
Indépendance énergétique de notre territoire et sécurité des installations et des consommateurs ne sauraient aller de pair avec mépris des intérêts des peuples des pays producteurs de gaz et des nations de transits, au risque de conflits.
La concurrence entre projets de gazoducs apparaît non seulement comme une source de gâchis, mais elle est aussi un facteur de tension en Europe de l’Est, dans le Caucase et en Asie centrale.
Soustraire le gaz et les autres sources d’énergie des ravages des marchés spéculatifs par des accords tarifaires respectant les pays producteurs, les pays de transits et sécurisant les consommateurs européens, permettrait d’assurer toutes les sécurités.
Ceci pourrait être la mission d’une agence européenne de l’énergie sous contrôle du Parlement et du Conseil dont la seule ligne de conduite serait coopération et intérêt public.
Pourquoi donc avons-nous, dans cette affaire, le sentiment que les intérêts mercantiles prévalent sur l’intérêt des peuples européens ?
Par ailleurs, je mets solennellement la Commission en garde contre la tentation d’utiliser le projet Nabucco comme un cheval de Troie pour faire entrer par effraction la Turquie dans l’Union.
Le respect de la laïcité, des droits des femmes, des droits du peuple kurde, de la reconnaissance du Génocide arménien doivent rester les critères décisifs d’une éventuelle adhésion de la Turquie.
