
G. Catoire a finalement réussi, grâce au renfort des voix de la droite UMP et du MODEM, à faire voter son PLU Sarko-compatible ouvrant les vannes de la spéculation immobilière sur la ville .
Ce Plan local d'urbanisme aurait il été adopté si le vote avait été à bulletin secret ? Pas certain. A gauche, les élus communistes, les Verts, des divers gauche et 5 élus socialistes, dont deux maires adjoints, ont voté contre. Un autre maire adjoint socialiste s'est abstenu.
Le renfort des 8 voix de droite à donc été décisif.
Résultat : une gauche profondément divisée (17 pour et 15 contre et 1 abstention), un maire isolé jusque dans son bureau municipal...
Le bilan de G. Catoire est très mauvais et inquiète les clichois:
- anticommuniste viscéral, il retire leur délégation aux élus communistes et casse l'union de la gauche,
- il n'écoute pas les clichois, majoritairement opposés à ses options d'aménagement pour la ville, il s'apprête à mettre en œuvre un PLU ne pouvant réjouir que les promoteurs à même de rentabiliser les grandes tours,
- désertant le combat pour le dédoublement de notre ligne de métro, il abandonne les usagers de la ligne 13 à leur sort.
- il porte, par son inaction, une lourde responsabilité dans le scandale du chauffage urbain qui alourdit les charges de chauffage des locataires et des propriétaires
Et maintenant G. Catoire joue la carte de la compromission ouverte avec la droite UMP et MODEM, lesquels lui apportent l'appui qui lui manque à gauche.
Est-ce le prélude à une ouverture à droite , à une alliance avec le MODEM ou même avec l'UMP ?
Voici l'intervention de G. Schmaus, lors du dernier conseil municipal.
"Bien penser notre ville pour les 20 ans à venir, c’est naturellement long et difficile, car le préalable à tous les choix n’a qu’un nom : l’humain.
L’humain dans ses besoins, dans ses attentes, dans ses espoirs et dans ses futurs.
Or, le seul moyen de ne pas se tromper est de satisfaire à l’exigence démocratique.
Tous vos déboires, Monsieur le Maire, au sujet du plan local d’urbanisme viennent de cette « exigence démocratique » que vous avez oubliée, négligée et hélas même, méprisée.
Nous ne nous réjouissons pas, nous communistes, de votre échec, puisqu’un P.L.U. est indispensable à une bonne gestion d’une ville comme Clichy.
Mais pas un P.L.U. soumis aux puissances d’argent dont les appétits, jamais rassasiés, n’écrasent pas seulement les plus modestes, mais tous ceux qui souffrent du chômage, de la vie chère, du manque de logements aux loyers accessibles, de l’angoisse du lendemain, des multiples régressions sociales, dont le recul de l’âge de la retraite n’est pas le moindre….
Aussi, nous nous prononçons pour un nouveau plan local d’urbanisme rédigé avec et pour les clichois, fondé sur trois règles de gauche : la fidélité aux engagements, le courage de résister et de riposter, la franchise sur ce que l’on dit et ce que l’on fait."
Pour obtenir la recevabilité d’une seconde lecture, afin de remettre à flot le P.L.U., coulé le 25 mai dernier, vous avancez deux arguments :
1°« Si le P.L.U. est rejeté», prétendez-vous, « les subventions de l’A.N.R.U. », s’élevant, « à 180 millions d’euros vont sauter ».
Premier point : la population de Clichy a augmenté de 20% en 20 ans passant de 50 à 60 000 habitants, ce qui correspond, compte tenu des départs et des décès à une mutation de 15 000 habitants. Mais il y a toujours 4000 familles clichoises mal logées. Clichy est après Paris et Levallois-Perret, la 8ème ville la plus dense de l’Ile de France, qui compte 1.280 communes.
Les clichois ne paient-ils pas déjà, au prix fort, ce que vous appelez le « dynamique démographique » que vous voulez encore accroître ?
Au prix fort par leurs impôts et par l’endettement de la ville pour pourvoir aux équipements collectifs.
Et puis, n’y-a-t-il pas déjà trop de bouchons en surface et un métro trop chargé en sous-sol ?
2° Second point : la suppression des subventions invoquée dans le texte de seconde lecture est inexacte. D’abord parce que la convention avec l’A.N.R.U. court de 2008 à 2013. Les 2/5ème sont donc derrière nous.
De surcroît, dans » Le Parisien » du 8 juin, Catherine Alfarroba nous dit, je cite, « le nouveau P.L.U. ne pourra être voté avant dix huit ou vingt quatre mois. »
Or les articles 15 et 16 de la convention avec l’A.N.R.U. prévoient une remise en cause des subventions, que « si le retard de calendrier est supérieur à 2 ans ».
Evitez-donc, Monsieur le Maire, de faire peur aux clichois sur les conséquences financières d’un rejet du P.L.U. dû, soulignons-le, au mépris de l’opinion d’une large majorité de nos concitoyens, car, enfin, si vous aviez tenu compte, ne-serait-ce que du résultat du questionnaire « Tout Clichy pense à Clichy », nous n’en serions pas là.
Je reviens sur nos quatre griefs : la ligne 13, les terrains SNCF, les immeubles de grande hauteur, la surdensification de la ville.
1/ le métro
Refusant de s’enfermer dans le maquis réglementaire, le commissaire enquêteur sur le P.L.U. note qu’il ne comprend pas « pourquoi la question de la ligne 13 n’est pas retenue comme une priorité ». Il emploie le mot »dédoublement » page 70 de son rapport et ajoute, page 73, qu’il serait « judicieux de prioriser le dédoublement ».
Or, vous estimiez, le 1er février dernier, en dépit de l’avis des usagers, que le prolongement de la ligne 14 suffira à désaturer la ligne 13.
Vous reconnaissez aujourd’hui « qu’il faut prioriser le dédoublement de la ligne 13 ».
Bravo, mais passons aux actes, c'est-à-dire reprenons les démarches promises dans la pétition signée par 7000 clichoises et clichois pour le dédoublement de la ligne 13 dont l’équipe municipale se félicite dans le « Clichy mag » de janvier-février 2007.
2 / les emprises SNCF
Dans la première mouture du projet de P.L.U., celle de 2008, vous évoquez, page 151, les parcelles SNCF comme étant « mutables à plus long terme », compte-tenu de la politique financière du « réseau ferré de France », avalisant par avance, la privatisation de ces terrains.
Suite à nos protestations, vous avez, dans votre seconde mouture, tout simplement, effacé la référence à ces terrains publics. Depuis, vous semblez vous être rangé à notre avis de les réserver pour les transports publics des voyageurs et des marchandises. Tant mieux !
Gardons nous cependant de tout angélisme car les promoteurs privés sont aux aguets, puisque, pour eux, le bétonnage est une mine d’or…
3/ les immeubles de grande hauteur
Comment pouvez-vous faire de « l’écoute quotidienne des clichois », votre leitmotiv pour, aussi souvent, le bafouer par vos actes ?
N’est-ce pas vous qui vous êtes réjoui que 5 120 clichois aient répondu en 2009 au questionnaire déjà cité de « Tout Clichy pense à Clichy », pour reconnaître sous la signature de Jean-Claude Moingt, « au nom de l’équipe municipale » que les clichois ont exprimé leur volonté, je cite, « de ne pas construire des immeubles de grande hauteur ».
La grande hauteur qui commence à 50 mètres soit 15 étages environ est désapprouvée par 79 % des clichois.
Hier, en commission municipale, les représentants de la SEM 92 nous ont dit que les immeubles du bac d’Asnières devaient atteindre 90 mètres pour être rentables, financièrement parlant.
Etait-ce un débat sur les lois de l’argent-roi ou une réunion d’élus du peuple ?
Ignorer les lois du marché est une chose.
S’y soumettre en est une autre !
Nous n’acceptons pas quant à nous , nous n’accepterons jamais que Clichy devienne la proie des requins de l’immobilier.
J’ajoute et, c’est notre quatrième grief, que 93 % des clichois sont favorables à l’interdiction de toute densification des constructions en centre-ville. Ce qui laisse penser qu’ils ne veulent pas d’une ville de 70 000 habitants.
Pourquoi ignorez-vous cette volonté de bon sens ?
La qualité de vie dépend d’un équilibre entre habitat, emplois, équipements, espaces verts. D’un équilibre qui vaut équité entre les citoyens du centre et ceux de la périphérie de la commune.
Il faut donc remettre l’ouvrage « P.L.U. » sur le métier et retisser, avec les clichois, un projet pour eux, car la ville, c’est d’abord et avant tout, une collectivité humaine à écouter dans sa riche diversité.
Et nous, le conseil municipal, sommes ses mandataires, ses relais, ses porte-voix.
En ne les écoutant pas, en ne les respectant pas, vous portez atteinte au conseil municipal lui-même en tant qu’institution-clé de la république, la nôtre, celle que Jean Ferrat appelait « la belle, la rebelle, qui tient l’avenir serré dans ses mains fines ».
C’est bien en référence à ces idées-là qu’en toute conscience et en toute sérénité, nous confirmons nos votes précédents, tout en restant disponibles pour construire un nouveau plan local d’urbanisme, dont nous n’aurons pas à rougir, mais que nous aurons ensemble à bâtir.