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Comprendre les agences de notations pour mieux les combattre.

Et ça dégrade et ça dégrade ! Après la France, malgré l'arrogance de Sarkozy hier en Espagne, voilà donc une quirielle d'établissements parapublics et d'entreprises qui se trouvent dans le viseur des agences... Et ce n'est qu'un début ! Ainsi apprend-on que (Le point.fr) que "L'agence de notation Standard and Poor's (SP) a annoncé mardi la dégradation d'un cran de la note du géant public français de l'électricité EDF et de sa filiale RTE, ainsi que celle de la SNCF, dans la foulée de la perte du triple A de la France la semaine dernière. SP, qui place également la note A+ d'Aéroports de Paris (ADP) sous perspective négative, descend la note d'EDF et de RTE de AA- à A+ et celle de la SNCF de AA+ à AA, indique-t-elle dans un communiqué".

Franchement, c'est quoi ces conneries ? Qui avait entendu parler de ces agences avant 2008 ? Pourquoi et comment prennent-elles un tel pouvoir aujourd'hui ? Allons-nous longtemps nous laisser (nous, la populace, hein ! parce qu'on a bien compris la connivence des politiques et de ces margoulins de financiers !), berner, tromper, balader !? Mais avant tout, il faut comprendre, et pour se faire, je vous engage à lire le petit bouquin décris ci-après (Les agences de notations, Norbert Gaillard, Editions La Découverte, 9,50 euros).

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4ème de couverture : Quel est le rôle des agences de notation sur les marchés de capitaux ? Comment sont attribuées les notations financières et selon quels critères ? Les agences sont-elles capables de prévoir les crises ? Quelle est leur responsabilité dans la crise financière de 2007-2008 ?

Cet ouvrage répond à ces questions et montre que l'importance croissante des notations s'explique par leur intégration dans les réglementations financières et plus encore par le développement des marchés obligataires. Il examine également la façon dont les trois principales agences (Standard & Poor's, Moody's et Fitch) déterminent le risque de crédit des États, des collectivités locales, des entreprises, des banques et des produits structurés. Cette analyse souligne leurs difficultés récurrentes à anticiper les grands retournements de cycle, de la dépression des années 1930 à la débâcle des subprimes de 2007-2008. Les causes de cette dernière crise sont largement étudiées et révèlent en particulier que des conflits d'intérêts majeurs ont affecté la capacité des agences à noter objectivement et efficacement les obligations structurées.

 

La dette, un alibi facile pour justifier les régressions

cgt.jpgBernard Thibault : « La dette, un alibi facile pour justifier les régressions»

« Le président de la République dessine une mise en pièce de la Sécu », affirme le secrétaire général de la CGT. Il appelle les salariés à exercer leurs droits de citoyens et à être aussi les acteurs des mobilisations syndicales. Extraits d’une interview parue dans l’Humanité

Peut-on lutter contre ?les agences de notation??

Bernard Thibault. Ce n’est pas un phénomène naturel qui conduit les agences de notation à faire la pluie et le beau temps. Les chefs d’État l’ont organisé. Il y a une hypocrisie de la part de Nicolas Sarkozy qui tantôt dit pis que pendre de ces agences, annonce la fin du capitalisme financier et la disparition des paradis fiscaux dès 2009, pour aujourd’hui développer une argumentation opposée?: il faudrait s’agenouiller devant ces agences qui seraient les révélateurs de la bonne santé de l’économie. En réalité, elles sont les révélateurs d’une économie spéculative au service des investisseurs internationaux et de leurs actionnaires.

Vous critiquez les mesures d’austérité mais il faudra bien résoudre le problème ?de la dette.

Bernard Thibault. Désormais, la dette sert d’alibi facile pour justifier toutes les régressions. Le président de la République a prononcé début novembre, à Strasbourg, une phrase révélatrice de sa démarche?: «?La crise va créer beaucoup de souffrances mais ce peut être une opportunité pour notre pays de prendre des mesures qu’il n’aurait jamais acceptées.?» D’où cette volonté de noircir le tableau.

Si Nicolas Sarkozy veut chasser les principaux voleurs et fraudeurs de notre pays, la CGT sera à ses côtés et peut lui désigner quelques cibles. Déjà en 2006, l’UMP analysait que 10 à 12?% des entreprises étaient en infraction par rapport à leurs obligations vis-à-vis de la Sécurité sociale, que 5 à 7?% des salariés n’étaient pas déclarés par les entreprises. Le travail dissimulé représente toujours entre 8 et 15?milliards d’euros de vol de la Sécu, la sous-déclaration des accidents du travail et maladies professionnelles 1?milliard. 80?% des fraudes sont l’œuvre d’établissements de santé et de certains professionnels, pas des assurés. On supprime des postes de fonctionnaires chargés de faire reculer la fraude fiscale qui représente 45 à 50?milliards d’euros Au nom des déficits, on s’attaque au noyau dur du contrat social?: la Sécurité sociale, les retraites, le temps de travail.

Vous parlez de « mise en pièces de la Sécurité sociale » à propos de la réforme annoncée de son financement. En quoi, selon vous, passer à un financement par l’impôt est-il si dangereux??

Bernard Thibault. Il y aura une croissance des dépenses de santé dans notre pays, c’est inévitable. La consommation de soins et de biens médicaux est passée de 98?milliards en 1995 à 175?milliards en 2009. L’augmentation de la population, l’espérance de vie qui augmente et les progrès qui permettent de soigner des pathologies qu’on ne pouvait pas soigner hier expliquent cette croissance. L’un des enjeux majeurs, c’est de savoir si nous allons conforter un système collectif et solidaire pour prendre en charge ces besoins de santé au sein de la Sécu ou si la santé de chacun dépendra un peu plus de l’épaisseur de son portefeuille pour se payer son assurance. La revendication du patronat de transférer une part des ressources de la Sécurité sociale vers l’impôt, tout comme l’annonce d’un haut conseil du financement de la protection sociale pour préparer l’instauration d’une TVA dite sociale ou anti-délocalisation, minerait le système solidaire.

Mais la France a-t-elle ?les moyens d’assurer ?cette protection sociale ?de haut niveau??

Bernard Thibault. Si on rapporte l’augmentation des dépenses de santé au PIB, c’est-à-dire aux richesses créées dans le pays, cela représentait 10,4?% en 1995 et 11,7?% en 2009. Il y a un choix de société à faire mais on ne peut pas dire que la France n’a plus les moyens. Les cotisations sont une part du salaire, un salaire socialisé. Elles n’appartiennent pas au patronat.

Mais est-il interdit de penser qu’il y a des économies à faire sur les dépenses publiques??

Bernard Thibault. On peut trouver de nouvelles ressources par des réformes fiscales et la création d’emplois pour permettre aux besoins sociaux d’être satisfaits. 172?milliards d’euros par an d’argent public distribués aux entreprises par l’État et les collectivités locales sans outils d’évaluation de leur pertinence. PSA, Montupet… ont reçu des aides publiques et détruisent des emplois. Il y a des dépenses publiques à remettre en cause.

Les revendications patronales sont formulées au nom de la compétitivité vis-à-vis de l’Allemagne notamment…

Bernard Thibault. Dans tous les pays, c’est toujours au nom de l’emploi qu’on justifie la mise en cause des droits des salariés, et pourtant le chômage et la précarité progressent partout. Depuis de longs mois la CGT se bat contre le sabotage de notre potentiel industriel. La balance commerciale dans l’industrie pour 2010 était en déficit de 66?milliards d’euros alors qu’elle était en équilibre il y a une dizaine d’années. On est dans le rouge. En comparaison, celle de l’Allemagne est excédentaire de 154?milliards d’euros. L’Allemagne pratique des salaires supérieurs à la France et pour un temps de travail inférieur. IG Metal vient de signer pour une augmentation de 3,8?% des salaires pour les métallurgistes ouest-allemands. Ce n’est donc pas le coût du travail qui est en cause. Le problème est d’abord l’absence de politique industrielle structurée pour inverser la tendance. C’est aussi le sous-investissement. L’an dernier, les entreprises industrielles et de services (hors les banques et assurances) ont injecté 180?milliards d’euros en investissements. C’est inférieur à la somme des dividendes versés aux actionnaires, 210?milliards d’euros. Voilà le malaise.

Ce que vous proposez prend ?à contre-pied ce qui se fait ?en Europe. Est-ce crédible??

Bernard Thibault. L’Europe est dans une impasse politique majeure. Elle est dans l’incapacité de dessiner un avenir mobilisateur du point de vue social du fait des choix actuels. Le marché européen devait produire un espace de progrès social. Ce constat est révolu. Cela s’est accompagné d’une offensive sur les services publics au nom de la concurrence libre et non faussée érigée en dogme. Les syndicats en Europe ont d’ailleurs décidé d’une journée d’action le 30?novembre pour défendre les services publics. Il ne sera pas praticable de rester dans cette logique où le marché est l’unique fin et moyen de cette construction européenne. Si on est incapable de redonner une dimension sociale à l’Europe, seuls ceux qui prônent le repli nationaliste en maniant racisme et xénophobie se feront de plus en plus entendre. Les tensions seront immenses.

Que pensez-vous du climat dans le monde du travail?? Il semble pesant, il y a beaucoup de souffrances.

Bernard Thibault. Un climat très anxiogène est entretenu. On voudrait accréditer l’idée qu’il n’y a pas d’alternative à la précarité sociale, qu’il faut s’agenouiller devant des organismes qui n’ont rien de démocratique. Cela questionne sur les mécanismes du vivre ensemble, de la démocratie. On ne sait plus où sont les centres de décision. Cela pèse sur le climat, il ne faut pas s’en désoler mais travailler à des ?alternatives, et la CGT est parmi les acteurs qui défendent des alternatives. Les salariés ont tout à perdre à rester spectateurs. On ne leur a jamais rien accordé, c’est la logique du capitalisme. À chaque fois qu’il y a eu des progrès sociaux, en France et dans le monde, il a fallu les arracher par l’action syndicale.

 

Crise financière : il est temps d’imposer une autre logique

crise.JPGLes banques nous ont conduits dans le mur !

La spéculation affole le monde par sa rapacité. Les banques dictent maintenant leurs ordres aux États pour étouffer nos pays dans l’étau de la vie chère et du crédit. Les dirigeants des États et les politiques libéraux, de droite comme de gauche, refusent de s’attaquer aux origines de la crise, la spéculation financière, et se soumettent aux diktats des marchés financiers et de leurs agences de notation.

Pourtant, rappelle Pierre Laurent , secrétaire national du PCF, « de la Grèce à l’Égypte en passant par l’Espagne et Israël, le monde entier rejette l’austérité. Une vraie politique de gauche se doit d’inverser cette logique et de proposer une relance sociale. » Les solutions existent pour sortir de la crise à condition d’avoir le courage de dire et de faire en sorte de dessaisir les marchés financiers de leur pouvoir.

La dette : une affaire qui rapporte

Nous ne sommes pas face à une crise de la dette publique dont l’origine serait le trop plein de dépenses publiques. La crise est celle de la spéculation financière.

Deux exemples :

• Avant 1974, les États européens pouvaient emprunter directement aux banques centrales nationales à 0%. C’est maintenant interdit, ils sont contraints d’emprunter sur les marchés financiers aux banques privées. Depuis 1974, la France a payé en intérêts 1 200 milliards d’euros, à comparer avec les 1 641 milliards de dette publique actuelle !

• Les banques privées obtiennent de l’argent auprès de la Banque centrale européenne ( la BCE) à un taux de 1,5% pour re-prêter aux États entre 3 et 15%, comme à la Grèce pour ce qu’elles appellent un sauvetage !

La finance dicte sa loi

Nos gouvernants, issus d’élections, reçoivent maintenant des injonctions du secteur privé leur disant ce qu’ils doivent faire. Et plutôt que d’écouter leurs peuples, ils s’y plient quand ils ne les devancent pas.

Deux exemples :

• Après le plan du FMI pour la Grèce, c’est la Banque centrale européenne, indépendante des pouvoirs politiques comme l’a confirmé le Traité de Lisbonne, qui envoie une lettre au gouvernement italien. Elle l’incite à agir par décret pour « libéraliser l’économie italienne ; privatiser les entreprises locales qui gèrent les déchets, les transports, l’énergie ; assouplir le droit à licencier ; réduire le niveau de rémunération ; réduire le niveau de protection sociale… pour doper la compétitivité. »

• L’agence de notation Standard et Poor’s, qui a dégradé la note des États-Unis, décerne un brevet de bon élève à Sarkozy pour sa réforme des retraites « une mesure intelligente » et pour « ses choix de rigueur budgétaire bien conçus » et l’encourage à poursuivre dans cette voie pour garder son AAA. Aux ordres, Sarkozy demande aux parlementaires français d’inclure la règle d’or dans la constitution, c’est à dire graver dans le marbre constitutionnel les politiques d’hyper- austérité.

Privations et privatisations, ce sont les peuples qui paient la crise

Alors que ce sont les marchés financiers qui conduisent le monde au bord du gouffre, tout est fait pour maintenir leurs profits et nous faire payer l’addition à grands coups de privatisations et de réduction des dépenses sociales.

Deux exemples :

• Le FMI a imposé à la Grèce 50 milliards d’euros de privatisations. Le secteur privé, avec l’argent que continue de lui verser la Grèce pour sa dette, pourra lui acheter à des prix intéressants des ports, des aéroports, des universités, l’énergie…. Et ce seront encore les Grecs qui paieront plus pour se déplacer, étudier, se chauffer ou s’éclairer.

• En France, le nombre de personnes privées d’emploi continue d’augmenter de façon dramatique. A cette annonce, Christine Lagarde, nouvelle directrice du FMI et ancienne ministre de l’Économie et des Finances de Sarkozy, préconise « de renforcer la rigueur notamment salariale » et de poursuivre la politique d’exonération et de cadeaux aux entreprises qui pourtant délocalisent et licencient.

Quand on est de gauche, on ne transige pas

Dans sa lettre aux parlementaires, le président de la République plaide en matière de politique européenne pour une alliance « au-delà des intérêts partisans » à une union sacrée pour la maîtrise des déficits publics ».

Ces vibrants appels à l’union nationale relayés par des dirigeants du Parti socialiste permettraient, s’ils étaient entendus, d’obtenir la majorité nécessaire à l’adoption par le parlementaires de la « règle d’or ».
Pour le Parti communiste français, les choses sont claires : il est hors de question de prêter la main à l‘adoption de ce projet injuste, inefficace, contraire à l’intérêt général et à la souveraineté de notre pays. Nos parlementaires ne voteront pas ce projet que nous combattons avec détermination, avec toutes les forces du Front de Gauche et leur candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon.

Changer de logique et imposer d’autres choix, c’est possible

La France ne doit pas seulement se battre pour une solution juste et solidaire au défi de la dette en Europe. Elle doit agir pour émanciper l’Union européenne de la dépendance des marchés financiers en retrouvant à tous les niveaux, national et européen, la maîtrise publique de la finance et du crédit, en taxant les banques et les profits financiers, en changeant le rôle et les missions de la BCE, en relevant les salaires et en développant les services publics. La France pourrait agir pour remplacer le Fonds européen de stabilité financière, qui soutient les marchés, par un Fonds européen de soutien au développement social et solidaire des pays européens.

Et précisément, le Parti communiste propose :

• Un pôle public bancaire délivrant un crédit sélectif favorables aux investissements porteurs d’emplois, de salaires, de formations et de recherche

• Des droits nouveaux pour les salariés à l’entreprise à l’inverse des droits de décision que se sont octroyés les marchés.

C’est cela dont le PCF et le Front de Gauche seront porteurs tout au long de cette année électorale et ce week-end lors de la fête de l’Humanité.

Argumentaire PCF

 

Annonces gouvernementales : l’impasse de la rigueur !

Communiqué de la FSU

Face à la crise économique et financière, le gouvernement cherche à convaincre qu’il n’y a pas d’autres choix que ceux de la rigueur. A vouloir rassurer les marchés financiers et les agences de notation, il ne s’attaque pas aux causes structurelles de la crise.

En revenant modestement sur les niches fiscales, la défiscalisation des heures supplémentaires et en taxant de manière marginale et provisoire les hauts revenus, le gouvernement reconnaît l’échec de sa politique menée jusqu’ici.

Mais les mesures annoncées s’inscrivent toujours dans une politique d’austérité pénalisant essentiellement les salariés, mettant peu à contribution les hauts revenus (200 millions sur un plan de 11 milliards), ne remettant pas en cause la réforme de l’ISF (2 milliards de recettes fiscales en moins). Elles hypothèquent ainsi toute sortie réelle de la crise et s’inscrivent dans des orientations européennes qui fragilisent encore plus la situation des pays de l’UE.

Le gouvernement utilise l’argument de la dette publique dont la hausse résulte pour l’essentiel des cadeaux fiscaux aux plus riches et des exonérations de charges pour des entreprises et poursuit dans sa logique de baisse des dépenses publiques. Ceci entraînera encore une baisse de l’activité et des recettes fiscales, tout en aggravant les inégalités. A cet effet, la FSU estime que la « règle d’or » serait néfaste pour notre économie et dangereuse pour notre démocratie sociale.

La FSU avait demandé au gouvernement d’intervenir sur les causes réelles de la crise en agissant sur l’emploi - l’Etat employeur devant montrer l’exemple en renonçant au "un sur 2" dans la Fonction publique et en créant les emplois nécessaires-, le pouvoir d’achat, la fiscalité (avec un autre partage des richesses produites) et les investissements productifs pour l’avenir prenant en compte les impératifs écologiques.

Où est l’équité, l’effort partagé dans les annonces faites ? D’un côté des mesures ponctuelles et réduites de taxation des hauts revenus de surcroît à partir d’un seuil trop élevé, de l’autre, réforme des retraites, suppressions massives d’emplois publics, RGPP et stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés ! Plus des mesures présageant une mise à mal des dépenses de santé et des mutuelles qui entraîneraient une aggravation des difficultés d’accès au soin pour les plus modestes… La Fonction publique reste particulièrement impactée par les choix faits : 15 milliards d’économie avec la RGPP contre 200 millions d’euro par la contribution exceptionnelle des hauts revenus !

Pour la FSU, il faut cesser de considérer les services publics et la Fonction publique comme une charge. Ce sont bien des investissements productifs indispensables notamment l’éducation, la formation et la recherche.

En poursuivant dans cette impasse, le gouvernement ne change pas la donne et n’offre pas de perspective d’avenir aux générations futures.

La FSU invite les agents de la Fonction publique et les salariés à se saisir de ces débats et à s’engager massivement dans les actions et initiatives dès les prochaines semaines pour empêcher la mise en œuvre de ces mesures et imposer d’autres choix économiques et financiers garantissant davantage d’égalité, de justice sociale et de progrès pour tous. C’est en ce sens qu’elle participera à l’intersyndicale du 1er septembre prochain.

 

Les agences de punition

AAA_3.jpgElles ne sont que trois. Elles agissent dans l’ombre. Elles ont un pouvoir tentaculaire. Elles répondent aux noms de Moody’ s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings. On les appelle les agences de notation. Mais, à l’opposé du professeur Tournesol, elles ne distribuent pas les notes avec générosité, elles ne donnent que des punitions. La semaine dernière, les autorités européennes et quelques chancelleries se sont inquiétées à haute voix sur les agissements de ces venimeux serpents. Mieux vaut tard que jamais. Ces agences sont des structures privées opaques, créées par les systèmes bancaires et les fonds financiers pour noter les budgets des États et la situation des… banques, celles-là mêmes qui prêtent de l’agent aux États. Bonjour le conflit d’intérêts.

Ces structures que personne ne rencontre jamais font la pluie et le beau temps, en lien avec les intérêts supérieurs des seuls marchés financiers qui les rémunèrent. Lorsqu’elles abaissent comme on dit la note d’un État, celui-ci doit payer plus cher l’argent qu’il emprunte sur ces mêmes marchés financiers. C’est d’ailleurs pour conserver une bonne note que M. Sarkozy avait défendu et fait voter la contre-réforme des retraites, qu’il aggrave encore en augmentant comme il l’a fait la semaine dernière le nombre de trimestres de cotisation. Et ce n’est pas fini puisque le 10 juin dernier l’une de ces sorcières, Standard & Poor’s, a rendu publique une note dans laquelle on peut lire ceci : « si les autorités françaises ne poursuivent pas la réforme des retraites, ne continuent pas à modifier la sécurité sociale… il est incertain que nous maintenions la note AAA de la France ».
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Autrement dit, après les retraites, demain on passe à la sécurité sociale. C’est l’abaissement brutal de la note du Portugal qui a mis le feu aux poudres. Voilà un pays dans lequel le parti de M. Barroso, président de la Commission européenne, vient de gagner les élections, à qui, comme pour la Grèce et l’Irlande, le triumvirat totalitaire – composé de cette même Commission de Bruxelles ; du Fonds monétaire international ; de la Banque centrale européenne – est en train d’imposer une insupportable austérité et qui doit emprunter de l’argent aux banques privées à 12 % parce que sa note a été dégradée. Ce même argent que ces mêmes banques auront emprunté à 1% auprès de la BCE.

Ainsi les rapaces des institutions financières se gavent de l’existence et de l’aggravation de la dette, grâce aux charges financières qui constituent pour elles une rente facile que payent les travailleurs, les retraités, les jeunes, en réduction de salaires, de niveaux de retraite, en destruction de services publics et d’emplois. Les dirigeants européens peuvent bien protester. Ce sont eux, en osmose totale avec le grand capital international, qui ont donné carte blanche aux marchés financiers et à leurs fameuses agences. Dans une incroyable logique, celles-ci sont l’exact contraire des publicités pour les tombolas. A tous les coups l’on perd. Un État qui n’applique pas l’austérité et la destruction de ses systèmes sociaux est suspect, donc sa note est dégradée. Quelques mois plus tard, le même État, qui applique une purge sociale sans nom, se voit aussi dégrader sa note parce que l’agence considère que la récession dans laquelle il est plongé empêche toute croissance donc tout redressement. A cela va s’ajouter la dîme que prélèvent les secteurs financiers sur les États via les taux d’intérêt. Où va- t- on ainsi ? Vers une catastrophe sociale et économique inconnue jusque-là.

Voilà pourquoi il faut en finir avec ce système. Mettre fin à ces agences de notation privées et créer des instruments publics de mesure à partir d’autres critères, notamment ceux du développement humain ; du travail et de sa qualité ; des investissements sociaux et publics d’avenir ; de la transition écologique et économique des systèmes productifs et de consommation ; des progrès de l’éducation, de la santé, de la protection sociale, de la retraite. L’exigence doit grandir d’un audit public sur les dettes, avec la participation des syndicats, des élus, des citoyens, pour décider rapidement d’en annuler les parties illégitimes parce qu’elles résultent des taux d’intérêts exorbitants. L’expérience montre de plus en plus clairement que les cures d’austérité appliquées notamment à la Grèce, à l’Irlande, au Portugal et dans toute l’Europe, ne font qu’aggraver la crise. Une question essentielle doit désormais être posée, quelle que soit l’appartenance politique de ceux qui gouvernent : l’action publique doit-elle servir les financiers ou l’intérêt général ? Aujourd’hui, ceux qui sont au pouvoir dans tous les pays européens préfèrent le premier terme du choix, et ce indépendamment des étiquettes politiques qu’ils portent. Rien à voir donc avec une gestion démocratique des sociétés. Rien à voir avec les intérêts populaires. Dans ces conditions, à quoi servirait-il de changer de pouvoir si c’est pour le soumettre à la dictature de la haute finance ? N’est-ce pas là l’un des débats fondamentaux en vue des élections présidentielles et législatives ? Toute la question est de savoir si nos concitoyens réussiront à l’imposer en lieu et place du sordide feuilleton newyorkais qui occupe depuis des mois lucarnes et unes de magazines.

Les forces du Front de Gauche vont se mobiliser pour y contribuer, dans une démarche ouverte et unitaire. Elles ne sont pas isolées en France et en Europe quand elles préconisent d’avoir le courage de subvertir les traités européens ; de changer le statut et le rôle de la BCE pour restructurer les dettes ; d’en annuler tout ou partie ; de soustraire l’économie des griffes des voraces puissances financières en inventant un nouveau crédit public, combiné avec la création monétaire par la BCE pour innover en Europe, avec l’instauration d’un Fonds européen pour le développement humain social et écologique. Bref, c’est aux dogmes de la concurrence et du libre échangisme intégral qu’il convient de s’attaquer dans des processus qui leur substituent les valeurs de la solidarité entre individus et la coopération entre tous les peuples du monde. Tel est aujourd’hui le niveau de l’affrontement nécessaire pour changer. Les rapaces de la finance, armés de ces trois agences de la punition servis par les pouvoirs en apparence démocratiques, doivent reculer et être mis hors d’état de nuire. Ne nous trompons pas. Le fait que des autorités gouvernementales et européennes aient été contraintes de faire part de leurs critiques n’est pas le signe de leur force. Elles révèlent leur niveau d’inquiétude et peut-être même commencent-elles à redouter de ne plus maîtriser la situation. Une possibilité s’ouvre pour les peuples de s’unir et se rassembler afin de modifier le rapport de forces en faveur du progrès humain et écologique. Plusieurs manifestations syndicales européennes dans les prochaines semaines vont favoriser les confrontations d’idées indispensables pour ancrer majoritairement la gauche du côté gauche.

En tous cas, ces sujets seront au cœur de la prochaine Fête de l’Humanité. Une Fête contre la crise, contre les rapaces de la finance, et pour défricher les chemins d’une perspective politique totalement neuve. Avec celles de Tunisie, d’Egypte, de Grèce, d’Espagne, la grande place de La Courneuve permettra à des milliers d’indignés de se faire entendre.

Éditorial de L’Humanité Dimanche par Patrick Le Hyaric, directeur de L'Humanité
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Intelligence, par Maurice Ulrich

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Malgré la période des vacances, deux millions de personnes ont défilé dans la rue hier pour dire non à la réforme des retraites. Avec le soutien de deux français sur trois Du jamais vu en période de congé ! Voici l'analyse de Maurice Ulrich de l'Humanité.

Nicolas Sarkozy peut-il recevoir sa bonne note de la part des agences de notation?? En d’autres termes, les marchés financiers peuvent-ils aujourd’hui s’estimer satisfaits jugeant désormais gagnée la réforme des retraites qu’ils attendaient??
Car c’est bien cela qui se joue dans cette bataille sans précédent depuis des années, voire des décennies. Oh, bien sûr, on ne sera pas étonné de ce qu’on va lire et entendre ce matin dans nombre de médias. ?
De fait, la mobilisation hier était inférieure à ce qu’elle fut lors des manifestations précédentes. En divers endroits les grévistes ont repris. On peut spéculer sur leur lassitude mais, la réalité, ce sont aussi les factures à payer à la fin ?du mois.
Les grèves coûtent cher et d’abord à ceux qui ?les font. D’autres, comme les éboueurs à Marseille, ont aussi pris en compte les risques sanitaires et les sentiments de leurs concitoyens. Mais quand a-t-on vu, pendant ?les vacances et après un vote du Parlement censé en finir avec une loi, une mobilisation qui reste à ce niveau??
Est-ce fini?? Non, évidemment non. D’une ?part, parce que la prochaine journée d’action, ?le 6?novembre, peut susciter une nouvelle vague populaire.
Ensuite, parce que les Français, ?à 66?% toujours, continuent de soutenir ?les actions décidées par les syndicats.

C’est 5 points de moins que la semaine dernière, c’est vrai, mais c’est considérable, ?et particulièrement quand le thème de l’essoufflement est répété à l’envi depuis ?une semaine environ.
Chacun sait toujours qu’il s’agit d’une bataille majeure et particulièrement âpre, même dans les enthousiasmes et les côtés joyeux des manifs. Non seulement parce que la retraite est un enjeu de civilisation, mais parce que c’est un affrontement direct avec ?le capital.
À la question de savoir si la France prend ?la voie du progrès social ou celle de la régression, ?si le futur doit être plus sombre et plus dur, s’ajoute celle qui est posée depuis des mois maintenant et qui l’a été ?dès 2009, avec les puissantes manifestations qui ont ?eu lieu face à la crise. Est-ce le capital qui doit conduire les peuples??
La réponse des Français, qui rappelle à certains égards celle qu’ils ont opposée à l’Europe de la libre concurrence, c’est non, et la crise financière lui a donné plus de profondeur encore.
Le Fouquet’s, les épisodes Woerth-Bettencourt, les parachutes dorés et les retraites somptuaires, les bonus des traders ont choqué l’opinion, mais il y a plus. Les rois de Wall Street et du CAC 40 sont nus désormais.
Aucun d’entre eux ne peut prétendre aujourd’hui qu’il agit pour le bien public. Et ce qui se dit dans la rue et dans les manifs, dans les conversations, c’est que Nicolas Sarkozy est nu lui aussi et qu’il est leur ami et leur serviteur.
Les syndicats restent unis. La CFDT a dénoncé vivement l’instrumentalisation «?inacceptable?» ?de ses propositions sur l’emploi des jeunes et des seniors que le gouvernement présente comme le signe qu’elle serait prête à passer à autre chose. L’intersyndicale doit se retrouver le 4?novembre et ses différents membres évoquent de nouvelles formes d’action.
L’autocollant ?«?Je lutte des classes?» continue à faire un tabac dans ?les manifs, car il exprime l’engagement intime de chacun, avec son intelligence et son cœur, dans cette grande bataille de notre temps. Nicolas Sarkozy, comme ?les marchés financiers, n’a toujours pas gagné.
Chacun sait toujours qu’il s’agit d’une bataille majeure ?et particulièrement âpre, même dans les enthousiasmes et les côtés joyeux des manifs.

Maurice Ulrich

 

Débats au Parlement européen : synthèse des débats dans la semaine du 21 au 24 avril.

GUE/GNL Le Groupe GUE/NGL demande un contrôle public des marchés et des actions radicales pour les emplois et les travailleurs

"La stabilité des marchés financiers est un intérêt public et devrait être contrôlée publiquement," a déclaré Sahra Wagenknecht (GUE/NGL, Allemagne) lors d'un débat sur les mesures proposées visant à combattre la crise financière ce matin au Parlement européen. "Si l'on s'en remet aux marchés, nous nous retrouverons avec une spéculation poussée à ses limites et avec une communauté que l'on appelle à la rescousse pour payer les pertes. L'autorégulation a clairement échoué."

La députée Wagenknecht a poursuivi en disant qu'au lieu d'interdire la gestion des risques par les agences de notation, la Commission propose des règles plus claires, laissant la prise de décision aux acteurs financiers. "Mais les agences de notation ont sous-estimé les risques et ont déclenché cette crise en premier lieu," a-t-elle déclaré. "Ce que nous demandons c'est une agence de notation publique pour l'Europe qui puisse évaluer les risques, mais cela n'est même pas pris en considération."

Mme Wagenknecht a souligné que le "capital peut être renforcé par l'intervention de l'état et la nationalisation en partie pourrait être une première étape courageuse. En fin de compte, le secteur financier devrait être sous le contrôle public. Il est grand temps que nous tirions les conclusions de cette catastrophe."

"Selon le rapport mondial du FMI sur la stabilité financière, la crise financière coûtera 4 milliards de dollars et peut-être plus," a déclaré Mary-Lou McDonald (GUE/NGL, Irlande). "Cette crise a été provoquée par un capitalisme de casino, un capitalisme de copinage et une règlementation légère. Les répercussions pour les travailleurs et leurs familles à travers l'Europe ont été catastrophiques, et cela n'est pas pris en compte ".

Mme McDonald a dit qu'elle a été frappée lors de nos débats du "ton poli" qui était utilisé par parler de la crise, ignorant les vrais effets de ce scandale sur les vies des personnes. Les collègues "vocifèrent sur le sur-protectionnisme des marchés. Nous avons en effet besoin de protectionnisme - mais pour protéger les emplois et les travailleurs", a-t-elle souligné.

"Jusqu'à présent, la réponse de l'UE à cette crise a été minimale et lente. Cette institution reste liée à un système défaillant. Reconnaissons ce fait et soyons radicaux et courageux, " a conclu la députée McDonald.

"La crise financière actuelle met en lumière notre demande constante sur la nécessité de disposer d'une règlementation et non de déréglementation pour la création et la fusion de multinationales et d'autres entreprises, et sur la nécessité de changer la législation sur les monopoles," a déclaré Adamos Adamou (GUE/NGL, Chypre).

TÉLÉPHONIE MOBILE
Miloslav Ransdorf
République Tchèque

Le règlement sur l’itinérance (roaming) vient en réponse au manque de concurrence sur le marché des communications mobiles, qui mène aux prix excessifs pour les consommateurs voyageant dans différents États membres de l’UE. Les propositions du rapporteur Mme V?lean (ADLE) et les miennes, en tant que rapporteur au nom du GUE/NGL, visent à élargir le règlement pour l’itinérance ainsi que le champ d’application de l’itinérance aux SMS et aux services de données. La durée du règlement serait également portée à 2013. Je soutiens également fortement l’idée de mesures de transparence ainsi que de sauvegarde visant à protéger les consommateurs et à éviter des «chocs de facture». Des préoccupations spécifiques devraient également être d’assurer le libre accès à Internet et la protection des petites entreprises.

TRANSPORT PAR CAR ET BUS
Helmuth Markov
Allemagne

J’accueille favorablement l’introduction proposée d’une règle modifiée de 12 jours pour les conducteurs engagés dans les services occasionnels de transport international des voyageurs. Le projet d’amendement au règlement sur les temps de conduite et de pause (pour lequel j’étais rapporteur fictif) maintient la protection sociale des conducteurs. Il permet également aux compagnies de voyage par bus et aux conducteurs de prévoir leurs itinéraires d’une manière raisonnable et plus confortable pour les deux parties. Cette proposition est basée sur un accord des partenaires sociaux et j’espère que le Conseil acceptera ce compromis partagé par une grande majorité de citoyens et, on l’espère, de politiques.

DROITS DES PATIENTS
Kartika Liotard
Pays-Bas

Le Parlement européen débattra d’un rapport sur les droits des patients en matière de soins de santé transfrontaliers le 23 avril. La proposition vise à faciliter la circulation des patients au-delà des frontières pour bénéficier d’un traitement tout en réglementant le remboursement des coûts. Néanmoins, étant donné que ces dispositions sont déjà établies dans le règlement 1408/71 relatif à la sécurité sociale, la question qui se pose est pourquoi avons-nous besoin d’une nouvelle directive ? Est-ce parce que la Commission veut remettre les soins de santé sur le marché ? Cela ne peut aboutir qu’à la déréglementation des systèmes de soins de santé nationaux. Il serait préférable que la Commission fasse un effort pour créer l’égalité d’accès pour tous aux soins de santé et traite les soins de santé pour ce qu’ils sont vraiment, un service d’intérêt public.

BOIS ET PRODUITS DÉRIVÉS
Jens Holm
Suède

Des études nous montrent que le déboisement représente environ 20% des émissions globales de dioxyde de carbone et est un conducteur substantiel de perte de biodiversité. Il est donc crucial que nous mettions en place des actions urgentes pour arrêter cet acteur principal du changement climatique. Une partie de la réponse est l’introduction de besoins rigoureux de durabilité pour tous les bois et produits dérivés du bois originaires des forêts, y compris le respect des droits des populations forestières locales, et la promotion d’instruments tels que les systèmes d’éco-étiquetage et de certification forestière.

POLITIQUE COMMUNE DE LA PÊCHE
Pedro Guerreiro
Portugal

Le contrôle des activités de pêche, dans le cadre de la politique commune de la pêche, est de la responsabilité des États membres. Dans ce contexte, la communauté est en charge de soutenir l’installation et la modernisation de moyens propres de surveillance, de supervision et de contrôle des zones économiques exclusives, de et par les États membres. Il est donc nécessaire de faire en sorte que la présente proposition de règlement respecte et ne remette pas en cause la compétence et la responsabilité qui incombent aux États membres quant au contrôle de la mise en application des règles de la politique commune de la pêche.