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Hopital Castel-Moissac: un si bon docteur!

Peu de gens se souviennent mais lors des dernières élections municipales à Moissac, la liste conduite par M. Nunzi se présentait à nos suffrages en se prévalant d'un soutien original et important, celui du responsable d'alors des Urgences Hospitalières pour Montauban et depuis en charge du projet médical de l'hôpital de Montauban: le Docteur Mardegan!

Au demeurant les liens entre Moissac et le Docteur s'expriment de bien des manières et il n'est pas rare qu'il soit interrogé sur les questions de santé dans le magasine de la ville (page 4) http://www.moissac.fr/moissac_page/... et http://www.moissac.fr/moissac_page/...

Or, dans la lutte des salariés (es) de la Clinique privée du Pont de Chaume pour un salaire décent et plus de dignité, le Docteur Mardegan est venu au secours des patrons de cette entreprise au nom très certainement du nécessaire rapprochement Public-Privé, un dada déjà exprimé à plusieurs reprises quand il s'appuyait sur le rapport Larcher (le fossoyeur de l'Hôpital Public) dans une interview : http://www.ladepeche.fr/article/200...

Nous allons donc être taxé d'empêcheurs de tourner en rond car au détour d'une page de l'hebdomadaire Charlie Hebdo du 14 avril dernier, nous trouvons ceci:

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cliquez pour agrandir


Est-ce à dire que les rapprochements occasionnels comme celui-ci préfigurent de plus grandes manœuvres à l'ombre d'une réforme de l'hôpital qui se trame dans les bureaux de la toute nouvelle A.R.S. (Agence Régionale de santé)?


Nous n'osons le croire, bien que de nombreux signes avant-coureurs ne nous laissent guère le choix:

  • fermeture des blocs chirurgicaux la nuit...
  • transferts de plus en plus nombreux vers les Urgences de Montauban (Privées et publiques)
  • choix par les praticiens locaux d'interventions chirurgicales dans les cliniques privées de Montauban... etc...

Les prochains mois seront déterminants pour le devenir de notre CHIC, notre Hôpital de proximité et il n'est plus que temps d'informer les populations d e notre bassin de vie sur le devenir de notre santé de proximité...

Peut-être pourrions nous suggérer à M. Nunzi, Maire de Moissac, de prendre date avec son "ami" le docteur Mardegan pour connaître enfin les décisions qui sont en passe d'être prises... à moins que cela ne soit déjà fait!

 

Les Grecs refusent la potion du FMI + pétition

Tandis que ?le gouvernement faisait appel ?hier au plan ?de « soutien » ?de l’UE et du FMI, les manifestants, ?qui connaissent une dégradation de leurs conditions ?de vie, refusent les mesures drastiques ?et font valoir ?le caractère contre-productif des mesures d’austérité.

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Dans la manifestation du 22 avril, à Athènes, Nicolas, étudiant de 22 ans, s’inquiétait : « qu’adviendra-t-il avec l’arrivée du FMI ? » Il aura la réponse sans tarder. Vendredi, à 12 heures, au lendemain d’une importante journée de mobilisation, le Premier ministre grec, Georges Papandréou, a demandé officiellement, « l’activation du mécanisme d’aide conjointe de l’UE et du FMI) » .

Il signe ainsi la confirmation de l’entrée du pays dans cette spirale d’austérité auquel le mouvement social grec résiste opiniâtrement depuis plusieurs semaines, multipliant les journées de grève générale pour se défendre et aussi pour souligner le caractère dangereux et contre-productif des mesures adoptées.
Et les Grecs qui sentent bien qu’on leur enfonce sans cesse la tête sous l’eau, ne sont pas prêts de lâcher. La semaine prochaine s’annonce à nouveau très chargée en manifestations. « Rassurer les marchés », telle est la priorité affichée explicitement par le gouvernement socialiste (Pasok). Il faudrait bien faire face, justifie-t-il, puisque les taux des emprunts d’Etat à 10 ans atteignent des sommets, que le déficit public a été encore revu à la hausse et, enfin, que les fameuses agences de notation, si « laxistes » pour les banques durant le krach de 2008, viennent de baisser la note attribuée à la dette du pays. Pourtant céder au chantage des marchés financiers va encore aggraver les difficultés du pays, proteste l’économiste Yannis Dragasakis. Car, explique-t-il, « la révision du déficit public est dûe à une récession plus forte que prévue. Elle n’est donc pas liée à une hausse des dépenses, mais à une baisse du PIB », c’est-à-dire à une baisse de la production. Et d’ajouter : « le gouvernement a déjà dit avoir pris des mesures dures pour faire baisser les taux d’intérêts, ce qui ne s’est pas réalisé ».

Salaires et embauches de fonctionnaires gelés

Le gel des salaires et des embauches des fonctionnaires, la suppression des primes, baisse des retraites et l’allongement de la durée du travail ont contribué en fait à aggraver encore la crise grecque. « La politique du gouvernement a échoué » constate Makis Cavouriaris, un autre économiste proche du mouvement social. Pour lui, « l’UE et le FMI veulent imposer à la Grèce une politique de déflation des salaires et des revenus des ménages… Mais les prix, eux, ne baissent pas ».
Au contraire la hausse des prix est la plus élevée de l’UE ( 3,1% entre février et mars 2010, et 3,9% sur un an). Quant au chômage, il a bondi de plus d’un point en un mois, passant de 10,2% en décembre 2009 à 11,3% en janvier 2010 (contre 9,4% un an plus tôt). Les plus précaires et les classes moyennes paient le prix fort du régime d’austérité que l’on veut instaurer aux forceps. Ce sont eux qui forment l’immense majorité du peuple grec. Ce sont eux qu’on retrouve dans la rue avec les enseignants, les artisans… « La décision du gouvernement d’avoir recours au mécanisme de prêts UE-FMI constitue un choix d’alliance visant à servir les intérêts à long terme d’une oligarchie grecque au détriment du peuple », souligne le député européen Georgios Toussas (KKE, parti communiste grec).

« Ces mesures, prises à un moment charnière de l’histoire, seront négatives pour la Grèce et pour l’UE », réagit Kostas Issychos, syndicaliste chez Olympic Airways. Il poursuit : « fortement libérales, les orientations vont mettre en danger non seulement les citoyens, le droit du travail mais aussi la démocratie » . Des oppositions apparaissent jusque dans les rangs du Pasok et de Nouvelle Démocratie (ND, droite). Le député Manolis Kefalogiannis a ainsi affirmé : « le FMI, c’est le gouffre ! Il ne faut pas y recourir. »

À peine Georges Papandreou avait-il annoncé sa décision, que la coalition de gauche Syriza décidait d’une manifestation hier soir dans les rues d’Athènes. Les sondages indiquaient jeudi que 51% des interrogés n’avaient plus confiance dans le gouvernement. Les Grecs ne sont pas prêts à accepter les cures d’austérité qu’on leur impose.

Fabien Perrier

L’Humanité lance une pétition en ligne de soutien au peuple grec.

 

Retraite: La gauche mise au défi

Editorial par Patrick Apel-Muller

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Le dossier des retraites n’est pas seulement explosif parce que les déficits peuvent aller croissant. Les choix qui seront arrêtés dessineront la figure de la société de demain.

Tout est là concentré? : les relations de solidarité entre générations, la sécurisation de la vie de chacun, l’utilité sociale au-delà du travail, la gratuité et la valeur d’engagements (associatifs par exemple) dans un troisième âge de la vie, l’usage des formidables bonds de productivité enregistrés dans les dernières décennies, le progrès bénéficiant à tous plutôt qu’à une poignée…

Au sens littéral, il s’agit de choisir la civilisation de demain. Nicolas Sarkozy se fait le héros de la civilisation du chacun contre tous, de la loi du plus riche et d’une contre-révolution sociale qui reviendrait sur les acquis du Front populaire, de la Libération et de 1968. C’est pourquoi il ne cesse de répéter qu’il s’agit là de la « mère des batailles » ou de ses réformes et que toutes les forces qu’il lui reste après le désaveu des élections régionales, il va les lancer sur ce sujet. En tentant de forcer le passage en quelques mois.

Les enjeux sont d’une telle portée que la gauche ne peut rester inerte ou simplement polarisée sur le calendrier parlementaire. Ceux qui cherchent à biaiser, à n’aménager qu’à la marge le projet porté par la droite et le Medef, perdent – pour le plat de lentilles d’une onction médiatique – tout l’héritage de leur camp et, plus encore, leur raison d’être. « Tous pareils? ? » Eh bien non? ! Et le dossier des retraites peut prouver le contraire à tous ceux qui doutent de l’utilité de la politique, à ceux qui ont perdu des repères au fil des errements sociaux-libéraux, et à ceux qui craignent que la politique ait définitivement démissionné au pied du mur de l’argent. C’est dire que le débat doit échapper au contrôle des experts médiatiques soigneusement triés pour gagner la rue, les entreprises, ?les cages d’escalier des grandes cités.
Les syndicats ne s’y sont pas trompés, ?qui ne parient pas sur une écoute très attentive du gouvernement lors des « concertations » qui se déroulent ces jours-ci. Ils ont choisi de faire du 1er mai un très grand moment de mobilisation pour le maintien de la retraite à soixante ans, ainsi que pour l’emploi et les salaires. Ça vaut le coup de cocher son agenda et de défiler, un brin de muguet à la boutonnière. L’Humanité sera de ce rendez-vous et y apportera sa pierre en proposant un hors-série spécial retraites, le guide de tout ce qu’il faut savoir ?pour mettre en échec le projet gouvernemental.

Un avant-goût vient d’en être encore donné par Éric Woerth et Georges Tron, les ministres préposés aux mauvais coups. Ils rencontrent ces jours-ci les syndicats de fonctionnaires pour préparer des régressions – ils appellent ça « des efforts » – sur l’âge du départ ?ou le niveau des pensions.

La partie n’est pas jouée. L’effondrement ?qui se poursuit pour la cote de popularité ?du tandem Sarkozy-Fillon témoigne du refus de l’opinion de les laisser saccager une conquête qui concerne les vieux, les actifs et les jeunes.

Le président semble d’ailleurs bien crispé. À un jeune homme qui s’était essuyé la main sur son pull après avoir dû serrer la main du président, hier à Chambéry, il n’a pu se retenir d’aboyer? : « Fais pas le malin, toi? ! » La veine du « casse-toi pauv’con » resurgit avec les difficultés…

 

Quel retour à Marx pour penser notre temps? ?

L’Humanité des débats

FACE-À-FACE AVEC : EDGAR MORIN, philosophe et sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS et docteur honoris causa de nombreuses universités dans le monde ;
ANDRÉ TOSEL, philosophe, spécialiste de Marx et des marxismes, professeur à l’université de Nice.

Avec la crise, la référence à Marx cesse d’être taboue. Les ouvrages sur l’auteur du Capital se multiplient, ainsi que les dossiers spéciaux dans la presse.

Sans mettre sur le même plan les nombreuses publications consacrées à Marx ces derniers mois, on ne peut, néanmoins, qu’être interpellé par ce regain d’intérêt si soudain. Quand des magazines tels que le Nouvel Observateur ou le Point, chacun avec sa sensibilité, se penchent sur Marx, cela fournit au moins l’indice de quelques fissures dans un paysage médiatique encore dominé par l’idéologie du capitalisme comme horizon indépassable de l’histoire. « Il se peut bien que ce à quoi nous assistons, ce ne soit pas seulement la fin de la guerre froide ou d’une phase particulière de l’après-guerre, mais la fin de l’histoire en tant que telle? : (…) l’universalisation de la démocratie libérale occidentale comme forme finale de gouvernement humain », écrivait en 1989, année de la chute du mur de Berlin, le chef de file de cette conception, l’Américain Francis Fukuyama. Près de vingt ans plus tard, en octobre 2008, des New-Yorkais manifestent devant la Bourse de Wall Street, en brandissant des pancartes « Marx avait raison? ! ». Son « retour » serait-il la conséquence mécanique de la chute des idoles néolibérales? ? Rester à ce niveau de réflexion serait ne voir chez Marx qu’une autre conception de la fin de l’histoire, « la société libre et sans classes », à opposer à celle, enfin reconnue défaillante, d’un Fukuyama. Or ce postulat d’une fin de l’histoire a été largement instrumentalisé pour légitimer des pouvoirs autoritaristes à l’époque du « socialisme réel ». Les deux philosophes, Edgar Morin et André Tosel, que nous avons conviés ici à un échange sur l’actualité de la pensée marxienne, s’inscrivent, chacun à sa façon, à rebours de tout déterminisme historique. ?Marx lui-même, dans son 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte, expliquait que « les hommes font leur propre histoire (…), mais dans des conditions directement données et héritées du passé ». ?Tout l’enjeu est alors de clarifier les véritables fondements de ces conditions… Edgar Morin insiste sur le rôle de l’imaginaire, de la faculté symbolique des hommes? ; André Tosel, sans nier les limites de la tradition marxiste sur ces sujets, revisite la perspective proprement communiste d’une libération éthique et politique de la puissance des producteurs. Deux regards subtils, éclairés et éclairants, sur notre temps, ses défis et ses potentialités.

Laurent Etre

Comment expliquez-vous le relatif regain d’intérêt des médias dominants pour Marx, l’actualité éditoriale autour de ce penseur ?

EDGAR MORIN.
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Avant de parler du renouveau, il faut revenir sur le collapse du marxisme vers 1977. Ce collapse coïncide avec la fin d’une espérance révolutionnaire. Celle-ci, éteinte en Union soviétique, disparaît avec l’affaire Lin Piao et la bande des quatre en Chine. Alors qu’il était jusque-là perçu comme un peuple libérateur, le Vietnam envahit le Cambodge en 1979, pays où Pol Pot a imposé un régime démentiel, au nom même du communisme. Ce ne sont pas des arguments qui viennent alors discréditer le marxisme. C’est plutôt un système d’espérance et de foi qui se désintègre. L’expérience des régimes totalitaires, impensée par Marx et imposée au nom de Marx, accroît le collapse. En même temps, le capitalisme semble plus ou moins contrôlé par le welfare state, des lois sociales. On se dit que, contrairement à ce qu’expliquait Marx, il ne domine pas toute l’évolution des sociétés. L’idée de révolution s’évanouit. Le désenchantement permet de percevoir des carences importantes dans la pensée de Marx sur l’État, le pouvoir… Puis, à partir des années quatre-vingt-dix, l’implosion de l’Union soviétique, la mondialisation du capitalisme jusqu’en Chine, au Vietnam, aggravent la crise du marxisme. Mais dans le même temps, la renaissance d’une problématique marxienne s’amorce. On prend conscience peu à peu que le néolibéralisme, sous l’égide duquel s’effectue la mondialisation, provoque, en même temps qu’un déchaînement du capitalisme, un accroissement d’inégalités et de misère : le capitalisme redevient ennemi de l’humanité. Les effets de la mondialisation ont dégradé le welfare state protecteur… La concurrence mondiale fait que les industries se délocalisent sans que puissent réagir des syndicats considérablement affaiblis. D’un côté, le capitalisme est triomphant, ce qui paraît démentir Marx ; de l’autre, les vices et les maux qu’il apporte confirment les thèses de Marx. En tout cas, avec les années quatre-vingt-dix et deux mille se développe une prise de conscience que le néolibéralisme est lui-même un mythe idéologicosocial. Le problème, aujourd’hui, c’est que si la capacité de dénonciation est devenue de plus en plus forte, la capacité d’énonciation d’une nouvelle politique n’existe pas encore. Quoi qu’il en soit, si l’on revient à Marx actuellement, c’est à la fois comme penseur du capitalisme, comme penseur de la consommation (Marx disait que la production ne crée pas seulement un produit pour le consommateur, mais un consommateur pour le produit) et comme penseur de la mondialisation.

ANDRÉ TOSEL.
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Je dirais que le modèle soviétique s’est épuisé de lui-même. Il a été encerclé, pris dans la course à l’armement. Mais cela ne peut faire oublier qu’il n’a pas su développer une autocritique capable de relancer un processus démocratique révolutionnaire et de libérer la puissance des producteurs, des masses populaires, dans le meilleur esprit de ce que Marx voulait lui-même. L’épuisement remonte, de mon point de vue, aux années soixante et soixante-dix, quand la rupture sino-soviétique se consomme. Ce qui s’effondre, c’est une expérience historique qui a libéré des espoirs immenses mais qui, finalement, révèle ses limites ainsi que sa violence. Le point le plus douloureux dans cette histoire, c’est que le parti, qui avait été une organisation antiétatique efficace en 1917, s’est lui-même constitué en État autoritaire inédit. Autrement dit, l’organisation qui avait fait la force du léninisme s’est révélée être aussi son point faible. Je pense que nous sommes aujourd’hui à un tournant historique. On retrouve Marx parce qu’il offre des réserves de critiques encore pertinentes face aux problèmes de notre temps, mais qui, bien sûr, ne peuvent suffire. Sur les problèmes des nations, de l’État, de l’idéologie, de la fonction symbolique dans les rapports sociaux, la tradition marxiste a été peu prolixe. À cela s’ajoutent le problème de la fragmentation ethnique, celui des violences inouïes qui se développent à l’intérieur des sociétés. Il faut également élaborer une réponse au défi que représentent toutes ces mutations anthropologiques tendant à transformer les masses populaires en masses consuméristes, désagrégées, en proie à toutes les dérives possibles. Marx ne pouvait pas tout penser, tout anticiper ! Aujourd’hui, l’urgence, c’est de penser le monde de la mondialisation. Et je crois que ce monde est vraiment structuré par un capitalisme rendu à une certaine animalité. C’est en ce sens qu’il me semble utile de revenir au Marx de la critique de l’économie politique, celui qui pensait une autre humanité possible, celui qui n’imputait ni à la science ni à la technologie les apories inscrites dans la soumission des activités humaines par le capital.

Et quid du marxisme ? Peut-on reconnaître à certains marxistes un apport créateur à la théorie de Marx ?

ANDRÉ TOSEL.
Il faut dire, pour l’honneur du marxisme, qu’il y a eu des dissidents en son sein, des hérétiques qui n’ont jamais eu le pouvoir. Il y a eu Trotski, mais aussi Gramsci, le penseur de l’hégémonie politique. Il y a eu Henri Lefebvre, marxiste humaniste et « critique de la vie quotidienne », pour reprendre le titre de son ouvrage majeur. Il y a eu Luckacs, penseur de la réification, ce phénomène par lequel les relations sociales entre personnes prennent la forme de relations entre des choses. On peut aussi reconnaître à Althusser le mérite d’avoir posé de bonnes questions, même si on peut discuter son idée d’une « coupure épistémologique » séparant un jeune Marx humaniste et philosophe d’un Marx « de la maturité », qui aurait été un scientifique pur et dur.

EDGAR MORIN.
L’oeuvre d’un grand penseur complexe comme Marx se dégrade inévitablement chez les épigones. Chacun ramasse un bout de l’oeuvre et tend à réduire la totalité complexe au bout qu’il a ramassé. C’est ce qui est arrivé au marxisme en général. Certains ont retenu de Marx sa doctrine économique ; d’autres se sont focalisés plutôt sur la prédiction d’une société sans classes à travers la révolution, etc. Quand, au contraire, on essaie de maintenir la complexité de la théorie, ce n’est pas un tout figé qui se dégage, mais un mouvement de pensée qui affronte et tient ensemble les contradictions. Une façon de sortir du marxisme dogmatique par le haut, c’est d’arriver à maintenir ouverte la dialectique, c’està- dire maintenir la tension entre réel et rationnel au lieu de prétendre apporter une synthèse totale et définitive de ces deux pôles. Des processus de régénération de la théorie marxienne ont eu lieu sur cette base. Ainsi, Lucien Goldmann a montré que la fin du capitalisme, l’avènement d’une société sans classes, devait être comprise comme possibilité et non comme nécessité historique. Joseph Gabel, de son côté, s’est tourné vers l’étude de la théorie de Minkowski sur la schizophrénie pour expliciter le concept marxien de réification. Ce sont deux exemples parmi bien d’autres. En qui me concerne, ce que j’appelle la « pensée complexe » est méta-marxienne. Pour moi, Marx est une étoile dans une riche constellation de pensée avec Héraclite, Pascal, Rousseau, Hegel…

Mais pour avancer vers des progrès de civilisation, n’a-t-on pas toujours besoin de l’utopie d’une humanité réconciliée avec elle-même, de la vision d’une « société libre et sans classes » ?

EDGAR MORIN.
Je voudrais d’abord dire que, pour moi, il y a une carence anthropologique dans la pensée de Marx. Celui-ci a bien vu l’homo faber, producteur de ses propres outils et de luimême. Mais il n’a pas vu l’homo sapiens demens, l’homme délirant, poète, producteur de mythes. Il n’a pas saisi que la folie humaine est aussi constitutive que la raison. C’est en étudiant les sociétés dites archaïques, leur rapport à la mort, que j’ai pris la mesure du caractère crucial de l’imaginaire. Certes, Marx a compris l’importance de la religion, « le soupir de la créature opprimée ». Mais pas celle du mythe en général. Maintenant, pour répondre à votre question, je dirais qu’il y a deux types d’utopies : celle de la société harmonieuse, totalement réconciliée et parfaite qui, à mon avis, conduit toujours au pire ; et la bonne utopie, qui consiste à penser que ce qui paraît actuellement impossible est en fait véritablement possible. Par exemple, quand on y réfléchit, parvenir à une planète sans guerres, c’est possible, de même que dans les royautés on supprimait les guerres entre féodaux. Traiter le problème de la faim, c’est également possible.

Une société monde d’un type nouveau est possible. J’ai coutume de dire : le renoncement au meilleur des mondes n’est pas renoncement à un monde meilleur. Certes, rien n’a commencé vers le salut. Mais la planète, aujourd’hui, grouille d’initiatives à la base. Il se crée partout des coopératives, des associations de chômeurs, etc. J’ai vu, au Brésil, les efforts déployés pour régénérer certains quartiers qui semblaient condamnés à la délinquance et à la misère. L’enjeu, c’est de faire se connaître et se rencontrer ces différentes initiatives locales. C’est alors que l’on pourra élaborer les voies nouvelles. Je préfère parler de métamorphose plutôt que de révolution. Le passage de la préhistoire à l’histoire, ce fut une métamorphose. Ce sont de petites sociétés sociétés de cueilleurs et de chasseurs, sans État, sans agriculture, sans ville, qui, par des phénomènes d’agglomération et de domination de l’une sur les autres, constituent les sociétés qui sont les nôtres, des sociétés avec État, villes, religions, armées, conquêtes, philosophie, art, etc. Je pense qu’au terme d’une nouvelle voie il y a possibilité d’une métamorphose. Ce mot est important à mes yeux, parce qu’il a la radicalité du changement impliqué dans le terme de révolution mais sans le « du passé faisons table rase ». Il s’agit de réconcilier l’idée de réforme et celle de révolution en suggérant que c’est par des voies réformatrices multiples et solidaires que l’on pourra changer de voie et aller vers une métamorphose.

ANDRÉ TOSEL.
Ce débat n’est pas nouveau, il traverse toute l’histoire du mouvement ouvrier. Jaurès avait forgé le concept « d’évolution révolutionnaire ». Il voulait expérimenter les coopératives sur la base de l’acquis démocratique de la France, de l’inventivité du prolétariat français, faire de la république une république sociale. Marx et Engels ont toujours pris la mesure des conjonctures historiques. Engels avait envisagé une voie pacifique et graduelle au socialisme. Dans la préface de 1895 à la réédition des Luttes de classes en France (1850), la république démocratique est une voie comme une autre. La difficulté, dans le contexte de la mondialisation néolibérale, c’est de tenir les deux bouts : radicalité critique et analyse de la situation concrète, sans idéaliser la puissance d’une contreviolence révolutionnaire qui peut se révéler contreproductive, sans se faire non plus des illusions sur la bonne volonté des castes dirigeantes. Certes, il existe bien ces microchangements, ces efforts d’expérimentations que vous évoquiez. Pour ma part, je crois aussi qu’on insistera jamais assez sur la nécessité absolue aujourd’hui, alors que tout modèle de transformation a disparu, d’expérimenter et de traduire ces expérimentations les unes dans les autres. Ceci dit, il demeure une vraie difficulté : comment passer de résistances, de luttes au niveau local, à des convergences investissant le niveau global ? On voit bien la sinistre farce que constitue la « gouvernance mondiale », manipulée par les multinationales, elles-mêmes liées aux États les plus puissants capables de se projeter sur le plan géopolitique. Face à cela, nous n’avons pas réussi à constituer une action internationale ou transnationale. Cela se nommait jadis l’internationalisme. Tout reste à faire.

EDGAR MORIN.
Je fais un pari sur la créativité de la vie et la créativité humaine. Comme Spinoza, je pense que c’est la nature elle-même qui possède la force créatrice. La créativité humaine est endormie dans les sociétés figées, chez les esprits domestiqués, mais elle peut se réveiller, notamment dans les crises. Les crises, comme celle que nous vivons aujourd’hui, réveillent les capacités créatrices et, malheureusement aussi, destructrices. Je pense que nous pouvons voir dans chaque domaine de l’existence ce que l’on doit changer. Il faut partir de là, et non d’un projet ou d’un programme. Tout est à transformer. Prenons la médecine, qui a fait des progrès considérables. On voit bien aujourd’hui, aussi, ses carences énormes : ce sont les organes qui intéressent, et non l’individu ; ou alors c’est l’individu, mais sans considération de son milieu. Ce faisant, les hôpitaux deviennent des lieux de déshumanisation. Il faut donc réformer la médecine, donner une autre culture aux médecins. Je dirais aussi qu’il faut réformer la consommation, car on vit une époque d’intoxication consommationniste sous l’effet de la publicité. Il faut réformer l’alimentation, l’agriculture, faire reculer la grande exploitation tournée vers le toujours-plus et l’exportation au profit d’une agriculture à taille humaine, tournée vers la satisfaction des besoins des populations locales. L’idée de voie me paraît en elle-même révolutionnante. Les plus grands changements ont toujours été modestes au début.

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Mais emprunter la voie d’une société d’émancipation, cela ne signifie-t-il pas nécessairement s’employer activement et consciemment à sortir du capitalisme? Peut-on avancer vers l’émancipation sans partir du projet d’une société postcapitaliste, à partir duquel déduire un certain nombre de principes pour s’orienter dans le présent ?

EDGAR MORIN.
Ce que je crois, , c’est qu’il y a certains phénomènes d’émancipation à l’intérieur d’un monde où le capitalisme existe. L’abolition de l’esclavage fut un tel phénomène, même si ses conséquences ont été beaucoup plus limitées que ce qu’on aurait espéré. Je pense que la voie pour dépasser le capitalisme, c’est l’économie plurielle. Et là, un certain nombre de réflexions ont été formulées. L’économie plurielle, cela signifie développer de plus en plus les coopératives, les mutuelles, les petites et moyennes exploitations agricoles, l’artisanat. On vit sous l’empire de la production d’objets jetables, le stylo, le rasoir, l’ordinateur… Mais le retour à des objets réparables fera renaître des corporations de réparateurs, de recycleurs, etc. Il faut mondialiser toutes les expériences qui contribuent à rendre l’espèce humaine davantage intersolidaire, et aussi savoir démondialiser : revenir à l’alimentation de proximité, à l’agriculture fermière et biologique, aux cultures locales. Faire reculer la zone du capitalisme passe par là. Il faut lier une mondialisation d’intersolidarité et de communauté de destin à une relocalisation de la participation, de la convivialité.

ANDRÉ TOSEL.
J’aimerais partager totalement votre optimisme. « Optimisme de la volonté, pessimisme de l’intelligence », disait Gramsci. Mais le capitalisme lui-même est lourd de périls extrêmement graves. Marx parle de la soumission réelle du travail par le capital, c’est-à-dire la désappropriation de tous ceux qui travaillent ou sont exclus du travail de tout contrôle sur leur production et leur existence. Cette machinerie économique et politique n’a jamais été aussi puissante, conserve le pouvoir de transformer ses crises en occasions de profit et de pouvoir, en reculant à l’infini les limites de l’accumulation des richesses et leur inégalisation, en manipulant la consommation, en détruisant les solidarités, en multipliant par les médias la faillite de l’esprit critique. Il est impossible d’attendre la grande crise finale. On l’a encore vu avec la crise financière où, finalement, les banques sont parvenues à bancariser l’État bien plus que les États ont nationalisé les banques. Il faut préparer le moment où, à partir des expériences locales que vous évoquez, il deviendra possible de briser cette chaîne de la soumission structurelle. Mais il faut bien comprendre que nous ne pouvons plus suivre les schémas classiques. Il y a urgence, cosmologique, éthique, sociale et politique, à rendre impossible les possibles trop réels du capital. Marx est un homme des Lumières. Il veut que le positif l’emporte sur le négatif, qui est supposé le contenir en puissance. Mais, aujourd’hui, peut-on vraiment dire qu’il y a une sorte de balance entre éléments positifs et éléments négatifs de la mondialisation ? Je crois que c’est la résistance aux éléments négatifs qui fera véritablement apparaître le positif.

EDGAR MORIN.J
Je ne suis pas dans l’euphorie. Pour moi, le probable, c’est plutôt la catastrophe, et pas seulement écologique. Ce que j’ai voulu dire en parlant d’un côté positif de la mondialisation, c’est que, pour la première fois, l’humanité a une communauté de destin. Mais je ne nie pas que le capitalisme soit actuellement plus que jamais déchaîné vers le profit illimité, et cela dans un contexte où montent les haines ethno-religieuses, ou nationalo-religieuses, avec des embryons de guerre de civilisation entre le monde occidental et un islam sur lequel on reporte toutes les malédictions. Par ailleurs, le développement scientifique produit des éléments de destruction et d’asservissement de plus en plus importants, en tout cas plus importants que les bienfaits qu’apportent les sciences. De même la technique nous asservit, bien plus qu’elle n’asservit la matière inanimée. Là où je suis optimiste, c’est que je mise sur l’improbable, sur la possibilité que la catastrophe soit évitée. Je réveille alors l’espérance qui était morte.

ANDRÉ TOSEL.
D’accord pour espérer dans l’espérance, pour parier sur elle. Mais cette espérance est soumise à deux conditions : d’abord, je ne suis pas sûr qu’il faille reprendre à notre compte la critique de la science et de la technologie venue d’Heidegger et reprise par les théoriciens de l’école de Francfort. Heidegger évite par cette critique de se confronter directement et nommément au capitalisme, alors qu’il en voit le nihilisme déployé. Science et technologie sont actuellement incorporées dans le capital. La lutte émancipatrice passe par leur désincorporation et leur appropriation par les forces que Gramsci nommait les masses subalternes. La seconde condition est celle du devenir actif de ces masses. Et surtout de ceux qui aujourd’hui sont écrasés, vivent dans le dégoût de la vie et la haine de ces « autres » qui ne sont pourtant pas leurs ennemis. Cela pose notamment, encore une fois, la question de l’organisation politique. Ne perdons pas de vue, enfin, que derrière la mondialisation, il y a des classes dirigeantes, des castes nouvelles : elles vivent dans leur ghetto doré, n’ont plus le sens de la responsabilité des conséquences de leurs actes. Elles sont incapables de penser dans le long terme. Cette impuissance à penser long contamine toute la société. Pour les uns, il s’agit d’accumuler toujours plus dans l’immédiat en détruisant ou absorbant les concurrents. Pour les autres, il s’agit de subsister au jour le jour. Le rapport à la durée se contracte dans l’instant comme s’atrophie la perspective d’un futur faisable. Le devenir actif ne peut se faire valoir qu’en demandant des comptes à ces castes qui font de notre monde superficiellement unifié un non-monde inhabitable et qui nous prive de la dimension du temps à venir, du temps qu’il fera demain. Je pense qu’il y a une sorte de destruction de la conception et de la perception du temps. Tout est mesuré à la rapidité des profits, des retours sur investissement. Si on veut un devenir actif, il faudra bien que l’on puisse faire valoir à ces élites qu’elles sont responsables de détruire le sens du temps.

EDGAR MORIN.
Ce ne sont pas seulement les élites économiques qui sont en cause ; ce sont également les élites politiques, qui se sont déculturées. En tout cas, je pense qu’il faut régénérer la politique en régénérant une pensée de la société, de l’homme, de l’histoire. Le problème fondamental, c’est de refonder la pensée politique de gauche, d’éveiller les consciences et de susciter de nouveaux modes d’action. Un retour à ce qu’il y a de plus fécond chez Marx ne peut que contribuer à la régénération politique.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LAURENT ETRE

BIBLIOGRAPHIE (NON EXHAUSTIVE) :
Edgar Morin est notamment l’auteur de Pour une politique de civilisation (éditions Arléa, 2002), Terre-patrie (Seuil, 1996), Introduction à une politique de l’homme (Seuil, 1999). Son oeuvre majeure, la Méthode, est composée de 6 volumes parus au Seuil de 1981 à 2004. Vient de paraître également, aux éditions Temps Présent, Pour et contre Marx, 128 pages, 14 euros. André Tosel a publié récemment le Marxisme du XXe siècle, aux Éditions Syllepse, 302 pages, 24 euros ; ainsi que Spinoza ou l’autre (in)fi nitude, aux Éditions L’Harmattan, 282 pages, 26 euros

 

Volcan d'Islande: Entretien avec le philosophe Paul Virilio

« Nous assistons à un accident systémique ou plutôt un accident de l’écosystème de la mondialisation »

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Pour le philosophe, les conséquences de l’éruption volcanique en Islande révèlent les limites de notre modèle de développement basé sur l’instantanéité.

Que vous inspire le nuage de cendres qui paralyse l’Europe depuis plusieurs jours ?

PAUL VIRILIO.
Nous ne pouvons pas traiter cet événement en lui-même. Le XXIe siècle, lui-même, est éruptif. « Nous sommes entrés dans l’âge des conséquences », disait Winston Churchill. Que ce soit le tsunami, l’irruption en Islande, le krach financier ou les attentats, nous assistons à un accident systémique ou plutôt un accident de l’écosystème de la mondialisation. Ce qui est important, c’est le caractère sériel pour ne pas dire cyclique des catastrophes naturelles, industrielles, informationnelles.

Ces catastrophes seraient une remise en cause de notre modèle de développement…

PAUL VIRILIO.
Tout à fait. Nous habitons le désastre de la globalisation. Tant économique qu’écologique. Aujourd’hui, les deux sont fondés l’un dans l’autre. L’empreinte écologique n’est pas simplement un phénomène de pollution des substances mais aussi une pollution des distances, c’est-à-dire l’instantanéité dont nous sommes les contemporains. La Terre est non seulement trop petite pour le progrès et le profit instantanés, mais l’est peut-être aussi, et cela est redoutable, pour la démocratie, la paix et la paix de l’esprit. Nous sommes sans arrêt bousculés, choqués par cette synchronisation des émotions qui remplace la standardisation des opinions. C’est ce que j’ai appelé le communisme des affects. Après la communauté d’intérêt des classes sociales, du communisme, nous sommes entrés dans une communauté d’émotion et cela est tout à fait redoutable.

Nos sociétés peuvent-elles faire face à ce type d’événement aussi imprévisible soit-il ?

PAUL VIRILIO.
Évidemment. D’abord en prenant en compte la question de l’accélération, non seulement de la production mais aussi de l’histoire. Nous sommes dans une accélération du réel. L’immédiateté, l’ubiquité sont des phénomènes qui ne sont pas gérables plus longtemps. Les sociétés anciennes vivaient de l’accumulation de la matière, du foncier, de la quantité, c’était la géopolitique, la géostratégie, c’étaient les sociétés territorialisées. Désormais, avec le cybermonde, nous vivons dans l’ère du flux. Les flux dominent désormais les stocks. Ce qui a d’ailleurs fait sauter récemment la Bourse. Nous passons de la géopolitique, c’est-à-dire pour faire simple la Terre, à la dynamique des fluides qui l’emporte sur la mécanique des sols.

Ce nuage ne réintroduit-il pas un rapport un peu oublié entre la nature et l’homme, celui de l’homme devant nécessairement dominer son environnement ?

PAUL VIRILIO. Tout à fait, Lénine affirmait d’ailleurs que la Terre, la nature, n’est pas un temple mais un chantier. Il se trouve que nous avons foutu en l’air le chantier, que les dégâts du progrès sont très importants. Je ne sais pas s’il s’agit d’un temple mais le chantier est dans un sale état.

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Pensez-vous qu’aujourd’hui les politiques en tiennent compte ?

PAUL VIRILIO.
Absolument pas. Or, il y a urgence d’une université du désastre, c’est-àdire d’une science qui s’interrogerait sur les désastres dus au progrès fondée par une attitude profondément rationnelle. Prenons comme image le crash test. Là où on fabrique des voitures, on fabrique également des accidents pour éviter les dégâts. Il serait temps que la science et la philosophie s’entendent au lieu de s’exclure, non pas pour régresser aux chèvres et à la voiture à cheval, mais pour aller plus loin et de l’avant.

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR LIONEL DECOTTIGNIES

 

Le PCF lance sa réflexion de congrès + Appel aux "démissionnaires"

La direction communiste a adopté les textes préparatoires à son congrès d’étape de juin. À l’ordre du jour, la construction d’un front majoritaire pour 2012, et les transformations du PCF décidées en 2008.

Le Conseil national du PCF devait adopter dans la soirée deux textes destinés à alimenter la réflexion des communistes dans la préparation de leur congrès d’étape, convoqué du 18 au 20 juin prochain.

Celui-ci a pour ordre du jour l’évaluation et les suites des orientations mises en œuvre depuis le 34e congrès de décembre 2008, qui avait décidé la construction d’un « front progressiste et citoyen » destiné à donner corps à une alternative majoritaire à la droite et le choix de continuer le PCF tout en engageant « sa profonde transformation ».

« DYNAMIQUE POPULAIRE ET SOCIALE »

Le premier choix s’est traduit depuis par la création du Front de gauche aux élections européennes et régionales, qui a permis d’ouvrir « un nouveau chemin d’espoir à gauche », selon la direction communiste. Celui-ci « n’est que la première étape d’un front populaire majoritaire », a indiqué Pierre Laurent, candidat à la succession de Marie-George Buffet comme secrétaire national du PCF au congrès. « Nous voulons faire entrer le Front de gauche dans une nouvelle phase » pour en « dépasser les limites » actuelles, a-t-il expliqué. « Nous voulons ne pas en rester à un cartel d’organisations, mais déployer une dynamique populaire et citoyenne » en ouvrant des « espaces d’engagement » aux citoyens dans le Front de gauche, dont les formes sont à imaginer.

UNE « CAMPAGNE COMBATIVE » SUR LES RETRAITES

D’ici à 2012, a poursuivi le coordinateur du PCF, un « travail énorme sur le projet est à accomplir ». La question du contenu de ce projet a été au coeur des échanges du Conseil national, certains plaidant par ailleurs pour l’ouverture dès maintenant du débat dans le parti sur la candidature pour le porter à la présidentielle (communiste ou non communiste).
Auparavant, le Conseil national a validé le lancement d’une « campagne de lutte d’idées et de propositions » sur les retraites. Pour le PCF, en dépit des « mensonges de la droite » avec l’instrumentalisation des chiffres alarmistes du COR (Conseil d’orientation des retraites) et « le refus du débat démocratique » de cette dernière, la situation est « ouverte ».
« Les projets du gouvernement peuvent être mis en échec », estime Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. Il a plaidé pour une « campagne très combative avec un engagement militant comparable à celui de 2005 pour la campagne référendaire contre le traité constitutionnel européen », articulée « à toutes les mobilisations sociales et syndicales ». Une première semaine d’action sur les retraites a été décidée, entre le 1er et le 6 mai.

SÉBASTIEN CRÉPEL

Le PCF appelle les démissionnaires à "revenir sur leur décision"

"Jean-Luc Mélenchon a beaucoup de talent. Mais le Front de gauche n’est pas une autocratie dans laquelle un ou deux individus décident à la place des militants. Au PCF, nous avons un congrès en juin. Il faut se détendre, retrouver de la sérénité", lui a répondu Patrice Bessac dans Libération daté du 13 avril.

Le porte-parole du PCF a souligné que d’autres voix s’élevaient au sein du Front de gauche pour "une candidature marquante du mouvement social, tout aussi légitime".

A deux mois du "congrès d’étape" du PCF (18-20 juin), Pierre Laurent, coordinateur national, a appelé les démissionnaires du Parti à "revenir sur leur décision" car "leur place" est dans le débat sur "le chantier des transformations du PCF".

Des personnalités comme les députés Patrick Braouezec, François Asensi et Jacqueline Fraysse, ou des figures comme Pierre Zarka, Lucien Sève ou Roger Martelli, ont décidé, à l’issue des régionales, de quitter le PCF, dénonçant un "raidissement dans la pratique démocratique" d’un parti qui "n’a pas réussi à se transformer".

Au niveau du Conseil national, 14 membres sur 233, dont M. Braouezec, ont démissionné.

"Je ne me résigne pas au départ de ces camarades", a déclaré Pierre Laurent à la presse, pendant que se tenait un Conseil national du PCF.

"Nous allons engager un débat et des discussions avec tous ces camarades pour leur demander de revenir sur leur décision, de revenir dans le PCF. Nous comptons sur eux", a ajouté le numéro 2 du PCF qui a envoyé une "lettre ouverte" aux démissionnaires.

"Au moment où nous voulons déployer pleinement le chantier des transformations du PCF, je pense que leur place est dans ce débat", a-t-il argué, assurant que "le PCF a en lui-même les forces de se refonder".

"Eux considèrent qu’on ne peut pas y arriver (…) mais le chantier de transformation du PCF est le chemin plus fécond", a-t-il assuré.
Le Conseil national devait valider vendredi deux textes pour ouvrir le débat du congrès : sur le "déploiement" du Front de gauche, "première étape d’un Front populaire majoritaire" et sur "l’accélération des transformations du Parti", a indiqué M. Laurent, amené à succéder à Marie-George Buffet à la tête du PCF en juin.

Sur cette succession, Daniel Cirera du groupe Communisme21 estime que "l’élection du nouveau secrétaire national doit se faire sur un débat d’orientation et pas sur un simple passage de témoin". "Un congrès d’étape qui esquiverait les questions de fond" serait "inacceptable", assurent-ils dans un texte.

D’autres, comme André Gerin, député du Rhône, et cinq secrétaires fédéraux, voulaient, eux, repousser ce congrès à décembre pour donner du temps au débat et coïncider avec le 90e anniversaire du Congrès fondateur du PCF à Tours.

Le congrès ordinaire du PCF est, lui, prévu en juin 2011.

 

Retraites - retraité-e-s: On ne bat pas en « retraite »

Retraites - premières réactions aux chiffrages du COR :

Un mauvais film pour de mauvais coups

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Sondages après sondages, une majorité de Françaises et des Français témoigne de leur très vive préoccupation pour l’avenir des retraites et leur attachement à un départ à 60 ans.

Alors que les prévisions financières du COR (Conseil d’Orientations des Retraites) pour l’horizon 2050 seront officiellement rendues publiques mercredi 14 avril, les premiers chiffres dévoilés aujourd’hui alimentent une première opération d’instrumentalisation et de manipulation.

Sur fond de valses de milliards d’euros, l’objectif poursuivi est double. D’abord assommer l’opinion publique sur une prétendue impossibilité pour continuer à financer les retraites, puis imposer d’emblée un enfumage du débat interdisant qu’il ne puisse rebondir sur la question décisive des nouvelles ressources de financement pour consolider notre système par répartition.

Déjà, la patronne du Medef en demande davantage, invitant à un effort supplémentaire dans le catastrophisme. Le casting d’un mauvais film pour de mauvais coups se met en place.

L’avenir des retraites mérite un débat sérieux, posant les enjeux de civilisation, le choix de société que nous voulons et les moyens financiers pour répondre aux besoins sociaux.

Le PCF, à l’égal de ce qui a été fait en 2005 lors de la campagne référendaire, invite à un très large débat, de qualité, avec les forces syndicales, les associations, les partis de gauche, créant les conditions d’une mobilisation populaire sur l’avenir des retraites. Les semaines à venir seront décisives.

Olivier Dartigolles
- Porte-parole du PCF
- animateur du collectif de campagne « retraites » du PCF.

Paris, le 13 avril 2010.

Cliquez pour lire l'enquête TNS-Sofres

 

L'art (politique) de la rue! (Moissac)

Cliquez pour agrandir!
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J'aime à voir mon travail quand il est terminé...Avant le prochain collage, puisque nous sommes dans l'éphémère!

 

Politique politicienne ou favoriser le débat d'idées?

Le Parti de gauche a réaffirmé, ce week-end, sa proposition d’un « paquet » de candidatures communes aux élections incluant la présidentielle pour « changer la donne à gauche ».

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Le Parti de gauche (PG) a confirmé, ce week-end, lors de son conseil national, l’orientation défendue dans les médias par son président, Jean-Luc Mélenchon, d’un « paquet » de candidatures communes du Front de gauche aux élections cantonales, présidentielle et législatives et celle de construire un Front de gauche élargi « auquel les citoyens pourront adhérer directement ». Réunie à huis clos à Bagnolet (Seine-Saint-Denis), la direction du PG a validé ces orientations « très massivement » dans une résolution intitulée « après les élections » (régionales – NDLR) et une « adresse aux mouvements et sensibilités politiques de l’autre gauche ».

Dans le premier document, le PG réaffirme l’objectif du Front de gauche de « ?changer la donne à gauche pour y supplanter le social-libéralisme et l’écolibéralisme aujourd’hui dominants ?« .

C’est « le sens » de la proposition d’un « paquet » de candidatures communes aux élections, incluant la présidentielle. Dans Libération d’hier, Jean-Luc Mélenchon réaffirme sa disponibilité pour l’incarner : « Je m’en sens capable. Dans la crise, c’est l’heure des personnages qui ont du caractère », déclare-t-il.

Le PCF, qui prépare son congrès de juin, n’estime pas opportun de trancher ce débat maintenant, en commençant par les questions de personnes. Le débat entre les deux formations ne repose dès lors pas tant sur le rythme du calendrier pour aborder la question de l’alternative à la droite que sur l’ordre dans lequel prendre les échéances.

Si les deux partis sont sur la même longueur d’onde sur la nécessité d’un élargissement du Front de gauche « au cœur des luttes sociales », pour Pierre Laurent, la préparation de l’échéance de 2012 commence par « mener un gigantesque travail sur le projet » (lire notre édition d’hier). À l’inverse, Jean-Luc Mélenchon estime que « le paquet (électoral qu’il propose – NDLR) précède le projet ».

De son côté, la Gauche unitaire, qui tenait aussi son conseil national, ce week-end, propose des « assises du Front de gauche » d’ici fin 2010.

Pour le mouvement de Christian Picquet, le Front de gauche doit « dépasser une existence rythmée par les seules échéances électorales, pour devenir un instrument permanent de construction d’une alternative de gauche. (…) Rien ne serait pire (…) que d’attendre 2012. C’est dès à présent, et sur le terrain social, que se joue l’issue de l’affrontement avec la droite et le Medef », estime-t-il.

Sébastien Crépel in l'Humanité

 

Refaire vivre l’égalité, c’est déjà un programme par Patrick Le Hyaric

D’un côté huit millions de personnes vivent avec moins de 908 euros par mois.

Parmi elles plus de deux millions sont salariés, d’autres agriculteurs, d’autres encore privés d’emploi.

Ils sont la figure du nouveau prolétariat : les travailleurs pauvres. Ils payent beaucoup d’impôts indirects comme la TVA, la taxe sur les produits pétroliers, la contribution sociale généralisée, les forfaits hospitaliers et la franchise médicale s’ils sont hospitalisés.

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De l’autre dix personnes.

Oui exactement dix personnes, qui ont un patrimoine d’au moins 15 millions d’euros et reçoivent pourtant chacune un cadeau fiscal de près de 6 millions d’euros grâce au mécanisme du bouclier fiscal. Au-delà de ces dix personnes, les cent plus riches Français reçoivent chacun un cadeau d’un million quinze mille euros.

C’est la France de l’inégalité organisée.

A un pôle de la société une infime minorité de possédants, de rentiers et de spéculateurs se vautre dans le fric. 1% de la population dispose d’un revenu annuel compris entre 668 000 et 13 millions d’euros. A l’autre pôle, bien au-delà des huit millions de personnes qui vivent en deçà du seuil de pauvreté, ils sont seize millions désormais, à tirer le diable par la queue. L’immense majorité trime dur et ne voit aucune lumière sécurisante à l’horizon. De plus en plus nombreux sont celles et ceux qui vivent dans l’angoisse de la fin du mois ou du chômage. D’autres redoutent l’accident, la maladie, d’autres encore sont coincés dans les rudes tenailles des banques avec un surendettement qui agit sur leur portefeuille comme une sangsue sur des veines. Cette grande majorité qui fait pour une part essentielle la richesse du pays est pourtant devenue « la France des invisibles ». Elle n’en peut plus. Elle bout en silence « pour l’instant ». Elle a besoin et cherche une espérance politique, une vision neuve pour l’avenir. Un projet et un chemin nouveau dont elle serait maître de bout en bout pour y parvenir.

C’est parce qu’ils sentent cette profonde colère que des députés de Droite -qui, rappelons-le, ont voté l’injuste bouclier fiscal- ont dû ces derniers jours timidement demander son aménagement.

La noirceur de l’injustice commence à leur éclabousser le visage ! Au bouclier fiscal s’ajoute une multitude d’autres cadeaux fiscaux : la baisse de l’impôt sur les sociétés, 75 milliards de niches fiscales, 22 milliards d’exonérations de plus-values sur ventes de filiales pour des grands groupes industriels et financiers, 22 milliards d’exonérations de cotisations sociales, l’exonération des revenus financiers du financement de la protection sociale, etc. A la faveur de ce débat, on a appris que, dans les rangs du parti présidentiel, l’hypothèse d’une hausse de la contribution sociale généralisée était envisagée. De nouveaux prélèvements sur le travail sont donc en gestation.

Une fois de plus le Président de la République a répondu sèchement qu’il ne toucherait pas au bouclier fiscal.

C’est le cadeau fait à sa caste.
Il ne veut pas le reprendre. Comme il le répète souvent « c’est un marqueur du quinquennat ». Un marqueur qui donne tout son sens à sa politique de classe. De la même manière, il considère la future charge contre les retraites à 60 ans comme un autre « marqueur ». S’il s’agit de « marqueurs », ce n’est donc pas une nécessité pour l’intérêt général. C’est un rapport de force qu’il veut créer contre le pays et pour sa caste.

La responsabilité du mouvement progressiste dans sa diversité est de se porter aux côtés du monde du travail, des retraités, de la jeunesse, pour faire valoir d’autres choix afin de refaire vivre dans leur plénitude les idéaux de la République peu à peu menacés sur leurs bases, à commencer par ceux de la justice et de l’égalité.
Cela appelle une vaste réforme fiscale portant en son cœur la justice, avec un système d’impôt progressif, l’augmentation de l’impôt sur les sociétés faisant des bénéfices, la fin du bouclier fiscal, l’augmentation de l’impôt sur la fortune, sur la rente, et la taxation de la spéculation. Ceci doit se jumeler avec une répartition des richesses favorable au travail, incluant donc une augmentation des salaires, des petites retraites, des prestations sociales, le développement de grands services publics indispensables à tout choix progressiste d’égalité et de solidarité. Une réforme conséquente du système bancaire, avec l’élargissement du secteur nationalisé géré démocratiquement, pour impulser un crédit utile à l’emploi, à la formation, à la recherche, à de nouveaux investissements, pour un nouveau type de développement humainement et écologiquement soutenable. Il est urgent de refaire vivre l’égalité.

La justice est un atout pour l’efficacité économique.
C’est l’un des combats de l’heure pour tous les progressistes et, au-delà d’eux, pour toutes celles et tous ceux qui portent le genre humain au cœur.

 

La clinique du Pont de Chaume toujours en grève in "La Dépêche" + divers communiqués (Montauban Citoyenne) et infos

Déterminés comme jamais !

Les salariés de la clinique du Pont de Chaume ont entamé hier matin leur troisième semaine de grève.

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Photo DDM




« On continue. On ne lâchera pas maintenant. Il faut que la direction nous écoute », a lancé, hier en fin de matinée, Françoise Viguié en annonçant aux grévistes les résultats du vote organisé depuis vendredi soir. A la question « êtes-vous d'accord avec les propositions de la direction ? », la réponse a été massivement non, avec seulement 25 voix pour le oui sur 332 votants.

Les salariés de la clinique réclament toujours le 13e mois, ainsi que le paiement des jours de grève. De son côté, la direction campe sur sa position : 1/3 du 13e mois et une prime de fin d'année portée de 300 à 500 €.

Jusqu'à présent, la mission de conciliation n'a pas permis non plus de débloquer la situation. Désignée par le préfet dans ce dossier, Martine Radusevic, directrice adjointe du travail a pourtant encore tenté hier une dernière négociation après le résultat du vote. Mais la rencontre organisée à 13 heures, entre direction et délégués du personnel n'a débouché sur aucun accord. « La direction n'a pas évolué du week-end dans ses propositions. Et on va passer à des actions plus fortes », promet Françoise Viguié.

Après avoir manifesté hier après-midi dans les locaux de la DDASS, les grévistes envisagent de bloquer aujourd'hui les accès des consultations à la clinique. Ainsi qu'une opération-escargot dans la ville.

Malgrè toutes les tentatives, la direction n'a pas souhaité communiquer hier sur ce conflit. Seul Thierry Rollet, gastro-entérologue à la clinique trouve « anormal qu'on ne s'intéresse pas aux patients. Je suis confronté notamment au problème d'une personne atteinte d'un cancer du pancréas. Elle attend et souffre abominablement. Qu'est-ce qu'on fait pour elle ? Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas un système d'astreinte, de réquisition dans ce type de conflit. Je crains que ce soit une perte de chance pour ce patient. »

Pris sur le courrier des lecteurs du journal

Sylvie Sanchez (lectrice)
Grève à la clinique du Pont de Chaume. Messieurs les dirigeants et actionnaires de la clinique Pont-de-Chaume, en tant qu'usager de la clinique Pont-de-Chaume, depuis douze jours, je viens voir les grévistes et suis très choquée de voir votre comportement qui a amené la fermeture de la clinique, le transfert des patients... Inutile de condamner le personnel que j'ai pu voir pleurer, avoir les larmes aux yeux, lui n'est pas fautif, ce sont des personnes qui veulent plus et mieux pour nous, les patients, et ça, je peux dire que ce sont des valeurs que vous ne connaissez pas, vous, actionnaires, chirurgiens(...) Votre personnel, vous ne le considérez même pas en tant que tel, des personnes qui travaillent et grâce à qui votre clinique tourne, est ouverte. Franchement, je suis choquée par votre attitude et non par celle de votre personnel qui a le courage, lui, de sacrifier des euros pour ses conditions de travail et la condition des soins et d'accueil des patients, contrairement à vous qui préférez garder les poches pleines et votre clinique fermée(...) Certes, c'est la politique actuelle, s'engraisser sur le dos des autres. Quelle déception de voir agir le genre humain médical de la sorte! Je me suis permis d'écrire cette lettre en toute honnêteté en soutien à ceux qui ont le courage et la dignité de combattre... »



Solidarité avec les salariés en lutte

Les salariés de la clinique du Pont de Chaumes attaquent leur troisième semaine de grève suivie par plus de 80% du personnel.

Ils reclament le 13 ème mois, la suppression des 3 jours de carence en cas de congé de maladie, de meilleures conditions de travail et surtout le respect, la fin du mépris, des humiliations, du harcelement...
La direction et les actionnaires refusent toujours de négocier et espèrent le pourrissement du mouvement. Ils ne veulent surtout pas toucher à leurs profits et à leur taux de rentabilité.

Cette semaine sera décisive pour les salariés en lutte.

Aidons-les à tenir et à gagner. La population, les militants doivent être à leur côtés, solidaires. Ils nous attendent devant la clinique. Allons à leur rencontre.

(Pour la solidarité financière, chèques à l’ordre de: CGT Clinique Pont de Chaume chez M. Christophe Couder 1530 Av de Belcante 82700 MONTECH)

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Marie-Claude Bouyssi (Montauban Citoyenne/ Front de gauche)

 

Les Etudiants Communistes de nouveau sur le devant de la scène....

Une affiche pour mettre en avant les combats communs quotidiens et revenir sur les fondamentaux de la lutte des classes!

Bientôt sur nos murs....

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Les cheminots et The Navigators Par Jean-Paul Piérot

Á maintes occasions les cheminots ont montré leur courage et leur détermination dans le combat social.

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Jusqu’à présent, le monde entier nous enviait notre réseau ferroviaire. Les voyageurs étrangers s’émerveillaient de nos trains respectant l’horaire à la minute près, ce qui n’était nullement la règle générale dans nombre de pays européens.

Nos TGV bouleversèrent à leur création, au début des années quatre-vingt, les notions de distance au point de narguer les transports aériens entre Paris et Marseille. Dans la même période, de l’autre côté de la Manche, Margaret Thatcher dépeçait les chemins de fer britanniques pour les livrer à des sociétés privées. La situation que nous avons découverte dans le film de Kenn Loach The Navigators nous apparaissait hors d’atteinte tant elle était calamiteuse. Soyons juste, grâce à la compétence des travailleurs de la SNCF, toutes professions confondues, les chemins de fer de notre pays sont encore un service public de référence, auquel les Français sont très fortement attachés.

Et pourtant les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le poison du libéralisme et la primauté à la rentabilité financière sur l’intérêt général se font sentir. Fermetures de lignes « non rentables », politique de fret sacrifiée, pannes à répétition sur les lignes TGV, que les cheminots diagnostiquent comme les conséquences d’un vieillissement du matériel, du manque d’investissements. La SNCF, qui a perdu quelque vingt mille postes depuis 2002, souffre d’une pénurie de personnel due non pas au manque d’intérêt de la profession mais aux restrictions imposées par l’État.

L’opinion publique découvre avec indignation — ce qu’elle n’avait bien compris jusqu’alors — que le ministère des Finances signe chaque année des chèques pour rembourser une partie de leurs impôts aux huit cents familles les plus riches de notre pays. Parallèlement, le gouvernement invoque la crise économique pour sabrer les effectifs dans les services publics. Lui emboîtant le pas, la direction de la SNCF veut réduire de près de huit mille le nombre de cheminots d’ici à 2012. Didier Le Reste, qui dirige le syndicat CGT, a posé clairement la revendication de deux mille embauches en 2010 et reproche à la direction de se refuser à une vraie négociation sur les emplois, les salaires, l’organisation interne, et de jouer la division entre les syndicats.
Elle a réussi à neutraliser la CFDT. Mais les cheminots, à maintes occasions dans l’histoire, ont fait montre de leur courage et de leur détermination dans le combat social. Ils portèrent les espoirs du monde du travail tout entier contre le plan Juppé, en 1995, au point que l’on parla alors d’une grève par procuration de la majorité des salariés. Dans d’autres conditions aujourd’hui, leurs revendications rencontrent à l’évidence l’intérêt de tous leurs concitoyens, usagers des transports, qui considèrent que les chemins de fer français, nationalisés dès 1936, doivent demeurer l’un des fleurons de notre secteur public.
La grève qu’ils engagent aujourd’hui, et qui pourrait être reconduite si les assemblées générales des personnels le décident, devrait être puissante et accueillie avec compréhension, voire avec sympathie par les salariés du public et du privé. Ceux-ci se sont mobilisés avec force le 23 mars : 800 000 manifestants ont battu le pavé dans toute la France.

Le service public a cette singularité d’unir dans la vie quotidienne les salariés et le public, la lutte des uns épaule le combat des autres, au grand dam des diviseurs

 

Education Nationale: des stagiaires en moins, des économies en plus...

Merci Philippe

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Une tribune pour 'l'Huma-Dimanche" apr Christian Picquet

Je viens de donner une tribune à l'Humanité-Dimanche. Plusieurs personnalités (Pierre Laurent, le coordinateur national du Parti communiste, Martin Malvy, président réélu du conseil régional de Midi-Pyrénées, et Dominique Bucchini, le tout nouveau président communiste de l'Assemblée de Corse) y répondent comme moi à la question : "Que faire de la défaite de la droite ?"

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"Répondre vite aux aspirations des classes populaires"

C’est la leçon première des élections régionales : le pays va au devant d’épreuves sociales et politiques décisives.

Rarement la question d’une alternative politique crédible ne se sera-t-elle posée avec une telle acuité. Rarement le besoin de gauche, la nécessité que la gauche redevienne la gauche ne se seront-ils exprimés avec autant de force.

Sans appel, la politique de Nicolas Sarkozy est aujourd’hui désavouée, son projet de refonte réactionaire de la société est sanctionné, son autorité même et la légitimité de sa majorité sont mises en cause, sa tentative d’imposer au forceps la bipolarisation de la vie publique est en miettes.

Une crise de régime menace. En même temps, atteignant des proportions inédites depuis les origines de la V° République, l’abstention signe une souffrance sociale et une désespérance politique abyssales. Cette grève des isoloirs traduit une crise majeure de la représentation politique et institutionnelle. D’autant qu’elle se conjugue à la remontée d’une extrême droite vers laquelle pourrait de nouveau s’égarer la colère d’une fraction du peuple et se réfugier sa volonté de changement.

À cet égard, si en ce début de printemps, la gauche aura été la grande bénéficiaire du rejet du sarkozysme gouvernemental, elle ne saurait s’aveugler sur l’ampleur des défis qu’il lui appartient de relever.

Alors que la droite se prépare à relancer ses attaques destructrices, contre le droit à la retraite à 60 ans par exemple, l’exaspération du monde du travail dessine des confrontations sociales majeures dans la prochaine période. Pour qu’elles se révèlent en mesure de l’emporter, pour que les futurs rendez-vous électoraux rouvrent le chemin de l’espoir à celles et ceux que démobilise un terrible sentiment d’impuissance face aux ravages d’un capitalisme chaque jour plus vorace, il convient de se tourner résolument vers les classes populaires et de répondre à leurs attentes.

Dit autrement, l’urgence est de rompre avec les logiques de renoncement devant un libéralisme en faillite, celles qui ont mené la gauche à toutes les défaites de ces quinze dernières années.

L’urgence est d’en finir avec les tentatives de recomposition au centre, que continuent à porter tant de responsables du Parti socialiste ou encore Daniel Cohn-Bendit, en dépit de l’effondrement du Modem. L’urgence est de ne plus confondre la prise en compte de l’exigence écologique avec l’accompagnement d’un « capitalisme vert » qui en est la négation même.

Dans la reconstruction d’une perspective à la hauteur, il revient au Front de gauche une responsabilité primordiale. Bien sûr, à ce scrutin des régionales, il n’a pas bénéficié de la dynamique qu’il pouvait légitimement escompter.

Il ne s’en sera pas moins enraciné dans le paysage politique hexagonal, jusqu’à devenir la troisième composante incontournable de la gauche. L’écho de sa campagne aura, de surcroît, dépassé de très loin le nombre des suffrages obtenus. Son existence même et l’intérêt que lui vaut le rassemblement dont il porte les couleurs seront, dès demain, un précieux encouragement aux épreuves de force qui s’annoncent. Sa jonction, depuis un an, avec divers secteurs du monde syndical et associatif entrouvre une nouvelle opportunité de coopération entre mouvement social et forces politiques.

Fort de ces acquis, il lui appartient de s’assurer de la visibilité nationale et permanente qui lui a partiellement fait défaut ces derniers mois. D’organiser la présence conjointe de ses diverses composantes à l’occasion des confrontations sociales et politiques à venir. De s’élargir aux forces politiques partageant sa démarche, et plus encore aux secteurs de la gauche sociale et intellectuelle en recherche d’un véritable prolongement à leurs engagements de terrain. De se doter, non plus seulement de plates-formes électorales ponctuelles, mais d’un début de projet de société appuyé sur une proposition de nature à cristalliser l’aspiration à un changement radical qui se fait jour dans la société : un nouveau Front populaire, appuyé sur la mobilisation sociale et porteur d’une politique de rupture avec le capitalisme et le productivisme. Ainsi pourrait-il affirmer son ambition de faire bouger les lignes à gauche et de conquérir une majorité dans le pays.

Tel serait l’objectif des Assises du Front de gauche dont la Gauche unitaire suggère l’organisation pour la fin de l’année…

 

"Calculette!" suivi de "Bouclier fiscal Les Français veulent faire payer les riches"

Eux n’ont pas de bouclier fiscal.

Depuis le temps qu’on leur parlait de « compétitivité », de « coût du travail », eux qui sont payés à coups de lance-pierre, comme des millions dans ce pays, ont sorti leur calculette. Eux, ce sont ces ouvriers de Fralib à Marseille. Leur travail, c’est de fabriquer des sachets de thé, de les assembler par paquets de 25, puis de les expédier.

Résultat des courses? : leurs salaires pèsent 17 centimes d’euro, dix fois moins que le prix à la vente de chaque boîte. En cherchant un peu, ils ont trouvé, à l’autre bout de la chaîne du fruit de leur labeur, 750 millions d’euros de profits versés chaque année aux actionnaires. Ceci explique cela. Pendant ?ce temps, la droite se trouve pointée du doigt sur ?le bouclier fiscal. « C’est modeste, ça concerne environ 20?000 personnes », lâche le tout nouveau ministre du Budget, François Baroin. « Trop taxer les plus riches ?n’a jamais permis d’enrichir les plus pauvres », sermonne Jérôme Chartier, député UMP du Val-d’Oise. ?« Je n’oublie pas que c’est Dominique de Villepin qui l’avait instauré », ajoute François Goulard, qui appelle à sa suspension « le temps de la crise ». Pourquoi s’acharner, en somme. Que 1?000 ménages se partagent 365 millions d’euros du chèque-cadeau de l’État – 63 % à eux seuls ?du montant global ?du « bouclier fiscal » renforcé par Nicolas Sarkozy aussitôt arrivé au pouvoir – ne serait acceptable qu’en dehors des temps de crise? ?

Il est vrai aussi ?qu’il n’y a que ?5?800 personnes ?en France à disposer ?de revenus qui vont ?de 688?000 euros à plus de 13 millions d’euros par an. Elles sont le dessus du panier du petit pourcent de Français les plus riches qui se partagent le tiers des revenus du patrimoine et près de la moitié des plus-values et autres levées d’options boursières.

L’Institut national de la statistique note avec pudeur que si les écarts de richesse – devrait-on dire ?de pauvreté? ? – n’ont guère varié pour 90 % des ménages, ils explosent entre ceux-là et les 10 % les plus riches.

?Et encore, son étude ne considère que la période ?qui va de 2004 à 2007. « La justice fiscale, c’est un immense sujet. Moi, je ne crois pas au grand soir de la fiscalité ! » a lancé l’avocate d’affaires devenue ministre de l’Économie. On croit sur parole Christine Lagarde. On doute même encore moins qu’elle puisse s’attaquer au chantier de la « justice fiscale ». Le gouvernement et la majorité auxquels elle appartient n’ont précisément pour seul programme que l’accentuation des inégalités, qu’elles soient fiscales ou sociales.

De ce point de vue, c’est un festival de réussites.

La suppression de la taxe professionnelle? ? Ce seront 8 milliards d’euros en moins pour les collectivités et autant de gagné pour les actionnaires. Les allégements de cotisations sociales, véritables primes aux bas salaires? ? Ce sont 23 milliards d’euros en moins pour l’État, chaque année, et autant de plus pour les mêmes. Ajoutons le petit cadeau du crédit impôt recherche, cher à Nicolas Sarkozy? : 4 milliards d’euros par an, dont nul ne peut prouver l’usage réel.

Quant à l’impôt sur les sociétés censé être de 22 %, ?il n’est en réalité que de 8 % pour les entreprises ?du CAC 40. Voilà qui vient s’ajouter aux 17 centimes d’euro des salariés de Fralib, comme des milliers en France, et à leur détermination. Pas de « grand soir », non, mais les pauvres aussi savent compter.

Si les écarts de richesse – devrait-on dire de pauvreté ? – n’ont guère varié pour 90 % des ménages, ils explosent entre ceux-là et les 10 % les plus riches

Michel Guilloux in L'Humanité






Alors que Nicolas Sarkozy s’arc-boute sur son bouclier fiscal, cette mesure est contestée à près de 70%.

Une synthèse, ce Frédéric Lefebvre. Porte-parole de l’UMP, il exprime dans la caricature la quintessence de la pensée élyséenne.

Plutôt que « de tomber dans le piège de la gauche », il invite les députés du parti présidentiel « à mettre leur énergie à défendre le bouclier social mis en place par la majorité ».
En termes moins elliptiques, Nicolas Sarkozy avait dit la même chose, la veille, aux députés de son camp, nombreux à être tentés par une certaine rupture avec le sarkozysme? : « Ne touchez pas au bouclier fiscal. Soyez tenaces, soyez combatifs. Je ne cède rien. » Éric Woerth, ex-ministre du Budget, actuel ministre du Travail a fait lui aussi dans l’exégèse : « Cela ne bougera pas, on doit l’assumer et on doit l’expliquer. » Pas question donc de changer de politique ?économique : à l’Elysée, on se dit convaincu que la reconquête de l’électorat de droite passe par une inflexibilité politique, sur le registre affiché dans la campagne présidentielle de 2007.
Ce faisant, Nicolas Sarkozy dénie les effets de la crise, tout particulièrement parmi les couches populaires et moyennes, sans une partie desquelles il ne peut l’emporter en 2012. Avec les ravages collatéraux pour les candidats UMP aux législatives qui suivront. Pas sûr que le piège soit pour autant écarté, et que la fronde des députés, davantage destinée à déstabiliser un peu plus Nicolas Sarkozy qu’à instaurer une fiscalité plus juste, se tarisse. Treize députés UMP ont en effet annoncé le dépôt d’une proposition de loi demandant la suspension de cette mesure fiscale. Une initiative qui s’ajoute à celle des députés PS, qui sera discutée le 20 mai lors de la journée d’initiative parlementaire du Groupe socialiste. Eux demandent l’abrogation. Deux occasions pour mettre l’ensemble des élus UMP au pied du mur, et ainsi évaluer pour chacun d’eux leur degré de sincérité, de volonté émancipatrice, ou de prise en compte du message des électeurs.

Selon un sondage CSA/le Parisien, le bouclier fiscal est contesté par 67 % de la population, 39 % se prononçant en faveur de sa suppression définitive, et 28 %, sa suspension. À l’inverse, ils ne sont que 25 % à souhaiter le maintien de cette mesure phare. Parmi les sondés de sensibilité de gauche, 50 % sont favorables à l’abrogation, 30 % s’en tenant à une mise entre parenthèse en raison de la crise. Plus inquiétant pour le camp sarkozyste, quelque 47 % des sympathisants de droite plaident pour le maintien, mais à peu près autant (46 %) se disent prêts à voir le dispositif remis en cause.
Dans le même esprit, mais sur le terrain des stratégies économiques, les Français plébiscitent une option radicalement différente : 87% estiment nécessaire de « demander aux plus riches de participer davantage à la solidarité fiscale ».Selon Sofres/Logica pour le Figaro, le chef de l’État ne serait plus crédité que de 28 % de confiance.

Dominique Bègles in L'Humanité

 

LE PONT DES CHAUMES N’EN RESTERA PAS AU FEU DE PAILLE! par Maud Jusnel

Samedi 27 mars, malgré le froid et la pluie, 450 personnes se sont réunies devant la Préfecture de Montauban, pour soutenir les Camarades en lutte de la Clinique du Pont des Chaumes.

Bernard Thibaut, attendu dans l’après-midi sur Toulouse a même fait le déplacement plus tôt de manière à pouvoir être présent auprès de nous.
Le Front de Gauche du Tarn-et-Garonne était là en force, accompagné de Christian Picquet, porte parole de Gauche Unitaire et conseiller régional.

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Les salariés ont distribué leurs tracts au marché, puis nous sommes partis en manifestation jusqu’à la clinique où était prévu un pique-nique de solidarité. Ce moment joyeux, festif mais déterminé s’est déroulé aux rythmes des tambours et de la musique, auxquels sont venus s'ajouter les coups de klaxons des automobilistes qui marquèrent ainsi leur solidarité. La journée s’est terminée vers 16h, dans la bonne humeur et la volonté de se battre jusqu’au bout.

Les 350 salariés grévistes -près de 80% du personnel- ont commencé leur combat lundi 22 mars, lors des négociations salariales annuelles de la clinique. Nos camarades réclament :

*Le versement d’un 13ème mois

*La prise en charge des 3 jours de carence maladie

*L’amélioration de leurs conditions de travail pour une meilleure prise en charge des patients

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On ne peut que s’étonner que la plus grande clinique privée de Montauban n’ait déjà pas mis en place ces demandes, pourtant légitimes au vue des bénéfices que le travail des salariés produit. En effet, il ne faut pas oublier que ce sont grâce à ses femmes -en grande majorité- et à ses hommes que les actionnaires de la clinique du Pont des Chaumes s’en mettent plein les fouilles, 600 000€ par an et sans aucune rétribution !

Il ne faut pas oublier de préciser que certains médecins actionnaires de la clinique n’hésitent pas à insulter les salarié(e)s de propos blessants et la plupart du temps sexistes, dans une ambiance de travail exécrable. Ce qui n’est pas tolérable !

A l’heure où faire de l’argent devient plus important et intéressant que fournir un service de santé de qualité, où l’on entend parler de productivité dans nos établissements privés mais aussi publics, il faut soutenir la détermination de nos courageux camarades du Pont des Chaumes. Tous les jours, ils tiennent le piquet de grève devant la clinique et apprécient qu’on vienne leur apporter notre solidarité.

Durant la journée du 27 mars, j’ai pu rencontrer un couple de grévistes, tous deux salariés à la clinique. Un appel à la solidarité financière a été lancé par l’UD CGT. Merci de faire parvenir votre contribution à UD CGT, MAISON DU PEUPLE, Rue Michelet, à Montauban.

La direction de la clinique a du procéder à l’évacuation de la plupart des patients vers d’autres établissements hospitaliers du secteur. Tous les services, à l’exception de la dialyse sont désormais fermés. Cette abjecte direction refuse les négociations. Nos camarades entament aujourd’hui leurs 12ème jour de grève.

Maud Jusnel

CGT & Gauche Unitaire

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Demi-tour ?sur les retraites par Patrick Apel-Muller

Les généraux défaits voient les troupes regimber, les colonels comploter et les officiers se laisser aller à la démoralisation. Nicolas Sarkozy, en convoquant les députés UMP hier à l’Élysée puis en régalant les vingt-deux têtes de file de son parti aux régionales, tente d’éteindre dans l’œuf les mutineries.

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Le système des carottes peut être utile? : ne voit-on pas François Baroin, fraîchement rallié, qualifier le bouclier fiscal de « bon principe d’équité ». On se pince? ! Remaniement peut quelquefois s’entendre comme reniement. S’il est en revanche un projet qui continue à souder le Medef et la droite, c’est celui qui vise à repousser l’âge de la retraite, et donc diminuer ?le montant des pensions versées.

Même Jean-François Copé oublie un instant qu’il voudrait être calife à la place du calife pour installer une commission grosse d’une centaine de députés UMP pour « travailler main dans la main » avec le gouvernement et « faire de cette réforme un rendez-vous de courage politique ».
L’héroïsme en l’occurrence consistant à dégrader la situation des salariés qui ne roulent pas sur l’or pour garantir le confort des plus riches à qui toutes les exonérations de prélèvements sociaux restent promises. « Il n’est pas question que le PS joue à cache-cache sur le sujet », a-t-il prévenu, comptant bien que parlent haut et fort les dirigeants socialistes partisans de la rigueur.
Cependant, dans les rangs du PS, on compte sans doute une majorité de militants qui se retrouvent plutôt dans les revendications syndicales que dans les appels du FMI, dirigé par Dominique Strauss-Kahn, à repousser l’âge de la retraite en Europe. Ce ne sont pas seulement des déclarations, mais des conditions impératives dictées par le FMI, par exemple à la Roumanie en échange d’un prêt de 20 milliards d’euros.

Au Sénat, hier, Laurent Wauquiez s’est fait à nouveau le chantre de l’allégement des cotisations patronales (23 milliards d’euros par an) dont il fait « l’outil le plus efficace » de la politique d’emploi de la droite. Aveugles aux signaux de l’opinion – 70 % des Français sont opposés à leur politique économique –, les ministres se veulent intransigeants. Jusqu’à quand? ? L’intersyndicale a fixé de nouveaux rendez-vous de mobilisation. Si celle-ci grossit à chaque étape, les digues érigées par la droite réactionnaire seront débordées.

D’autant que tout confirme les dégâts provoqués par ces politiques qui frappent le pouvoir d’achat,


l’emploi et la protection sociale, étouffent la croissance et tuent toute relance. Les chiffres du chômage atteignent désormais 10 % de la population de la zone euro et un peu plus encore en France. La structure même de l’emploi se détériore, comme le confirment les chiffres publiés hier par le ministère. L’intérim, en pleine progression en 2009, n’est plus seulement une affaire de jeunes. Près de quatre intérimaires sur dix ont plus de trente-cinq ans. Il s’agit en majorité d’ouvriers, qualifiés et non qualifiés, qui deviennent les variables d’ajustement des grands groupes, qui les convoquent et puis les jettent, semant à tout-va le tandem désindustrialisation-appauvrissement.

Ce n’est plus seulement une inflexion de la politique qui s’impose mais un demi-tour.

 

DISCRIMINATION SYNDICALE DANS LE SOCIAL

Mardi 06 avril, Patricia est convoquée pour la 3ème fois en entretien préalable à sanction, pouvant aller jusqu’à un licenciement.

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Le conflit opposant la CGT au directeur général de la Sauvegarde de l’Enfance du Tarn-et-Garonne, porte sur l’interprétation de l’article 8, titre II de la convention collective et le fait que Patricia soit salariée de nuit. Selon le directeur général, elle ne peut bénéficier à ce titre des dispositions de cet article.

Rappel de l’article 8 titre II de la convention collective nationale du 15 mars 1966 : Liberté d’opinion et droit syndical : « …Exercice d’un mandat syndical électif: autorisations d’absences exceptionnelles de courte durée, à concurrence de 10 jours ouvrables par an, sur demande écrite présentée, une semaine à l’avance, par leurs organisations syndicales, aux personnes membres des organismes directeurs des syndicats aux niveaux national, régional ou départemental, désignés conformément aux dispositions des statuts de leur organisation et pouvant justifier du mandat dont ils sont investis et pour l’exercice duquel ils sont régulièrement convoqués… ».

Droit que ne reconnaît donc pas notre directeur général, pas plus que celui de lui octroyer un temps de repos nécessaire entre son travail de nuit et celui en journée, en commission exécutive.

Patricia est surveillante de nuit au centre éducatif fermé de Borde Basse depuis 5 ans.

Depuis le mois de décembre 2009, elle est empêchée d’exercer ses fonctions syndicales. L’employeur refuse de prendre en considération les convocations aux commissions exécutives de la CGT, au sein desquelles elle est dûment élue et mandatée. L’employeur lui demande aujourd’hui de cumuler travail de nuit et travail en commission exécutive en journée, sans respecter le temps de repos journalier nécessaire, alors que jusque-là il aménageait son emploi du temps pour lui permettre de participer aux commissions et ainsi défendre les droits des salariés, nos droits.

Ses collègues, travaillant en journée, élues aux mêmes instances, sont autorisées à participer à ces commissions, sans être inquiétées par la direction.

Une procédure en référé auprès du Conseil des Prud’hommes est en cours. Elle vise à faire enlever l’avertissement du 28 janvier 2010, dont Patricia a fait l’objet pour les faits précédemment évoqués.

La CGT appelle à débrayage et rassemblement devant le siège social de la Sauvegarde de l’Enfance, 60 avenue Beausoleil à MONTAUBAN, le mardi 06 avril 2010 de 10H00 à 13H00 pour soutenir notre camarade Patricia PAWLICKOWSKI de nouveau convoquée pour un entretien préalable à mesure disciplinaire susceptible d’aboutir à SON LICENCIEMENT.

La CGT de la Sauvegarde de l’Enfance

 

Les blouses blanches se rebiffent in l'Humanité du 29 mars 2010

Le personnel de la clinique privée Pont-de-Chaume, à Montauban, est en grève depuis une semaine pour obtenir un treizième mois… et un peu plus de respect. Il a reçu le soutien de Bernard Thibault.

Les salariés de la clinique privée Pont-de-Chaume de Montauban, en grève depuis le 22 mars, ont reçu samedi l’appui de Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT. Quand la CGT avait déposé, le 18 mars, un préavis de grève, la direction n’y avait pas cru et avait continué à accepter de nouveaux patients. Le mouvement a pourtant démarré le 22 mars avec un taux de grévistes proche des 80 %.


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photo La Dépêche....

Samedi, les salariés ont une nouvelle fois manifesté dans les rues de Montauban, avant de se rassembler devant la clinique.

Les personnels soignants et non soignants ont cessé le travail pour, première revendication, obtenir un treizième mois. Celui-ci est encore inexistant à Pont-de-Chaume, la plus importante clinique privée de Montauban, où travaillent quatre cent cinquante personnes. Les salariés en grève revendiquent aussi le paiement des trois premiers jours d’absence en cas de maladie. « Nos salaires sont inférieurs à ceux de l’hôpital public et pour ne pas perdre trois jours de paye, certains viennent travailler même s’ils sont malades », relate Françoise Viguier. Pour la déléguée CGT, ces deux revendications peuvent être satisfaites « dans un établissement à but lucratif qui dégage 600?000 euros de bénéfice ».

La troisième revendication n’est pas seulement d’ordre économique? : le respect. Le personnel se plaint des « insultes » proférées par les médecins actionnaires de la clinique? : « Débile? ! » étant l’un des qualificatifs entendus, auxquels s’ajoutent « des propos sexistes » envers le personnel féminin, très majoritaire dans l’établissement. L’ambiance générale? ? « Tendue, stressante », selon une salariée. Paul Pérez, militant CGT, l’affirme, « les délégués syndicaux ont exprimé le mal-être du personnel auprès de la direction mais celle-ci a toujours minimisé, voire nié, le problème. Nous sommes fragilisés et ça devient un moyen de pression pour la direction. » Françoise Viguier renchérit? : « On veut nous rendre de plus en plus productifs. »

Au bout d’une semaine de grève, les négociations ont seulement été entrouvertes? : les trois réunions direction-syndicat n’ont pas apporté de grands résultats. Le mouvement se poursuit donc. « Avec notre grève, les actionnaires perdent de l’argent », souligne Magali Bardou, secrétaire du comité d’entreprise. D’autant que la clinique Pont-de-Chaume a été fermée vendredi soir sur décision de la Ddass et de la préfecture. Les patients ont été dirigés vers d’autres établissements. Les grévistes prévoient de nouvelles manifestations. Certains arborent des tee-shirts revendicatifs? : « Salariés exploités = patients en danger».

Bruno Odent

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