Adoptée à son congrès de Nantes des 1er,2 et 3 octobre 2010
Des engagements concrets pour l’action !
Sur la base des grands principes qui guident l’action de l’ANECR, les élus communistes, républicains, citoyens et progressistes ont décidé d’en tirer toutes les conséquences à l’occasion de leur congrès de Nantes autour d’un certain nombre d’engagements forts à mettre en œuvre dans les années qui viennent. Sur le fondement de ces engagements, des rassemblements peuvent être construits autour d'actions concrètes pour l'avenir des territoires et des populations. Nous ne partons pas de rien, la réflexion ayant été amorcée lors du congrès de Montpellier et lors des rencontres de Dijon. Ce congrès est la poursuite de cette dynamique enclenchée ces dernières années avec l'ambition d'un saut qualitatif dans l'action de l'ANECR et des élus qui la composent.
Nous prenons 6 engagements plaçant l’Humain avant tout :
+ Les droits humains au cœur des politiques publiques territoriales.
Premiers touchés par la crise et les politiques régressives d’inégalités et de discriminations, les droits fondamentaux. Ceux-ci doivent être au cœur de l’action des collectivités et pensés dans une vision globale de la personnalité humaine et du développement de la société permettant de redonner confiance et espoir aux personnes les plus en difficulté. Leur respect et leur promotion doivent être, plus que jamais, la visée de toutes les politiques publiques. Sans des droits fondamentaux enrichis de nouvelles conquêtes, des solidarités citoyennes actives, un combat inlassable contre toutes les souffrances sociales et les handicaps, l’exigence de dignité et d’égalités homme-femme, jeune-adulte, français-migrant… pas de projets humains et de transformation sociale possible !
Pour que les droits humains soient toujours placés au cœur des politiques publiques territoriales, pour une solidarité citoyenne active et d’égalité des droits, nous nous engageons dans les combats de la dignité et du respect :
- En nous opposant à la pratique inhumaine et injuste des expulsions locatives,
- En défendant les exigences des sans-papiers, des sans logement, des sans droits,
- En promouvant le droit à l’eau et à l’énergie, le droit au logement tout en refusant le surloyer, le droit à l’emploi pour tous, l’accès à la culture, aux loisirs et aux vacances, etc...
Nous proposons la mise en place d’observatoires des inégalités et d’indicateurs de développement humain dans chaque département. Ces observatoires mettront tout spécialement en lumière les inégalités entre les hommes et les femmes et la situation particulière de la jeunesse.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Rendre public et populaire la pétition de l’ANECR sur le droit au logement
- Populariser le projet de loi anti-expulsions et faire du 15 mars, une journée anti-expulsions ( arrêtés anti-expulsions, vote de vœux…)
- Lancer une campagne pour le réengagement de l’État dans la mise en œuvre des droits fondamentaux
- Assurer le succès de l’initiative du 3 décembre au Conseil économique, social et environnemental, à l’occasion de l’anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme, par une préparation en amont en lien avec les associations de défense des droits de l’homme et avec les parlementaires
- Participer au développement de l’activité du collectif de l’ANECR « Droits fondamentaux ».
+ Promouvoir le vivre ensemble et les diversités
Le lien social est attaqué de toutes parts, depuis de nombreuses années. C’est la possibilité du « vivre ensemble » qui est mis en danger. Afin de mieux imposer sa politique, le pouvoir en place s’évertue de monter les groupes et les territoires les uns contre les autres, avec pour effet de redoubler les inégalités sociales et spatiales. C’est ainsi que s’opposent de plus en plus l’urbain et le rural, les groupes sociaux et les différentes cultures et religions entre elles.
Face à ce péril, nous nous engageons, en étant plus percutant dans la bataille d’idées, à mettre en œuvre des initiatives pour
- Favoriser le dialogue entre les cultures et les religions,
- Œuvrer en faveur du travail sur la mémoire et l’Histoire,
- Développer la solidarité avec les migrants et amplifier notre action pour arracher enfin le droit de vote pour les étrangers,
- Amplifier la lutte contre toutes les discriminations,
- Exiger et bâtir une politique de la ville permettant une réelle égalité des citoyens, la réussite de leurs projets, une reconquête collective des droits humains et de la ville.
- Construire et promouvoir également dans les campagnes une qualité de vie en permettant aux ruraux dans leur ensemble de vivre et de travailler dignement sur leur territoire.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Assurer le succès du rendez-vous de La Courneuve du 5 novembre faisant suite à la plainte de la ville auprès de la HALDE
- Assurer le succès de la votation citoyenne du 5 décembre et agir avec constance en faveur du droit de vote des résidents étrangers
- Nous faisons notre « le pacte pour les droits et la citoyenneté : propositions pour un nouveau vivre ensemble » proposé par 42 associations de la société civile et nous prenons l’engagement de les rencontrer
- Créer un outil pour échanger sur les questions du « vivre ensemble », sous forme d’un forum interactif
- Nommer un élu responsable des questions du métissage avec mise en débat collégial de cette problématique en lien avec le concept de fraternité.
- Avoir le souci d’intégrer dans les listes, lors des élections, les candidat-e-s issu-e-s de la diversité.
+ L’intérêt général et le service public : base de modernité, d’égalité, d’émancipation, de progrès social et de libertés.
Comment remettre l'intérêt général au centre de l'action politique ? Le service public fait société. La disparition de celui-ci met en cause les droits fondamentaux. Pour y parvenir, les services de l'État doivent être présents sur tout le territoire. La cohérence des politiques publiques, leur articulation entre l'État et les collectivités locales, doit être assurée dans des conditions d'égalité de traitement des citoyens sur l'ensemble du territoire, et en partenariat avec les élus locaux. C'est la condition du respect et de la mise en œuvre des droits humains sur tout le territoire. Pour cela, il est nécessaire
- De construire une base commune pour revisiter les concepts, clarifier les positionnements et réfléchir sur la pertinence des échelles de mise en œuvre pour être au plus près des territoires et des populations.
- De s’opposer aux législations européennes actuelles et d’agir pour que le service public devienne la règle au plan de l’Union européenne.
- De faire du service public une cause locale, nationale, européenne et planétaire.
Pour que le développement des territoires et le mieux-vivre des populations soient assurés, il est nécessaire que s’inverse la spirale de casse des services publics. Leur défense, leur modernisation, les doter de moyens conséquents sont des objectifs prioritaires. C’est pourquoi nous nous engageons :
- A développer et améliorer la qualité des services locaux fournis aux habitants par les collectivités et d’être partenaires, si nécessaire, de services publics nationaux sans transferts de charges injustes.
Tous ces services publics des collectivités nationales et locales doivent reposer sur une cohérence d’ensemble de territoire et une réelle démocratisation.
- Il est primordial de construire de manière précise et avec tous les partenaires, des propositions pour de nouveaux services publics permettant à tous l'accès à tous les droits humains. Il en va, par exemple, d’un service public du logement et de la ville, d’un service public de l’eau et de l’énergie, d’un service public de la petite enfance, un autre du troisième et quatrième âge…
- Nous nous engageons, par l’évidence de notre communauté de vie, à construire de nouveaux liens entre élus, fonctionnaires et citoyens, pour un partenariat respectueux des dynamiques de territoire, des emplois publics et une fonction publique efficace et solidaire, à développer des luttes communes indispensables.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Partout, lancer le mot d’ordre : « Notre collectivité est plus qu’une collectivité, c’est un service public au service de tous »
- Avec nos moyens de communications, valoriser toutes les initiatives locales
- Proposer aux ADECR de s’investir davantage dans les collectifs départementaux et partenariaux sur le service public.
- Envisager une rencontre nationale de l’ANECR sur la thématique du service public
+ Un développement écologique et solidaire des territoires.
Un développement écologique et solidaire des territoires est une absolue urgence pour le devenir même de l’espèce humaine menacée par la dégradation du substrat naturel qui conditionne sa survie. Un mode de développement économe en espace, en énergie, en ressources s’impose ainsi que de nouveaux modes de production et de consommation. Un développement sans précédent d'une économie sociale et solidaire est à l’ordre du jour.
Il s’agit de se situer dans la perception nouvelle de « l'homme-monde », avec les modifications collectives qui s’imposent et changer des comportements individuels.
Nous nous engageons :
- A construire dans nos communes, départements et régions, un pacte citoyen et environnemental territorial impliquant la promotion des biens publics, la maîtrise publique de l’énergie, le développement des transports en commun, fluvial et ferroviaire, une planification de la gestion des déchets, la lutte contre l’étalement urbain,
- A développer des services publics liés à l’environnement à tous les niveaux territoriaux,
- Là où c’est possible,à favoriser une gestion publique de tout ce qui a trait à l’environnement : eau, déchets, assainissement, biodiversité, air, etc …
- A permettre aux collectivités de se réapproprier le foncier dans le cadre d’un équilibre entre urbain et rural (établissements publics fonciers).
- A développer une politique de proximité pour valoriser les ressources locales et favoriser le développement économique.
- A Développer une nécessaire expertise publique indépendante et citoyenne. Ici encore, les indicateurs de développement humain sont indispensables
- A ce que cette politique soit menée avec une participation concrète des citoyens, condition sine qua non pour rendre compatible les impératifs sociaux et environnementaux.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Favoriser et dynamiser le collectif environnement au sein de l’association
- A l’occasion du forum mondial de l’eau en 2012, participer à l’organisation d’un Forum social mondial de l’eau.
- Faire connaître et partager toutes les initiatives innovantes menées par les collectivités et favoriser les échange d’expériences
+ Penser local, agir global, être source de nouvelles solidarités européennes et mondiales.
Les collectivités et territoires doivent être ouverts sur le monde, ce qui implique de construire un nouvel internationalisme, en ayant une conception politique de la coopération et de l’intervention européenne et mondiale des collectivités.
Nous nous engageons :
- A développer une culture de paix (proclamer chacun de nos territoires « terre de paix et de fraternité », participation à la semaine de la paix et à la journée internationale de la paix le 21 septembre). Si une décroissance est immédiatement possible : c’est celle des dépenses militaires et notre combat pour le désarmement et une culture de paix sur tous nos territoires doit s’amplifier
- A participer aux actions contre les politiques d’austérité de l’Union européenne, à la semaine de la solidarité internationale, aux campagnes en faveur des objectifs du Millénaire pour le développement et la lutte contre la pauvreté, pour l’annulation de la dette et l’augmentation de l’aide publique au développement.
- Développer dans toutes nos collectivités y compris les plus petites (sous des formes mutualisées) des coopérations décentralisées avec d’autres collectivités, notamment dans le Sud de la planète, mais aussi avec d’autres collectivités de pays plus avancés ou émergents.
Cet engagement revient à affronter la question cruciale des inégalités entre régions du monde que la financiarisation de l’économie, les délocalisations, un commerce mondial déséquilibré viennent accroître.
Il nous revient également :
- De contribuer à une mise en réseau des forces alter mondialistes, associatives, syndicales, politiques et progressistes, pour l'instant divisées à l’échelle de la planète,
- De participer aux réseaux européens et internationaux d’élus et de s’impliquer dans les forums sociaux locaux et mondiaux. De réelles synergies sont possibles, des réseaux - parfois initiés par des élus communistes, républicains, progressistes - sont à l’œuvre et doivent se renforcer par notre participation plus volontaire.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Mutualiser et mettre en commun les réflexions, les initiatives et les actions des élus communistes et républicains en sein des commissions internationales et Europe de l’ANECR
+ Des moyens financiers et une fiscalité solidaires au service du développement humain et des territoires.
Réforme des institutions, suppression de la taxe professionnelle, explosion et injustice des fiscalités locales et additionnelles, révision générale des politiques publiques, des prélèvements obligatoires, réforme territoriale de l’Etat… nous sommes dans une véritable rupture infernale des fondements de notre République.
L’asphyxie financière des collectivités locales doit cesser. L'activité économique, comme le citoyen, doit payer l'impôt républicain. Il y a urgence à travailler à une vraie réforme fiscale globale pour qu’elle soit véritablement progressive, tenant compte de tous les revenus des personnes et permettant aux collectivités et à l’Etat d’avoir les moyens de répondre aux besoins des territoires et des populations.
Aussi :
- Nous nous engageons à amplifier nos efforts pour réhabiliter les politiques publiques ainsi que l’impôt comme outils de solidarité et de justice sociale.
- Nous réaffirmons la responsabilité des entreprises vis à vis des territoires et des populations qui y vivent, et donc la nécessité d’une fiscalité locale rénovée dans ses bases en leur direction et rétablissant l’égalité entre les territoires par une véritable péréquation.
- Nous proposons de rénover la taxe professionnelle et de redynamiser notre proposition de taxation des actifs financiers et de faire la preuve de l’utilité de fonds régionaux impliquant les banques dans une responsabilité sociale et territoriale.
- Nous exigeons un pôle bancaire inédit afin d’extraire, de la sphère financière, le financement d’intérêt général : investissements des collectivités, des PME-PMI, sécurisation de l’épargne populaire pour permettre la réalisation des besoins, émergence de produits financiers solidaires, nouveaux critères de gestion, aides publiques contrôlées par les citoyens et les élus..
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Dans les collectivités, élaborer les budgets qui seraient nécessaires pour satisfaire les besoins des citoyens et les budgets possibles contraints par les décisions gouvernementales. Porter ces 2 budgets à la connaissance des populations.
- Éditer un matériel simple et grand public articulant réforme territoriale, finances publiques et services publics
- Organiser une grande manifestation unitaire sur le même triptique.
- Interpeller les exécutifs et les préfectures pour le remboursement des sommes non compensées par l’Etat suite à ses transferts de compétences
- Agir de manière coordonnée sur le vote des budgets
- Tenir une rencontre des élus régionaux sur la question budgétaire.
- Mener avec les parlementaires un travail de réflexions pour proposer des mesures en faveur des collectivités lors de la discussion du budget 2011.
Nous mettons en commun toutes nos diversités et convergences, pour toutes nos luttes et nos gestions, dans une démarche plaçant en son cœur :
+ L’intervention citoyenne et la démocratie participative
Cet impératif démocratique constitue le cœur de la démarche des élus communistes, républicains, citoyens et progressistes, un impératif qui conditionne tous les autres. Sans cette intervention citoyenne, la résistance au libéralisme est en effet impossible. C’est pourquoi :
- Il s’agit dans les années à venir de multiplier les espaces de rencontre et d’action des citoyens avec les élus, mais aussi avec les syndicats, les associations pour l’avenir des territoires. Pour y parvenir, la citoyenneté active doit impliquer tout particulièrement les couches sociales les plus en difficulté et donner lieu à une évaluation démocratique et citoyenne systématique des politiques publiques engagées.
Tout en exigeant l’émergence d’une 6ème République plaçant en son cœur une démocratie multiple et des nouvelles libertés individuelles et collectives - république qui allie étroitement démocratie représentative, démocratie participative, démocratie politique, démocratie sociale - nous nous engageons :
- A continuer et amplifier toutes les expériences de démocratie participative et d’en enrichir notre conception pour davantage la développer.
- A mettre la démocratie participative au cœur de notre projet alternatif de réforme des collectivités territoriales.
- A développer dans les collectivités une évaluation démocratique et citoyenne des politiques publiques
- En même temps et dans un même mouvement, à défendre la démocratie représentative parce que c’est la démocratie tout court qui est menacée dans notre pays.
- A obtenir la création d’un réel statut de l’élu et, pourquoi ne pas l’imaginer, la création « d’un statut du citoyen » exigeant temps, moyens et reconnaissance, en inscrivant la démocratie participative comme un principe fondamental.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Développer plus de liens avec le mouvement syndical et associatif
- Favoriser l’échange d’expériences et la mise en réseau
+ La coopération entre les hommes et les territoires
Cela implique de combattre la concurrence entre les territoires qui fait s’affronter les populations les unes contre les autres plutôt que de s’unir dans une expression commune. C’est pourquoi :
- La coopération doit être placée au cœur de la gestion, par la co-élaboration et co-mise en œuvre des politiques publiques, une approche multi niveaux et multi acteurs de la gestion des territoires et l’articulation entre les différents échelons de collectivités. L’intercommunalité, l’interterritorialité peut jouer ce rôle de solidarité entre les territoires pour peu qu’une logique de projet y soit mise en œuvre.
- Il est pertinent de consolider tous les espaces collectifs de délibération que sont les communes qui, selon la belle citation de Mirabeau, sont « la base de l'Etat social, le seul moyen d'intéresser le peuple entier au gouvernement et de garantir nos droits », mais aussi de conserver les trois échelons essentiels de la démocratie locale : communes, départements, régions.
- Il est pertinent de protéger et de rendre plus efficace encore la libre administration des collectivités et de conserver la clause de compétence générale.
- Il est pertinent de créer de nouveaux espaces de concertation, de délibération comme à l’échelon, par exemple, de bassin d'emploi, de vie.
Préconisations pour l’activité de l’ANECR :
- Organiser le 13 octobre, jour de réunion de la Commission mixte paritaire du Parlement, une manifestation unitaire
- Organiser un événement national sur le nouvel élan à donner à la démocratie locale, initiative préparée en bas en liaison avec les fonctionnaires territoriaux, les syndicats et les associations.
Au travers de cette charte d’engagements et de démarche,
Chaque élu communiste, républicain, citoyen et progressiste, qu’il soit de la ville ou de la campagne, qu’il soit majoritaire ou minoritaire, du conseiller au parlementaire, contribuera ainsi au développement d’une dynamique de mobilisation et de rassemblement.
Une dynamique nécessaire à toutes les résistances, pour renforcer la décentralisation, conforter la démocratie, pérenniser et développer les services publics.
Une dynamique indispensable pour battre le pouvoir et créer une alternative politique progressiste et de gauche.