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Lu pour vous: payer pour vieillir (avant de mourir)...Par Bernard GENSANE!

On l’a dit et répété : être maître des mots, c’est tenir le monde dans sa main. Comme de nombreux concepts qui nous pourrissent aujourd’hui la vie, celui de "dépendance", tel que Sarkozy et le classe dirigeante française l’affectionnent, vient de l’anglais. « A dependant » est une personne à charge. Cette acception date de la fin du XVIe siècle. On ne parle plus des vieux (années cinquante), des croulants (années soixante), des seniors (années quatre-vingt), mais des dépendants.

Attention : ce terme est un SCUD. Tiré par la grande bourgeoisie européenne dans une attaque concertée contre les peuples dans le cadre d’expériences locales à visées continentales. Naomi Klein nous a remarquablement expliqué dans La stratégie du choc ; le capitalisme du désastre (http://www.legrandsoir.info/Naomi-Klein-La-strategie-du-choc...) l’utilisation par la classe dominante de la sidération, de la technique du coup de massue pour tuer un papillon afin d’imposer dans l’angoisse des mesures au seul profit de l’actionnariat et de la finance internationale. Depuis des années, le Royaume-Uni sert de laboratoire en vue de la privatisation totale des universités, l’enseignement supérieur étant devenu une annexe du ministère du Commerce. La Grèce sert de laboratoire pour la privatisation brutale de l’État.

Les instances européennes ont chargé la France du dossier de la dépendance (http://www.legrandsoir.info/La-dependance-selon-Sarkozy-paye...). Il n’y avait aucune urgence à cela, ni démographique, ni même comptable (la seule urgence étant d’enrichir le frère et les amis de Notre Président : Malakoff-Médéric). Le rôle des relais idéologiques de notre kleiner Mann est de nous persuader de la légitimité et de l’urgence de transférer vers le privé tout ce qui relève de la protection sociale publique. Un exemple récent : Le Monde a publié un encart publicitaire pleine page de l’association d’extrême droite Sauvegarde Retraites (http://www.sauvegarde-retraites.org/). L’objectif principal de cette association est de tirer à boulets rouges et sans relâche sur les retraités « privilégiés » de la Fonction publique française, quand elle ne félicite pas Obama pour avoir suspendu l’alimentation des caisses de retraite de ses propres civil servants.

Comme l’expriment les indignados espagnols, on nous pisse dessus, puis on dit qu’il pleut. On privatise la Poste, on diminue de manière drastique le nombre de fonctionnaires de cette ancienne administration, et l’on “découvre” qu’il manque huit millions d’euros pour payer les retraites des postiers. Donc qu’il faut faire appel au privé. Autre exemple : jusqu’à tout récemment, la taxe sur les poids lourds était perçue par les douaniers. Sarkozy vient de décider, en réinventant les fermiers généraux, qu’elle serait perçue par une société privée. Il va donc supprimer des postes de douaniers, ce qui obérera leur caisse de retraite.

On bourre le crâne des Français avec l’antienne mensongère des caisses vides et de l’armée de centenaires voraces et increvables, tueuse du bien-être de nos enfants. Comme pour la RGPP et la "réforme" des services de santé, l’idéologie à l’œuvre est la fin de la solidarité, nécessaire à l’épanouissement des opérateurs privés. Souvenons-nous de la pitoyable prestation de Jean Rochefort pour Amaguiz (http://bernard-gensane.over-blog.com/article-jean-rochefort-...). Ce qu’impliquait cette pub, c’était bel et bien la fin d’une collectivité solidaire dans la souffrance. Je veux une assurance pour les cors aux pieds, rien de plus car, pour le reste, je pète la forme. Pensons également au slogan récent « Les oreilles n’ont pas de lunettes » : je paie pour ma myopie et mort aux sourds. C’est pourquoi l’on voit désormais de jeunes salariés (y compris des enseignants) refusant de payer pour les enfants qu’ils n’ont pas (encore).

L’idéologie dominante nous présente désormais le gain d’espérance de vie comme une catastrophe dont le seul remède serait la prise en charge uniquement par les intéressés et leurs familles et le désengagement de l’État.

Le rapport parlementaire Rosso-Debord s’est donc attaqué à la prise en charge de la perte d’autonomie. Ce texte préconise trois "réformes" d’importance :

  • l’exclusion du champ de l’Aide Personnalisée à l’Autonomie (APA) de 44% des bénéficiaires actuels, c’est-à-dire des personnes qui ne sont relativement autonomes qu’à l’intérieur de leur logement. L’APA provient du tristement célèbre Lundi de Pentecôte et de la contribution des départements.
  • le recours sur succession à partir de 100000 euros de patrimoine (un petit appartement), ce qui réduit l’APA à un simple prêt pour une grande majorité des bénéficiaires.
  • La souscription d’une assurance dépendance obligatoire à partir de 50 ans (ce qui est en contradiction avec la logique du discours de la "réforme" des retraites selon lequel, à 60 ans, on est encore un jeunot qui a de belles années de travail devant lui). N’en déplaise à Charlotte Rampling qui a prêté (vendu) son concours à une publicité pour Allianz, les assureurs privés exigent un délai de carence d’un an au minimum durant lequel ils n’interviennent pas quand l’assuré devient dépendant (et a peut-être la bonne idée de passer l’arme à gauche).

En refusant d’aider les moins atteintes des personnes âgées, la classe dirigeante sera responsable de l’aggravation de leur état de santé. Les économies seront donc à très court terme, mais pas la souffrance physique et mentale des intéressés. La classe dirigeante établit par ailleurs que la dépendance n’est qu’un problème lié à l’âge dont les personnes âgées doivent seules supporter le coût. Il faut garder à l’esprit que le handicap et la perte d’autonomie, comme la maladie peuvent frapper à n’importe quel âge. Leur prise en charge doit rester à la charge de la solidarité nationale dans le cadre de la Sécurité sociale. Il faut noter que la rente assurancielle privée actuellement prévue est de 1000 euros par mois maximum en cas de dépendance totale contre 1224 euros pour l’APA qui, de plus, offre une aide personnalisée, même en cas d’autonomie partielle.

La perte d’autonomie coûte 25,7 milliards d’euros, la Sécurité sociale maladie 15,6 milliards, les aides publiques sont de 10,1 milliards. Reste à la charge des malades environ 8,4 milliards d’euros. Au lieu d’être apportée par la solidarité nationale, la moitié des 10 milliards d’aides publiques vient des départements, donc des impôts locaux (qui ne sont pas justes), ce qui instaure l’inégalité entre départements riches ou pauvres.

Pour l’instant, le gouvernement a reculé sur la suppression de l’aide aux moins atteints et sur l’obligation d’une assurance privée. Il est resté sur ses positions quant au recours sur succession et à l’alignement de la CSG des retraités sur celle des actifs (au nom de l’équité, bien sûr). Plusieurs personnalités de droite ont proposé un deuxième lundi de Pentecôte (assuré, comme le premier, par les salariés uniquement). Pourquoi s’arrêter en si bon chemin : au temps de seigneurs, les serfs donnaient un jour sur dix à leur bon maître. Cela s’appelait la corvée, que les révolutionnaires ont abolie le 4 août 1789.

En 2009, les assurances privées chères à Rochefort et Rampling ont gagné 275,4 millions d’euros grâce à la dépendance. Un début prometteur. Ces compagnies sont actuellement à la tête d’un magot de 3 milliards d’euros qui ont échappé en toute légalité à la solidarité nationale.

Pour terminer, deux chiffres qui n’ont rien à voir, mais tout se tient : en 2009, les niches fiscales ont représenté 50 milliards d’euros, et l’évasion du même nom 75 milliards.

Bernard Gensane

Note réalisée à l’aide de travaux de la FSU et de la CGT

http://bernard-gensane.over-blog.com/

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http://www.legrandsoir.info/payer-pour-vieillir-avant-de-mourir.html
 

Débat d’Avant Garde dans le Tarn et Garonne in l'Avant Garde

Pour le débat de la Fête départementale de l’Humanité Tarn et Garonne, organisé par le MJCF 82 en partenariat avec le journal Avant-Garde le 11 Juin, plus de 100 personnes se sont déplacées au stade municipal de Corbarieu pour écouter et dialoguer avec les jeunes communistes catalans, italiens, allemands et français sur la cure d’austérité imposée par l’Union Européenne et les réponses avancées par chaque organisation. P1030612.jpg De Gauche a droite : Marc Navarro, Renaud Boissac, Julien Ferrat, Simone Oggionni, Fabien Gay

Dans un premier temps, chaque intervenant a dressé le constat des attaques des libéraux dans son pays.

Julien Ferrat* a beaucoup insisté sur les étudiants allemands qui subissent de plein fouet les logiques de Lisbonne et de Bologne, dans des conditions très précaires et avec une forte reproduction sociale. Il a de plus précisé qu’il était favorable à ce qu’au sein d’ENDYL (European Network of Democratic Young Left) émergent des réponses communes aux jeunes progressistes européens.

Simone Oggionni* a lui développé les nombreuses attaques contre les libertés et droits fondamentaux du Gouvernement de Berlusconi dont le discours fasciste et populiste vise à stigmatiser les minorités. Il a aussi parlé de la grande précarité que subit la jeunesse italienne, l’impossibilité de trouver un logement et les contrats de travail bidons qui empêchent les jeunes de se construire et de s’émanciper. Il a plaidé en outre pour un regroupement des organisations progressistes et communistes d’Europe, de la FMJD (Fédération mondiale de la jeunesse démocratique) et d’ENDYL, au sein d’une même organisation.

Marc Navarro* a majoritairement orienté son propos sur le mouvement « démocratie réelle » en Espagne, et plus précisément à Barcelone, ses causes comme le chômage massif et la grande précarité chez la jeunesse espagnole mais aussi le manque de perspective politique que leur offre les partis traditionnelles ! Il a donc expliqué qu’il était du rôle des militants communistes catalans de s’investir dans le mouvement, non pas pour le récupérer mais pour y donner un sens, un discours politique et amener tous les « indignés » à « mettre leur colère dans les urnes ».

Fabien Gay* enfin a tracté un large constat des préoccupations de la jeunesse française tel que la situation de l’éducation primaire, secondaire et universitaire avec l’augmentation des frais d’inscriptions, la marchandisation des savoirs et l’individualisation des parcours, la condition sociale désastreuse des jeunes travailleurs pour rebondir sur la campagne du MJCF pour l’emploi et la formation avec l’objectif d’éradiquer des contrats bidons et de la précarité.

Les intervenants ont ainsi constaté que les situations dans chacun de leur pays sont très similaires mais ils ne se sont pas arrêtés là. Après de nombreuses questions et interventions de l’assemblée, ils ont développé les propositions de leurs organisations et ont tous mis en avant l’idée qu’il fallait radicalement changer les contenus de cette Europe, dictée par les intérêts capitalistes qui ruinent les peuples.

Au final, c’est bien l’émergence d’une organisation et d’une grande bataille, pour mettre à bas le système capitaliste et sa crise aux conséquences désastreuses pour les peules, regroupant les jeunes communistes et tous les jeunes progressistes à travers l’Europe qui a redonné de l’espoir à la centaine de participants.

R.
Boissac

 

 

*Marc Navarro, Secrétaire Général des Joventut Comunista de Catalunya.

 

*Simone Oggionni, Secrétaire Général des Giovani Comunisti.

 

*Julien Ferrat, Responsable aux relations franco-allemandes de Linksjugend [‘Solid].

 

*Fabien Gay, Coordinateur National du MJCF.

 

Présidentielles: Le PCF pour une campagne ?collective

À huit jours de leur conférence nationale, les communistes réaffirment leur choix d’un «?accord global?» du Front de gauche pour des candidats communs aux élections de 2012.

La direction du PCF aura-t-elle une proposition d’«?accord global?» liant les partenaires du Front de gauche pour la présidentielle et les législatives à soumettre au débat des communistes les 3 et 4?juin??

C’est l’un des enjeux de la dernière ligne droite de la préparation de la conférence nationale du PCF, qui s’ouvre dans huit jours. Une quarantaine de départements ont déjà réuni leurs adhérents, la majorité – la soixantaine de départements restants – devant le faire dans les jours à venir. De la première moitié des procès-verbaux de discussion, il ressort «?une très grande adhésion à la stratégie du Front de gauche?», assortie d’une «?grande exigence sur les conditions de l’accord politique à réaliser?» pour réussir la campagne, indique Pierre Laurent. Exigence sur le contenu du programme partagé, où «?la question de l’affrontement avec les marchés financiers doit être première?», de même que celles d’une autre répartition des richesses, ou encore celle d’une autre Europe. «?Nous sommes d’accord avec le Parti de gauche sur la proposition d’un salaire maximum, mais il faut aller plus loin?: il faut mettre en avant la question des salaires en général, celle du secteur bancaire avec des nationalisations, celles de la réforme fiscale, des nouveaux droits pour les travailleurs?», énumère, entre autres axes forts, le secrétaire national du PCF. La conférence nationale s’ouvrira d’ailleurs par un rassemblement contre la vie chère, vendredi 3 juin, à Paris, devant le ministère des Finances, dans le cadre de la campagne des communistes sur ce thème. Exigence également sur le dispositif collectif de campagne à mettre en place, pour faire pièce à toute tentative de personnalisation qui serait «?vouée à l’échec?» dans le cadre de la féroce compétition médiatique à l’œuvre, estime Pierre Laurent.

«L’intérêt mutuel de tout le Front de gauche»

Reste, enfin, la question cruciale des législatives, non réglée à ce jour. «?Les discussions avancent lentement?», concède Pierre Laurent, qui espère toutefois parvenir à un accord avant la conférence nationale. Le principe de la reconduction des sortants ne pose pas de problème, ni celui d’une répartition globale où les communistes seraient titulaires dans une très forte majorité des circonscriptions. Mais c’est dans le détail des implantations locales et des situations prises isolément que les difficultés surgissent. Pour le secrétaire national du PCF, parvenir à un accord est dans «?l’intérêt mutuel de tout le Front de gauche?», insiste-t-il. Le dirigeant communiste compte réaffirmer devant la conférence nationale son avis personnel en faveur d’un accord global incluant la désignation de Jean-Luc Mélenchon comme candidat à la présidentielle. Mais «?il n’y aura pas d’accord en pièces détachées?», prévient le dirigeant communiste, qui précise : « Il est inenvisageable que la conférence nationale exprime un choix de candidat à la présidentielle et renvoie à plus tard l’accord sur les législatives.?» Si les discussions n’avaient pas abouti d’ici là, la conférence donnera un «?mandat?» précis à la direction nationale sur le contenu de l’accord à finaliser, qui conditionnera la possibilité de déboucher sur un accord global. Avec l’objectif de clore au plus vite ces discussions pour entrer dans la campagne.

Conférence, mode d’emploi

La conférence nationale du PCF, convoquée les 3 et 4?juin à Montreuil (Seine-Saint-Denis), aura pour mandat d’élaborer une «?résolution?» contenant une proposition de nom de candidat à la présidentielle et les contours d’un accord global électoral avec?les partenaires du Front de gauche. Un bulletin de vote en vue de la consultation des adhérents des 16, 17 et 18?juin sera adopté par la conférence comportant une ou plusieurs propositions de candidat. Quatre candidats sont en lice?: Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) et André Chassaigne (PCF) pour représenter le Front de gauche, et deux autres communistes?: André Gerin et Enmmanuel Dang-Tran pour porter les couleurs du seul PCF.

Sébastien Crépel

 

Précarité : un quart des étudiants touché

Selon une enquête de la Mutuelle des étudiants, les conditions de vie des étudiants se dégradent, un quart d'entre eux déclarant rencontrer des difficultés pour "joindre les deux bouts" pour leurs dépenses courantes et pour se soigner.

La précarité sociale des étudiants est aujourd'hui un véritable fait de société et la période des études n'est plus "une sorte de sas d'insouciance dorée entre l'adolescence et l'entrée dans la vie active", souligne Gabriel Szeftel, président de La Mutuelle des étudiants. Les étudiants sont 26% à déclarer avoir "rencontré de réelles difficultés pour faire face aux dépenses courantes": alimentation, loyer ou encore factures d'électricité. Ils dépendent dès lors beaucoup de leur famille puisque pour 73% des étudiants, celle-ci "constitue la principale source de revenus loin devant les aides sociales" dont bénéficient "seulement 38% des étudiants" (bourses sur critères sociaux, aide au logement, allocations familiales)". Le salariat étudiant "ne permet pas d'éviter la précarité" car près de la moitié des étudiants vit avec moins de 400 euros par mois.

En matière de santé, l'enquête témoigne d'un "accès aux soins des étudiants en recul et d'un niveau de protection sociale insuffisant": un étudiant sur cinq renonce à se soigner et de nombreux étudiants ne bénéficient pas d'un niveau de protection sociale suffisant. Seuls 32% des étudiants déclarent avoir bénéficié d'une visite médicale obligatoire, en recul puisqu'en 2008, ils étaient 59%. "Cet affaiblissement du suivi sanitaire à l'université se retrouve aussi dans l'enseignement secondaire".

Par ailleurs, près d'un tiers des étudiants montre des "signes de mal-être". Près de quatre étudiants sur 10 (38%) "ont ressenti un sentiment constant de tristesse ou de déprime dans les 12 derniers mois: perte d'intérêt pour tout, sentiment de tristesse durant toute la journée...

Enfin, près des trois quarts des étudiants ont "le sentiment d'être une génération sacrifiée". "Plus que leur propre regard sur la société, c'est bien le regard de la société sur les jeunes qui leur apparaît défavorable".

Cette troisième enquête nationale de la LMDE devait être présentée lors de son congrès qui se tient jusqu'à vendredi à Tours.

L'enquête conduite par l'Ifop a été menée auprès de 8.500 étudiants.

A lire :

--> Entretien avec Emmanuel Zemmour, président de l’Unef : « Les jeunes payent les politiques d’exclusion »

--> Ecole normale supérieure : C’est pas très Normale, ces CDD à répétition?!

 

A vos kiosques: L'Huma ce vendredi, un n° spécial contre le racisme + Appel RESF 82

Les membres du collectif antiraciste « D'ailleurs, nous sommes d'ici » sont les rédacteurs du numéro spécial de l'Humanité du vendredi 27 mai, à 24 heures de la grande manifestation du samedi 28 mai, contre le racisme, la politique migratoire du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers.

A 10 heures, ils étaient tous là pour la conférence de rédaction. Des membres de Solidaires, du collectif de sans papier de Vitry, des Amoureux au Ban Public… Une réunion chargée, propositions d’articles et de réactions furent malheureusement trop nombreuses pour les 32 pages de l’Huma du vendredi. Sans papiers, RSA, mariages gris, Guéant, éducation sans frontières… De nombreux thèmes seront abordés.

Olivier le Cour Grandmaison est enseignant chercheur en sciences politiques, est l’un des initiateur de l’appel contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des sans-papiers. Appel qui a donné naissance au collectif « D'ailleurs, nous sommes d'ici » rassemblant de nombreuses organisations associatives et syndicales. Tous appellent à manifester ce samedi 28 mai. A Paris, le départ est prévu à 14h à Barbès-Rochechouart. Voir la carte des autres mouvements en France.

Fannette Bonnaric et Pauline Raï font parti de l’association Amoureux au Ban Public, spécialisée dans la défense des couples franco-étrangers. Elles préparent un article sur les mariages blancs et gris.

Le collectif  « D'ailleurs, nous sommes d'ici » est également venu avec ses graphistes…

Rendez-vous dans l’Humanité de vendredi !




FÊTE DES VOISINS D’ICI ET D’AILLEURS


Ce vendredi 27 mai, participez au pique-nique dela fête des voisins d’ici et d’ailleurs


devant la Préfecture de Montauban, à partir de 18H30,

pour montrer clairement que nous sommes opposés à la politique nationale et locale menées envers les étrangers, les sans- papiers, demandeurs d'asile (cf ci-joint).

Quelques tables et chaises seront amenés. Prévoyez votre panier pour vous et pour partager repas et boisson avec nos voisins demandeurs d'asile. Amenez vos chaises....

On compte sur vous pour venir nombreux.

Amenez vendredi les pétitions que vous avez pu faire signer, il sera également  possible de signer sur place.

SUITE DE LA MOBILISATION:

Samedi 28 mai Manifestation à Toulouse 10H, place Jeanne d'Arc (cf ci-joint). Un covoiturage est prévu à 9H parking d'Eurythmie.

Mercredi 1er juin à 19h30, intervention sur le site du festival Alors Chante. Cette intervention est en cours de définition et sera mise en place en fonction du nombre de personnes sûres d'être présentes. Indiquer vendredi soir si vous êtes disponibles.

RESF 82



 

Retour en image sur la marche de la dignité!

Prés d'un millier de personnes ont défilé ensemble pour dire non à la violence et pour rendre hommage au jeune Mohamed le samedi 21 mai dans les rues de Moissac

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En voici quelques photos!

La foule se rassemble

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L'oncle de Mohamed remercie le représentant du PCF/Front de Gauche qui avait aussi appelé au rassemblement de tous les moissagais...

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L'émotion palpable.

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Une foule attentive, solidaire....


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Pour ne pas oublier!


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Lu pour Vous: Haro sur le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon (Une Chronique d'Evariste)

La campagne des présidentielles pour le Front de Gauche va être dure, entendons qu’on ne lui fera aucun cadeau et que tous les coups seront permis. Cela a déjà commencé et l’explication en est simple: l’oligarchie va avoir de plus en plus peur. 


Comment pourrait-il en être autrement si tous les repus d’une société sans pitié pour le plus grand nombre perdent, avec les révolutions arabes, les manifestations en Espagne sans précédent dans leurs revendications, les grèves générales reconduites régulièrement en Grèce… leurs certitudes que leur société, celle qui les gave, peut du jour au lendemain être remise en cause. Quel rapport avec le Front de Gauche ?

Examinons ce qui se passe depuis la mise hors jeu de Strauss-Kahn.

Jeudi 19 mai, Elkabbach transforme sur Europe 1 ce qui devait être une interview de Jean-Luc Mélenchon, même pas en débat, mais en tribune de sa propre personne, mêlant l’arrogance et l’insulte : « vous dites des bêtises ». Il faut le comprendre ses amis, la droite et les sociaux libéraux viennent de perdre leur candidat, celui qui devait, sondages faisant règle de loi, écraser tous ses adversaires. Mais il ose dire c’est vous Mélenchon qui devez être ennuyé. En gros : “DSK était votre bête noire, comment allez vous faire maintenant ?” Argument d’une mauvaise foi insigne repris encore ce vendredi dans le Parisien. Mauvaise foi insigne car jamais le Front de Gauche n’a réduit son combat pour le socialisme à DSK mais bien à tous ceux qui soutiennent la politique du FMI et de l’Union européenne au service de la finance internationale. Ce sont les journalistes à leur solde comme Elkabbach qui n’ont cessé de poser en particulier à Jean-Luc Mélenchon la question récitée par cœur pour justifier le vote utile : “mais que ferez vous au deuxième tour, assurés que nous sommes que DSK arrivera en tête ?” La réponse évidente ,toujours la même puisque c’était toujours la même question: “même si je le voulais comment les salariés, les gens de gauche iraient voter pour celui qui est à la tête de la machine à broyer les peuples qu’est le FMI ?”

La belle opération DSK, un personnage à la stature internationale, certes archi-millionnaire mais ayant sa carte du parti socialiste en poche, participant — rentrez bien cela dans votre tête — au « sauvetage » de l’Irlande, de la Grèce… et rempart contre le front national qu’on gonfle à longueur de colonnes et d’images télé, tombe à l’eau. Alors bas les masques. De Sarkozy à Merkel, la même affirmation pour se rassurer : on a plein de remplaçants potentiels, en Europe et en France, pour le premier, et on apprend que Christine Lagarde ancien pivot du plus grand cabinet d’affaires américain, sous la menace d’être plombée par l’affaire Tapie1 remplacerait à merveille DSK. Mais n’est ce pas pour reprendre une terminologie à la mode chez ces politiciens, le même job. Alors le job de DSK c’était bien celui que dénonce le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon. Oui, l’oligarchie perd son meilleur cheval et en plus elle est obligée d’avouer plus qu’implicitement le rôle véritable du FMI.

Hollande comme plan B ?

Bien sur elle a un plan B, puisqu’elle ne peut plus faire confiance à Sarkozy. Depuis quelques mois, on a trouvé un profil différent de celui de DSK pour une même politique. On le jugeait incapable quand il dirigeait le parti socialiste, il devient non seulement sympathique, proche des réalités mais présidentiable, sondage, là aussi, à l’appui. Le problème c’est que le parti socialiste avec l’affaire DSK en a pris un coup dans l’aile, surtout avec des primaires aux résultats et aux effets imprévisibles. Mais on ne manque pas de savoir faire. A travers DSK c’est le parti socialiste qui serait visé, DSK serait victime d’un complot qui viendrait de l’Elysée. Nouveau recours au sondage : 57% des français le pense. Bien entendu qu’on ne sache rien de ce qui s’est passé dans ce Sofitel de New York, en tout cas moins que le procureur qui met le directeur du FMI en examen pour tentative de viol, ne gêne pas ses amis qui se voyaient déjà ministres, et qui vont être obligés de se choisir un autre ami. Certes, le transfuge vers Hollande ne sera pas un problème, cherchez la feuille de cigarette qui sépare leur politique. Mais les places vont être chères et certains coups ont fait mal.

Et l’Espagne se réveilla…

Décidément depuis quelque temps l’oligarchie a du souci à se faire. En Espagne on ne veut plus d’elle, de ses représentants, de ses institutions. Dans cinquante grandes villes la jeunesse occupe les places, un mot d’ordre revient : on ne veut plus de ces deux partis dominants, l’Alliance populaire à droite et le PSOE à gauche. Et la gauche de la gauche fait son chemin. Le Figaro lui même est obligé de faire le rapprochement avec l’Argentine ruinée par Le FMI2 et qui en 2001 a eu un sursaut du même type. L’expression qui spontanément fut reprise par tout un peuple mais que le journaliste de Figaro ignore volontairement était “que se vayan todos”, “qu’ils s’en aillent tous “. Le peuple espagnol cherche sa voie à la gauche de la gauche avec le même mot d’ordre.

En France, c’est Mélenchon qui reprend à son compte ce slogan : et vous voudriez que les médias ménagent Jean-Luc Mélenchon et le Front de Gauche ?

  1. La bagatelle de près de trois cents millions payés par les contribuables français grâce son étrange petit coup de pouce (voir le dossier Médiapart entre autres) [?]
  2. le Strauss Kahn de l’époque était le sieur Camdessus [?]

Par Évariste
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Les vieilles recettes du FN pour relooker le capitalisme (Lu pour vous dans l'Humanité)

Par Nasser Mansouri-Guilani, responsable à la CGT des questions économiques.

Alors que le FN dévoile des éléments de politique économique, l’économiste Nasser Mansouri-Guilani montre en quoi le parti de Marine Le Pen surfe sur les peurs et prône des solutions qui remettent en question le modèle social français.

L’écart grandissant entre les promesses électorales de Nicolas Sarkozy et le bilan de son gouvernement, la dégradation de la situation du monde du travail, l’accumulation des difficultés pour la majorité des salariés, des privés d’emploi et des retraités, surtout après la crise économique et financière de 2008-2009, sont propices au développement des idées de l’extrême droite. Les propos scandaleux de Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, concernant les bénéficiaires du RSA, dans la foulée de ceux de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, concernant, notamment, la présence des immigrés sur le territoire français, attestent de cette dérive dans le discours de l’extrême droite. Le Front national profite de ce contexte.

Tout en poursuivant la stratégie de son père, Marine Le Pen veut donner une image plus présentable de ce parti. Le FN cherche surtout à surfer sur les amertumes, les déceptions et les souffrances de nos concitoyens, particulièrement parmi les couches les plus défavorisées de la population. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que l’extrême droite procède ainsi. Et ce n’est pas la première fois non plus qu’une partie des couches sociales les plus défavorisées est séduite par des idées de l’extrême droite. À chaque fois, cette séduction a conduit au recul de la démocratie et à la régression sociale. La gestion des municipalités
par l’extrême droite en est la preuve la plus convaincante. Il est absolument nécessaire de dévoiler cette tentative de séduction du FN. L’enjeu est énorme pour les travailleurs et pour la démocratie.

  • Le FN, un parti traditionaliste?et ségrégationniste

Sur le fond, le FN demeure un parti conservateur, traditionaliste et ségrégationniste. Dans les médias, on fait beaucoup de bruits sur le «?changement d’orientation?» du FN après l’élection de Marine Le Pen à sa présidence. Mais on oublie très souvent de souligner que les fondements du programme du FN demeurent inchangés (1). ,En effet, le FN continue de penser que la «?cohésion de la nation?» repose sur quatre piliers?: la famille, l’école, l’armée et la religion. Le changement de présidence du FN n’a donc rien changé en la matière.

Par ailleurs, prétextant du «?caractère sacré de la vie?», le FN programme des reculs sociétaux importants et préconise, notamment, un référendum sur l’avortement. Rien, non plus, ne change en ce qui concerne l’approche ségrégationniste du parti d’extrême droite. Comme par le passé, le FN stigmatise les travailleurs immigrés et leur demande des efforts supplémentaires. Ainsi, le parti d’extrême droite revendique une majoration de 35?% des cotisations maladie et chômage des travailleurs immigrés. Comme par le passé, le FN mise sur les peurs?: peur des salariés?de perdre leur emploi, peur de se trouver et de rester en permanence dans la précarité ou dans le chômage, peur de l’étranger… Marine Le Pen reprend la stratégie initiée par ses prédécesseurs.

  • Des mots au gré?des circonstances

Marine Le Pen a fait beaucoup de bruits autour de son programme économique. En réalité, elle n’a pas fourni de programme digne de ce nom. Elle a simplement présenté quelques éléments au cours d’une «?conférence de presse?». Les éléments dévoilés montrent bien que Marine Le Pen poursuit totalement la démarche démagogique de son père, tant sur la forme que sur le contenu. L’agressivité verbale vis-à-vis des adversaires s’accompagne de promesses gratuites et d’une reprise plus prononcée des mots d’ordre des forces progressistes.

Comme son père, Marine Le Pen accuse indifféremment la gauche et la droite. En même temps, elle n’hésite pas à donner une «?tonalité sociale?» plus forte à ses propos, à reprendre des mots d’ordre développés et défendus par des organisations syndicales et des partis politiques de gauche, tout en s’opposant à eux. Par exemple, elle parle de la «?nationalisation de certaines banques?» sans poser aucunement la question fondamentale de la finalité des banques et celle des droits des salariés. Cela montre que le FN demeure le parti de la démagogie. Comme par le passé, ses pratiques font fi de toute honnêteté intellectuelle. Le changement de sa présidence ne modifie pas cette réalité.

Dans le discours du FN, les mots changent en fonction des circonstances, du climat politique et social, de l’audience, mais les idées demeurent inchangées. ,La reprise opportuniste des mots d’ordre des forces progressistes témoigne du fait que, dans la foulée de son père, Marine Le Pen veut profiter de la grande déception provoquée par les politiques désastreuses du gouvernement.

L’insistance sur les «?valeurs traditionnelles?» (famille, école, armée, religion, stigmatisation des immigrés, notamment d’origines africaine et asiatique…) et la reprise des mots d’ordre des forces progressistes donnent un caractère totalement incohérent et contradictoire au discours du FN.

Cela rend difficile, surtout pour le citoyen peu familier avec les mécanismes profonds du fonctionnement de l’économie, de se rendre compte des contradictions entre le discours du FN et son «?projet de société?».

  • La crise sociale?:?le terreau?de l’extrême droite

La reprise des idées et des mots d’ordre progressistes par l’extrême droite n’est pas un phénomène nouveau. Notre civilisation est en crise. Un aspect majeur de cette crise est bien l’accroissement des inégalités sociales et le développement de la précarité et de la pauvreté, y compris au sein du salariat (2). Aux yeux d’une partie de la population, particulièrement des plus défavorisés parmi lesquels un nombre croissant de travailleurs (salariés, privés d’emploi, retraités), les fortes mutations en cours provoquent un déracinement social, un désarroi devant un monde qui change trop vite, pour ainsi dire. ,Ce désarroi conduit dans certains cas à un rejet des valeurs démocratiques, à un déni de solidarités, à un repli sur soi, etc.

Ce contexte est très favorable au développement des idées de l’extrême droite, voire aux idées fascisantes. Il permet à l’extrême droite de récupérer des mots d’ordre développés par les forces progressistes. ,L’objectif de l’extrême droite est de gagner les voix des déçus, des «?laissés-pour-compte?», non pour résoudre leurs problèmes, mais pour abuser de leur confiance afin de renforcer le système d’exploitation capitaliste.

  • Le « nouveau discours social » du FN?n’est pas si nouveau

Contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias, Marine Le Pen n’innove pas dans le domaine du discours social. En la matière, le changement de vocabulaire du FN a débuté dans les années 1990. Marine Le Pen lui donne un accent plus prononcé. Depuis pratiquement deux décennies, l’accent du FN est devenu de plus en plus «?socialisant?» au fur et à mesure que se développaient la précarité, les inégalités et l’insécurité sociale (3). Par-delà le vocabulaire, le FN ne veut pas d’une France plus solidaire?; il veut une France où les capitaux français auraient davantage de liberté pour exploiter les travailleurs français.

Jean-Richard Sulze, un théoricien de la doctrine économique du FN, par ailleurs conseiller régional du parti d’extrême droite dans le Nord-Pas-de-Calais, résume bien la philosophie du «?projet de société?» de ce parti. Ce «?projet?» demeure fondamentalement ancré dans le capitalisme national?: «?Liberté du commerce et de l’industrie à l’intérieur du pays, garantie par un État gendarme, qui lui-même sera plus protecteur vis-à-vis de l’extérieur.?» (4)

  • Un « État gendarme » pour mieux défendre?les intérêts des détenteurs de capitaux

La référence à l’«?État gendarme?» n’est pas fortuite. Il ne faut pas voir dans cette référence une quelconque rupture avec les traditions capitalistes. Contrairement aux idées reçues et largement propagées par les libéraux, le système capitaliste n’a jamais fonctionné sans État. L’intervention de l’État a toujours été indispensable pour le maintien et le développement du système capitaliste et de l’exploitation des travailleurs. Bien sûr, le contenu de l’intervention de l’État est conditionné par les luttes sociales et politiques. Ainsi, les luttes sociales en France ont donné lieu aux avancées sociales en faveur des travailleurs. Et c’est bien ces avancées-là qui sont aujourd’hui visées, tant par la droite que par le FN. En effet, le FN ne cache pas son hostilité à l’égard des forces de progrès, des forces sociales qui luttent pour défendre les intérêts des travailleurs et développer les droits sociaux. Cela explique, entre autres, l’opposition du FN au puissant mouvement social contre la réforme des retraites. Cela explique aussi et surtout son hostilité vis-à-vis de la CGT.

  • Des propositions dangereuses?pour les travailleurs

Le FN attribue, en dernière analyse, les difficultés de la France à deux facteurs principaux?: l’euro et les «?étrangers?» (soit les immigrés, soit les pays étrangers). En termes d’outil de politique économique, cette vision conduit le FN à proposer trois mesures principales?: sortie de l’euro, protectionnisme accru, préférence nationale. En attribuant les difficultés de la France à ces facteurs, le FN vise en fait à camoufler la vraie cause de nos difficultés, à savoir la stratégie de dévalorisation du travail au profit des détenteurs de capitaux.

Menée par les entreprises et soutenue par l’État, cette stratégie a surtout abouti à un développement sans précédent de la précarité et des bas salaires, à un accroissement des inégalités sociales. Elle a aussi conduit à un affaiblissement du potentiel productif du pays et au recul de la France sur la scène internationale (5).Les idées avancées par le FN ne permettent pas de remédier à ces difficultés. Au contraire, elles risquent de les aggraver.

Voyons pourquoi.

  • Sortir de l’euro,?pour mieux exploiter?les travailleurs français

La sortie de l’euro est présentée comme la pièce maîtresse des propositions économiques du FN?: l’euro sera remplacé par le franc?; un «?nouveau franc?» à parité avec l’euro serait rétabli (autrement dit, ce nouveau franc vaudrait 1?euro)?; ce franc serait ensuite dévalué de 20?% à 25?%. L’argument avancé pour défendre ces idées est la suivante?: «?Donner des marges de manœuvre au pays.?» Pour ne pas heurter les salariés qui sont constamment mis sous pression par le patronat avec l’argument de «?compétitivité?», le FN se garde bien d’utiliser cette expression. Mais en réalité, sa proposition correspond bien à la stratégie patronale de gains de compétitivité sur le dos des travailleurs.

La proposition du FN consiste bien à opérer une «?dévaluation compétitive?» avec comme seul objectif d’améliorer la «?compétitivité-prix?» des produits français. Le FN reprend donc à son compte, sans le dire explicitement, la vieille recette de dévaluation de la monnaie nationale au détriment des travailleurs.

Cette proposition provoque au moins trois effets pervers?:

1. La dévaluation signifie une dévalorisation de la valeur de la force de travail des salariés français.

Cette politique a été déjà expérimentée en France. Elle n’a jamais profité aux travailleurs. Son but principal a toujours consisté à permettre aux capitaux de préserver leurs intérêts au détriment des travailleurs.

Les dévaluations successives des années antérieures à l’introduction de l’euro n’ont pas empêché, par exemple, la hausse du chômage ni la fermeture des sites industriels.

2. La dévaluation conduit automatiquement à une hausse des prix, obérant surtout le pouvoir d’achat des salariés, des privés d’emploi et des retraités. Une dévaluation de 20?% à 25?% signifie une baisse d’au moins autant du pouvoir d’achat.

3. Enfin, la dévaluation alourdira le poids de la dette publique dont deux tiers sont détenus par les «?non-résidents?», c’est-à-dire par des sociétés et des individus installés juridiquement à l’étranger?; elle alourdira également les charges d’intérêt de la dette. Les seuls bénéficiaires seront les?détenteurs de capitaux financiers.

  • Un protectionnisme accru

Pour soi-disant mieux protéger l’intérêt national, le FN préconise, notamment, l’établissement de contingents d’importations et le rétablissement?de droits de douane. Ici aussi le FN fait fi des effets pervers d’une telle mesure?: représailles des autres pays, hausse des prix… Les exportations de la France comptent pour environ un quart de la production nationale. Inversement, un quart de ce qu’on consomme en France provient de l’étranger, soit pour la consommation directe des ménages, soit sous formes de matières premières et de produits intermédiaires utilisés par les entreprises. Il est fort possible que l’instauration des quotas d’importation conduise les autres pays à riposter.

En effet, on ne peut pas demander aux autres pays de continuer d’acheter des produits français et en même temps attendre d’eux de vendre moins de produits en France. Autrement dit, les prétendus et hypothétiques gains d’activité dus à l’instauration de quotas d’importations pourraient être annulés par les pertes potentielles d’activité liées à la baisse des exportations, qui pourrait résulter des mesures de représailles des autres pays.

De plus, l’instauration des droits de douane conduit généralement à la hausse des prix, ce qui obère le pouvoir d’achat des travailleurs.

  • Une préférence nationale?pour dédouaner?la stratégie patronale

C’est peut-être là le sommet du?cynisme et de la démagogie du FN. Selon le FN, la politique d’immigration française coûterait 40?milliards d’euros par an. Il suffirait, selon lui, de renvoyer les étrangers chez eux pour économiser cet argent et le dépenser «?utilement?». Selon Marine Le Pen, «?un étranger a vocation à rentrer chez lui s’il ne trouve pas d’emploi… Il faut réserver la protection sociale à certains, et notamment aux Français?». Cette vision cynique cherche en fait à blanchir la stratégie patronale de surexploitation des travailleurs immigrés. L’apport des travailleurs immigrés est indispensable au fonctionnement de l’économie française. De plus, les travailleurs immigrés rapportent plus aux caisses de l’État et de la Sécurité sociale qu’ils n’en reçoivent (voir la deuxième partie de la présente note).

  • Des propositions?qui remettent en cause notre « modèle social »

Les propositions du FN en matière fiscale demeurent pour l’instant trop vagues. Mais elles vont dans le sens d’une remise en cause de notre système social. Le FN évoque un système fiscal articulé autour de 5?axes?: impôts sur le revenu, sur les sociétés, sur le patrimoine, sur la consommation, droits de douane.

Ces axes ne sont pas détaillés. Dans l’état actuel des annonces, le FN viserait surtout à?:

– «?fusionner l’impôt sur le revenu, la CSG, la CRDS et les cotisations sociales salariales?». Ces impôts seraient prélevés à la source?;

– «?unifier la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité sociale?». Il n’y aurait qu’une seule loi régissant le budget de l’État et celui de la Sécurité sociale.

Ces idées remettent en cause la logique de notre système de protection sociale.

Fusionner l’impôt sur le revenu et les cotisations sociales conduit en fait à couper le lien entre le travail et la protection sociale, lien qui constitue le fondement de notre système de protection sociale. Le système de protection sociale se transformerait en système d’assistanat. De plus, une telle fusion mettra le système de protection sociale et sa gestion à la discrétion entière de l’État. Les travailleurs perdront toute possibilité d’intervention directe dans ce domaine. La protection sociale deviendra, encore plus, un facteur d’ajustement aux exigences des marchés financiers.

Les principaux bénéficiaires de telles idées sont des acteurs privés, notamment des compagnies d’assurance qui profitent déjà largement de la multiplication des restrictions budgétaires. Les principaux perdants seront donc les travailleurs, c’est-à-dire les salariés, les privés d’emploi et les retraités.

S’agissant du prélèvement à la source, il faut préciser que cette idée est défendue, notamment, par les libéraux depuis longtemps, libéraux que le FN prétend dénoncer. Le prélèvement à la source déséquilibrera davantage les rapports de forces entre l’employeur et les salariés, au détriment de ces derniers.

L’écart grandissant entre les promesses électorales de Nicolas Sarkozy et le bilan de son gouvernement, la dégradation de la situation du monde du travail, l’accumulation des difficultés pour la majorité des salariés, des privés d’emploi et des retraités, surtout après la crise économique et financière de 2008-2009, sont propices au développement des idées de l’extrême droite.

Les propos scandaleux de Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, concernant les bénéficiaires du RSA, dans la foulée de ceux de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur, concernant, notamment, la présence des immigrés sur le territoire français, attestent de cette dérive dans le discours de l’extrême droite. Le Front national profite de ce contexte.

Tout en poursuivant la stratégie de son père, Marine Le Pen veut donner une image plus présentable de ce parti. Le FN cherche surtout à surfer sur les amertumes, les déceptions et les souffrances de nos concitoyens, particulièrement parmi les couches les plus défavorisées de la population. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que l’extrême droite procède ainsi. Et ce n’est pas la première fois non plus qu’une partie des couches sociales les plus défavorisées est séduite par des idées de l’extrême droite. À chaque fois, cette séduction a conduit au recul de la démocratie et à la régression sociale. La gestion des municipalités par l’extrême droite en est la preuve la plus convaincante.

Il est absolument nécessaire de dévoiler cette tentative de séduction du FN. L’enjeu est énorme pour les travailleurs et pour la démocratie.

NOTES

(1) Voir « Pourquoi la CGT combat l’extrême droite »,?Note économique, nº 108, mars 2007.

(2) Voir Note économique nº 131, mars-avril 2011.

(3) « Anti-utilitarisme et déterminisme identitaire »,?Sylvain Crépon, Revue du Mauss, nº 27, 2006.

(4) Revue Challenges, disponible sur?: http://www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20110311.CHA402....

(5) Cf. « Récession sociale et récession économique?: quels liens?? Quelles réponses?? »,?Note économique, nº 120, septembre 2008.

Nasser Mansouri-Guilani

 

Communiqué urgent : Maternité de L'Hopital de Montauban

Suite à la malheureuse affaire de la naissance d'un prématuré mort-né, la CGT de l’Hôpital de Montauban communique:


Dans tous les hôpitaux, à force de restrictions budgétaires, les soignants sont amenés à travailler en situation limite de sécurité.
Les effectifs sont calculés au plus juste, voire moins, pour gérer des situations ordinaires.

Là, il s'agissait d'une situation extraordinaire où 2 sage-femmes devaient s'occuper de 3 naissances qui ont eu lieu en cinq minutes. Ce jour là en l'occurrence, il manquait une auxiliaire de puériculture à l'effectif normal, le service était plein et «  ça sonnait de partout ».

Au drame qu'a vécu cette famille, pour laquelle nous avons la plus grande compassion, se rajoute la détresse et la colère des hospitaliers, qui sont au bout du compte, confrontés à ces choix impossibles. Seule, la sage-femme a dû s'occuper d'une maman et d'un bébé plutôt que de l'autre maman et de l'autre bébé.

Les budgets accordés aux hôpitaux par l’assemblée nationale sont insuffisants pour gérer l’ordinaire, alors qu'il faudrait prévoir l'extraordinaire qui ne manque pas de se produire quoi qu'il en soit, et de plus en plus souvent. Cela est  d’autant plus fréquent  que le gouvernement décide de fermetures de services comme les maternités de proximité sans renforcer les services existants.

 

 
 

Résistance: l'appel de Thorens-Glières lancé

Ce week-end, des milliers de citoyens, venus de tout le pays, vont reprendre?le fameux maquis des Alpes. Rencontre avec quelques piliers du collectif Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, organisateur de ce rassemblement depuis 2007. Pour eux, il s’agit désormais de passer de l’indignation à l’alternative…(à lire: Les citoyens résistants ont rendez-vous au plateau des Glières)

Glières, 17h45. Devant la presse. Militant d’Attac Nantes, Luc Douillard avait participé à l’initiative lancée en 2004 par l’association altermondialiste afin de célébrer l’actualité, et l’avenir, du programme du Conseil national de la Résistance (CNR), à l’occasion de son 60e anniversaire. Invité par CRHA, il mesure le chemin parcouru depuis lors. « Il y a un germe qui a pris, le relais a été saisi par les Glières… On a beaucoup avancé, je me souviens qu’en 2004, la « presse nationale de qualité » comme Libération ou le Monde avait refusé de publier le texte, malgré les signatures prestigieuses [L’Humanité, en revanche, avait publié l’appel des résistants, NDLR]… Ce qui est intéressant avec le programme du CNR, c’est d’abord que c’est un programme qui a été appliqué ! Il y a aussi la méthode de délibération du CNR qui est intéressante pour la période, on devrait s’en souvenir plus : avec toutes les différences en son sein, le CNR n’est pas allé vers un affadissement, mais vers un approfondissement ! »

Thorens-Glières, 17 h30. Charles Paperon, résistant, co-président de l’ANACR Finistère qui a refusé le « diplôme d’honneur » donné par l’Elysée, tente de réconcilier tout le monde : « Au sein du CNR, nous avions des grosses différences, mais nous sommes parvenus à nous unir », rappelle-t-il.


Thorens-Glières, 17 heures. Devant la presse, les grands résistants, premiers signataires de l’appel de Thorens-Glières, brouillent un peu le message de leur affichage commun. Au cœur de la passe d’armes, «l’Europe», défendue comme horizon incontournable par Stéphane Hessel, et honnie en chœur par Léon Landini (résistant FTP-MOI à Lyon) et Pierre Pranchère (résistant FTP en Corrèze), dirigeants du Pôle de renaissance communiste en France (PRCF).

«Comme le disait de Gaulle, la France est un grand pays, il faut que nous décidions tous seuls », lance, par exemple, Léon Landini. «Vous avez tout à fait raison de dire que l’Europe telle qu’elle fonctionne va dans le mur, mais elle n’est pas la seule, toutes les sociétés vont dans le mur, répond Stéphane Hessel. Nous devons donc y résister, mais nous ne nous en sortirons pas seuls, c’est un succès de ne plus nous déchirer, mais cette Europe ainsi construite doit devenir un lieu où les valeurs du CNR ne soient plus bafouées, mais appliquées…»

 

Thorens-Glières, 15h30. Tour à tour, sur une tribune de fortune, devant une forêt de parapluies, les résistants d'hier et citoyens lisent un morceau chacun de l'appel de Thorens-Glières.

Thorens-Glières, 14h45. Débat sur les « résistances dans l’entreprise ». Après une intervention de Charles Piaget, un des leaders des « Lip », au cours de laquelle il identifie, au sein de la lutte entre l’individuel et le collectif, des représentations du « groupe » comme de la « grisaille uniforme qui fait ressortir l’originalité du héros individuel », Gérard Mordillat, écrivain et cinéaste, poursuit dans la même veine. « L’individualisme a été largement promu par les médias à partir de la fin des Trente Glorieuses. Le mentor de Thatcher disait : « La société n’existe pas, il n’y a que l’individu et sa famille. » On fait l’éloge de l’individu, mais dans le même temps, l’individu n’existe plus comme citoyen. Nous ne sommes ni en dictature ni théocratie. Mais nous ne sommes pas dans une démocratie, les voix des citoyens comptent pour quantité négligeable. L’oligarchie financière met en place quelque chose qui nous éloigne de la démocratie, et dans ce contexte, ce sont les luttes sociales qui nous parlent directement de l’organisation politique. »

  • A lire: l'appel de Thorens-Glières:

"Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un « Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment « la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ». Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent. Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance (CNR), ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible."

"Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle. Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter des causes politiques des injustices sociales, des raisons des dérégulations internationales, des origines des déséquilibres écologiques croissants. Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l’élaboration d’un projet de société du 21e siècle en repartant du programme du CNR, Les jours heureux, adopté le 15 mars 1944. Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.

Avec l’association Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui (CRHA), nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté, Egalité, Fraternité ». Lire ici la suite de l'appel de Thorens-Glières...

 

Thorens-Glières, samedi 11h30. Organisé par le collectif Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui, le week-end de débats et de prises de paroles commence dans quelques heures. Alors que, demain, c’est la montée sur le plateau des Glières, aujourd’hui, toutes les activités se déroulent à Thorens-Glières. Dans la petite ville de Haute-Savoie, les participants commencent à arriver, des quatre coins du pays. Jean-Yves, un paysan corse qui tente de créer une petite « poche de résistance » près de Vico, à l’instar de ce qui se fait aux Glières, raconte qu’il a passé la nuit à « refaire le monde » : « C’est sûr que nous, on ne risque pas de le défaire ! »

A la fenêtre d'une caravane, sur le parking, le message est on ne peut plus clair. Il synthétise un peu l'esprit des Glières, déjà retrouver les valeurs essentielles: "Liberté, égalité, fraternité! Après, nous verrons..." C'est aussi peut-être la limite du rassemblement.

 

Les citoyens résistants viennent souvent de loin. Ici, une chorale féministe en lutte, les Josettes rouges, débarquent du Havre (Seine-Maritime), en compagnie de Pierre Lebas, secrétaire de l'union locale CGT du Havre. Dans leurs bagages, ils ont pris quelques tracts pour l'anti-G8 de la semaine prochaine. Petite ironie de l'histoire, c'est lors de l'anti-G8 d'Evian en 2003 que quelques-uns des piliers hauts-savoyards du collectif Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui (CRHA) avaient noué quelques liens solides...

 

Au programme, aujourd'hui, au-delà de l'appel de Thorens-Glières, une conférence sur Ambroise Croizat par Michel Etiévent, une discussion sur les "résistances dans l'entreprise" avec Gérard Mordillat, Xavier Mathieu et Charles Piaget, une autre sur la désobéissance pédagogique des instituteurs avec Alain Refalo... Des projections au cinéma avec Robert Mencherini, historien, spécialiste des réquisitions de Marseille.

  • à lire à propos de Robert Mencherini:

-->"Les grèves reconductibles ne sont pas une nouveauté sur le port de Marseille", entretien avec Robert Mencherini

-->1944: Et Aubrac lança les réquisitions à Marseille

 

Consigne impérative: "En cas de danger, appuyez sur le bouton rouge!"

 

 

 

 

 

 

 

 

A Thorens-Glières, dans l'entrée de la salle Tom Morel, du nom du chef du bataillon des Glières, un détail de l'exposition "Maquisarbres", montée avec des lycéens de Meymac (Corrèze). Sept jeunes ont fait le voyage, des maquis du Limousin à celui des Glière
 

D'un impôt de solidarité à une légère contribution... In L'Humanité!

Une des plus impopulaires mesures de Nicolas Sarkozy, le bouclier fiscal, devrait être supprimé. En contrepartie, la contribution des français les plus aisés pour 2012 se verra amplement réduite. Résultat, un nouveau cadeau accordé aux riches, camouflé derrière une réformette fiscale.

C’est ce que le Conseil des ministres a examiné ce mercredi. Un projet de loi de finances pour 2011, qui devrait atterrir au parlement d’ici juillet, afin que ses principales propositions soient applicables dès 2012. A savoir en premier lieu la suppression pure et simple du bouclier fiscal. Mesure qui devrait permettre une économie de 300 à 700 millions d’euros, selon les estimations, distribués aux 20 000 foyers les plus riches. Autre point, l’Impôt de Solidarité sur la Fortune se verra globalement allégé, ce qui représentera selon les prévisions de Bercy un manque à gagner de 1,857 milliards d'euros en 2012. Le gouvernement promet de compenser la perte grâce à une taxation un peu plus lourde sur les héritages de plus de 4 millions d’euros, les donations, les résidences secondaires en France des non-résidents, et une taxe ainsi que diverses mesures visant l’évasion fiscale.

L’allègement de l’ISF se fait sur plusieurs points. Le premier est le relèvement du plafond : il faudra désormais un patrimoine de plus d’ 1,3 millions d’euros pour  y être assujetti, contre 800 000 actuellement. 300 000 personnes en seront ainsi exonérées. Pour les autres, le gouvernement emploie les mots « simplification » et « gommer les effets de seuil », ce qui signifie baisse du taux d’imposition.

L'Humanité du jeudi 12 mai vous expliquera cette réforme fiscale en détail, avec des graphiques clairs et deux cas précis étudiés : ceux de François Pinault et de Liliane Bettencourt.

Voir aussi
Le communiqué du PCF : ces "assistés" qui payent l'ISF

Les trois gros mensonges de la droite?sur l’impôt sur la fortune
Impôt sur la fortune : les tripatouillages de Sarkozy

 

Palestine: Communiqué du groupe « Front de gauche » Conseil Régional Midi-Pyrénées

La commission sectorielle « Industrie, Grands groupes, service aux entreprises » du 09 Mai 2011 a procédé à l’audition du président de la Chambre de commerce France-Israël, Monsieur ABEHSERA, sur une mission économique qui doit se rendre en Israël  dans quelques jours.

Les élus Front de gauche membres de cette commission, Marie-Pierre VIEU et Christian PICQUET, considèrent que les éléments exposés par le président de CCFI n’apportent pas de véritables réponses aux questions qu’ils avaient soulevées aussitôt qu’ils avaient été informés de l’organisation de cette mission.

 

A l’issue d’un débat approfondi en son sein, la Commission permanente du Conseil régional avaient assorti son aide financière à l’organisation de la  mission de la CCFI d’une demande de garanties précises quant au respect du droit international lors de la conclusion d’accords économiques entre entreprises israéliennes et françaises. Après l’audition du président de la CCFI, force est de constater que les assurances n’ont pu être fournies aux élus que, de manière directe ou indirecte, aucun accord ne viendrait appuyer les entreprises de colonisation des territoires palestiniens illégalement occupés depuis 1967, ou conforter la politique militaire du gouvernement israélien.

 

Dans ces conditions, Marie-Pierre VIEU et Christian PICQUET ont réitéré leur opposition à l’octroi d’une subvention de la Région à la mission de la CCFI.

 

Ils ont, en outre, tenu à appeler leurs collègues à une vigilance renforcée quant aux engagements de la Région Midi-Pyrénées dans cette partie du monde.

 

Alors que l’Assemblée générale des Nations unies pourrait bien, dans quelques mois, reconnaître un Etat palestinien conformément aux principes du droit international, il incombe à la Région d’agir avec détermination en faveur de la solution de justice et de paix entre Israéliens et Palestiniens, conformément aux positions qu’elle a souvent exprimées,

 

Toulouse 09 Mai 2011

 

Enquête. Sortir du piège des pesticides + "Le masque"

Les éléments s’accumulent pour montrer le rôle néfaste des produits phytosanitaires sur l’environnement et la santé. Derrière la mise en accusation des produits, c’est un système qu’il faut changer pour en sortir.

Les pesticides n’ont décidément pas bonne presse. Si les mots ont un sens, ceux qu’on utilise le confirment : alors qu’il y a encore quelques années on parlait seulement de produits phytosanitaires, le recours de plus en plus fréquent au terme de « pesticides » dénote le glissement qui s’est produit. Avec les phytosanitaires, on est dans le registre du soin. Quand on parle de pesticides – insecticides, herbicides, fongicides … – on se situe clairement dans le registre de la destruction. Et on englobe au passage les fertilisants qui, eux, n’ont pas vocation à détruire quoi que ce soit… même si leur utilisation massive n’a, elle non plus, rien d’anodin.

Pourtant, tel n’a pas toujours été le cas. Arrivés dans la roue de la pétrochimie dont ils constituent une des branches, les « phytos », comme on les appelle, ont autorisé et accompagné la « révolution verte », qui a permis à l’agriculture européenne de se développer et de nourrir la population bien au delà des frontières du continent. Assimilés au progrès, ils ont été utilisés pendant des décennies par les agriculteurs sans précautions, sans informations… sans retenue. Pendant la même période, les efforts de recherche ont avant tout porté sur le moyen de développer leur apport, plutôt que sur leurs dangers potentiels dont certains, pourtant, auraient pu être connus de longue date.

Mais à mesure que l’utilisation massive d’intrants de synthèse produisait ses effets, il n’a plus été possible d’ignorer les alertes. Suffisamment pour que les scientifiques se penchent à leur tour sur la question et que peu à peu, sortent des études établissant des liens entre pesticides et cancers, pesticides et Parkinson, pesticides et malformations congénitales, pesticides et allergies…

Les agriculteurs, premières victimes

Nous n’en sommes, hélas, qu’au début de la connaissance en ce domaine – ce qui n’est d’ailleurs pas spécialement rassurant. Mais il ne serait ni raisonnable ni responsable de continuer à nier ou à minimiser l’ampleur du problème. Pas plus responsable serait la recherche de faux coupables : les agriculteurs ne vivent pas dans un monde à part et sont, dans leur immense majorité, au moins aussi conscients du problème que le moindre des « écolos de ville ». Ils en sont d’ailleurs, comme les travailleurs de l’amiante en leur temps, les premières victimes. L’expérience et la trajectoire d’un Paul François sont à cet égard particulièrement éclairantes (voir page 5).

Car les agriculteurs sont pris au piège d’un système. Sans même parler de bio, des solutions existent pour sortir des pesticides ou, du moins, réduire grandement leur consommation. Mais si elles peinent tant à s’imposer, c’est aussi parce que la mise en concurrence globale des producteurs sous la férule de l’OMC et la volonté de fer des industriels de l’agroalimentaire d’imposer les prix les plus bas poussent sans cesse les producteurs, dans un redoutable mouvement de ciseau, au moins-disant écologique – symbolisé de façon démagogique par l’exclamation hypocrite et désormais célèbre de Nicolas Sarkozy : « L’environnement, ça suffit! ». Mensonge : Nicolas Sarkozy sait parfaitement que pour sortir du piège de la chimie, il faut aussi sortir du piège de ce libéralisme sans avenir pour la planète et ceux qui l’habitent, dont il a fait son dogme.

 

  • Entretien avec Paul François, agriculteur charentais lui-même victime en 2004 d’une grave intoxication.

Quelle aide concrète souhaitez-vous apporter aux utilisateurs professionnels ?

"D’abord, briser l’isolement, dire aux malades qu’ils ne sont pas seuls. Ensuite, les aider dans les démarches administratives pour établir le lien entre maladie et activité professionnelle. Leur expliquer quels sont leurs droits ; et si cela ne suffit pas, les orienter vers des avocats qui ont déjà plaidé ce genre de situations". --> Lire la suite de l'entretien


  • Quand l’azote devient un problème

C’est une grande première : l’Europe se penche sur le problème de l’azote. ENA (European Nitrogen Assessment) La première grande étude européenne sur la question a en effet été publiée le 11 avril dernier. Pendant cinq ans, 200 experts de 21 pays (dont ceux de l’INRA en France) se sont penchés sur ce que devient cet adjuvant de l’agriculture intensive une fois dans les sols. Et les résultats sont inquiétants. --> Lire la suite

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Olivier Chartrain

Chroniques citoyennes: La valse du Hérisson 2008 aux éditions La Brochure

Le masque

 

Voilà un objet bigrement utile autant pour refuser de s’identifier que pour se protéger du regard des autres, pour se protéger tout court. Il existe des masques virtuels dont se parent les gens célèbres pour ne pas laisser transparaître leurs plus profonds désirs… Il y a des masques qui se déchirent avec le temps ouvrant le visage de l’autre à une lecture des sentiments comme des intentions. Le masque, même si dans notre culture, il disparaît, garde une place de choix dans le cœur des hommes et des femmes. Il n’est pas rare de rencontrer une foule de masques, cette fois artistiques, reflets de l’expression plastique d’un ou une artiste qui s’expose ainsi à la critique des visiteurs.

Le masque, je pourrais disserter encore longtemps sur cet objet à la fois fascinant et dont je regrette que l’utilité ne semble pas sauter aux yeux de mes concitoyens, surtout ceux que je croise, juché sur leur tracteur en train de vaporiser à tous les vents dans les vergers de nos collines.

Pourtant si l’on en croit les différentes études en cours, le taux de mortalité est en augmentation dans nos coteaux et les pesticides y sont pour beaucoup… Combien sont-ils à vouloir se masquer pour éviter les ingestions intempestives ?

Combien sont-ils ceux qui, le soir venu, s’interrogent sur la douleur stomacale persistante ? Combien sont-ils à refuser la réalité contenue dans les bidons de ces produits à la toxicité affichée ?

Se voiler la face ou en l’occurrence se masquer la vérité quand aux obligations de rentabilité de nos cultivateurs induit cette équation mortifère : je produis plus, je sulfate plus, je souffre de plus de cancers de la peau, de la gorge etc*…

Le masque vous dis-je et j’ose croire qu’en en cette période de grands épandages de pesticides et autres produits, les organismes de santé publique mènent campagne pour la protection des agriculteurs. J’ose le croire et pourtant à la vue des visages découverts, des tracteurs sans cabine je me prends à douter que l’information puisse être accessible à tous.

Le masque ! Au moins cela, même si il est malaisé de le supporter, de communiquer avec…. Le masque, non pour se parer de strass et de paillette un soir de carnaval mais plutôt pour se garantir une vie plus longue et s’éviter ce crabe vorace qui dévore les entrailles, pour accessoirement continuer à aller au bal du village le 14 juillet….

Le masque, la protection, messieurs les agriculteurs, en attendant que demain, il soit tout aussi rentable d’utiliser des produits phytosanitaires tout aussi efficaces et tellement moins nocifs…

A choisir, nous pourrons alors faire tomber les masques…

 

*  voir sur www.novethic.fr ainsi que sur le site www.agrobiosciences.org

 

Ecrit Le  27 avril 2007 sous le pseudo Démocrite avec parution dans le "Petit Journal"

 

Les propositions du PCF pour l'Ecole

Par Stéphane Bonnery, Benoît Hooge, Wilfried Lunel, Marine Roussillon

Dans plus d’une cinquantaine de débats sur le programme partagé, parmi lesquels figure notamment le forum national de Rennes, le réseau-école du PCF a fait part de ses analyses et propositions, et nous avons pris en compte des arguments formulés par les nombreux citoyens qui y ont participé.

Sans entrer dans les détails de nos multiples propositions, voici l’essentiel de ce que nous en retenons, qui a trouvé un large écho.

LE BESOIN DE PROJET

La droite casse le service public d’Éducation nationale. Dans le même temps, elle construit une autre école, au service des intérêts du capitalisme. Pour construire cette école inégalitaire, elle s’appuie sur l’insatisfaction provoquée par l’école de la République.

Celle-ci était fondée sur un compromis entre l’élévation générale du niveau des savoirs et la reproduction des inégalités sociales.

Aujourd’hui, la démocratisation est bloquée, l’école est ressentie comme productrice d’échec.

Télécharger la lettre du réseau école - Avril 2011

Nous ne pouvons donc pas nous contenter de nous opposer au projet de la droite : les exigences populaires, la crise, rendent indispensable un projet pour l’école et pour toute la société. Il ne suffit pas d’aligner des propositions « techniques » : il faut réorienter l’école et construire l’école de la réussite pour tous.

Voici quelques-unes de nos propositions qui se déclinent autour de quelques axes de projet.

UNE CULTURE SCOLAIRE COMMUNE POUR PRENDRE POUVOIR SUR LE MONDE

Les savoirs jouent un rôle croissant dans l’économie et dans la société. L’OCDE et l’Europe cherchent à accaparer ces savoirs au service du patronat et, en construisant des écoles inégalitaires, en renonçant à enseigner à tous ces savoirs de haut niveau : sélection précoce des élèves, différenciation et individualisation des parcours avec des objectifs inégaux selon les établissements.

Au contraire, nous voulons répondre aux défis de l’avenir en construisant une école qui permette l’élévation générale des acquisitions. La société en a besoin.Tous les élèves ont le droit de développer le pouvoir de penser par l’appropriation de savoirs ambitieux (contrairement au socle commun).

Les programmes doivent être repensés dans une progressivité entre les degrés, où les disciplines visent avant tout l’émancipation intellectuelle, la réflexivité sur le monde et les pratiques.

Le pouvoir du savoir pour chacun. L’école doit œuvrer à la maîtrise des choix individuels et collectifs, pour apprendre aux enfants à partager leurs différences et à construire du commun (contre les identités communautaires…).

Les mêmes programmes pour tous, c’est une condition de l’égalité. Cela nécessite un service public national, avec une nouvelle sectorisation scolaire (contrairement à la logique de transfert à l’autonomie-concurrentielle des établissements et à la marchandisation). Nous proposons des observatoires des inégalités territoriaux et paritaires. Formation commune = qualification égale. Non à l’individualisation des parcours et à l’isolement des futurs travailleurs.

UNE NOUVELLE PHASE DE DÉMOCRATISATION SCOLAIRE CONTRE LES INÉGALITÉS

Tous capable !

Tous les enfants sont capables d’apprendre ces savoirs et de progresser si l’on crée les conditions. L’échec scolaire n’est donc pas une fatalité, mais le résultat d’un choix politique. À nous de construire une école capable d’accueillir et de faire progresser tous les enfants :

• Un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école qui soutienne les pratiques démocratisantes (relance de la recherche en éducation et de la formation d’enseignants, développement de la formation continue, du temps donné aux enseignants pour réfléchir sur leurs pratiques). Les choix pédagogiques ne sont pas des choix techniques : si le politique n’a pas à dire comment il faut enseigner, il doit fixer des objectifs. Nous voulons en finir avec les pratiques de tri social à l’école.

• Du temps pour apprendre des savoirs plus complexes à plus d’enfants. Droit à la scolarité dès 2 ans) ; allongement du temps scolaire (au contraire des tentatives de réduction portées par les débat sur les rythmes scolaires) : scolarité obligatoire de 3 à 18 ans ; relance de la scolarité unique (élémentaire, collège) pour préparer tous les élèves à poursuivre au-delà.

• démocratisation du recrutement social des enseignants (pré-recrutements). Plan de recrutement de personnel enseignant et non-enseignant, sous statut de la fonction publique d’État, en recréant les postes supprimés et en les augmentant pour répondre aux besoins.

• Les filières professionnelles et technologiques sont à revaloriser, surtout à l’heure où elles sont menacées.Mais elles ne peuvent pas être la seule issue pour les enfants des familles populaires. La démocratisation implique qu’en amont de l’orientation, dès le plus jeune âge, il faut repenser toute l’école sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre les savoirs scolaires. La grande majorité des enfants viennent de famille qui ne sont pas familières de la culture scolaire et des nouveaux savoirs de haut niveau.

Il faut cesser de renvoyer aux familles la responsabilité de la réussite scolaire : c’est pénaliser celles qui n’ont pas fait d’études et ne peuvent payer des cours privés. L’école à l’école. C’est cette transformation progressiste de l’école qui réduira le recours au privé, au périscolaire marchand et à la pression scolaire sur l’espace familial.

 

La modernité de l’engagement communiste, selon Pierre Laurent

Le secrétaire national du PCF a répondu aux questions des étudiants de Sciences-Po sur ce thème. Aix-en-Provence, correspondant.

A l’invitation de l’Union des étudiants communistes (UEC), Pierre Laurent a planché, vendredi soir, à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence sur « la modernité de l’engagement ». D’abord questionné par Yann Samain, le secrétaire du cercle de l’UEC, le secrétaire national du PCF a rappelé que «l’idée à l’origine du communisme est qu’il faudra un jour dépasser le système capitaliste pour construire une société de mise en commun.

Après vingt ans d’hégémonie totale du capitalisme, cette idée du dépassement retrouve de l’actualité dans nombre d’esprits». Selon lui, «la question du XXIe siècle est celle de l’invention d’un autre mode de développement humain, un autre horizon pour les sociétés. »

Les questions du large public présent ont ensuite tourné principalement autour des prochaines présidentielles. «Nombre de gens pensent que c’est l’élection la plus importante pour changer les choses alors que c’est l’élection la plus piégée, a estimé Pierre Laurent. Si on veut changer les sociétés, il faut que le plus grand nombre soit acteur alors que la présidentielle transforme les citoyens en supporters. C’est comme la télé-réalité, on assiste et, à la fin, on vote pour en éliminer un. La politique, c’est exactement l’inverse».

Un intervenant : «Si c’est une élection de merde, alors, n’y allez pas». Le dirigeant a plaidé une participation mais différente : «Nous allons mener campagne pour la présidentielle et les législatives, dans le même mouvement. Nous serons les seuls. Cela indiquera aussi notre volonté de changer les institutions». Questionné sur le Front de gauche, il a répondu : «Ce n’est pas le rassemblement de trois organisations mais la mise en route d’un Front populaire du XXIe siècle».

Christophe Deroubaix

 

“L’internationale” européenne en meeting contre «l’Euro +»

Vendredi, le Parti Communiste dénonçait l’annonce du «Pacte pour l’Euro +», un accord d’austérité paraphé par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Un prétexte tout trouvé pour réunir mardi soir à Paris quelques uns des membres du Parti de la gauche européenne que préside Pierre Laurent.

Ils étaient environ 600 à entendre les différents intervenants de cette salle Japy où était lancée, en 2005, la campagne contre le Traité constitutionnel. Ouvert par Patrick Le Hyaric, député européen directeur de L’Humanité, la rencontre a vu se succéder notamment Alexis Tisseras représentant du mouvement grec Synaspismos, Mehrdad Payandeh responsable du syndicat allemand DGB, ou encore Maité Mola déléguée du Parti Communiste Espagnol. Tous ont dénoncé le

s cures d’austérité, appelant à une riposte à l’échelle européenne.

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Diatribes contre le libéralisme économique, colère contre les racismes et appels à l’unité. C’est le programme européen du Front de gauche. Celui-ci veut s’élever contre les politiques européennes d’austérité, ce qui a été montré comme aussi fondamental pour la formation de M. Mélenchon que de s’appuyer sur les luttes qui les accompagnent. Le 2 mai, il se félicitait sur son blog du cortège du Front de gauche, “chacun a pu nous voir, déployés en force sur le parcours puis manifestant en nombre à la fin du cortège syndical”. L’objectif, c’est 2012. Et voir ainsi la France incarner la gauche européenne «à la table des négociations».

Ils étaient environ 600 à entendre les différents intervenants de cette salle Japy où était lancée, en 2005, la campagne contre le Traité constitutionnel. Ouvert par Patrick Le Hyaric, député européen directeur de L’Humanité, la rencontre a vu se succéder notamment Alexis Tisseras représentant du mouvement grec Synaspismos, Mehrdad Payandeh responsable du syndicat allemand DGB, ou encore Maité Mola déléguée du Parti Communiste Espagnol. Tous ont dénoncé les cures d’austérité allemande, appelant à une riposte à l’échelle européenne.

Maite Mola (PCE, Espagne)

Aurélie Trouvé (ATTAC), Jean Marc Canon (CGT) puis Pierre Khalfa (Fondation Copernic  - Solidaires) se sont chargés de rappeler les effets de ces politiques en France et d’y apporter leurs éléments de réponse. Autant d’interventions qui ont frappé par leur entente, signe, pour les responsables du Front de Gauche d’une convergence imposante sur la question des idées.

Pierre Laurent s’est particulièrement attelé quant à lui à expliquer les enjeux du pacte d’austérité, contestant l’idée selon laquelle il n’y aurait là-dedans «rien de neuf». Selon lui, les gouvernements européens seraient en phase de «franchir une étape», notamment par la constitutionnalisation de l’équilibre budgétaire. Et de dénoncer le «black-out médiatique» à l’égard de cet accord. Face à cela, Pierre Laurent a appelé à une «contre-offensive à l’échelle européenne».

Enfin, Jean Luc Mélenchon s’est appliqué à déconstruire le discours du Front National. «Ce n’est pas un problème pour nous que 20.000 tunisiens : ce sont nos frères, c’est donc une affaire de famille !» a-t-il lancé à une salle convaincue par le contre-pied de leur porte-étendard. Ironiquement, le co-président du Parti de Gauche a repris les bilans du 1er mai relayés par la presse marquant le succès du défilé du FN face à l’échec de ma manifestation syndicale. «Ils étaient 3000, nous n’étions que 120 000 !» a-t-il relevé. Et de décortiquer le discours de Marine Le Pen, laquelle s’en est pris dimanche aux syndicats.L’enjeu est de taille : si pour lui le PS déserte la rue, il ne veut pas y voir le fn l’occuper. «Une imposture sociale dans le but de retomber sur ses pattes : la division des travailleurs» selon le député européen.

Jean Luc Mélenchon (1)

Absents du meeting et pourtant omni-présents mardi soir salle Japy, les deux formations de la gauche antilibérale portugaise ont été citées en exemple par la plupart des intervenants. En effet, PCP et Bloc de Gauche, deux partis parmi les plus importants au sein du groupe de la Gauche unitaire au parlement européen (GUE), sont en phase de s’accorder sur un programme commun de gouvernement. Un accord pourtant peu efficace, puisque les deux formations devraient présenter chacune leurs propres candidats lors des élections législatives de juin. Mais peu importe, pour Jean Luc Mélenchon, les deux partis pourront incarner alors l’alternative à «l’austérité ambitieuse» portée par le premier ministre socialiste portugais José Socrates. Une aspiration qu’il compte bien importer en France, assurant un «élargissement à venir du Front de Gauche».

L’Europe est ainsi apparue comme un moyen et une fin pour 2012. Un appui tout d’abord, le Front de Gauche s’inscrivant dans la construction d’une gauche européenne. Une réponse également aux attaques libérales, car pour l’ensemble des intervenants, aucun gouvernement de gauche ne pourra se passer de rompre avec le Traité de Lisbonne. Puis une finalité, puisque Jean Luc Mélenchon l’espère, 2012 sera l’occasion pour l’ensemble de la gauche européenne de voir en la France une porte-voix de leurs revendications. Et le probable candidat à la présidentielle de pousser le bouchon, rappelant que si Paris était «le cratère du volcan» social européen, la France ne pouvait pas «construire le socialisme seule».

Jean Luc Mélenchon (2)

 

"Les élèves en lycées professionnels sont exploités" in L'Humanité

L’Union nationale des lycéens (UNL) a fait un constat accablant : « Les élèves en pro sont exploités ». Cette organisation a lancé une commission de travail le 1er février 2011sur la filière professionnelle. Son but, explique une de ses responsables, Yselyne Fourtic, vise à construire des revendications claires et élaborer des propositions afins de revaloriser cette filière et défendre les droits de ces lycéens.

Quand avez-vous pris la décision de lancer cette commission ? Pourquoi ?

La commission a été lancée par l’UNL en réaction à la réforme des lycées de 2009. Appliquée à la va-vite, cette réforme entrainant 16 000 suppressions de postes, a clairement aggravé les conditions de travail des lycéens, tout particulièrement ceux de la filière professionnelle. Avec cette commission, nous voulons construire une ligne offensive visant à défendre les lycéens ayant fait ce choix d’orientation complètement déprécié aujourd’hui.

 Comment réagissent les lycéens quant à la façon dont on traite cette filière ?

Ils sont en colère. Les lycéens se sentent aussi réellement humiliés et dévalorisés, car beaucoup d’entre eux n’ont pas eu le choix de leur filière. Ils se sont vus imposé l’enseignement professionnel parce qu’il n’y avait pas d’autres solutions après le collège. Nous avons reçu des témoignages « d’élèves en pro » récemment. Rien qu’au niveau du confort, leur établissement est incomparable à certains lycées généraux comme le mien, assez élitiste. Aujourd’hui on est face à un système à deux vitesses dans l’éducation.

Vous dites que les « élèves pro » sont exploités. Avez-vous des exemples ?

Ils sont confrontés à un rythme intenable. Ils enchainent les cours et les stages, c’est comme en prépa ! Quelques fois, ils n’ont pas le temps d’effectuer un stage, qu’ils font donc pendant les vacances. Leurs études, généralement coûteuses, les oblige à travailler le week-end. Un élève en comptabilité a témoigné qu’il devait passer le balai pendant son stage. Si l’élève se plaint, l’entreprise lui met un blâme et il ne peut plus refuser aucun stage par la suite. Ailleurs, des lycéens ne sont pas rémunérés et certaines boites n’embauchent que des stagiaires… Certains ont confié qu’ils s’étaient retrouvé dans des endroits insalubres et inconfortable. D’autres ont trouvé des entreprises à 400 km de chez eux. Je vais peut être un peu loin mais c’est de l’esclavage des temps modernes !

Votre commission indique « qu’aucune réglementation claire ne définit les cadres de leur stages ». Pouvez-vous développer ?

Les lycéens ne disposent d’aucune information, et ne connaissent pas les modalités du déroulement de leur stage en entreprise. De ce fait, les boites peuvent s’en servir comme main d’œuvre gratuite et exploitable à volonté.

En fin de compte, que proposez-vous pour améliorer la situation ?

Nous voulons obtenir la rémunération des stages. Ce serait un outil de protection des lycéens qui empêcherait les entreprises de les utiliser comme une main d’œuvre gratuite et exploitable. Tout travail mérite salaire ! Le respect de la législation et des conventions professionnelles doivent être assuré, tout comme la garantie d’un stage à proximité de leur établisement, et avec de bonnes conditions, avec du repos, du calme et d’hygiène. Nous souhaitons que le BEP et le baccalauréat professionnel se fasse de nouveau en quatre ans, au lieu de trois, aujourd’hui. Le suivi doit être renforcé pour certaines démarches nécessaires, tout en les laissant autonomes. Il faut une aide à la recherche du premier emploi, une revalorisation de la filière pour qu’elle ne soit plus considérée comme une « filière poubelle », et mettre en place une « banque de stages ». Cette mesure offrirait la possibilité aux élèves de choisir un stage que l’académie aura démarché préalablement auprès des entreprises. Enfin, nous voulons interdire au conseil de classe de pouvoir statuer sur l’orientation d’un élève vers un cursus professionnel ou général, sinon de se prononcer uniquement sur le passage en seconde.

Quelles actions souhaitaient vous lancer ?

Nous comptons présenter nos revendications au Conseil supérieur de l’éducation, où nous avons remporté les trois sièges représentant les élèves lors des élections du 27 avril. Nous espérons obtenir une réponse lors du premier conseil, qui se tient le 12 mai. Nous sommes actuellement en train de rédiger un code du travail des lycéens professionnels, avec dix articles phares sur ce thème que nous diffuseront aux confédérations syndicales de salariés, aux parents d’élèves et aux autres syndicats étudiants.

Entretien réalisé par Pauline Fleurimont.

 

Thibault (CGT) : "le FN est l'un des alliés principaux du patronat"

Pour le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, le Front national "offre un cadeau majestueux au patronat avec sa ligne politique principale qui consiste à opposer les travailleurs français de souche aux autres travailleurs".


 Bernard Thibault, le 17 janvier 2011, au siège de la CGT.


Le leader syndical, invité du Grand Jury RTL/Le Figaro a réfuté la "normalisation" de la formation de Marine Le Pen jugeant qu'elle n'était '"pas un parti comme les autres".

Selon lui, en opposant travailleurs français et travailleurs d'origine immigrée, le parti "offre une division au patronat et c'est dans ce sens qu'il est un des alliés principaux du patronat pour maintenir le système en place".

"UNE MAJORITÉ DE FRANÇAIS SOUHAITE UN AUTRE PRÉSIDENT"

A propos d'un récent sondage Ifop donnant 36% du vote des ouvriers au Front national, Bernard Thibault a estimé qu'il y avait un pas "entre dire j'ai l'intention de voter pour et le vote" lui-même. "Les sondages sont devenus un moyen d'expression", a-t-il ajouté en faisant valoir aussi que "plus il y a de présence syndicale dans les entreprises, moins y a de prise au vote FN".

Bernard Thibault juge par ailleurs qu'il "y a aujourd'hui une majorité de Français qui souhaite un autre président". Le leader syndical, invité du Grand jury RTL/Le Figaro, a estimé que l'opinion était demandeuse d'une alternance politique.

Sur le programme du PS pour 2012, Bernard Thibault a souligné "un effort pour présenter un programme qui se veut incarner des alternatives à ce qui se fait aujourd'hui". "Mais j'ai aussi conscience qu'au fil du temps, des mois, des débats internes aux partis, les programmes annoncés à l'instant ne seront pas forcément à l'ordre du jour lors du rendez-vous" électoral, a-t-il affirmé.

 

Qu’en sera-t-il du terrorisme? L'édito de Patrick Apel-Muller

« Justice est  faite », a affirmé ce matin George Bush, répété mot pour mot par l’Elysée. Eh bien non ! Si personne ne plaindra Oussama Ben Laden inspirateur d’attentats les plus atrocement meurtriers, les racines du terrorisme n’ont pas été arrachées dans la villa proche d’Islamabad qu’ont investie les forces spéciales américaines. Durant la dernière décennie, Washington en a semé de nouvelles graines en proclamant la guerre des civilisations, en semant le chaos en Irak ou en bloquant le processus d’émancipation du peuple palestinien. Pour ne pas parler de la calamiteuse et interminable guerre en Afghanistan… L’administration Obama conçoit-elle la liquidation de cet homme comme une page tournée sur la rhétorique de l’axe du bien face aux forces du mal et sur les aventures qui l’accompagnait ? Peut-être.

A l’heure où l’ennemi public numéro un est éliminé, il n’est d’ailleurs pas inutile de rappeler que, comme la créature de Frankenstein, il a échappé à ceux qui l’avaient lancé dans le grand bain du terrorisme, c'est-à-dire la CIA qui l’a piloté durant de nombreuses années.

L’espérance d’un dépérissement du terrorisme trouve plus d’élan dans les révolutions arabes que dans cette opération militaire. Un autre monde reste à construire qui rende aberrant les jeux de massacre. La justice reste à faire.

Patrick Apel-Muller

 

1er mai : les cris de colère des salariés

30 000 personnes ont défilé à Paris sous le soleil

Les défilés du 1er mai en France, où quelques 200 rassemblements étaient organisés, ont rassemblé 120 000 personnes, selon la CGT. A Paris, plusieurs centaines de manifestants du Maghreb et du Proche-Orient, notamment des Tunisiens ont fait entendre leur voix dans le cortège parisien où 30 000 personnes ont défilé.

Le pouvoir d'achat, le chômage et les suppressions de postes dans la fonction publique étaient au menu des différents défilés, avec également un autre thème d'actualité dans les cortèges, le soutien aux soulèvements qui agitent plusieurs pays arabes. Les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires et Unsa ont défilé ensemble tandis que, comme les années précédentes, Force ouvrière (FO) et la CFTC faisaient bande à part. Pour Nadine Prigent, de la CGT qui remplaçait dans le défilé parisien un Bernard Thibault souffrant d'un lumbago. "Le 1er mai est un dimanche cette année. C'est toujours un rendez-vous compliqué pour les organisations syndicales, mais les attentes sociales sont très importantes", on attend un coup de pouce très significatif sur le Smic et que des négociations s'ouvrent partout sur les salaires". Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, a relevé que "les mobilisations difficiles sont le signe de temps difficiles, mais pas celui du renoncement ou de l'acquiescement à la politique du gouvernement".

Les leaders de la gauche ont défilés dimanche, chacun sous leurs banderoles, à Paris. Pour Jean-Luc Mélenchon (FG) qui, avec Martine Billard, a défilé avec le PCF et ses leaders Pierre Laurent et Marie-George Buffet : "C'est un rappel de la permanence des la grande question du mouvement ouvrier, le 1er mai à commencé sur des questions de temps de travail à la fin du 19e siècle. La question du temps de travail et de l'exploitation reste centrale dans nos sociétés soi-disant modernes. Nous en sommes revenus aux conditions de travail de cette époque. Notre responsabilité, c'est de tenir le cap, de maintenir le drapeau". Pour le candidat à la primaire socialiste, François Hollande : "Aujourd'hui, le débat c'est de donner plus de travail, il y a encore plus de 2,5 millions de chômeurs. Sans la reconnaissance du travail, il n'y a pas de dignité. Il faut aussi valoriser le travail par sa rémunération plutôt que de promettre des primes dont on ne sait pas exactement ce que sera le niveau et le nombre de bénéficiaires. Sans les syndicats, rien ne pourra se faire".

  • Les voix des révolutions arabes dans le défilé parisien

Plusieurs centaines d'immigrés du Maghreb et du Proche-Orient, notamment des Tunisiens récemment arrivés en France, ont fait entendre leur voix dans le cortège parisien, s'en prenant aux régimes en place dans ces pays ou défendant leur révolution démocratique. Un groupe de plus de 200 jeunes Tunisiens, remuant et scandant bruyamment "Défendons la révolution tunisienne", a été autorisé par les syndicats français, organisateurs de la manifestation, à prendre place juste derrière le carré de tête. Cette année, les défilés de la Fête internationale des travailleurs avaient été plus que jamais placés sous le signe de "la solidarité internationale" et du "progrès social", en "soutien aux peuples des pays arabes qui se soulèvent pour la dignité et la liberté". Les jeunes Tunisiens avaient déployé, outre de très nombreux drapeaux aux couleurs nationales, une banderole plus grande que celle du carré de tête syndical, proclamant "Ni police, ni charité, un lieu pour s'organiser". Elle était signée des "Tunisiens de Lampedusa à Paris", du nom de la petite île italienne par où ils ont transité avant de gagner la France.

Le régime du président Bachar al-Assad, lui, était dans le collimateur de manifestants syriens, au nombre d'une centaine. "Bachar, casse-toi!" et "Assad au tribunal international, arrêtez la boucherie et la mutilation des enfants" figuraient sur leurs banderoles. Une mère de famille, avec un enfant en poussette, brandissait une petite pancarte "Stop the bloodshed in Syria" ("Arrêtez l'effusion de sang en Syrie").

  • Un 1er mai sous le signe des revendications salariales dans le monde

De Hong Kong à Berlin, Zurich, Athènes ou Tunis, des centaines de milliers de personnes ont défilés pour dénoncer les sacrifices imposés aux salariés et exiger plus que des "miettes" pour vivre.

La fête du Travail a pris une tournure politique au Sri Lanka avec des manifestations anti-ONU, au Japon avec deux manifestations anti-nucléaire à Tokyo, en Russie où les partis pro-Kremlin ont organisé une démonstration de force à l'approche d'importantes échéances électorales, avec 2 millions de personnes et des slogans tels que "Medvedev ! Poutine ! Allez la Russie !".

En Afrique, la fête du travail a permis aux syndicats de remettre des "cahiers de doléances", comme au Bénin et au Togo, et de rappeler la "menace majeure" que constitue le chômage endémique "pour la stabilité sociale", selon le leader syndical nigérian, Abdulwahed Omar (NLC). Au Burkina Faso, syndicats et associations, craignant l'infiltration d'agitateurs, ont renoncé à défiler, dans un contexte de tension persistante depuis février et de mutineries qui ont même touché la garde présidentielle.

En Tunisie, où un soulèvement populaire a renversé le régime en février, des centaines de manifestants ont défilé sans heurt dans les rues de Tunis. "Travailleurs, vous préparez le pain mais vous vivez avec les miettes !", scandaient les manifestants en colère contre le gouvernement de transition. A Alger, des dizaines de chômeurs se sont rassemblés Place du 1er mai pour réclamer de la "dignité" et un "travail décent". Au Maroc, environ 3.000 manifestants ont défilé à Rabat au cri notamment de "A bas le despotisme" et "Assez à la marginalisation". En Egypte, des milliers de travailleurs ont envahi l'emblématique place Tahrir au Caire, réclamant la "justice sociale", deux mois et demi après la chute du président Hosni Moubarak.

Des travailleurs sud-coréens manifestent lors du 1er mai 2011 à Séoul

En Asie, où le prix des denrées alimentaires s'est envolé de 10% en début d'année, la question salariale était récurrente, des Philippines à Taiwan. A Hong Kong, le 1er mai a marqué l'entrée en vigueur d'un salaire minimum dans ce territoire appartenant à la Chine, fixé à 28 dollars de Hong Kong par heure (2,43 euros). C'est une avancée mais insuffisante pour faire vivre une famille, selon les syndicats qui ont réuni 4.000 manifestants. "Le pays est riche mais les gens sont pauvres", ont scandé en Indonésie des milliers de manifestants qui ont aussi réclamé une meilleure couverture santé et retraite. "En trois ans, le nombre de pauvres a augmenté mais les riches payent moins d'impôts", a protesté à Taiwan le leader syndical Wang Jung-chang, lors d'une manifestation de plus de 3.000 ouvriers. A Séoul, plus de 50.000 manifestants ont réclamé une meilleure sécurité de l'emploi et des hausses de salaires, estimant que les inégalités allaient en s'accroissant.

En Espagne, dont l'économie peine à sortir de la crise, la peur du chômage alimentait les revendications des manifestants (40.000 à Madrid, autant à Barcelone). Plus d'un actif sur cinq est touché. En Grèce, où des sacrifices sans précédent sont demandés à la population depuis un an pour éviter une faillite de l'Etat, des milliers de manifestants se sont rassemblés à Athènes pour protester contre un nouveau tour de vis. Au même moment au Portugal, en pleine négociation du plan d'aide financière demandé à l'Union européenne et au FMI, les syndicats entendaient faire une démonstration de force avant l'annonce de nouvelles mesures d'austérité.

En Belgique, où la crise économique et sociale se double d'une crise politique sans précédent, la question des salaires et des bonus touchés par certains hauts dirigeants a polarisé les principales interventions à gauche. Le président du syndicat socialiste FGTB Rudy De Leeuw a défendu l’indexation automatique des salaires sur les prix, menacée d'une remise en cause.

A Vienne, ils étaient 100.000 à réclamer plus de justice et dénoncer un système qui, selon le chancelier Werner Faymann, "s'en met plein les poches quand tout va bien et quand ça va mal, ce sont les contribuables qui paient".

A Berlin, où des milliers de manifestants ont défilé dans le calme, le président du DGB, Michael Sommer, a mis en garde contre le dumping salarial et la tentation pour les employeurs de faire travailler des salariés "bon marché" venus d'Europe de l'Est alors que rentre en vigueur l'ouverture du marché allemand et autrichien à ces travailleurs.

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