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PALESTINE SOLIDARITE

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L'agression israélienne contre le peuple palestinien à Gaza suscite une profonde colère et beaucoup d'indignation.
Le Parti communiste français condamne totalement cette offensive criminelle.
Le Parti communiste se réjouit de la trêve intervenue mercredi dernier et appelle à la vigilance car celle-ci est fragile.
Les civils, les enfants notamment, paient un prix très élevé.
Les dirigeants israéliens mobilisent leur armée et bombardent de façon intensive une ville et des quartiers populaires.
L'offensive semblable menée en 2009 par les forces israéliennes, avec les crimes de guerre qui l'ont accompagnée, montre aux dirigeants israéliens que leurs guerres ne sont que des impasses meurtrières.
Il y a aussi l'urgence de la solidarité pour le peuple palestinien.
Mercredi 28 novembre à 18h30, à la Bourse du Travail de Saint-Denis (m° St-Denis/Porte de Paris) se déroulera une soirée de soutien

La crise d'aujourd'hui ne peut se résumer à la question : qui a tiré le premier. On échappe pas à la réalité politique : en Palestine, il y a un Etat qui bafoue le droit, c'est Israël, et un droit à l'Etat, le droit des Palestiniens, qui, depuis des dizaines d'années, reste bafoué.
Cette humiliation permanente, cette injustice fondamentale créent les crises récurrentes et les violences.
Il y a donc un doigt accusateur à pointer sur certaines décisions très récentes des autorités israéliennes : le doublement du budget national pour la colonisation et l'annonce de 1200 logements nouveaux dans les colonies de Jérusalem-Est.
Ces actes inacceptables résonnent comme des provocations pour les Palestiniens qui ne supportent plus l'occupation militaire, la destruction des maisons, la répression, le blocus inhumain de Gaza. C'est d'abord à cette politique, à l'occupation, à la colonisation, qu'il faut mettre un terme.
C'est une responsabilité politique majeure pour la France, pour les pays de l'Union européenne et ceux du Conseil de Sécurité de l'ONU. Mais ces pays laissent Israël agir dans l'impunité et l'encouragent même... Le PCF ne lâchera pas sur cette question de la responsabilité et du rôle que la France devrait jouer pour la justice et pour le droit.
Il y a aussi l'urgence de la solidarité pour le peuple palestinien.
Mercredi 28 novembre à 18h30, à la Bourse du Travail de Saint-Denis (m° St-Denis/Porte de Paris) se déroulera une soirée de soutien où nous dirons ensemble : la France doit reconnaître l'Etat de Palestine et soutenir les démarches palestiniennes à l'ONU.
Le PCF invite à décliner cette initiative dans toute la France, les villes, les quartiers avec toutes les forces politique et sociales qui le souhaitent, et sous toutes les formes possibles : rassemblements, meetings, débats, intervention auprès des préfectures...
Il faut se faire entendre pour qu'à l'occasion du vote de l'Assemblée générale de l'ONU le 29 novembre, la France montre enfin l'exemple et appuie fermement la demande palestinienne d'un statut observateur pour la Palestine aux Nations Unies.
Ce sera un premier pas positif vers l'Etat palestinien et vers une paix juste et durable.

 

Maitrise publique nationale du secteur de l'énergie : le PCF félicite l'Argentine

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L’Argentine vient de décider de reprendre en main son pétrole. Le major espagnol Repsol qui avait fait main basse, comme au temps des colonies, sur le pétrole argentin, crie au scandale.
Tout comme H. Clinton la représentante de l'impérialisme américain et les dirigeants de l'Union Européenne asservis à la finance.
Le Conseil européen, la Commission de Bruxelles et la droite du Parlement européen défendent en fait le droit du capital transnational contre la souveraineté politique et économique de l’Argentine.
Ceci dévoile une fois de plus la nature ultralibérale de ces institutions européennes. Au cours de ce débat nous avons assisté à un déchaînement de la Commission, du ministre danois représentant le Conseil, de la droite.
Ne voulant pas être en reste dans la défense des intérêts des grands groupes capitalistes et de la finance, les amis de F. Hollande via le porte-parole du groupe socialiste ont pris leur part dans les attaques contre le gouvernement argentin.
Les députés Front de gauche ont au contraire, comme P. Le Hyaric tenu à marquer leur solidarité avec cette décision progressiste de l'Argentine.
Le député communiste à été au premier rang pour défendre la souveraineté politique de l’Argentine contre les agissements du capital transnational.
Voici la réaction du Parti communiste français.
L'État argentin a récupéré le contrôle d'une compagnie hier privatisée par l'ancien président argentin Carlos Menem au bénéfice du groupe espagnol Repsol.'' L’Argentine se donne ainsi les moyens d'une maîtrise et d'une politique publique de l'énergie.
Cette multinationale détenait jusqu'ici, dans ce pays, un tiers de la production nationale, 52% des capacités de raffinage ainsi que 1600 stations services.
Cette récupération est aussi un signal fort adressé aux transnationales plus habituées jusqu'ici à dicter leur loi.

Aujourd'hui, la loi argentine s'impose dans un secteur décisif et prime sur les instances et les règles internationales édifiées pour protéger les investissements et les capitaux des principales puissances de la planète.
Ces règles, mises en place avec la participation des gouvernements de l'Union européenne, visent à imposer une concurrence libre et non faussée en cherchant à empêcher toute maîtrise publique, toute possibilité de nationalisation.
Le Parti communiste français se félicite de ce choix argentin, un choix de souveraineté qui entre en contradiction avec les règles du capitalisme financier et du néolibéralisme.
La décision des autorités argentines suscite de nombreuses réactions agressives. Le gouvernement espagnol brandit la menace de représailles et en appelle à la solidarité des autres États.
L'Union européenne a mis en garde le gouvernement argentin contre toute atteinte aux privilèges des capitaux européens. Hillary Clinton a considéré que l'Argentine devra « se justifier et assumer ses responsabilités ». Ces réactions sont inacceptables.
La récupération nationale annoncée par Cristina Fernandez de Kirchner donne la majorité des actions à l'Etat argentin.
Elle est d'une grande portée politique : elle permet la maîtrise de l'exploitation des ressources pétrolières et donne au peuple argentin les moyens d'une politique énergétique nationale.
Repsol a fait fortune en exploitant les ressources pétrolières d'Argentine. Cette multinationale a multiplié ses ventes par plus de deux grâce à la hausse des prix.
Entre 1999 et 2011, ses revenus ont atteint 16,4 milliards de dollars et 13,2 milliards ont été versés en dividendes aux actionnaires. Ce qui explique l'absence des investissements nécessaires pourtant légitimement exigés par l'Argentine en vertu des contrats signés.
La Présidente Cristina Kirchner avait à de multiples reprises demandé l'arrêt de cette fuite de capitaux et de la hausse des prix.
Le Front de Gauche et le PCF font eux-mêmes le choix d'une maîtrise publique, sociale et démocratique du secteur de l'énergie.
La France et l'Union européenne devraient soutenir le choix de l'Argentine et coopérer avec ce pays et avec l'ensemble de l'Amérique latine.

 

A propos de la Syrie, par Alain Gresh

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Dialogue Clichois propose cette analyse d'Alain Gresh, spécialiste du Moyen orient, sur les événements dramatiques de Syrie : la répression féroce du régime de Bachar Al Assad et les manœuvres des va-t-en guerre qui poussent à l'intervention armée qui plongerait la région dans le chaos
Dans une conversation téléphonique entre le président russe et le roi saoudien, ce dernier a affirmé à son interlocuteur que tout dialogue sur la Syrie était « maintenant futile » (agence de presse saoudienne, 22 février 2012). Qu’est-ce à dire ?
Que la seule voie possible est celle de l’intervention militaire ? Qu’il faut armer l’opposition ?
Il semble bien que c’est dans cette direction que s’oriente la réunion des amis de la Syrie qui se tient vendredi 24 février à Tunis.
Le soulèvement en Syrie, qui va bientôt entrer dans sa seconde année, pose des questions dramatiques auxquelles il n’existe pas de réponses simplistes — à moins de jouer la politique du pire.
Il faut rappeler ce que le renversement de Saddam Hussein par les Etats-Unis a coûté, coûte et continuera de coûter aux Irakiens dans les prochaines décennies.

Les causes de la révolte
La révolte en Syrie est née des trois mêmes causes qui ont provoqué, du Maroc à l’Irak, des mouvements de contestation :
— le refus d’un régime autoritaire, de l’arbitraire total de l’Etat et de ses services de répression, de la banalisation de la torture ;
— l’ampleur de la corruption – l’ouverture économique (largement encouragée par l’Occident) ayant abouti à l’accaparement des richesses nationales par une mafia autour du chef de l’Etat –, la richesse ostentatoire d’une petite caste contrastant avec une pauvreté qui accompagne le désengagement de l’Etat (voulu aussi par les conseillers occidentaux) ;
— le poids de la jeunesse. La génération la plus nombreuse de l’histoire qui arrive à l’âge adulte dans les pays arabes et qui, bien que mieux éduquée, ne dispose pas des moyens d’une insertion sociale – du travail, mais pas seulement, également l’exercice des responsabilités – à la hauteur de ses aspirations.
Ces trois facteurs ont permis une victoire rapide des mouvements en Tunisie et en Egypte, plus difficile au Yémen. Il a fallu l’intervention des forces militaires de l’OTAN, qui ont largement brisé le cadre du mandat de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’ONU, pour venir à bout du colonel Mouammar Kadhafi.
A Bahreïn, le mouvement a été contenu par une intervention des chars saoudiens, mais continue à s’exprimer avec force. Ailleurs, un mélange de concessions politiques (Maroc) et de largesses financières (Algérie, Arabie saoudite) a permis — mais pour combien de temps ? — de contenir la contestation.
Qu’en est-il de la Syrie ? Le président Bachar Al-Assad, qui disposait au départ d’un certain capital de popularité, a cru que la politique régionale menée par son pays (son opposition à Israël et aux politiques des Etats-Unis) le mettrait à l’abri.
Il s’est totalement trompé et, au fil des mois, il a tenté de présenter la contestation pacifique comme militarisée, manipulée de l’étranger, dont le but serait de faire disparaître un régime qui s’oppose aux ambitions israéliennes et américaines.
Par son refus de s’engager dans des réformes sérieuses et un dialogue avec l’opposition, par son usage indiscriminé de la violence contre des manifestations qui, pour l’essentiel, restaient pacifiques, par un usage généralisé de la torture, il a contribué à la montée de la violence, au passage d’une partie de l’opposition à la lutte armée ; il a, d’un même mouvement, favorisé les ingérences qu’il prétendait vouloir combattre (lire « Jours de tourmente en Syrie », Le Monde diplomatique, août 2011).
Par-là même, il a aidé les desseins de ceux qui ne visent pas à la réforme (ni évidemment à l’instauration d’un régime démocratique), mais préparent une offensive contre l’Iran et espèrent faire tomber avant son principal allié arabe.
Qui peut croire une seconde, en effet, que le régime saoudien cherche à instaurer la démocratie à Damas, lui qui ne reconnaît aucune assemblée élue ?
Lui dont le ministère de l’intérieur vient de déclarer que les manifestations dans l’est du pays étaient « une nouvelle forme de terrorisme » ?
Qui peut penser que les libertés sont le motif des déclarations des Etats-Unis, eux qui n’hésitaient pas à envoyer des « terroristes » arrêtés par eux se faire interroger en Syrie (pratique connue sous le nom anglais de rendition), parce que ce pays utilisait la torture ?
Qui peut croire que la démocratie est le souci de Nicolas Sarkozy, lui qui recevait Bachar Al-Assad à Paris en juillet 2008 et lui rendait visite en septembre, soutenait les dictateurs tunisien et égyptien et ne disait mot du massacre de Gaza lors de l’invasion israélienne de décembre 2008 ?
Une petite anecdote significative : en ce temps-là, les journalistes du Figaro avaient reçu pour instruction de leur direction de ne plus évoquer dans leurs articles les prisonniers politiques en Syrie.
Pour tous ces pays, et pour Israël (lire ci-dessous), l’objectif est de renverser un régime allié de l’Iran, dans le cadre de la préparation d’une offensive contre ce pays.
Il est évident désormais que nombre de forces, y compris au sein du Conseil national syrien (CNS), poussent à l’intervention militaire, appuyée sur une formidable campagne médiatique.
La bataille pour la Syrie est aussi une bataille de propagande. Le régime l’a perdue depuis longtemps, tant ses affirmations sont souvent grotesques, ses mensonges patents et ses pratiques barbares.
Pour autant, les informations qui déferlent 24 heures sur 24 sur toutes les chaînes de radio et de télévision, et qui n’ont souvent qu’une seule source, l’opposition à l’extérieur du pays, sont-elles vraies ?
Longtemps les médias ont rejeté les informations sur la mort d’officiers et de policiers, elles sont aujourd’hui avérées ; depuis un an, régulièrement, les médias annoncent que la contestation a atteint Damas.
On ne peut que regretter la mort de deux journalistes à Homs et rappeler que le régime, en interdisant la plupart du temps aux journalistes de venir ou de se déplacer, contribue à ce qu’il prétend dénoncer.

 

Retour de Palestine : témoignages

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Du 25 novembre au 5 décembre 2011, une délégation de 31 membres de l’Association Aulnay Palestine Solidarité, en partenariat avec l’ADECR de la Seine-Saint-Denis (syndicalistes, associatifs, militants politiques), s’est rendue en Palestine occupée pour mettre en place des actions solidaires dans les domaines économiques, culturels et environnementaux.
Nous voulons, à notre retour, rendre compte de la tragédie que vit le peuple palestinien, conséquente à l’occupation et la colonisation par Israël.
Notre témoignage ne s’appuie pas seulement sur nos échanges avec des dirigeants politiques, des membres d’associations ou de simples citoyens, mais sur des faits constatés et donc irréfutables.
La vérité est inacceptable sur le plan politique, moral et éthique.
Quelques exemples significatifs...

Le mur : il s’étend toujours plus à l’intérieur de la Cisjordanie, étouffant et enclavant les villes, contraignant la population à obtenir des permis pour passer les multiples postes de contrôle, amputant les terres palestiniennes et confisquant 82% des ressources d’eau.
L’objectif est d’annexer les terres historiques, de morceler le territoire et d’y ancrer un État juif.
Les routes : elles sont, pour la plupart, interdites aux Palestiniens, les contraignant à faire d’interminables détours pour rejoindre leur lieu de travail et les autres villages. à terme, chaque ghetto palestinien sera relié par un réseau routier discriminatoire sous contrôle de l’armée israélienne et financé avec l’aide de la communauté internationale et des bailleurs de fond.
Le but est que Palestiniens et colons israéliens ne se rencontrent jamais.
La colonisation : des centaines de colonies participent au morcellement du territoire, à l’annexion des terres et permettent d’assurer le contrôle territorial et militaire des environs.
Les incursions nocturnes des colons dans les villages sont quotidiennes. L’environnement : plus d’un million d’oliviers ont été détruits par l’armée et les colons.
Le sol est contaminé par les déchets toxiques des Israéliens, les eaux usées déversées dans les vallées.
A Tulkarem, à Jénine, les cultures sont amputées par le mur et polluées par des usines israéliennes dont les produits chimiques ont un impact néfaste sur l’environnement, les cultures et la santé des Palestiniens.
Les maisons : des familles palestiniennes sont chassées de leur domicile pour laisser place aux colons. Nous avons été témoins de la détresse d’une famille, à Sheikh Jarrah (Jérusalem Est), dont la moitié de la maison avait été saisie d’office. Les destructions sont quotidiennes sous prétexte de sécurité, de recherches archéologiques, de constructions illégales.
Hébron : la vieille ville vit sous administration civile et militaire israélienne. 40 000 Palestiniens (20 % du total des habitants d’Hébron) subissent un véritable apartheid. Les colonies (5 dans la ville), regroupent 400 colons « protégés » par 1500 soldats.
La circulation automobile est interdite aux Palestiniens dans le quartier commerçant et la circulation piétonne sur 1 km. De nombreuses échoppes sont fermées puisque inaccessibles. Des familles palestiniennes abandonnent leurs maisons, désespérées par les conditions de vie que leur imposent soldats et colons.
Ceux qui habitent au-dessus du marché de la vieille ville jettent régulièrement des objets, des déchets, obligeant les Palestiniens à poser des filets de protection.
Les camps de réfugiés : ils sont sous la responsabilité de l’UNRWA (Nations unies) qui administre quelques équipements (écoles, dispensaires, bureaux). Toutefois, les moyens accordés sont insuffisants. La population vit concentrée dans d’extrêmes difficultés quotidiennes.
Il y a une vraie nécessité de créer des coopérations et des actions de solidarité avec les camps.
Nous avons visité celui d’Al Farah à Jénine, qui ne bénéficie d’au cune coopération ou jumelage et où les équipements éducatifs, sanitaires et sociaux manquent cruellement et avons participé à l’inauguration d’un jardin d’enfants dans le camp d’Al Amari de Ramallah créé grâce à la solidarité de la municipalité de Stains.
Quel bonheur d’avoir partagé un soir la joie des enfants du camp.
L’insécurité : injustement imputée aux Palestiniens, nous l’avons vécue lors des passages aux check-point ou en croisant des patrouilles et surtout lors de la manifestation pacifique hebdomadaire contre le mur à Bel’in lorsque les soldats israéliens lancèrent des bombes lacrymogène, puis un jet de mélanges chimique et biologique à l’odeur pestilentielle et enfin tirèrent à balles réelles.
Nous l’avons aussi ressentie quand les soldats montaient dans notre car, arrogants, pour vérifier nos passeports ou nous menaçaient de nous confisquer nos appareils photos, ou encore à l’aéroport de Tel Aviv quand certains d’entre nous furent longuement interrogés sur les motivations de notre voyage.
à la pauvreté et au chômage massif s’ajoutent la privation de droits élémentaires comme celui de circuler librement, de s’organiser politiquement.
Près de 40% de la population masculine est ou a été en prison. Toutes les familles sont touchées. De nombreux enfants sont arrêtés, maltraités, torturés : nous avons rencontré deux enfants de 7 ans et 13 ans brutalisés et assignés à résidence jusqu’à l’âge de 16 ans, âge de la majorité pénale.
Cette situation génère révolte, résistance et soif de liberté. Il y a bien un colonisateur, un colonisé, une stratégie d’apartheid.
Les forces politiques et associatives avec qui nous avons échangé nous ont exprimé leur volonté d’amplifier la résistance pacifique en s’appuyant notamment sur le droit international.
L’espoir soulevé par la réconciliation entre le Hamas et le Fatah est salué par la population, elle permettra de faire face ensemble à l’occupation et à faire pression auprès de la communauté internationale pour contraindre le gouvernement israélien à stopper sa politique d’agression.
La jeunesse est à bout, la confrontation est proche. Elle ne croit plus au règlement par la négociation. L’éventualité d’une nouvelle intifada a été plusieurs fois évoquée malgré les conséquences catastrophiques qui pourraient en résulter sur le peuple palestinien.
Revenus en France, nous voulons dénoncer cette tragédie, apporter notre solidarité sous forme de projets concrets et tout faire, à notre niveau, pour agir en faveur de la paix et du droit.
Saluons aussi le courage des nombreux Israéliens qui condamnent cette occupation et oeuvrent pour une paix durable.
L’attitude criminelle des autorités israéliennes avec la complicité des États-Unis doit être condamnée. L’Europe et la France portent une lourde responsabilité dans la poursuite de ce conflit. Elles se doivent d’agir pour une solution juste et durable avec la création d’un État palestinien à côté d’Israël dans les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, mais aussi le démantèlement des colonies, la libération de tous les prisonniers politiques et le retour des réfugiés.
La situation en Palestine, au-delà du Moyen Orient, est une question mondiale qui touche aux valeurs universelles des droits de l’Homme et de la justice.
Israël s’impose comme un État au-dessus des lois et des résolutions internationales. Il faut exiger des sanctions nationales et européennes, imposer le boycott des produits issus des colonies et les désinvestissements sur les terres palestiniennes annexées, dénoncer l’accord du partenariat privilégié entre l’Union européenne et Israël.
Se limiter à protester n’empêche pas Israël de poursuivre la confiscation des terres, la destruction des cultures et la construction d’infrastructures à Jérusalem Est.
82% des Français estiment que les Palestiniens ont droit à un État, 69% pensent que la France doit dès maintenant reconnaître l’État de Palestine. Alors, plus que jamais, renforçons les jumelages entre villes, multiplions les projets de coopération entre associations et avec les camps de réfugiés, développons le tourisme solidaire.
La Palestine est un pays empreint d’une grande tradition d’hospitalité. Agissons résolument pour que ce peuple, privé de sa terre et de ses droits – et qui montre une remarquable obstination à ne pas disparaître – puisse vivre enfin en paix, dans une Palestine faite de justice et de liberté.
Françoise Guiche, membre du Conseil national du PCF,
Miguel Hernandez, du secrétariat de l’ADECR 93

 

Salah Hamouri enfin libéré !

Alibsalah.jpgLe jeune Franco-Palestinien injustement emprisonné 6 ans, 9 mois et 7 jours dans les geôles israéliennes sera libéré dimanche.
Le gouvernement israélien a accepté qu’il soit inclus dans la deuxième vague de libération de détenus palestiniens qui a permis la libération de Gilad Shalit en octobre dernier.
"On est un peu dans l'euphorie" a déclaré Denise Hamouri, sa mère.
Selon l'accord conclu avec le Hamas grâce à une médiation égyptienne, Israël a relâché un premier contingent de 477 détenus palestiniens et doit en libérer 550 autres dimanche. Salah Hamouri apparaît sous le numéro 524 sur la liste.
Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF à "saluer le courage et l'action permanente des parents, ami-e-s et proches de Salah qui n'ont cessé d'agir pour sa libération ainsi que les organisations et associations qui se sont mobilisées pour cette cause juste.
Après l'entrée de la Palestine à l'UNESCO, l'annonce de la libération de Salah Hamouri est la deuxième très bonne nouvelle de la semaine". Et Pierre Laurent souligne : "Il retrouve enfin la liberté après avoir été condamné par un tribunal militaire illégal au regard de l’ONU sans qu’aucune preuve n’ait été apportée quant à sa culpabilité sur les deux chefs d’inculpation dont il était accusé."
Pierric Annoot, secrétaire général du Mouvement des Jeunes Communistes de France, s'est également félicité de cette libération, fruit de la solidarité internationale :

« C’est une formidable nouvelle pour Salah, sa famille, ses proches et tous ceux qui ont lutté pour sa libération. Néanmoins n’oublions pas que l’injustice s’est ajoutée à l’arbitraire d’une condamnation, car Salah aura purgé 15 jours de prisons supplémentaires. Restons vigilants et mobilisés jusqu’à sa libération effective. La libération de Salah constitue un formidable point d’appui pour continuer la lutte pour la libération de tous les prisonniers politiques et pour la Palestine ! »
La mobilisation populaire paie toujours !
C’est une formidable victoire pour tous ceux qui ont lutté pour sa libération et en premier lieu son comité de soutien présidé par Jean Claude Lefort qui regroupait de nombreuses personnalités politiques, syndicales et associatives de tous horizons.
Les jeunes communistes ont aussi apporté largement leur pierre à cette mobilisation en contribuant à faire connaitre le sort de Salah par des débats, des concerts de soutien ; en faisant signer plus de 40.000 pétitions exigeant sa libération ; en interpellant des ministres et des députés publiquement mais aussi par des courriers officiels à de maintes reprises ; en demandant à de nombreuses villes qu’il soit fait citoyen d’honneur aidés par des élus communistes de leurs villes ; en organisant des dizaines de rassemblements larges et unitaires partout en France ; en recouvrant tous les murs des villes, des facs et des lycées de son portrait....
La lutte continue pour la liberté, le respect du droit et la paix en Palestine !
Nous continuerons le combat pour exiger la libération de Marwan Barghouti, député du Fatah emprisonné depuis 2002, mais aussi de celle de tous les prisonniers politiques. Pas de paix possible sans la libération de tous les prisonniers politiques.
Elle est d’autant plus nécessaire que depuis octobre et la libération des 450 premiers prisonniers politiques, l’état d’Israël a arrêté de nouveaux 200 palestiniens.
Cette politique arbitraire, injuste et contraire à tous les droits internationaux menée par le gouvernement israélien le plus à droite depuis 1948 est une impasse dans le processus de paix.
Enfin, les jeunes communistes appellent la France et les pays de l’Union Européenne à prendre leurs responsabilités dans la résolution de ce conflit, ce qui passe par un vote positif au conseil de sécurité et à l’Assemblée Générale de l’ONU pour que la Palestine soit reconnue comme un état plein et entier.
Enfin, il faut que la France et les pays de l’Union Européenne parlent d’une voix forte et déterminée pour faire respecter le droit des Palestiniens et qu’Israël respecte enfin les résolutions de l’ONU concernant le mur, les colonies, le droit au retour des réfugiés, la question de Jérusalem et celle des prisonniers politiques.

 

Palestine à l'UNESCO : « Attitude intolérable de Tel Aviv et de Washington ! »

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L'admission de l'Etat de Palestine à l'UNESCO, comme membre à part entière de cette organisation emblématique de la paix, de la coopération entre les peuples, des droits humains et de la culture est une victoire politique majeure pour les Palestiniens.
Le PCF réitère sa solidarité avec l'OLP et l'ensemble de la direction palestinienne. Il demande instamment aux autorités françaises qui ont approuvé cette admission, de soutenir la même demande palestinienne dans le cadre de l'ONU afin que la Palestine puisse se voir reconnaître comme Etat membre à part entière par les Nations Unies.
Après tant d'années de vaines attentes, de négociations sans résultat, de colonisation ininterrompue et d'occupation militaire... il est vraiment temps que la justice et le droit puissent s'imposer.
C'est la condition sine qua non d'une paix durable pour tous les peuples du Proche-Orient.

L'admission de la Palestine à l'UNESCO a été accueillie positivement dans le monde mais elle suscite l'agressivité et les volontés de représailles des dirigeants d'Israël, des Etats-Unis et de quelques autres pays.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou digère mal ce qui est un échec diplomatique majeur pour lui et son gouvernement. Il a décidé de geler les transferts de fonds dûs à l'Autorité palestinienne et d'accélérer la colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie en annonçant la construction de 2000 logements nouveaux.
Quelques jours plus tôt, le Ministre des affaires étrangères israélien d'extrême droite, Avigdor Lieberman, s'était permis de demander la démission de Mahmoud Abbas, le Président palestinien. L'administration des Etats-Unis, quant à elle, a annoncé la suspension immédiate des versements de sa contribution au budget de l'UNESCO.
Tel Aviv et Washington se singularisent dans une démarche de confrontation en cherchant à punir les Palestiniens et à sanctionner l'UNESCO. Cette attitude provocatrice et irresponsable confine à l'intolérable.
Le PCF appelle les autorités françaises et européennes à la plus grande fermeté. Des sanctions doivent être prises contre les dirigeants israéliens, en particulier la suspension immédiate de l'accord UE/Israël.
Le boycott des produits de la colonisation et de tout ce qui l'alimente est plus que jamais nécessaire. La France doit prendre ses responsabilités et engager les initiatives utiles pour que les Etats-Unis et les Etats membres de l'UNESCO garantissent le budget de celle-ci.

 

Salah Hamouri : Lettre ouverte de Pierric Annoot (MJCF) à Alain Juppé

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Monsieur le ministre des Affaires étrangères,
Depuis presque deux ans, le Mouvement jeunes communistes de France mène une campagne active pour obtenir la libération de notre compatriote Salah Hamouri ainsi que celle du député du Fatah, Marwan Barghouti et celle de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens.
Dans ce cadre, nous nous félicitions de la libération imminente de Gilad Shalit et de 1 000 prisonniers politiques palestiniens, ce qui constitue, assurément, un pas notable vers la paix.

Cependant, à l’instar de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, qui s’en expliquait lors de sa visite officielle vendredi dernier, nous tenons à manifester notre inquiétude quant au sort de Salah Hamouri.
Comme vous le savez, notre compatriote Salah Hamouri a été transféré de prison et mis à l’isolement (et privé de visite jusqu’au 5 novembre) au prétexte d’une grève de la faim, menée en commun avec plusieurs de ses codétenus aux fins de protester contre le durcissement de leurs conditions de détention.
Salah Hamouri aura effectué sa peine et doit normalement être libéré le 28 novembre prochain. Pourtant, la loi dite « loi Shalit » permet aux autorités pénitentiaires de prolonger sa détention de vingt jours par année de prison effectuée – donc 140 jours concernant Salah.
Engagés pour la paix, la justice, le droit et la dignité humaine, nous considérerions cette décision comme un acte de première injustice. Votre silence face à cette lourde menace pesant sur Salah Hamouri, mis en regard avec votre satisfaction publique face à la libération de Gilad Shalit, ne laisse pas de nous inquiéter.
Aussi, nous vous demandons d’entreprendre toutes les démarches diplomatiques concernant Salah Hamouri auprès des autorités israéliennes pour obtenir sa libération, dans le même esprit et avec la même vigueur dont vous avez fait preuve pour la libération de Gilad Shalit.
Cette position de justice que nous vous demandons est un des axes de la campagne nationale que nous avons menée ces derniers mois.
Celle-ci sera marquée par un rassemblement le vendredi 28 octobre à 18h30, devant le quai d’Orsay, pour exiger la libération de Salah Hamouri. À cette occasion, nous souhaiterions qu’une délégation puisse vous rencontrer pour vous porter les milliers de pétitions exigeant sa libération recueillies dans tout le pays.
Dans l’attente d’une réponse de votre part, je vous prie d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de ma considération républicaine.
Pierric Annoot, Secrétaire général du Mouvement jeunes communistes de France

 

L'ETAT DE PALESTINE... MAINTENANT!

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Lors de la prochaine Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU), Le Président de l'Autorité Palestinienne présentera la demande de reconnaissance de l’État de Palestine dans les frontières de 1967, avec Jérusalem–Est comme capitale.
Trois pays sont résolument opposés à ce projet : les Etats-Unis, principale puissance impérialiste, l'Allemagne de A. Merkel et la Colombie fasciste, ils feront tout pour empêcher la reconnaissance.
Obama brandit la menace d'utiliser son droit de véto pour passer outre la volonté du Conseil de sécurité...
Au contraire, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du Sud, la Russie, le Gabon, le Liban (qui préside le Conseil), le Nigeria et le Portugal sont favorables à l'initiative palestinienne. D'autres pays comme la France, le Royaume-Uni hésitent...
Le Collectif pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens, représentatif de plus de 40 partis, syndicats et associations de notre pays demande solennellement au gouvernement français de reconnaître l'État de Palestine, sans restriction sur ses prérogatives et sur ses droits, dans ses frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale, et la reconnaissance du droit au retour des réfugiés palestiniens conformément au droit international.

Il est de la première importance que toutes les initiatives soient prises dans la plus forte et la plus large mobilisation citoyenne pour que les autorités françaises reconnaissent maintenant, sans attendre, l'Etat de Palestine et soutiennent l'initiative palestinienne aux Nations-Unies.
La France peut agir dans ce sens si l'exigence populaire se fait incontournable.
Cela dépend aussi de nous, alors que les Etats-Unis ont menacé d’un veto et que le Congrès américain se prépare à des mesures de rétorsions contre les Palestiniens.
Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont officiellement déclaré et répété à de multiples reprises qu'ils sont favorables à l'édification d'un Etat palestinien. Ils sont aujourd'hui devant leur responsabilité.
Mais il s'agit d'une responsabilité collective. Il appartient aussi aux pays membres de l'UE - aujourd’hui divisés - de s'engager avec détermination dans cette voie. La France doit y contribuer.
Le peuple palestinien a des droits. Des droits nationaux imprescriptibles qui doivent être réalisés par l'application des résolutions de l'ONU, par le démantèlement des colonies et du mur d'annexion, la levée du blocus de Gaza, la fin de l'occupation militaire.
Le Parti communiste français appuie avec détermination la démarche palestinienne pour la création d'un Etat palestinien dans les frontières d'avant juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, avec le principe du droit au retour pour les réfugiés, avec la libération de tous les prisonniers...
Un Etat de Palestine à côté de l'Etat d'Israël, c'est la condition de la justice et d'une paix véritable, c'est le moyen d'une avancée décisive pour le monde arabe et l'ensemble du Proche-Orient.
Cette juste cause palestinienne - soutenue par les communistes et les progressistes israéliens - c'est aussi une cause de dignité, une cause de l'anti-colonialisme pour l'ensemble des peuples du monde arabe qui aujourd'hui se lèvent pour leur liberté.
Une reconnaissance de l'Etat palestinien aux Nations-Unies permettrait d'acter solennellement une souveraineté nationale et de confirmer tous les droits de tous les Palestiniens, y compris les réfugiés.
Cela renforcerait l'exigence de l'application de l'ensemble des résolutions des Nations-Unies, y compris par Israël dont le mépris du droit international et la politique de colonisation sont de plus en plus largement condamnés dans le monde.
Cette politique a conduit à une impasse dramatique. Elle a légitimement poussé à des appels de plus en plus nombreux à des sanctions et au boycott des colonies. Le PCF en est partie prenante.
Aujourd'hui, une porte peut s'ouvrir sur l'avenir. Malgré tous les obstacles, c’est possible. La reconnaissance d'un Etat de Palestine est un acte de droit et de légitimité.
Il faut affirmer notre solidarité, soutenir, contribuer à donner l'élan le plus irrésistible aux mobilisations et aux initiatives afin que le peuple palestinien, enfin, puisse vivre dans l'indépendance et le libre exercice de tous ses droits nationaux.

 

EMPÊCHONS L’EXECUTION DE TROY DAVIS !

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Le gouverneur de l’Etat américain de Géorgie vient de signer l’ordonnance d’exécution contre Troy Davis. Sa mise à mort est programmée pour le 21 septembre 2011.
Son ultime recours est le Comité des grâces de Géorgie.
Comme lors des campagnes précédentes, le Collectif Unitaire national de soutien à Mumia Abu-Jamal s’associe à l’appel d’Amnesty International pour sauver cet homme qui, comme Mumia, crie son innocence (depuis 20 ans) et demande un nouveau procès.

C’est maintenant, ultime recours, au Comité des grâces de Géorgie de décider si Troy Davis, condamné pour le meurtre d’un policier, doit vivre ou mourir.
"Cette exécution n’est pas inévitable, déclare Geneviève Garrigos, présidente AIF. Le Comité des grâces de Géorgie peut changer la donne. En juillet 2007, il a déclaré que ses membres ne confirmeront l’exécution que s’ils sont absolument convaincus qu’aucun doute sur la culpabilité de Troy Davis ne persiste dans leur esprit.
Or, depuis cette date les doutes quant à sa culpabilité n’ont fait que croître. Restons tous mobilisés pour Troy ! ". Seule la mobilisation de l'opinion publique peut le sauver.
Amnesty International va rapidement appeler à une mobilisation citoyenne pour éviter la mort d’une personne, peut-être innocente.
Le 28 août 1991, Troy Davis a été condamné à mort, sans aucune preuve matérielle, pour le meurtre du policier Mark Allen MacPhail commis deux ans plus tôt.
Sept des neuf témoins du procès se sont depuis rétractés ou ont contredit leur témoignage initial dans des déclarations sous serment, certains accusant la police d’avoir fait pression sur eux.
L’un des deux derniers témoins est le principal suspect, mis en cause par d‘autres témoins.
Amnesty International s’oppose à la peine de mort en toutes circonstances, quels que soient la nature du crime commis, les caractéristiques de son auteur ou la méthode utilisée par l’Etat pour exécuter.
Signez et faîtes signer sans attendre la pétition d’Amnesty en cliquant sur le lien ci-après : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Peine-de-mort/Actualites/Empechez-l-execution-de-Troy-Davis-3361

 

L'Europe du Capital sabre l'aide alimentaire

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La Commission Européenne a annoncé une coupe radicale dans le budget de l’aide alimentaire européenne qui sera ramené de 500 à 113 millions d’euros. Ainsi l'exigent Mm Merkel et le gouvernement allemand. En France, le Secours Populaire, les Restos du Coeur, le Secours catholiques vont ainsi se voir empêcher de distribuer des centaines de milliers de repas aux familles dans le besoin...
Cette Europe du capital, coproduite par la Droite, les partis socialistes et les Verts montre son vrai visage : au service des marchés financiers, elle réserve ses faveurs aux banques, aux spéculateurs, aux multinationales mais demeure intraitable pour les pauvres.
Cette aide apportait un financement aux 240 banques alimentaires européennes qui viennent en aide aux Européens les plus démunis.
Alors qu’il ne représente que 1% du budget de la Politique agricole commune, ce programme s’adressait à 13 millions de personnes dépendantes de cette aide. En France d’après les associations caritatives cette aide bénéficierait à deux millions de personnes.
Le gouvernement allemand, soutenu par six autres Etats européens qui ne participaient pas à ce programme, a décidé d’introduire une plainte devant la Cour européenne de Justice, arguant que cette aide ne pouvait être soutenue par le Budget de la Politique agricole commune (PAC), prétextant qu’elle était avant tout sociale et ne rentrait pas dans les missions de la PAC.
La Cour européenne de "justice" leur a donné raison en avril. Cette décision est totalement scandaleuse.
Elle est à l’opposé de l’idée d’une Europe sociale. Comment accepter que la Commission de Bruxelles puisse ignorer froidement 43 millions de personnes, menacées par la pauvreté alimentaire ?
"J’en appelle à l’action contre cette décision insupportable qui fait honte aux institutions européennes, déclare le député communiste européen P. Le Hyaric. Je demande à la Commission de cesser ces tergiversations incongrues et de non seulement rétablir les budgets de l’aide alimentaire européenne, mais de les augmenter pour combattre la malnutrition et la famine en Europe."

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Devenons tous des "Indignados" !

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Les communistes sont aux côtés des jeunes espagnols - les "indignados" - en lutte, comme ils sont aux côtés du peuple tunisien. Nous ferons tout pour que ce vent nouveau qui se lève au Sud gagne la France, soulève la jeunesse et les salariés et bouscule les scénarios écrits d'avance de l'élection présidentielle.
Les citoyens espagnols appelés aux urnes ce week-end pour les élections locales ont exprimé un fort rejet de la politique du parti socialiste (PSOE) au pouvoir : celui ci, faute de mettre en œuvre une politique de gauche recule de 10 points dans les urnes.
Le PSOE a perdu 4,5 millions de voix...
Pliant devant les marchés financiers le gouvernement socialiste de J.L. Zapatero tente d’imposer une austérité sans précédent et remet en cause toutes les acquis sociaux (retraites, services publics). Bipartisme oblige, c'est le parti ultralibéral (PP), héritier du franquisme et pourtant empêtré dans nombre d’affaires de corruption, qui bénéficie du recul socialiste.

Nombre de grandes villes dont Barcelone tombent à droite.
Pour P. Laurent (PCF) : « ces résultats confirment ce que l'on observe en Europe depuis la crise : les gouvernements qui appliquent les plans d'austérité exigés par l'Union européenne pour rassurer les marchés financiers » sont sanctionnés par le peuple. La stratégie du moindre mal ne mène à rien ».
A méditer par les militants socialistes français, à l'heure ou l'actualité démontre que DSK ou Ch. Lagarde, parce que leur politique économique sont libérales, sont parfaitement interchangeables à la tête du FMI. Pourront ils comprendre qu'il est temps, grand temps de mettre vraiment le cap à gauche ? Hélas ni F. Hollande, ni Aubry ne semble l'avoir compris...
Faute de perspective à gauche, c’est la droite populiste qui se renforce en Espagne. Accrochée comme le PS aux dogmes ultra libéraux, la Droite si elle revient au pouvoir, n’apportera aucune solution à la crise. Il faut s’en prendre au capitalisme financier, mater la spéculation et non reprendre ses vieilles recettes usées qui nourrissent la crise.
Ce rejet s'exprime en Espagne, depuis le 15 mai, par le mouvement des « indignés » qui s'élargit de jour en jour. Le mouvement a gagné plus de 150 villes du pays. Les jeunes sont les premières victimes collatérales du système: le chômage, la précarité, les plus bas salaires». Comment vivre avec 400 euros par mois, payer son loyer, fonder une famille ?
En bon élève du FMI et de l’Union Européenne, le gouvernement socialiste espagnol a fait le choix de faire payer la crise à sa jeunesse. Le résultat est terrible : les inégalités sociales se creusent et près de 50% des jeunes actifs sont désormais au chômage.
L’austérité budgétaire en pesant négativement sur la consommation et les débouchés, va freiner davantage l'activité économique de ces pays et le chômage, mais aussi creuser encore plus les disparités au sein de la zone euro. Déjà la croissance est négative en Espagne : -3,5 %.
Dénonçant le chômage et la précarité ainsi que les alternances qui ne changent pas leur vie, ils revendiquent une utilisation de l'argent au service du peuple et une réelle démocratie. Ce mouvement est un formidable espoir qui porte l'exigence d'une alternative politique.
Le Parti de la gauche européenne et le PCF soutiennent le mouvement des jeunes espagnols et la journée d'information et d'action annoncée par la Confédération européenne des syndicats le 21 juin prochain.
Ce mouvement peut faire boule de neige partout en Europe et pratiquer sa jonction avec les revendications salariales et toutes celles portant sur les retraites, la santé, l’école et l’extension des services publics, et sur la nécessaire maîtrise publique du crédit délivré par les banques...
Les communistes appellent « à la convergence des luttes en Europe contre les politiques d'austérité et le « Pacte euro + » qui vise à organiser la précarité et dépossède encore un peu plus les peuples de leur souveraineté économique et budgétaire. »
Le peuple espagnol, comme tous les peuples d’Europe et du bassin méditerranéens ont besoin d'une Europe sociale et solidaire, pas d'une construction à la solde des grands groupes et des marchés financiers !

 

L'armée d’Israël tue au moins 20 manifestants

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Les troupes israéliennes ont ouvert le feu sur des manifestants aux frontières avec la Bande de Gaza, le Liban et la Syrie sur le plateau occupé du Golan, dimanche, lors des rassemblements pour le 63e anniversaire de la "Nakba", la "catastrophe" représentée pour les Palestiniens par la création de l'Etat hébreu en 1948. Au moins 12 personnes ont été tuées.
Les incidents les plus meurtriers se sont produits sur le plateau syrien du Golan annexé par Israël. Des milliers de manifestants venus de Syrie se sont massés près de la frontière, selon l'armée israélienne.
Au moins six personnes ont été tuées et plusieurs dizaines blessées. Selon des responsables israéliens, deux manifestants sont morts côté israélien et au moins quatre morts étaient signalés côté syrien.
Les manifestants seraient des Palestiniens vivant dans des camps de réfugiés en Syrie. L'un de ceux qui ont franchi la frontière, interrogé sur la chaîne israélienne Channel 2, a dit être un habitant du camp de réfugiés de Yarmouk. "Je suis un Palestinien de Nazareth", a-t-il ajouté

La chaîne a diffusé des images, prises par un habitant du village de Majdal Shams, frontalier du Golan, de ce qu'elle a présenté comme une manifestation pro-palestinienne dans les rues du village.
Israël a occupé le Golan depuis de la guerre israélo-arabe de 1967. La Syrie réclame la restitution de ce territoire, Damas exigeant qu'elle figure dans tout accord de paix qui serait conclu avec Israël. Malgré l'hostilité entre les deux pays, la frontière est restée relativement calme depuis la guerre de 1973.
A une quarantaine de kilomètres à l'ouest des heurts sur le Golan, au moins quatre personnes ont été tuées dans le village frontalier de Maroun el-Rass au Liban, selon deux responsables de la sécurité libanaise.
Les militaires israéliens ont ouvert le feu sur des manifestants qui avaient atteint la barrière à la frontière et commencé à la vandaliser, selon le général de brigade Yoav Mordechai, un porte-parole de l'armée israélienne. Des réfugiés palestiniens avaient gagné le village dans des cars décorés d'affiches proclamant "nous revenons".
Beaucoup venaient des 12 camps de réfugiés palestiniens au Liban, qui abritent quelque 400.000 personnes.
Dans la Bande de Gaza, deux personnes ont été tuées et une quarantaine d'autres blessées lors d'une manifestation près de la frontière israélienne, selon les secours palestiniens.
Des manifestations ont aussi eu lieu en Cisjordanie. Dans un camp de réfugiés près de Jérusalem, les soldats ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des groupes d'individus qui lançaient des pierres.
A l'intérieur même du territoire israélien, les forces de police étaient placées en état d'alerte élevé.
En Cisjordanie, le Premier ministre de l'Autorité palestinienne Salam Fayyad a déclaré que les Palestiniens espéraient que 2011 soit l'année de la "liberté" et de "l'indépendance". Dans la Bande de Gaza contrôlée par le Hamas, son homologue Ismail Haniyeh a estimé devant des milliers de Palestiniens que les Palestiniens marquaient cette journée avec le "grand espoir de mettre fin au projet sioniste en Palestine".
Les Palestiniens commémoraient dimanche la "Nakba", la "catastrophe" représentée pour eux par la fondation de l'Etat d'Israël le 15 mai 1948, qui avait entraîné l'exode de centaines de milliers de Palestiniens. Le sort des millions de réfugiés et leurs descendants restent l'une des questions-clé d'un processus de paix israélo-palestinien dans l'impasse.
Sur Facebook et d'autres réseaux sociaux sur Internet, des militants avaient appelé les Palestiniens et leurs soutiens dans d'autres pays à manifester aux frontières d'Israël.
En Egypte, pour prévenir tout incident, l'armée avait installé au moins 15 barrages routiers, gardés par des chars et des blindés, le long de la route entre la ville d'El-Arish et le point de passage de Rafah avec la Bande de Gaza. Les militaires refoulaient toutes les personnes ne résidant pas dans ce secteur.

 

Salah Hamouri, fragile conversion française, par Alain Gresh

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Solidaire de la campagne exigeant la libération de Salah Hamouri, Dialogue Clichois publie cet article d'Alain Gresh, du Monde Diplomatique.
Depuis six ans, à la suite d’un simulacre de procès devant un tribunal militaire, le citoyen franco-palestinien Salah Hamouri se morfond dans une prison israélienne.
Son histoire était rappelée il y a plus de deux ans dans un article de Libération signé Christophe Ayad, cité dans un post précédent, « Le scandale Salah Hamouri » :
« Salah Hamouri a été arrêté le 13 mars 2005 sur la route de Ramallah. Deux heures plus tard, la police israélienne retournait l’appartement de ses parents, à Jérusalem-Est, à la recherche de preuves.

“Ils ont tout retourné, saisi le disque dur de son ordinateur. Ils sont allés jusqu’à démonter les lavabos”, se souvient Denise Hamouri, la mère de l’étudiant en sociologie de l’université de Bethléem. Pendant que son fils est détenu pendant trois mois à la prison de la Moskobieh, à Jérusalem, elle apprend dans la presse qu’il est censé avoir participé à un complot visant à assassiner le rabbi Ovadia Yossfe, chef spirituel du parti Shas (ultra-orthodoxe séfarade).
Il est aussi accusé d’appartenir au FPLP. Pendant les trois années qui suivent, Salah Hamouri est maintenu en détention administrative, comme la grande majorité des 11 600 prisonniers palestiniens, c’est-à-dire sans supervision de la justice civile. La routine en Israël. »
Depuis, de nombreuses mobilisations ont eu lieu pour obtenir la libération de ce prisonnier politique, sans succès. Le gouvernement français est resté bien peu actif, saluant même le système judiciaire israélien.
En juin 2010, pourtant, on a semblé percevoir un début de changement dans la position française, comme l’ancien député Jean-Claude Lefort, président de l’Association France-Palestine solidarité, en rendait compte dans un historique de ses rencontre avec Jean-Dominique Levitte, conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy. Pourtant, les propos lénifiants du conseiller n’ont été suivis d’aucun effet.
Dans une lettre adressée à Marie-France Beaufils, sénatrice-maire de Saint-Pierre-des-Corps, en date du 31 mars 2011, Alain Juppé écrit concernant Salah Hamouri :
« Je déplore que les autorités israéliennes n’aient pas pris de décision de remise de peine, d’autant que les aveux faits à l’audience n’ont été corroborés par aucun élément de preuve. Je mesure la peine de sa famille, alors qu’il est à présent en âge de s’investir dans des études. Je comprends également que l’intéressé a fait le choix de ne pas solliciter de demande de grâce. C’est une attitude respectable. »
Comme l’écrit Jean-Claude Lefort sur le site de l’AFPS :
« Ainsi, pour la première fois, un ministre reconnait clairement que Salah est incarcéré depuis six ans “sans élément de preuve” concernant l’accusation portée contre lui. De même, de manière implicite, le ministre admet que le refus de Salah de présenter des excuses est “une attitude respectable”. Cette avancée ne rend que moins compréhensible le fait que le ministre n’évoque pas l’exigence de sa libération, prenant seulement acte du fait que Salah doit sortir de prison “le 28 novembre 2011” et que “sa situation continuera d’être suivie avec attention jusqu’à sa levée d’écrou”. »
On aimerait pourtant croire qu’après son autocritique sur la politique française au Proche-Orient, Alain Juppé impulsera une politique moins complaisante à l’égard de l’occupation israélienne...

 

Reconnaitre la Palestine sans plus attendre !

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Le Proche-Orient et le monde arabe connaissent de grands bouleversements, sources d’espoir pour la paix et la liberté des peuples. Notre pays doit encourager ce mouvement et pleinement s’impliquer au sein du Conseil de sécurité pour permettre l’entrée de la Palestine à l’ONU en tant qu’Etat souverain.
Le Député François Asensi, (apparenté communiste) membre du groupe d’amitié France-Territoires palestiniens est intervenu auprès du Ministre des Affaires étrangères Alain Juppé pour réclamer la reconnaissance immédiate par la France de l’Etat palestinien dans ses frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale.
Monsieur le Ministre,
La période que nous vivons constitue un tournant dans l’évolution politique du monde arabe. L’aspiration à la démocratie observée en Tunisie, en Egypte, en Libye et dans d’autres pays se fait également sentir dans les territoires Palestiniens. Le règlement du conflit israélo-palestinien est l’une des clés de la stabilité et de la paix au Proche-Orient.
Comme vous l’avez récemment affirmé, je pense il est du devoir de la France de soutenir le printemps des peuples arabes et de renforcer les liens qui nous unissent à eux.

En visite officielle, le Président de l’Autorité Palestinienne M. Abbas a explicitement demandé l’aide de la France pour sortir le processus de paix israélo-palestinien de l’impasse dans lequel il se trouve. Il a réclamé la reconnaissance par notre pays de la Palestine dans ses frontières de 1967 et demandé la mobilisation de notre diplomatie vers cet objectif.
J’apporte mon soutien à la démarche diplomatique de M. Abbas visant à faire reconnaître l’Etat Palestinien par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2011, seule solution désormais pour sortir de l’impasse.
Cette possibilité doit être étudiée avec la plus grande considération dans la mesure où l’Etat d’Israël refuse toujours de faire les avancées indispensables à une reprise des négociations entre les deux parties, notamment sur la fin de la colonisation et le statut de Jérusalem-est. J’ajoute que l’occupation israélienne et la poursuite de la colonisation sont illégales au regard du droit international.
En Cisjordanie, Israël grignote chaque jour un peu plus le territoire de l’Autorité palestinienne, remettant sérieusement en cause la création d’un futur Etat palestinien. Devant l’absence de négociations directes, il est plus que temps d’adopter une autre stratégie pour satisfaire le droit du peuple Palestinien à vivre dans un Etat souverain, tout en garantissant la sécurité d’Israël.
La communauté internationale avait posé comme conditions à la reconnaissance de la Palestine des avancées sur la mise en place de ses institutions. L’Autorité palestinienne a fait beaucoup d’efforts en ce sens pour mettre en place une administration et des services publics efficaces. Les institutions internationales, le FMI, la Banque Mondiale et l’ONU, reconnaissent désormais que l’Autorité palestinienne dispose des structures nécessaires à la création d’un Etat viable et gouverné de manière démocratique.
Le Président de la République a lui-même reconnu ses avancées lors de la venue de Monsieur Abbas. Les autorités palestiniennes ont ainsi respecté leurs engagements en érigeant un Etat de droit. Il serait inconcevable que la France et la communauté internationale ne respectent pas le sien et laissent les Palestiniens au bord du chemin.
Vous avez déclaré vouloir inaugurer une nouvelle politique avec le monde arabe pour « faire émerger un espace de paix, de stabilité et d’échange en Méditerranée ». La France doit donc adopter une voix forte dans le concert des nations pour promouvoir cet objectif d’émancipation des peuples et de développement. Reconnaître l’Etat Palestinien serait à ce titre une décision historique, dans la droite ligne des grands marqueurs de notre politique étrangère, du retrait du commandement intégré de l’OTAN à la condamnation de la guerre du Vietnam par le Général de Gaulle, jusqu’au refus de la guerre en Irak par le Président Jacques Chirac en 2003.
Plus d’une centaine de pays ont déjà reconnu l’Etat Palestinien et dernièrement dix Etats d’Amérique latine dont le Brésil ont franchi le pas. Le Président français a déclaré « réfléchir sérieusement à l’éventualité de reconnaître l’Etat palestinien ».
Le temps n’est plus à la réflexion. La France, fidèle à son histoire et ses valeurs, doit reconnaître dès maintenant l’Etat Palestinien. Forte de son statut de membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, la France a l’opportunité de prendre la tête de ce combat et de convaincre ses partenaires. Nous ne pouvons laisser passer cette responsabilité devant l’Histoire. La paix dans tout le Proche-Orient et la liberté de millions de Palestiniens en dépendent.
Dans l’attente, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes salutations les plus cordiales.
François Asensi, Député de Seine-Saint-Denis

 

Rony Brauman à Libération :«Je ne crois pas aux bombardements pour instaurer la démocratie»

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Rony Brauman est ancien président de Médecins sans frontières. Professeur associé à Sciences-Po, il réfléchit depuis des années aux effets des interventions humanitaires.

Une partie des opposants à l’intervention américaine en Irak soutiennent cette fois la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye. Pas vous. Pourquoi ?
Parce que je ne crois pas plus qu’avant aux vertus de bombardements aériens pour installer la démocratie ou «pacifier» un pays. La Somalie, l’Afghanistan, l’Irak, la Côte-d’Ivoire sont là pour nous rappeler aux dures réalités de la guerre et de son imprévisibilité.
«Protéger les populations» signifie, en pratique, chasser Kadhafi et le remplacer par un Karzaï local si l’on va au bout de la logique, ou diviser le pays en gelant la situation. Dans les deux cas, nous ne serons pas capables d’en assumer les conséquences. A quel moment cette guerre sera-t-elle considérée comme gagnée ?

Faut-il assister en spectateur à l’écrasement de la rébellion libyenne par les troupes de Muammar al-Kadhafi ?

Non. Entre la guerre et le statu quo, il y a un espace d’actions : la reconnaissance du Conseil national de transition (l’instance politique des insurgés, ndlr) par la France était un geste politique important, qu’il faut poursuivre en soutenant militairement l’insurrection : lui fournir des armements et des conseils militaires pour rééquilibrer le rapport des forces sur le terrain, ainsi que des informations sur les mouvements et préparatifs des troupes adverses. L’embargo commercial, l’embargo sur les armes et le gel des avoirs du clan Kadhafi sont autant de moyens de pression auxquels le régime de Tripoli ne peut être indifférent.

Ne risque-t-on pas de laisser faire une tragédie ?

Prenez le Rwanda, souvent invoqué comme un exemple de ce qu’il ne fallait pas faire : l’ONU avait des soldats et les a retirés avant le génocide, ce qui est retenu comme la grande faute. Mais, pour compréhensible qu’elle soit, cette critique morale est aveugle au fait que, pour changer le cours des choses, il aurait alors fallu établir une tutelle complète sur le pays, ce qui est impossible.
Selon moi, notre tort n’a pas été le retrait en 1994, mais l’intervention en 1990 pour sauver le régime en place, sous l’illusion de pouvoir imposer la paix. Il valait mieux accepter les violences du moment que de geler, pour un temps forcément limité, le rapport de forces. Ce sont les plus radicaux des deux côtés qui en ont tiré profit.

Même si l’on se contente d’interventions aériennes ?

Une opération aérienne n’a jamais permis de remporter une guerre. Cette illusion technologique relève de la pensée magique. Le bilan des interventions armées internationales montre que nous n’avons plus les moyens de décider ce qui est bon ou pas à l’étranger.
Le remède est pire que le mal. A partir du moment où la force ne nous permet plus de faire avancer à notre convenance une histoire qui hésite, mieux vaut en éviter l’usage et rompre avec les rêves de la «guerre juste». En cette matière comme en d’autres, la politique de l’émotion est très mauvaise conseillère.

Est-ce une opposition de principe à toute intervention ?

Non, les Brigades internationales parties combattre en Espagne aux côtés des républicains, en 1936, sont un grand moment de solidarité internationaliste - mais sûrement pas de défense des libertés démocratiques ! - et j’applaudirais des deux mains l’idée de brigades internationales allant soutenir la rébellion libyenne.
Mais les interventions étatiques sont une tout autre affaire ! J’ajoute que la morale est loin de trouver son compte dans les choix de situations justiciables d’une intervention internationale par rapport aux populations que l’on abandonne à leurs oppresseurs : la Tchétchénie, la Palestine, le Zimbabwe, la Corée du Nord, etc. Pour ne prendre qu’un exemple récent : parmi ceux qui appellent à une zone d’interdiction de survol au-dessus de la Libye, combien auraient défendu la neutralisation des forces aériennes israéliennes en janvier 2009 sur Gaza ou en août 2006 sur le Liban ?

Il n’y a donc pas de diplomatie des droits de l’homme possible ?

Allez demander aux manifestants du Bahreïn, réprimés par nos alliées les monarchies pétrolières du Golfe, ce qu’ils en pensent. Les Iraniens pourraient bien s’intéresser à leur tour à la défense des droits de l’homme dans la péninsule arabique. Non, les droits de l’homme ne sont pas une politique, et l’opposition canonique entre droits de l’homme et realpolitik est une impasse. Il y a une politique tout court, qui est l’art de vouloir les conséquences de ce qu’on veut. Les droits de l’homme sont convoqués ou révoqués à leur guise par les Etats.

Que dites-vous aux Libyens qui appellent l’Occident au secours ?

Je leur dis qu’ils se font des illusions sur notre capacité à redresser la situation à leur profit et que ce sont eux qui en paieront le prix fort. Souvenez-vous que, en 2003, de très nombreux Irakiens étaient en faveur d’une intervention armée. Ils croyaient que les Américains couperaient la tête du tyran et s’en iraient.
Les médecins savent, mais pas seulement eux, que donner l’illusion d’une protection peut être pire que ne pas donner de protection.

La reprise en main de la Libye par Kadhafi, n’est-ce pas la fin du printemps arabe, voire une menace sur les révolutions tunisienne et égyptienne ?

Je ne vois pas pourquoi. D’une part, ce n’est pas la situation en Libye qui déterminera à elle seule l’avenir démocratique des pays arabes ; d’autre part, on voit qu’à l’ombre de l’intervention en cours la répression s’abat sur d’autres manifestations dans les pays du Golfe.
Par ailleurs, nous sommes bien placés, en France, pour savoir qu’entre la révolution et la démocratie, il y a du chemin à faire et des retours en arrière. Le printemps arabe n’échappera sans doute pas à cette règle. Je suis convaincu que le rejet des pouvoirs despotiques et corrompus est profondément inscrit dans l’ensemble des sociétés contemporaines, mais que c’est à elles de faire de ce rejet un programme politique.
(source : Libération)

 

La Libye n’est ni la Tunisie ni l’Egypte: aider les insurgés à se libérer eux mêmes de la dictature ! Analyse de Gérard Filoche (PS)

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Gérard Filoche est militant socialiste et chroniqueur à l'Humanité Dimanche, il livre son analyse sur l'intervention en Libye et se démarque nettement des positions de son parti qui soutient l'intervention des deux mains.
L’histoire et la structure des pouvoirs n’est pas la même à Tripoli qu’à Tunis et au Caire, et la force et la nature du mouvement populaire n’ont pas été les mêmes. Il n’y a pas eu de « Place Tahrir » en Libye.
Sans doute parce que, à l’est du pays, de Tobrouk à Benghazi, les premiers insurgés spontanés, ont vu rapidement se structurer, à leur tête, des forces tribales, politiques et armées, économiques aussi, car le pétrole est là, qui ont pris le contrôle du mouvement et changé la donne de l’insurrection populaire contre l’insupportable dictature de Kadhafi.
Il faut constater qu’un des tout premier résultat de l’arrivée des nouveaux dirigeants politiques de l’est libyen a été de faire fuir 130 000 travailleurs immigrés vers l’Egypte et aussi 154 000 vers la Tunisie qui se sentaient menacés, certes par les combats et les bandes et l’armée de Kadhafi, mais en grande partie aussi par les insurgés eux-mêmes qui voyaient en eux, les premiers jours, des « mercenaires » possibles au service du pouvoir.
Peut-on parler de mouvement démocratique lorsqu’ils ont massacré des noirs dans la région ? Non seulement les noirs mais tous les immigrés en Libye se sont sentis en danger. D’où l’exil massif de 300 000 travailleurs aux deux frontières.


Cyrénaïque contre Libye ?
Dés le 17 février, une coalition des tribus de Cyrénaïque ont mis en place des conseils locaux qui ont créé le « Conseil national de Transition Libyen » composé de 31 membres aspirant à représenter les différentes villes et les trois régions de Libye. « Certains sont anonymes, pour prévenir toute menace sur leurs familles dans les régions encore sous le contrôle de Kadhafi ».
Cet « anonymat » démontre aussi, qu’à l’Ouest du pays, le rapport de force n’a pas réussi à être le même et pas seulement, contrairement à ce qui est dit, pour des raisons militaires : car l’armée de Kadhafi est beaucoup plus faible, divisée, mal équipée que ce qui est dit par la propagande occidentale (sauf de rares articles : cf. Le Monde du 18 mars sur l’état réel des forces du dictateur).
Et il faut donc comparer avec les armées égyptiennes et tunisiennes, elles étaient bien plus fortes au Caire et à Tunis qu’à Tripoli : si elles ont été empêchées d’intervenir, obligées de lâcher Ben Ali et Moubarak, c’est par la force unie de l’opposition dans les rues et dans les grèves.
Cette opposition, dans les deux cas, en Egypte comme en Tunisie, comme le soulignait cette semaine Jean Daniel dans le Nouvel Observateur, a été d’autant plus remarquable et sa victoire d’autant plus extraordinaire qu’elle a été « pacifique »… Les Baltaguiyas de Moubarak ont été battus, ceux de Kadhafi allaient ne pas l’être. Une guerre civile inégale a pris la place du soulèvement populaire.
Les révolutionnaires de l’est libyen, de la Cyrénaïque, ont été pris en main par le CNTL qui s’est déclaré leur “seul représentant” et dont le chef n’est autre que… Moustafa Abdeldjelil ex-ministre à la Justice sous Mouammar Kadhafi de janvier 2007 à… février 2011.
Cet homme a accepté de poser aux côtés de Bernard Henri Lévy qui lui met la main sur l’épaule avec la gestuelle néo-colonialiste ordinaire de ce Trissotin.
L’objectif proclamé de ce « Conseil national de transition » (CNTL) est « d’orienter la Libye au cours de la période intérimaire qui viendra après sa libération complète et la destruction du régime oppressif de Kadhafi. Il guidera le pays à des élections libres et la création d’une constitution pour la Libye ».
« Le Conseil cherchera à maintenir la paix et la sécurité dans les villes libérées de toutes ses forces. Il permettra également de planifier et travailler à la libération des autres villes encore tenues par le tyran Kadhafi Mouammar et sa bande.»
On ne nous dit pas grand-chose d’autre sur ce Conseil d’opposition autoproclamé, à part que, d’emblée, il a obtenu le soutien de Washington. Hillary Clinton, dès les premières heures, en février, lui a proposé des armes.
Bernard-Henri Lévy et Nicolas Sarkozy l’ont « reconnu » le 6 mars et reçu à l’Elysée : ils ont même, fait exceptionnel, envoyé un « ambassadeur » (sic) (en principe, la France ne reconnaît que les états).
Qui sont-ils ? Quel est leur programme ? S’ils voulaient vraiment mener une révolution démocratique et « nationale », pourquoi ont-ils ressorti les drapeaux du roi Idris, symboles d’un temps obscurantiste lointain où la Cyrénaïque était la province dominante du pays ?
Ont-ils demandé leur avis aux autres Libyens des régions de Tripolitaine et de Fezzan ? N’est-ce pas la raison, outre leur faiblesse militaire, des difficultés d’extension de leur mouvement vers l’Ouest du pays, qui a permis au dictateur Kadhafi, après ses premières défaites, de redresser un temps sa situation, de ressouder une partie de son armée, et de paraître l’emporter… avant que l’ONU ne vote jeudi 17 mars la guerre contre lui ?
« Cessez les violences d’où qu’elles viennent ? »
En Egypte comme en Tunisie, Sarkozy condamnait « les violences d’où qu’elles viennent », et aucun pays occidental n’a jamais appelé à une intervention en Egypte, au Barhein, à Oman, en Arabie Saoudite, au Yémen.
Et ce, alors que les mouvements des masses étaient plus puissants et manifestement plus légitimes, mais il est vrai, plus indépendants ! Une partie majoritaire des Occidentaux, cette même semaine où ils votent la guerre contre Kadhafi, laissent le sinistre roi Abdallah d’Arabie saoudite envoyer 1000 soldats et des chars à Manama par le « pont » de Barhein (c’était techniquement facile à empêcher) pour mitrailler les manifestants de la place de la Perle.
Le dictateur de Barhein peut, de ce fait, dans l’indifférence mondiale générale, faire 200 blessés par balles, et 41 morts en une journée, il casse la statue de la place de la Perle, supprime même le nom de la place et éradique aux bulldozers cette « place Tahrir » Bareïnie pour un « nouveau plan de circulation », sans que le monde bouge.
Le dictateur de Sanaa fait tirer depuis des semaines sur l’opposition yéménite manifestement majoritaire, elle, dans tout le pays : des dizaines de morts aussi hier.
Le royaume le plus bigot, le plus totalitaire et le plus riche du monde, en Arabie saoudite, n’encourt pas l’opprobre non plus des occidentaux quand toute manifestation est interdite et violemment réprimée : 70 % de sa population qui a moins de 25 ans subit pourtant une oppression intolérable.
Les pays du Golfe sont les derniers refuges impunis d’un infâme esclavage de leurs travailleurs, d’un apartheid social et d’un pillage inouï des richesses du pétrole volées à leurs peuples : mais ils bénéficient d’une clémence dont Kadhafi, qui leur ressemble, est privée.
Est-ce parce que Kadhafi est « fou » et « incontrôlable » ? Bien sûr c’est un barbare qui a réagi en barbare quand son peuple s’est rebellé.
Mais il ne l’était pas hier quand il était reçu en fanfare à l’Elysée et réhabilité en Grande-Bretagne ? Ni quand il barrait la route à l’immigration africaine dans l’intérêt de l’Union européenne. Ni quand il achetait aux occidentaux les armes dont ceux-ci lui reprochent de se servir.
Si les USA, la Grande-Bretagne, la France ont décidé d’intervenir c’est que, pour eux aussi, il y a une donc une différence substantielle entre la Libye et les autres révolutions arabes. Est-ce parce que les buts du CNTL leur semblent plus proches, sinon des puits de pétrole, du moins de leurs intérêts que les mouvements démocratiques et sociaux, les manifestations de masse populaires du printemps arabe ?
Dans un premier temps, l’opposition organisée sous le Conseil National de Transition Libyen avait refusé toute ingérence d’armées étrangères, car cela ne pouvait que jeter le discrédit sur son mouvement.
N’y a t il eu, comme certaines informations le laissent entendre qu’une dizaine de milliers de manifestants à Benghazi, une ville de 700 000 habitants ?
Le CNTL n’a t il pas retiré ces derniers jours les quelques armes dont ils disposaient aux jeunes combattants inexpérimentés de Ben Djaouad, de Ras Lanouf, et d’Ajbadiya les livrant sciemment aux soldats de Kadhafi ? Depuis que l’ONU a voté, cherchent-ils le cessez-le-feu et la négociation ?
Ou bien cherchent-ils à provoquer dorénavant l’intervention extérieure qu’ils refusaient hier ?


Entre deux mauvaises solutions :
Les chiens de guerre comme BH Lévy et A. Glucksmann qu’on n’a pas entendu en Tunisie ni au Caire, silencieux sur Riad, Sanaa et Manama, Alger et Marrakech, et qui « ressortent » aujourd’hui, ont-ils raison, avec le fanatisme dont ils savent faire preuve dans ces cas-là, d’appeler fougueusement « le monde » « à sauver par tous les moyens » les « combattants de la liberté » libyens de l’est ?
Nous sommes entre deux mauvaises solutions : toute victoire de Kadhafi serait un coup d’arrêt évident au printemps arabe. Mais toute intervention militaire occidentale directe serait aussi une façon de déposséder ces peuples en mouvement de leurs insurrections souveraines, démocratiques et sociales.
Les occidentaux ont fait volte face et ont fait voter à 10 voix sur 15, la motion 1973 de l’ONU. Ils ont préféré successivement ces deux mauvaises solutions à la vague de mouvements sociaux qui courent du Maghreb au Machrech : qui empêche que, pendant cette séquence libyenne, il y ait 46 morts par la répression au Yémen ?
La « Ligue arabe » composée de 21 états dont 19 dictatures est mise à l’honneur le 19 mars dans un « sommet » à l’Elysée comme jamais : même les assassins de Manama, Al Khalifa et Abdallah, proposent leurs avions à la coalition anti Kadhafi !
Que les avions français de Sarkozy se dressent contre les avions français de Kadhafi encore en état de voler n’est pas la meilleure façon de redonner le pouvoir au peuple libyen dans son ensemble.
Le risque est même par la logique de guerre et ses ravages, de ramener le pays des décennies en arrière. Une fois le processus enclenché, la propagande de guerre fait ses effets, et l’emporte sur les chances et les militants courageux de la révolution populaire. Ce sont les états-majors qui dirigent et la vérité devient introuvable : les journalistes sont « embedded ».
On entend des comparaisons insensées. Aucune comparaison ne tient avec le Kosovo – à moins de viser, de vouloir et d’assumer la partition de la Libye.
Il y a encore moins de comparaison avec la révolution en Espagne de 1936, c’est ridicule : le Front populaire avait gagné les élections, le coup d’état de Franco aurait été minorisé et balayé définitivement sans l’aide des états fascistes italiens et allemands, et c’est pourquoi l’aide apportée aux républicains par les Etats français ou britanniques a si cruellement fait défaut.
Qui peut croire une seconde que Sarkozy défend le peuple ?
Sarkozy, paraît-il, réviserait sa politique étrangère et pencherait dorénavant pour l’interventionnisme et l’ingérence volontaristes « pour les droits de l’homme ». C’est un pantin qui, hier,

1°) se gaussait des « droits-de-l’hommistes »
2°) vantait la France « défenseuse des droits de l’homme dans le monde »
3°) serrait sans rien dire la main des dictateurs chinois et autre Moubarak.
4°) embrassait et passait une alliance privilégiée avec le taliban riche d’Abu Dhabi,
5°) aggravait l’engagement de nos armées dans la sale guerre de Kaboul (au service d’Hamid Karzai, partisan de la charia et roi de la drogue)
6°) laissait planter la tente de Kadhafi à Paris pour mieux lui vendre des armes.
7°) proposait et vendait des matériaux de maintien de l’ordre à Ben Ali, Abdallah, Moubarak…

le voilà donc qui se ferait aujourd’hui le théoricien de la « guerre libératrice » des peuples et de l’ingérence occidentale (néo coloniale) ? Non !
On croit rêver du discrédit et des dangers que ce Président-là nous fait courir. C’est pourquoi nous ne l’encenserons pas, comme cela devient à la mode ces jours-ci, dans les radios et journaux français obséquieux. Il n’a pas plus « raison » aujourd’hui qu’hier.
Cela faisait longtemps qu’il cherchait « sa » guerre, une « bonne guerre », une bonne diversion, cela se voyait à Kaboul ou au Niger, il cherchait à jouer à tout prix les matamores pour tenter de compenser à l’extérieur son écroulement intérieur d’audience dans le pays.
Qui peut croire une seule seconde, dans le monde et en France, que Sarkozy peut apporter de la liberté, de la démocratie et du bien être à quiconque ? Il en enlève aux Français depuis cinq ans ! Il est l’allié des riches pas des peuples ! Il réduit les expressions démocratiques au Parlement, il ne les développe pas. Il a réussi à faire battre à la France son record de chômeurs, plus de 5 millions. Il réduit les droits sociaux autant qu’il peut. Il bloque les salaires.
Qui va croire à ses gesticulations lorsqu’il pose en « libérateur » ? Son seul intérêt dans tout cela, c’est de vendre des Rafales et de jouer les fiers-à-bras avant des élections ou il est en péril.
Le peuple libyen, il n’en a rien à faire, comme il n’avait rien à faire hier des peuples tunisien et égyptiens et aujourd’hui des peuples du Barhein ou du Yémen. Et cela ne l’empêche de soutenir ceux qui oppriment à Alger ou Rabat.
Il s’agissait d’un printemps des peuples, pas d’un printemps pour les avions de Dassault.
On a entendu ceux qui criaient dans nos radios « – Ne nous laissez pas mourir » sous les roquettes de Kadhafi et qui reprochaient aux états occidentaux de tergiverser voire, à l’excès, de « laisser faire un génocide » : ils doivent être aidés puissamment, bien sûr.
La moins belligérante des solutions était de les armer et de désarmer au maximum Kadhafi. Il fallait un blocus aérien et traquer tous les vendeurs d’armes à Kadhafi (lequel, répétons-le n’est pas si « fort » que cela).
Mais attention ensuite, avec l’option choisie, aux dégâts collatéraux, car les bombes n’épargnent pas facilement les civils et les destructions durent. La guerre a sa propre logique quand les états-majors s’en mêlent : entre empêcher un des avions de Kadhafi, encore en état de marche, de voler et détruire toutes les installations de communication pour le viser lui-même et les siens, ça va vite. Pas d’Irak ! Pas d’Afghanistan ! Pas d’invasion ni de guerre à l’occidentale !
Les insurgés combattants auraient du recevoir et doivent recevoir toutes les armes efficaces, adaptées, avec tout l’argent et vivres nécessaires, pour leur permettre de se libérer eux-mêmes de la dictature.
Rien ne remplacera la prise en main de son propre destin par le peuple lui-même : cela ne peut être organisé, réalisé, stabilisé du haut des Rafales. Au départ, il s’agissait d’un printemps des peuples, pas d’un printemps pour les avions de Dassault. La guerre aérienne a son efficacité, mais elle est la moins durable des interventions.
Cent missiles en une nuit ! Le coût des actions militaires dépensé par les occidentaux pour rétablir leur ordre, s’il avait été affecté à l’aide des insurgés, ferait déjà pencher la balance autrement ! Or Sarkozy et les autres aiment s’agiter d’en haut, mais seront absents lorsqu’il faudra reconstruire et gérer en bas. Ou pire, ils se rembourseront sur le pétrole dont l’argent n’ira pas plus au peuple qu’avant.
Gérard Filoche site de Gérard Filoche

 

A. Gérin (PCF): En se mettant au service de l'OTAN, Sarkozy abaisse la France

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La guerre en Libye augure mal de l’intervention militaire pour l’opinion arabe.
En contradiction avec ses affirmations, le Président Nicolas Sarkozy et le gouvernement Fillon acceptent de bafouer la légitimité de l’ONU.
La France s’est abaissée en se mettant au service de l’OTAN. C’est l’aveu d’une mise en cause de l’indépendance nationale assumée par la France et l’Europe pour des visées impérialistes.

Que n’avons-nous pas entendu depuis une semaine : alibis, contre-vérités, mensonges d’État pour justifier des raids meurtriers.
Cette aventure a un parfum colonial. Se confirme l’enlisement du conflit et se profile le scénario d’une guerre totale qui menace la Méditerranée et le monde. Nicolas Sarkozy et l’OTAN sont engagés, à la vérité, pour contrer le printemps des peuples et troquer avec l’Arabie-Saoudite un partage des rôles dans la région.
Comment comprendre les laissez-faire en Côte-d’Ivoire où se profile un nouveau Rwanda ? Il faut dire stop, non à la guerre en Libye et laisser les libyens choisir leurs dirigeants.
Tous ceux qui, comme Jean-Luc Mélenchon, ont approuvé cette intervention militaire seraient bien inspirés de revoir leurs prises de positions.

André Gerin

 

Libye : Seul, le PCF reste fidèle à Jaurès

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Il n'y a pas d'argent pour le dédoublement de la Ligne 13, pour créer les postes nécessaires dans l'éducation nationale ou dans la justice, pour développer Beaujon et améliorer le système hospitalier, mais il y en a, sans problème et du jour au lendemain, pour bombarder la Libye!
Pour la guerre, pas d'austérité ! Avec le capitalisme le financement de la guerre passe avant la satisfaction des besoins des hommes.
La vérité est toujours la première victime de la guerre.
Et les grands médias dans ces moments, en particulier la Télévision, révèle sa vraie nature, celle de défendre les dominants, les milieux d'affaires, et sa fonction première : le bourrage des crânes.
L'intox au service des va-t-en guerre bat son plein: journalistes, politiciens de droite, écolos ou socialistes embouchent la trompette guerrière sur nos écrans. En France, l’intervention en Libye s’accompagne d’une puissante vague de propagande visant à diaboliser le sinistre Kadhafi, comme hier Sadam Hussein, et à nous convaincre que l’on bombarde ce pays dans l’objectif de « protéger les civils » et de permettre au peuple libyen de « choisir son destin ».
Le devoir élémentaire des partis de gauche, de ceux qui se réclament de Jaurès, est de dénoncer ces mensonges et d’expliquer les véritables objectifs de l’intervention impérialiste.
L’intervention de la France en Libye est directement liée à ses intérêts économiques et stratégiques. Par exemple, Total y a d’importants investissements.

Sarkozy, hier ami de Kadhafi, et dont la politique inspirée par Le Pen frappe durement les travailleurs et tout particulièrement les immigrés, y voit également une occasion de parader dans les habits du défenseur des opprimés. Afin de regagner quelques points dans les sondages...
Minable opération de politique intérieure, combinée avec d'autres objectifs : aider les USA , en difficultés dans la région, à y reprendre pied pour dévoyer les mouvements de révolte dans le monde arabe, se placer pour demain participer au pillage des champs pétrolifères libyens, et faire un coup d'éclat pour faire avaliser la pleine réinsertion de la France dans l'OTAN, instrument de l'impérialisme.
Une fois de plus, les dirigeants du Parti Socialiste manquent complètement à leur devoir. Ils soutiennent l’intervention en répétant les mensonges d’Alain Juppé.
Dès que les intérêts fondamentaux de l’impérialisme français sont en jeu, la direction du PS vole au secours de la classe dirigeante et des « intérêts de la France » – c’est-à-dire de l’impérialisme français.
Comme le note les journaux : la Gauche (à l'exception notable des communistes!) se range de fait derrière Sarkozy et applaudit l'intervention.
Et de fait de Cohn-Bendit à Aubry, en passant par Ayrault, Hollande, Quilès, tous approuvent la guerre en cours.
Seule voix discordante au PS: celle de Gérard Filoche, dont Dialogue Clichois proposera sous peu l'analyse.
Jean-Luc Mélenchon, en bon socialiste, leur a emboîté le pas. Au Parlement européen, il a voté pour la résolution favorable à une intervention.
Pour justifier cette position, Mélenchon souligne que l’intervention répond à un « mandat de l’ONU ». Cet argument n’est pas sérieux. L’ONU est contrôlée par les grandes puissances – et surtout par les Etats-Unis. Le rôle de cette institution, soumise au rapport de force, est souvent de donner aux menées impérialistes une couverture légale et « humanitaire » à leurs opérations.
Ce fut le cas, notamment, lors de la première guerre du Golfe et lors de l’embargo de l’Irak qui, en douze ans, a fait des centaines de milliers de victimes irakiennes. Et c’est encore le cas aujourd’hui avec l’intervention en Libye.

 

Guerre en Libye : Non à l'unanimisme béat, les députés du PCF refusent de cautionner l'intervention !

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Les députés communistes refusent l'unanimisme béat derrière la politique néo coloniale de Sarkozy, des USA et de l'OTAN. Ils sont solidaires du peuple libyen, mais condamnent fermement l'intervention militaire et les frappes aériennes.
Dialogue Clichois reproduit des extraits de l'intervention de Roland Muzeau, député communiste des Hauts de Seine et porte parole des députés communistes à l'Assemblée nationale.
Quand dans tant d’autres pays voisins, un débat a eu lieu sur l’opportunité d’entrer en guerre avec la Lybie, ici, dans notre belle démocratie, on ne donne que quelques minutes de temps de parole à la représentation nationale pour s’exprimer. Que penser d’une telle parodie de consultation démocratique alors que notre pays est déjà entré en guerre ?
Ce débat est néanmoins l’occasion pour nous d’exprimer à nouveau notre solidarité avec les peuples arabes en général, et avec le peuple libyen, en particulier, mus par un souffle de libération, aussi profond que légitime.

Cette solidarité avec le peuple libyen ne saurait pour autant annihiler tout esprit critique à l’endroit du comportement de notre propre pouvoir exécutif, dont les choix diplomatiques sont illisibles, contradictoires, et aboutissent in fine à altérer notre crédibilité internationale.
Un déclin que semble signifier l’ultime épisode de l’entrée en guerre de la France contre la Libye dans le cadre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Au-delà de l’élan politico-médiatique de ces derniers jours, l’intervention militaire en Libye repose sur deux fictions. L’Elysée et ses portes paroles, repris avec une certaine cécité par la majorité des médias, prétendent qu’il y aurait une unité de la communauté internationale pour soutenir les bombardements en Libye. Au mieux il s’agit là d’une erreur d’analyse, au pire d’un mensonge, d’une manipulation.
Permettez-nous, en effet, de souligner les méfiances et les oppositions qui s’expriment autour de cette intervention militaire. Il suffirait de rappeler ici la position de certaines puissances mondiales comme l’Inde, la Chine et la Russie, qui refusent de soutenir l’offensive militaire. Mais l’attitude d’autres pays est plus significative encore.
Il y a d’abord l’Allemagne, 1ère puissance européenne, qui s’est abstenue sur la résolution lors du vote du Conseil de Sécurité. Son vice-chancelier et ministre fédéral des affaires étrangère, résumait au Guardian sa position en ces termes : « Une solution militaire semble très simple mais elle ne l'est pas.
C'est risqué et dangereux, les conséquences peuvent être imprévisibles (...) Nous admirons la révolution tunisienne mais nous voulons que ces mouvements soient renforcés et pas affaiblis (...) Examiner des alternatives à un engagement militaire, ce n'est pas ne rien faire.».
En cela, l’Allemagne rejoint le Brésil, 1ère puissance sud-américaine, qui s’inquiète, par la voix de son ambassadrice à l’ONU du risque d’exacerber les tensions sur le terrain au détriment des populations civiles que nous sommes engagés à protéger. Les Brésiliens insistent sur le caractère spontané des révolutions arabes et alertent sur le risque d’en changer le récit, ce qui aurait de sérieuses répercussions pour la Libye et le reste de la région.
Des pays de l’Amérique Latine ont fait savoir le 19 mars dernier « qu’ils rejetaient toute intervention militaire en Libye ». Le chancelier argentin Héctor Timerman a mis en cause le fait que ces attaques contre le territoire libyen menées par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, n’aient pas fait l’objet d’un large débat au Conseil de Sécurité ou à l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Le président Uruguayen a, quant à lui, qualifié de "lamentable" l’attaque des forces des forces armées contre la Libye : « Le remède est pire que la maladie ; Sauver des vies à coup de bombes est un contresens inexplicable. C’est à en pleurer. » Surtout, cette offensive militaire ne trouve pas grâce aux yeux des peuples de la région, qui rejettent la figure dictatoriale de Kadhafi, mais qui refusent également de cautionner toute nouvelle expression de l’impérialisme occidental. Le chef de la Ligue arabe Amr Moussa a critiqué dimanche les bombardements occidentaux sur la Libye, estimant qu’ils s’écartent "de l’objectif d’instauration d’une zone d’exclusion aérienne, et ce que nous voulons c’est la protection des civils et pas le bombardement de d’avantage de civils".
D’ailleurs, en Tunisie, la presse prononce un verdict sévère contre les bombardements aérien, craignant qu’ils plongent le Maghreb et le Moyen-Orient dans l’instabilité, allant même jusqu’à redouter que cette action fasse de la région « une zone de tension et une base avancée pour les forces impérialistes qui n’ont pas intérêt à voir la région vivre un sursaut social révolutionnaire, nationaliste et démocratique» et « souille la bataille du peuple libyen contre la junte corrompue ».
La Turquie a également fait connaitre son opposition à l’option militaire. L’Union Africaine a, quant à elle, réclamé la fin des opérations militaire contre le régime libyen en rappelant que la « communauté internationale » avait rejeté son offre d’envoyer une délégation de paix en Libye. Dès lors, quel objectif vise cette fiction d’unanimité internationale ? Il s’agit de masquer la réalité politique et géopolitique de cette guerre qui n’est rien d’autre qu’une intervention occidentale menée par des ex-pays colonisateurs. La seconde fiction sur laquelle repose cette offensive militaire, consiste à faire de la France et, de Nicolas Sarkozy en particulier, la force d’impulsion, de conception et de décision à l’origine de cette opération militaire.
Or la réalité est cruelle pour l’orgueil national et le narcissisme de notre président. En effet, nos concitoyens doivent savoir que dans cette opération, notre pays n’est ici que le bras armé des Etats-Unis.
Le Washington Post et le New-York Times résument parfaitement l’ordonnancement des évènements : ce sont les Etats-Unis, et eux seuls, qui ont décidé de se lancer dans l’opération diplomatique visant à faire adopter la résolution du Conseil de sécurité décidant de l’emploi de la Force en Libye.
S’ils ont créé les conditions pour laisser croire que la France était le leadership dans cette affaire, c’est parce que cela arrangeait bien le Président Obama.
Et contrairement au storytelling concocté par l’Elysée, ce sont bien les Américains qui commandent dans cette « Aube de l’Odysée », sous les ordres du général Américain Carter F. Ham. Aujourd’hui il est même question que les forces armées passent sous commandement de l’OTAN. On ne pourrait rêver mieux pour envenimer encore un peu plus la situation !
Une fois encore, n’en déplaise à la majorité de cet hémicycle : cette guerre contre la Libye, où la France apparait comme en étant l’instigatrice, s’inscrit dans la récente série noire d’incohérences de notre diplomatie française qui lui a fait perdre tout son crédit international.
D’abord, parce que personne n’a la mémoire courte même si certains peuvent être frappés d’amnésie passagère. Cette nouvelle guerre n’est-elle pas, officiellement du moins comme le prétend le Président Sarkozy, le moyen de se débarrasser d’un affreux dictateur sanguinaire ?
Pourtant, n’est-ce pas le même président qui a signé différents partenariats avec Muhamar Kadhafi, en juillet 2007, dont un «partenariat industriel de défense», prometteur pour les sociétés d'armement françaises et pour les affaires de M. Dassault ?
N’était-ce pas un ami que le président de la République et le Président de l’Assemblée recevaient, avec les plus grands égards en décembre 2007, quand pour notre part nous dénoncions avec la plus grande fermeté l’invitation du dictateur libyen ? N’est-ce pas deux membres du gouvernement actuel (M. Ollier et M. Guéant) qui furent les artisans de ce rapprochement ?
N’est-ce pas l’actuel ambassadeur de France en Tunisie qui venait sur les plateaux de télévision défendre ce criminel en se vantant que celui-ci l’appelait « mon fils » ?
Et qui annonce que la France reconnait le gouvernement d’opposition Libyen ? Monsieur Bernard Henri Levy et le Conseil transitoire Libyen au moment même où notre ministre des affaires étrangères négociait une position commune avec nos partenaires européens !
Comment peut-on espérer que l’on prenne au sérieux notre politique étrangère !
On peut dès lors se demander si cette reconnaissance a été envisagée comme il se devait ! En effet, la seule chose que nous savons avec certitude de ce Conseil transitoire libyen c’est que son président est un ancien ministre de la Justice de Kadhafi, que son chef d’Etat major est un ancien ministre de l’Intérieur et que d’autres préfèrent conserver l’anonymat.
N’était-il pas nécessaire là encore que notre pays prenne plus de précaution ou, en tout cas, qu’il ne décide pas à la place du peuple Libyen qui est en capacité de le représenter ?
Notre politique étrangère met aussi, et surtout, en évidence une politique de deux poids deux mesures en matière de droit d’ingérence. La politique étrangère française a fait valoir le principe de non-ingérence pour justifier son silence assourdissant et son immobilisme lors du soulèvement du peuple tunisien. Une non-ingérence d’autant plus justifiée qu’il s’agissait d’une ancienne colonie Française.
Mais le Gouvernement Français n’hésitait pas, dans le même temps, à proposer au dictateur Ben Ali le savoir-faire de nos forces de sécurité et à réclamer la démission de Gbagbo s’immisçant ainsi directement dans le processus électoral ivoirien.
Incohérence toujours et encore de notre politique étrangère quand nous voulons être les premiers à lancer des tapis de bombes sur un pays qui ne nous a pas déclaré la guerre et quand notre diplomatie est totalement muette face à la violente répression du mouvement populaire au Bahreïn par le régime du roi Hamad Ben Issa Al-Khalifa ?
Ou encore face au massacre de la population civile par le régime du Président Saleh au Yémen ? Pourquoi ne réagissons-nous pas avec humanité et discernement quand l’Arabie Saoudite ou les Emirats arabes unis, pétromonarchies amies, aident le Bahreïn à écraser la révolte citoyenne ? Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’interdiction de l’espace aérien pour protéger Gaza de l’aviation israélienne ?
Vous l’aurez compris, Messieurs les ministres, mes chers collègues, notre voix ne s’associera pas à la vôtre pour soutenir, dans un unanimisme béat, l’intervention militaire en Libye.
(...) En revanche, le discernement nous conduit à condamner les frappes militaires sur la Libye à laquelle la France participe, soutenue par la majorité des forces politiques françaises, avec un entrain qui frise l’indécence.
Nous restons convaincus, avec l’écrivain Algérien Boualem Sansal, que « La guerre entre le bien et le mal n’a jamais profité qu’au mal ». Et pour nous, la décision de bombarder la Libye soulève la question incontournable des risques d’engrenage et de confrontation militaire élargie, avec toutes les conséquences désastreuses que l’on connait pour les populations civiles.
La tragédie qu’a connue et que connait aujourd’hui le peuple irakien est encore trop présent en nos mémoires, pour ne pas nous conduire à la plus grande prudence quand le choix de la guerre est préféré aux initiatives qui privilégient des sorties de crise sans intervention militaire. Nous espérons, de toutes nos forces, que cette guerre ne conduira pas le peuple Libyen à regretter, dans quelques mois, le régime de Kadhafi, comme ce fut le cas pour les Irakiens.%% (...)
Plus personne ne peut croire au mythe des frappes chirurgicales et à celui de la guerre propre ! La France a mis le doigt dans l’engrenage, elle devra porter la responsabilité d’un échec, tant devant le peuple Libyen que devant le peuple français, si l’option choisie nous conduit à un enlisement.
La légèreté dénoncée par les Nations étrangères, au premier rang desquelles, l’Allemagne, l’Inde, la Russie ou le Brésil, nous conduit à nous interroger sur les objectifs réels poursuivis, tant des questions essentielles restent aujourd’hui sans réponse : quelles sont les capacités de frappes de Kadhafi ?
Est-il envisagé à un moment d’en passer par une action juridique ou politique pour sortir de la crise ? La réalité anthropologique de la Libye a-t-elle prise en compte avec les tous les risques d’affrontements tribaux ?
Les leçons du fiasco somalien ont-elles été tirées ? Le pire a-t-il été envisagé ? Quel est le plan dans l’hypothèse probable d’un enlisement, d’une partition du pays et d’une division de la communauté internationale encore plus marquée qu’elle ne l’est aujourd’hui ?
Trop d’incertitudes pèsent sur cette intervention militaire et ses conséquences. Le risque d’une escalade est trop grand. Et s’il y a un prix à payer dans l’avenir, il faut souhaiter que ce ne soit pas le peuple libyen qui paie. Il paye déjà trop cher le maintien d’une dictature dont il ne veut plus.
Du reste, nous ne cautionnerons pas la moindre intervention qui ne viserait, comme de plus en plus de voix l’affirment au-delà de nos frontières, qu’à faire main basse sur le pétrole Libyen en instrumentalisant son peuple, en en passant par la scission du pays.
Les députés communistes et républicains font aujourd’hui preuve d’un grand courage politique en refusant de mêler leur voix à l’unanimisme béat et aveugle qui rassemble autour du Président Sarkozy et l’entrée en guerre de la France.
Car, comme le dit fort justement Rony Brauman, jamais des bombardements n’ont permis d’installer la démocratie ou de pacifier un pays !

 

Déclaration commune des partis communistes et ouvriers contre l’agression impérialiste en Libye

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Dialogue clichois publie cette déclaration signée de 43 partis communistes, mais non par le PCF.
Les assassins impérialistes menés par les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’OTAN dans son ensemble, et cela avec le consentement de l’ONU, ont lancé une nouvelle guerre impérialiste. Cette fois en Libye.
Leurs prétextes prétendument humanitaires sont tout à fait mensongers ! Ils jettent de la poudre aux yeux des peuples ! Leur véritable objectif, ce sont les hydrocarbures en Libye.
Nous, partis communistes et ouvriers, condamnons l’intervention militaire impérialiste.
Le peuple de Libye doit déterminer lui-même son avenir, sans interventions impérialistes étrangères. Nous appelons les peuples à réagir et à exiger l’arrêt immédiat des bombardements et de l’intervention impérialiste !.

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