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Vous voulez sauver votre pays ? Vendez-le ?!?

pauvret__dessin.jpgL'ineptie économique, sociale et humaine qui frappe les peuples européens (et les autres), aujourd'hui, trouve sa source en France.

En effet, une réforme de la Banque de France, votée en 1973 sous l’impulsion de Giscard d’Estaing, alors ministre des Finances de Pompidou, interdit au Trésor public d’emprunter directement à la Banque de France à des taux d’intérêt nuls ou très faibles. La Banque de France ne peut donc plus financer par de la création monétaire les déficits publics. Le gouvernement français est dès lors obligé de faire appel aux marchés financiers, c’est-à-dire à des banques privées et ce, aux taux d’intérêt du marché. Il s’agit d’un acte fondateur et destructeur car il inaugure la mainmise des marchés financiers sur les Etats. Cette disposition allait être intégralement reprise lors de la création de la Banque centrale européenne (BCE), puis dans tous les traités européens." C'est pas beau, çà !?

Les marchés, comme on dit, donc les banques, donc les spéculateurs, donc les grandes entreprises, possèdent ainsi nos pays et en exigent les modes de gestion qui leurs semblent les mieux adaptés à leurs rendements ! Pour ce faire, ils tentent de placer des armées d'experts aux manettes, experts qui n'ont de comptes à rendre qu'à eux-mêmes et surtout pas aux citoyens. Cela devrait rassurer les agences de notations, elles-mêmes actionnaires des multinationales, banques et autres prédateurs modernes... Et d'ailleurs, le CAC 40 va bien, merci pour eux !

Les dirigeants politiques (enfin, ce qu'il en reste !), et les grands patrons ont raison, je crois, de s'inquiéter de la montée des Indignés ! Car à trop prendre les gens pour des demeurés, à trop jeter les travailleurs à la rue, à trop jouer avec les nerfs de "la plèbe", un beau jour, le retour de manivelle pourrait être violent et généralisé.

Vous voulez sauver votre pays, vendez-le !

C'est ce que nous dit Aliki Papadomichelaki, membre de Synaspismos, dans son article paru hier dans l'Huma.

Ma patrie, la Grèce, par l’accord nommé «?Mémorandum no 1?», qui rappelle les années de l’occupation allemande, reste dépendante et endettée. Elle reste prisonnière, «?transformée en champ de tir?» (comme le dit bien une chanson grecque). Mon pays est à la merci des usuriers, des puissants de la finance, des banquiers qui exigent le retour de leur emprunt. La Grèce, connue comme le berceau de la démocratie, vient de se soumettre à un gouvernement illégal, dit «?d’unité nationale?».

Cette nouvelle manœuvre politique, commandée par le «?couple?» Merkel-Sarkozy, ignore complètement les exigences d’une démocratie représentative, et donc le recours aux urnes. La tactique de l’élite politico-financière grecque est déjà connue largement par notre peuple?: elle se soumet pleinement aux orientations d’un capitalisme ultranéolibéral qui a conduit le pays à la faillite. Ainsi, la Grèce sera achetée plus facilement par la suite. Le dicton de l’UE est le suivant?: «?Voulez-vous sauver votre pays?? Vendez-le?!?» Cet esprit est d’ailleurs inclus dans l’acte de l’emprunt du 1er mémorandum, qui fut dicté par la troïka, le jour noir du 12?février 2011. Ledit mémorandum n’a pas été encore présenté au Parlement grec pour être adopté, rappelant ainsi les pratiques des régimes coloniaux.

Le nouveau gouvernement aura comme tâche essentielle l’adoption du 2e mémorandum conclu le 26?octobre 2011 à Cannes. Il achèvera le travail du premier?: la décomposition complète des relations de travail – telles qu’elles s’étaient cristallisées au XXe siècle, grâce aux luttes des travailleurs dans le monde. Les élections législatives ne se dérouleront qu’à la fin du moi de février 2012.

Les deux grands partis unis dans la coalition «?d’unité nationale?», ainsi que l’élite économique nationale et européenne, sont très inquiets des luttes actuelles du peuple grec, marquées par des journées de grève générale et des manifestations dans toutes les villes du pays. Dans la seule capitale, ont défilé, durant six heures, un demi-million de gens.

Le chômage atteint 20?%. La jeunesse est sans avenir, en matière de travail mais aussi en termes de perspective d’éducation. La privatisation de l’enseignement supérieur est en marche. Les retraités du secteur public ont vu leurs pensions diminuer de 40?%. Les prix galopent. 140?000 familles sont sans électricité?; elles ne peuvent payer leurs quittances. La Grèce est en train de retourner aux années soixante du siècle passé.

Les sondages donnent aux deux partis du système moins de 40?%, alors que, au sein de la gauche, le pourcentage du PC grec et de Synaspismos – à eux seuls – dépasse les 25?%. Si les formations politiques de la gauche parlementaire et extraparlementaire, qui refusent de se plier aux mémorandums, se mettent d’accord sur un programme électoral minimal, avec comme objectif central la défense des droits sociaux et le redressement économique du pays en faveur de l’intérêt national et social, il sera possible de revendiquer la formation d’un gouvernement. C’est cette perspective que craignent les élites en Grèce et en Europe en court-circuitant les législatives.

La crise mondiale a cassé les relations de travail en Grèce et a détérioré la démocratie représentative. Les peuples portugais, irlandais, espagnol et italien sont sur la «?liste d’attente?». Évidemment, ici, en Grèce, nous sommes conscients que les luttes des travailleurs, les luttes de toute une population fière mais écrasée socialement, ne resteront pas sans fruits. Nous nous battons pour les droits des travailleurs, en espérant donner l’exemple?: ne pas plier les genoux. Nous aspirons aussi à être soutenus par la solidarité de forces du travail dans le monde, par tous ceux et celles épris de justice sociale et de respect de la démocratie.

Le capitalisme est essoufflé. Faisons en sorte que de nouvelles perspectives s’ouvrent graduellement. La participation active et consciente des gens est la condition sine qua non pour des solutions alternatives. Ouvrons les voies, le temps presse.

Aliki Papadomichelaki.

 

L'UE doit soutenir la demande de reconnaissance d'un Etat Palestinien par l'ONU.

 

Conseil européen des 26 et 27 mars : communiqué de presse du groupe GUE/GNL

Conseil européen: un agenda inapproprié alors que les problèmes urgents ne sont toujours pas sur la table des discussions

"Les Chefs d'état doivent mettre les sujets de préoccupation de chaque citoyen au centre des discussions de ce sommet" a déclaré le Président du GUE/NGL Lothar Bisky alors que les dirigeants européens arrivent à Bruxelles pour un sommet de deux jours.

Bien que les dirigeants européens aient annoncé que les mécanismes de coordination pour affronter la crise économique et financière seraient discutés lors des négociations, l'ordre du jour de la réunion est loin d'être satisfaisant.

Bisky a déclaré que le groupe GUE/NGL demande un accord contraignant pour une solution équitable en solidarité avec le peuple grec. "Les accents nationalistes du débat sur la dette de la Grèce sont frivoles et renforcent les forces anti-européennes. Les dirigeants européens doivent collaborer pour prouver que l'Union européenne représente plus qu'un champ de bataille pour la concurrence

En outre, Bisky a invité le Conseil à prendre des mesures en interdisant les "swaps néfastes et autres produits bizarres du monde des joueurs financiers".

Sur la stratégie Europe 2020, Bisky a déclaré que "cette stratégie est basée sur l'idéologie défaillante de la concurrence qui a conduit à la crise. Nous voulons une stratégie pour l'Europe qui mette les besoins sociaux et écologiques avant le profit à tout prix et les stratégies économiques acharnées".
Le groupe GUE/NGL demande des mesures européennes de protection sociale et environnementale améliorées et des objectifs contraignants dans la lutte contre la pauvreté.

Bruxelles, le 25 Mars 2010

 

Formation Cidefe le 25 avril : Pour des collectivités et des services publics européens de progrès.

Logo CIDEFE

Animée par l’un des plus fins connaisseurs des enjeux progressistes européens, cette formation du Cidefe permettra des regards croisés d’élu-es français et européens sur les enjeux du devenir des collectivités et des services publics européens. Elle sera également l’occasion d’analyses institutionnelles et de terrain.

Les élections pour le renouvellement du Parlement européen de juin 2009 vont mettre en débat des enjeux majeurs pour les collectivités locales et les citoyens qui doivent être placés au cœur du processus de la construction européenne.

Dans ce cadre, il convient d’aborder le débat européen à partir de la définition des responsabilités et des compétences des collectivités territoriales en matière de réponse aux besoins des populations et des territoires. Nous aborderons également la question des services publics, afin de réfléchir à les rendre plus efficaces dans le contexte actuel de crise et face à la volonté de la Commission européenne de les déréglementer et de les mettre en concurrence.

Intervenants :

Mireille Elmalan, maire de Pierre Bénite
Gilles Leproust, maire d’Allonnes
Francis Wurtz, président du groupe GUE-NGL au Parlement européen
Anicet Le Pors, conseiller d’Etat, ancien ministre
Un dirigeant syndical

 

Une mauvaise décision concernant les droits des patients.

La commission de l’emploi et des affaires sociales (EMPL) du Parlement européen a adopté son avis sur la proposition de directive relative à l’application des droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers présentée par la Commission. La commission au fond pour ce dossier, la commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire (ENVI), doit maintenant examiner l’avis de la commission EMPL, en particulier les questions relevant de la sécurité sociale, comme la couverture des frais de soins de santé.

«La majorité des membres de la commission de l’emploi et des affaires sociales veut une directive qui soit conçue spécialement pour servir les intérêts des jet-setteurs européens bien éduqués et bien soignés, de façon à ce que ces derniers puissent éviter les listes d’attente existant pour les traitements médicaux dans leur pays et aller faire du "shopping" dans toute l’Europe pour trouver des services de soins de santé», a déclaré la députée allemande Gabi Zimmer, coordinatrice au nom du Groupe GUE/NGL de la commission de l'emploi et des affaires sociales.

La commission EMPL appuie la proposition de la Commission de rembourser les frais de soins de santé sur la base du principe du pays d’origine. Les personnes qui cherchent délibérément, et reçoivent un traitement, dans un autre État membre que celui où elles sont assurées devront payer les frais à l’avance de leur poche. Elles seront remboursées plus tard dans leur pays, à hauteur des frais d’un traitement comparable dans ce même pays.

«Comment les citoyens moyens issus d’États membres de l’UE plus pauvres, comme par exemple la Roumanie et la Bulgarie, peuvent-ils se rendre à l’étranger pour bénéficier de soins de santé sur pareille base?», a demandé Gabi Zimmer. «La somme qu’ils retoucheront de leur régime d’assurance maladie dans leur pays ne suffirait pas pour couvrir les coûts d’un traitement de qualité dans un État membre plus riche. Le principe de remboursement proposé introduit dès lors une discrimination à l’encontre des citoyens d’États membres plus pauvres, mais aussi des personnes à moindre revenu des États membres plus riches. En outre, il est peu probable que ces dernières puissent bénéficier des "libertés du marché intérieur" tant vantées par la Commission, étant donné les paiements d’avance qu’elles devraient effectuer, les frais de voyage et de logement qui ne seraient pas remboursés, ainsi que les barrières linguistiques et l’incertitude quant à la situation juridique dans les autres pays de l’UE.»

«Les députés du GUE/NGL ont proposé de conserver le même mécanisme de remboursement que celui prévu par le règlement communautaire en vigueur portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale. D’après ces règles, les patients ne doivent pas payer à l’avance et peuvent être traités selon les règles et réglementations de l’État membre dans lequel le traitement est dispensé, sur la base de la carte européenne d’assurance maladie. Les coûts du traitement sont réglés entre l’État membre qui dispense le traitement et l’État membre d’affiliation du patient. C’est beaucoup plus favorable pour tous les patients et conforme au principe d’équité et d’égalité en matière de soins de santé

«Nous maintenons catégoriquement que les soins de santé sont une question relevant non pas de la concurrence ni du marché intérieur de l’UE, mais bien des services d’intérêt général et des systèmes de protection sociale», a conclu la députée européenne Zimmer.