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Aucun accord pour démanteler la directive européenne sur le temps de travail - une première victoire pour les travailleurs.

GUE/GNL

La procédure de conciliation sur la révision de la directive temps de travail s'est terminée ce matin sans aucun accord entre le Parlement européen et le Conseil. La directive temps de travail existante continue d'être d'application, sans changement.

"De nombreux commentateurs vont déplorer ce fait comme un échec supplémentaire de pousser en l'avant l'Union européenne. Ils ont raison sur un point: il n'y a pas de progrès vers une Europe sociale. Mais l'amélioration des droits des travailleurs n'était pas à l'ordre du jour de la Commission et du Conseil. Au contraire : leurs propositions visaient à démonter sérieusement la directive temps de travail, qui prévoit déjà un niveau très faible de protection. Que ces attaques aient échoué jusqu'ici est une victoire pour les employés partout en Europe et pour les syndicats", a souligné la députée portugaise du GUE/NGL Ilda Figueiredo.

"Si le Conseil et la Commission avaient réussi, les systèmes flexibles annualisés de temps de travail pourraient avoir été décrétés par de simples dispositions administratives - les États membres n'auraient même pas dû demander aux parlements au niveau national", a expliqué le député grec du GUE/NGL Dimitris Papadimoulis. "Ce type "d'option de sortie" aurait sérieusement miné le pouvoir des syndicats de conclure des conventions collectives valables, particulièrement dans le secteur public. Puisque cette révision a échoué, nous nous référons aux sauvegardes de la directive temps de travail existante que les heures de travail annualisées sont seulement possibles à la condition stricte des conventions collectives."

"La Commission et le Conseil ont également échoué dans leurs tentatives pour éliminer les jugements de la Cour de justice européenne sur le temps de garde et le repos compensatoire. Les États membres devront les mettre en œuvre maintenant et veiller à ce que les droits accordés par ces décisions aux travailleurs des secteurs de la santé, de la lutte contre les incendies et des services d'urgence soient entièrement appliqués", a précisé Figueiredo. "Le commissaire Špidla doit agir maintenant et lancer des procédures d'infraction contre ces États membres qui ne se conforment pas aux décisions de la CJCE, comme il l'avait annoncé il y a des années au Conseil. Il n'y a aucune autre excuse pour une absence d'action de la Commission", a ajouté Papadimoulis.

"Nous sommes entièrement conscients du fait que l'opt-out à partir de la semaine de travail maximale de 48 heures est encore là. À la fois le Conseil et la Commission ont bloqué tout mouvement pour le terminer ou s'en débarrasser, même sur une période de transition de 10 ans. Cela démontre clairement qu'ils ne veulent pas une Europe sociale. Néanmoins, cette question peut être abordée au sein de chaque État membre. Les syndicats peuvent organiser des campagnes de sensibilisation invitant les travailleurs à ne pas signer différents accords d'opt-out. Les syndicats et les parlements nationaux peuvent également lancer des initiatives pour bloquer l'application de l'opt-out au niveau national", a remarqué Papadimoulis.

"Nous comptons que la Commission et le Conseil apparaîtront tôt ou tard avec de nouvelles tentatives pour démonter la directive temps de travail. Nous soutenons entièrement les journées d'action organisées par les syndicats européens du 14 au 17 mai 2009 "Combattons la crise - priorité aux personnes". Nous pensons que cela devrait être un point de départ pour construire des alliances plus larges qui encourageraient également une révision différente de la directive temps de travail : réduire le temps de travail hebdomadaire maximal à 40 heures en premier lieu, et aussi comme moyen pour combattre le chômage dans cette récession. La priorité doit être pour la réconciliation de la vie professionnelle et la vie hors du travail via la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire", a conclu Papadimoulis.

 

Aucun accord pour démanteler la directive européenne sur le temps de travail - une première victoire pour les travailleurs.

GUE/GNL

La procédure de conciliation sur la révision de la directive temps de travail s'est terminée ce matin sans aucun accord entre le Parlement européen et le Conseil. La directive temps de travail existante continue d'être d'application, sans changement.

"De nombreux commentateurs vont déplorer ce fait comme un échec supplémentaire de pousser en l'avant l'Union européenne. Ils ont raison sur un point: il n'y a pas de progrès vers une Europe sociale. Mais l'amélioration des droits des travailleurs n'était pas à l'ordre du jour de la Commission et du Conseil. Au contraire : leurs propositions visaient à démonter sérieusement la directive temps de travail, qui prévoit déjà un niveau très faible de protection. Que ces attaques aient échoué jusqu'ici est une victoire pour les employés partout en Europe et pour les syndicats", a souligné la députée portugaise du GUE/NGL Ilda Figueiredo.

"Si le Conseil et la Commission avaient réussi, les systèmes flexibles annualisés de temps de travail pourraient avoir été décrétés par de simples dispositions administratives - les États membres n'auraient même pas dû demander aux parlements au niveau national", a expliqué le député grec du GUE/NGL Dimitris Papadimoulis. "Ce type "d'option de sortie" aurait sérieusement miné le pouvoir des syndicats de conclure des conventions collectives valables, particulièrement dans le secteur public. Puisque cette révision a échoué, nous nous référons aux sauvegardes de la directive temps de travail existante que les heures de travail annualisées sont seulement possibles à la condition stricte des conventions collectives."

"La Commission et le Conseil ont également échoué dans leurs tentatives pour éliminer les jugements de la Cour de justice européenne sur le temps de garde et le repos compensatoire. Les États membres devront les mettre en œuvre maintenant et veiller à ce que les droits accordés par ces décisions aux travailleurs des secteurs de la santé, de la lutte contre les incendies et des services d'urgence soient entièrement appliqués", a précisé Figueiredo. "Le commissaire Špidla doit agir maintenant et lancer des procédures d'infraction contre ces États membres qui ne se conforment pas aux décisions de la CJCE, comme il l'avait annoncé il y a des années au Conseil. Il n'y a aucune autre excuse pour une absence d'action de la Commission", a ajouté Papadimoulis.

"Nous sommes entièrement conscients du fait que l'opt-out à partir de la semaine de travail maximale de 48 heures est encore là. À la fois le Conseil et la Commission ont bloqué tout mouvement pour le terminer ou s'en débarrasser, même sur une période de transition de 10 ans. Cela démontre clairement qu'ils ne veulent pas une Europe sociale. Néanmoins, cette question peut être abordée au sein de chaque État membre. Les syndicats peuvent organiser des campagnes de sensibilisation invitant les travailleurs à ne pas signer différents accords d'opt-out. Les syndicats et les parlements nationaux peuvent également lancer des initiatives pour bloquer l'application de l'opt-out au niveau national", a remarqué Papadimoulis.

"Nous comptons que la Commission et le Conseil apparaîtront tôt ou tard avec de nouvelles tentatives pour démonter la directive temps de travail. Nous soutenons entièrement les journées d'action organisées par les syndicats européens du 14 au 17 mai 2009 "Combattons la crise - priorité aux personnes". Nous pensons que cela devrait être un point de départ pour construire des alliances plus larges qui encourageraient également une révision différente de la directive temps de travail : réduire le temps de travail hebdomadaire maximal à 40 heures en premier lieu, et aussi comme moyen pour combattre le chômage dans cette récession. La priorité doit être pour la réconciliation de la vie professionnelle et la vie hors du travail via la réduction collective du temps de travail sans perte de salaire", a conclu Papadimoulis.

 

Fiscalité départementale : vote des taux et des tarifs d’imposition.

Intervention de François Liberti au nom du groupe communiste.

Fran_ois_Liberti_tenant_la_banderole.jpgLes salariés et les citoyens de notre pays sont dans la crainte des lendemains, avec au cœur de leurs préoccupations le chômage et le pouvoir d’achat. De ce point de vue d’ailleurs, les politiques libérales mises en œuvre à partir de 2002 ont accompagné dans notre pays les grandes manœuvres boursières et financières mondiales, fragilisé le salariat et favorisé toutes les spéculations et toutes les situations de rente. Sous Chirac et Raffarin comme sous Sarkozy et Fillon, c’est la même politique douce aux nantis et féroce pour l’ensemble de la population qui a enfanté de la situation actuelle.

La relance engagée par ce gouvernement ne déroge pas aux grandes orientations de la droite visant en particulier à faire payer les méfaits de leur crise aux salariés de notre pays, le bouclier fiscal inventé dans les officines de la droite et du patronat n’étant que la mesure la plus symbolique de cette politique. Les collectivités locales et territoriales n’échappent pas à la tourmente financière et sociale déclenchée par la crise du système capitaliste que nous vivons tous douloureusement aujourd’hui.

Cette fragilisation des collectivités vient de loin, d’une part avec la mise en œuvre dès 2002 de la vraie-fausse décentralisation jusqu’aux propositions scandaleuses de la commission Balladur visant à remettre sous tutelle tant les Régions, les Départements que les communes. Que personne ne s’y trompe, cette fragilisation des espaces de démocratie locale que sont les collectivités est l’autre face du désengagement de l’Etat et des attaques frontales contre les services publics. Ce Président de la République et ce gouvernement ne visent pas une re-centralisation étatique mais préparent avec minutie de livrer au marché, ce marché qui a failli, ce marché qui ne peut, quoiqu’on en dise se réguler, préparent donc de livrer au marché des pans entiers des services d’intérêt général, ce que nous nommons, en France, les services publics. Leur conception de l’Etat n’est pas cet Etat protecteur et interventionniste que nous avons connu, d’ailleurs de nombreux gaullistes le dénoncent avec nous, leur conception de l’Etat est celle d’un Etat libérant de son emprise la grande finance et la grande industrie mondialisée, celle d’un Etat régulant non pas le marché mais la protestation et la colère des salariés et des citoyens. Toutes les attaques contre la justice, les droits sociaux, politiques et syndicaux en témoignent, de même que le populisme affiché par exemple lorsqu’il s’agit de « faire les gros yeux » aux patrons et aux dirigeants de quelques grands groupes : cela fait plaisir, peut être, au petit peuple, mais n’égratigne en rien les profits pharamineux engrangés sur les marchés financiers ou dans les paradis fiscaux.

L’Europe dans ce contexte ne cède rien non plus aux dogmes du libéralisme. Incapable de porter une vision et une politique permettant de faire face à la crise, c’est le moment qu’elle choisit, d’une part pour faire rentrer par la petite porte la fameuse directive Bolkeinstein et, d’autre part, pour aller plus avant dans sa volonté de réduire encore le champ des Services Sociaux d’Intérêt Général, en ouvrant encore un peu plus la possibilité de leur mise en concurrence et leur marchandisation.

C’est bien dans ce contexte qu’intervient notre débat sur le vote des taux pour notre institution.

Aujourd’hui, après le Débat d’Orientation Budgétaire, 3 mois après le vote du Budget qualifié de budget anti-crise où nous avions envisagé une augmentation de 2 à 3 %, 3 éléments viennent impactés encore plus notre analyse du moment :
1) L’état des lieux des transferts non compensés : plus de 169M€ depuis 2004 (cumul). La progression :
? 2007 : 45,50M€
? 2008 : 71,00M€
? 2009 : 89,00M€ (équivalent de 24% d’augmentation d’impôts)

2) La chute des droits de mutation :
? moins 10M€ en 2008 (sur 2007)
? pour les 2 premiers mois 2009 : - 36% sur 2008
? prévision 2009 :
minimum : - 20M€ sur 135M€ prévus
maximum : - 40M€ (la valeur de 15% de points d’impôt)

3) Les taux dans les autres départements :
La situation que nous connaissons n’est pas l’apanage de notre département, beaucoup des départements de notre pays, dirigés par des exécutifs de droite et de gauche sont confrontés aux mêmes dilemmes et verront leurs impôts impactés par des hausses parfois supérieures à 10%. Ce n’est pas une consolation mais en dit long sur la politique suivie et le rôle que ce gouvernement entend faire jouer aux collectivités.

Il y a de quoi hurler de colère. Outre les transferts financiers c’est aussi un transfert massif d’impopularité sur le dos des collectivités au moment même où celles-ci sont menacées dans leur existence comme en témoigne le rapport Balladur. Malgré les contraintes sur le budget de fonctionnement (budget 2009), malgré un recours plus large à l’emprunt, malgré un lissage sur plusieurs exercices des investissements - tellement important pour l’emploi et l’activité économique, aujourd’hui le vote des taux à 5% est un vote sous la contrainte de la situation sociale et politique que j’ai décrite. Même si le département de l’Hérault fait partie des collectivités qui ont une gestion sociale des impôts avec notamment l’instauration de l’abattement général à la base et des abattements spécifiques pour les familles nombreuses, cette augmentation de la fiscalité pèse lourd.

Sachez Monsieur le Président que nous savons ce que cela représente pour vous-même et l’exécutif et dans cette période particulièrement difficile nous respecterons la solidarité de l’exécutif dont nous sommes. Nous avons bien entendu les propositions du rapporteur quant aux projections envisagées pour 2010, 2011 et 2012. Malgré toute notre bonne volonté, je crains fort que cela ne soit suffisant pour redresser la situation.

Ce vote sous la contrainte appelle à de la révolte, appelle à des changements politiques dans ce pays, appelle à d’autre logique économique et financière pour une vrai politique detransformation sociale et démocratique.