Mon prof de philo de terminale disait que la seule révolution à laquelle il croyait, c'était celle de la terre autour du soleil. Pour reprendre la même image mais en affirmant que je crois à la révolution sur terre (et loin du soleil), j'entends montrer à quelques jours du 1° tour de la Présidentielle que le programme de J-L. Mélenchon et du Front de Gauche est la seule alternative crédible et progressiste pour sortir de la crise.
Pourtant, iconoclastes, les propositions du Front de Gauche? Sûrement ! Irréalistes, çà dépend ! Financièrement envisageables, certes oui ! Politiquement acceptables, « mais c’est bien sûr » !
Dans cette première partie (la seconde vous sera livrée pour les Législatives), je vous présente les propositions qui constituent le « minimum syndical » d’un gouvernement de Gauche, plus d’une n’étant que la remise en place de droits abolis ou réduits par la Droite, au niveau social ou économique ; d’autres étant la suppression et l’abrogation de mesures & de textes, appelés ’réformes’ par la Droite, qui ont ouvert la porte à la marchandisation des services publics ou favorisé les hauts revenus et soutenu la spéculation
1) FINANCES & FISCALITE
Depuis 2002, les financiers ont bénéficié de cadeaux exorbitants, ils ont obtenu une fiscalité au bénéfice des revenus du capital, le droit d’échapper en grande partie à l’impôt.
Nous mettrons fin à ces privilèges contraires à la démocratie qui placent les Etats sous la menace de crises financières et de politiques d’austérité.
Nous mettrons en place une nouvelle réglementation bloquant la spéculation et la financiarisation de l’économie en plaçant sous contrôle social les banques privées.
Nous changerons les missions de la Banque centrale européenne et créerons en France un pôle public bancaire qui agira pour l’emploi et les salaires, contre les délocalisations et la spéculation.
- Création d’un pôle bancaire public par la mise en réseau des institutions financières publiques existantes (Caisse des dépôts, Crédit foncier, OSEO, CNP, Banque postale), des banques et des assurances mutualistes
- Transformation de la politique et des critères du crédit en faveur des investissements productifs
- En direction des entreprises : imposition des revenus financiers au même niveau que les revenus du travail ; taxation des capitaux spéculatifs ; impôt sur les sociétés modulé selon le respect de normes sociales, économiques et environnementales ,; taxation des revenus financiers des entreprises
- En direction des plus riches : suppression du bouclier fiscal, renforcement de l’impôt sur les plus-values immobilières et foncières ; augmentation de l’ISF et de l’impôt sur les revenus du capital
- Nouvelle cotisation sociale sur les revenus financiers afin de supprimer la CSG (refus de la fondre dans l’impôt sur le revenu) et en finir avec la fiscalisation de la protection sociale.
- Non inscription dans la Constitution de l’objectif de l’équilibre budgétaire (« la règle d’or » de N.Sarkozy).
- Abrogation du « Pacte de stabilité » en faveur d’un nouvel accord européen & abrogation du « Mécanisme européen de stabilité »
2) ECONOMIE
Le mode de production actuel ne vise pas la satisfaction des besoins humains.
Priorité est donnée au profit à court terme, qui laisse de côté les besoins sociaux parce qu’ils sont non rentables mais encourage les productions inutiles au bénéfice de la surconsommation des plus riches. Il dégrade les conditions de travail et d’emploi.
Nous proposons un nouveau mode de production dont la finalité sera le développement de toutes les capacités humaines et l’épanouissement de chacun.
Il sera basé sur une politique industrielle favorisant un développement durable ,
sur une politique de réduction du temps de travail avec création d’emplois correspondants ,
ainsi que sur le développement d’emplois utiles aux besoins communs.
- Soutien aux entreprises qui investissent dans les productions utiles, les productions respectant des normes humaines et écologiques & en donnant toutes leur place aux innovations
-Mise en œuvre d’un plan industriel pour rétablir des productions délocalisées
- Soutien des pouvoirs publics (Etat, Régions) aux PME-PMI, lesquelles sont aujourd’hui les plus créatrices d’emploi, notamment par l’accès au crédit (prêts bonifiés)
-Remboursement des aides publiques par les entreprises qui délocalisent & qui licencient
- Rétablissement de l’autorisation administrative de licenciement
- Arrêt du processus de concentration des terres agricoles avec développement d’une agriculture respectueuse de l’environnement
- Soutien à l’installation des jeunes agriculteurs, consolidation des petites exploitations et juste rémunération du travail agricole en encadrant les pratiques de la grande distribution
3) SOCIAL
La France est plus riche que jamais mais jamais cette richesse n’a été aussi mal partagée. Depuis 10 ans, les réformes libérales ont permis à une minorité d’accumuler des fortunes.
La pauvreté et la précarité, elles, se sont étendues, touchant toutes les catégories sociales salariées ainsi que les petits producteurs et artisans.
En partageant les richesses, nous permettrons à tous de vivre mieux. Pour créer des millions d’emplois, le Front de Gauche propose une véritable réduction du temps de travail, une sécurisation de l’emploi et des pouvoirs nouveaux pour les salariés dans les entreprises.
Il veut abolir la précarité et prône une augmentation des salaires et des retraites, le droit au logement pour tous, la défense d’une vraie protection sociale, des services publics consolidés et étendus.
- Rétablissement des 35 heures effectives
- Salaire minimum à 1.700€ brut, et revalorisation des salaires immédiatement supérieurs au SMIC
- Refonte du Code du travail pour abolir la précarité et établir l’égalité femmes-hommes
- Droits des salariés des entreprises sous-traitantes alignés vers le haut sur ceux des donneurs d’ordre.
- Abolition des exonérations de cotisations sociales inefficaces
- Rétablissement du droit à la retraite à 60 ans à taux plein
- Financement des retraites assuré en particulier par une cotisation nouvelle sur les revenus financiers des entreprises, au même taux que les cotisations employeurs sur les salaires
- Renforcement du principe de solidarité entre les générations, la perte d’autonomie étant couverte dans le cadre de la protection sociale sans recours aux assureurs privés.