre bien le plus précieux , n'est pas une marchandise : les Ardennes demandent des moyens financiers à la hauteur des besoins de santé pour l'hôpital public de Charleville-Mézières ! Le collectif de défense de l'hôpital a mis la députée UMP devant ses responsabilités ...le combat va s'amplifier en janvier !!

 

SAUVONS L'HOPITAL DE MANCHESTER !

hopit002 Environ 100 personnes ont assisté hier soir à la réunion publique organisée par le collectif "Sauvons l'hôpital de Manchester" ( soutenu par la CGT, la FSU ,la Ligue des droits de l'Homme,le PCF,le PS,le NPA et Attac 08) . Président de la coordination nationale des hôpitaux et maternités de proximité , Michel Nemery a rappelé que l'hôpital public est attaqué sur tout le territoire par la loi dite "hôpital-patient-territoire" de la ministre Bachelot qui vise à démanteler le service public au profit du privé ...au nom de la rentabilité ! 100 emplois et 44 lits sont menacés à Charleville-Mézières .
hopit005Le dispositif le plus pervers pour l'hôpital public, c'est LA TARIFICATION A L'ACTIVITE (T2A dans le jargon des professionnels) qui fait alimenter les budgets des hôpitaux sur leur activité ET NON PLUS SUR LES BESOINS DES POPULATIONS ! Ce sont les recettes issues des activités hospitalières qui déterminent les dépenses , donc les déficits s'accumulent , alibis trompeurs des plans de "redressement " locaux !!! ...c'est à dire que la SANTE EST CONSIDEREE COMME UNE MARCHANDISE !
La véritable rentabilité d'un hôpital , c'est d'abord d'assurer sa mission de service public de PROXIMITE et de pouvoir accueillir TOUS LES MALADES SANS RESTRICTION : LA SANTE N'A PAS DE PRIX ! de plus, le projet gouvernemental qui consiste à fermer un certain nombre d'unités de soins locales pour des "plateaux régionaux" soi-disant plus performants est un leurre financier: les frais de transport des malades seront énormes pour une technicité souvent sur-dimensionnée : autrement dit, loin de faire faire des économies à la société, ce système va exploser le prix de revient d'un lit sans accroitre la qualité des soins !!!
Les parlementaires UMP des Ardennes -qui font ici des discours enflammés sur le droit à la santé , ONT VOTE A PARIS LA LOI 2010 SUR LE FINANCEMENT DE LA SECURITE SOCIALE QUI VA CONTINUER A ETRANGLER LES HOPITAUX PUBLICS ! Ils doivent s'expliquer devant la population : le COLLECTIF DE DEFENSE DE L'HOPITAL DE MANCHESTER APPELLE A UN GRAND RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION LE VENDREDI 18 DECEMBRE, à 18H, devant la permanence de la députée POLETTI , au 17 avenue Leclerc à Charleville-Mézières . Venez nombreux pour défendre votre droit à la santé ! Pour agir avec le collectif ,contactez le 0324587229 . DEBOUT LES ARDENNES QUI SOUFFRENT !

 

Association: Comme un malaise chez les amis de l'hôpital, Le bureau démissionné, lundi dernier.

Avertissement de la rédaction: nous publions ici l'article parut dans la Dépêche du 9 décembre 2009 et nous ne nous étonnons pas de la situation car malgré de nombreux rappels, des adhérents n'ont pas pu reprendre leur carte au sein de l'association à la suite d'interrogations sur le fonctionnement des "amis du CHIC" (se traduisant par chèque de cotisation non encaissé, convocation on envoyée...).

Voici l'article:

Décidément, le putsch est à la mode dans la cité uvale. Une quinzaine de jours après que l'assemblée générale du comité cantonal de la FNACA a évincé son président, c'est au sein de l'association des usagers et amis de l'hôpital intercommunal (1) qu'il y a eu du remue-ménage, lundi soir, à la salle du centre culturel de Moissac.

C'est au moment du vote du compte-rendu moral de l'association, après que le bureau en place eut décliné les actions menées au cours de l'année, que Maguy Denègre est montée au créneau reprochant, notamment, «des décisions prises par un nombre de personnes très restreint.» Et l'ancienne présidente de l'association d'exposer plus particulièrement deux de ses griefs: «Je n'ai pas participé à la manifestation du mois de mars dernier et m'en suis expliqué par courrier à Mme Monclus (Michèle Monclus est l'actuelle présidente). Cette manifestation avait été décidée par un certain nombre de personnes. De même, nous avons été invités à distribuer des tracts, à qui, pourquoi ?»

D'autres reproches se sont alors fait jour dans la salle, relevant, pour la plupart, la légèreté avec laquelle les convocations étaient envoyées. En guise de réponse, le bureau en est resté, pour ainsi dire, coi. Voire plutôt surpris.

assembl_e_des_amis_de_l__hopital.jpg

Le compte-rendu moral non adopté par l'assemblée, l'assemblée générale se poursuivait par le vote du bilan financier, accepté pour sa part.

Tergiversation autour de l'élection

C'est au moment où les membres de l'association commençaient à débattre de la question du nombre de personnes invitées à prendre place au sein du conseil d'administration - les avis divergeaient entre 9 et 12 - qu'une voix s'est élevée dans la salle pour rappeler que «ce débat est vain puisque, le rapport moral non adopté, le conseil d'administration actuel est démissionné.» La tergiversation allait atteindre son paroxysme sur la question d'une nouvelle élection du CA, le soir-même ou plus tard, lorsque Patrice Charles, conseiller d'opposition, seul élu municipal présent, arguait du fait qu'il fallait convoquer une nouvelle assemblée.

Il venait ainsi d'éviter à l'association une procédure baclée et permettait au concierge de récupérer sa salle en temps et en heure, le vice-président Darnaud ayant précisé qu'elle devait être «rendue avant 20 heures».
__ Photo et texte de Baptiste Gay__

(1) à ne pas confondre avec le comité de défense de l'hôpital, émanation de plusieurs organismes, associations et collectivités, dont l'association des usagers et amis de l'hôpital fait partie.

 

Y a-t-il un avenir pour les petits hôpitaux ? Doit-on sauver l'Hôpital de Moissac?

ENTRETIENS CROISÉS

AVEC : MICHEL ANTONY, PORTE-PAROLE DE LA COORDINATION NATIONALE DES COMITÉS DE DÉFENSE DES HÔPITAUX ET DES MATERNITÉS DE PROXIMITÉ, PROFESSEUR D’HISTOIRE À LA RETRAITE ;
JACQUELINE FRAYSSE, MÉDECIN CARDIOLOGUE, DÉPUTÉE PCF DES HAUTS-DE-SEINE ;
GUY VALLANCIEN, PROFESSEUR À LA FACULTÉ DE MÉDECINE RENÉ-DESCARTES, PARIS-V, CHEF DU DÉPARTEMENT D’UROLOGIE À L’INSTITUT MUTUALISTE MONTSOURIS ET SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU CONSEIL NATIONAL DE LA CHIRURGIE

Peut-on aujourd’hui fermer 182 blocs opératoires, situés en majorité dans les hôpitaux publics de proximité, au nom de la sécurité des patients ?

GUY VALLANCIEN. Oui. Le lien entre risques et débit opératoire est prouvé : 70 % des publications mondiales le montrent, seulement 29 % disent qu’il n’existe pas de lien, tandis que, selon 1 % d’entre elles, les actes opératoires sont meilleurs quand ils sont peu pratiqués dans les hôpitaux. Or, notre rapport a montré que 113 blocs opératoires dans la chirurgie publique pratiquaient trop peu d’actes opératoires pour assurer la sécurité des patients. Puis le gouvernement a intégré, dans son projet d’arrêté, d’autres petits blocs basés en cliniques.
C’est logique, aujourd’hui la chirurgie n’est plus une spécialité de proximité : elle l’a été à une époque où les chirurgiens opéraient presque sans anesthésiste, en présence d’une personne qui mettait un peu d’éther sur un bout de chiffon pour endormir le malade. Une époque aussi où les chirurgiens étaient généralistes. Mais cette période est totalement révolue, aujourd’hui, les chirurgiens sont formés pour une spécialité donnée. Nous sommes donc dans l’obligation d’avoir des équipes pour assurer la continuité des soins, de jour comme de nuit. Aujourd’hui, une salle de bloc n’a plus rien à voir avec celle d’il y a cinquante ans, les matériels chirurgicaux sont de plus en plus sophistiqués. Or, cet équipement lourd et complexe ne peut être diffusé partout. Un bloc opératoire, c’est comme un aéroport : personne ne suggère d ’ e n installer tous les vingt kilomètres. Il faut donc concentrer les professionnels et les moyens pour atteindre un niveau optimal où la production de chirurgie sera meilleure.

MICHEL ANTONY. L’argument de la sécurité est un bon argument… car il fait peur aux gens ! Mais il n’est pas fondé. La notion de sécurité touche tout l’hôpital, de celui de proximité au centre hospitalier universitaire (CHU), et avec ses milliers de cas de maladies induites, un CHU est parfois beaucoup plus dangereux qu’un hôpital de proximité, or on n’utilise pas l’argument de l’insécurité pour le fermer, et heureusement !
Cet exemple pour montrer que le seuil statistique utilisé par le gouvernement est totalement incohérent. D’ailleurs, pourquoi ne pas fermer un hôpital en dessous du seuil des 1 499 ou des 1 501 actes opératoires ? C’est ahurissant. En plus, cet argument ne tient pas compte du nombre de chirurgiens qui opèrent, du type d’interventions réalisées, on ne sait pas même si les blocs visés font venir des chirurgiens de l’extérieur ou si on ne tient compte que de leurs seuls actifs. Et puis la sécurité ne se limite pas seulement à la salle d’opération : si on ferme un bloc opératoire jugé trop peu important et que les habitants vivant à proximité sont envoyés trop loin de chez eux, on crée de l’insécurité.

JACQUELINE FRAYSSE. La sécurité est un argument fort, personne ne peut s’opposer aux caractéristiques de sécurité. Mais il y a quelques semaines, quand on a entendu Mme Bachelot nous expliquer doctement pendant la commission élargie sur la santé que les normes actuelles de sécurité datent de 1956 et qu’il faut donc les actualiser… on a cru rêver ! Bien évidemment qu’il faut actualiser régulièrement les procédures.
Ce débat sur l’insécurité des hôpitaux de proximité est un faux débat : s’il y a des ajustements à réaliser et s’il y a des équipements à moderniser, il faut le faire de façon prioritaire… sauf que le gouvernement ne parle pas de renouveau, mais de fermetures ! La sécurité découle d’un faisceau d’éléments à la fois techniques, humains et organisationnels. Ce qui m’amène à penser que faire appel à la sécurité avec pour seul argument un seuil d’actes opératoires, arbitrairement défini, est un prétexte : quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage !

MICHEL ANTONY. La raison du gouvernement est simple : ne se donnant pas les moyens d’avoir assez de médecins ni de personnels pour conserver un maillage territorial digne de ce nom en France, il met en avant une idéologie de la centralisation au nom d’une rationalisation budgétaire… au lieu de mettre en place de vrais réseaux entre les hôpitaux, qui permettraient aux professionnels des CHU de venir, quelques jours, dans les hôpitaux de proximité qui en ont besoin, pour maintenir leur activité. Or cette démarche n’a aucun sens tant sur le plan sanitaire qu’au niveau budgétaire !
Le gouvernement ne tient pas compte des coûts induits par la fermeture des blocs opératoires : cela va être très cher pour les patients, leur mutuelle, la Sécurité sociale, parce que les malades seront obligés de se déplacer ; puis il va falloir acheter des hélicoptères, mettre en place de nouveaux locaux, en détruire d’autres et les réaménager… Et sachant que le rapport de prix d’un lit entre un CHU et un hôpital de proximité est de un à trois en moyenne, cela signifie que des malades vont être traités pour trois fois plus cher pour des opérations bénignes qui auraient pu être réalisées localement !

Le problème vient-il du fait qu’il n’y a pas assez de chirurgiens en France ?

GUY VALLANCIEN. Non, il y en a assez. D’ailleurs on pourrait supprimer 20 % de chirurgiens, il n’y aurait pas plus de morts, car il y a des chirurgiens en sous-activité, notamment dans les hôpitaux publics : ils opèrent peu parce que la lenteur d’organisation dans un hôpital les empêche d’assurer leurs prestations. C’est notamment pour cette raison qu’un certain nombre quitte le service public, parce que, contrairement à une idée reçue, les salaires ne sont pas plus élevés dans le privé. Simplement, les chirurgiens libéraux réalisent 2,5 fois plus d’actes opératoires que ceux qui travaillent dans le public, d’où cet écart de revenus. Dans une clinique, le bloc opératoire est ouvert plus longtemps que dans le public, avec un roulement des équipes, et une réelle rapidité d’action pour s’occuper des patients – les changer, les laver… –, tandis que dans un hôpital public tout est plus lent… parce qu’il n’y a pas d’incitation à la production vraie !
C’est dommage, parce que le système public est un beau système mais à condition de lui donner les moyens de faire en sorte que directeurs et chirurgiens s’entendent pour a v o i r une production plus soutenue. Autre problème concernant les c h i r u r - giens : leur rép a r t i - tion n’est p a s homogène en France. Ils sont plus nombreux dans le Sud que dans le Nord. Or, aujourd’hui, je pense qu’il faudrait placer les professionnels là où existent les besoins et non pas là où ils le souhaitent.

MICHEL ANTONY. Il faut bien le dire : on recrute environ 7 000 médecins par an au lieu des 10 000 nécessaires, donc on manque de chirurgiens et d’autres spécialistes. Pourquoi ? Parce que, d’une part, à une certaine époque on a interrompu leur recrutement, l’insuffisance s’en ressent aujourd’hui, d’autant plus avec les départs à la retraite… et la loi Bachelot va accentuer les fermetures de services, sans se préoccuper des nécessaires recrutements qui pourraient les maintenir !
D’autre part, les trois quarts de la chirurgie sont pratiqués dans le privé : par manque de moyens dans le public, la majorité de la profession choisit l’argent et le confort personnel au détriment des structures publiques.

JACQUELINE FRAYSSE. Il manque des chirurgiens parce qu’on ne forme pas assez de jeunes et pourtant ce n’est pas faute d’avoir des candidats : le concours d’accès à l’entrée dans ces études est d’une difficulté telle que plus de 80 % de ceux qui se présentent sont recalés ! En effet, le numerus clausus actuel est si strict qu’on manque, notamment, d’internes en médecine générale et en chirurgie. Il faut donc changer de politique et augmenter le numerus clausus de manière à permettre la formation d’un nombre d’internes suffisants, qui permette à la fois de combler les manques en médecine générale partout en France et de pourvoir les postes des services hospitaliers où l’on fait appel à des médecins étrangers.
Par ailleurs, avec la fermeture de nombreux services publics, les gens sont obligés d’aller se faire opérer dans les cliniques privées. Et, avec la généralisation des dépassements d’honoraires, il est clair que, pour les chirurgiens, le privé est plus rémunérateur.

Est-ce à dire que l’idée de l’hôpital généraliste est aujourd’hui devenue obsolète pour prétendre à une activité plus soutenue ?

GUY VALLANCIEN. Oui, aujourd’hui, on ne peut plus avoir l’« hôpital hospice » qui accueille toute la misère du monde pour essayer, à la fois, de faire une greffe du coeur au cinquième étage et l’accueil de l’alcoolique au rez-de-chaussée. Le cas de l’alcoolique est aussi respectable que celui du greffé mais il ne doit pas être traité dans la même structure, parce qu’il n’a pas besoin du même personnel ni des mêmes moyens techniques pour être pris en charge. L’hôpital public a perdu une part de marché considérable puisqu’il assure seulement 30 % de la chirurgie, ce sont des parts à reconquérir et pour ce faire, il faut dynamiser les offres.
On ne l’a pas encore compris en France, c’est pourquoi nous avons un tissu d’hôpitaux généralistes beaucoup trop grand. Comprenez bien qu’il ne s’agit pas de fermer des hôpitaux mais de leur donner des missions qui correspondent aux besoins de la proximité. Depuis quinze ans, deux cents restructurations ont été réalisées dans des hôpitaux publics dont les résultats sont très satisfaisants : les hôpitaux qui ont perdu leur petit service de chirurgie revivent, les populations y reviennent alors qu’elles les fuyaient parce qu’elles ne voulaient pas s’y faire opérer. J’en suis désolé mais c’est ainsi, en France, on maintient des structures chirurgicales à haut risque parce que ceux qui y sont confrontés sont des vieux, des pauvres…
C’est scandaleux, parce que ce sont ceux-là qui ne peuvent pas se déplacer, qui ne sont pas informés, qui restent dans leurs petits villages. Il y a une inégalité inacceptable dans l’accès à la chirurgie parce qu’on maintient des structures inadaptées.

MICHEL ANTONY. Il existe déjà des hôpitaux spécialisés en France, dans les maladies tropicales, le cancer, le diabète ou autres. Donc dire qu’il faut spécialiser est absurde. Puis « spécialiser », comme le souhaite le gouvernement, ça veut dire privilégier un hôpital pivot qui va récolter tous les bons éléments, et cela signifie que les hôpitaux qui n’auront plus les services de chirurgie, de maternité, de radiologie vont devenir des centres dédiés aux personnes âgées.
C’est irrecevable : on va déshabiller des populations entières de services nécessaires, on va accumuler les transferts et l’insécurité sur les routes, sans compter l’absurdité écologique et économique de cette démarche ! De plus, les cliniques seront favorisées, parce qu’on leur laissera faire ce qu’elles ont toujours fait : des opérations de moindre importance, mais au rapport financier les plus intéressants.

JACQUELINE FRAYSSE. L’hyperspécialisation est un autre argument, avec celui de la sécurité, utilisé par le gouvernement pour justifier des fermetures. Ce raisonnement dogmatique passe à côté de la vie : il faut, bien sûr, de grands pôles hospitaliers spécialisés pour réaliser des interventions pointues mais les hôpitaux généraux sont tout aussi nécessaires, car tout le monde n’a pas besoin d’être soigné dans des services hyperspécialisés. On ne doit pas opposer ces deux types de structures.
Il faut partir des besoins des populations, les évaluer en fonction des distances, des territoires, et créer les conditions pour que l’on puisse y répondre à tous les niveaux, en fonction des pathologies, des urgences, etc. Le fait que les cliniques privées bénéficieront, sans aucun doute, de la fermeture de tous ces établissements publics, pose deux problèmes : le premier est celui de l’accès aux soins pour tous, quels que soient leurs moyens financiers. Le second est celui de la formation des jeunes internes en chirurgie : bientôt ils ne pourront plus être formés dans le public parce que l’éventail offert ne sera pas suffisant, du coup, ils iront dans le privé, comme la loi hôpital, patients, santé et territoires l’y autorise. C’est très préoccupant, car le secteur privé risque de les aspirer encore plus.

Justement, le fait d’éloigner une partie de la population des blocs opératoires ne risque-t-il pas d’augmenter les inégalités de soins et de retarder la prise en charge des urgences vitales ?

GUY VALLANCIEN. Parler d’urgence vitale n’est pas correct car l’urgence vitale n’existe pas : quand on a un accident vasculaire cérébral ou une artère de l’aorte qui se rompt, la question des transports ne se pose même pas, on meurt sur place.
La distance est un faux débat parce que personne n’est opéré tous les jours ! Autant il faut des structures de proximité pour s’occuper des maladies chroniques, des addictions, du tabac, de l’alcool, du sida, car cela demande un traitement et un suivi régulier, autant la chirurgie ne répond pas à ce besoin car elle nécessite des structures complexes qui permettent une activité soutenue. Un pianiste qui ne joue pas régulièrement perd son talent. Arrêtons de croire qu’on ne peut pas faire trente kilomètres alors qu’on en fait vingt pour aller acheter une moquette moins chère !

JACQUELINE FRAYSSE. L’État veut privatiser la santé et faire des économies. Mais on ne peut décider de façon arbitraire et seulement pour des raisons financières de fermer des lieux vitaux ! Il va de soi que si les hôpitaux généraux sont proches des gens, dotés de moyens modernes, avec des équipes opérationnelles vingt-quatre heures sur vingt-quatre, ils sont capables de faire face à l’urgence. C’est le rôle des hôpitaux, ça l’a toujours été et ça doit le rester. Que certains maillages soient à revoir, pourquoi pas ?
Par exemple, deux hôpitaux trop proches peuvent être mutualisés. Mais on ne peut pas décider que, désormais, il y aura de grands services hyperspécialisés tous les cinquante ou cent kilomètres et plus du tout de petits hôpitaux généraux sous prétexte que les équipes ne réalisent pas suffisamment d’actes. Ce qui, au demeurant, n’est pas vrai : car ils peuvent travailler d a n s p l u - sieurs structures, nombre d’entre eux ont une activité sérieuse et sauvent des vies. Si ça n’était pas le cas, ça se saurait !

MICHEL ANTONY. En fermant des blocs opératoires, on réduit l’offre de soins locaux, on perd en sécurité parce que le temps d’accès à des soins de qualité et au diagnostic s’allonge et on laisse au bord de la route des gens n’ayant pas les moyens d’aller loin : le rapport des présidents de la commission médicale d’établissements (CME) montre d’ailleurs qu’à cause des précédentes restructurations, il y a environ 20 % de consultations en moins… et cette fracture sociale s’accentuera si on ferme d’autres blocs.
Concernant les urgences vitales, plus on accroît les temps d’accès à un hôpital, plus le dénouement peut être dramatique. S’il y a un cas grave, il faut déjà être en mesure de le savoir : en ayant la possibilité d’aller dans un hôpital de proximité la personne peut bénéficier d’un diagnostic rapide et être soignée sur place ou, au besoin, être rapidement transférée vers un centre spécialisé.

Est-ce pour répondre aux besoins des habitants que la maternité de Valréas (Vaucluse) a été rouverte, alors que le gouvernement voulait sa fermeture ?

GUY VALLANCIEN. Cette décision est purement factuelle : le dossier administratif de Valréas n’a pas été bien bouclé, les juges ont décidé de le rouvrir parce qu’il y avait un petit défaut de méthodologie, mais je ne vois pas pourquoi cette maternité demeurerait ouverte au vu du rare nombre d’accouchements annuels qu’elle pratique et dans la mesure où l’agence régionale de l’hospitalisation en a jugé autrement. JACQUELINE FRAYSSE.
La réouverture de la maternité de Valréas, contre l’avis de l’agence régional de l’hospitalisation (ARH), illustre les préoccupations légitimes de la population et des professionnels de santé. Il faut dire que depuis la fermeture de cette maternité, quatre accouchements ont eu lieu à Valréas, trois en urgence et un à domicile parce que les personnes n’ont pas pu accéder à un lieu rapidement. Car, avec la fermeture de cette maternité, les femmes devaient faire 40 kilomètres pour accoucher ! Ces faits montrent que cette fermeture est contestable et invitent à revoir la façon dont travaille l’ARH qui deviendra demain l’agence régionale de santé (ARS). De plus, dans le cas de Valréas, le service de chirurgie et son bloc opératoire ont été fermés, or l’interruption de ces services, qui permettaient des interventions en cas de difficulté en obstétrique, crée un contexte dangereux pour les habitants. Alors, le gouvernement parle beaucoup de sécurité mais quand on ferme les blocs opératoires, on met justement en danger la sécurité des gens.

MICHEL ANTONY. En effet, concernant les maternités, le problème est le même que pour la chirurgie : à une époque, le gouvernement exigeait 500 accouchements pour qu’elles restent ouvertes, après 250, et finalement c’est le seuil de 300 qui a été retenu ! Encore une fois, on tient compte ni des besoins des territoires et des populations ni du nombre d’accouchements par personnel, c’est donc un chiffre qui n’a aucun sens.
Pire, lorsque l’État ne peut se servir de ses propres chiffres, il essaie de fermer quand même : c’est le cas, par exemple, de la maternité de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, où sont réalisés 2 400 accouchements annuels ! Mme Bachelot avait exigé que la maternité de Valréas ne fonctionne plus au motif, selon elle, qu’elle n’était pas sûre et mal placée, mais le tribunal administratif vient de donner raison à la prise en compte des besoins des citoyens. C’est une victoire que nous avons obtenue grâce à une mobilisation qui a duré une quinzaine d’années avec les acteurs de la santé, la population, les élus locaux…

ENTRETIENS RÉALISÉS PAR ANNA MUSSO

 

Evénement Le droit à l’IVG attaqué de toutes parts

Trente-quatre ans après le vote de la loi Veil, les fermetures de centres IVG se multiplient en France dans un contexte de recul idéologique inquiétant. ?Les témoignages de deux femmes ?dont l’expérience est édifiante.

REMARQUE de la rédaction de Moissac Au Coeur: ce qui pourrait n'être qu'un énième débat parisien nous touche plus particulièrement car sous couvert de bioéthique, les pro-vie (le lobby antiavortement) a pu faire une conférence à Moissac en toute impunité à la salle confluence avec la sollicitude bienveillante de la municipalité, il n'y a pas si longtemps de cela....

Elle a été « révoltée » et même « horrifiée » par l’accueil à l’hôpital.
Mathilde (1), vingt-quatre ans, a subi un avortement il y a deux ans dans un hôpital de province. Son expérience illustre, trente-quatre ans après l’adoption de la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG), toute la fragilité de cet acquis. Aujourd’hui menacé par les restrictions budgétaires et un retour insidieux de l’ordre moral. À l’époque, le corps de Mathilde lui avait fait « une entourloupe ». Tombée enceinte sans l’avoir désiré, sa décision d’avoir recours à une IVG ne lui a posé aucune difficulté. Son parcours pour la mener à bien, beaucoup plus. « C’est un droit mais beaucoup de gens essayent de nous faire changer d’avis », résume-t-elle.

Tout commence sur Internet, dans les forums féminins vampirisés par les lobbies anti-avortement. « Ils essayent de dissuader celles qui viennent demander conseil pour avorter avec des réponses assez dures. » Mathilde, elle, a pris sa décision. Un tour par le planning familial, puis au bout de deux semaines, arrive le jour de son intervention.

Là, surprise. L’ambiance à cet étage de l’hôpital est tout sauf rassurante.

Sol dégoûtant, peinture écaillée et, surtout, un personnel désinvesti, voire désagréable. « Ils étaient indifférents, avec l’air de penser que les femmes font ça avec désinvolture. » Comble du mépris, on place Mathilde dans une pièce d’où elle entend distinctement les cris des femmes qui accouchent… Des minutes insupportables. « Un médecin s’est même permis de montrer l’échographie de l’embryon. Une image qui a profondément choqué mon compagnon. »

Les années ont passé, mais Mathilde conserve « une trouille bleue » que ça lui arrive à nouveau.

« Je vérifie cinq fois par jour que j’ai bien pris ma pilule, quitte à me relever la nuit. » Elle le sait? : son témoignage ressemble à d’autres, symboles de la difficulté de reconnaître l’avortement comme un acte médical classique. Pour preuve, en cas d’IVG, le curetage est trois fois moins payé pour le praticien qu’en cas de fausse couche. Pas de quoi motiver une jeune génération de médecins qui n’a pas été sensibilisée par les luttes de la loi Veil. Élodie, elle, ne s’est pas rendue à l’hôpital. Mais elle a ressenti le même malaise lorsqu’elle entrée dans le cabinet de sa gynécologue pour demander une pilule abortive. « Elle a été plus que limite. Quand elle a vu la nationalité de mon compagnon, j’ai même eu droit à un? : “Et, en plus, c’est un étranger”.
Odieux. Elle ne m’a rien expliqué de cette pilule. Elle s’est juste contentée de me la donner avec un verre d’eau en me disant de revenir dans deux jours. Comme si c’était honteux? ! » Évidemment, ces témoignages ne valent pas généralité. Mais cette défiance larvée à l’égard de l’avortement ne peut qu’inquiéter. Surtout dans un contexte où le discours politique exalte la « famille traditionnelle » et reste indifférent aux fermetures de plusieurs unités d’IVG dans les hôpitaux publics (lire par ailleurs). À Paris, trois centres (Broussais, Tenon et Jean-Rostand) ont dû mettre la clé sous la porte, alors qu’ils assuraient le quart des IVG d’Île-de-France.

Professionnels et militants sont inquiets.

« L’avortement, c’est la dernière roue du carrosse », tempête Christophe Prudhomme (CGT), urgentiste à l’hôpital Avicenne où l’unité IVG est elle aussi menacée. « On profite des regroupements d’hôpitaux pour rogner sur les droits des femmes », résume, de son côté, Jean-Marie Sala (SUD santé-sociaux). Et de rappeler que ce service concerne souvent des femmes de milieux défavorisés qui n’ont pas les moyens de s’offrir une place en clinique.

Cécile Rousseau et Anne Roy

(1) Les prénoms ont été modifiés.
(2) Le collectif unitaire du 20e arrondissement de Paris organise une marche qui partira aujourd’hui à 10?h?30 de l’hôpital Trousseau.

AUTRES ARTICLES sur la situation et les attaques: http://www.humanite.fr/2009-11-14_S... et/ou http://www.humanite.fr/article27552...

- page 1 de 4