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L'association Ville et Banlieue réagit à la parution du rapport de l'ONZUS

"Rapport de l’ONZUS : les banlieues en crise,

Justifier une prétendue stabilité de la situation dans les banlieues par l’absence d’émeutes de même nature que celles de 2005 depuis cette date (entretien de Maurice Leroy au Monde, le 02 novembre), c’est faire l’impasse sur les tensions extrêmes qui secouent toujours ces quartiers, comme à Villiers-le-Bel en 2007. En outre, cela ne saurait signifier qu’il n’y a pas de crises structurelles dans les banlieues, bien au contraire : crise sociale, crise économique, crise sanitaire, crise identitaire, crise républicaine. Les résultats du dernier rapport de l’ONZUS viennent confirmer ce que les maires de banlieue diagnostiquent au quotidien dans leurs territoires...

• Crise sociale :

1 habitant sur 3 vit sous le seuil de pauvreté 
3 habitants sur 10 sont au RSA 
1 habitant sur 2 ne dispose d’aucun diplôme supérieur au brevet des collèges 
1 jeune de moins de 18 ans sur 3 est couvert par la CMUC

• Crise économique :

1 actif sur 5 est au chômage 
plus de 4 jeunes sur 10 sont au chômage

• Crise sanitaire :

près d’1 habitant sur 4 a renoncé à des soins pour raisons financières 
1 adulte sur 6 n’a aucune couverture maladie

• Crise identitaire :

6 immigrés ou descendants d’immigré sur 10 ne se sentent pas perçus comme des français 
1 immigré ou descendant d’immigré sur 5 (qui représentent la moitié des habitants de ces quartiers) pensent avoir été victime de traitements inégalitaires ou de discriminations

La situation, loin de se stabiliser, continue de se dégrader : entre 2009 et 2010, le chômage a par exemple augmenté de 2,3 points pour atteindre 20,9% (contre 9,2 en France à la même période).

Les banlieues vivent, en même temps qu’elles la révèlent pour notre société, une crise républicaine profonde. Malgré les politiques publiques mises en place, elles restent les victimes d’injustices sociales et territoriales inacceptables dans un pays qui prône l’égalité d’accès aux droits : droit au logement, à l’emploi, à l’éducation, aux soins, à la culture,...

La République ne peut pas juste se contenter de « ne pas laisser les gens de côté », elle doit réinvestir pleinement ces quartiers. L’association des maires Ville et Banlieue de France appelle à la prise de conscience de l’urgence de la situation dans ces quartiers, au retour et au réinvestissement total de l’Etat aux côtés des acteurs locaux.

Elle demande la mise en place rapide d’un deuxième programme de rénovation urbaine ; l’engagement national pour une véritable solidarité financière ; une politique de l’emploi volontariste et ambitieuse à la mesure des enjeux ; le renforcement du droit commun dans ces quartiers, ciblé sur les associations qui y maintiennent le lien social, sur les policiers, les magistrats, les équipes éducatives, qui doivent pouvoir exercer leur travail dans des conditions satisfaisantes ; une politique d’accès aux soins repensée face au risque de désertification médicale ; l’interdiction du DALO en zones urbaines sensibles pour ne pas renforcer la ghettoïsation,…

Les maires de Ville et Banlieue réclament ces mesures d’urgence, car se joue dans ces quartiers l’effectivité de la promesse républicaine.

 

Rapport 2011 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus)

Maurice Leroy ministre de la Ville, a reçu le 2 novembre le rapport 2011 de l’Observatoire national des zones urbaines sensibles (Onzus) des mains de Bernadette Malgorn, présidente du conseil d’orientation.

Selon le communiqué du ministère, "ce rapport mesure l’évolution des quartiers qui bénéficient des dispositifs de la politique de la ville et propose une photographie de l’évolution des écarts de développement entre les territoires, dans tous les domaines touchant le quotidien des habitants : emploi, santé, éducation, habitat, sécurité…

Au sommaire de ce rapport 2011 également, et pour la première fois, un chapitre sur l’immigration et la situation des personnes immigrées : 52,4% des personnes vivant en Zus sont issues de l’immigration, et 64% en région parisienne, indique notamment l’Onzus qui présente une analyse détaillée de la situation de ces personnes.

En matière d’emploi, le taux de chômage touche 21 % des actifs de 15 à 59 ans et près de 42 % des 15 à 24 ans. Des chiffres qui, cette année encore, restent préoccupants mais qui sont quasi stables par rapport à l’année dernière malgré l’importance de la crise économique que nous traversons. L’emploi reste la priorité numéro 1, a rappelé le ministre de la Ville, et l’objectif est d’abord de mobiliser le droit commun et de développer une stratégie territoriale en expérimentant de nouveaux dispositifs de lutte contre le chômage dans le cadre des Cucs (contrats urbains de cohésion sociale).

Pour soutenir l’emploi, le ministre a ainsi inscrit la prorogation du dispositif des zones franches urbaines au projet de loi de finance 2012 jusqu’en 2014. Il se félicite, par ailleurs, de la progression significative du statut d’auto-entrepreneur dans les quartiers.

Concernant le cadre de vie des habitants, la rénovation urbaine mise en place en 2004 a, depuis trois ans, des effets bénéfiques concrets puisque 90 % des habitants des quartiers se déclarent satisfaits de l’amélioration de leur cadre de vie. Cette tendance renforce la détermination du gouvernement à consolider l’action engagée afin de mener à bien les 485 projets inscrits au programme de l’Anru.

Dans le domaine de l’éducation, le rapport relève que l’encadrement des élèves est meilleur dans les quartiers populaires qu’ailleurs en France. Ainsi, 135 000 jeunes sont suivis dans le cadre du programme de réussite éducative dont 65 000 individuellement. Les internats d’excellence offrent désormais 10 400 places aux jeunes méritants et 47 000 jeunes (dont la moitié est issue des quartiers de la politique de la ville) bénéficient du dispositif "Cordées de la réussite".

La délinquance enfin a reculé de 5,7 % en Zus en un an et de 16 % entre 2005 et 2010. Si le taux d’atteintes aux personnes augmente dans ces territoires, les atteintes aux biens diminuent significativement : -21 % en cinq ans. La prévention de la délinquance et la lutte contre la récidive demeurent l’action prioritaire du ministère de la Ville qui a engagé 14 millions d’euros dans les Cucs en participant au Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) à hauteur de 5,5 millions d’euros, et à travers le dispositif Ville-Vie-Vacances pour 8 millions d’euros. "

« Dans un contexte international, européen et national durement frappé par la crise économique, le rapport 2011 de l’Onzus montre que si les difficultés persistent dans les quartiers populaires, ces territoires sensibles résistent, notamment parce que l’Etat y concentre de nombreux moyens d’intervention. La politique de la ville marque ici son utilité majeure pour nos concitoyens les plus en difficultés car les chiffres de l’Onzus sont stables par rapport à l’année précédente. En expérimentant de nouveaux Contrats urbains de cohésion sociale qui associent mieux l’Etat, les élus locaux et les opérateurs sur le terrain, nous posons les bases d’actions encore plus efficaces pour l’avenir de nos concitoyens », a conclu Maurice Leroy.

Le rapport 2011 de l'ONZUS

 

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