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Meilleurs voeux

Je vous présente mes meilleurs voeux pour la nouvelle année

Avec l'espoir d'inventer ensemble un avenir où nos actions s'unissent aux rêves de justice, de paix et de solidarité.

 

Le 19 avril à Toulouse : Débat public PCF/Front de gauche "Projet partagé sur politique industrielle"

"Quelles solutions pour une relance de la politique industrielle ?"

L'industrie est malade des choix de la droite et du Medef, de la financiarisation de l'économie : réduction et précarisation de l'emploi, bas salaires, délocalisations, gâchis de fonds publics, perte de savoir-faire...

L'industrie est pourtant un moteur essentiel du développement économique et social. L'heure est au rassemblement pour construire un projet de développement industriel répondant aux besoins humains. Avec le Front de gauche et tous ceux qui le souhaitent, le PCF veut construire un projet pour 2012, un projet partagé par le plus grand nombre et qui détermine ce qu'un gouvernement de gauche devra faire en 2012.

Venez débattre des solutions à mettre en oeuvre pour une relance de l'emploi industriel conjuguant progrès social, écologie et démocratie le



Mardi 19 avril à 20h30

Salle des allées de Barcelone à Toulouse

(métro Compans Cafarelli)

avec



  • Alain Obadia, responsable national du secteur Economie du Pcf, membre du Conseil Economique et Social,
  • Bruno Chaudret, directeur de recherche au CNRS,
  • Xavier Petrachi, responsable syndical régional de la Métallurgie et
  • Guy Pavan, responsable syndical Molex.
 

La résolution du Conseil national du PCF adoptée à prés de 75% par ses membres

A l'issue du Conseil national du PCF les 8 et 9 avril 2011, où plus de 100 membres du Conseil national sont intervenus, la résolution a été adopté par 87 voix, contre 30, et 9 abstentions.

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Le texte de la résolution :

Le Conseil national s'est réuni les 8 et 9 avril. Il a tiré le bilan des élections cantonales. Compte tenu du niveau de l’abstention, les résultats de ces élections ne peuvent conduire à des projections hâtives sur les futures échéances politiques.

Les grands traits de la situation qui en découlent sont cependant clairs : notre pays est plongé dans une crise et une instabilité politiques inédites, qui appellent des réponses alternatives fortes à gauche. Faute de cela, les dérives droitières, voire d’extrême-droite, risquent de s'accélérer.

Dans cet objectif, les bons résultats du Front de gauche nous incitent a poursuivre la démarche engagée avec nos partenaires pour crédibiliser un chemin pour sortir la France de la crise et réussir le changement.

Nous vivons, depuis 2008 et la crise financière mondiale, une situation politique exceptionnelle: Nicolas Sarkozy n'a fait qu'enfoncer la France dans cette crise et a fragilisé l'économie nationale en sacrifiant la production des richesses aux intérêts du capitalisme financier. Notre peuple souffre mais n'a pas renoncé à l'espoir : les résistances continuent d'être massives et multiformes. A l'échelle européenne, le pacte de l'euro + constitue une machine de guerre contre les travailleurs, les services publics et la souveraineté des Etats. Au plan international, Sarkozy engage notre pays dans des aventures guerrières, contraires au rôle positif que pourrait jouer notre pays.

Comment ouvrir dans cette situation le chemin d'une alternative avec nos concitoyens ?

C'est à cela qu'il convient de consacrer toute notre énergie et notre créativité politique.

Alors que la gauche n'apparaît pas capable de s'unir sur la politique de changement attendue par les Français, le Front de gauche est pour nous la meilleure chance de relancer la gauche et de contribuer à son rassemblement pour gagner une majorité de gauche à la hauteur de ces attentes.

Dans le contexte des échéances de 2012, le Conseil national identifie deux conditions de la réussite :

  • La première est que se conclut entre toutes les forces actuelles du Front de gauche un accord à la hauteur des défis posés par la situation politique actuelle,un accord qui permette à chacune, et toutes ensemble, de s’engager pleinement dans la bataille, où chacun soit respecté et où le Parti communiste tienne toute sa place.

Après l'adresse aux communistes adoptée en janvier, la délégation du PCF a acté avec nos partenaires un texte portant sur notre ambition politique. Des discussions sont aussi engagées sur le programme partagé et sont résumées dans un document de travail provisoire. Ces textes sont soumis à l'appréciation des communistes et doivent être enrichis, évalués puis validés par la Conférence Nationale. Nos ambitions pour les élections législatives sont également partie intégrante des choix que nous voulons arrêter en juin sur les échéances de 2012 et sont elles aussi débattues nationalement. Elle doivent se poursuivre en intensifiant les échanges avec les fédérations, avec les communistes dans les circonscriptions, et ouvrir dès maintenant le débat sur les candidatures en plaçant la parité des candidatures titulaires ainsi que l'ouverture au monde du travail et aux forces citoyennes engagées à nos côtés au cœur de nos objectifs.

  • La deuxième condition de la réalisation de notre ambition politique est que le Parti communiste investisse pleinement la démarche du Front de Gauche, avec toute l’énergie, l’esprit d’initiative et de rassemblement dont il est capable, comme viennent encore de le montrer les cantonales, après la bataille des retraites et bien d’autres avant.

Nous devons ambitionner une campagne du Front de Gauche 2012 qui mette au cœur du débat politique les choix de la future majorité législative pour battre la droite et l'extrême droite et sortir la France de la crise. Nous pouvons mener une campagne qui s'appuie sur des centaines de candidat-es qui portent l'objectif d'ouvrir les portes du pouvoir au peuple pour en faire l'acteur du changement : 1200 voix pour porter nos objectifs de transformation sociale et exprimer la diversité et la force collective de notre rassemblement. L'objectif essentiel sera d'aboutir à un groupe du front de gauche où la composante communiste sera renforcée pour mieux répondre aux attentes de la population.

Dans cet objectif, le Conseil national verse au débat des communistes les propositions suivantes :

  • 1. Construire des fronts autour des grandes urgences sociales : la lutte contre la précarité, pour le logement, l'école, la santé, les transports, l'égalité femmes hommes, contre les discriminations. ... Nous proposons en particulier un front contre la vie chère, pour l'augmentation des salaires, des retraites et des minima sociaux ; autour de grandes réformes sans lesquelles le changement sera impossible : maîtrise publique bancaire, renouveau industriel et technologique, construction d'une 6ème République, planification écologique ..

Nous proposons notamment un front contre le pacte euro+ et pour une autre Europe avec l'organisation d'un meeting du Front de gauche et du PGE le 3 mai à Paris.

  • 2. Travailler à l'élargissement de la dynamique du Front de gauche en mobilisant l'engagement citoyen d'une part croissante des forces vives du pays à travers des assemblées citoyennes ou sous toute autre forme : en construisant dès maintenant des dynamiques de débats, d'ateliers, d'actions, de mobilisations.

Nous pourrions par exemple créer des ateliers législatifs pour élaborer avec les citoyens dans les circonscriptions des propositions de lois qui répondent aux attentes populaires.

  • 3. C'est avec cette ambition de déploiement populaire du Front de gauche que le conseil national a instruit la question de la candidature à l'élection présidentielle.

Quatre candidatures sont soumises au débat des communistes, celles d'André Gérin, d'Emmanuel Dang Tran, d'André Chassaigne et de Jean-Luc Mélenchon. Compte tenu de l'engagement très majoritaire des adhérents dans la stratégie du Front de gauche, nous considérons que l'essentiel de la discussion des communistes porte déjà sur le choix entre ces deux dernières candidatures.

Le conseil national invite les communistes à faire leur choix non pas en soutien à une personnalité car aucune de ces deux candidatures à elle seule ne clôt l'accord d'ensemble mais au regard de deux critères politiques :
une volonté, celle d'aboutir à un accord qui permette à la dynamique que nous avons initiée de franchir une étape décisive en 2012 .

Une exigence claire, celle que le choix d'une candidature respecte les objectifs que nous exprimions dans l'adresse aux communistes adoptée début janvier. Elle est pour nous conditionnée à la conclusion d'un accord d'ensemble satisfaisant nos objectifs politiques, un accord qui garantisse le respect d'engagements collectifs, la diversité de notre rassemblement, et la place de notre Parti.

Le processus de préparation de la conférence Nationale est désormais ouvert.

Nous versons au débat des communistes l'ensemble des éléments issus de ce Conseil National :

L'introduction au débat de Pierre Laurent, secrétaire national de notre Parti, les analyses et les opinions qu'elle contient,en particulier celle qu'il exprime sur la candidature à la Présidentielle, la discussion qui a suivi, les textes discutés avec nos partenaires, l'adresse, toujours d'actualité, que le Conseil national a adressé aux communistes en janvier.

Nous appelons dès maintenant à la tenue d'assemblées générales de communistes pour mener un débat le plus large possible permettant la participation de toutes les adhérent-e-s.

Ces réunions doivent faire l'objet de compte rendus envoyés à la Présidence du Conseil National . La présidence mettra en place une commission, représentative de la diversité des opinions exprimées, chargée de récolter ces procès verbaux , de les mettre à la disposition de tous les communistes, ainsi que tous les éléments qui les aideront à formuler leur choix, notamment les argumentaires explicitant le sens des différentes candidatures..

Chaque fédération décidera de la forme la plus efficace que pourra prendre la mise en commun départementale de ces discussions.
Nous avons en effet besoin de l'apport et de l'implication de tous les communistes, dans un débat serein et responsable, pour que nos décisions soient élaborées collectivement et que chaque adhérent se retrouve dans les décisions qui seront prises.
Les fédérations devront veiller à envoyer des délégations à la conférence nationale représentatives de la diversité de leurs débats, sur la base d'une proposition de représentation conforme à nos statuts : des délégations élues par les conseils départementaux que nous proposons de fixer à 3 délégué-e-s par département plus 1 par tranche de 5OO, l'ensemble des membres du Conseil National qui sont délégué-e-s de droit, et des délégations des parlementaires communistes, dans lesquelles nous proposons qu'ils soient tous et toutes présentes.
La conférence nationale serait ainsi composée de 800 délégué-e-s environ, à jour de leurs cotisations.

Cette conférence nationale des 3, 4 et 5 juin, après débat instruit à partir de tous ces éléments d'appréciation, élaborera le bulletin de vote comportant la proposition de candidature pour l'élection présidentielle et les adhérents se prononceront en toute souveraineté les 16, 17 et 18 juin sur cette proposition.

 

Santé : le succès du 2 avril appelle des prolongements + Globule Rouge

Le PCF se félicite de la forte mobilisation pour sauver la santé partout en France, samedi 2 avril dernier. Par leur participation aux rassemblements dans toute la France, usagers, professionnels de la santé, élu-es et militant-e-s, ont montré leur détermination à ne pas laisser le gouvernement et ses directeurs généraux d'ARS zélés, planifier la déstructuration du système de santé publique pour le seul profit du privé.

Totalement engagé dans sa construction, le PCF entend tout faire pour que ce 2 avril soit une étape importante dans la construction commune d'une véritable alternative à la logique actuelle des ARS. Il appelle dans chaque région, chaque département, à la poursuite de rassemblements les plus larges pour s'opposer à ceux qui considèrent l'hôpital comme une entreprise et la santé comme une marchandise.
Le PCF met à la disposition du mouvement le principe des Assises Régionales de Santé pour un véritable contre-pouvoir et un contrôle démocratique à installer de manière pérenne. C'est aussi l'occasion de lancer largement, et chaque fois que possible de manière contradictoire, le débat sur "la perte d'autonomie" pour lequel nous versons nos propositions.

Téléchargement en pdf de Globule Rouge

globule_rouge_fevrier_2011-pdf-image.jpg

 

Texte sur les orientations stratégiques du Front de Gauche

Après le très bon résultat du Front de Gauche aux élections cantonales, les trois formations qui le composent se sont réunies pour faire le point de leurs échanges concernant le développement et l'élargissement de leur action, notamment en vue des échéances de 2012. Ils ont adopté un texte sur leurs orientations stratégiques (ci-après) en vue d'un accord global pour les élections présidentielles et législatives.

Dans ce cadre, ils poursuivent leurs discussions sur les deux autres volets de leur accord global, celui des législatives et celui du programme partagé du Front de Gauche qu'ils entendent proposer, pour l'enrichir encore, aux forces de la gauche de transformation sociale et écologique et à toutes celles et ceux qui partagent leurs orientations stratégiques.

Ils ont décidé également de l'organisation d'un meeting commun début mai contre "le pacte pour l'Euro" proposé par N Sarkozy et A Merkels et pour une autre Europe.

TEXTE D’ACCORD DU FRONT DE GAUCHE POUR LES PRESIDENTIELLES ET LEGISLATIVES

Cet accord comportera au final ce texte « stratégique » et deux annexes : nos principales mesures du programme populaire et partagé et un accord cadre pour les législatives.

Les élections cantonales viennent de confirmer le rejet massif de la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Elles ont aussi confirmé que rien n’est plus urgent que la construction d’une réponse alternative, de gauche, à cette politique. L'abstention massive de nos concitoyen-ne-s a traduit l'écart grandissant entre les aspirations populaires et les réponses apportées par la politique à leurs attentes. Nous sommes dans une véritable crise du pouvoir politique. Et la montée des votes en faveur du Front National, encouragée par la banalisation honteuse de ses thèmes favoris par l'UMP a renforcée encore cette crise.

Le défi à relever est donc de la toute première importance. Cette question est au cœur de la création du Front de Gauche et de son activité. Les résultats à la hausse qu’il a obtenus dans ces élections cantonales valident ces choix. Ils créent une dynamique dont le Front de Gauche entend profiter pour ouvrir une véritable alternative.

Le présent document s'efforce de présenter cette démarche, constitutive du Front de Gauche, pour les prochaines échéances politiques.

Notre pays et notre peuple, comme ceux de l'Europe et du Monde, subissent de plein fouet les effets de la crise capitaliste.

Cette crise est historique : elle est lourde de danger sur le plan social, écologique, démocratique, culturel et pour la paix. Elle risque d’entraîner une régression majeure pour l’humanité. Elle se note dans l'approfondissement de la crise de l'écosystème humain. Le tremblement de terre et le raz de marée au Japon ont rappelé l'unité de la communauté humaine et son intérêt général. L'activité économique ne peut plus être pensée sans partir de son impact à long terme sur l'écosystème qui rend possible la vie humaine.

Les logiques financières à l'œuvre ont fait la démonstration de leur nocivité à l’encontre des besoins humains et de la planète. Elles ne sont pourtant jamais remises en cause. Les plans de rigueur se multiplient sur la base des mêmes principes de réduction de la dépense publique, de pression sur les salaires et sur les conditions de travail avec comme conséquence le développement du chômage et de la précarité. Sous l'impulsion d'Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy, les dirigeants de l'Union européenne enfoncent les peuples dans l'hyper austérité et laminent les acquis sociaux et les services publics. Ils veulent même désormais museler les Parlements et les budgets nationaux. Ces politiques exclusivement tournées vers le profit de quelques uns font exploser les inégalités et les injustices et engendrent une crise sociale, démocratique et écologique sans précédent.

Face à la crise, la cupidité des marchés financiers et des gros actionnaires est de plus en plus insupportable. Insupportable quand le chômage frappe durement chaque famille et que les groupes du CAC 40 annoncent fièrement que plus de 43 milliards d'euros auront été distribués à leurs actionnaires en 2010.

I!!nsupportable quand, inquiets pour leur avenir, les femmes et les hommes de notre pays doivent faire face à l'arrogance d'un pouvoir UMP-MEDEF qui annonce clairement sa détermination de s'attaquer à toutes les avancées sociales conquises depuis la Libération.

La société que nous construit Nicolas Sarkozy et sa majorité en plein accord avec la présidente des patrons, Mme Parisot, est celle de la régression sociale généralisée au seul profit des actionnaires.

La société que nous prépare la droite est foncièrement injuste, elle est une impasse pour notre pays, pour l'Europe, pour les peuples du monde entier. En France, des voix de plus en plus nombreuses s'y opposent, à l'image du fort mouvement social qui aura marqué la fin de l'année 2010. Ces voix portent l'intérêt général et constituent un appui formidable pour le changement.

En Tunisie et en Égypte, et dans le monde arabe en général, les révolutions citoyennes et sociales en cours se font au nom de droits universels : la démocratie, les libertés et le partage des richesses. De nature différente, ces mouvements se font écho. Les peuples tunisiens et égyptiens renversent des régimes soutenus jusqu'à la dernière minute par le gouvernement français et des deux côtés de la Méditerranée, les oligarchies entendent le même message: dégage ! Ce nouveau « printemps des peuples » confirme que nous sommes entrés dans une période de profonds bouleversements.

De l’autre côté de la Méditerranée comme en France, le Front de gauche est aux côtés de ceux qui combattent pour un monde meilleur et résistent à cette politique

Comme il l’a déjà fait en 2010, il soutient les luttes qui continuent de se développer chaque jour. Nous sommes au rendez-vous, avec des propositions, dans les batailles pour les libertés, l’égalité des droits, l'école, la santé, la justice et tous les services publics, face aux réformes gouvernementales sur la dépendance et la fiscalité. Nous agissons contre le chômage et la précarité, pour la défense de l'emploi, pour le pouvoir d'achat, le droit au logement de qualité pour tous, la préservation de l’environnement, pour l’égalité des droits entres les femmes et les hommes...

Le Front de gauche est disponible pour contribuer aux rassemblements les plus larges sur toutes ces questions.

Mais il ambitionne davantage. A la désespérance du système capitaliste doit répondre une idée neuve : le bonheur. Voilà ce qu’il est temps de proclamer de nouveau à gauche, voilà ce qu’il convient d'incarner devant le suffrage universel en présentant une politique de progrès humain durable qui réponde aux exigences sociales et réduise les inégalités.

Pour cela il est nécessaire de proposer une alternative aux politiques libérales et sociales libérales menées en France ces dernières années.Nous ne voulons pas nous contenter d'une simple alternance, telle qu'elle est mise en œuvre par la sociale démocratie en Europe, qui se contente d'accompagner le libéralisme.

Face à la gravité de la crise, aux enjeux de civilisation qui sont ceux de notre époque, face à la droite et à la menace de l'extrême-droite, la gauche est placée devant le défi de porter une véritable ambition de changement en rompant clairement avec la logique du système capitaliste et des modèles productivistes. Elle doit faire renaître l'espoir et redonner son sens à l'action politique en plaçant les citoyennes et les citoyens au cœur même des processus politiques sous peine de se « disloquer » comme on le constate dans d'autres pays européens. Parce qu’il est le seul à proposer d’unir toutes celles et ceux qui veulent rompre concrètement avec le système et à vouloir créer les conditions pour rassembler une majorité autour d’’un programme de transformation, le Front de gauche est la force la plus utile et crédible pour porter cette ambition.

De nombreuses femmes et de nombreux hommes à gauche sont en attente d’une véritable alternative.

Celles et ceux, syndicalistes et militants associatifs qui construisent au quotidien les résistances aux politiques de la droite. Celles et ceux qui se reconnaissent dans les courants alternatifs ou de transformation sociale de la gauche. Mais aussi nombre de celles et ceux qui sympathisent pour le Parti Socialiste ou Europe Ecologie-Les Verts et qui constatent aujourd’hui que les politiques d’accompagnement du libéralisme mènent la gauche à l’impasse.

Pour ces raisons, le Front de Gauche souhaite développer la logique de rassemblement qu’il porte, l'enraciner partout dans le pays, s’ouvrir à toutes celles et tous ceux qui veulent contribuer à notre démarche dans le prolongement de leur engagement citoyen, syndical ou associatif. Toutes les voies de cet engagement peuvent être imaginées, dans des formes d'association à notre démarche dont nous voulons débattre avec elles et eux. Cela pourrait, par exemple prendre la forme d’Assemblée citoyenne du Front de Gauche. L’essentiel est que nous impulsions tous ensemble cette démarche de rassemblement. Le Front de gauche est dans cet esprit favorable à s’élargir à des formations politiques qui partageraient les orientations stratégiques qu’il propose et les grandes lignes de son programme. C’est sur cette base, qu’il répondra aux organisations qui demandent à construire ce rassemblement.

C’est avec cette ambition que nous voulons aborder les échéances électorales de 2012.

Nous voulons battre Sarkozy, créer les conditions d’une victoire durable de la gauche avec un gouvernement qui remette en cause les logiques financières dominantes, rassembler largement sur les contenus d’un programme populaire partagé construit avec nos concitoyen-ne-s, donner à voir une autre façon de faire de la politique par des campagnes collectives menant de front les échéances présidentielles et législatives.

Notre mettrons tout en œuvre pour empêcher Sarkozy de faire un second mandat.

Sarkozy doit être battu en 2012. Le bilan de celui dont l'histoire retiendra qu'il fut le « Président des riches », est catastrophique. Les inégalités ne cessent de s'approfondir entre une toute petite minorité de « profiteurs » et l'immense majorité de notre peuple. Toutes les mesures que prend ce gouvernement ne font qu'accroitre ce fossé.

Cinq ans de Sarkozysme auront mis à mal plusieurs décennies d'avancées sociales et démocratiques en hypothéquant gravement l'avenir de notre pays, les conditions de vie de millions de femmes et d’hommes et les perspectives d’avenir de notre jeunesse. Cinq années supplémentaires de Sarkozy et de sa majorité seraient un désastre.

Battre Sarkozy c'est aussi gagner la bataille des idées, contester les logiques que veulent nous imposer ceux qui profitent de cette collusion entre la finance et les représentants politiques qui les servent.

Nous voulons combattre résolument le Front National

Battre la droite et l’extrême droite, c'est aussi s'attaquer au venin que constitue le Front National et le dénoncer sans aucune concession. Loin d’être une réponse à la question sociale, sa politique discriminatoire de « préférence nationale » constitue un réel danger pour l’ensemble du monde du travail. Le Front National c'est la violence du libéralisme conjuguée au racisme et à la xénophobie. Le Front National est un relais des politiques libérales et anti sociales qui vise en réalité à détourner l'aspiration au changement de nos concitoyens.

Il peut servir d’épouvantail pour étouffer toute véritable alternative en étant utilisé comme la caution du bipartisme. Comme dans de nombreux pays d’Europe, il pourrait devenir l’allié indispensable d’une droite totalement décomplexée qui ne cesse de banaliser ses discours. Pour faire reculer le Front National, il faut une alternative politique qui incarne la transformation radicale du système. C’est ce que le Front de Gauche propose.

Nous élaborons un programme populaire et partagé.

Pour élaborer notre programme, nous avons ouvert un processus qui, au travers d'une multitude d'initiatives à travers le pays, permette de construire à des dizaines de milliers de mains le contenu des grandes réformes qu’un gouvernement de gauche devra engager. Ce programme répondra aux impératifs écologiques et donnera clairement priorité à la satisfaction des besoins sociaux, éducatifs et culturels grâce à une politique de progrès humain. Nous voulons faire sauter les interdits et les dogmes capitalistes, qui verrouillent déjà le débat présidentiel tel qu’on veut nous l’imposer, même à gauche.

Nous voulons une autre répartition des richesses pour qu’elle profite davantage au plus grand nombre. Il faut récupérer les 195 milliards qui sont partis des poches du travail vers ceux du capital ! Nous proposons l’instauration d’un salaire et d’un revenu maximum, et le SMIC à 1600 euros net. Nous repenserons librement la création et l’utilisation de ces richesses pour construire de l’égalité, de la justice, de la solidarité, de l’emploi, de la formation et du bien être durable et partagé. L’argent sera orienté vers ces objectifs avec, à cette fin, la mise en place d’un pôle financier public.

Les enjeux écologiques (réchauffement climatique, perte de biodiversité, pollutions) seront au cœur des politiques proposées, notamment, par la mise en œuvre de la Planification écologique débattue et votée au Parlement, afin d’organiser les moyens nécessaires à moyen et court termes. Nous voulons une assemblée constituante pour construire une nouvelle République en impliquant totalement le peuple.

La 6ème République sera le résultat d'une pratique politique et d'une conception de la démocratie Qui tourne le dos au présidentialisme de la 5ème République. Pour gouverner à gauche et changer d’Europe, cela commence par se libérer du carcan du traité de Lisbonne. Le Front de gauche veut rompre avec les politiques néolibérales imposées par l'UE et les gouvernements nationaux pour construire de nouvelles logiques solidaires de progrès, de partage et de coopération librement consenties par les peuples, avec eux et pour eux.

Enfin nous voulons une France qui, en toute indépendance des intérêts américains et en solidarité avec les pays du sud, agira pour la paix et la coopération internationale. Cela commence par la sortie de nos troupes d’Afghanistan et de l’OTAN, la rupture avec les relations néo coloniales et la Françafrique, la construction de nouveaux rapports Nord Sud.

Pour construire plus en avant ce programme, des espaces de débats, forums, ont été ouverts dans toute la France : Face à la crise du régime, quelle République ? Face au tout-marchand, quels services publics et biens communs ? Face à l’échec du Traité de Lisbonne, quelle Europe? Face à l’impasse de la financiarisation, l’argent pour quoi faire ? Face à la catastrophe écologique, quelle alternative ? Face à l’exploitation, au chômage et à la précarisation, comment changer la place du travail ? Face à la mondialisation capitaliste et aux guerres, quelle politique internationale ? Face à la marchandisation des savoirs, quelle école nous voulons ?

D’autres initiatives ont été ou sont engagées : sur la question de l’agriculture, des retraites, le droit des femmes ou sur l’art et la culture. Ce processus est ouvert largement à toutes celles et ceux qui partagent nos objectifs de changement. Ils et elles sont les bienvenus pour élaborer à égalité de responsabilité ces propositions.

Le Front de gauche adoptera son programme populaire et partagé au printemps et c’est sur la base de ce programme qu'il désignera ses candidatures.

Nous voulons incarner à gauche une ambition politique qui réponde aux attentes populaires et soit en rupture avec les logiques imposées par les marchés financiers.

Nous voulons initier une démarche inédite qui vise à créer les conditions d’une majorité de gauche dans notre pays qui réponde à ces objectifs. Seule la conduite d’une autre politique peut permettre une victoire durable sur la droite. Tout cela nécessite un changement du rapport des forces au sein de la gauche en faveur des forces de la transformation sociale. Pour y parvenir, nous voulons impulser une véritable dynamique populaire, liée aux luttes sociales, en construisant des propositions, un programme populaire partagé par celles et ceux qui veulent prolonger leurs luttes dans une perspective de changement durable.

Notre voulons faire de l'intervention populaire la force motrice de la construction d'une véritable alternative.

Ce qui se passe, dans des contextes politiques différents, en Amérique du sud, en Tunisie, en Égypte… témoigne que c'est l'intervention des peuples qui peut changer la donne. En France rien ne sera non plus possible sans cette intervention populaire.

Avec le programme du Front de Gauche, nous entendons engager dans tout le pays une grande campagne mobilisatrice de celles et ceux qui se situent dans cet objectif. Nous voulons convaincre tous les électeurs de gauche, mais aussi ceux et celles qui s’abstiennent, ceux et celles qui ne croient plus en l’action politique pour reconstruire un véritable espoir. Nous voulons mettre en débat publiquement et porter le plus largement possible les mesures de ruptures nécessaires au changement. Nous ambitionnons de les rendre majoritaire à gauche, pour changer vraiment de politique et retrouver ainsi la confiance des classes populaires.

Par notre action et nos initiatives, nous voulons faire émerger un rassemblement à gauche sur un programme de transformation ce qui implique de créer les conditions pour faire bouger la gauche dans cette direction. C’est pourquoi nous allons mener une véritable confrontation des points de vue à gauche sur le contenu et la mise en œuvre des grandes transformations sociales nécessaires. Un rassemblement Majoritaire est une condition indispensable pour faire émerger une alternative, mais celui-ci doit se faire sur des propositions à la hauteur des défis auxquels nous sommes confrontés. Nous soumettrons au débat public les principaux axes d’une politique de transformation sociale et écologique et de rupture avec les Politiques libérales et productivistes portées par notre programme et nous proposerons aux autres forces de gauche, dont le Parti Socialiste et Europe Ecologie - Les Verts, de se positionner sur ces enjeux incontournables.

Loin de toute conception d’aménagement du système, nous voulons rendre majoritaire dans notre peuple et dans la gauche les idées de transformation sociale et écologique. Nous entendons ainsi œuvrer à clarifier le débat à gauche auprès de nos concitoyennes et concitoyens afin qu’ils tranchent en connaissance de cause devant le suffrage universel, entre deux orientations qui parcourent la gauche, celle de l’accommodation au système et celle de son rejet.

Ce processus concerne les forces qui composent aujourd’hui la gauche. Et l'enjeu pour impulser une véritable alternative est d'unir le peuple lui-même sur un projet de transformation. Voilà la tache principale qui attend le Front de Gauche s’il veut atteindre ses objectifs.

Notre volonté est de construire une victoire aboutissant à l’élection d’un président de gauche et d’une majorité de gauche au parlement permettant de former le gouvernement de transformation sociale, écologique et démocratique qui prendra immédiatement les mesures de ruptures concrètes avec le libéralisme et le productivisme dont notre pays a besoin. A l’inverse, qu’on ne compte pas sur nous pour appliquer une politique qui ferait encore payer aux salariés et aux classes populaires la crise du capitalisme.

Avec les échéances de 2012 nous voulons donner à voir une autre façon de faire de la politique, et pour cela animer des campagnes résolument collectives, en menant de front les échéances présidentielles et législatives.

Nous voulons mener campagne en donnant déjà à voir notre conception de la république et de la démocratie. L'élection présidentielle, dont nous combattons le principe, est conçue pour bipolariser la vie politique, et marginaliser les projets réellement alternatifs dans le débat politique. En minimisant les élections législatives, et donc le rôle du Parlement, en privilégiant le choix d'un seul homme ou d'une seule femme et en personnalisant ce débat à outrance, elle dénature la démocratie. Nous allons rompre avec cette manière de concevoir le débat politique, qui éloigne le peuple de l'engagement politique nécessaire.

Les candidatures du Front de gauche que nous construisons pour les élections présidentielle et législatives vont incarner la démarche collective et partagée du Front de gauche. Nous allons « subvertir » la logique présidentielle de la 5ème République en menant de front, élections présidentielles et législatives. Le Front de Gauche aura plus de 1200 candidats, un ou une candidate à la présidentielle tout autant que nos candidat-e-s titulaires et suppléants aux législatives.

Des collectifs de circonscription animés par nos candidats, et d’autres personnalités jugés nécessaires, permettront aux femmes et aux hommes qui le souhaitent d'être actrices et acteurs de la dynamique du Front de Gauche.

Un collectif national, présidé par une personnalité du Front de Gauche qui ne soit pas la ou le candidat(e) à la présidentielle, se mettra en place pour les deux élections. Il rassemblera des représentants de nos partis, des personnalités à l'image de la diversité de notre rassemblement et plusieurs des candidats et candidates aux législatives à qui il sera proposé d’être des porte-paroles nationaux de nos thèmes de campagne. Il sera chargé d'animer la campagne collective dans le respect de nos engagements et accords communs, la finalisation, la mise en débat et la popularisation de notre programme partagé. Ces candidat(e)s aux présidentielle et législatives porteront, ensemble, tout à la fois la démarche qui a présidé à la création du Front de Gauche, le programme partagé adopté par le Front de Gauche et la stratégie de changement voulue par notre Front.

Un accord national (à venir en annexe) fixera les modalités de désignation des candidat-e-s en tenant compte de leur aptitude à rassembler un maximum d’électeurs sur notre programme ainsi que d’une représentativité équitable des formations politiques actuelles et à venir du Front de Gauche. Il rappellera notre volonté commune de faire réélire les député-e-s sortant(e)s Front de Gauche et de réunir nos élu-e-s dans un même groupe à l’assemblée nationale. Il fixera également les modalités financières.

Nous aurons ainsi au total une campagne présidentielle et législative collective avec un programme partagé, des candidatures partagées, des temps de paroles partagés, des tribunes partagées, un matériel officiel partagé et une ambition partagée.

Avec cet accord, nous voulons engager un véritable élargissement populaire et citoyen du Front de Gauche, en nous adressant largement aux électeurs et électrices socialistes, écologistes, républicain-ne-s, communistes, alternatifs mais plus largement à tous les hommes et les femmes qui veulent que ça change, au peuple qui n’en peut plus des oligarques qui l’étranglent ici comme là bas…

Paris, le 31 mars 2011

 

Déclaration nationale du Front de gauche sur le 1er tour des élections cantonales

Au soir de ce premier tour des élections cantonales, la droite persiste à nier la sanction de sa politique issue des urnes. Le rejet de la politique du gouvernement est massif dans le pays et celui qui est passé en force contre une très large majorité de nos concitoyens pour rallonger l'âge de la retraite est sanctionné. L'ensemble des forces de gauche progresse significativement par rapport au scrutin de 2004.

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Le Front de Gauche connait une nette poussée.

Le très haut niveau d'abstention est inquiétant. Il exprime le gouffre qui sépare désormais les français des institutions qui les représentent. Tous les stratagèmes auront été utilisés par le gouvernement pour arriver à ce résultat destiné à relativiser l'ampleur de son écroulement. La profonde crise de la démocratie dans notre pays éclate aux yeux de tous. Le Front de gauche se sent conforté dans son appel a une refondation de notre république ! La progression du FN est lourde de danger. La crise capitaliste n'en est que plus menaçante.

Le Front de gauche se porte en première ligne pour combattre les idées xénophobes et réactionnaires portées par le Front national et honteusement banalisées par la majorité présidentielle. Surtout, le Front de gauche proposera une alternative politique cohérente aux Françaises et aux Français qui veulent rompre avec le système actuel.

Alors qu'il se présentait pour la troisième fois devant les électeurs depuis sa constitution, le Front de gauche poursuit son avancée. Les premiers résultats nous indiquent que notre rassemblement obtient un score très largement supérieur à son résultat obtenu aux Régionales de 2010. Mieux nous avons atteint notre objectif d'un score approchant deux chiffres ! Dans de nombreux cantons, nous réalisons une percée très importante avec beaucoup de candidats qui accèdent au second tour.
Le Front de gauche peut être confirmé dimanche prochain comme la deuxième force à gauche en nombre d'élus. Nous appelons ce soir toutes les forces de gauche, sans exclusive, à se rassembler derrière les candidats de gauche arrivés en tête au premier tour pour battre la droite et l'extrême droite.

 

Vœux du Mouvement des Jeunes Communistes de Tarn et Garonne

Le samedi 08 Janvier 2011 se tenait, au bar Le Boul Mich à Montauban, les vœux du Secrétaire Fédéral du Mouvement des Jeunes Communistes de Tarn et Garonne, Timothée Moncassin, en présence de dirigeants nationaux du Mouvement, de dirigeants locaux du Parti Communiste, de Marie Claude Bouyssi pour Montauban Citoyenne, de nombreux syndicalistes, associatifs et d’une trentaine de Jeunes Communistes venus pour l’occasion.

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Lors de ses vœux, Timothée Moncassin a tenu à féliciter l’ensemble des jeunes qui se sont mobilisés en 2010 contre la réforme des retraites et pour leur avenir, en précisant qu’il ne fallait pas baisser la garde contre les attaques de la droite et du medef et que les Jeunes Communistes « serons toujours sur tous les fronts. Dans les lycées, dans les facs, des les usines. Partout où on exploite, maltraite, méprise... ».

Il a rappelé qu’aujourd’hui le Mouvement des Jeunes Communistes, qui vient d’avoir 90 ans, est la première organisation de jeunes à gauche, et qu’elle portera encore et toujours en 2011 ses idéaux de transformation sociale, de paix, de liberté et d’égalité.

De plus, il a développé les grands axes de bataille du Mouvement pour 2011 : les transports gratuits en Tarn et Garonne, la lutte contre le bétonnage de la Roseraie et du Parc Chambord, le combat pour la libération de Salah Hamouri et Marwan Barghouti des prisons Israéliennes, le soutien au Front de Gauche pour les élections cantonales 2011 et continuer la campagne pour l’emploi, la formation et l’éducation de qualité des jeunes.

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Enfin le Secrétaire Fédéral du MJCF 82 a conclu son discours par des vœux d’espoirs pour « celles et ceux qui souffrent, luttent et se battent contre ce système injuste » pour une année 2011 qui soit « rouge ! ».

 

Lettre ouverte aux communistes par André Chassaigne

Le 20 juin 2010, j’ai présenté au 35ème Congrès du Parti Communiste Français mon offre de candidature pour représenter le Front de gauche aux prochaines élections présidentielles. Elle faisait suite à l’accord que j’avais donné, début juin, pour que mon nom soit cité, parmi d’autres, comme candidat potentiel.

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André Chassaigne et des candidats du Front de Gauche 82 pour les cantonales 2011

Sans ambiguïté, je soulignais alors mon attachement à une candidature commune du Front de gauche pour affronter cette importante échéance électorale.

Le sens de ma candidature

Le 8 septembre 2010, à la veille de la Fête de l’Humanité, je précisais le sens de mon offre de candidature : " Le Front de gauche tire sa force et ses succès de sa diversité, en rassemblant des militants attachés à la transformation sociale et qui veulent dépasser les échecs de leur propre parti : communistes, socialistes, extrême gauche, écologistes, mouvement social..." cette pluralité est une formidable richesse. Conjuguée à une réelle assise populaire, elle peut permettre de co-élaborer un projet transformateur pour la France.

C'est pour cette même raison que je suis attaché à une candidature commune du Front de gauche pour les élections présidentielles. Pour moi, il n'y a pas de femmes ou d'hommes providentiels. Le Front de gauche est composé de plusieurs courants : plusieurs candidatures sont donc possibles pour porter son projet partagé, qu’elles soient issues des différentes formations du Front de gauche, ou du mouvement social… Aucun candidat ne s’impose a priori. C'est le sens de mon offre de candidature.

Qui dit Front dit ensemble de différences. Chaque formation, comme chaque individu, a sa personnalité, son histoire propre, ses priorités. La famille politique que je représente, comme les autres, a ses particularités, ses propres orientations. Je pense notamment à la question sociale, et plus particulièrement à la participation active du monde du travail à la création de richesses dans un nouveau type de développement. Je pense aussi à cette volonté que nous avons toujours eue d'être les porteurs et les passeurs des exigences populaires. Cette sensibilité-là a besoin de s’exprimer et d’être entendue, au côté d'autres.




J'ai certes conscience du caractère particulier de ma candidature. Elle est différente, donc un brin anachronique dans le bouillonnement médiatique autour d'une poignée de personnalités nationales. Serait-il donc incongru qu'un élu local, forgé dans la défense des intérêts de la population d'un territoire, puisse porter un message national ? Cette proximité, cette connaissance des Français ne serait-elle pas au contraire la première garantie de construire avec eux ?

Il n'est pas une journée durant laquelle je ne fais pas le constat que le système libéral, qui encadre notre vie, marche sur la tête, à tel point que les jeunes devraient demain vivre moins bien que leurs parents. Il n'est pas une journée sans que je me dise que notre société est complètement dévoyée par une poignée de grands groupes financiers et de privilégiés. Et il n'est pas une journée sans que je réfléchisse à ce que nous pourrions tous ensemble mettre en oeuvre pour bousculer ce capitalisme qui casse tant de vies : il est vraiment temps de dépasser ce système essoufflé, tellement abandonné à la finance qu'il s'est lui-même condamné.

Dans ce grand pays qu'est la France, nous devons imaginer et mettre en œuvre un nouveau modèle social. Il nous faut redonner à la France la place qu'elle doit avoir pour aider la planète à privilégier le bonheur humain ».

Le peuple de France veut le changement

Depuis, le mouvement social des retraites a confirmé l’exigence de changement. Je me suis efforcé de traduire cette volonté du peuple de France, le 8 novembre 2010, à l’occasion du meeting de Jappy, organisé par le Parti Communiste Français, durant lequel j’ai été appelé à m’exprimer.

« Je vous le dis, l’expérience douloureuse de la crise, comme les réformes destructrices du pouvoir, ont créé une majorité. Une majorité qui veut que la France change de cap. La bataille exceptionnelle autour de la question des retraites est la première grande confrontation contre le système, contre le libéralisme mondialisé qui ne connaît plus de limites. Une chose est sûre : les Français ont compris que dans ce système capitaliste, la règle veut qu’on ne partage que les pertes, jamais les bénéfices. Et il y a en a des bénéfices ! On croule sous l’argent en France et dans le monde. Nos compatriotes veulent que l’économie privilégie l’intérêt général aux intérêts privés ! Ils refusent d’être réduits à être des « choses », des choses tout juste bonnes à produire des bénéfices pour une poignée d’actionnaires insatiables au détriment de l’avenir de l’humanité et de la planète !
Et ils nous le disent sous les formes les plus diverses, ils nous dressent une bonne feuille de route. Une feuille de route à double usage : pour les luttes d'aujourd'hui et pour les scrutins de demain. Cette feuille de route nous convient parce qu’elle tourne le dos à la mal vie. Elle nous convient parce qu'elle place l’intérêt personnel bien compris de chacun d’entre nous au cœur de notre projet de transformation sociale.

Et elle me convient personnellement parce que ce sont ces mêmes valeurs, et ces mêmes fondamentaux, qui ont toujours guidé mon action, comme celle de tant de camarades, dans le quotidien de notre pratique politique et dans les responsabilités qui nous sont confiées, en Auvergne comme dans bien d'autres territoires ruraux et urbains.

Je voudrais le dire ici : de ma vie de militant, d'élu de proximité, de député, je n'ai tiré qu'une seule véritable leçon : la démocratie, c'est l'arme du grand nombre. La démocratie, c'est l'art d'être ensemble et de se respecter, d'analyser et d'échanger, de coélaborer et de porter des projets partagés. C'est avec cette démocratie-là qu'il nous faut bâtir une nouvelle communauté humaine. "Je pose le principe que tous les hommes sont philosophes" écrivait Gramsci dans ses "Carnets de prison".

Nous ne sommes pas les plus forts. Nous ne sommes pas les plus intelligents.

Et je laisse à d’autres le soin d’avoir raison sur tout. Mais j’ai une conviction profonde : ouvrons la porte de la démocratie économique et sociale, laissons la société parler, laissons la liberté de se choisir un destin, faisons parler ensemble employés, ouvriers, chômeurs, fonctionnaires, artisans, laissons la France libre d’elle-même, et tranquillement une autre politique verra le jour ».

L’exigence d’une construction citoyenne



Durant ces derniers mois, au fil des rencontres sur l’ensemble du territoire, j’ai pu constater non seulement combien les Françaises et les Français souhaitaient ce changement, mais combien ils exigeaient aussi d’être au centre du débat politique. J’ai eu aussi la confirmation que les communistes portent la conviction que la participation populaire est à la fois le but et le moyen du changement politique, comme cela est si bien formulé dans l’appel «espoir2012.org» :

__ « La mise en commun de l'intelligence de chacun est un gage de réussite dans la gestion des collectivités, dans les luttes syndicales, dans la direction d'association, dans la conduite de projets collectifs, et plus globalement dans la promotion de l’intérêt général. Nous avons la conviction que les Français ne veulent plus que l'on parle en leur nom, qu’ils veulent participer à la prise de décisions de leur environnement professionnel jusqu'au gouvernement. Ils souhaitent un nouveau partage du pouvoir ».__

C’est cette démarche de co-élaboration, que je partage depuis si longtemps, que j’essaie de porter. Elle est à l’opposée de grandes messes autour d’une élite « qui sait », comme des propositions, toutes ficelées, déclamées de la tribune d’un Congrès. La généralisation d’une telle démarche est d’autant plus indispensable qu’elle nous affranchit des artifices de la séquence présidentielle et permet à chaque Française et Français de reprendre son avenir en main.

Aussi, ma volonté est d’être un artisan déterminé de cette construction citoyenne du projet, pour permettre de desserrer l’étau du repli sur soi et montrer qu’une société s’affranchissant des banquiers, de la dictature de l’argent, est indispensable. Et qu’elle est possible !




Au cœur du débat de la gauche




Je soutiens aussi que notre objectif n’est pas de créer je ne sais quelle petite gauche, force d'appoint, disposant d’une vague capacité de protestation ; notre ambition est au contraire d’être les artisans d’une gauche forte, puissante, majoritaire parce qu’émancipatrice.

Le premier défi du Front de gauche, et plus particulièrement du Parti Communiste, est donc de construire une nouvelle dynamique, indispensable pour faire gagner la gauche qui transformera la société. Je voudrais sur ce point rappeler les propos que j’ai tenus le 29 novembre 2010, à la Fête de l’Huma de Bretagne :

« Ne laissons pas croire qu’il y aurait à gauche, d’un côté un chevalier blanc (le Front de gauche) porteur de toutes les vertus et de la pureté révolutionnaire, et de l’autre un chevalier noir (le Parti Socialiste et ses alliés) affublé de tous les maux et vendu au capitalisme. Ce qui importe, c’est d’emmener toute la cavalerie dans la bonne direction. Sinon, nous nous retrouverons au final avec un cheval de bois sur lequel nous n’aurons eu aucune prise.

Et je veux aussi dire à ma famille politique, à l’ensemble du Front de gauche : ne nous résignons pas à jouer les spectateurs énervés, à chaque fois que nous parlons, pensons que nous devons être acteurs pour construire la force qui donnera au pays le gouvernement qu’il mérite.

Oui, je le revendique, nos idées ont vocation à présider aux destinées du gouvernement de la France ! Et pour cela, il n’est d’autre moyen que de mettre concrètement le contenu du changement au cœur du débat de la gauche. De toute la gauche ».

Le Front de gauche doit être le passeur de colère et d’espoir pour la transformation de la société.

J’en suis convaincu : il peut bousculer tous les pronostics, toutes les prophéties. Aussi, devons-nous envahir le débat présidentiel avec notre ambition. Pour créer, rassembler, porter une majorité d’idée. Et surtout pour rendre majoritaires les exigences de transformation sociale. Moi qui suis du pays des volcans endormis, je crois à l’éruption de l’impossible, je crois à l’éruption d’un peuple qui s’engage à fond pour empêcher que notre pays subisse les mêmes recettes que l’on impose au peuple grec, ou au peuple irlandais.




Le bilan de 6 mois de labourage




A l’occasion de ce Conseil National du 7 janvier 2011, suivi de l’Assemblée des secrétaires ou animateurs de section du 8 janvier, je souhaite faire un bilan de mes 6 mois de travail de terrain : 6 mois de labourage où j’ai souvent eu l’impression de tirer un araire au regard des moyens multiples mis à la disposition de l’élite politique et aux « machines de guerre » dont certains disposent.

- Ainsi, n’étant pas responsable d’une des formations structurant le Front de Gauche, je n’ai pas été invité aux grands débats nationaux organisés pour la construction du programme partagé… à l’exception de celui de Bordeaux, le 27 janvier prochain, sur les questions environnementales, en lien avec les idées que je développe dans mon ouvrage « Pour une Terre commune ».

- Je n’ai pu obtenir aucune participation à une émission politique d’importance, qui m’aurait permis de développer mes idées : télévisions et radios réservent les plateaux et « matinales », à forte écoute, aux personnalités sélectionnées par leurs experts en politique, ou promotionnés par un parti politique, voire choisies par le pouvoir quand elles s’inscrivent dans la stratégie élyséenne. Le formatage politico-médiatique, au casting pré-défini, n’admet aucun poil à gratter d’un épiderme bien huilé, si ce n’est, comme le disait Pierre Bourdieu pour se livrer « à des outrances verbales arrogantes ou démagogiques, tout à l’opposé de la générosité enthousiaste d’un message mobilisateur ». Aucun espace n’est laissé aux expressions hors du champ constitué si ce n’est pour des émissions de divertissement, à l’initiative d’animateurs qui ont le mérite d’oser la nouveauté, permettant ainsi quelques développement d’idées.

- La presse écrite, nationale comme régionale, a cependant manifesté un intérêt réel pour ma démarche, malgré quelques parti-pris journalistiques, avec pour certains la volonté de m’enfermer dans un positionnement « anti-Mélenchon », et pour d’autres la certitude que je n’étais qu’un candidat alibi.

- Mon nom n’étant proposé par aucun parti, il n’a été avancé dans aucune étude d’opinion, dans aucun sondage … confortant l’idée que Jean-Luc Mélenchon est le seul candidat envisageable pour le Front de gauche ! Le Parti Communiste est ainsi d’ores et déjà effacé des prochaines échéances présidentielles, de fait des législatives, et progressivement de l’espace politique.

- Au fil des semaines, j’ai pris conscience du risque que le choix de la candidature du Front de gauche se fasse par défaut, avec un seul candidat possible, alors qu’il est indispensable qu’elle soit choisie en toute liberté, alliant à la démarche collective le respect de la souveraineté des adhérents de chacune des organisations et de leurs statuts. Faudrait-il exclure, a priori, qu’un communiste puisse représenter efficacement notre rassemblement, alors que dans les 4 régions où les listes Front de gauche ont dépassé les 10 % aux dernières élections régionales, elles avaient pour tête de liste un communiste ? Cette frilosité est le reflet d’une conception du Parti étroite, triste, mortifère alors qu’il est dans son essence même rassembleur, ouvert, généreux, comme nous sommes si nombreux à continuer à en faire la preuve, concrètement, au quotidien, sur nos territoires respectifs. En aucun cas, il ne s’agit pourtant d’exiger que le candidat soit forcément un membre du PCF ! Les diverses et légitimes expressions pour un débat sur cette question, comme l’appel de certains communistes « pour un rassemblement sans effacement du PCF » ont déclenché les anathèmes de donneuses et donneurs de leçons enfermés dans leurs certitudes, dont celle que notre Parti n’est plus à même de porter la visée communiste.

- Pour certains communistes traumatisés par les dernières échéances présidentielles, cette élection ne se résume qu’à un mauvais moment à passer, auquel il suffirait de tourner le dos pour que, mécaniquement, tout aille mieux ensuite. Tétanisés par la forme de ce scrutin, profondément contraire à nos valeurs et à notre vision d’une démocratie active, ils oublient que toute élection est une opportunité dont il faut se saisir, non seulement pour ne pas laisser le champ libre aux démagogues et aux faiseurs de régression sociale et libéraux de tous poils, mais aussi pour matérialiser une autre conception de la politique et offrir de nouveaux choix de vie en commun.

- Dans ce contexte, malgré de nombreux soutiens, ma candidature à la représentation du Front de gauche a parfois été considérée comme une initiative de division. N’étant pas présentée par le Parti, elle pu créer des interrogations chez des communistes. Elle a eu aussi pour effet d’accentuer l’acharnement de certaines et certains à promotionner, de façon outrancière, « le candidat incarné » du Front de gauche en la personne de Jean-Luc Melenchon. Elle a alimenté d’autre part les interprétations de celles et ceux qui ne souhaitent pas un candidat du Front de gauche et qui m’ont reproché d’être l’instrument d’une opération de diversion.




Mon offre de candidature




A la lumière de cette expérience, je suis convaincu qu’une candidature individuelle n’a aucune chance d’aboutir dans le processus de désignation d’un candidat commun du Front de gauche. Elle ne serait qu’un leurre pour préparer, dans une confrontation inégale, la désignation du candidat imposé, et dont elle ne serait de fait que le faire-valoir.

Pour que des candidatures crédibles puissent compter dans le choix final, je suis persuadé qu’il est indispensable que des instances de notre Parti s’en saisissent, en lien avec le contenu qu’elles souhaitent donner au programme politique et que le candidat devra porter dans la dynamique du Font de gauche.

C’est pourquoi, si je confirme aujourd’hui mon offre de candidature, c’est en la mettant entre les mains des communistes : en premier lieu à l’occasion des débats de ce vendredi au Conseil National, et de ceux de samedi, à l’Assemblée des secrétaires ou animateurs de section ; puis dans les débats des différentes instances appelées à se prononcer avant la Conférence nationale qui aura à soumettre une proposition aux communistes. Plus largement, je la livre à la réflexion de l’ensemble des organisations du Front de gauche comme une candidature de rassemblement populaire, donc plurielle, sur les objectifs communs qu’il nous faut préciser, avec la volonté de rendre majoritaires les contenus de transformation sociale.

Ma volonté est simplement de répondre utilement aux attentes du peuple de France, en restant fidèle aux idées et à l’éthique qui sont les miennes, et qui sont celles de tant de militantes et militants du PCF, très majoritairement attachés à leur Parti et à la visée communiste.

André Chassaigne

 

Participons à la souscription pour développer l'Humanit...Par Patrick Le Hyaric Directeur de l’Humanité!

Comme chacune de nos lectrices et chacun de nos lecteurs peut l’observer, l’Humanité est le journal de la défense des retraites à 60 ans à taux plein. Il fait en permanence appel à la réflexion, au débat, à l’intelligence. Il a été le seul à publier intégralement le texte gouvernemental et à aider à le décrypter. Le seul à donner la parole à tous les dirigeants syndicaux, sans exception.

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Le seul journal à démontrer que d’autres solutions pour une réforme juste et efficace existent. Le seul journal à publier le contre-projet de loi déposé par les parlementaires communistes et du Parti de gauche. Le seul journal à donner la parole à tous les responsables de tous les partis de gauche et écologistes, au cœur de ce mouvement social inédit. Le seul journal à aider à suivre le débat parlementaire en direct des assemblées. Le seul journal référent du mouvement social et au service de celui-ci.

L’Humanité prouve ainsi chaque jour son utilité pour les forces syndicales, le mouvement social et l’indispensable front progressiste.

Un bel accueil lui est chaque fois réservé dans les manifestations, où des dizaines de milliers d’exemplaires du quotidien sont diffusés. Les Ouvriers du livre ont rendu un beau service au mouvement en permettant, en coopération avec la rédaction et les services de diffusion, d’éditer, mardi dernier, une «?édition spéciale manifestations?» distribuée à 25?000 exemplaires dans le cortège parisien. Qu’ils en soient tous ici remerciés. À sa façon, l’Humanité participe au développement du mouvement social et à la création d’un rapport de forces politique nouveau.

Afin de permettre à l’Humanité d’être encore plus utile et plus efficace, nous vous proposons de relancer la souscription populaire pour faire face aux frais supplémentaires que nous avons engagés pour suivre le mouvement au plus près, produire des analyses, donner la parole à toutes les actrices et à tous les acteurs de l’action inédite engagée.

Pour tout souscripteur imposable, une réduction d’impôt de 66?%, sur la somme versée, est désormais accordée. Pour que l’Humanité soit encore plus utile, plus efficace, aidons-la à se développer en faisant connaître son contenu et en participant à la grande souscription populaire que nous relançons dès aujourd’hui jusqu’à la fin de l’année.

D’avance, merci à toutes et à tous.

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Rapport de Pierre Laurent au Conseil National du 26 novembre 2010 + invitation

"Cher(e)s camarades,

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Notre réunion d'aujourd'hui se tient après des mois d’une mobilisation exceptionnelle sur les retraites. Cette mobilisation constitue le premier grand affrontement social et politique dans notre pays depuis le déclenchement de la crise de 2008. Ses traces vont en être durables et les conditions de la bataille politique et sociale ne sont plus les mêmes avant et après. Cette réunion fait également suite à la promulgation à la sauvette par le président Sarkozy de la loi Woerth, et du remaniement – je devrais dire, le resserrement et la mise en ordre de bataille – du gouvernement Fillon.

Le discours de politique générale du Premier ministre devant le Parlement a confirmé, mercredi, la poursuite d’un cap désastreux pour le pays. C'est d'abord à l'analyse et à l'appréciation de la nouvelle situation où nous nous trouvons que je consacrerai la première partie du rapport. Une juste appréciation de cette situation est indispensable pour décider des initiatives politiques qui devront être les nôtres dans la prochaine période.

Permettez-moi de commencer par le discours de François Fillon, mercredi. Soyons clairs : c’est un discours dangereux et scandaleux. Il a parlé de « courage », c’est en réalité une très inquiétante fuite en avant.

Le Premier ministre a d’abord superbement ignoré les Français dans son propos. Pas de chômeurs, pas de licenciés, pas de salariés précaires, pas de jeunes sans avenir, pas d’agriculteurs désespérés, pas d’enfants en grande pauvreté, pas de souffrances sociales ni d’inégalités, rien, dans les propos du Premier ministre, de toutes ces réalités qui angoissent le pays. Un discours froid, auto-satisfait, plus arrogant que jamais, acclamé par des députés de droite coupés du peuple et désavoués par le peuple sur les retraites. La contestation archi-majoritaire du pays contre la réforme des retraites ? Pas un mot, juste une allusion méprisante au « brouhaha des protestations », aux « peurs du changement » qui n’empêcheraient pas le gouvernement de « continuer à réformer » toujours dans la même direction. Le discours du Premier ministre est une négation des urgences sociales, des urgences face à la crise, c’est une insulte au peuple, un déni de réalité, une surdité aux alertes, lancées de toutes parts par le monde salarié, les syndicats, les associations, les prévisionnistes économiques.

Le discours de François Fillon, comme celui de Nicolas Sarkozy lors de son entretien télévisé après le remaniement, sont des discours à sens unique, des discours, volontairement fermés, qui refusent d’ouvrir le moindre espace de débat démocratique sur la nature, pourtant historique, de la crise et des solutions à y apporter. Si François Fillon admet d’une phrase que « la crise n’est pas finie », c’est pour marteler, avec Nicolas Sarkozy, qu’il n’y a qu’une seule manière d’y faire face : continuer à comprimer le « coût du travail » pour affronter la concurrence des pays émergents ; combattre tous azimuts les dépenses publiques et sociales, dans le budget de l'État, celui des collectivités locales et des régimes de protection sociale, présentées comme les responsables des déficits et du surendettement ; poursuivre le soutien aux marchés financiers, aux revenus du capital et du patrimoine. Toute la tonalité de ces discours est profondément autoritaire. Ils disent au pays : nous savons tout, vous ne savez rien, nous appliquerons ce que nous avons décidé et nous vous enverrons la facture de l'aggravation de la crise. C’est insupportable !

Le gouvernement confirme une réduction drastique et prolongée de tous les budgets, emplois et services publics, avec cette affirmation incroyable au cœur d’une crise économique aussi gravissime :« Il n’ y aura plus aucune dépense publique supplémentaire pour relancer la croissance ». C’est irresponsable. En revanche, rien n’est dit tout au long du discours sur l’utilisation par les banques et les grands groupes du CAC 40 des centaines de milliards d’euros dégagés depuis le début de la crise pour pallier les faillites de leur croissance financière. Pas un mot sur la poursuite et la relance de leurs gâchis, pas un mot sur la gravité de la crise monétaire européenne et internationale et ses causes profondes.

En vérité, en France comme en Europe, le schéma défendu par Sarkozy-Fillon et Merkel reste le même : soutien aux marchés financiers et à la compétitivité du capital contre les salaires et les dépenses sociales utiles. C’est une politique criminelle et catastrophique !

Yves de Kerdrel, éditorialiste du Figaro, se félicitant de la reconduction de François Fillon à son poste, a salué dans le Premier ministre l'« homme courageux, capable – je cite – de regarder la vérité en face et d'expliquer aux Français qu'il va falloir verser, sinon du sang, du moins de la sueur et des larmes ». Les sueurs et les larmes sont effectivement au rendez-vous de cette politique, mais la vérité sûrement pas.

D’une part, la situation du pays n’est pas du tout celle décrite par François Fillon.

L'année 2009 a vu une véritable hécatombe d’emplois : 256 100 emplois nets ont été détruits, dont près de 170 000 dans l'industrie, qui compte moins de 30 % des salariés français. En trois ans, Sarkozy, en élève appliqué des agences de notations, de la BCE, du FMI et du Medef a supprimé 135 000 emplois dans la Fonction publique. François Fillon annonce l’amplification de cette politique qui est en train de mettre très gravement en cause l’avenir de l’hôpital public et de notre système éducatif. En octobre, la France a « franchi la barre » des 4 millions de chômeurs (dont 2 millions de femmes et 638 000 jeunes), augmentant de 6,5 % en un an. Le chômage de longue durée a progressé de 27,6 % en une année et les salaires réels, inflation réduite, baissent de fait.

Alors que le gouvernement recule l'âge légal de départ à la retraite et augmente la durée de cotisation, le taux d'emploi des 60-64 ans en France n'est que de 17 % et celui des 55-64 ans, de 39 %. Comble du cynisme, Renault a annoncé, hier, le départ en pré-retraite de 3 000 salariés de plus de 58 ans, reconnaissant leur usure au travail. Le résultat, c’est que le niveau des pensions va baisser pour tous et que la loi sur les retraites coûtera en assurance-chômage, selon les prévisions de l'Unédic, de 440 à 530 millions d'euros compte tenu de ce faible taux d’emplois des seniors.

Alors que le revenu moyen disponible de l'ensemble des Français se situe à 22 460 euros par an , soit 1 870 euros par mois, ce qui n’a rien de mirobolant au regard du coût de la vie, du logement et de l’éducation des enfants, ce chiffre masque l’explosion des inégalités de revenus. 20 % de la population a un revenu moyen de 42 300 euros et de l'autre, 20 % également de la population vit au contraire avec 11 000 euros par an.

Notre pays compte 8 millions de salariés gagnant moins 950 euros par mois. Qui plus est, pour les actifs, les conditions de travail réduisent de plus en plus les salariés en simple marchandise, en supplétif instrumentalisé pour « remplir des objectifs » et « faire du chiffre » ; une conception managériale qui exclut les travailleurs soi-disant « non performants » et menace d'insécurité les autres, en élevant chaque fois plus haut le prix de leur maintien en poste. Ces pratiques rendent chaque jour la vie impossible à des centaines de milliers de femmes et d'hommes au travail.

Il y a peu, une sexagénaire, médecin du travail, a mis fin à ces jours en envoyant ce message : « Ne pleurez pas, je suis mieux que soumise à la torture de l'Association Alsace santé au travail (AST 67). Merci de faire le nécessaire pour que, dans un premier temps, au moins, la justice mette en prison les meurtriers d'AST 67 ». Cet acte isolé, tragique et révoltant, rappelle qu'il n'est plus guère de secteur épargné. Quand la finance domine, oui de Kerdrel a raison, le sang coule.

La droite sarkozyste veut d’ailleurs soumettre toute la Fonction publique et para-publique à ce régime de chantage à la compétitivité puisque le cadeau de départ de Woerth aux Français est l’introduction dans la législation de la possibilité de licenciement des fonctionnaires et assimilés.

Mais cette situation dramatique dans laquelle notre pays s’enfonce ne doit rien au hasard. Et c’est là le second gros mensonge des Fillon et Sarkozy. Leur politique ne traite en rien le mal de cette crise, elle n’est en aucun cas de nature à nous sortir des engrenages régressifs actuels, au contraire elle les nourrit.

Depuis le début de la crise, le montant des injections financières dans le système financier mondial est gigantesque : plus de 5 000 milliards de dollars au total. Mais les relances de croissance que cette injection massive est censée soutenir se développent de manière très inégale, avec un énorme chômage mondial estimé par le BIT à 212 millions de sans-emploi en 2009 (en hausse de 34 millions depuis 2007), avec une insuffisance criante de qualifications et de pouvoir d’achat, avec une montée des concurrences pour gagner les marchés solvables, avec l'aiguisement des guerres commerciales et monétaires, qui déboucheront tôt ou tard sur une nouvelle crise mondiale de sur-accumulation plus grave encore.

En Europe, le soutien aux marchés financiers se paie en plans d’austérité drastiques, dans tous les pays, qui annihilent la croissance et aggravent les endettements publics et la crise de la zone euro. Hier élève modèle du dumping fiscal au profit du capital, l’Irlande est maintenant à son tour saignée à blanc. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont poussé en commun à l’adoption, le 28 octobre dernier, par les chefs d'État et de gouvernements de l'UE d’un plan d'action pour renforcer leur « discipline budgétaire commune » qui aura comme principal effet d'aggraver la crise. La zone euro apparaît comme le théâtre majeur, au plan mondial, d’un bras de fer violent entre prélèvements publics et sociaux et prélèvements financiers avec, pour toile de fond, l'enjeu du modèle social européen.

En France, la croissance reste minime, contrairement aux affirmations de François Fillon. Seuls s’en tirent les groupes du CAC 40 qui devraient retrouver des niveaux de profits de plus de 80 milliards d’euros en 2010 et qui disposent de trésoreries financières énormes : 146 milliards d’euros pour les dix premiers groupes selon Les Echos du 21 octobre. Mais rien ne profite au pays et tout va bien à la guerre des marchés. Ce sont précisément ces logiques qui nous enfoncent et que François Fillon se propose d’amplifier encore.

Voilà les réalités que tentent de cacher à notre peuple Sarkozy et Fillon. Il importe, dans ces conditions, que nous décidions d’amplifier la bataille d’idées engagée depuis le début de la crise, poursuivie avec succès dans la bataille des retraites, sur les causes réelles de la crise capitaliste et la nature des solutions à apporter.

Nous pouvons le faire en portant des propositions fortes qui trouvent aujourd’hui de l’écho dans la situation. Celles que nous avons avancées pour un autre financement des retraites, notamment la création d’une cotisation sur les revenus financiers, la suppression des exonérations de cotisations sociales aujourd’hui utilisées contre la qualité de l’emploi ou encore la modulation des cotisations sociales ont enfoncé une brèche dans le discours dominant qui nous rabâche : on ne peut pas faire autrement. Ce « on ne peut pas faire autrement », il faut le combattre pied à pied, proposition contre proposition, logique contre logique.

Oui, il n’est pas fatal de refinancer les banques sans contrepartie, on peut créer un pôle public bancaire et financier et s’en servir pour réorienter la politique de crédit. Oui, face à la crise de la zone euro, à la montée des tensions monétaires qui s'exacerbent, nos propositions d’une profonde transformation de la BCE et de la mise en chantier d'une monnaie commune mondiale deviennent plus crédibles que jamais. Oui, plutôt que d’enfoncer l’Irlande et la Grèce, la BCE pourrait racheter les titres de dette publique de ces États en usant de son pouvoir de création monétaire pour soustraire progressivement ces États au chantage des marchés financiers. L’argent ainsi mobilisé pourrait alimenter un Fonds européen de développement social à l’opposé de l’actuel Fonds de stabilisation financière. En tous domaines, montrons qu’une autre logique est non seulement nécessaire, mais qu’elle est également possible .

Nous sommes d’autant plus encouragés à mener cette bataille avec la mobilisation que connaît notre pays sur les retraites. Un chiffre résume à lui seul l’ampleur et la portée de ce qui vient de se passer : selon des estimations de la CGT, ce sont sept millions de personnes qui ont participé jusqu'à présent, d’une manière ou d’une autre, à tout ou partie de ce mouvement. C’est évidemment considérable.

Je veux d'abord saluer, au nom de notre direction nationale, le travail exceptionnel des organisations syndicales. Jour après jour, elles ont multiplié les initiatives pour informer les travailleurs de la nature régressive du projet gouvernemental. Depuis des mois, elles sont restées unies sans ne jamais rien céder au gouvernement qui fasse reculer les droits des salarié-es. Bravo à elles pour leur lucidité et leur détermination. Je veux aussi redire ici l’importance du travail des parlementaires communistes, de l’ensemble des deux groupes dans leur diversité. Le projet de loi qu'ils ont élaboré et porté a donné une perspective politique crédible à la mobilisation en montrant, proposition contre proposition, qu'une autre réforme était et demeure possible. Leur grande ténacité dans le débat parlementaire a donné un formidable écho aux revendications des salariés. Nous pouvons être fiers d'eux. Le peuple a besoin de tels élus et ils ont montré ce que le peuple est en droit d’attendre de la gauche.

« C'est très dur de se battre et de perdre de l'argent », disait, fin septembre, Clément, agent SNCF ; et il ajoutait: « J'ai 30 ans, et je sais déjà que je vais faire grève longtemps, car d'ici ma retraite, notre modèle social sera souvent attaqué. » Clément résume bien tout ce que ce mouvement a su exprimer avec force : la combativité des salariés face à un pouvoir sourd à leurs revendications ; la prise de conscience massive que la lutte contre cette réforme porte en elle l'affrontement entre deux conceptions de la société : une société soumise aux puissances de l'argent ou une société de solidarité et d'égalité ; et la conscience que la promulgation de la loi ne mettrait de terme ni à la bataille pour la retraite à 60 ans, ni au débat de société qu'elle a ouvert en grand. Clément, jeune salarié, est assez représentatif de cette nouvelle génération qui est entrée en mouvement.

Progressivement, à travers l’enjeu des retraites, c’est bien un débat de choix de société qui a gagné tout le pays, toutes les générations, tous les secteurs, public et privé. La jeunesse salariée s'est retrouvée en nombre, d'ailleurs assez impressionnant dans certains cortèges ; et la jeunesse lycéenne et étudiante, mobilisée à partir de septembre, l'a fait sur l'enjeu du travail, du droit à l'accès au travail. Les organisations féministes et leur appel commun du 24 juin ainsi que la saisine de la HALDE par des députées, au premier rang desquelles Marie-George, des associations et des syndicats ont mis au jour l'attaque violente portée contre les femmes par cette réforme : la conviction que la justice sociale passe par le combat contre les inégalités entre femmes et hommes a progressé montrant qu'il s'agit d'un enjeu de société incontournable.

Cet enjeu de l'égalité homme-femme est symbolique de la montée de la conscience populaire du caractère foncièrement inégalitaire de la société dans laquelle nous vivons, devenue insupportable y compris dans des catégories de la population qui ne sont pas en situation immédiate d'insécurité sociale ou de précarité. Et cela s'est notamment traduit par une très forte solidarité populaire avec les grévistes comme nous l'avons constaté dans les nombreuses initiatives de collectes que nous avons organisées.

Au lendemain des élections régionales, la confiance avait déjà commencé à changer de camp et des luttes sont nées. Avec le mouvement contre la réforme des retraites, une nouvelle étape est franchie : le mouvement social sort renforcé des mois qui viennent de s'écouler, comme en témoigne la progression de la syndicalisation et la persistance d'une bonne image des syndicats dans l'opinion, un renforcement qui se traduit par l'émergence de nouvelles luttes revendicatives dans de nombreuses entreprises et qui lui permet de s'inscrire dans la durée.

En effet, dans sa foulée, d'autres luttes apparaissent ou s'intensifient sur les conditions de travail et les salaires : les dockers à Marseille, les salariés de Total-Dunkerque, les salariés de Plysorol à Lisieux sont en lutte, ceux de Montataire dans l'Oise qui se battent contre des licenciements, les travailleurs Sans-Papiers occupant la cité de l'histoire de l'immigration, les personnels hospitaliers de l'hôpital Tenon invoquant leur droit de retrait après 6 semaines de grève, les gardiens de prison. Je pourrais encore citer les producteurs de lait, les agriculteurs affrontant le monopole des abattoirs Charal, les salariés de Rhodia dont le salaire de base est à 917 euros et qui n'ont pas de 13e mois... les étudiants bloquant encore des universités pour protester encore contre la réforme ou ceux de l'ENS-Rue d'Ulm exigeant la titularisation des contractuels.

Quelques unes ont même débouché sur des victoires, comme celle des salariés des verreries Brosse en Seine-Maritime qui ont imposé 5,3% d'augmentation de salaires en plein mouvement sur les retraites ; ou encore en Moselle, à l'usine Rhodia de Behr dont les ouvriers ont obtenu 40euros brut d'augmentation et 14% sur la prime de nuit. Tous les secteurs, tous les pans de la société sont touchés et cela ne s'arrêtera pas.

Le 23 novembre, la mobilisation a surpris ceux qui y voyaient une journée symbolique alors qu'elle affirmait que la promulgation de la loi n'avait certainement pas clos le dossier des retraites ; et le 4 décembre, la manifestation nationale des chômeurs et précaires constituera un rendez-vous de tous les travailleurs pour lesquels l'urgence est à la revalorisation des salaires, des taux et durée d’indemnisation du chômage, à la transformation des emplois précaires en emplois stables, à la taxation des transactions financières et à la suppression des niches fiscales et sociales aux entreprises et gros revenus.

Compte tenu de ce climat, des urgences sociales du pays, et en lien avec ce que je disais précédemment sur les batailles à poursuivre avec nos propositions, je crois que nous devrions réfléchir à impulser de nouvelles campagnes d’actions en 2011.

Il y a aura évidemment toute la bataille sur l’avenir des collectivités locales, qui sera au cœur des cantonales, j’y reviendrai. Nous démarrons également une campagne d’action sur la santé et l’hôpital public, et nous préparons une relance de notre campagne sur l’école en lien avec la dramatique situation créée depuis la rentrée par la destruction des IUFM.

Mais nous avons besoin d’une campagne forte contre les plans drastiques d’austérité annoncés en France comme en Europe. Nous travaillons à ce que le congrès du PGE qui se tient la semaine prochaine à Paris prenne une grande initiative politique de dimension européenne. La colère des Irlandais, les manifestations d’étudiants en Grande-Bretagne, la grève générale historique au Portugal sont des signes supplémentaires qui nous y encouragent. Patrick Le Hyaric avance d'ailleurs en ce sens des propositions dans L'Humanité de ce jour.

Une situation politique et sociale nouvelle qui vient de s’ouvrir : au terme du premier grand affrontement depuis la crise de 2008, la droite au pouvoir en France, un pays très regardé par toute l’Europe, n’a pas réussi à juguler une opposition majoritaire, combative et persistante de notre peuple à la mise en œuvre des solutions capitalistes justement préconisées dans tous les pays de l’UE. Elle a fait voter la loi Woerth mais en subissant sa première grande défaite politique depuis l’élection de 2007.

Cette situation peut-elle déboucher sur une défaite politique plus globale et plus durable de cette droite ? Et peut-elle ouvrir la voie à une alternative politique de gauche porteuse de choix politiques en rupture avec les choix actuels? C’est l’enjeu de la période à venir. Rien n’est automatique, nous le savons très bien. Mais rien n’est joué non plus. La situation est ouverte. Il nous faut donc apprécier lucidement les potentiels et les obstacles de la période.

Toutes les enquêtes d’opinion le montrent, à commencer par celle publiée par l’Humanité Dimanche. S’il existe un très fort niveau de soutien à des mesures de gauche, s’il existe une forte disponibilité pour un projet de gauche, en rupture avec les solutions mises en œuvre par le gouvernement UMP Sarkozy-Fillon, cela cohabite avec un doute sérieux lui aussi très majoritaire.

Les citoyens expriment à la fois leur envie de gauche et leur scepticisme sur la gauche. Pour transformer la colère et le rejet du pouvoir actuel en un espoir de changement politique à gauche, il ne suffira pas de susciter de l’adhésion à telle ou telle mesure de gauche, il faudra crédibiliser le chemin pour parvenir à ce changement et en garantir la réussite.

De très nombreux salariés, d’habitants des quartiers populaires, qui souhaitent le changement, font le constat lucide que les forces qui dominent actuellement la gauche, le PS et Europe Ecologie-Les Verts ne portent pas de projets de rupture forts avec les logiques dominantes. La candidature toujours possible de DSK pour le PS, ou celle actée d’Eva Joly pour EELV, ne font que renforcer le scepticisme. Ceux que la machine sondagière présente comme seuls crédibles électoralement ne sont pas politiquement jugés très fiables. Le Front de gauche intéresse, il semble confirmer des progrès potentiels dans les intentions de vote, y compris à la présidentielle, mais il apparaît encore trop faible. D’où cette interrogation largement répandue : comment concilier exigences de contenus et unité pour des majorités nécessaires à la victoire ?

En même temps qu’ils agissent, les salariés s’interrogent, regardent, observent, oscillant entre défiance, espoir et perplexité. Notre devoir est d’agir avec eux, et de proposer un chemin crédible, capable d’ouvrir la voie à un changement politique qui réponde aux attentes populaires.

Mais d’abord une remarque : nous ne serons pas les seuls à agir. Aucune force politique ne restera immobile, et sûrement pas à droite.

Le remaniement, je l'ai dit, annonce clairement le cap choisi par Nicolas Sarkozy et l’UMP : affaibli politiquement, mis en difficulté par une crise qu’il a sous-estimée et une contestation populaire plus déterminée qu’il ne l’avait prévue, le pouvoir s’est remis en ordre de bataille, intégrant dans son dispositif gouvernemental tous ses principaux leaders. Le pouvoir ne parle déjà plus d’une seule voix, comme on le voit avec la montée en puissance de François Fillon. C’est donc un gouvernement de combat, resserré, très politique, avec à ses côtés une UMP et un groupe parlementaire, tous deux pilotés par Jean-François Copé, qui sont en place pour préparer 2012. Le discours de François Fillon l’a montré : ce gouvernement entend reconquérir le terrain perdu en martelant le caractère inéluctable de ses choix, invoquant pour cela autant qu’il le faudra le FMI ou le rapport Attali. N’en doutons pas, la bataille idéologique va continuer à faire rage. Nous devrons plus que jamais argumenter et riposter.

Ce nouveau dispositif resserré sur l’UMP peut aussi créer de l’espace pour des « oppositions » de droite, qui contestant la méthode Sarkozy, n’en rejoindront pas pour autant tous les objectifs libéraux de l’UMP. La formation de Dominique de Villepin en est une version. Il faudra également suivre la relance probable, bien qu’incertaine, des manœuvres centristes autour des recalés du gouvernement Hervé Morin ou Jean-Louis Borloo.

Plus inquiétante encore peut être l’extrême-droite, toujours à l’affût en période de crise politique de la droite, qui emmenée par Marine Le Pen, tente déjà d’incarner une relève radicale, à l’image des extrêmes droites populistes, nationalistes et xénophobes qui émergent en Europe en surfant sur le rejet des « élites de la mondialisation ».

En clair, la droite n’a pas perdu la bataille d’avance. Elle va se battre. Elle ne la perdra que si s’affirme à gauche un projet politique de changement à la hauteur des exigences populaires. Or, soyons clairs, ce n’est pas fait. Les Français doutent, ils ont des raisons de le faire. Le décalage est réel, et de fait les orientations dominantes au PS et à EELV restent clairement à une adaptation aux contraintes de la crise capitaliste sans rupture forte avec les logiques actuelles. Le risque est donc réel que les projets portés à gauche ne soient pas à la hauteur des attentes populaires.

Le monde du travail, la grande masse des salariés, les couches moyennes et populaires et de nombreux intellectuels – c’est-à-dire l’électorat de gauche dans sa masse – sont disponibles pour des solutions de changement, mais tous seront travaillés, dans les mois qui viennent, par ces contradictions et par cette question : peut-on croire à un changement et lequel ? Peut-on faire bouger la situation jusqu’à faire dominer dans l’électorat de gauche l’espoir et l’exigence d’une réelle politique de changement ? Peut-on ouvrir en grand la porte du changement, et comment y parvenir dans le cadre des échéances politiques de 2012, dominées par l’élection présidentielle ? C’est la question à se poser et le défi à relever.

A gauche, la situation est, en fait, pleine de paradoxes. Si l’inclination des directions du PS et d’EELV est clairement celle que j’indiquais, le mouvement populaire a poussé l’ensemble des forces de gauche à tenir sur l'orientation du droit à la retraite à 60 ans. C’est unique en Europe. Au-delà des retraites, l’aspiration à l’égalité demeure structurante et endigue les offensives idéologiques du libéralisme. L’essentiel des électeurs de gauche était engagé dans le mouvement et cela marque les consciences.

Cependant, la mécanique présidentialiste peut être un redoutable filtre qui, au nom de la nécessaire victoire sur Sarkozy, laisse sur le carreau l’essentiel des aspirations au changement.

La primaire socialiste peut fort bien servir de filtre supplémentaire. Les déclarations des candidats déclarés ou potentiels ne laissent rien augurer de très bon. La polémique provoquée par une convention nationale sur l’égalité, pourtant bien timide, en dit également long sur le poids que s’apprête à occuper la pédagogie des « contraintes ».

Donc comment faire ? Quelles ambition et quels objectifs se fixer ?

1. La première des questions est celle de l’ambition.

Au lendemain d’un mouvement social aussi profond, notre objectif ne peut être de limiter les dégâts. Nous voulons contribuer de toutes nos forces à faire grandir dans le peuple et par le peuple un projet collectif conforme aux attentes de changement du mouvement populaire. Nous voulons construire avec le mouvement populaire, avec toutes celles et ceux qui en ont été les acteurs, en les faisant sortir du rôle de spectateurs défiants dans lequel ils se trouvent aujourd’hui à l’égard de la politique, un projet qui exprimera des attentes majoritairement partagées par eux.

Nous voulons formuler, avec le peuple , un projet de gauche enfin conforme à ses attentes, pour le porter ensemble dans les échéances à venir. Notre objectif central est donc le développement d’une dynamique populaire porteuse d’un tel projet et la conquête d’une nouvelle majorité politique de gauche capable en 2012, avec de nombreux parlementaires du Front de gauche en son sein, de faire avancer les objectifs d’un tel projet.

Les luttes et les batailles à venir dans les deux ans qui viennent, les rendez-vous électoraux des cantonales et des sénatoriales en 2011, la construction du programme populaire et partagé que nous engageons doivent concourir à cet objectif, en confortant à chaque étape les dynamiques et les rapports de forces nécessaires. L’élection présidentielle sera une étape décisive sur ce chemin. Les élections législatives seront essentielles, elles devront concrétiser l’ambition visée dans une nouvelle majorité parlementaire.

Le Front de gauche doit être le moteur de cette ambition, l’énergie positive à gauche. Nous l’avons initié pour cela. Ce doit être la force qui rend crédible le changement à gauche en portant ce projet qui dit clairement : voilà ce que la gauche doit et peut faire. Le Front de gauche doit être le rassembleur de toutes les énergies qui veulent la réussite d’un projet au service des intérêts populaires.

Dans ce moment où le besoin d’alternative va travailler toute la société, le Front de gauche est une dynamique potentiellement porteuse d’espoir. C’est le moment de l’amplifier, et le parti communiste a un rôle crucial à jouer pour lui donner l’impulsion et l’ambition politiques nécessaires.

2. La seconde question est dans cet esprit celle de l’élaboration du programme partagé.

Ça y est, les choses démarrent. Quelques dizaines d’initiatives se sont tenues dans le pays. C’est encore modeste. Mais notons-le, toutes ces initiatives sont très réussies, intéressent beaucoup le public des acteurs sociaux et syndicaux que nous invitons. Ce soir, débute la rencontre nationale que nous organisons. Elle s’annonce comme une contribution particulièrement enrichissante. Elle sera un signal fort.

Et, à partir du 2 décembre, nous tiendrons une série de forums publics nationaux du Front de gauche. Il y en aura neuf, chacun dans une ville différente du pays, en commençant par les retraites à Paris le 2 décembre, et sur la République, le 9 décembre à Nanterre. Sept initiatives dans toute la France : à Nîmes : Face à l’échec du traité de Lisbonne, quelle Europe ? ; au Mans : Face à l’impasse de la financiarisation, l’argent pourquoi faire ? à Bordeaux : Face à la catastrophe écologique, quelle alternative ? À Marseille : Face à l’exploitation, au chômage et à la précarisation, comment changer la place du travail ? à Rennes : Face à la marchandisation des savoirs, quelle école nous voulons ? à Lyon : Face au tout marchand, quels services publics et biens communs ? Le dernier débat aura pour intitulé : Face à la mondialisation capitaliste et aux guerres, quelle politique internationale ?

Sur tous ces thèmes, et d’autres travaillés plus précisément, l’enjeu doit être, je veux y insister, de dégager les thèmes rassembleurs, fédérateurs, capables d’unir une majorité de nos concitoyens, et du même coup de crédibiliser la possibilité d’un changement dès lors considéré comme accessible. Oui, accessible et crédible, parce qu’absolument nécessaire pour répondre aux urgences de la crise, et très largement soutenu dans le pays. Nous ne voulons pas incanter le changement mais lui ouvrir le chemin. Trop de gens souffrent pour attendre. Ce que nous voulons construire, ce sont de grands objectifs, majoritairement partagés, disant clairement où sont les leviers d’un vrai changement pour la vie de nos concitoyens. C’est ce que nous devons viser sur chaque grand sujet qui mobilise la société, et la conduise à s’interroger sur le sens de son avenir : retraites, emploi, rôle des banques, utilisation de l’argent, Europe, services publics, hôpital, école, jeunesse…

Cette démarche si elle devient visible dans tout le pays, peut créer l’évènement, n’en doutons pas. Il conviendra évidemment de construire les moments d’acter tout ce travail partagé. Pour l’heure, le premier enjeu est d’en réussir l’impulsion dans tout le pays et du même coup une large appropriation citoyenne.

3. La troisième question doit nous conduire à approfondir chemin faisant, en mettant en œuvre cette démarche, les formes populaires et citoyennes d’association à notre démarche.

Le Front de gauche, ce doit être une autre manière de faire et de vivre la politique. A chaque initiative nouvelle, pensons à donner rendez-vous, à poursuivre, à prendre date, à créer les espaces et les formes de travail nécessaires, en n’hésitant pas à miser sur l’intelligence, l’expertise, l’engagement populaires. Dans la forme même de toutes nos campagnes, cela importe au premier chef. Les campagnes du Parti communiste, du Front de gauche, on ne doit pas les suivre, on doit les vivre.

4. La quatrième question que je veux aborder est celle de la candidature à l’élection présidentielle pour 2012.

De fait, le débat a démarré. Jean-Luc Mélenchon s’est déclaré disponible pour cette candidature. Notre camarade André Chassaigne également. L’un et l’autre s’expriment déjà beaucoup, et contribuent à assurer la visibilité du Front de gauche dans le débat politique, ils sont invités dans des médias, qui vous le savez, sont déjà tous focalisés sur le casting présidentiel. Le nom de Jean-Luc Mélenchon est déjà testé dans des intentions de vote.

Tout cela provoque chez nos camarades de l’intérêt, des débats, des interrogations, des agacements, des impatiences… et surtout désormais une demande: que soient précisés le cadre et le calendrier de ce débat, et les conditions dans lesquelles les communistes seront amenés, tout naturellement comme c’est leur droit, à se prononcer. Personne ne décidera à leur place.

Je veux donc vous faire à ce propos une proposition. Mais avant cela deux remarques.

  • La première concerne ce qui doit guider notre réflexion en la matière. Pour moi, c’est clair, c’est 2012 et les enjeux politiques dont j’ai parlé précédemment. Nous ne sommes pas là pour solder les comptes de l’histoire du PCF et de la présidentielle. La question à laquelle nous avons à répondre, c’est quelle candidature, pour quel projet, dans les conditions singulières de 2012. Les expériences passées, qui souvent passionnent nos débats sur cette question tant nos rapports avec cette élection sont compliqués, comportent certes des leçons. Mais aucune ne nous apportera la réponse à la question politique qui nous est aujourd’hui posée.
  • La seconde remarque, je l’ai dit, le débat est de fait engagé. Nous allons en préciser le cadre. Mais puisqu’il existe, ne le bridons pas, qu’il se déploie, qu’il ait lieu sans tabou. Partout dans le parti, la question de la candidature doit être débattue, sans sur-valoriser ni sous-estimer l'enjeu, mais tout simplement comme l'un des débats que nous devrons trancher ensemble et chacune, chacun doit prendre ses responsabilités sur cette question comme sur les autres. Obligeons-nous donc les uns et les autres à un débat sérieux où pourront être sereinement évalués les avantages et les inconvénients des solutions envisagées, dans cette élection si contraire à notre conception de la politique.

J’en viens à ma proposition.

Je crois, comme le montre ce rapport, qu’il ne s’agira pas seulement de choisir un nom, une personnalité, mais un cadre politique et un dispositif collectif de campagne. Il nous faudra de surcroît mener la discussion sur ce cadre avec les communistes qui auront à se prononcer et avec nos partenaires qui devront également le faire.

Je pense donc que nous devrions engager la discussion à partir d’un texte adopté par le Conseil national qui dirait les principes à partir desquels, pour ce qui nous concerne, nous envisageons une candidature du Front de gauche. Ce texte devrait probablement proposer une définition de l’ambition politique visée en 2012, énoncer les grands thèmes structurants du travail sur le programme partagé, proposer des modes et des formes de déploiement populaire de notre démarche, ainsi qu’un dispositif et un style collectif de campagne associée à la candidature. Ce texte devra également engager notre réflexion sur la manière dont nous combinerons les deux échéances de 2012, présidentielle et législatives, compte tenu évidemment de l’importance que nous accordons aux deux comme je l’ai souligné.

Un Conseil national pourrait se tenir le 7 janvier pour adopter ce texte, ce qui laisse le temps d’y travailler, après la discussion que nous aurons aujourd’hui. Ce Conseil national pourrait en même temps convoquer le Congrès, en fixer le calendrier, ce qui déclencherait conformément à nos statuts la période de libre contribution des communistes sur l’ordre du jour du Congrès.

Un premier échange national pourrait ainsi avoir lieu lors de la rencontre des animateurs de section le 8 janvier, et fournir ainsi aux communistes et à la discussion avec nos partenaires un premier cadre de réflexion, avant le choix d’un nom.

Sans préjuger du calendrier que nous fixerions au CN du 7 janvier, il parait de toute façon raisonnable de considérer que la base commune de discussion que le CN adoptera avec sa proposition définitive d’orientation et de candidature soumise aux communistes n’interviendra qu’au lendemain des cantonales, juste après, début avril. S’enchaîneraient alors les étapes statutaires nous menant au Congrès.

Puisque je viens de parler des cantonales, permettez-moi de conclure par là ainsi que par un mot sur les sénatoriales.

Pour toutes les raisons exposées dans ce rapport, nul doute que le résultat des élections cantonales comptera dans l’évolution de la situation des nos collectivités locales, donc de la vie de nos concitoyens, et dans celle de la situation politique nationale. Je ne reviens pas sur la discussion de notre dernier CN, rien ne l’invalide. Je veux juste souligner l’urgence qu’il y a à engager partout cette bataille, à désigner les candidats du Parti et du Front de gauche quand ce n’est pas encore fait. L’abstention est un risque sérieux et l’enjeu de l’élection va nécessiter beaucoup d’explications. Nous abordons cette élection avec esprit de conquête et de rassemblement, avec l'objectif de renouveler les 104 sièges que nous détenons, de garder nos présidences du Val-de-Marne et de l'Allier et de reconquérir celle de la Seine-Saint-Denis.

Force est de constater que cet esprit de rassemblement est loin d'animer partout nos partenaires de gauche. Et nous redisons au PS et EELV qu’il y a sûrement mieux à faire pour la gauche que de chercher, par des candidatures politiciennes uniques, à tailler des croupières aux conseillers généraux communistes sortants.

Je veux dire notamment mon soutien à la déclaration adoptée hier soir par le Conseil départemental du Val-de-Marne qui met en garde contre de telles manœuvres dirigées contre la majorité actuelles du Conseil général. Au moment où les grands débats publics sur les transports en Ile-en-France sont en train de donner raison au travail visionnaire mené par le Conseil général du Val-de-Marne sous la présidence de Christian Favier, chercher à affaiblir cette présidence serait rendre un bien mauvais service à la gauche et aux populations de département. Nous ne laisserons pas faire, les Val de Marnais non plus. Nous le disons aux Verts et au PS : il est temps de renoncer à ces manœuvres.

Concernant les sénatoriales, je veux dire l’état réel des discussions. Vous le savez, l’enjeu est le passage de la majorité sénatoriale à gauche, et dans ce cadre la réélection des sénateurs et sénatrices sortants, et le renforcement de notre groupe. Au total 19 sortants de notre groupe sont renouvelables, dont 16 communistes en métropole. La presse a annoncé la semaine dernière que le PS avait réservé neuf places à des communistes, et 11 aux Verts, soit huit sénateurs Verts supplémentaires donnés par le PS, puisque les Verts ne disposent contrairement à notre implantation locale des grands électeurs nécessaires. Pour ce qui concerne le PCF, l’annonce ne porte que sur les départements où un accord sur une liste d’union à la proportionnelle existait déjà la dernière fois, soit 7 départements (Isère, Indre-et-Loire, Loire, Meurthe-et-Moselle, Seine-et-Marne, Paris, Essonne) auxquels s’ajoutent cette fois-ci une place réservée sur la liste des Hauts-de-Seine et une sur la liste du Val d’Oise.

Pour les autres départements qui ont des sortants renouvelables (Pas-de-Calais, Nord, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne), nos fédérations poursuivent les discussions avec l'objectif de la réélection du nombre de sièges que nous détenons. Nous discutons également de gains possibles dans plusieurs départements. En tout état de cause, nous l’avons dit à nos partenaires la semaine dernière. La discussion n’est pas close. La gauche devrait gagner des sièges, il est normal que notre groupe CRC qui s’est si bien battu sur les retraites sorte renforcé. Nous y travaillons.

Voilà cher(e)s camarades, les réflexions et propositions que je voulais vous présenter ce matin à l'occasion de notre Conseil national."

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF,

Paris, le 26 novembre 2010.

Une invitation pour le 90ème anniversaire du Parti Communiste Français, cliquez sur le logo

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COMPTE RENDU DE MANDAT: rencontre avec Christian Piquet!


Christian Picquet est venu à Montauban, rencontrer des militants qui ont participé à son élection de conseiller régional. Pour tout simplement rendre compte de son mandat. Une démarche très appréciée.

D’entrée il a exprimé combien les 7% obtenu par le Front de gauche de manière autonome, étaient un atout ; nous ne devons notre élection qu’à nos électeurs. Les élus du front de gauche prennent totalement leur place dans la majorité de gauche, notamment pour combattre la droite.
Mais aussi pour soutenir ce qui va dans le bon sens et pour s’opposer à certaines dérives. Christian a parlé avec satisfaction du dispositif mis en place par la Région qui permet aux élèves de seconde d’acquérir un ordinateur. ; La demande a explosée : 13000 ! Surtout que ce sont les familles les plus démunies qui en ont profité.
Les élus du front de gauche veulent que l’argent public soit utilisé à bon escient. Pas question notamment de faire des cadeaux au grand patronat. Ainsi le groupe a refusé d’accorder 350 000 euros à l’Aéro Figeac qui a très clairement justifié cette demande « pour soulager les banques ». Même vote face à la demande de 500 000 euros dont bénéficie finalement les Thalès, Airbus et Boeing , pour l’organisation d’un salon, car le front de gauche a été seul à refuser une telle largesse . Au sien de l’assemblée régionale, les élus du front de gauche viennent de faire adopter plusieurs vœux : en soutien aux mobilisations pour les retraite, pour la défense des hôpitaux publics, et pour la généralisation du versement transport des entreprise.
Seul point d’ombre à ce tableau : le financement de la LGV, précisément du tronçon Tours Bordeaux. Unanimement les militants présents ont désavoué le vote de l’assemblée régionale auquel le groupe front de gauche a participé, car il permettra au groupe privé Vinci d’empocher 102 millions d’euros provenant de la région pour construire et exploiter ce tronçon pendant plusieurs dizaines d’années.

Il s’agit bel et bien d’une privatisation d’un ouvrage public !

Toutefois les élus du Front de gauche ont obtenu une mise à plat de ce dossier pour la suite.
Dans la discussion qui a clôturé ces deux heures de rencontre, a été mis en avant la nécessité que les régions qui sont quasiment toutes à gauche, ne cèdent pas sur des budgets d’austérité . Car tout le monde en est convaincu : ensemble, nous pouvons faire reculer le gouvernement.

André GREDER

 

FRONT DE GAUCHE 82 : UNE ASSEMBLEE GENERALE CONSTRUCTIVE

Nous revenons ici sur la réunion départementale du Front de Gauche qui s’est tenue le 19 octobre. Car les 40 membres de ce Front se sont donnés quelques perspectives pour construire le futur.

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Après avoir évoqué un long moment l’actuel mouvement social pour défendre le droit pour tous à une retraite à taux plein dès 60 ans et confirmé l’engagement total du Front de gauche sur cette base, l’assemblée générale a rappelé l’ambition du Front de Gauche. Nous voulons devenir majoritaires à gauche en proposant des mesures en rupture avec les logiques libérales, ce qui fera dire à un participant que l’anti Sarkosisme ne suffit pas.
Il est absolument urgent de proposer une alternative crédible à la société capitaliste. Voila pourquoi, nous voulons écrire rapidement et collectivement un programme pour rendre concrète cette perspective : quel droit incontournable à l’emploi pour chacun, comment financer durablement la protection sociale, quelle réforme de la fiscalité qui soit juste, quelle nouvelle construction européenne refusant le dogme de la concurrence libre et non faussée, quels services publics, quelle gratuité nécessaire et dans quels domaines pour permettre à tous de bénéficier de ce qui est vital… ?

Après cela, l’essentiel du débat a porté sur la consolidation du Front de Gauche.

Il est reconnu par tous que c’était une chance que trois partis (le PCF, Le PG et Gauche Unitaire) aient choisi de construire ensemble ce Front. Mais il apparait absolument nécessaire de donner une dimension largement plus citoyenne à ce rassemblement. Et la question est simple : comment permettre à tous ceux qui combattent le système capitaliste et qui ne sont pas membres de l’une des trois formations politiques de prendre toute leur place au sein du Front de Gauche ? Sont concernés, les syndicalistes, les militants associatifs et tout simplement les citoyens qui entendent participer à la construction d’une autre société débarrassée du règne des marchés financiers et autres actionnaires.
Après un bon moment de discussion où il aussi été question du NPA, l’assemblée générale a décidé de constituer une association citoyenne du Front de Gauche ouverte à tous ceux qui partagent l’ambition de ce Front populaire d’aujourd’hui. Une équipe de 7 militants est chargée de rédiger le projet et les règles de fonctionnement en vue d’une nouvelle assemblée générale qui se déroulera le 24 novembre. Les élections cantonales qui se dérouleront en mars prochain ont aussi été un sujet de discussion. Avec la ferme volonté de présenter des candidats du Front de Gauche dans chacun des 14 cantons renouvelables.

En attendant, on peut dire très clairement que le Front de Gauche qui s’est constitué en 2008 pour les élections européennes, puis en 2009 pour les régionales, n’entend pas en rester la.

André GREDER
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« Faim » de partie…… Par Maximilien Reynès-Dupleix, in "Les Nouvelles du 82"

Oui vous avez bien lu le titre car, là où la bande du Fouquet’s et ses affidés médiatiques espéraient siffler la « fin » de la récréation, des millions de salariés(es), jeunes, retraités ont battu une fois encore le pavé avec détermination donnant ainsi une réponse spectaculaire au gouvernement et au patronat.





























Comme jamais, le peuple de France a faim de justice, de mieux vivre et de dignité pour ne plus être les esclaves du capital. Ce projet gouvernemental sur les retraites dont nous exigeons encore et toujours l’éradication porte en lui le choix d’une société de régressions et de renoncements. Il est l’aboutissement de la logique sarkoziste dont le credo libéral fait le bonheur du Medef, de la Commission Européenne* comme du FMI*.

Alors croire que la loi votée, le mauvais tour joué, plus rien n’est possible ? C’est mal connaître la réalité car partout dans les secteurs publics ou privés, les salariés continuent le combat en s’appuyant sur une première victoire, celui d’avoir redonner du sens à la lutte des classes au grand dam de tous ceux qui voudraient nous faire oublier combien cette « guerre » larvée et permanente reste d’actualité au motif qu’il faille aménager le capitalisme plutôt que de le combattre.
Force reste à l’expression de la rue qui a montré la voie du refus de la misère et des sacrifices, qui scande et martèle sur tous les airs son envie de construire un autre monde. La mobilisation peut imposer le retrait de cette loi et trouver dans l’expression politique aujourd’hui, comme demain un prolongement dans un projet collectif de gauche à condition que chacun devienne acteur du débat.
Les communistes souhaitent s’engager dans la construction de ce programme populaire et partagé, prendre l’argent là où il est et répondre avec vous à la satisfaction des besoins humains au cœur d’une union populaire.

Nous avons tous une terrible « faim » !….

  • voir le sommet européen sur les finances et les prises de positions de DSK

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Mobilisation des jeunes contre la réforme des retraites par MJCF82

Après la multiplication de mobilisations massives des lycéens de Tarn et Garonne à l’initiative du MJCF 82 ces derniers jours, la mobilisation des jeunes ne faiblit pas. Au contraire, elle augmente partout!

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Dans tous les cortèges, les jeunes étaient présents massivement pour protester contre l’avenir que nous prépare la droite : une société paranoïaque, xénophobe, où l’éducation se résume à « lire – écrire - compter », et le travail à la précarité jusqu’au tombeau.

Les jeunes et lycéens communistes étaient donc présents dès lundi devant de nombreux lycées ; à Montauban, Castelsarrasin, Moissac etc...; pour poursuivre la massification du mouvement pour la manifestation du 19 octobre et proposer d’autres solutions pour le maintien de la retraite à 60 ans à taux plein : une politique volontariste de lutte contre le chômage et pour l’emploi des jeunes, la taxation des revenus financiers, la suppression des exonérations de cotisations patronales, la prise en compte des années d’études – stages – apprentissage dans le calcul des retraites...

Nous appelons partout à la création de collectifs lycéens afin d’amplifier les mobilisations après le 19 octobre collectivement, démocratiquement et travailler tous ensembles à des réponses fortes à apporter face à la réforme réactionnaire du gouvernement.

Nos droits on veut les garder, on veut en gagner !

Communiqué cosigné par :

Timothée Moncassin, Secrétaire Fédéral MJCF 82

Lucie Lamarque, Responsable aux Lycéens MJCF 82

Emilie Calvez, Responsable Jeunes Communistes lycée Michelet

Julie Bougel, Responsable Jeunes Communistes lycée Capou

Arnaud Kieffer, Responsable Jeunes Communistes lycée Jean de Prades

Raphael Ferret, Responsable Jeunes Communistes lycée François Mitterrand

 

Laurent (PCF): Sarkozy doit retirer le projet sur les retraites

Le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a demandé samedi à Nicolas Sarkozy de retirer le projet de loi sur les retraites en affirmant à l'occasion de la 5e journée nationale de manifestations que "la majorité des Français exige" qu'il "renonce" à la réforme.

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"Monsieur le président, la majorité des Français exige que vous renonciez a votre reforme", écrit M. Laurent à M. Sarkozy.

Pour le secrétaire national du PCF, "la mobilisation de ce samedi vient de montrer à nouveau l'exceptionnelle détermination du peuple français à faire échec au projet de réforme des retraites".

"Monsieur le président, vous ne vous en sortirez pas en continuant de marteler une position désormais intenable alors que 6 Français-e-s sur 10 pensent qu'une autre réforme des retraites est possible", affirme M. Laurent.

Dénonçant les "coups de forces répétés au Parlement" de M. Sarkozy, ses "mesures répressives contre la jeunesse de notre pays", et son "mépris des travailleurs", le numéro un communiste affirme que "le peuple ne lâchera pas".

Alors que le mouvement contre le projet de loi est, selon lui, "historique" et "s'enracine chaque jour un peu plus dans le pays", M. Laurent estime que "ne pas retirer ce projet, c'est conduire la France à une terrible impasse".

Le secrétaire national du PCF ajoute que "ne pas rouvrir la discussion avec les organisations syndicales sur des bases totalement nouvelles, c'est bafouer la démocratie" et que M. Sarkozy est "aujourd'hui le président d'une minorité" dont il "s'acharne à servir les intérêts privés".

 

Une mobilisation historique

Malgré les votes au canon à l’Assemblée nationale, malgré les manoeuvres dilatoires au Sénat, malgré les menaces physiques du ministre de l’éducation envers les lycéens, c’est une immense mobilisation qui a déferlé sur toutes les villes de France. Plus nombreuse, plus déterminée, plus jeune et plus joyeuse que jamais, historique !

Le gouvernement désormais ultra minoritaire voit ses mensonges s’écrouler un à un.

Les arguments d’autorités de la droite ont vécu. Une autre reforme des retraites doit voir le jour, une reforme qui ne soit pas dictée par le MEDEF. Aujourd’hui c’est un peuple sûr de lui et sûr de son droit qui vient de dire son fait à Nicolas Sarkozy.

Le président n’a plus le choix.

S’enferrer d’avantage serait irresponsable. Président de tous les français, il doit se rendre à l’évidence et abandonner sa reforme. Le débat parlementaire doit être stoppé. La discussion avec les syndicats doit reprendre depuis le début.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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Pierre Laurent « L’intervention populaire peut faire bouger les choses »

Pour le secrétaire national du Parti communiste français, le projet partagé ?du Front de gauche doit être le fruit d’un débat public et transparent afin d’énoncer ce que ?la gauche devrait faire pour réussir à changer vraiment la vie ?en 2012.

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La gauche en débats : L'Humanité a entamé la publication d'une série d'entretiens avec les leaders de gauche. Aujourd'hui, le secrétaire national du PCF.

Pensez-vous qu’il est encore possible de faire reculer ?le pouvoir sur la réforme ?des retraites??

Pierre Laurent. Le gouvernement a perdu la bataille des idées. La journée du 2?octobre a montré que l’élargissement du nombre de personnes dans l’action se poursuit. C’est la clé de la victoire, qui sera possible si la majorité d’idées qui unit le pays contre cette réforme se transforme en majorité dans l’action. Les jours à venir, la grève du 12?octobre et ses suites seront décisifs.



La nouveauté à gauche est que, désormais, toutes ses composantes ?se rencontrent et parlent ?de rassemblement. Est-ce un signe positif pour l’alternative en 2012??

Pierre Laurent. Ça bouge à gauche parce que ça pousse dans tout le pays. Mais ces manifestations d’unité, essentielles pour battre Sarkozy, ne résolvent pas à elles seules tous les défis posés à la gauche. Pour crédibiliser une alternative, il faut que la gauche ait du courage face aux marchés financiers et s’accorde sur les objectifs politiques à réaliser. Or le débat demeure, comme on le voit sur les retraites. La lumière ne jaillira pas du face-à-face entre formations. Seule l’intervention populaire peut faire bouger les choses. C’est le sens du Front de gauche. De même que leur entrée dans l’action contre la réforme des retraites change la donne, l’irruption des citoyens sur le terrain politique peut déplacer les lignes à gauche.

Quelles sont les conditions pour que ?la gauche gagne les élections ?de manière durable et ne se contente pas d’une victoire par défaut??

Pierre Laurent. N’allons pas trop vite en besogne, ce n’est pas parce qu’un pouvoir est en grave difficulté qu’il a perdu. Non seulement les gens qui souffrent ont besoin de gagner tout de suite, mais ce sont ces victoires qui peuvent le mieux préparer celle de 2012. Donc, ne lâchons rien sur les retraites. Ensuite, pour construire une victoire solide et durable, il faut énoncer les grandes questions auxquelles la gauche ne doit plus se dérober?: la construction de nouveaux droits sociaux contre les marchés financiers?; la nécessité de redonner du sens au travail, à la production, aux missions publiques, aux choix de développement pour faire reculer la dictature des logiques de profit sur nos vies?; le besoin de reconstruire la démocratie en reconquérant des pouvoirs contre l’argent, en réorientant les richesses vers les dépenses publiques utiles via la fiscalité, en se réappropriant le crédit et la banque grâce à un pôle public financier, en changeant la politique européenne.

Vous partagez donc l’idée qui s’exprime à gauche que l’antisarkozysme ne suffit pas??

Pierre Laurent. Quand on est face à un pouvoir qui démolit la France, lui résister est un devoir. Si l’antisarkozysme ne suffit pas, il est indispensable. Mais il doit être conséquent, c’est-à-dire aller au bout de la critique et être capable de dire par quelle politique nous voulons remplacer la sienne. Je n’oppose donc pas l’antisarkozysme à la construction d’une alternative.

Où en est le Front de gauche après ?le lancement de son projet partagé ?à la Fête de l’Humanité??

Pierre Laurent. À la Fête de l’Humanité, plusieurs milliers de personnes ont souhaité s’associer à cette démarche. Des initiatives de lancement se préparent dans les départements et nous éditons des «?cahiers?» du projet pour élargir le processus. Des initiatives nationales sont prévues avec nos partenaires du Front de gauche sur les retraites et sur la République, les droits et les libertés. Des fronts thématiques sont envisagés sur les enjeux économiques et la jeunesse. Les 27 et 28?novembre, le PCF tiendra un colloque national très ouvert pour enrichir sa contribution. Ces travaux convergeront progressivement pour aboutir au projet partagé.

Vous engagez avec le Front de gauche ce projet partagé et, simultanément, le PCF propose un pacte d’union populaire. Pouvez-vous préciser ?la place respective de ces offres??

Pierre Laurent. Il n’y a pas deux mais une seule démarche. Nous voulons construire un projet partagé. Pour dire quoi?? Ce que la gauche devrait faire pour réussir vraiment à changer la vie. Nous parlons de projet partagé parce qu’il doit, à nos yeux, être établi en commun par les forces du Front de gauche et par toutes celles et tous ceux qui partagent des ambitions claires sur le contenu d’un projet de gauche. Comment construire ce projet?? Nous pensons au PCF qu’il faut le faire dans un débat public, populaire et transparent. C’est cela le pacte d’union populaire, l’outil du rassemblement qui permettra à toutes les forces mobilisées dans la société de s’engager dans ce débat pour exprimer ensemble le contrat qui devrait lier toutes ces forces et ces citoyens.



Vous vous êtes porté garant de l’absence de guerre des ego au Front de gauche concernant la candidature à la présidentielle de 2012. Comment allez-vous faire concrètement??

Pierre Laurent. D’abord en approfondissant cette démarche sur le projet qui, si nous n’y prenons pas garde, sera marginalisé par la mécanique présidentialiste. La désignation d’une candidature commune pourra alors s’appuyer sur un contrat politique partagé et des objectifs qui nous réunissent. C’est la garantie d’une ambition collective. Que ce soit Jean-Luc Mélenchon, André Chassaigne ou une autre personnalité, ce dispositif collectif permettra que nos formations et leurs adhérents effectuent un choix sur la base d’un contrat clair, sans conduire à la guerre des ego ou à l’éclatement du processus.




Ne craignez-vous pas une répétition de l’échec des collectifs antilibéraux en 2007??

__ Pierre Laurent.__ Ce que nous construisons avec le Front de gauche est d’ores et déjà très différent et peut devenir plus solide encore si nous parvenons à franchir les étapes souhaitées. Vous savez, je suis le premier à ne pas vouloir revivre 2007. Je peux vous dire qu’au PCF nous abordons cet enjeu dans un esprit constructif, sans arrogance et avec l’envie d’aboutir à une construction réellement partagée.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel

 

Retraites : la lettre ouverte des 7 confédérations

Les Secrétaires généraux des 7 confédérations : CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, UNSA, FSU et Solidaires ont adressé une Lettre ouverte au Président de la République, Premier Ministre, aux membres du gouvernement, aux députés et sénateurs.


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Voici son contenu.
Aussi à télécharger, à dupliquer et à diffuser en cliquant sur le lien

"Monsieur le Président de la République,

Monsieur le Premier Ministre,

Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,

Mesdames et messieurs les députés,

Mesdames et messieurs les sénateurs,

Les salariés se sont mobilisés dans des proportions exceptionnelles le 7 septembre 2010 à l’appel des organisations syndicales. Le caractère injuste et inefficace de la réforme des retraites à l’examen en ce moment au parlement malgré nos protestations est à l’origine du conflit en cours. Cette réforme va aggraver les inégalités sans répondre aux enjeux de long terme. La méthode utilisée qui a consisté pour l’essentiel à recevoir les syndicats sans jamais réellement les entendre a contribué à accroître les tensions.

Les annonces du 8 septembre 2010 qui se veulent une réponse aux mobilisations ne modifient pas la logique globale de la réforme proposée. Les injustices demeurent. Le calendrier précipité ne permet pas d’être entendus.

Le recul de l’âge d’ouverture du droit à la retraite de 60 ans à 62 ans, combiné à l’augmentation simultanée de la durée de cotisation, va fortement pénaliser les salariés, et plus particulièrement tous ceux qui ont commencé à travailler jeunes, qui seront amenés à contribuer plus que les autres au financement du système sans acquérir le moindre droit supplémentaire.

Le recul de l’âge du taux plein de 65 ans à 67 ans va durement aggraver la situation des salariés qui ont eu des parcours professionnels morcelés, en particulier les femmes dont près de 30% font valoir aujourd’hui leurs droits à la retraite à 65 ans pour éviter une pénalité sur leur pension et ceux qui sont conduits à entrer tardivement sur le marché du travail.

Ce report des âges légaux va entraîner un prolongement du chômage pour les nombreux salariés qui ne sont plus en activité lorsqu’ils partent à la retraite ce qui les pénalisera financièrement tout en reportant les charges financières sur d’autres comptes sociaux. La pénibilité du travail n’est pas reconnue dans ses conséquences sur l’espérance de vie des salariés qui y ont été exposés.

Les fonctionnaires se voient imposer une hausse drastique du taux de leur cotisation, en période de gel des salaires, conduisant à une baisse importante et injuste de leur pouvoir d’achat.

Au total, le projet de loi de réforme des retraites fait reposer l’essentiel de l’effort sur les salariés, ne répond ni aux questions d’emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités ni au besoin de financement. Les salariés devraient accepter de payer la facture de la crise financière et économique dont ils ne sont pas responsables. Cette réforme est donc inacceptable.

Pour toutes ces raisons, au nom des salariés nous vous demandons solennellement d’entendre le point de vue des organisations syndicales dans la perspective de définir un ensemble de mesures justes et efficaces pour assurer la pérennité du système de retraites par répartition.

Dans ce contexte le vote de ce projet dans sa logique actuelle n’est pas d’actualité."

Le 9 septembre 2010,

Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT

Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU

François Chérèque, secrétaire général de la CFDT

Jacques Voisin, président de la CFTC

Bernard Van Craeynest, président de la CFE-CGC

Alain Olive, secrétaire général de l'UNSA

Annick Coupé, porte-parole de l'Union syndicale Solidaires

 

Nous avons tous été aux universités d’été ! In Les Nouvelles du 82

L'EDITO des Nouvelles du 82 de cette semaine:

Ça y est le grand show « médiaticopoliticosocialoécolo» a fini par redémarrer et en ce dernier week-end d’Aout, le déballage des bonnes intentions annonçait le coup de bambou de la rentrée scolaire.

Car il ne faut pas s’y tromper les colmatages de façade de nos amis socialistes et les rodomontades de la presque candidate écolo masquent mal l’absence de propositions pour abattre le capitalisme maquillé en sarkozysme d’état. Il fallait donc avoir le courage d’aller piocher dans l’Huma et dans quelques publications, les raisons de ces combats anticapitalistes que nous menons et entendons mener. Des raisons à transformer en programme prenant appui sur les luttes pour le droit à une retraite digne, le droit à une école de qualité, le droit au travail, le droit de vivre libre dans notre pays et dont nous co-élaborerons le contenu dés la fête de l’Humanité avec celles et ceux qui refusent une alternance vide de sens, qui refusent d’être seulement des « antisarko ».

Les communistes l’ont signifié lors de leur dernier congrès : ils veulent une autre perspective affichant un véritable contenu anticapitaliste et ils ne se contenteront pas de servir de faire valoir à une « gôche » qui oscillerait entre les socialo-libéral-vert DSK et DCB.

La tâche est immense mais déjà tout au long de l’été, les initiatives prises, la présence de nombreux visiteurs dans nos fêtes et l’assurance d’un grand week-end à La Courneuve donnent du sens aux engagements pris devant les populations. Dans le 82, c’est la permanence des diffusions de tracts sur les marchés durant l’été, le nouvel élan pris par le MJCF, le nombre de camarades participant à la réussite de la fête qui ouvrent un nouvel espoir.
C’est cette succession d’initiatives, une présence dans les grands rassemblements qui permet à notre parti d’être serein pour mettre en avant dés aujourd’hui, dans la dynamique du Front de gauche, des candidats (tes) aux prochaines élections cantonales porteurs de propositions, d’idées et de perspectives pour notre département.

Nous aussi, nous avons beaucoup appris en cet été des Universités… Des luttes, de la vie !…..

Maximilien Reynès-Dupleix

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Retraites : forte mobilisation (9000) dans les rues montalbanaises

Photos André Greder

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L'article de la Dépêche

Les syndicats ont atteint leur objectif hier pour la manifestation contre la réforme des retraites. 9 000 personnes sont descendues dans la rue à Montauban.

Le rassemblement fixé hier à 15 heures 30 sur l'esplanade des fontaines a très vite montré que la mobilisation serait forte contre le projet gouvernemental de réforme des retraites. Pour cette cinquième journée d'action depuis début 2010, l'intersyndicale composée de la CGT, de la CFDT, de FO, de CFE-CGC, de la CFTC, de la FSU, de l'UNSA et de Solidaires voulait faire mieux que le 24 juin. L'objectif a été largement atteint pour les syndicats. Après avoir remonté l'avenue Gambetta et franchi le Rond, les responsables ont fait leurs comptes dans la rue Léon Cladel : 9 000 manifestants. Dans le même temps, la police en dénombrait 6 000. En tout état de cause, le chiffre est largement supérieur à celui de la précédente journée d'action du 24 juin qui était de 6 000.

Antoine Lopez, secrétaire général de l'union départementale CGT a souligné la « grande réussite de cette manifestation » qui lui a rappelé « les grandes mobilisations de 1995 et 2003 dans les rues de Montauban. »

Derrière une banderole unitaire qui proclamait « Tous ensemble pour l'emploi, les services publics, les salaires et la protection sociale », il n'y avait pas que des fonctionnaires des collectivités, des enseignants, des agents de la Poste, de l'hôpital, des cheminots… Le secteur privé n'était pas en effet en reste, à l'image de cette banderole tendue par les salariés de Villeroy et Bosch…

« Les jeunes au boulot, les vieux au bistrot », « la Rolex à 50 ans et la retraite à 60 » et « Sarko au Smic, tu verras c'est plus chic » pouvait-on entendre et lire dans le cortège, rythmé par les sonos des syndicats et parfois même par quelques vuvuzelas. Un groupe de jeunes s'est livré également à une chorégraphie en chant « un pas en avant, deux pas en arrière, c'est ça la politique du gouvernement. »

Dans la rue de l'hôtel de ville, les manifestants ont reçu encore le soutien des magistrats et des fonctionnaires du tribunal. Habillés de leurs robes noires, ils sont descendus à une vingtaine pour applaudir le passage du cortège en signe de solidarité.

La manifestation s'est ensuite dispersée dans le calme devant la préfecture de Tarn-et-Garonne. « Cette journée s'annonçait comme une grande réussite, on l'a été » se félicitait Antoine Lopez.

Thierry Dupuy

Interview

« Un salaire de misère »

Nouredine Kudache ne s'est pas posé longtemps la question pour savoir s'il irait ou non manifester hier contre le projet gouvernemental de réforme des retraites. Ce comptable de 59 ans enchaîne depuis trois ans les emplois précaires. Selon lui, pas de doute, le monde du travail ne veut pas actuellement des seniors : « Personne ne veut de nous dans les entreprises. On n'a pas d'autre solution que de se retourner sur les contrats aidés. Depuis trois ans, je travaille ainsi à temps partiel avec des salaires de misère. Je gagne 775 € par mois. En fait, je suis en train de cumuler les trimestres au lieu de gagner de l'argent. La situation du pays me révolte. Nos dirigeants cumulent eux les salaires et les retraites, et osent nous dire ensuite que les caisses sont vides pour nous. C'est pour dénoncer cette injustice que je suis là aujourd'hui. Et qu'on nous dise plus de travailler plus pour gagner plus. On s'est fait avoir sur toute la ligne et la réforme des retraites qu'on nous promet c'est la même chose. »

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