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Voeux de Pierre Gosnat, Maire d'Ivry : pour construire ensemble un autre monde !

Voeux de Pierre Gosnat - Maire d'Ivry-sur-Seine - 09 janvier 2013

Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Au nom du Conseil Municipal et en mon nom personnel, je vous présente nos meilleurs vœux pour cette nouvelle année.

Permettez-moi tout d’abord de saluer la présence de nombreux élus, celle des représentants de la vie associative, la présence également de nos multiples partenaires (sans qui nos projets ne pourraient voir le jour) et puis bien entendu vous toutes et vous tous… Ivryennes, Ivryens, Val de Marnaises, Val de Marnais.

Mes premiers vœux s’adressent donc à vous, à vos familles, à vos proches, des vœux de bonheur, de santé et de réussite.

Que cette année 2013 vous permettent de réaliser vos souhaits les plus chers.


Toutefois, en dépit de ces vœux, je crains que trop nombreux… soient encore celles et ceux pour qui « demain » reste incertain, voir angoissant ! Alors, en ce début d’année, pourquoi ne pas s’interroger sur le monde que nous souhaiterions construire et vivre ?


Quelques « illuminés »… pour certains, « calculateurs » pour d’autres… avaient annoncé la fin du monde pour le 21 décembre. Il est évident que ces inepties ne servent qu’à instrumentaliser les peurs, l’irrationnel… et plus fondamentalement à exclure tout projet d’avenir. Une confidence (au passage), j’ai très bien dormi cette nuit là, avec au réveil… la conviction que si notre monde n’en était pas à sa fin, nous devrions néanmoins sérieusement travailler à sa renaissance.

En finir, en effet, avec ce monde de l’argent roi, de la déréglementation et de la concurrence entre les peuples, de ce système qui porte en lui les germes de la crise, des conflits armés et des inégalités.

Un monde qui compte plus d’un milliard d’êtres humains sous alimentés, alors que les 400 des plus grosses fortunes, de la planète disposent à elles seules de l’équivalent du PIB (Produit intérieur brut) de l’Inde, pays le plus peuplé de ce monde. Alors, comme l’écrivait le poète Louis Aragon disparu il y a tout juste 30 ans : « est-ce ainsi que les hommes vivent ? »

Non… le monde que nous appelons à nos vœux est tout autre ! Il repose sur la coopération et l’entraide, il refuse le diktat des FMI, de l’organisation mondiale du commerce, de la banque européenne et de ces agences de notation qui sont le repaire des plus gros spéculateurs de la planète.

Nous voulons un monde où la paix ne serait plus « un rêve suspendu » tel que décrit par Kofi Anan… mais une réalité façonnée et fortifiée par l’amitié entre les peuples, l’internationalisme, la solidarité et le droit des peuples à l’autodétermination. Un monde où tous les murs s’abattront, où tous les enfants, ceux d’Israël et ceux de Jiffna et Jalazoune, nos villes jumelées de Palestine pourront se rencontrer et jouer ensemble.

Certes, tout cela peut paraître utopique, lointain… mais s’il faut viser la lune pour rallumer les étoiles ? alors, nous devons commencer par là. Et d’ailleurs ce n’est pas si loin ! C’est en tout état de cause, cette vision du monde, qu’Ivry « Ville messagère de la Paix » a pris pour emblème. Et, vous le savez, dans notre ville, le mot solidarité ne se décline pas qu’au niveau international. Il est au cœur de notre politique. Il constitue aussi le socle des actions et mobilisations des Ivryennes et des Ivryens de leurs associations, auxquelles la municipalité apporte son soutien, y contribue, afin de faire prévaloir dans notre ville et dans le pays, des réponses progressistes aux problèmes que connaît notre société.

Je tiens ce soir à remercier toutes les associations, les militants qui sont engagés dans ces actions.
Un remerciement particulier à toutes ces femmes, ces hommes qui par leur action, souvent bénévole, s’efforcent de soulager autant que faire ce peut la grande détresse dans laquelle sont plongés toutes celles et tous ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, chômeurs et précaires, auprès des « sans abri », des « sans papiers »… toutes ces personnes, familles et enfants que la misère et la précarité contraignent à vivre dans des conditions inacceptables au XXIème siècle. A cet égard, je pense particulièrement aux populations Roms qui se sont installées à Ivry et qui vivent dans des situations inacceptables, malgré toute l’aide que leur apportent les associations de soutien, ainsi que la ville. Un travail s’engage avec la Préfecture du Val de Marne afin de trouver des solutions humaines permettant de mettre fin à l’existence de ce véritable bidonville.

Mais le dévouement, la générosité de ces femmes et de ces hommes ne peuvent à eux seuls apporter une solution durable à ces situations dramatiques… car chacun sait bien, que la source de ces difficultés que ce soit en matière de logement, de travail, de pouvoir d’achat etc se situe d’abord au niveau national, voire européen, et, que leur résolution passe par la mise en œuvre d’une politique qui remet en cause, globalement, celle qui a été instaurée pendant 10 ans par la droite et singulièrement sous la Présidence de Nicolas Sarkozy. Or, soyons réalistes, il semble bien que pour des millions d’électeurs qui dans la diversité de leur vote à gauche ont mis leurs espoirs, en un véritable changement… il semble bien que la déception soit perceptible ! Bien entendu, je comprends que face au bilan catastrophique de la politique de la droite, dans tous les domaines - j’en ai été le témoin quasi-quotidien en tant que Député et à ce titre l’ai combattu, point par point - face à ce bilan, le redressement de notre pays ne peut se faire en un jour.

Mais en ayant affirmé « le changement c’est maintenant » ne faut-il pas qu’une volonté politique soit clairement affichée et mise en œuvre ?

D’autant que, jamais la gauche n’a détenu autant de pouvoirs : de la Présidence de la République au gouvernement, de la majorité à l’Assemblée Nationale à celle du Sénat, de la totalité des Conseils Régionaux (à 1 exception) à la majorité des Conseils généraux en passant par la direction des plus grandes villes de France… Que faudrait-il de plus pour réformer la France ?

Il y a donc urgence à ce que cette réalité politique, totalement inédite, soit une base solide, légitime et démocratique pour mettre en œuvre les mesures économiques, sociales et politiques dont notre pays et notre peuple ont besoin. Cela suppose, évidemment, de s’attaquer au monde de la Finance, ainsi que l’avait déclaré le candidat Hollande - rappelez-vous - : « mon seul ennemi, c’est la finance ! », pour permettre disait-il (par un retour de la croissance) de disposer des moyens afin de mener une politique de progrès social. C’est une voie, certes, bien que l’on puisse s’interroger s’il n’y a pas là une certaine forme d’inversion du problème (au cœur même de la sortie de crise). Ainsi, « le progrès social » devrait-il pas être le moteur, la boussole de la croissance et du développement économique ?

Disons-le clairement : ces mesures se font attendre. Et je pense (entre autre) au pouvoir d’achat, à la garantie de l’emploi, au maintien des potentiels industriels, comme à la relance des politiques publiques. Il y a là, me semble t-il une absence de volonté, disons une modération, qui encourage la mobilisation des forces hostiles aux changements : la droite, le Medef et tous ces boursicoteurs qui menacent de s’exiler, comme si, ils n’avaient pas déjà par milliards d’Euros, protégé leurs fortunes dans les paradis fiscaux : y compris en Europe… au coeur même de l’Union européenne. Il y a donc urgence à répondre aux attentes des Françaises et Français qui ont accordé leur confiance à cette nouvelle majorité, sinon le risque est grand que l’échec soit sanctionné, avec en embuscade l’extrême droite qui pourrait être la seule à en tirer profit.

J’exprime donc le vœu que l’année 2013 soit celle qui verra toute la gauche rassemblée, pour mettre en œuvre le changement,
avec la conviction que cela ne pourra se réaliser sans l’intervention, la mobilisation de toutes celles et tous ceux qui aspirent à une vie meilleure, plus juste, plus démocratique ! C’est dans ce contexte, et sur ces principes, que nous travaillons à Ivry à la réalisation de nos engagements, ceux pris en 2008 envers les Ivryennes et les Ivryens. Le mois prochain, nous rendrons public le bilan de ce que nous avons engagé et réalisé depuis 5 ans (un document est en cours de réalisation). Vous aurez donc l’occasion de vérifier, par vous-même, que globalement nous avons tenu nos engagements, que ce bilan est celui de la majorité de gauche et écologiste, dans sa diversité, avec l’objectif de travailler à répondre aux attentes de nos concitoyens, à vos attentes (partenaires de la ville).

Permettez-moi, néanmoins, d’insister sur une idée. Au cours de ces 5 années nous avons voulu tenir un double cap :
- d’abord de renforcer dans tous les domaines notre politique sociale,
- d’autre part d’impulser la nécessaire mutation économique et urbaine de notre ville.

Vous le savez, après des années difficiles, Ivry a retrouvé la voie du dynamisme. Notre ville se transforme et se modernise. Elle est en plein mouvement, en pleine croissance. Les derniers chiffres du recensement indiquent que la population ivryenne a dépassé les 58 000 habitants, alors, qu’il y a une dizaine d’année notre ville ne comptait guère plus de 51 000 habitants et que depuis cette date plus de 10 000 emplois y ont été crées ou se sont implantés. Il n’en reste pas moins que nous avons conscience des difficultés que connaissent la plupart de nos concitoyens. C’est pourquoi nous n’avons de cesse de développer, dans tous les domaines, les différents aspects de notre politique sociale : logement, emploi, éducation, santé, handicap, culture, sport, loisirs, jeunesse, personnes âgées, sont autant de secteurs devenus priorités de notre action.

Et, vous le savez, nous avons de grandes ambitions pour notre ville comme en témoigne par exemple notre volonté de voir aboutir notre projet d’implantation du Centre Dramatique National à la Manufacture des Œillets. Nous restons dans l’attente d’une confirmation des financements d’Etat, formellement annoncés puis écrits par Frédéric Mitterrand lors de sa venue à Ivry voilà quelques mois. Une autre ambition est celle de favoriser la pratique sportive pour tous et sport de haut niveau - n’oublions pas Luc Abalo « un gamin de chez nous » qui vient d’être médaillé d’or aux JO - pratique sportive, pour laquelle nous allons engager la construction d’un équipement pouvant accueillir 2 500 places sur l’ancien BHV.

Mais – voyez – regardez… plus globalement, c’est toute la ville, tous nos quartiers qui sont aujourd’hui, en mouvement, en mutation. Nous ne voulons pas, en effet, d’une ville à 2 vitesses et c’est pourquoi nous travaillons à un développement global, équilibré d’Ivry, en conformité d’ailleurs avec les grands principes du Schéma Régional de Développement de l’Ile de France. Certes, trois projets emblématiques témoignent de cette dynamique qui ont fait l’objet de nombreuses concertations. Je veux parler :de la ZAC du Plateau, du secteur Gagarine Truillot et d’Ivry Confluences. Où en sommes-nous brièvement de ces 3 grands projets ?

  • La ZAC du Plateau sans être achevée, est bien avancée. Le Ministère des Finances s’y est installé, avec près de 1 200 salariés. Des centaines de logements y ont été livrés, d’autres sont en cours de construction avec plus de 3 000 m² de commerces… et une nouvelle école sera construite, ainsi qu’un nouveau collège sous la responsabilité du Conseil Général.
  • Pour Gagarine Truillot le projet est prêt, après de nombreuses concertations. Le dossier a été déposé auprès de l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU) pour l’obtention des financements.J’ai eu l’occasion, voilà quelques semaines, de rencontrer à ce sujet François Lamy Ministre de la Ville, ainsi que le Préfet du Val de Marne. L’un et l’autre m’ont confirmé l’intérêt et la qualité de ce projet. Toutefois si de premiers crédits (1,4 M) vont être débloqués, cela est loin du compte. Il nous faut donc maintenir un haut niveau de mobilisation de l’ensemble des acteurs du projet pour que ce dernier aboutisse. A cet égard il me semble incontournable que le gouvernement et sa majorité parlementaire relancent et financent la politique des grands projets urbains abandonnée par la droite.
  • Quant à Ivry Confluences c’est un projet majeur qui concerne près d’un quart du territoire de la ville, qui vise à réinventer ce que la désindustrialisation avait détruit et qui a pour double ambition d’opérer la mutation nécessaire en privilégiant les intérêts de celles et ceux qui y habitent et y travaillent. Considérons que ce pari n’est pas simple aux portes de la Capitale, mais qu’il est bien dans la tradition de notre ville. Alors après une longue période de démarches politico-administratives, de mise au point des dossiers de ZAC et surtout de concertation, nous allons démarrer les premiers projets en 2013 (26 à ma connaissance), diversifiés comme nous l’avons toujours voulu : logements, bureaux, locaux d’activités, équipements publics qui vont cette année sortir de terre, concrétisant des années de travail et d’investissement financier. L’ensemble de ces projets ne pourrait aboutir sans la coopération constante avec nos partenaires ; les aménageurs, tels que la SADEV, l’AFTRP ou encore l’EPAORSA. Sans le savoir-faire de nos amis architectes et entreprises qui contribuent à façonner la ville de demain.


Je voudrais saluer aussi nos partenaires institutionnels, notamment le Conseil Régional et le Conseil Général avec nos deux Conseillers Généraux – Chantal Bourvic et Pascal Savoldelli - ainsi que sont Président Christian Favier. Je tiens à les remercier pour leur action et l’écoute qu’ils ont à nos projets. Sans conteste, c’est dans la voie du développement de telles coopérations que nous devons réfléchir au devenir de notre ville tout en préservant l’autonomie communale.

C’est en ce sens que nous avons décidé avec Choisy et Vitry de créer une communauté d’agglomération qui a vu formellement le jour le 1er janvier. Les 56 conseillers communautaires ont été élus à l’unanimité dans les 3 villes les 19 et 20 décembre dernier. En nous rassemblant, nous avons l’ambition de faire mieux pour faire entendre la voix, les atouts de notre territoire, et, de sa population tout en étant ouvert à d’autres partenaires. Nous avons, ainsi, la volonté de mettre en commun, nos moyens pour être plus efficaces dans la mise en œuvre de nos politiques, de nos projets. Cette intercommunalité est d’abord volontaire (non imposée par la loi) et elle repose sur une cohérence économique, sociale et territoriale. C’est pourquoi, j’ai la conviction qu’elle ne peut que renforcer l’efficacité de nos politiques publiques. Je ne doute pas que cette nouvelle communauté – forte de ses 185 000 habitants – bientôt 200 000 (...) – la plus importante du Val de Marne gagnera de l’importance dans notre département et plus généralement en Ile de France. Bien entendu nous n’ignorons pas les difficultés et les obstacles auxquels nous sommes confrontés d’autant que comme je l’évoquais précédemment, les premières décisions du nouveau gouvernement ne remettent pas fondamentalement en cause, l’asphyxie financière des collectivités territoriales comme cela a été rappelé lors du dernier congrès des Maires de France.

Face à cette situation doit-on en rester là ? Non bien entendu. Je l’ai rappelé : la configuration politique est inédite, un peuple attend massivement des changements, des entreprises attendent aussi la relance de l’activité économique en se détachant totalement des logiques spéculatives.

Ici, vous le savez bien, nous disposons d’atouts considérables pour faire d’Ivry une ville où chacun puisse s’épanouir, vivre sa vie. Une population attachée à sa ville, engagée dans les combats progressistes, une population solidaire et métissée… avec un service public, originalité de notre société française, qui en ces temps de crise constitue une réponse essentielle aux besoins des habitants, en particulier ceux qui sont les plus fragilisés.

Voilà pourquoi dans le cadre de l’Union des forces de gauche et écologiste je suis déterminé à poursuivre mon action à Ivry, cette ville qui a un cœur gros « comme çà ».

Et comme le chante CALI :
« Nous sommes des milliers, un fleuve extraordinaire, notre force est sublime, elle emportera tout et s’ils s’essaient encore ils se frotteront à mille cœurs
debout ».

 

Pourquoi le social-libéralisme est dans l'impasse

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Voici un point de vue des sociologues Pinçon Charlot, spécialistse des Beaux Quartiers et des relations entre le Pouvoir et l'argent, sur la situation politique, paru sur le site de Marianne.
François Hollande n'aurait pu être élu président de la République sans l'apport des voix du Front de gauche, ce qui l'a obligé à des promesses de campagne pour une meilleure répartition des richesses entre le capital et le travail.
Mais les promesses, une fois de plus, ne valent que pour ceux qui veulent bien y croire. Après cinq ans d'un «président des riches» qui a comblé les plus fortunés de nombreux cadeaux fiscaux, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault n'a augmenté le taux horaire du Smic, hors inflation, que de 18 centimes d'euros (brut) !
Le mépris pour les millions de Français dont les salaires sont au-dessous du revenu médian, qui s'établit à 1 676 € net par mois, ne va pas les inciter à participer davantage à la vie politique.
L'abstention a battu des records pour les élections législatives de juin 2012 : 44,6 % des électeurs inscrits ne sont pas allés voter au second tour.
C'est le taux le plus élevé pour des élections législatives depuis 1958, date à laquelle il fut de 25,2 %.
De 1958 à 1978, l'abstention a régulièrement reculé.
Elle n'atteignait que 15,1 % en 1978. Puis elle a augmenté de 1981 à 2012. Cette concomitance avec les élections de deux présidents socialistes démontre que la duperie de la fausse alternative déroute massivement l'électorat notamment populaire.

Au premier tour de l'élection présidentielle, le candidat François Hollande a recueilli 10 272 705 suffrages, ce qui représente 22,3 % des 46 066 307 inscrits.
Le chef de l'Etat était donc minoritaire dans les souhaits des électeurs. Ce que soulignent aujourd'hui les réticences des écologistes, pourtant membres du gouvernement, et le peu d'empressement à le soutenir des élus et militants du Front de gauche. Il y a là une faiblesse de la base sociale susceptible de se mobiliser pour soutenir l'action gouvernementale.
Un soutien aussi faible du peuple français a ses raisons.
On peut faire l'hypothèse du souvenir amer laissé par les années mitterrandiennes : ce fut l'époque où la dérégulation du système financier a triomphé, soutenue par un ministre de l'Economie et des Finances, Pierre Bérégovoy, qui a laissé de bons souvenirs dans les beaux quartiers. Le pacte budgétaire et sa «règle d'or», dont la remise en cause et la renégociation avaient été imprudemment mises en avant par le candidat Hollande, sont des signes avant-coureurs des renoncements à venir.
Les choix budgétaires de la France sont donc désormais sous le contrôle des experts européens.
Le président a, très «normalement», envoyé un message politique clair aux marchés financiers.
Le nouveau pouvoir socialiste va bel et bien continuer à appliquer les directives du néolibéralisme et mettre en œuvre une politique d'austérité à perpétuité pour les peuples. Cette reprise à son compte du drapeau de la «compétitivité» va se traduire pour les travailleurs par de nouveaux sacrifices pour les seuls bénéfices du capital et de ses actionnaires.
Un régime censitaire
Les manipulations idéologiques et linguistiques ont été reprises par l'Elysée et l'Assemblée nationale, pour continuer à faire croire, dans une inversion totale des valeurs morales et économiques, que le travail coûte trop cher à ces riches et généreux investisseurs qui créent des emplois.
Les politiciens du Parti socialiste poursuivent la mise en scène de la défense de l'emploi en France, alors qu'ils savent très bien qu'ils appliquent la politique néolibérale qui a instauré dans les moindres détails du droit français et européen la liberté totale du capital pour délocaliser les emplois ouvriers et de service dans les pays les plus pauvres où la main-d'œuvre est payée au tarif local, celui de la misère.
Comment croire que les socialistes pourraient mener une politique plus douce à l'égard des travailleurs, alors qu'ils sont formés dans les mêmes grandes écoles que les patrons et les politiciens de droite : ENA, Sciences-Po, HEC et, bien entendu, Harvard ?
Coupés du peuple avec le cumul des mandats - sur les 297 députés du groupe socialiste de l'Assemblée nationale, on compte 207 cumulards -, les élus socialistes, dans le souci de faire progresser leur carrière en politique, ont rejoint les intérêts de la classe dominante dont ils sont devenus les alliés objectifs.
Tous d'accord pour que, au nom de la «démocratie» et des «droits de l'homme», la vie politique française soit gérée dans un régime, en réalité censitaire, où les élites sociales qui composent l'essentiel des chambres vont promulguer les lois les plus favorables à leurs intérêts et à ceux qu'ils représentent.
Comment se fait-il que les ouvriers et les employés, qui sont 52 % de la population active, ne soient présents ni à l'Assemblée nationale ni au Sénat, ou si peu ? Cette absence explique le désintérêt pour la politique que traduit le succès remarquable du parti des abstentionnistes.
Dans la phase néolibérale d'un système capitaliste financiarisé, hautement spéculatif à l'échelle du monde, il n'y a pas d'accommodement possible comme ce fut le cas pendant les Trente Glorieuses où la croissance et un Etat-providence fort autorisaient la redistribution.
L'avenir de la présence de l'homme sur la Terre est menacé. Seule une opposition claire à cette économie destructrice rendra possible la construction et la mise en œuvre d'une société ou l'humain détrônerait à tout jamais l'argent sans foi ni loi.
Tags : crise, gauche, hollande, social-libéralisme, socialisme

 

Non au "choc de compétitivité" !


Suite aux annonces de Jean-marc Ayrault, voici le communiqué de presse de Pierre Gosnat, Maire communiste d'Ivry-sur-Seine

Les annonces du Premier Ministre suite à la publication du rapport Gallois suscitent ma réprobation et ma plus grande inquiétude.

Ce soit-disant « choc de compétitivité » est une erreur politique et économique. Toutes ces mesures que l’ensemble de la gauche pourfendait sous la Présidence de Nicolas Sarkozy se retrouvent aujourd’hui à l’agenda du gouvernement.

Ces vieilles recettes libérales de baisse des charges ont démontré pourtant année après année leur inefficacité et leur injustice. Elles vont malheureusement créer un climat de défiance vis à vis d’une politique se réclamant de gauche plus encline à servir les intérêts du MEDEF et du capital que de changer durablement la vie de nos concitoyens.

En tant que Maire d’Ivry sur Seine, je suis très inquiet des conséquences de ces mesures sur le pouvoir d’achat de nos concitoyens

mais aussi sur les collectivités sommées de relayer la rigueur au plan local. En ce sens, la confirmation de la suppression de la taxe professionnelle est tout simplement inacceptable.

Le Président de la République a été élu en promettant le changement maintenant. Or, avec ces annonces dans la droite ligne des années Sarkozy, le gouvernement bafouent le choix démocratique de nos concitoyens.
 

Les blogueurs de gauche "à la Une".

85px-Blason_duche_fr_Normandie_svg.pngLa blogosphère est plutôt de gauche, c'est ce qu'on pouvait lire récemment sur lemonde.fr. Tant mieux ! Les quelques semaines qui nous séparent de l'élection présidentielle doivent être utilisées par tous ces blogueurs pour démontrer combien et comment la politique menée par Sarkozy depuis 5 ans est néfaste pour les Français, pour la France et pour l'Europe.

A cette occasion, je souhaite souligner la pertinence et le dynamisme des blogueurs Hauts-Normands. Voici la liste des 10 premiers de notre région référencés sur e-buzzing, parmi plus de 300 000 ! (classement au général, dans la rubrique politique et en Haute-Normandie).

Arnaud Mouillard : général 16ème; politique 8ème; régional 1(1er Seine-Maritime)

Philippe Méoule : général 114; politique 40; régional 2 (1er Eure)

Voie Militante : général 277; politique 71; régional 3

Aurelinfo : général 465; politique 87; régional 4

UMA 76 : général 588; politique 102; régional 5

Arnaud Levitre : général 1618; politique 164; régional 6

Claude Taleb : général 3558; politique 216; régional 7

Jean-Carles Houel : général 4507; politique 238; régional 8

Alain Rey : général 6241; politique 263; régional 9

Gérard Silighini : général 15405; politique 378; régional 10

Certain blogueurs ont fait le choix de ne pas être référencés. Pour autant, ils tout aussi pointus et pertinents. Vous pouvez en retrouver certains dans mes liens sur la colonne de droite. Tous à la Une !

 

Jusqu'au bout, les mauvais coups

Vives réactions à gauche après l’annonce de nouvelles mesures d’austérité

L’intervention de Nicolas Sarkozy, dimanche soir, devant les téléspectateurs de six chaînes a provoqué de vives réactions de la part des responsables politiques de toute la gauche.

Pour Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, « Nicolas Sarkozy vient d’annoncer un troisième plan d’austérité. Standard and Poor’s a été obéie. Cela va saigner. La ponction annoncée pour servir la finance sera supportée à 85% par les ménages. Le capital y contribuera six fois moins. J’annonce même qu’il n’y contribuera pas du tout. Car les mesures qui frappent le peuple s’appliqueront tout de suite, tandis que celles qui toucheraient le capital sont reportées au lendemain de l’élection. Des milliers de jeunes seront poussés hors de l’école pour aller en apprentissage. Terrible nouvelle, les salaires et le temps de travail seront négociés dans l’entreprise et la loi n’y pourra rien. Enfin le logement sera de nouveau dérégulé, soit disant pour baisser les loyers. Jusqu’au bout, le président sortant aura cherché à enfumer les Français. »

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, se dit « scandalisé » par les annonces de Nicolas Sarkozy : « Au terme d’un quinquennat qui a poussé le pays dans la récession et saccagé l’emploi industriel, il décide, à quelques semaines des élections, deux énormes nouveaux cadeaux au patronat. Premier cadeau : un allègement de 13 milliards d’euros de cotisations sociales patronales essentiellement payé par une hausse de la TVA, autrement dit un coup de poignard dans le pouvoir d’achat populaire. »

Pierre Laurent précise qu’un « second cadeau » est offert au patronat avec « la possibilité pour le patronat d’échapper à toute durée légale du temps de travail par le biais d’accord dit de compétitivité. », ajoutant que « Tout le reste est à l’avenant : matraquage mensonger sur le coût du travail, règle d’or pour les collectivités locales, nouvelle mesure de déréglementation du marché immobilier sous prétexte de crise du logement. Tout cela n’est que l’énième et dernier coup de force présidentiel. Les privilégiés et les financiers auront été servis jusqu’au bout. Les salariés n’ont plus rien à attendre de ce pouvoir. C’est maintenant à la gauche de construire une alternative solide et le Front de Gauche va y consacrer toutes ses forces. »

Pour le Parti communiste français : « Dans une posture de père protecteur et suprême, le Président de la République s’est livré - simultanément sur six chaînes de télévision - à un nouveau numéro de mensonge éhonté. Nicolas Sarkozy a répété ses habituelles contre-vérités pour tenter de faire avaler à nos concitoyennes et concitoyens une saignée supplémentaire de leur pouvoir d’achat par le biais de 1,6 point supplémentaire de TVA, soit une hausse de 8,2 % de l’impôt le plus injuste qui soit.

Contrairement à ce que prétend le chef de l’État, le coût du travail dans l’industrie française est strictement équivalent à ce qu’il est en Allemagne. Dans l’industrie automobile, il est même inférieur de 25% à ce qu’il est outre-Rhin. Le coût et la durée légale du travail ne sont pas la cause du chômage. Pas plus qu’une nouvelle baisse des cotisations patronales n’est la garantie d’une relance de l’emploi. Bien au contraire ! Les cotisations patronales n’ont cessé de diminuer et le chômage a constamment grimpé pour atteindre son plus haut niveau depuis douze ans. Les recettes préconisées par le chef de l’État, y compris l’instauration d’une "règle d’or" pour conforter l’étau des marchés financiers, sont tout aussi injustes socialement qu’elles seront inefficaces économiquement. La relance dont a besoin notre pays, passe par une augmentation des salaires et des minimas sociaux. Elle nécessite aussi l’interdiction des licenciements dans toute entreprise qui fait des profits.

Ses quelques incantations sur le logement ou sur l’avenir des jeunes, ne peuvent faire oublier que le chef de l’État a doublé le volume des niches fiscales au cours du quinquennat. Cette année encore, les plus fortunés gagneront deux milliards grâce à sa réforme de l’ISF. Ce soir, Nicolas Sarkozy s’est présenté pour ce qu’il est, le défenseur des actionnaires et des plus fortunés. C’est bien d’une politique radicalement différente, marquée par une nouvelle répartition des richesses en faveur du travail, dont ont besoin nos concitoyennes et concitoyens. »

François Rebsamen (sénateur PS ) : « Nicolas Sarkozy a tenté en vain, ce soir, d’endosser les habits du Capitaine courage, mais il faisait plutôt penser aux médecins de Molière qui, à force de saignées, achevaient le malade qu’ils étaient censés guérir. (...) Ces mesures ficelées à la hâte, prises à deux mois de la fin de son quinquennat, sont le signe de l’affolement d’un président aux abois. L’exercice médiatique de ce soir n’est rien d’autre qu’une fuite en avant. Elle est pathétique pour le président candidat, dangereuse pour la France et dramatique pour les Français. »

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’Europe écologie les Verts (EELV) : « Ce président fait de la communication et des annonces parce qu’il est impuissant, il est sans doute terrorisé à l’idée de l’élection et du coup il nous met dans une situation où il risque de fragiliser encore davantage nos protections sociales. C’est évidemment un candidat, un candidat angoissé. (…) Comme il a peur qu’on ne le regarde pas, il oblige quasiment les Français qui voudront allument leur télévision ce soir à écouter ce qu’il a à dire. »
Humanité.fr

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Coup de poignard dans le pouvoir d'achat populaire!

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF réagit à la prestation télévisée de N. Sarkozy sur 9 chaines de télévision à heure de grande écoute.

Au terme d'un quinquennat qui a poussé le pays dans la récession et saccagé l'emploi industriel, il décide, à quelques semaines des élections, deux énormes nouveaux cadeaux au patronat. Premier cadeau : un allègement de 13 milliards d'euros de cotisations sociales patronales essentiellement payé par une hausse de la TVA, autrement dit un coup de poignard dans le pouvoir d'achat populaire. Second cadeau : la possibilité pour le patronat d'échapper à toute durée légale du temps de travail par le biais d'accord dit de compétitivité. Tout le reste est à l'avenant : matraquage mensonger sur le coût du travail, règle d'or pour les collectivités locales, nouvelle mesure de déréglementation du marché immobilier sous prétexte de crise du logement.

Tout cela n'est que l'énième et dernier coup de force présidentiel. Les privilégiés et les financiers auront été servis jusqu'au bout. Les salariés n'ont plus rien à attendre de ce pouvoir. C'est maintenant à la gauche de construire une alternative solide et le Front de gauche va y consacrer toutes ses forces.

Sarkozy : le massacre de la protection sociale comme seule ambition Le président de la république a dévoilé hier une partie de ses objectifs : se débarrasser de la protection sociale à la française. Derrière le paravent de la compétitivité, il décide non seulement d'exonérer la totalité des cotisations familiales pour les salaires allant jusqu'à 2,1 fois le SMIC, mais aussi d'augmenter la TVA à 21,6%. Quelle entourloupe !

La fiscalisation du financement de la protection sociale n'est pas la solution. Au contraire, il faut revenir à un financement adossé au travail qui est le lieu de la création de richesses. Il faut faire cotiser les revenus financiers à la même hauteur que les revenus du travail et non faire miroiter pour le mois d'août une très hypothétique taxe sur les transactions financières à hauteur de 0,1% .

La machine de guerre contre le monde du travail est lancée par le président-candidat. La déréglementation du dialogue social avec la primauté sur la loi donnée à des accords d'entreprise est un cadeau attendu depuis longtemps par le patronat. La gauche doit être l'alternative forte et crédible à ce massacre programmé. Avec plus de 300 000 exemplaires vendus, le programme du Front de Gauche « l'Humain d'abord » en est la pierre angulaire.

 

Coup de poignard dans le pouvoir d'achat populaire§

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF réagit à la prestation télévisée de N. Sarkozy sur 9 chaines de télévision à heure de grande écoute.

Au terme d'un quinquennat qui a poussé le pays dans la récession et saccagé l'emploi industriel, il décide, à quelques semaines des élections, deux énormes nouveaux cadeaux au patronat. Premier cadeau : un allègement de 13 milliards d'euros de cotisations sociales patronales essentiellement payé par une hausse de la TVA, autrement dit un coup de poignard dans le pouvoir d'achat populaire. Second cadeau : la possibilité pour le patronat d'échapper à toute durée légale du temps de travail par le biais d'accord dit de compétitivité. Tout le reste est à l'avenant : matraquage mensonger sur le coût du travail, règle d'or pour les collectivités locales, nouvelle mesure de déréglementation du marché immobilier sous prétexte de crise du logement.

Tout cela n'est que l'énième et dernier coup de force présidentiel. Les privilégiés et les financiers auront été servis jusqu'au bout. Les salariés n'ont plus rien à attendre de ce pouvoir. C'est maintenant à la gauche de construire une alternative solide et le Front de gauche va y consacrer toutes ses forces.

Sarkozy : le massacre de la protection sociale comme seule ambition Le président de la république a dévoilé hier une partie de ses objectifs : se débarrasser de la protection sociale à la française. Derrière le paravent de la compétitivité, il décide non seulement d'exonérer la totalité des cotisations familiales pour les salaires allant jusqu'à 2,1 fois le SMIC, mais aussi d'augmenter la TVA à 21,6%. Quelle entourloupe !

La fiscalisation du financement de la protection sociale n'est pas la solution. Au contraire, il faut revenir à un financement adossé au travail qui est le lieu de la création de richesses. Il faut faire cotiser les revenus financiers à la même hauteur que les revenus du travail et non faire miroiter pour le mois d'août une très hypothétique taxe sur les transactions financières à hauteur de 0,1% .

La machine de guerre contre le monde du travail est lancée par le président-candidat. La déréglementation du dialogue social avec la primauté sur la loi donnée à des accords d'entreprise est un cadeau attendu depuis longtemps par le patronat. La gauche doit être l'alternative forte et crédible à ce massacre programmé. Avec plus de 300 000 exemplaires vendus, le programme du Front de Gauche « l'Humain d'abord » en est la pierre angulaire.

 

Sarkozy doute : la gauche gagnera en mai 2012...

sarko_dort.jpgDans l'esprit de Sarkozy, il y a un doute : "En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude." (On a mal pour lui !). C'est ce que le chef de l'Etat déclare, depuis quelques jours, quand on l'interroge sur l'hypothèse de sa défaite à l'élection présidentielle en 2012. C'est donc bien qu'il l'envisage comme possible en dépit des manifestations d'enthousiasme et des protestations de confiance qu'il multiplie devant ses visiteurs.

"De toute façon, je suis au bout, ajoute-t'il. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière." Celle-ci, ajoute-t-il, peut intervenir dans quelques mois ou dans cinq ans. "

Bon, ici, on préfèrerait tout de suite ! Dire que ce sera simple pour la gauche et Hollande, on ne le dira pas non plus !

Toutefois, on sent chez nos adversaires un vrai doute. Le fameux tract qu'ils ont sorti à 6 millions d'exemplaires en témoigne. Quand on titre: "Rétablissons la vérité sur notre bilan", c'est que l'on bat en retraite, c'est que l'on envisage la défaite. La gauche avait commis ce même genre d'erreur prémonitoire en affichant, dans les années Jospin :" Au secours, la droite revient !".

De plus, le contenu du tract est une mine pour les militants de gauche : chaque action est nommée et chiffrée ! Que du bonheur pour leur foutre sur la gueule !!! Ne nous gênons pas, il ne se gêneront pas non plus...

Au fond, après 10 ans de pouvoir, la droite a peut-être envie de se reposer quelques années... Ce qui ne serait pas idiot !

 

Contre le discours dominant sur la dette publique

Texte invité
Article collectif paru dans "Le Monde"

Il y a deux manières de raconter ce qui se passe en Europe. Selon le storytelling dominant, nous avons trop dépensé. Experts et éditorialistes devisent sur la France qui, comme les autres pays dépensiers, "vit depuis plus de trente ans à crédit". L'enjeu pour la gauche serait seulement de "donner du sens à la rigueur" en attendant de "relancer la croissance".

Ce scénario semble aussi évident que l'air que nous respirons. Il est pourtant contraire aux principaux chiffres officiels, et une narration alternative apparaît mieux fondée. Ainsi selon le rapport sur "La dépense publique et son évolution", publié par Bercy, la part des dépenses publiques dans le PIB français est passée de 52,8 % dans les années 1990 à... 52,9 % dans les années 2000.

Si les déficits et la dette ont flambé, ce n'est pas du fait d'une envolée des dépenses, mais à cause d'une réduction des recettes. Le manque à gagner annuel dû aux exonérations et baisses d'impôts consenties dans les années 2000 est chiffré par Gilles Carrez, député UMP et rapporteur du budget, à plus de 100 milliards d'euros. Et la crise financière a provoqué une chute brutale des recettes publiques déjà érodées par cette contre-révolution fiscale. Cette dette est celle de la finance et du néolibéralisme, pas des assurés sociaux ni des citoyens.

Deux narrations aussi contradictoires de l'histoire de la dette publique déterminent deux réponses antagoniques. Selon l'histoire officielle, une cure sévère d'amaigrissement budgétaire s'impose, sans débat autre que sur les modalités, pour que la France restaure ses finances publiques et que ses entreprises redeviennent compétitives. Dans la narration alternative, à l'inverse, la clé de la situation réside dans une réforme fiscale redistributive, couplée à une cure amaigrissante et une mise sous tutelle... du secteur financier.

En outre, la réforme fiscale, qui permet de réduire le déficit courant, n'épongera pas la dette : les intérêts versés en 2011 aux rentiers - ceux-là mêmes qui ont bénéficié des baisses d'impôts - se montent à 50 milliards d'euros, avant même la prochaine perte du triple A et de probables hausses des taux exigées par les marchés.

Pour alléger ce fardeau, préserver les services publics et la protection sociale, et enclencher une transition écologique, le débat démocratique devra déterminer si une part de cette dette est illégitime, c'est-à-dire contractée au nom d'arguments infondés et au bénéfice d'intérêts particuliers et, le cas échéant, décider un défaut sur cette partie de la dette. Les États devront à l'avenir se financer ailleurs qu'auprès des seuls marchés financiers, comme ils le faisaient jusqu'au début des années 1980 : faute de quoi ils ne pourront plus prétendre à aucune souveraineté.

Ils devront également prendre acte que cette crise est aussi celle d'un modèle de croissance insoutenable, et réorienter les investissements publics vers des programmes écologiquement plus sobres et plus riches en emplois, au lieu de grands projets productivistes, coûteux et obsolètes.

Mais si la narration critique a pour elle la vraisemblance du diagnostic, elle se heurte aux "évidences" martelées, et la nécessaire radicalité des réponses qu'elle appelle peut inquiéter. C'est pourquoi un appel pour un "audit citoyen de la dette publique" a été lancé mi-octobre 2011 par des personnalités et nombre d'organisations syndicales, associatives et politiques, rejoints depuis par plus de 50 000 citoyens.

Des collectifs locaux se créent dans de nombreuses localités pour proposer aux citoyens de s'emparer de ce débat. Ces initiatives n'ont pas encore intéressé les médias, mais veulent susciter dans les profondeurs de la société un débat de la même intensité que celui qui a précédé le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005.

Car les questions alors débattues se posent avec une tout autre acuité, à l'heure où le tsunami de l'austérité arrive d'Europe méridionale. Les réformes institutionnelles adoptées depuis un an, et parachevées par le "traité intergouvernemental à Vingt-Six" décidé au sommet européen de décembre, ne font que radicaliser une logique de répression budgétaire et de soumission aux marchés financiers, dont la crise manifeste pourtant l'échec patent. Alors que le navire de Maastricht s'est déchiré sur les récifs de la crise financière, les capitaines s'épuisent à coller des rustines sur les débris qui flottent.

Une idée a servi de clé de voûte à l'architecture européenne depuis Maastricht : les marchés sont plus intelligents que les gouvernements et les électeurs. Concurrence fiscale et sociale au sein d'un marché libre et non faussé ; réduction des recettes publiques pour augmenter la compétitivité ; obligation faite aux États, en cas de déficits, de se financer sur les marchés ; interdiction faite aux États de s'entraider financièrement... : la zone euro a été conçue pour éliminer les politiques économiques volontaristes et placer les États sous le pilotage automatique des marchés. La tentative désespérée de sauver cette architecture aux principes obsolètes ne peut qu'échouer, fût-ce avec des eurobonds (des titres communs pour mutualiser la dette des pays de la zone euro) qui resteront soumis au jugement et donc aux critères de "bonne gestion" des marchés. L'échec programmé de ce sauvetage peut déboucher dans les années à venir sur un éclatement de l'euro et un déferlement des courants nationalistes, autoritaires et xénophobes qui travaillent les sociétés européennes. Mais le pire n'est pas certain. Les aspirations démocratiques, elles aussi, sont très vivaces en Europe, notamment dans la jeunesse, comme le montre l'essor des mouvements "indignés" dans les pays du Sud, jusqu'ici les plus touchés par la crise sociale et démocratique.

La nomination d'anciens dirigeants de Goldman Sachs comme chefs de gouvernement en Grèce et en Italie, ministre des finances en Espagne ou président de la Banque centrale européenne, ne passe pas. Pas plus que les cris d'orfraie devant l'éventualité d'un référendum, en Grèce ou ailleurs. Les citoyens ne veulent plus être "des jouets dans les mains des banques et des politiciens", comme disent les "indignés" espagnols. Ils veulent pouvoir peser sur leur avenir, faire des projets pour leurs enfants, stopper les dégradations sociales et écologiques qui les indignent.

Face à la surdité des élites, une insurrection démocratique est nécessaire en Europe comme d'ailleurs aux États-Unis, dans le monde arabe, en Russie... Il s'agit de refonder la démocratie dans le champ politique, par un recours intense aux mécanismes de la démocratie directe (initiatives citoyennes, référendums révocatoires...) et de la démocratie délibérative (conférences citoyennes, deuxième Chambre tirée au sort...). Il s'agit aussi de l'élargir au champ économique, à commencer par le système bancaire, dont le sauvetage imminent par les deniers publics doit être l'occasion de le placer sous le contrôle non pas des fonctionnaires de Bercy ou de Bruxelles, mais de la société civile. L'horizon semble bouché par leur dette : dégageons-le en réinventant notre démocratie.

Geneviève Azam, économiste, membre du conseil scientifique d'Attac ;
Étienne Balibar, philosophe ;
Thomas Coutrot, économiste, coprésident d'Attac ;
Dominique Méda, sociologue ;
Yves Sintomer, politologue.

Attac organise, en partenariat avec Mediapart, la journée de débats "Leur dette, notre démocratie", le dimanche 15 janvier, à l'Espace Reuilly (Paris 12e).

 

Le groupe citoyens de gauche de Bédarieux vous invite à son bilan annuel.

Le groupe « Citoyens de Gauche » du Conseil Municipal de Bédarieux vous présentera son bilan annuel :

Jeudi 22 décembre 2011
À 18 heures

salle Achille Bex

Un pot citoyen clôturera cette rencontre

 

Le Sénat "de gauche" s'attaque à la réforme des collectivités locales.

s_nat___gauche.jpg(Sources : Le courrier des maires) La majorité de gauche du Sénat s'est attaquée le 2 novembre 2011 au volet intercommunal de la réforme des collectivités territoriales, avec l'examen d'une proposition de loi de Jean-Pierre Sueur (PS) qui chamboule les règles de regroupement des communes prévues par la réforme de décembre 2010. A terme, il s'agit d'abroger la réforme territoriale et de s'attaquer à la création du Conseiller territorial... Rien de moins !

La proposition de loi du président de la commission des lois reporte de deux ans la date butoir initiale (le 31 décembre 2011) et redonne la main aux élus au détriment du préfet, ce qui n'est pas rien...

Cette proposition s'inscrit dans la logique de la demande du moratoire sur l'intercommunalité adressée au Premier ministre par Jean-Pierre Bel (PS), après son élection à la présidence du Sénat. François Fillon avait alors promis plus de souplesse. Le ministre des Collectivités Philippe Richert a accepté, lui, un délai supplémentaire (jusqu'au second semestre 2012).

Les compétences aux commissions départementales de coopération intercommunale (CDCI).

La proposition de loi prévoit d'étendre les prérogatives de la commission départementale de coopération intercommunale (CDCI). Composée des élus concernés, elle élaborera puis adoptera dans chaque département les périmètres et conditions du regroupement des communes. Dans la loi votée en 2010, c'est le préfet qui dispose de ces compétences. Le préfet pourra arrêter le schéma mais uniquement en cas de blocage.

Le texte PS préserve également les syndicats intercommunaux existants, notamment scolaires, menacés de disparaître et proroge le mandat des élus intercommunaux.

L'UMP est montée au créneau contre ce texte en retardant l'examen des articles avec dépôt de motion de procédure, nombreux amendements, longues interventions, suspension de séance. La PPL étant inscrite dans une "niche" parlementaire dont le temps de discussion est fixé à quatre heures, elle n'a pu être votée mercredi. Elle devrait se poursuivre jeudi soir et éventuellement vendredi matin et après-midi, selon une décision du 2 novembre de la Conférence des présidents du Sénat.

La proposition de loi "remplace le dispositif de l'intercommunalité par un autre, la seule chose qui ne change pas ce sont les appellations" a lancé Philippe Richert.

Elle "remet en cause tout le travail déjà fait par les élus" et "l'ensemble d'un texte voté il y a à peine un an", a protesté le ministre. L'UMP s'est cependant retrouvée un peu seule, les centristes appuyant le texte PS qui a intégré plusieurs de leurs amendements.

Répondre aux élus de terrain.

Cette proposition de loi "a le mérite de répondre aux questions des élus de terrain, l'intercommunalité est une réalité de la vie locale", a plaidé Jacqueline Gourault au nom de l'Union Centriste. Elle a suggéré d'organiser "une discussion commune" avec un texte déposé sur le même sujet par le député et président de l'Association des maires de France (AMF), Jacques Pélissard (UMP).

Ce texte "donne la priorité de décision aux élus en faisant le pari qu'ils ont la maturité pour achever le processus", a expliqué le rapporteur PS, Alain Richard.

Christian Favier (CRC, communiste) a estimé que la proposition de loi "ouvre un chemin, règle un certain nombre de questions", mais il a rappelé au PS son engagement d'abroger la réforme territoriale.

La gauche sénatoriale présentera le 15 novembre une proposition de loi supprimant ce conseiller territorial.

 

Payer pour les banques?? Pour six Français sur dix c’est non !

Selon un sondage Ifop pour l’Humanité, 59% des Français sont contre une aide de l’État aux banques. Une majorité des sympathisants de gauche souhaite une nationalisation et une forte majorité demande au minimum une contrepartie.

Faut-il aider les banques?? La réponse est clairement non. Selon un sondage réalisé par l’Ifop pour l’Humanité, 59% des Français sont opposés à ce que l’État apporte à nouveau une aide financière aux banques et renforce leur capital.Une opposition franche à gauche. De 71% pour les sympathisants du Front de gauche à 66% pour ceux du PS. La droite est assez partagée, avec 51% de ses sympathisants contre l’aide.

En janvier 2010, la majorité des Français approuvait l’intervention auprès des banques réalisée après la faillite de Lehman Brothers. « Depuis, le sauvetage des banques a laissé un goût amer, analyse Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion publique à l’Ifop. Contrairement aux autres secteurs, les banques sont sorties très vite de la crise, en affichant des bénéfices exceptionnels. Et les pratiques anciennes – rémunérations extravagantes des dirigeants et bonus des traders – ont repris de plus belle ».

Autre élément à prendre en compte, la solidité des établissements bancaires. « Avec les bénéfices record dégagés ces derniers mois, les Français ont confiance dans la solidité de leur banque et ont le sentiment qu’avec leurs ressources, elles peuvent s’en sortir toutes seules », estime Jérôme Fourquet. Et si, dans l’urgence, l’État devait immédiatement intervenir pour éviter le risque systémique, comme c’est le cas aujourd’hui pour Dexia, les formes d’intervention devraient alors être différentes de celles de 2008. Invités à choisir entre des prêts aux banques sans contrepartie comme en 2008, une entrée dans le capital sans être majoritaire ou enfin une nationalisation, les Français montrent qu’ils ne veulent plus être les dindons de la farce. Ainsi, 65% des sympathisants du Front de Gauche sont pour une nationalisation, de même que 42% de ceux du PS. Et respectivement 21% et 28% d’entre eux sont pour qu’au minimum l’État français entre dans le capital des banques. « Ce n’est pas pour rien que ce thème de la mise sous tutelle des banques a été très largement abordé lors des primaires socialistes », observe le responsable de l’Ifop, dont le sondage a été réalisé la veille du premier tour du vote socialiste. Même à droite, le plan de sauvetage de 2008 est mis à mal, puisque ce type d’intervention n’obtient plus que 55% d’opinions favorables chez les sympathisants UMP. « La droite ne laissera pas passer un nouveau plan d’aide sans contrepartie », assure Jérôme Fourquet.

Article paru dans l'Humanité

 

Sénatoriales : majorité basculée, l’UMP désavouée

Avec 177 sièges sur 348, la gauche a obtenu dimanche la majorité absolue au Sénat. C’est historique : le Sénat n’est plus à droite, jamais un chef d’État n’avait connu un tel désaveu.

Malgré une élection très peu démocratique en elle-même, le Sénat s’est rapproché de l’état de l’opinion. Le mécontentement des citoyens a trouvé écho chez les élus locaux qui doivent gérer vaille que vaille des collectivités aux moyens amputés : suppression de la taxe professionnelle, RGPP, réforme territoriale…
Incontestablement, le coup est rude pour la droite et l’UMP en particulier.

L’alliance PS, EELV et PCF remporte la majorité absolue. Le Front de Gauche progresse globalement en nombre de voix. De beaux scores ont été faits dans de nombreux départements, comme le Lot, le Jura, le Loir-et-Cher et dans les Pyrénées. Pourtant Le PCF cède tout de même 2 sièges au PS, dans l'Essonne, à cause d’un dissident socialiste et en Seine Saint Denis. Sur 16 sièges renouvelables, le Parti communiste français en réélit 14 et en gagne 1 nouveau dans le Morbihan, avec l’élection de Michel Le Scouarnec. Le groupe Front de Gauche du Sénat compte désormais 21 élus dont 20 communistes.

Au final, c’est surtout le groupe socialiste qui se renforce avec 123 sièges, tout comme EELV qui remporte 10 sièges contre quatre sortants. Il y a également 13 sénateurs divers gauche, 1 MRC et 10 PRG.
La droite est assez fragmentée : l'UMP conserve tout de même 124 sièges, le Nouveau Centre 12, le MoDem 4, le Parti Radical 4, la Gauche Moderne et le MPF ont chacun 1 sénateur, plus 18 divers droite.

Prochaine étape : l'élection, samedi 1er octobre, du nouveau président du Sénat. Gérard Larcher, l'actuel président, se présentera à nouveau. Le candidat de la gauche devrait être Jean-Pierre Bel.

La réaction de Pierre Laurent : La citadelle de la droite est tombée !
"C'est une sanction sans appel de la politique gouvernementale. Ce scrutin porte la marque du rejet de ses choix et de la colère des élus des collectivités territoriales face aux attaques répétées du gouvernement contre la démocratie locale. (…) Le rôle de notre groupe sort conforté de ce scrutin. Il se battra dès les discussions de cet automne sur le budget de la nation et le projet de loi de finance de la sécurité sociale. Les sénatrices et sénateurs communistes demandent que la nouvelle majorité du Sénat se prononce au plus vite pour l'abrogation de la réforme des collectivités territoriales que ce scrutin condamne sans ambiguïté."

Roland Muzeau, porte-parole des députés PCF : "Malgré un scrutin aux modalités contestables, cette « prise du Palais d'hiver » traduit la colère que suscite la politique antisociale du gouvernement. Cet événement est aussi une réponse au coup de force contre la démocratie auquel la majorité présidentielle s'est livrée avec sa reforme des collectivités. C'est un formidable encouragement a se rassembler pour battre la droite aux élections présidentielle et législatives et imposer une politique qui réponde enfin aux besoins de nos concitoyens et du pays".

Humanité.fr

 

Le Sénat à gauche : pour quoi faire ?

s_nat.jpg La gauche a remporté ce dimanche 25 septembre 2011, pour la première fois depuis le début de la Ve République, la majorité absolue au Sénat, en conquérant les 23 sièges supplémentaires qui lui étaient nécessaires, et ce 7 mois avant la présidentielle.

Evidemment, cette avance arithmétique, si elle doit être logiquement transformée en victoire pour la gauche, ne présage en rien des tractations de coulisses qui ne manqueront pas de se tenir durant toute cette semaine, avant que n'ait lieu, samedi 1er octobre, l'élection du président du Sénat.

Mais faisons donc confiance à tous ces "jeunes gens" pétris de convictions, pour qu'ils nous sortent du chapeau des jeux d'alliances auxquels personne ne comprendra rien !

Plus grave, à l'heure où l'on attend urgemment du personnel politique (très provisoire, il est vrai), qu'il prenne la main sur les financiers et les économistes prédateurs pour nous expliquer comment et pourquoi nous devons nous adapter à une ère radicalement nouvelle pour sortir de la crise, il serait regrettable que cette élection, remportée par la gauche, soit un mauvais signal envoyé aux abstentionnistes, aux aquoibonistes, à moins que ce soit aux véritables futuristes...

Alors, le Sénat à gauche, oui, mais pour quoi faire de sérieux pour l'avenir ?

 

Val d'Oise : sénatoriales 2011

bouteille_et_flute_de_champagne.jpgLe Val d'Oise aura de nouveau trois sénateurs de gauche : Alain Richard (PS), Dominique Gillot (PS) et Robert Hue (MUP) sont élus.

A droite, Hugues Portelli et Francis Delattre sont élus sur deux listes toutes deux investies par l'UMP.

Jacqueline Eustache-Brinio, maire de Saint Gratien, deuxième sur la liste conduite par H. Portelli, ne siègera donc pas au Sénat. En 2010, elle avait été devancée dans sa propre ville par la liste de gauche lors des élections régionales.

Sur les exprimés (2127) :

Liste Richard (PS/PCF/EEE) : 973 voix soit 45.75% et 3 élus dont Robert Hue

Liste Portelli (UMP) : 499 voix soit 23.46% et 1 élu

Liste Delattre (UMP aussi) : 340 voix soit 15.98% et 1 élu

Liste Sueur (Centre) : 185 voix (soit 8.7%)

Liste Boumédienne (Alternative) : 85 voix (soit 4%)

Liste Simonnot (FN) : 45 voix (soit 2.11%)

 

Le Sénat à gauche dans une semaine ?

s_nat.jpgLa droite s’inquiète. Le 25 septembre prochain le Sénat se renouvelle partiellement. 71 890 « grands électeurs » de 44 départements, dont tous ceux de l’Ile de France, éliront 170 sénateurs pour un mandat de 6 ans. Le scrutin est ainsi fait que la Haute Assemblée, prétendument représentative des territoires, est ancré à droite alors que la grande majorité des collectivités est dirigée par la gauche. Jamais le Sénat n’a basculé mais pour la première fois sous la Vè République, la droite pourrait y perdre la majorité. Il suffit que 23 sièges tombent de droite à gauche, celle-ci comptant déjà 153 sénateurs sur 453. Les gains électoraux de la gauche dans les collectivités locales ces dernières années devraient y aider. Et surtout, les grands électeurs, essentiellement des élus locaux, pourraient profiter de l’occasion pour exprimer leur fort mécontentement vis à vis de la politique gouvernementale et ses conséquences sur les territoires. Réforme des collectivités locales, gel des dotations d’État pour trois ans, qui amplifie l’asphyxie financière engagée avec la suppression de la taxe professionnelle en 2009 sont des sujets qui fâchent. S’ajoute le danger d’une « recentralisation » avec la création de métropoles et d’intercommunalités concurrençant les régions et départements, éloignant les citoyens des lieux de décision. Le nouveau statut de « conseiller territorial » est aussi fortement contesté, les 102 présidents de conseils généraux s’étant prononcés contre. Le basculement du Sénat serait évidemment un signe très négatif pour la majorité à quelques mois des élections présidentielle et législatives de 2012.

Dans le Val d’Oise, la situation à la veille de ces élections est cocasse puisque pas moins de trois listes de droite sont constituées, dont deux officiellement investies par l’UMP… Curieusement, ces trois listes sont toutes conduites par … des hommes, réduisant donc fortement la possibilité de voir élire une femme. Pour certains, il s’agit purement et simplement d’un détournement des règles de la parité s’appliquant aux élections sénatoriales. « Les hommes sont tête de gondole et les femmes pompom girls » ironise le PS val d’oisien. La grogne d’étend jusque dans les rangs de la droite, puisque le maire de Saint Gratien, Jacqueline Eustache Brinio, deuxième sur la liste conduite par le maire d’Ermont, confie au Parisien son agacement : « Cela fait partie des choses qui font mal, je ne le cacherais pas. Investir deux têtes de liste masculines à l’UMP se fait évidemment au détriment des femmes. Dès qu’on peut détourner la parité, on le fait !» En désaccord donc avec le patron de l’UMP 95, qui pense à un mauvais procès, puisque, dit-il, « je n’y ai même pas pensé ! » Disons au passage que cela est bien regrettable, de ne pas penser à la place à accorder aux femmes…..

Quant à Madame Eustache, une deuxième défaite électorale serait pour elle malvenue. Élue à grand peine, lors des élections de mars 2010, dans la minorité du conseil régional, elle fut devancée dans sa propre ville au deuxième tour par la liste de gauche. Sera-t-elle élue à nouveau dans un groupe minoritaire si le Sénat bascule à gauche ? Ou écartée du podium par ses propres amis de l’UMP ? Ou bien encore handicapée par ses récents démêlés avec le Tribunal administratif pour atteinte au droit de réunion et ses positions discriminatoires, excluant des services municipaux les réfugiés politiques résidant sur sa commune ? Des risques non négligeables. Réponse dans quelques jours, le 25 septembre.
senat_2.jpg

 

Crise financière : il est temps d’imposer une autre logique

crise.JPGLes banques nous ont conduits dans le mur !

La spéculation affole le monde par sa rapacité. Les banques dictent maintenant leurs ordres aux États pour étouffer nos pays dans l’étau de la vie chère et du crédit. Les dirigeants des États et les politiques libéraux, de droite comme de gauche, refusent de s’attaquer aux origines de la crise, la spéculation financière, et se soumettent aux diktats des marchés financiers et de leurs agences de notation.

Pourtant, rappelle Pierre Laurent , secrétaire national du PCF, « de la Grèce à l’Égypte en passant par l’Espagne et Israël, le monde entier rejette l’austérité. Une vraie politique de gauche se doit d’inverser cette logique et de proposer une relance sociale. » Les solutions existent pour sortir de la crise à condition d’avoir le courage de dire et de faire en sorte de dessaisir les marchés financiers de leur pouvoir.

La dette : une affaire qui rapporte

Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière.

Deux exemples :

• Avant 1974, les États européens pouvaient emprunter directement aux banques centrales nationales à 0%. C’est maintenant interdit, ils sont contraints d’emprunter sur les marchés financiers aux banques privées. Depuis 1974, la France a payé en intérêts 1 200 milliards d’euros, à comparer avec les 1 641 milliards de dette publique actuelle !

• Les banques privées obtiennent de l’argent auprès de la Banque centrale européenne ( la BCE) à un taux de 1,5% pour re-prêter aux États entre 3 et 15%, comme à la Grèce pour ce qu’elles appellent un sauvetage !

La finance dicte sa loi

Nos gouvernants, issus d’élections, reçoivent maintenant des injonctions du secteur privé leur disant ce qu’ils doivent faire. Et plutôt que d’écouter leurs peuples, ils s’y plient quand ils ne les devancent pas.

Deux exemples :

• Après le plan du FMI pour la Grèce, c’est la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques comme l’a confirmé le Traité de Lisbonne, qui envoie une lettre au gouvernement italien. Elle l’incite à agir par décret pour « libéraliser l’économie italienne ; privatiser les entreprises locales qui gèrent les déchets, les transports, l’énergie ; assouplir le droit à licencier ; réduire le niveau de rémunération ; réduire le niveau de protection sociale… pour doper la compétitivité. »

• L’agence de notation Standard et Poor’s, qui a dégradé la note des États-Unis, décerne un brevet de bon élève à Sarkozy pour sa réforme des retraites « une mesure intelligente » et pour « ses choix de rigueur budgétaire bien conçus » et l’encourage à poursuivre dans cette voie pour garder son AAA. Aux ordres, Sarkozy demande aux parlementaires français d’inclure la règle d’or dans la constitution, c’est à dire graver dans le marbre constitutionnel les politiques d’hyper- austérité.

Privations et privatisations, ce sont les peuples qui paient la crise

Alors que ce sont les marchés financiers qui conduisent le monde au bord du gouffre, tout est fait pour maintenir leurs profits et nous faire payer l’addition à grands coups de privatisations et de réduction des dépenses sociales.

Deux exemples :

• Le FMI a imposé à la Grèce 50 milliards d’euros de privatisations. Le secteur privé, avec l’argent que continue de lui verser la Grèce pour sa dette, pourra lui acheter à des prix intéressants des ports, des aéroports, des universités, l’énergie…. Et ce seront encore les Grecs qui paieront plus pour se déplacer, étudier, se chauffer ou s’éclairer.

• En France, le nombre de personnes privées d’emploi continue d’augmenter de façon dramatique. A cette annonce, Christine Lagarde, nouvelle directrice du FMI et ancienne ministre de l’Économie et des Finances de Sarkozy, préconise « de renforcer la rigueur notamment salariale » et de poursuivre la politique d’exonération et de cadeaux aux entreprises qui pourtant délocalisent et licencient.

Quand on est de gauche, on ne transige pas

Dans sa lettre aux parlementaires, le président de la République plaide en matière de politique européenne pour une alliance « au-delà des intérêts partisans » à une union sacrée pour la maîtrise des déficits publics ».

Ces vibrants appels à l’union nationale relayés par des dirigeants du Parti socialiste permettraient, s’ils étaient entendus, d’obtenir la majorité nécessaire à l’adoption par le parlementaires de la « règle d’or ».
Pour le Parti communiste français, les choses sont claires : il est hors de question de prêter la main à l‘adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination, avec toutes les forces du Front de Gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Changer de logique et imposer d’autres choix, c’est possible

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe. Elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Et précisément, le Parti communiste propose :

• Un pôle public bancaire délivrant un crédit sélectif favorables aux investissements porteurs d’emplois, de salaires, de formations et de recherche

• Des droits nouveaux pour les salariés à l’entreprise à l’inverse des droits de décision que se sont octroyés les marchés.

C’est cela dont le PCF et le Front de Gauche seront porteurs tout au long de cette année électorale et ce week-end lors de la fête de l’Humanité.

Argumentaire PCF

 

L’Humanité invite Charlie-Hebdo

huma_annonce_fete.jpgLe vendredi 16 septembre, un numéro de l'Humanité à ne pas manquer !

Les dessinateurs du journal satirique " Charlie- Hebdo" commentent l’actualité dans l'Humanité. Dans ce numéro, un sondage exclusif : "Qu’attendent les Français des candidats de gauche ?" Et un cahier de 4 pages avec tous les débats de la fête de l’Humanité.

Retrouvez aussi Charlie Hebdo sur la Fête de l'Humanité, vendredi 16 septembre à 18 heures 30 : présentation des Mille Unes de Charlie Hebdo, avec l’équipe du journal satirique au Village du livre.

 

Se conformer à la loi, garder son sang-froid.

Ca sent la rentrée ! A Gisors, l'opposition "droite dure" emmenée par Emmanuel Hyest, critique et combat la politique menée par la municipalité de gauche (à laquelle j'appartiens), ce qui est son rôle. Mais la fin ne justifie pas tous les moyens.

Se conformer à la loi.

En effet, si la Constitution de notre République permet débats et actions, souvent fructueux pour l'avancée de la démocratie et de l’intérêt collectif, il convient de garder à l'esprit que cela s'effectue dans un cadre précis, prévu par le législateur. C'est ce que l'on appelle... la LOI.

impartial_18_aout_2011.jpgAinsi, apprend-on dans l’hebdomadaire local "l’Impartial" du jeudi 18 août dernier, page 33, que des inscriptions apposées sur le mobilier urbain seraient « l’œuvre » de membres de l'association "Un autre Gisors". Il s'agit d'un acte répréhensible au même titre qu’un tag, au sens de la loi n° 79-1150 du 29 décembre 1979, "relative à la publicité, aux enseignes et pré-enseignes et intégrée dans le code de l'environnement qui prévoit un dispositif administratif et pénal pour réprimer l'affichage sauvage dans les villes, qu'il soit publicitaire ou commercial et quel qu'en soit le contenu" (...), disposant "qu'outre l'application éventuelle d'une astreinte de 75 euros à laquelle s'expose le contrevenant, une amende administrative de 750 euros (art. L. 581-26 du code de l'environnement) est applicable" (...).

Voilà bien de curieuses méthodes pour un groupe politique qui poursuit l’ambition de gérer la ville un jour… et qui se pose si souvent en donneur de leçons !

Garder son sang-froid.

Pour autant, qu'il y ait des dysfonctionnements, des ratés, des oublis et autres ornières au sein de la majorité, et donc des améliorations à apporter, c'est évident. Quelle organisation (publique ou privée), ne doit pas chaque jour remettre l'ouvrage sur le métier, interroger ses pratiques, afin d’optimiser ses performances humaines et techniques ? N'est-ce pas d’ailleurs, ce que fait (toujours dans "l'Impartial" de cette semaine, à la même page), notre ami Guy Soury, second adjoint, en charge des travaux et de l'urbanisme, même si la manière employée me semble discutable !

En effet, dénoncer par voie de presse « les manques d’anticipation et les retards de l'administration municipale » n’est ni élégant, car l’obligation de réserve interdira aux fonctionnaires de répondre publiquement, ni justifié, puisque ce sont bien les élus qui décident, orientent et contrôlent le travail que l'administration met en oeuvre avec les équipes. De telles déclarations contribuent à semer le doute dans la répartition des responsabilités entre élus et fonctionnaires qui est pourtant très claire.

A l'heure où le statut de chacun d'eux est dangereusement remis en cause par les politiques de Sarkozy et Fillon à travers la Révision générale des politiques publiques (RGPP), apporter ainsi de l'eau à leur moulin équivaut, me semble-t-il, à marquer contre son camp. Il convient donc de garder son sang-froid, ce qui n'empêche pas, bien au contraire, d'en débattre entre nous.

 

L’austérité nous mène dans le mur

Pierre Laurent : « L’austérité nous mène dans le mur »

Selon Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, la rigueur doit être celle de la gauche envers les marchés financiers et le capital pour porter une alternative de changement.

La gauche socialiste promet le changement et reprend à son compte le thème de la rigueur. N’y a-t-il pas là une contradiction ?

Pierre Laurent. Il y a une erreur d’analyse sur les causes de la crise. Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop-plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière. Les énormes profits acquis contre les salaires, par la précarisation de l’emploi, par la fragilisation des ressources de l’État, sont les causes réelles de la situation auxquelles il faut s’attaquer.

Est-ce à dire qu’il faut rompre ?avec ce dogme de la rigueur ?

Pierre Laurent. Dans toute l’Europe, ce dogme de l’austérité est en train de nous entraîner dans le mur. En Grèce, il y a un an, l’Europe libérale imposait un plan d’austérité en promettant le retour de la croissance. Aujourd’hui, il est demandé aux Grecs des sacrifices supplémentaires, comme les privatisations, qui ne conduiront pas ce pays à sortir de la crise mais affaibliront son potentiel de croissance et ses possibilités de rembourser sa dette. Ce diagnostic vaut pour toute l’Europe. Face à la crise, la réponse unique qui consiste à faire payer la dérive des marchés financiers aux peuples par des politiques d’austérité et de privatisation n’est en aucun cas une solution conforme à l’intérêt des peuples.

Pour autant, le déficit budgétaire de la France – 140 milliards d’euros en 2010 – est une réalité. Quelles sont vos solutions : réduire la dépense publique ou trouver de nouvelles recettes ?

Pierre Laurent. La dette publique a deux origines. La première réside dans le sauvetage de la dette privée sur des fonds publics. La seconde, c’est l’insuffisance de ressources de l’État liée aux politiques d’exonérations fiscales du capital et de précarisation de l’économie et de l’emploi. Il est impératif de restaurer les capacités de développement des États européens pour leur permettre de rembourser leurs dettes. Et ce, sur la base d’une croissance saine, fondée sur des investissements favorables à l’emploi et des dépenses utiles aux besoins des peuples. Tout le contraire des politiques actuelles, faites d’austérité et de purges sociales. Il est urgent de taxer le capital et de juguler la spéculation financière.

Cette question sera-t-elle ?au cœur des débats à gauche en vue ?de l’échéance de 2012??

Pierre Laurent. C’est particulièrement sur ce point que la gauche devra se différencier des politiques qui, sous la férule de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, sont imposées dans toute l’Europe. Le débat devra se mener pour clarifier?les engagements de chacun. ?C’est la condition pour porter ?une politique de gauche ambitieuse. Avec le Front de Gauche, nous sommes la force qui, dès 2005, en nous opposant au traité constitutionnel, a vu et dénoncé l’impasse des politiques libérales. Aujourd’hui, avec la dynamique ?de rassemblement que nous impulsons, nous continuons ce combat pour une véritable alternative de gauche en 2012.

Entretien réalisé par Max Staat pour l’Humanité
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Tract PCF-Front de Gauche : En 2012, prenez le pouvoir !

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