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L'interco, on y est !

Lors du conseil municipal du jeudi 20 décembre 2012, à la veille de la "fin du monde", l'un des principaux points en débat à l'ordre du jour concernait l'élection des conseillers communautaires, délégués de la ville à la communauté d'agglomération. Méhadée Bernard est intervenue au nom du groupe des élu-es communistes et partenaires pour réaffirmer notre engagement dans cette nouvelle aventure, prolongement de notre action publique au service des habitants.

Ce soir, nous posons une pierre de plus dans la construction de notre communauté d’agglomération. Ce n’est pas la première, ce ne sera pas la dernière. Mais assurément, c’est une pierre importante, une pierre symbolique.

Depuis des années, nous approfondissons les échanges entre nos trois villes, dans des domaines multiples au sein de l’association Seine Amont Développement. Et nous participons aujourd’hui à une nouvelle aventure commune, dans le prolongement de tout ce qui s’est déjà fait. Ce projet, ensemble nous l’avons pensé, ensemble nous l’avons ébauché, ensemble nous nous y engageons.
C’est là tout le sens de la liste d’union que nous présentons ce soir, et je me félicite des efforts consentis par le groupe des élu-es communistes et partenaires pour y parvenir : c’est la réaffirmation de notre majorité construite, comme en 2008, dans le respect de notre diversité.

En désignant ce soir les délégués de notre ville, nous avons toutes et tous conscience qu’il s’agit à la fois de leur réaffirmer, s’il en était besoin, notre confiance pour ce qu’ils font déjà pour notre ville, et de leur confier des responsabilités nouvelles au service de la population.

Mais nous leur donnons aussi - et nous nous donnons à nous tous - ce fabuleux défi de construire de nouvelles réponses politiques aux besoins des habitants. C’est une envie qui nous guide toutes et tous et qui constitue, je n’en doute pas, le plus beau moteur pour avancer. Ca vaut tout l’or du monde, dit-on : alors, plutôt que de dire «Monsignore,  il est l’or de se réveiller», je m’écrie «Ma seigneurie, il est l’envie de se réveiller» ! Et ce n’est pas une folie des grandeurs, simplement la conscience que nous sommes plus forts ensemble.

Cette envie doit nous guider parce qu’il n’y a pour nous et pour tous les Ivryens, les Vitriots, les Choisyens, rien à perdre et tout à gagner !
Gagner à être ensemble, en mutualisant nos moyens pour répondre toujours mieux aux besoins de nos concitoyens.
Gagner à ouvrir des perspectives nouvelles, par le jeu d’échelle qui nous donnera, j’en suis sûre, une vision plus large et plus précise des réalités et des réponses à y apporter, des luttes à mener pour des territoires respectés.
Gagner à développer nos compétences, par le partage des intelligences pour le mieux vivre de toutes et tous.

Et de tout cela, il ne faut pas avoir peur ! La peur contracte, comprime, tétanise, rapetisse, tandis que nous voulons être ensemble plus grand, plus fort, plus juste, plus réactif, plus dynamique dans les réponses que nous apportons pour un service public toujours plus connecté aux besoins des habitants de nos trois villes, pour amplifier le fait communal. En effet, la mise en commun de nos forces, la Communauté d’Agglomération Seine Amont est bien le prolongement de nos villes, la valorisation de nos territoires, de nos histoires et de nos avenirs.

Ce soir, je suis heureuse, au nom du groupe des élu-es communistes et partenaires, de nous voir nous engager dans cette aventure avec nos envies, nos doutes, nos rêves, nos critiques, nos idéaux, nos attentes, nos revendications et nos luttes qui prendront de nouvelles dimensions à l’échelle d’un territoire de près de 180 000 habitants. Et quand je dis nous, je pense aux citoyens de nos trois villes que nous avons consultés tout au long de sa construction et que nous continuerons d’associer à son édification.

« Rien de grand ne s’est jamais accompli dans le monde sans passion », a dit Hegel : cette passion, ce désir, nous l’avons je le pense aujourd’hui, c’est elle qui nous anime et que nous ne devons jamais éteindre.
Je vous remercie.

 

Projet d'intercommunalité : le Maire du Blanc-Mesnil, Didier Mignot, s'adresse au Préfet

Didier MIGNOT, Maire du Blanc-Mesnil

Monsieur le Préfet,

Le 19 janvier dernier, je rendais publique une déclaration dans laquelle je traçais les perspectives qui sont les miennes en ce qui concerne les projets d’intercommunalité dans le quart nord-est du département.

La notion de coopération intercommunale n’est pas neuve au Blanc-Mesnil puisque notre ville fait partie du SEAPFA depuis sa création et qu’elle coopère donc déjà depuis longtemps avec Aulnay, Sevran, Villepinte et Tremblay en France. Je suis très attaché à conforter ces liens.

La communauté d’agglomération existante entre Drancy – le Bourget – Dugny ainsi que la future communauté d’agglomération entre Sevran – Villepinte – Tremblay ne permettent pas d’atteindre la taille nécessaire et efficace pour être vraiment des acteurs incontournables au service des populations et d’un projet de territoire pertinent. J’ai bien noté que le projet de loi sur la réforme territoriale que je conteste par ailleurs sur de nombreux aspects, prévoit la fusion simplifiée des intercommunalités existantes.

C’est pourquoi, je formule de nouveau ma proposition de travailler au regroupement des villes concernées par les deux aéroports ; proposition dont je note qu’elle recueille toujours plus de partisans.

Ce projet intercommunal va donc de Drancy à Tremblay avec le Bourget, Dugny, Aulnay, Sevran, Villepinte et le Blanc-Mesnil. On peut également concevoir que des villes comme Bonneuil et Gonesse d’un côté, Mitry-Mory et Compans de l’autre, puissent, si elles le souhaitent, intégrer ce projet. Je vous saurai gré à ce sujet de me donner votre opinion sur la possibilité d’associer des communes hors du département.

Il n’a échappé à personne que ce territoire des deux aéroports recèle des potentiels de développement soulignés tant par le schéma de développement de l’Ile-de-France que par le Secrétariat d’Etat à la Région Capitale.

De nombreuses problématiques y sont communes comme la formation initiale, la formation professionnelle et l’accès des jeunes aux emplois, la rénovation industrielle et urbaine, le besoin diversifié de logements, le maillage des services et des équipements publics etc.

La démocratie de proximité ainsi que le développement durable doivent également fonder ce projet qui a, de plus, le mérite de faire vivre le pluralisme politique en son sein.

Ce projet territorial est cohérent avec l’existence de Plaine Commune et la création de la communauté d’agglomération de l’Est-Parisien qui rassemblera 9 villes au début de l’année prochaine.

Ce projet doit enfin faire l’objet d’un vaste débat citoyen, débat dans lequel je souhaite naturellement prendre toute ma place pour y porter les aspirations à vivre mieux de mes concitoyens.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à ces propositions,

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes sentiments respectueux.

Didier MIGNOT Maire

 

Le Blanc-Mesnil : Pour un projet d’une Communauté d’Agglomération « Plaine-de-France Active »

Didier Mignot, Maire du Blanc-Mesnil

En novembre 2006, Daniel Feurtet, alors Maire du Blanc-Mesnil, rendait public un projet de communauté d’agglomération rassemblant le coeur et le nord-est du département de la Seine-Saint-Denis. Un projet rassemblant 9 villes qui aujourd’hui représentent 400 000 habitants.


Depuis mon élection en mars 2008, j’ai pris connaissance des dossiers, beaucoup consulté mes concitoyens mais aussi mes collègues maires des villes voisines. J’en tire la conclusion que ce projet conserve toute sa pertinence.

Il se trouve renforcé par l’intérêt porté à ce territoire, tant par le SDRIF, schéma directeur de la région Ile-de-France, que par Christian Blanc, délégué interministériel à l’aménagement du « Grand Paris ».

Mais pour que cet intérêt de la Région et de l’Etat bénéficie réellement aux populations concernées, il convient que les élus et les citoyens de nos villes s’emparent de ces enjeux et que s’ouvre un réel débat démocratique sur le périmètre et les objectifs d’un projet de communauté d’agglomération.

Une communauté d’agglomération n’est certes pas la solution miracle à la profonde et brutale crise économique et sociale dont chacun mesure la gravité. Cette crise vient aggraver les inégalités et les injustices qui minent le développement équilibré et durable de la Région capitale.

Contre la concurrence des territoires et des hommes, contre les ravages que produit le système libéral à bout de souffle, une communauté d’agglomération peut-être un contre poids, un lieu de production de projets solidaires et dynamiques, un rassemblement pour construire des projets d’ampleur, une démarche démocratique permettant la mutualisation des moyens et des ressources.

Un périmètre pertinent

Le territoire doit correspondre à un périmètre pertinent permettant de répondre aux exigences de cohérence spatiale, économique, de solidarité financière et sociale auxquelles une communauté d’agglomération a pour mission de répondre.

Pour ce qui concerne la ville du Blanc-Mesnil, il convient de rappeler que des liens historiques très anciens lient notre ville à Aulnay-sous-Bois. Aujourd’hui ces liens, élargis à d’autres communes, existent au travers du SEAPFA. Depuis 40 ans, ce syndicat intercommunal regroupe Blanc-Mesnil, Aulnay, Sevran, Villepinte et Tremblay. Cette coopération existante peut constituer une première étape.

Mais je fais la proposition que cette coopération puisse s’élargir sur un territoire plus large que le seul SEAPFA pour porter sur le coeur et le nord-est du département, c'est-à-dire sur le territoire désigné « Plaine-de-France active : Aulnay, Bobigny, Drancy, Dugny, Le Bourget, Le Blanc-Mesnil, Sevran, Tremblay et Villepinte.

Ce territoire, qui possède une véritable continuité géographique, est la porte de la Région Ile-de-France sur l’Europe du nord. Il est doté d’un important tissu urbain et d’infrastructures stratégiques pour le développement économique pour la Région capitale.

A l’échelle de ce territoire se trouvent deux aéroports internationaux -Roissy et Le Bourget-, des zones industrielles et des bases logistiques puissantes et diversifiées, des voies de communication de dimension européenne (A1 et A3) et de desserte locale (RER B), le siège de nombreuses administrations et de services publics dans la ville-préfecture, des établissements de santé et universitaires, un réseau dense d’équipements culturels, le canal de l’Ourcq et de nombreux espaces verts départementaux et communaux. De grands projets comme l’écopôle sur Blanc-Mesnil-Aulnay vont voir le jour, d’autres ne demandent qu’à émerger. La mutation urbaine et industrielle qui se poursuit peut être un levier puissant et novateur pour le développement durable et la préservation de la planète.

Des défis à relever

Les villes composant ce territoire mettent en avant des objectifs communs : la croissance de l’emploi et son accessibilité aux jeunes, le renouvellement, le développement et la diversification de l’habitat, le désenclavement social et urbain par un effort de requalification de pans entiers de ville dégradés, le renforcement des transports publics, l’émergence de nouveaux espaces productifs, des politiques publiques ambitieuses pour l’éducation, la culture et la santé.

Ces priorités peuvent être celles de la communauté d’agglomération en mobilisant ses moyens propres et en exigeant de l’Etat des investissements structurants comme, par exemple, le projet de Cité de l’air et de l’espace et la prolongation de la ligne 7 du métro que nous attendons tous avec de plus en plus d’impatience.

Ce territoire, ses priorités et ses projets sont des atouts pour contribuer à la relance économique, à la lutte contre les graves déséquilibres qui handicapent l’Ile-de-France, pour le développement durable et la qualité de l’environnement. Ouvert sur le monde, ce projet peut contribuer à faire prévaloir une vision humaine de la mondialisation par un renforcement des coopérations internationales pour la paix et le co-développement.

Des moyens à mobiliser

Puisque l’Etat et la Région ont reconnu ce territoire comme étant porteur de grandes potentialités, il convient que les élus et les populations s’expriment ensemble pour exiger des décisions concrètes, rapides et ambitieuses à l’échelle de ce bassin de vie de 400 000 habitants. C’est de la responsabilité de l’Etat de promouvoir de grandes politiques publiques pour l’éducation et la formation, la santé, l’emploi et les transports.

Cela conduit également à des réformes de la fiscalité locale, injuste et à bout de souffle. Il en est ainsi tout particulièrement de la taxe professionnelle, principale ressource des communautés d’agglomération que l’Etat vide de son sens réforme après réforme. C’est pourquoi je soutiens la proposition d’une taxe professionnelle qui prennent en compte les actifs financiers des entreprises, dans le but de dégager des moyens nouveaux pour les collectivités territoriales et d’orienter l’argent vers les investissements utiles et productifs, donc vers l’emploi stable et qualifié.

Il est urgent de construire une vraie péréquation solidaire entre l'Ouest et l'Est parisien, toujours dans l’idée de combattre les injustices et les déséquilibres qui affaiblissent l’Ile-de-France. Rassemblés nous pouvons être également un interlocuteur de poids pour obtenir plus de financements européens.

Une démarche démocratique

Alors que la commission Balladur sur la réforme institutionnelle et la volonté de reprise en main de l’Ile-de-France par le Président Sarkozy fait peser de graves menaces sur la démocratie locale, un projet de communauté d’agglomération ne peut être que le résultat d’une démarche démocratique.

Si une communauté d’agglomération mutualise des moyens et favorise l’émergence de projets communs, elle doit respecter la libre administration de chaque Conseil municipal qui, selon la loi, « règle par ses délibérations les affaires de la commune ».

Je suis donc pour une coopération intercommunale renforcée et contre la fusion des communes. Je suis pour qu’un projet d’intercommunalité « Plaine-de-France active » place l’extension des libertés et la démocratie participative au coeur de sa démarche et de ses objectifs. Je suis donc pour que tout projet d’intercommunalité soit issu d’un débat citoyen et conclut par un référendum.

Lundi 19 janvier 2009

Didier Mignot, Maire du Blanc-Mesnil