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Mali : « L' intervention militaire française comporte de grands risques de guerre »

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Le PCF partage l'inquiétude des maliens devant l'offensive armée des groupes djihadistes vers le sud de leur pays.
Ces groupes islamistes radicaux, avec leurs pratiques violentes, ont montré le danger qu'ils représentent pour la dignité humaine, pour les libertés, la justice et la stabilité du Mali et de toute la région.
Le PCF exprime une nouvelle fois son inquiétude devant la nouvelle et grave situation créée par la reprise de la confrontation armée au Mali.
L' intervention militaire française comporte de grands risques de guerre et d'enlisement sans véritable solution durable pour le peuple malien et pour la reconstruction du pays.
Cette intervention, suscite l'angoisse légitime des familles des otages car la vie de ceux-ci est sérieusement mise en danger.
On sait d’ailleurs que Denis Allex, retenu en otage en Somalie, a été assassiné par ses "geôliers" suite à une opération de la DGSE dans la nuit de vendredi à samedi.
Cela montre quels sont les périls dramatiques et les limites de ces opérations militaires.
Le PCF rappelle que la réponse à la demande d'aide du Président du Mali aurait du s'inscrire dans le cadre d'une mission de l'ONU et de l'Union africaine, réalisée sous drapeau de l'ONU, par des forces maliennes et africaines, dans le strict respect de la Charte des Nations-Unies, dans les limites imposées par l'exigence de la souveraineté malienne. La France, ancienne puissance coloniale, ne peut apparaître comme voulant poursuivre les pratiques dominatrices de la "françafrique".
Cette intervention militaire n'efface pas la nécessité de la recherche d'une solution politique et d'un dialogue avec les groupes de la rébellion non liés au terrorisme et respectueux de l'intégrité territoriale du Mali.
C'est ce que demandent les résolutions de l'ONU. Le PCF demande que les autorités françaises répondent aux lourdes questions posées par une intervention militaire déclenchée sur décision du Président de la République et engagée sans débat préalable au Parlement.

 

L’austérité pour les nuls ou le FMI au piquet, par Jack Dion

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Dialogue clichois propose cette réflexion bien vue de Jack Dion, lue sur le site de Marianne.
Il paraît que l’austérité est aussi nécessaire au redressement de l’économie que le sang au corps humain.
Le FMI (Fonds Monétaire International) nous explique la chose chaque matin que font les Dieux de l’économie.
La Commission de Bruxelles, cet aréopage de gens n’ayant de comptes à rendre qu’à eux-mêmes, en a fait le premier de ses dix commandements, ceux-là même qu’il fait appliquer à la schlague en Grèce, en Espagne, au Portugal et en Italie (liste non définitive).
Il s’est même formé une « Troïka », composée du FMI, de la Commission, et de l’inénarrable Banque Centrale Européenne (BCE).
Cette « Troïka » surveille l’application à la lettre du principe de base de l’austérité qui veut que plus on étrangle le malade et plus il a de chances de s’en sortir un jour, à une date incertaine, mais de s’en sortir, car il est impossible de faire autrement que d’en passer par là.
Comme dit l’autre, il n’y a pas le choix. Margaret Thatcher l’expliquait déjà en son temps, de même que Ronald Reagan.
Le tout puissant gourou du forum de Davos, Klaus Schwab, en a remis une louche voici peu dans les colonnes du Monde : « Il n’y a pas d’alternative au capitalisme ». Et le capitalisme, c’est l’austérité. CQFD.
Or qu’apprend-on, de la bouche même de deux des principaux économistes du FMI ? Qu’ils se sont plantés sur toute la ligne.
A en croire les deux têtes chercheuses concernées, Olivier Blanchard et Daniel Leigh, l’austérité à tout crin était une erreur.
Lors d’un colloque, l’un et l’autre ont reconnu qu’il y avait un bug dans leur logique intellectuelle, et que le modèle informatique gitait tellement qu’il était tombé à l’eau.
L’explication du bouillon idéologique ? On vous la donne en mille : les « experts » du FMI n’avaient pas prévu les effets en chaine de l’austérité.
Excusez, mais si un gamin disait pareille ânerie, on serait tenté de lui donner une taloche en lui demandant de réfléchir une seconde.
Avec tout le respect que l’on doit à Olivier Blanchard, formé à l’école DSK (on ne parle ici que d’économie, pas de mélange des genres) et à Daniel Leigh, à leurs titres respectifs, et à leur statut de premiers collaborateurs de Christine Lagarde, garde chiourme en chef du FMI, on se doit de leur rappeler, fort modestement, qu’ils découvrent la lune.
Voilà des mois et des mois que l’on explique, ici et là, que l’austérité n’est pas la solution, ni en Grèce ni ailleurs.
On répète qu’étouffer la consommation va tuer la croissance et donc assécher les rentrées fiscales qu’elle génère. Il n’est pas besoin d’avoir fait une thèse pour comprendre çà, ni d’être un accro de la psychologie collective et individuelle. Il suffit de faire fonctionner ses neurones cinq minutes et de constater ce qui se passe à Athènes, à Madrid, et à Lisbonne.
On aurait pu croire que l’histoire serait méditée par tous ceux qui se sont transformés, dans cette bonne terre de France, en docteurs de la potion amère. On aurait pu espérer que les adeptes de la purge réviseraient un peu leurs classiques et qu’ils s’interrogeraient sur des médications qui sont à l’économie ce que la saignée des médecins de Molière était à la santé.
Il n’en est rien.
A preuve ce que les stars de la cour médiatique expliquent à propos de la négociation dite sociale entre le Medef et les syndicats. Tous vantent les mérites de la « flexibilité », autrement dit de la précarisation aggravée du salariat, fidèles en cela aux vieilles lunes idéologiques de la « Troïka ».
Ainsi va la vie intellectuelle en ces temps de (non) débat.
On ne change pas une équipe qui perd et encore moins une technique qui rate.

 

Une Bettencourt (L’Oréal) pèse autant 13.200.000 Français…

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Le patrimoine de la célèbre Liliane Bettencourt, héritière de L’Oréal dont le siège est à Clichy, femme la plus riche de France équivaut presque exactement à ceux, mis ensemble, des 20% de ménages les plus pauvres de France représentant plus de 13 millions de personnes, selon l’Insee.
Comme l'écrivait Victor Hugo : " C'est de l'enfer des pauvres qu'est fait le paradis des riches".
On ne sortira pas de la crise sans imposer lourdement les milliardaires, sans taxer le capital, les actifs financiers, les dividendes.
Notre système fiscal est fortement injuste. Il pèse trop lourd sur le travail et est trop léger pour le capital.
Pesant sur la consommation des ménages et les PME, il est contreproductif pour l’emploi et pour le développement du bien-être social.
Il faut sans attendre lancer le débat public et se mobiliser pour une réforme fiscale juste et efficace économiquement.
Sortir de la crise suppose aussi de dégager l'économie des griffes de la Finance et de l'emprise des marchés financiers.
C'est possible en maitrisant le crédit délivré par les banques pour le réserver à la création d'emplois, au développement des services publics.
Nationalisons le système bancaire!

 

A propos des censures du Conseil constitutionnel, par P. Le Hyaric (PCF)

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Les dernières décisions du Conseil constitutionnel posent beaucoup de questions qui méritent d’être méditées.
Bien au-delà de la petite écume médiatique qu’on nous envoie au visage. La censure de la taxation à 75 % pour les revenus de plus d’un million d’euros a été l’objet d’une émotion légitime de l’immense majorité des contribuables, lourdement sollicités par l’effort fiscal. Mais, « de l’autre côté du périph », dans les « beaux quartiers », nul doute qu’elle a été l’occasion de sabrer le champagne au-delà des fêtes de fin d’année.
L’annulation de cet élément de justice, même si sa portée est limitée, est d’autant plus amère comparée aux 20 milliards de recettes fiscales supplémentaires attendues pour 2013 sur la base d’un accroissement des impôts indirects et injustes, notamment, de la TVA et les taxes sur les carburants.
Au moment même où, en ce début janvier, les familles populaires devront payer plus cher le gaz, l’électricité, les transports, les timbres, la redevance télé, etc…
Elle est odieuse si on la met en rapport aux 20 milliards d’euros de crédit d’impôts, programmés sur trois ans, octroyés sans aucune contrepartie aux entreprises. La ristourne fiscale de 30 et 40 millions d’euros faite au fossoyeur des hauts fourneaux de Florange en fait partie.

Elle est comme un emblème de ce qu’il ne faudrait pas faire pour redresser le pays et l’emploi. C’est sans doute pour cela que cet élément n’est pas à la une des journaux radios-télévisés ? On préfère nous passer le mauvais film de ceux qui cherchent la nationalité belge ou russe.
Faut-il en rire ou en pleurer ?
Ajoutons qu’entre la proposition portée par le candidat Hollande et le vote du budget, la disposition présentée comme emblématique « de gauche » avait déjà été peu à peu vidée de sa substance. Les sportifs et les artistes devaient être partiellement exonérés.
Certains revenus exceptionnels aussi plus tard. Il a même été envisagé de limiter la somme à 2 millions d’euros pour un couple.
Rappelons aussi que pour être assujetti à cette tranche de 75%, il faut gagner au moins…. 60 fois le SMIC. Le Conseil constitutionnel creuse les déficits en exonérant le capital.
Un débat s’est engagé sur le montant des «coups de canif » du Conseil constitutionnel au projet voté par le Parlement.
Il constitue un manque à gagner de 500 millions d’euros selon le gouvernement, ou de 700 millions d’euros selon d’autres sources. Combien d’instituteurs, d’infirmières, d’agents de pôle emploi pourrait-on rétribuer avec une telle somme ?
A l’examen, c’est sur la nature des mesures retoquées qu’il faut porter attention. Au détail près, toutes les mesures repoussées ont un commun dénominateur.
Elles concernent les hauts revenus ou les revenus du capital.
Censurée la « charge excessive » sur les «retraites chapeau », ces retraites en or des grands patrons.
Censurée la « charge excessive » sur les «bons anonymes », sur les gains des «stock-options», sur les « actions gratuites ».
Censurée la « charge excessive » sur les rémunérations des hauts-dirigeants des grandes entreprises de même que celle sur les « plus-values immobilières sur les terrains à bâtir » dont bénéficient les gros promoteurs.
En réaction à ces décisions, les porte-paroles de la droite et de l’extrême-droite, associés au syndicat des puissances de l’argent, ont affiché une mine triomphale.
Pour annuler la mesure de taxation à 75% des revenus de plus d’un million d’euros, l’argumentaire du Conseil constitutionnel s’est appuyé sur une règle de la fiscalité française qui consiste à prendre en considération pour l’imposition les foyers fiscaux et non les individus.
Un jugement rendu froidement au nom du principe de l’égalité devant l’impôt. Ainsi, le Conseil Constitutionnel déclare que : « l’article 12 instituait une contribution exceptionnelle de solidarité de 18% sur les revenus de chaque personne physique alors que l’impôt sur le revenu pesant sur les mêmes revenus, ainsi que la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus de 4%, sont prélevés par foyer.
Ainsi deux foyers fiscaux bénéficiant du même niveau de revenu issu de l’activité professionnelle pouvaient se voir assujettis à la contribution exceptionnelle de solidarité de 18% ou au contraire en être exonérés selon la répartition des revenus entre les contribuables composant le foyer.
Le législateur ayant ainsi méconnu l’exigence de prise en compte des facultés contributives, le Conseil Constitutionnel a, sans se prononcer sur les autres griefs dirigés contre cet article, censuré l’article 12 pour méconnaissance de l’égalité devant les charges publiques ».
Les services de Bercy connaissaient certainement ceci. Pourtant ils ont quand même fait voter le texte par le Parlement avec ce vice juridique. Pourquoi le Conseil d’Etat n’a-t-il pas alerté sur ces problèmes ?
La réponse se trouve sans doute dans un billet de Christian Eckert, rapporteur de la commission des finances, publié sur son blog. Dans celui-ci, il évoque le fait qu’il avait explicitement souligné ce « point-faible » de la proposition gouvernementale au cours des discussions préparatoires à la loi de finance.
La mesure était conçue comme une taxe « individualisée » et non comme un impôt « conjugalisé » explique-t-il : « Nous l’avions conçue et bâtie comme un outil de dissuasion des salaires exorbitants, pas comme une tranche supplémentaire de l’impôt.
Ainsi, un couple où chacun gagne 600 000 euros n’était pas taxé. Un autre couple où l’un gagne 1 200 000 euros et l’autre rien, l’était. Chaque couple dispose pourtant du même revenu ».
Demeurait cependant une ambiguïté pour le député socialiste, ambiguïté concernant l’interprétation de son statut, « impôt » ou « taxe ». Celle-ci l’avait amené à élaborer un amendement en vue de parer à un éventuel rejet de la mesure.
« J’avais, continue-t-il, sur le conseil avisé de mon équipe d’administrateurs à l’Assemblée Nationale, fait préparer un amendement pour éviter cette distorsion entre foyers fiscaux. Comme toujours, cela a été évoqué avec le cabinet du Ministre du Budget en amont des séances publiques pour éviter que le rapporteur du Budget soumette un amendement qui ne recueille pas l’assentiment du Gouvernement qu’il soutient. On m’a dissuadé de déposer cet amendement ».
Qui est ce « on » ?
La vulnérabilité de ces articles était donc bien connue des services de l’Etat.
Pourquoi le gouvernement a-t-il alors pris le risque de les voir «retoqués» et repoussés à une échéance ultérieure ? Un coup à gauche ou une volonté ?
La taxation à 75% était devenue emblématique pour François Hollande, à tel point qu’elle lui a permis de relancer sa campagne électorale du « côté gauche », au moment où Jean-Luc Mélenchon perçait dans les enquêtes d’opinion.
Ce symbole ne concernait que 1500 contribuables et surtout il ouvrait un vide entre le taux de 45% et celui à 75%. Mais après le discours du Bourget sur la finance, il permettait d’ancrer le candidat socialiste dans la tradition de la gauche française.
Mais, paradoxalement, la manière dont cette mesure a été avancée et la manière dont elle a été votée, puis la manière dont est exploitée la décision du Conseil constitutionnel, a affaibli le mouvement vers une vraie réforme fiscale.
Ceci donne même prétexte à une incroyable campagne politique et médiatique contre « l’impôt » et même contre l’impôt des plus fortunés qui « s’enfuient ».
Drôle de retournement de situation alors que les travailleurs, les retraités, riches ou pauvres, vont payer plus d’impôt avec le gel des barèmes, mais surtout avec les impôts indirects, de la TVA aux taxes sur les carburants. Décision constitutionnelle ou politique ?
Ce même Conseil constitutionnel déclarant conforme le dernier traité européen, alors qu’il retire des pouvoirs de souveraineté budgétaire au Parlement, a émis cette fois encore des jugements de caractère politique sur les décisions du Parlement lui-même.
En déclarant par exemple que l’article sur les « retraites chapeau » taxant à 75,34%, violait le principe « d’égalité devant l’impôt » pour le ramener à 68,36%, le Conseil constitutionnel opère un coup de force contre le législateur.
Lorsqu’il annonce la prorogation d’une « niche fiscale » sur les successions en Corse, au motif qu’elle serait illégitime, il se substitue aux élus de la Nation pour trancher une question politique, celle de « la nature de l’intérêt général ».
Le Conseil constitutionnel n’est-il pas en train de contester au Parlement la définition de ce qui est de l’ordre de l’intérêt général ?
N’est-ce pas un pas de plus dans la perspective de la mise en œuvre du traité européen qui va jusqu’à obliger les Etats à laisser les institutions européennes décider de la nature des impôts qu’ils peuvent lever et des dépenses publiques qui seraient autorisées ?
Maintenant un débat sur la réforme fiscale
Au vue de tous ces éléments et des déclarations du Premier ministre, on peut craindre que le sort de la disposition emblématique du candidat François Hollande à la présidentielle rejoigne celui fait à ceux qui ont été baptisés « pigeons », ou de l’ISF sur les œuvres d’art.
Ce chantier ne peut pas attendre juin ou septembre.
Si une rectification devrait être présentée en urgence, au-delà, un débat s’impose sur une réforme en profondeur pour une fiscalité progressiste qui reste à faire. On ne peut en effet laisser dicter la loi par un gouvernement des juges !
Celle-ci passe effectivement par le relèvement du niveau de taxation des grandes fortunes et des revenus spéculatifs.
Notre système fiscal, tant national que local, est fortement injuste. Il pèse trop lourd sur le travail et est trop léger pour le capital. Pesant sur la consommation des ménages et les PME, il est contreproductif pour l’emploi et pour le développement du bien-être social.
Pour les hauts revenus, des taux supérieurs à 80 et même 90 % ont été pratiqués, notamment aux Etats-Unis au lendemain de la Seconde Guerre et jusqu’aux années 1980.
Il conviendrait de revenir à une réelle progressivité, avec neuf tranches au lieu de cinq actuellement.
Créer un impôt sur les donations et successions pour les grands patrimoines, instaurer un véritable impôt sur la fortune qui prenne en compte tous ses éléments sont des mesures urgentes qu’il faut avoir le courage de prendre au plus vite.
Supprimer les niches fiscales qui permettent aux plus grandes entreprises d’échapper en partie à l’impôt peut rapporter 50 milliards immédiatement va de pair avec une diminution du taux de TVA sur les produits de consommation courante.
La fiscalité des entreprises peut être révisée dans le sens d’une modulation en fonction de l’utilisation des bénéfices afin de favoriser celles qui les réinvestissent pour l’emploi, le développement productif durable, la formation de salariés et la recherche.
Ce ne serait que justice si la décision « très politique » du Conseil constitutionnel permettait d’ouvrir un vrai débat populaire sur l’indispensable réforme progressiste de la fiscalité.
Menons-le ! Et agissons ensemble en ce sens !

 

"Faudrait nationaliser, non ?" ( jeanne Moreau)

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Contrairement à ce que prône le patronat, ce ne sont ni le coût du travail (salaires, protection sociale) ni la" rigidité" du marché du travail (code du travail, acquis sociaux) qui plombent la compétitivité des entreprises.
Ce n’est pas le travail qui coûte cher mais la rémunération du capital.
Ce sont les salariés par leur travail qui créent les richesses.
Sans salariés, pas de créations de richesses....
Un enjeu important porte donc sur la répartition des richesses produites, la valeur ajoutée, entre le capital et le travail :
- Ce qui va aux salariés sous une forme ou sur une autre : le salaire, et les cotisations sociales (part salarié et employeur)
- Le reste étant réparti entre les impôts des entreprises, les investissements et les dividendes aux actionnaires.
Depuis que le capitalisme existe, c'est un enjeu de la lutte de classe !
Aujourd’hui, la part des salaires dans les richesses créées est plus faible qu’à la sortie de la guerre. Voici un tableau portant sur les dernières décennies qui ont vu le chômage exploser .
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Diviser par deux les dividendes libérerait 120 milliards d’euros pour les investissements productifs, créerait de l’emploi, permettrait de financer la protection sociale et de diminuer le déficit de l’état.
Alors que la rentabilité financière des entreprises est en hausse, le chômage explose et le pouvoir d’achat baisse freinant ainsi la relance économique.
La politique visant à réduire les « couts salariaux », - bas salaires, précarité, CDD, exonération des charges patronales, cadeaux fiscaux aux entreprises – pour soit disant améliorer la compétitivité et relancer l’emploi est injuste évidemment, mais en plus économiquement inefficace.
Pour favoriser l’emploi, il faut relancer les débouchés donc la consommation populaire en haussant les salaires. Voilà qui boosterait réellement la croissance!
La population, mais aussi les entreprises et l'économie ont besoin de l'épanouissement des services publics : école, formation, santé, transports, équipements de haut niveau....et non de la mise à mort des services publics découlant de la baisse des budgets publics.
L’amélioration de la productivité passe par une meilleure formation et qualification des salariés et par la baisse des couts du capital : la ponction stérile des dividendes et les intérêts exorbitants des emprunts des entreprises, versés aux banques et aux marchés financiers.
Une maitrise publique du crédit, résultant d’une nationalisation du système bancaire permettrait de prêter à faible cout aux entreprises – voir à taux nul – dès lors qu’il s’agirait d’investir, de mieux former et d’embaucher.
Cela permettrait de diriger la création monétaire (le crédit) vers la création d'emploi, les services publics, l'amélioration de l'environnement et de couper le robinet de la spéculation.
Après tout comme le soulignait l’actrice Jeanne Moreau à la Télé : l’argent des banques, c’est notre argent: « Faudrait nationaliser, non ? », suggérait l'actrice au larbin de service interloqué qui présentait le journal télévisé, l'autre soir.
C’est précisément ce que propose le PCF.

 

Nos Voeux de luttes pour 2013

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A tous bonne année ! Voici les voeux de luttes de P. Le Hyaric ...

Nous savons qu’alors que de toute part on annonce une année 2013 difficile, il faudra s’unir pour agir afin ?de changer les rapports de forces sociaux, économiques, politiques pour que ce soit à gauche que s’oriente ?le changement.
En s’enfermant dans le seul projet ?du rétablissement des comptes publics, François Hollande n’a pas créé, lors de ses vœux, l’élan nécessaire à une mobilisation nationale qui permettrait d’endiguer la vague du chômage.
L’ambition ne sera accessible qu’avec ?de la justice, de la solidarité, de nouveaux droits des travailleurs dans l’entreprise, afin de promouvoir d’abord le travail et non plus la rente des grands actionnaires ?et des banquiers, une réforme fiscale et bancaire digne ?de ce nom ou la réorientation de l’Union européenne.
Cela se heurte évidemment aux intérêts des oligarchies. Mais la gauche est précisément la gauche parce qu’elle n’est pas ?de ce côté mais de celui ?du peuple.
Ce n’est pas ?la recherche d’une sorte ?de compromis historique qui devrait être à l’ordre ?du jour. L’inversion ?de la courbe du chômage ?ne deviendra possible qu’en sortant du carcan ?de l’austérité budgétaire et salariale.

Le gouvernement ?a le devoir et le pouvoir de résister aux pressions des droites, des puissances d’argent et des institutions internationales.
?Il ne doit pas s’engager dans les projets de suppression ?du Smic pour le remplacer par un super RSA, ni dans ?un nouveau recul de l’âge ouvrant le droit à la retraite, ?ni dans un système de flexibilisation à outrance du travail, ni abdiquer devant les pressions du Conseil constitutionnel qui voudrait saboter toute réforme vers la justice fiscale.
S’il manifestait une volonté affirmée de changement progressiste, le pouvoir réunirait autour de lui toute ?la gauche et l’écologie politique?; une majorité agissante ?et combative pour ouvrir dans l’histoire de la France ?et de la gauche l’indispensable nouvelle page ?du progressisme français.
Les classes dominantes s’appuient sur la crise qu’elles ont elles-mêmes provoquée pour plier encore plus le monde, la vie humaine, l’environnement aux canons de l’ultracapitalisme destructeur. ?
Ce pouvoir ne doit pas y prêter main-forte.
C’est à un nouveau projet que devraient s’atteler toute la gauche ?et l’écologie politique pour faire face à la nouvelle période historique, où la lutte entre le capital et le travail va considérablement s’aiguiser, où de nouveaux dangers pèsent sur l’environnement, où l’arme nucléaire constitue une terrible menace pour toute l’humanité. Ce siècle appelle un nouveau mariage entre ?la justice fiscale et sociale, d’autres manières ?de produire et de consommer pour résorber une dette écologique qui peut être mortifère.
La coopération entre les êtres humains doit supplanter une concurrence folle, avec un nouvel âge pour la démocratie s’appuyant sur la souveraineté et l’intervention populaire.
Rien ne se transformera vraiment sans que la démocratie d’intervention devienne le but et le moyen de tout processus de changement pour inventer l’indispensable «?après-capitalisme?».
Tel nous semble devoir être ?le chemin d’une vie meilleure, d’un monde solidaire, d’une fraternelle humanité.
S’il manifestait une volonté affirmée de changement progressiste, ?le pouvoir réunirait autour de lui toute la gauche et l’écologie politique.

 

Chômage : toujours plus !

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Les chiffres de novembre viennent de tomber : 3.132.600 en catégorie A (sans aucune activité) sont recensés en France métropolitaine, soit un bond de 10,8 % sur un an.
En incluant les personnes ayant effectué une activité réduite (catégorie B et C), on compte 4.617.400 personnes à la recherche d'un emploi. A ces chiffres terribles il faudrait rajouter ceux qui sont en formation ou en contrat de sécurisation professionnelle (catégorie D), qui ont un contrat aidé (catégorie E) et tous ceux qui disparaissent des statistiques officiels (les titulaires du RSA, les personnes dispensées ou en temps partiel subi ou découragées),.... Déclaration de la CGT en date du vendredi 28 décembre 2012.
Chiffres du chômage : Le changement se fait attendre
29 300 demandeurs d’emploi supplémentaire en novembre en catégorie A, 30 400 si on y ajoute les catégories B et C.
Tous les clignotants sont au rouge :
Chômage des jeunes : + 1,2%
Chômage des seniors : + 1,2%
Chômage de longue durée : +1,2% Comment peut-il en être autrement quand la croissance est nulle, quand le pouvoir d’achat des ménages est attaqué, quand l’augmentation du SMIC est dérisoire?
Les plus fortes entrées au chômage, pour le mois de novembre, concernent les salariés en contrat à durée déterminée.__
Elles montrent, si besoin en était, que la flexibilité et la précarité dans notre pays est un véritable fléau et qu’il nous faut le combattre._
Les ruptures conventionnelles qui dépassent maintenant le million sont un nouvel outil au service du patronat pour se séparer des salariés plus rapidement et sans risque juridique. Il nous faut les encadrer.
Cette augmentation du nombre de demandeurs d’emploi montre que l’argent public dont bénéficient les entreprises ne fait que renforcer le chômage.
Vouloir combattre le chômage nécessite de mener une véritable politique de l’emploi. Il faut conditionner les aides, encadrer les ruptures conventionnelles, interdire les plans de départ volontaire et relancer la consommation par une revalorisation du pouvoir d’achat.
La CGT réaffirme qu’elle s’opposera à toute mesure qui renforcerait la précarité et la flexibilité dès la prochaine séance de négociation qui se tiendra les 10 et 11 janvier prochain sur la sécurisation de l’emploi.
Elle appelle les salariés à participer aux rassemblements prévus le 10 janvier dans les territoires.

 

P. Le Hyaric (PCF) : Qu'y a-t-il derrière la carrure d'Obélix ?

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Quel fracas autour de l’installation en Belgique de cet acteur connu et reconnu, devenu homme d’affaires !
Le cimetière des invectives stériles s’est encore agrandi et a caché le grand fatras d’informations pourtant si importantes pour la vie quotidienne, telles que la hausse des carburants, du gaz et de l’électricité, des impôts locaux, de la TVA pour payer un cadeau de 20 milliards d’impôt aux sociétés, les fermetures de lignes secondaires de train et un nouveau projet de réduction des services publics.
Tout ceci se fait en application des critères du traité européen d’austérité.
Bref, grâce à une nouvelle potion magique, Obélix, rebaptisé « Echappofisc » réduirait tous ces choix politiques décidés par un gouvernement -dont on est en droit d’attendre tout autre chose- au rang de questions de second ordre, alors qu’ils nous concernent au plus haut point.
D’ailleurs, s’il y a moins de trains, d’hôpitaux, de postes, d’écoles, d’activités culturelles, de tribunaux, de gendarmeries, insuffisamment de maisons de retraite, n’est-ce pas dû au fait qu’il y a moins de recettes pour l’Etat, résultat des cadeaux faits ces dernières années aux plus fortunés et d’un chômage en hausse constante qui handicape l’activité et donc les ressources de la Nation et des organismes sociaux ?
Et ceci n’a-t-il rien à voir à ce que donne chacune et chacun au bien collectif, selon ses capacités contributives ?
Voici un bon débat. M. Depardieu n’est pas à plaindre.
S’il est vrai qu’il a payé 145 millions d’impôt comme il l’a écrit dans une lettre au Premier ministre, cela veut dire qu’il gagne à peu près 6000 euros par jour.
Qu’il ne dise pas que c’est le matraquage fiscal de la gauche qui le gêne puisque cela fait plus de dix ans qu’il s’acquitte sans dire mot des impôts fixés par les budgets votés par la droite.
Dans ces conditions, notre grand acteur ne s’est-il pas placé, peut-être malgré lui, au centre d’un débat politique ou plutôt politicien ?
La droite s’est saisie de l’occasion pour défendre les plus fortunés et le Premier ministre a pu ainsi faire croire qu’il les attaquait au nom du chantier de la justice fiscale, alors que les impôts indirects et l’impôt sur le revenu des catégories modestes va augmenter, grâce au gel des barèmes, certes décidé sous M. Sarkozy mais maintenu par ses successeurs.

Il est vrai que le défunt bouclier fiscal avantageait M. Depardieu et Mme Bettencourt contre le paysan qui gagne à peine le SMIC, la femme retraitée qui n’a que 700 euros par mois ou le smicard, qui eux paient à jets continus, c’est-à-dire chaque fois qu’ils font leurs courses ou leur plein d’essence, les impôts les plus injustes qui soient, la TVA et la taxe sur les carburants.
Les débats enflammés de ces derniers jours permettent de cacher ces enjeux fondamentaux. Ceux de la justice fiscale et la nécessité d’une profonde réforme pour y parvenir.
Tenter de se soustraire, d’échapper à l’impôt comme le font les plus fortunés, c’est faire le choix du chacun pour soi contre la communauté des êtres humains, faisant société ensemble.
Les portes de la jungle s’ouvrent avec un Etat affaibli parce que privé d’écoles, de laboratoires de recherche, d’hôpitaux, de moyens de transports ou encore de communes rurales en bonne santé au service de toutes et de tous. Le pays devient dès lors, comme la Grèce, une proie facile pour les rapaces de la finance et les institutions européennes.
Nul ne conteste le droit de s’enrichir, mais il y a des richesses accumulées qui n’ont été possibles que grâce à la collectivité. Parmi les films dans lesquels Gérard Depardieu a brillé, nombre d’entre eux n’ont pu être réalisés que grâce à un système d’aide à la production cinématographique, soutenu par la puissance publique, que beaucoup de pays nous envient. Ce système n’existe que parce que nos concitoyens paient l’impôt et la TVA et parmi eux, ceux qui chaque mois calculent à 10 euros près.
De ce débat pourraient, devraient pourtant jaillir deux axes de réformes fondamentales. D’abord pour progresser vers la justice fiscale qui voudrait que chacune et chacun contribue en fonction de ses possibilités, avec un système d’impôt sur le revenu progressif, comportant de nouvelles tranches, notamment entre les 45% et les 75% de prélèvements.
Rappelons qu’en Belgique, l’impôt sur le revenu est plus élevé qu’en France. En même temps, l’impôt sur la fortune doit être renforcé. La fiscalité locale doit aussi être transformée pour tenir compte des revenus réels et les impôts indirects abaissés.
Quant à l’impôt sur le capital, il doit être incitatif pour la création d’emplois et l’investissement productif, et dissuasif pour toutes les formes de spéculation financière. L’autre volet concerne la nécessité d’une harmonisation de la fiscalité européenne selon des principes de justice.
Ce sont les différences d’imposition au sein d’une même zone ayant la même monnaie qui favorisent cette concurrence fiscale entre Etats et entre richissimes citoyens.
Les plus modestes, eux, n’ont pas les moyens de changer de pays. Dans un premier temps, comme aux Etats-Unis, chaque citoyen qui s’expatrie paierait l’impôt dans son pays d’origine.
Au lieu de choyer les banques, les oligarchies et les marchés financiers, l’Union européenne devrait placer au cœur de son action des logiques citoyennes et solidaires. Il n’y aura pas d’Europe commune sans solidarité sociale et vie démocratique qui implique les populations du continent dans les décisions qui les concernent.
L’harmonisation fiscale en est une. Qu’Obélix, à son corps défendant, ait contribué à en faire grandir l’exigence constituerait un juste retour des choses.

 

L’hiver arrive : tout le monde doit pouvoir se chauffer !

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Se chauffer, pour beaucoup est devenu un luxe, choisir entre l’éclairage, la cuisine, et les loisirs multimédias une contrainte de plus en plus courante.
Particulièrement pour les 8 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.
Pour elles pas de droit à l’énergie.
Dans le même temps, la facture énergétique de tous les ménages va encore augmenter.
Cela nous touchera tous, fragilisant la majeure partie d’entre nous.
En ce début de l’hiver, les parlementaires du PCF et du Front de gauche réitèrent leur demande d’adoption immédiate de la proposition de loi relative à l’urgence sociale en matière énergétique, nous appelons l’ensemble des citoyens à soutenir cette démarche, premier pas vers la garantie d’un droit à l’énergie pour tous:

  • Pour l’extension et l’augmentation des tarifs sociaux
  • Pour l’interdiction des coupures et des résiliations de contrat de fourniture d’énergie
  • Pour un service public de l’énergie assurant sur l’ensemble du territoire une tarification unique et une réelle péréquation
  • Pour une transition énergétique durable et sociale

Une première extension des tarifs sociaux du gaz et de l'électricité à certains ménages modestes est entrée en vigueur mercredi.
Outre les personnes bénéficiant de la Couverture maladie universelle (CMU) complémentaire, les personnes éligibles à l'aide pour une complémentaire santé (ACS), soit un plafond de revenus 26% supérieur, pourront également en bénéficier.
Le plafond était auparavant de 661 euros par mois pour une personne seule et passe à 893 euros par mois.
Une mesure qui ne répond que partiellement à la promesse du gouvernement, les députés et sénateurs du Front de gauche réitèrent leur demande d’adoption immédiate de la proposition de loi relative à l’urgence sociale.

 

H. Poly (PCF): Comment renouveler notre activité avec le monde du travail

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Le Congrès du PCF se propose de construire un PCF toujours plus démocratique et toujours plus en phase avec la société. Ça veut dire quoi ?
Voici l'opinion d'Hervé Poly dirigeant communiste dans le Pas de Calais.
Il s'interroge sur le manque d'attention portée à la vie des structures de proximité que la réforme financière prévue dans le projet de nouveaux statuts risque en plus d’assécher. (extraits d'une table ronde parue dans l'Humanité)
HERVÉ POLY:
D’abord je pense qu’il ne faut surtout pas faire de la question de la transformation du Parti une forme de course vers un pseudo modernisme qui cacherait dans les faits un recul idéologique. Je ne pense pas, par exemple, que la nouvelle carte du Parti où l’on supprime la faucille et le marteau, et ce sans aucun débat, soit une avancée transformatrice.
Les symboles sont porteurs de sens et le nôtre traduit notre ancrage dans l’héritage historique du mouvement politique révolutionnaire.
Vouloir le faire disparaître apparaît de façon tout à fait légitime comme une volonté, celle de rompre avec un courant d’idées qui est l’essence même de l’existence de notre organisation.
Les transformations du Parti doivent pour moi être en prise avec le Parti et avoir pour préalable notre volonté d’un épanouissement démocratique des militants à la base.
Or, la réforme des statuts va à l’encontre de cette exigence.

On peut faire toutes les déclarations de bonnes intentions, mais dans les faits, ce qui est proposé au travers des nouveaux statuts s’avère être tout le contraire. La modification de la clef de répartition financière des quatre organisations structurantes de notre parti pose un grave problème.
Passer de la règle financière des quatre quarts (cellule, section, fédération et direction nationale) à une nouvelle règle de trois (section, fédération et direction nationale) entérine la mort des cellules et assèche de fait de 17 % les finances de nos organisations de base.
Il s’agit là d’une faute politique lourde qui s’assimile à la nouvelle bureaucratie du futur fonctionnement de notre parti. Nous ne sommes plus en l’espèce dans une transformation mais dans une liquidation de nos organisations de base.
On croit bien faire mais c’est prendre le parfait contre-pied de ce que désire l’immense majorité des communistes. La cellule doit rester l’organisme « vivant » de notre parti.
HERVÉ POLY:
Sur la question de l’entreprise, force est de constater que nous avons fortement reculé dans la vie des cellules à l’entreprise. La tâche est immense et reste une priorité difficile à mettre en œuvre. Pour autant, une présence régulière, un contact étroit avec les organisations syndicales peuvent permettre à terme de nous redéployer dans des lieux de travail éclatés où il est plus difficile d’être présents.
Par ailleurs, une présence régulière aux portes des boîtes, un contact étroit avec le monde du travail peut nous permettre de rendre visibles et plus pertinentes encore les interventions de nos élus. Avec nos élus en charge des questions économiques, nous nous employons, filière par filière, à prendre des points d’appui pour faire des propositions offensives permettant le développement économique de notre région.
C’est le cas sur la filière ferroviaire où d’ailleurs les militants communistes à la SNCF ont décidé de mutualiser leurs actions en créant un réseau militants cheminots dans le Nord-Pas-de-Calais.
Être à l’offensive idéologiquement, par exemple sur les questions industrielles, peut nous permettre à terme d’aller mieux dans nos combats sur cette question du travail politique à l’entreprise

 

Exigeons le droit de vote pour tous les résidents étrangers dès 2014

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Jeudi 13 décembre, le rassemblement de plus de 50 organisations (associations, syndicats et partis politiques) ont présenté à la presse la pétition demandant au Président de la République d’engager le processus de révision constitutionnelle permettant d’instaurer le droit de vote des étrangers pour 2014.
Le Parti communiste représenté par Jacques Chabalier, responsable national à l'organisation et Isabelle Lorand, responsable nationale aux Droits et Liberté, a confirmé son plein engagement dans cette campagne.
Par la voix de Jacques Chabalier, le PCF a rappelé que cette promesse est faite par la gauche depuis trois décennies.
Le PS, favorable à cette mesure quand il est dans l'opposition y a toujours renoncé une fois arrivé au pouvoir. La loi votée par le sénat le 8 décembre 2011 est maintenant sur le bureau de l'assemblée nationale. Le gouvernement se doit de l'inscrire à l'ordre du jour de l'assemblée nationale rapidement afin que les délais nécessaires à l'organisation de la révision constitutionnelle garantissent ce droit civique essentielle aux résidents étrangers dès 2014.
Si tous les parlementaires de gauche sont fidèles aux engagements qu'ils ont pris devant leurs électeurs, il manquerait 28 voix pour obtenir la majorité des 3/5 au congrès. La gauche n'a pas de quoi avoir peur de son ombre.
C'est une bataille plus que gagnable. Si la droite parlementaire s'arc-boute sur le refus, la gauche doit en appeler à la souveraineté populaire par référendum. La démocratie est toujours une force. Notre peuple l'a souvent démontré dans l'histoire.
Jacques Chabalier a également confirmé que le PCF en appelle aux militants et aux élus communistes pour que partout sur le territoire s'organise, sous toutes ses formes, une campagne de masse et de proximité.

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Pour signer : pétition nationale

Le suffrage universel a été une longue conquête dans l’histoire de la République.
Si, en 1793, lors de la Révolution, la première République en adopta le principe, il fut réellement mis en oeuvre par la IIe République, après la Révolution de 1848. Mais le suffrage resta limité aux hommes jusqu’en 1944, lorsque fut enfin instauré, à la Libération, le droit de vote pour les femmes. Trente ans plus tard, en 1974, l’âge du droit de vote fut abaissé de 21 à 18 ans.
En 1998, les étranger(e)s citoyen(ne)s des pays de l’Union européenne résidant en France ont été admis(es) au vote et à l’éligibilité pour les élections municipales et au Parlement européen.
En mai 2000, l’Assemblée nationale vote une proposition de loi accordant le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales pour les étranger(e)s extracommunautaires, qui résident légalement sur le territoire depuis cinq ans au moins. Le Sénat, à son tour, le 8 décembre 2011, adopte cette même proposition. Il reste à mettre en oeuvre la révision constitutionnelle nécessaire.
De nombreux(ses) responsables politiques de gauche, et aussi du centre et de droite, se sont exprimé(e)s en faveur de ce droit.
En 2012, lors des élections présidentielles et législatives, la nouvelle majorité a inscrit cette réforme dans son programme.
Conformément à ses engagements dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre, en juillet puis en septembre, a promis qu’il y aurait un projet de loi en 2013.
Près de deux millions et demi d’étranger(e)s extracommunautaires vivent et travaillent dans des communes où elles/ils participent à la vie locale et paient des impôts.
Nombre d’entre elles/eux sont responsables d’associations, délégué(e)s de parents d’élèves, délégué(e)s syndicaux(cales)...
La vie locale est un lieu essentiel de la vie démocratique et il n’existe aucune raison pour que toutes celles et tous ceux qui résident sur ces territoires n’y participent pas de façon égale. Il est temps de franchir une nouvelle étape pour l’élargissement du suffrage universel, la démocratie, la cohésion sociale et pour l’égalité des droits.
Les promesses électorales faites depuis plus de trente ans, approuvées par les électeurs(trices) à au moins quatre reprises, depuis 1981, doivent maintenant être tenues.
Nous appelons à la mobilisation citoyenne pour que cette réforme, essentielle pour une République ouverte et fraternelle, soit mise en oeuvre dès les élections municipales de 2014.



Monsieur le président de la République, Nous vous demandons d’engager le processus de re?vision constitutionnelle permettant d’instaurer le droit de vote et d’e?ligibilite? pour nos concitoyen(ne)s re?sident(e)s e?tranger(e)s aux e?lections locales, de?s les municipales de 2014. Cet impe?ratif d’e?galite? et de de?mocratie est urgent !

 

Trop de flou pour l'Ecole

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Une première version du projet de loi d’orientation pour l’école vient d’être publiée.
Le gouvernement y affiche son ambition de « refonder l’école de la République » pour « répondre aux grands défis auxquels la France est confrontée ».
La réaffirmation du rôle de la maternelle et la volonté de scolariser les moins de 3 ans, une première remise en cause du socle de compétences avec l’intégration de la dimension de culture, la création des écoles supérieures de l’éducation, l’importance accordée à la pédagogie, le recrutement amorcé de professeurs montrent la prise en compte de propositions portées de longue date par les enseignants et les parents d’élèves. On ne peut que s’en réjouir.
Cependant, le projet entretient le flou sur les objectifs assignés à l’école.

S’agit-il de créer les conditions de la réussite de tous ou bien de se contenter de réduire les inégalités à la marge ? S’agit-il de poursuivre les politiques libérales qui s’appuient sur l’individualisation et la concurrence pour mettre l’éducation au service de la compétitivité et de la guerre économique, dans la continuité du projet européen « Éducation et formation 2020 » ? ou de construire une école émancipatrice transmettant à tous un haut niveau de culture commune ?
Comment mener les politiques sociales ambitieuses incontournables pour la réduction des inégalités sociales et scolaires tout en se soumettant à l’austérité dictée par l’Union Européenne et les marchés financiers ?
Il faut faire un choix, et les discussions qui auront lieu avec l’ensemble des acteurs de l’éducation, les citoyens et leurs représentants dans les semaines à venir seront décisives.
Pour être à la hauteur des attentes, le projet ne peut pas s’en tenir à l’objectif de « l’égalité des chances ».
L’éducation n’est pas une loterie ! Se résigner à un système qui a ses « gagnants » et ses « perdants » laisserait encore une partie des élèves – les enfants des classes populaires en premier lieu– sur le bord du chemin.
Si l’école doit être refondée, c’est pour créer enfin les conditions d’une véritable égalité du droit à l’éducation.
Tous les enfants sont capables d’apprendre : l’école peut et doit donc se fixer l’objectif de faire réussir tous les élèves. Le projet de loi est encore loin d’afficher une telle ambition. Il développe une conception de l’élève qui fait reposer les différences sur des dispositions naturelles : on parle d’« aptitudes », de « rythmes d’apprentissages propres à chacun ». Une refondation progressiste de l’école doit rompre avec cette naturalisation des inégalités, affirmer que tous les élèves sont capables d’accéder à un haut niveau de culture et leur en donner les moyens.
Prendre ses distances avec le socle commun tel qu’il avait été défini par la loi Fillon est un premier pas.
Mais pourquoi alors conserver d’un côté un socle et de l’autre des programmes ?
Quels sont ces « apprentissages complémentaires » mentionnés par le projet, et à qui sont-ils destinés ? Il est nécessaire que les discussions des semaines à venir aboutissent à une affirmation claire : l’école, si elle veut être l’école de tous, doit viser les mêmes apprentissages pour tous les enfants.
Il est urgent de s’attaquer aux causes de l’échec scolaire, d’abord en créant les conditions d’une véritable gratuité de l’éducation. Pour lutter contre l’échec scolaire, il faut prendre en compte les obstacles connus qui, dans l’école et hors l’école, empêchent l’appropriation réussie des savoirs.
L’inefficacité de l’individualisation des parcours est démontrée : ce n’est pas la solution ! Pour ne pas renoncer à l’égal accès aux savoirs des enfants des classes populaires, c’est bien l’ensemble de l’école qu’il faut refonder sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour acquérir la culture scolaire.
Donnons de l’ambition à ce projet !
Le PCF appelle tous les citoyens, tous les acteurs de l’éducation à s’atteler à la tâche. Un projet pour l’école, c’est un projet pour la société : c’est l’affaire de tous !
Partout en France, le PCF, avec le Front de Gauche, est à l’initiative d’ateliers législatifs pour que nous construisions ensemble la refondation dont l’école a besoin.
Soyons nombreux pour faire entendre nos exigences et rendre incontournable la construction de l’école de l’égalité : une école démocratisée, donnant aux citoyens et aux citoyennes de demain les moyens d’être acteurs de leur travail, de leur vie et de celle de la collectivité.

 

Accès aux soins pour tous : URGENCE !

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Garantir l'accès aux soins pour tous, c'est d'abord développer le système hospitalier et la gratuité des soins. Il faut donc moderniser Beaujon - avec ses services de pointes et sa maternité - et non pas le condamner comme le gouvernements Fillion hier et Ayrault aujourd'hui.
Pour la santé aussi, l'austérité est mortifère !
Ensuite, c'est avancer vers la gratuité totale des soins en s'appuyant sur une conception solidaire de la sécurité sociale, hors des griffes des assurances privées. Franchises médicales, dépassements d'honoraires..., les restes à charge se sont accumulés au cours des années tandis que nos revenus n'augmentent pas.
Le renoncement aux soins progresse, particulièrement en dentaire et en optique, vu la modicité des remboursements dans ces domaines. C'est humainement inacceptable.
Mais c'est aussi économiquement absurde !
C'est un gâchis que d'attendre une complication comme une paralysie ou une insuffisance cardiaque plutôt que de prendre en charge à 100% le traitement de l'hypertension artérielle, retirée de la liste des affections de longue durée par le gouvernement Sarkozy ou de favoriser un accident par une absence de lunettes?
Rien dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2013 ne revient sur les franchises, les déremboursements, contre lesquels la gauche toute entière s'était battue !

Interdiction des dépassements d'honoraires et remboursement à 100%
L'engagement de François Hollande d'encadrer les dépassements d'honoraires avant l'élection présidentielle s'est traduit par une véritable reculade et l'autorisation implicite de dépassements à 150% du tarif opposable.
Le vrai changement serait le remboursement à 100% par la sécurité sociale et une nouvelle convention médicale approuvée majoritairement par les organisations médicales représentatives. Il est nécessaire de développer de nouvelles formes de rémunération honorant le temps suivi des patients, à la prévention et à l’éducation à la santé. Il est nécessaire de lutter contre les disparités de revenus entre médecins généralistes et spécialistes, entre spécialités.
Les assurances privées sont à la fois l’une des causes des dépassements d'honoraires mais elles en sont aussi les premières bénéficiaires ! Et l'interdiction des dépassements, le remboursement à 100% par la sécurité sociale mettrait fin à cette spirale tout en luttant contre les renoncements aux soins pour raison financière. On pourrait commencer les remboursements à 100% pour les jeunes jusqu'à 25 ans et les étudiant-e-s jusqu'à 30 ans, où le renoncement aux soins est proche des 50%.
Des propositions contre les déserts médicaux
Marisol Touraine a annoncé l'organisation d'une "concertation nationale" sur les questions d'accès aux soins.
Les communistes sauront lui rappeler que la première cause de non accès aux soins est financière ! Mais le PCF formule aussi des propositions contre les déserts médicaux : le travail collectif, le salariat des centres de santé séduit les jeunes médecins tout en permettant le tiers payant, l'approche globale des patients, le c développement de la prévention, à l'opposé des maisons de santé, qui ne sont que la juxtaposition de pratiques libérales.
C'est aussi la reconstruction d'une offre de service public hospitalier de proximité, l'arrêt des restructurations, des fermetures de services, de maternités, mettant en danger les populations. Un moratoire sur la loi Bachelot est urgent, en attendant une grande loi de santé publique, tout comme la prise en compte des difficultés des hôpitaux.
La France a les moyens d'une grande politique d'accès aux soins pour tous !
Les revenus financiers des entreprises et des banques représentent le double du budget de la protection sociale !
Ces revenus (317,9 milliards d'euros en 2010), soumis au taux actuel de la cotisation patronale, apporteraient plus de 40 milliards d'euros pour la branche maladie, de quoi faire face dans l’immédiat au déficit de la Sécurité sociale, mais surtout mener une politique sociale dynamique visant à répondre aux nouveaux besoins sociaux.ans le même temps, à réorienter l’activité économique vers un autre type de développement social et écologique, un autre type de production des richesses réelles, au lieu d’alimenter la spéculation. Ce n'est pas le travail qui coûte, mais bien le capital ! Et c'est sur la cotisation, modulée vers ce type de développement économique, que devra s'orienter la réforme de la protection sociale, pas sur le développement de la CSG, génératrice de perte de pouvoir d'achat.
Financer par la CSG et la TVA , c'est fiscaliser la sécurité sociale et remplacer les cotisations patronales par l’impôt sur les ménages et les consommateurs. Ce sont ces exigences que porte le PCF, qu'il vous appelle à porter. La mobilisation se développe, dans le Front de Gauche, mais aussi plus largement, dans les associations, les syndicats.
Continuons à rassembler, à nous faire entendre. L'accès aux soins pour toutes et tous est urgent.

 

Le gouvernement pas assez de gauche selon des sondages

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Selon un sondage BVA, le plan pauvreté présenté cette semaine par le Premier ministre n'a pas convaincu.
Y compris à gauche, puisque les sympathisants socialistes sont maintenant une majorité à trouver Hollande « pas assez à gauche ».
En cause aussi, la non nationalisation de Florange.
Car 3 Français sur 4 sont favorables à une intervention de l'Etat pour empêcher la fermeture des entreprises.
Ce sondage, réalisé pour i<télé et diffusé ce vendredi soir, montre qu'une majorité des Français, 52 %, reste sceptique sur le contenu du plan pauvreté présenté par Jean-Marc Ayrault cette semaine.
Ce plan propose entre autres une légère augmentation du RSA, 8000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires, une allocation pour les moins de 25 ans en difficulté, un registre pour éviter le surendettement, l’extension de la CMU et un plan distinct pour l'Outre-mer. Lire RSA, hébergement d'urgence, CMU... Les mesures Ayrault contre la pauvreté paraissent bien maigre et pas à la hauteur.
Ce plan crée certes de très forts clivages politiques : 78% de soutien à gauche, 17% à droite.
Mais les Français interrogés sont de plus en plus nombreux, près d'un tiers, à ne pas trouver le gouvernement assez à gauche, soit + 6 % en un mois.
Autre signe, plus de la moitié des Français se disant de gauche, trouvent que François Hollande n'est pas assez à gauche, en hausse de 11 %. Les femmes sont 78% à penser que l'Etat et les pouvoirs publics sont dans leur rôle quand ils tentent d'empêcher la fermeture d'entreprises, contre 72% pour les hommes. Par catégorie d'âge, ce sont les 35-49 ans qui partagent le plus ce jugement, à 80%, tout comme les catégories dites populaires (82%) et les peu ou pas diplômés (83%). Traduisant l'inquiétude et le mécontentement des électeurs et de nombreux militants socialistes, des voix s’élèvent au sein même du PS. Outre la sénatrice M.N. Lienemann et E. Maurel, représentant de l'aile gauche du PS, d'autres se font entendre.
A Clichy même, plusieurs élus socialistes -dont des maires-adjoints- s’inquiètent des coupes sombres prévues dans le budget d'austérité envisagé par le maire socialiste G. Catoire.
Une quinzaine de députés et élus socialistes viennent ainsi d'écrire au président François Hollande pour lui demander de modifier son cap afin de répondre à «l’aspiration légitime des salariés et des ouvriers modestes à améliorer leurs conditions de vie matérielles». «Il est urgent de remettre l’agenda économique et social en tête des priorités de l’action gouvernementale», écrivent ils.
Même préoccupation chez P. Laurent (PCF) qui incite Hollande" a changer de cap". L'appel pour l'instant, reste sans écho : ainsi aucun coup de pouce n'est prévu pour le SMIC au 1er janvier.
D'évidence, la mobilisation des salariés doit gagner en ampleur pour pouvoir peser davantage face au forcing du MEDEF qui garde l'oreille du gouvernement.

 

Le STIF tape encore dans notre porte monnaie !

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Le STIF, syndicat des transports d'Ile de France, présidé par le socialiste J. P. Huchon, vient de décider encore une fois une hausse des transports franciliens : une augmentation d'en moyenne 2,4% pour l'ensemble des titres de transport.
Ainsi non content de mépriser les clichois et les alto séquanais en refusant obstinément le dédoublement de la ligne 13, demandée par les Clichois, les Gennevillois et les Asnierois, les Audoniens et les Dyonisiens qui voyagent chaque jour dans des conditions d’entassement indignes, le STIF frappe au porte monnaie !
Le détenteur du Passe Navigo zone 1-2 verra le prix de son forfait mensuel bondir de 3,5% à 65,10 euros et la carte Imagine R pour les jeunes augmentera de 3%. Côté métro, le prix du carnet de 10 tickets passera de 12,70 euros à 13,30 euros. Et ce n'est pas mieux pour l'autobus : le prix du ticket à l’unité pour le bus passe à 2 euros, contre 1,90 euro jusqu'ici.
« Nous avons besoin de ressources nouvelles pour financer les investissements et le fonctionnement des nouveaux moyens de transports mis en place», plaide Jean-Paul Huchon dans le Parisien.
Mais Huchon préfère ponctionner l’usager et la jeunesse plutôt que de se battre pour exiger une hausse sérieuse du versement transport des entreprises. Une augmentation de cette taxe permettrait pourtant de dégager 800 millions d’euros supplémentaires.
Par ailleurs, s’agissant de la Région capitale, il est inadmissible - hier comme aujourd'hui - que l’Etat se retire du financement des infrastructures.
Une fois de plus les clichois sont mis à contribution et payent plein pot alors qu’ils ne bénéficient pas d’un niveau acceptable de service sur la ligne 13: fréquence moindre des rames, entassement insupportable, retards et pannes fréquents.
Les élus PCF/FDG au conseil d’administration du STIF s’opposent à cette nouvelle hausse et ont publié le communiqué suivant .

« Nous ne pouvons accepter de telles hausses, bien supérieures au niveau de l’inflation.
Le STIF connaît des difficultés réelles pour faire face aux importants besoins de financement des transports en Île-de-France, pour la création d’offres nouvelles — le budget 2013 prévoit un renforcement des réseaux de bus dont nous nous félicitons — ou par la mise en œuvre de nouvelles mesures de justice tarifaire comme le complément de parcours.
Les usagers et les collectivités ne peuvent pour autant pas être les seules variables d’ajustement budgétaire, et ce particulièrement dans les conditions économiques et sociales actuelles.
Il faut au contraire se mobiliser pour obtenir de nouveaux financements, comme le portent Laurence Cohen, conseillère régionale Front de gauche PCF-GU-AC, et Christian Favier, président du Conseil général du Val-de-Marne, administrateur-rice-s du STIF.
Il faut notamment mettre à contribution les acteurs économiques, qui sont les premiers bénéficiaires de l’amélioration des transports, et dont la part dans le financement des transports en commun n’a cessé de baisser.
Cela passe par le vote par le Parlement de l’harmonisation à la hausse du Versement Transport (VT), alors qu’un premier pas, encore insuffisant, vient d’être fait en augmentant son taux de 0,1.
L’harmonisation du VT est une urgence : cette mesure à elle seule apporterait les 800 millions d’euros nécessaires à la mise en œuvre du pass Navigo unique au tarif actuel de la zone 1-2 et au développement de nouvelles offres.
Au-delà, de nouveaux financements doivent être dégagés pour le Plan de mobilisation pour les transports et le Grand Paris Express, comme la modernisation de la taxe locale sur les bureaux (ex-FARIF), la refonte de la redevance pour la création de bureaux et la création d’une éco-taxe poids lourds.
Ces mesures sont indispensables pour l’avenir des transports franciliens et pour les Franciliennes et les Franciliens.
Développer et améliorer les transports en commun est un défi environnemental que nous devons relever ensemble. » Pour leur part les communistes de Clichy considèrent que le volet transport du Grand Paris n'est pas du tout satisfaisant car il ignore la ligne 13 et répond insuffisamment aux attentes des banlieusards de notre secteur.

 

La CGT : Ne laissons pas faire le MEDEF !

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Jeudi 13 décembre est un jour de mobilisation des salariès à l'appel de la CGT contre la précarité, la flexibilité et les bas salaires.
Des négociations interprofessionnelles sont en cours entre les organisations syndicales de salariés et les représentants des employeurs sur la « sécurisation de l’emploi » et les « retraites complémentaires ARRCO - AGIRC ».
L’objectif du patronat pour ces négociations : une régression sociale historique après le cadeau fiscal de 20 milliards que lui a accordé le gouvernement sans aucune contrepartie.
La CGT appelle les salariés à se mobiliser nombreux le 13 décembre pour dire au MEDEF et aux employeurs : « la précarité, la flexibilité, chômage, les bas salaires : ça suffit !!! ».
Le Medef utilise la crise pour imposer une véritable régression sociale en faisant un chantage permanent : les entreprises seraient au bord du gouffre, en grande difficulté, au point qu’il faudrait accepter une remise en cause des droits sociaux, plus de flexibilité pour les salariés, plus de facilité pour licencier pour les employeurs et tout cela au nom de la compétitivité…
Ce serait la fin du contrat de travail qui fixe les conditions d’emploi, de travail et de rémunération.
Le CDI serait encore trop rigide : le Medef veut généraliser les contrats de mission ou les contrats intermittents.
Les procédures de licenciement seraient trop contraignantes, il veut limiter les recours en justice et les montants des indemnités, réduire les délais de procédure. Bref, tout pour contourner le licenciement économique et ses obligations vis-à-vis du salarié.
D’après le Medef, les entreprises ne pourraient plus financer les régimes de retraites complémentaires ; la seule solution serait une baisse drastique des prestations pour 18 millions de salariés et 11 millions de retraités.
La perte du pouvoir d’achat pourrait s’élever à 6 %!
Les efforts sont décidément toujours demandés aux mêmes !
La CGT a décidé d’alerter les salariés, les retraités, les privés d’emplois et les appelle à intervenir ensemble en direction des employeurs et du Medef le jeudi 13 décembre 2012 pour faire entendre leurs revendications dans les négociations.
Nous contestons les 20 milliards d’euros supplémentaires « d’allègement du coût du travail » que vient d’obtenir le patronat. Ils s’ajoutent aux 172 milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient déjà les entreprises.
Les derniers chiffres du chômage, avec 5,2 millions demandeurs d’emploi toutes catégories confondus, démontrent l’inefficacité de ces logiques.
Le gouvernement, suite à l’interpellation de la CGT, s’est engagé à évaluer l’efficacité des aides publiques. Il faut maintenant obtenir les modalités. La CGT demande que les aides publiques servent à l’emploi, aux qualifications, à la recherche.
(communiqué de la CGT)

 

On ne combat pas la misère en maintenant des millions de personnes sous le seuil de pauvreté !

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé mardi plusieurs mesures de lutte contre la pauvreté.
Réévaluation progressive du RSA et élargissement du droit d'accès à la CMU pour les soins des plus démunis sont les bienvenus.
La pauvreté touche maintenant 1 Français sur 8.
Certes on peut se réjouir de la volonté affichée par le gouvernement de vouloir combattre ce fléau .
Cette grande pauvreté ne tombe pas du ciel : elle est secrétée par le capitalisme qui fait primer la recherche du profit sur les besoins, la rentabilité sur le respect de la dignité. Plonger la France dans l'austérité, répondre aux attentes du MEDEF et des marchés financiers, comme le fait le Gouvernement, c'est ajouter la pauvreté à la pauvreté.
C'est contradictoire avec l'objectif proclamé de lutte contre la pauvreté.
Reste que la volonté affichée ne sert pas à grand chose si les moyens ne sont pas aux rendez-vous. Et hélas, il est à craindre que ce soit le cas.
Annoncer l'augmentation de 10% en 5 ans du RSA (ex RMI) ce n'est jamais qu'un retour au montant du RMI, équivalent à un demi SMIC lors de sa création. Ce rattrapage est insuffisant pour vivre dignement et ne met pas beaucoup plus de beurre dans les épinards !
De plus, faut-il rappeler que le financement du RSA est assuré par les Départements, qui comme les autres collectivités sont sommés de se serrer la ceinture et de réduire leurs dépenses ? Certes le Gouvernement dira qu'il compensera à travers ses dotations aux départements.
Mais l'expérience montre que quand compensation il y a, elle s'effectue à un moment t et n'est plus réajustée à la hausse, les années suivantes, quand le nombre de bénéficiaires vient à exploser. Gare aux transferts de charge! Cela revient à faire financer de plus en plus la solidarité nationale, non plus par l'Etat mais par les ménages via les impôts locaux.
Quels engagements précis vis à vis des conseils généraux prendra le Gouvernement ? Il faudra, avec les élus PCF/FDG se montrer vigilant, sur cette question.

Une réelle rupture aurait été de se fixer comme objectif d'augmenter le cumul des minima sociaux au dessus du seuil de pauvreté, soit 950 euros par mois.
On ne combat pas la misère en maintenant des millions de personnes sous le seuil de pauvreté.Le contrat d'insertion destiné aux jeunes non qualifiés pour bénéficier d'un RSA laisse un goût amère.
Une fois encore, il est demandé plus aux jeunes pour qu'ils bénéficient ce qu'ont, de plein droit, les plus de 25 ans. C'est regrettable et infantilisant.
Les travaux annoncés sur le sur-endettement ou l'"amélioration conséquente des aides aux familles mono-parentales" peuvent être positifs si le gouvernement consent à desserrer l'étreinte d'une austérité qui fait plonger le pays.
Il ne sert à rien de faire des économies sur le dos de la solidarité.
Plus les difficultés sociales sont traitées en amont, moins elles coûtent chères en terme de santé, d'école, ou d'emploi. Éradiquer les causes de la pauvreté nécessite de s'attaquer à la domination de la finance sur l'économie et la société, c'est résoudre la question du chômage avec la sécurité-emploi-formation, c'est relancer une croissance riche en emploi en matant les marchés financiers et en nationalisant le système bancaire, c'est développer les services publics.

 

L’augmentation de la TVA joue contre le financement de la protection sociale

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Les communistes et les socialistes avaient su dire non à la TVA « sociale » à la sauce Sarkozy.
Il est navrant de voir aujourd’hui Hollande, Ayrault et les députés socialistes reprendre cette recette libérale et la mettre en oeuvre.A partir du 1er janvier 2014, le taux normal, actuellement à 19,6%, sera porté à 20%.
En pesant sur les consommateurs, la hausse de la TVA pénalisera plus fortement les consommateurs modestes, elle est foncièrement inégalitaire et aggrave les inégalités entre consommateurs modestes et aisés.
La hausse de la TVA accompagnée de la réduction des cotisations patronales est une machinerie destinée à faire baisser le coût du travail pour accroître les profits.
On soulage les patrons et les actionnaires en prenant dans la poche des salariés en tant que consommateurs.
Cette politique vise à reporter le financement de la sécurité sociale sur les ménages. Elle tend à peser sur la consommation populaire et à freiner la croissance réelle. Faut il rappeler que les cotisations sociales ne sont pas un poids pour l'économie réelle, mais un facteur positif ?
Les cotisations sociales sont une prise sur la valeur ajoutée, une partie de la valeur ajoutée qui ne va pas au profit et c'est pourquoi le principe de la cotisation sociale reste un principe moderne et révolutionnaire.
Les cotisations calculées en fonction des salaires versées sont prélevées sur la valeur ajoutée créée par les salariés eux-mêmes, elles servent à financer des prestations qui permettent de développer leur capacité contributive.
Chacun cotise en fonction de sa capacité contributive et peut recevoir des prestations en fonction de ses besoins, notamment s'il s'agit du système de soins.
Un principe inspiré du communisme, insupportable pour les capitalistes et les idéologues du système!
Les cotisations sont ainsi enracinées et source de dynamique économique, ce qui donne les moyens de financer la protection sociale.

La hausse de la TVA est un facteur d’inflation et de baisse du pouvoir d’achat car la stabilité des prix des produits fabriqués en France et destinés à la consommation intérieure impliquerait que les entreprises répercutent intégralement sur les prix hors taxes les allégements de cotisations, ce qui n’est pas dans leurs habitudes.
Dérisoires, ces gains de compétitivité sont surtout contre-productifs car reposant sur la seule baisse du coût du travail. Avec une hausse de TVA de 2 % et la baisse concomitante des cotisations sociales employeurs,- comme les coûts salariaux moyens ne représentent que 50 % des coûts de production, le gain de "compétitivitè-prix" n'est que de… 1 %.
À mettre en regard des salaires trois fois moindres en Europe de l’Est et de vingt à trente fois moindres dans les pays émergents ! Finalement, seul le consommateur sera touché par ces hausses, mais cela jouera aussi contre le redressement de l’économie. Cette recherche effrénée d’une « compétitivité-prix » fondée en réalité sur la baisse des coûts salariaux et le dumping social et fiscal, est une folie.
De plus, elle fragilise le financement de la protection sociale.
L’avalanche des licenciements boursiers, l’austérité pesant sur les salaires et l’explosion du chômage jouent négativement sur la consommation, la croissance et donc le financement de la sécurité sociale.
Pour assurer un bon financement pérenne - de notre système de santé et l’améliorer, il faut une réforme fiscale annulant les exonérations de charges sociales des entreprises, une revalorisation salariale et une éradication progressive du chômage afin d’augmenter le nombre des cotisants donc la masse salariale.
Avec cette hausse de la TVA, nous sommes tous perdants, sauf le MEDEF. L’objectif recherché hier comme aujourd’hui est celui d’une baisse massive des cotisations patronales et du « coût » du travail : un report en France du financement de notre système de santé sur les ménages.
Le patronat comptent y arriver en suivant deux voies : celle du financement par la fiscalisation et celle des assurances privées.
C'est déconstruire ce que le programme progressiste de la Résistance avait réussi a faire avancer à la Libération.
C’est une idée fixe du MEDEF.
Le Ps vend à son tour cette idée venue du MEDEF au nom de la "compétitivité" Non seulement c’est injuste, mais c’est inefficace.
Redonner à nos entreprises de la « compétitivité » c’est :
- améliorer la qualification de la main-d’œuvre et la qualité des produits exportés, liée à l’innovation, à la formation, à la recherche.
- réduire les coûts du capital : les ponctions que représentent les dividendes des gros actionnaires et les charges financières liés à l’intérêt des emprunts. Pour cela il faut nationaliser le système bancaire, imposer une maîtrise publique du crédit afin de diriger l'argent vers la création d'emplois et changer les critères de gestion des entreprises tout en établissant des droits d’intervention des salariés sur les décisions stratégiques.
L’objectif des libéraux reste de miner le financement solidaire de la protection sociale, il faut les mettre en échec.
La hausse de la TVA pousse à une fiscalisation croissante reposant sur les seuls ménages.
Elle appuie le processus d’étatisation-rationnement du système de protection sociale au détriment même d’un financement dynamique de la protection sociale, lié à l’activité économique et à la création de richesse.
Elle favorisera de nouveaux rétrécissements de la prise en charge des besoins sociaux...... et la montée du privé pour les retraites et l’assurance maladie. C’est bien là l’objectif final des libéraux.

 

Les serial killer de la sidérurgie lorraine

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Ouf ! ont du se dire Mm Parisot la patronne du MEDEF et les milliardaires du CAC 40. Ayrault et Hollande ont décidé de ne pas nationaliser Florange mais de passer un « accord » avec Mittal, promettant 180 millions d'euros d'investissement sur 5 ans pour le site.
Encore une fois le gouvernement ne fait preuve d'aucun courage pour sauver l'industrie.
Il renonce à l'ambition d'une relance durable du site et préfère faire confiance à un milliardaire qui, dans tous les sites belges, luxembourgeois et français privilégie une stratégie financière contre l'investissement productif.
Les travailleurs de la sidérurgie sont bien placés pour savoir que Mittal n'a jamais tenu ses promesses.
Pour noyer le poisson le ministre du redressement productif, Montebourg fait mine de claquer la porte du gouvernement...
Mais c'est du cinéma et cette agitation n'aura pas suffit à cacher les intentions de cet accord de dupes.

Les 180 millions d'investissement sont un effet d'annonce Le document publié par le Monde démontre que cet investissement concerne principalement la maintenance, comme le soupçonnaient les syndicats.
Les investissements stratégiques eux, ne représentent que 53 millions, autant dire une misère qui ne permet pas de relancer le site.
La stratégie du groupe Arcelor-Mittal est claire : se débarrasser du site de Florange.
Le gouvernement socialiste lui, totalement sous l'emprise du MEDEF, ne fait qu'accompagner passivement ce dépeçage de la sidérurgie française. Pire : il cherche à endormir les travailleurs à empêcher leur mobilisation.
Il impose l'austérité voulue par les patrons et la finance pour soit disant doper la compétitivité et relancer la croissance.
La vérité, c'est exactement le contraire : c'est le déclin de l’industrie, le choix de la finance contre l'industrie, le choix des rendements financiers contre la qualification et l'investissement productif qui sont les causes premières de la crise.
Les hauts fourneaux doivent redémarrer
Contrairement à ce qu'annonçait le premier ministre, les hauts fourneaux ne redemanderont pas. Les salariés et leurs syndicats sont excédés par les renoncements du gouvernement.
Le Parti communiste partage ce sentiment.
Industrie n'est pas un « gros mot »
Il faut stopper cette casse de l'industrie, car un pays qui ne produit plus de richesses ne peut plus coopérer, ni investir dans l’éducation, la santé et de grands services publics.
LÉtat doit porter une vraie ambition industrielle avec de grands projets structurant des filières et revitalisant les régions .La « compétitivité », c’est un nouveau mot pour un vieil attrape-couillons. Ils ont peur de s’attaquer aux profits financiers alors ils tapent sur les salariés européens.. Sortir de la crise industrielle, c’est reprendre le pouvoir sur les banques et l’orientation du crédit.
Cela nécessite d'arriver à la maitrise publique du système bancaire afin de constituer un pôle public réservant le crédit aux projets créateurs d'emplois, à l'essor des services publics et à la formation.
Cela passe également par la mobilisation des fonds de la Banque européenne d’investissements (BEI), la mise en place d’un pôle public des banques, des assurances et du crédit au niveau national et européen.
La responsabilité nationale est d'engager la mutation de notre production industrielle pour mieux la relancer.
Nationaliser n'est pas un « gros mot »
L'État doit, par la nationalisation, le contrôle public, assurer l'avenir industriel de Florange et de notre sidérurgie. Nationaliser, cela nécessite des droits d'intervention, de contrôle des salariés pour d'autres critères de gestion répondant à l'intérêt général.
Ensemble, luttes sociales et combats politiques vont nous permettre de faire reculer les prétentions du patronat, imposer au gouvernement le vote de lois pour l'emploi et la tenue en urgence des assises de l'emploi industriel. Entrer dans une nouvelle période de développement industriel, à but social et écologique, c’est entrer dans la réorganisation de la production et du travail autour d’un principe nouveau, celui du partage et de la mise en commun....

 

Patrick Le Hyaric (PCF): " Assez de mensonges ! Nos concitoyens n'en peuvent plus !"

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Patrick Le Hyaric, député PCF\Front de gauche s'exprime sur la capitulation du gouvernement socialiste de J.M. Ayrault devant le milliardaire Mittal, dans le dossier Florange . Extraits...
Assez de mensonges ! Nos concitoyens n’en peuvent plus !
Ce M. Mittal, sixième fortune mondiale, disposant de 16 milliards de dollars de trésor personnel, a acheté une bonne partie de la production de l’acier dans le monde, en alliance avec la pieuvre bancaire Goldman Sachs, en utilisant le levier de la pyramide des dettes.
Il avait promis, lors de la fermeture de Gandrange, un investissement de 320 millions d’euros pour Florange.
L’accord de la fin de la semaine dernière ne prévoit que 180 millions, prétendument pour entretenir les hauts fourneaux.
Selon les syndicalistes, il est plutôt prévu « de couper le gaz », c’est à dire de tout arrêter dans un domaine où le redémarrage de la combustion est quasi-impossible parce que beaucoup trop coûteux.
Ce qui revient à une liquidation pure et simple, dure en termes d’emplois.
Bref, au bout du chemin, c’est le seigneur de l’acier qui s’est versé 2,3 milliards de dividendes l’an passé, qui gagne.
Peut-être d’ailleurs que celui-ci bénéficiera en plus du crédit à l’impôt envisagé dans le fameux « pacte de compétitivité ».
Nous sommes ici, une nouvelle fois, typiquement dans le cadre de l’affrontement capital-travail.

Il est dommage, inquiétant, préoccupant et à bien des égards révoltant que le gouvernement choisisse le capital au terme d’une semaine qui s’avère « d’enfumage », ponctuée de déclarations publiques de M. Montebourg, au final, dépecé de deux de ses attributs puisqu’il n’y a ni « redressement », ni d’objectif « productif ».
En vérité, la volonté affichée de « redressement productif » est incompatible avec la nouvelle ligne de « révolution copernicienne de la gauche » explicitée par M. Moscovici.
Peut-être le gouvernement essaie-t-il, à plusieurs voix, de couvrir tout le spectre du débat en laissant un ministre se mettre du côté des sidérurgistes en promouvant l’idée de nationalisation, massivement partagée par le pays, les forces syndicales et politiques les plus diverses, tandis que dans les bureaux de Matignon on rassurait un grand patronat, conformément aux vœux publiquement exprimés par Mme Parisot.
Si tel est le cas, c’est amoral et mensonger.
Combiné à l’affligeant spectacle donné par l’UMP, ceci ne fera qu’aggraver la crise de la démocratie et de la politique dont on peut penser qu’elle est en train de gangréner la société.
Plus grave encore ! A continuer ainsi, le gouvernement va faire la pire démonstration qui soit : celle de son impuissance et celle de l’Etat face au capitalisme transnational. Or, la nouvelle majorité a été élue pour changer les choses, pour améliorer la vie quotidienne, faire reculer le chômage, redresser le pays.
L’aiguisement de l’affrontement de classe, la lutte des sidérurgistes ont fait remonter à la surface une exigence que les puissants espéraient définitivement enterrée.
Celle d’une maîtrise publique ou d’une nationalisation temporaire ou durable pour assurer le redressement et le développement productif de secteurs décisifs pour le devenir du pays.
Portée depuis plusieurs semaines par B. Thibault et reprise par A. Montebourg, cette solution marque une ligne de rupture nette avec les orientations libérales et la posture de renoncement politique face à la mondialisation.
Qu’elle vienne d’être approuvée par plus de 60% de nos concitoyens n’est pas une mince affaire.
Une telle adhésion explique d’ailleurs l’ampleur de la déception, suite à l’annonce contraire du Premier ministre. Toute personne qui se réclame de la gauche doit désormais se demander si ce n’est pas parce qu’on a voulu occulter la question de la propriété que l’offensive ultra-capitaliste a pu se déployer au point que toutes les tendances de la gauche, sans exception, sont aujourd’hui considérées par le plus grand nombre comme impuissantes à modifier le cours du fonctionnement de nos sociétés de plus en plus inhumaines.
Il ne s’agit pas ici d’idéologie mais bien de l’intérêt commun.
Il ne s’agit pas non plus de faire croire à la seule vertu d’une appropriation sociale et publique si on ne change ni les critères de gestion des entreprises, ni ceux de la société, avec l’austérité permanente. Il ne s’agit pas non plus de refaire ce qui a échoué mais bien d’innover en évoluant vers une propriété publique et sociale, indissociable de nouveaux pouvoirs d’intervention des travailleurs sur la gestion de leurs entreprises et qui connaît un meilleur chemin pour construire un nouveau projet de développement industriel maîtrisé, dans ses dimensions nationales et européennes, pleinement respectueux des Hommes et de la nature ?
En tout cas à cette période politique et historique, le grand débat indispensable mérite d’être levé et mené.
Le site de Florange n’est pas moribond.
Il fabrique les meilleurs aciers pour des voitures haut de gamme. Au lieu d’investir pour toujours être à la pointe de l’innovation, Mittal empoche les dividendes et joue au Monopoly avec des unités de production dans le monde qu’il achète ou revend, au gré du cours de l’acier que sa puissance lui permet de manipuler.
Peu lui importe la surexploitation, les inégalités en progression, le chômage, la compétition meurtrière, la concentration industrielle et financière. Peu lui importe le projet européen « Ulcos » de sidérurgie propre pour Florange grâce à une réduction de moitié les émissions de gaz carbonique lors de la fabrication de l’acier.
Seule compte pour M. Mittal la possibilité de bénéficier à plein d’un système qui accorde le « droit » à la minorité des puissants de disposer de la vie du plus grand nombre.
Le choix du gouvernement revient à le laisser continuer par refus d’affronter l’organisation actuelle d’un système pourtant en pleine crise.
Nous avons fait un tout autre choix, celui de « l’humain d’abord » avec la conviction qu’une majorité de nos concitoyens, dans le débat et la confrontation des points de vue, peut en prendre le parti. L’enjeu de l’aide à l’impulsion d’un puissant mouvement populaire de gauche, partout dans le pays, est posé avec force.
En effet, majoritairement nos concitoyens sont prêts à se mobiliser pour ouvrir les portes du changement à gauche.

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