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Pour la création d’une Organisation mondiale de l’environnement, par Hervé Bramy (PCF)

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Hervé Bramy est responsable national à l’écologie du PCF, conseiller général de Seine-Saint-Denis.

Le mouvement de mobilisation (ONG, collectivités territoriales, forces sociales et politiques progressistes) lors du sommet de Copenhague a largement contribué à l’émergence d’une conscience citoyenne mondiale sur les enjeux du réchauffement climatique.
Ainsi deux idées ont cheminé jusqu’à perturber le bal des négociations étatiques. L’une est que l’urgence climatique ne peut se concevoir sans justice sociale si on ne veut pas accroître les inégalités individuelles, collectives et territoriales.
L’autre est relative à l’absence de volonté politique pour accorder à cet enjeu déterminant pour la survie de la planète les moyens financiers nécessaires.

Puisqu’en temps de crise on a sauvé les banques, alors rien ne s’oppose à ce que l’on sauve le climat. L’échec relatif du sommet de Copenhague réside dans l’incapacité des États à construire un accord juridiquement contraignant qui fasse que chaque pays s’engage de façon utile et équitable.
Cette exigence reste pleinement d’actualité. La création d’un corpus de droit environnemental à l’échelle du monde ne peut s’envisager que dans un cadre concerté permanent mondial. Les communistes sont favorables à la création d’une Organisation mondiale de l’environnement (OME) sous l’égide de l’ONU. Plusieurs raisons militent en sa faveur.
Les enjeux globaux et multiples du réchauffement climatique montrent à quel niveau d’interdépendance nous sommes parvenus dans le monde actuel. Il n’y a donc pas de salut possible sans ce cadre de dialogue international en lien avec l’action des peuples. On l’a vu avec Kyoto? : la bonne volonté de quelques États ne peut suffire à résorber l’ampleur de la crise écologique, surtout lorsque celle-ci s’inscrit dans la création d’un marché des droits à polluer.
Si le processus engagé depuis Rio a produit de premiers résultats, ils sont bien en deçà des nécessités. Toutes les régions du monde sont concernées, c’est à cette échelle que la solution est envisageable. Pour y parvenir, l’intérêt général doit être supérieur à toute autre considération et doit trouver à s’exprimer dans un droit international environnemental qui tienne compte de considérations diverses, dont celle qui allie l’efficacité écologique au principe du droit au développement de chaque nation.
Tant que la dette écologique des pays industriels à l’égard des pays en développement sera niée, alors toute avancée semble hypothétique. Par ailleurs, on connaît les limites réelles de l’intervention des institutions internationales face à la domination de l’idéologie libérale. L’ONU, elle-même, en a fait les frais récemment alors qu’elle cherchait à se réformer. La pente inquiétante qu’elle a empruntée depuis lors, en contractualisant des relations avec les multinationales, est sans issue.
Soyons clairs, sans remise en cause du capitalisme financier, de la domination du dollar – et son remplacement à terme par une monnaie commune –, des objectifs de l’OMC, des règles actuelles du FMI qui démantèlent partout les services publics – gages d’accès aux biens publics –, le chemin reste très difficile.
En France, Nicolas?Sarkozy abandonne l’injuste et inefficace taxe carbone dans l’attente d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe? : c’est l’illusion du protectionnisme vert qui vise essentiellement les pays émergents comme la Chine, et non les multinationales responsables des émissions. Pour amortir ce nouvel impôt, les pays visés pèseront sur l’emploi, les salaires et les acquis sociaux.
Ce serait une accentuation du dumping social sans garantie aucune de la moindre baisse de création de carbone par l’absence de réelles mesures d’adaptation des modes de production. Nous proposons de prélever chaque année 2?% sur les dépenses militaires afin d’alimenter un fonds mondial auprès de l’ONU géré par l’OME pour contribuer à un nouveau développement social humain.
Le crédit, bien public, doit être délivré aux entreprises sur critères sociaux et environnementaux et des droits nouveaux doivent être reconnus aux salariés pour promouvoir des technologies non polluantes.
Face à ces enjeux, l’opinion publique doit agir afin que demain l’OME puisse jouer son rôle de dépassement des intérêts particuliers et stratégies des puissances qui dominent les relations internationales.

 

Copenhague 2009 : position des élus "Front de Gauche pour changer l'Europe" et "Alliance des Outre mer"

Logo Front de Gauche Europe Déclaration de la délégation du Front de Gauche et de l'Alliance des Outre-mers au Parlement européen.

Le Sommet de Copenhague est une occasion historique de changer le sort de la planète. Il est nécessaire que les dirigeants politiques qui y seront représentés parviennent à une décision plus contraignante qu’à Kyoto, qui constitue une avancée par rapport aux objectifs fixés à Kyoto.

La délégation du Front de Gauche et de l’Alliance des Outre-mers demande : - la création d’un fonds d’adaptation aux changements climatiques conséquent, à la hauteur des enjeux ; financé d’une part par les pays qui émettent le plus de CO2 et par les pays les plus riches, et d’autre part par une taxe carbone mondiale ainsi qu’une taxe sur les transactions financières. Ce fonds devra venir en plus et non en soustraction des aides publiques au développement. - la création d’une organisation internationale, telle l’OMC, qui se voit attribuer pour charge la régulation des questions du changement climatique et de l’environnement, et la gestion des fonds d’adaptation aux changements climatiques.

- la pleine prise en considération de la position des Etats insulaires ; de très nombreuses îles étant directement menacées de disparition par les effets des changements climatiques. - une priorité de la prise en compte du problème de la déforestation - l’abandon du système d’échange de droits d’émission de carbone qui constitue un vrai droit à polluer. - la création d’une norme mondiale valorisant la production d’énergie propre et non émettrice de carbone. - l’instauration de contraintes sur les industries pour les obliger à rechercher des solutions moins polluantes. - la nécessité de créer des obligations pour que les transports (avions, bateaux, voitures) deviennent moins polluants. - l’instauration d’obligations favorisant le tri et le recyclage des déchets (industriels, agricoles et ménagers).

La régulation mondiale des atteintes à l’environnement est une nécessité pressante, comme celles des marchés financiers et de l’internet.

Nous avons l’opportunité d’ouvrir cette marche de l’histoire par l’environnement : les conclusions et décisions qui ressortiront de ce Sommet doivent être à l’image de nos plus hautes aspirations humaines. L’Union européenne, et notamment le Parlement européen doivent y peser de tout leur poids, à défaut de quoi ses représentants apparaîtront comme des responsables n’ayant aucune prise sur la réalité des choses.

 

Sommet mondial sur la sécurité alimentaire : bâtir un nouvel ordre alimentaire mondial, par Xavier COMPAIN, Responsable Agriculture PCF

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L’objectif de nourrir la planète oblige la naissance d’un nouvel ordre alimentaire avec pour colonne vertébrale la souveraineté alimentaire des peuples :
Il s’agit d’un enjeu de civilisation avec au cœur la nécessité absolue de la réforme agraire pour permettre au plus grand nombre l’accès aux terres cultivables, aux ressources agricoles.
Cette réforme doit aller de pair avec la nécessité absolue de développer l’agriculture paysanne et la pêche artisanale car productrice de denrées alimentaires de qualité. Elle doit garantir la rémunération du travail.

Réussir la souveraineté alimentaire pour nourrir la planète est l’exigence que portent la société civile et le mouvement paysan international à la veille du sommet mondial de la FAO.
Le PCF soutient cette exigence et invite les Chefs d’États et de Gouvernement à la placer au centre de la déclaration qui sera adoptée à l’issue de ce Sommet. Lors du précédent sommet, en 1996, la communauté internationale s’était engagée à diviser par deux le nombre d’affamés d’ici 2015, « premier objectif du millénaire pour le développement ». Aujourd’hui comme hier, ces engagements ne sont pas atteints à cause des égoïsmes nationaux et régionaux, de la marchandisation libérale de l’alimentation et des ressources agricoles...
De plus la situation se dégrade avec plus d’un milliard d’êtres humains dans le monde qui souffre de famine et de malnutrition, un enfant de moins de 10 ans qui meurt toutes les cinq secondes. Or, la population mondiale va atteindre les 9 milliards d’habitants en 2050 qu’il faudra nourrir ! Prendre à la légère ce défi serait irresponsable et criminel.
A contrario des objectifs de l’OMC, il faut extirper l’agriculture des mains du capitalisme afin qu’elle réponde en priorité à des demandes alimentaires locales, nationales, régionales et mondiales.
Les grandes régions du monde doivent pouvoir définir et organiser leur politique agricole et de la pêche en construisant leurs échanges par des coopérations dans le cadre d’une nouvelle gouvernance mondiale pour l’alimentation.
Celle-ci doit s’imposer aux logiques actuelles de l’OMC, du FMI et de la Banque Mondiale. La Souveraineté des peuples et l’expression démocratique de chacun en sont les préalables. Libérée de toute tutelle impérialiste au sein des Nations Unies, la FAO, dotée de moyens, peut être l’institution arbitrale des politiques publiques agricoles et alimentaires.
A l’occasion de ce sommet sur la sécurité alimentaire, le PCF met à contribution des mesures concrètes pour bâtir un nouvel ordre alimentaire mondial :

  • Instaurer une clause de sauvegarde internationale lorsque les terres d’un pays sont menacées de spéculation et de détournement de la production ;
  • Interdire la spéculation sur les matières premières agricoles et alimentaires, au niveau international comme en France ;
  • Taxer les importations abusives pillant les agricultures locales afin de financer la relocalisation des productions.

Dans la convergence avec les mouvements sociaux et paysans, le PCF est déterminé à agir pour la conquête d’un nouvel ordre alimentaire mondial pour nourrir la planète.

 

CHANGER D'EUROPE : Une ambition agricole pour nourrir la planète

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La faim frappe dans le monde 1 milliard d'individus qui étaient déjà sous-alimentés. 70 % de ceux qui souffrent de faim et de misère sont des paysans.
Avec la démographie, le défi posé à l'humanité est de nourrir demain 9 milliards d'humains, soit 3 de plus qu'aujourd'hui. La planète doit doubler sa production alimentaire.
La politique conduite par Nicolas Sarkozy met les familles populaires, les étudiants... en situation de ne pouvoir acheter des fruits, des légumes, ou même régulièrement de la viande. Ils sont condamnés pour leurs courses aux produits de piètre qualité gustative et nutritionnelle, délivrés par les hardiscounts où la sécurité alimentaire n'est pas la première des préoccupations.

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Le prix d'une brique de lait a flambée de 183 % en 6 ans, pendant que les prix agricoles ont été divisés par 2 en 30 ans ! Si l'alimentation représente 15 % du budget d'un ménage, seulement 4 % revient aux producteurs.
La grande distribution est sortie largement vainqueur des réformes libérales de la Politique Agricole Commune depuis 1992 (l’irlandais R. Mac Sharry, le socialiste français J. Delors). La Grande Distrib' a bénéficié des réformes taillées sur mesure par les gouvernements français successifs de droite ou socialistes .
La politique de l'Union Européenne, basée sur la concurrence libre et non faussée se paie cash dans les campagnes. En France, 1 agriculteur sur 4 gagne moins que le RMI. Un sur deux touche moins que le SMIC... Un paysan disparaît tous les quarts d'heure !
En 2008, la Présidence Française de l'Union Européenne aura été un échec par son inaction contre la suppression de toute régulation des marchés par Bruxelles. Nicolas Sarkozy a confié au gouvernement Fillon la rédaction d'une loi dite de modernisation visant à livrer l'agriculture française au prix mondial, sans compensation, dans le cadre d'une Politique Agricole Commune démantelée à l'horizon 2013.
Destinées à nourrir les êtres humains et soumises aux contraintes naturelles, les productions agricoles ne peuvent être banalisées. La culture massive de plantations pour les biocarburants (éthanol) est un non sens écologique et humain, conduit à la disparition des cultures vivrières, et renforce la main mise de la finance, et des grandes sociétés sur les terres.
L'agriculture doit s'extirper des règles libérales de l'OMC. Il faut rendre impossible la spéculation sur les denrées alimentaires.
"Huit sociétés occidentales contrôlent aujourd’hui l’essentiel du marché mondial des biens alimentaires", dénonce Jean Ziegler, ex rapporteur de l'ONU sur le droit à l'alimentation. Grâce à leurs réseaux de distribution planétaire, leurs dépôts sur les cinq continents, leurs flottes maritimes, elles en fixent les prix d’achat, de stockage, de transport, etc". Les spéculateurs réalisent des profits monstrueux sur les denrées.'' Pour J. Ziegler le responsable de la faim dans le monde, c'est le libéralisme : "cet ordre du monde n'est pas seulement meurtrier, il est absurde".
La Politique Agricole Commune doit avoir des objectifs, de rémunération du travail paysan, de souveraineté alimentaire, de qualité, respect des hommes et de l'environnement.
L'Europe doit utiliser sa préférence communautaire et organiser ses échanges avec les pays tiers sans dumpings sociaux, sanitaires, environnementaux sous la forme d'accords mutuellement avantageux. Les pays européens doivent refuser les importations dont le cahier des charges, les garanties sanitaires et sociales sont inférieures à celui de l'Union Européenne.
Par ses politiques publiques, tant par ses productions que par ses échanges, l'Europe doit être garante d'une alimentation de qualité et de la santé du consommateur. Grâce au progrès de la science, des techniques et de la recherche publique, l'Europe doit porter une agriculture moderne apte à relever le défi alimentaire du XXIe siècle. Le PCF propose de lancer un plan de développement d'exploitations agricoles de qualité environnementale et sociale, par des prêts à taux zéro grâce à la prise en charge de bonification par l'Europe.
L'argent existe : Bruxelles veut détourner 5 milliards d'Euros de crédit, non utilisés de la PAC, à d'autres fins ! La réorientation de la BCE est nécessaire pour tourner le crédit vers le développement de l'emploi et l'amélioration de l'environnement. Il faut donc refuser le Traité de Lisbonne, soutenu par le PS, Cohn-Bendit et les Verts et continuer résolument le combat du NON. Le 7 juin un vote utile : les listes du Front de Gauche, proposé par le PCF.

 

Intervention de Jacky Henin au Parlement européen à propos du cylce de Doha

Lors des négociations de juillet, inutile de le nier, l’administration Bush et l’Union Européenne ont été prise à leur propre piège par l’Inde et la Chine.

Par ailleurs, contrairement aux affirmations hypocrites des économistes libéraux pour qui l’échec de Doha serait catastrophe pour les pays pauvres, il n'en est rien !

Au contraire c'est pour ces pays en difficultés, une opportunité historique, dans un contexte marqué par des fluctuations importantes des cours des matières premières.

De l’aveu même de calculs d'experts, le gain que pouvaient espérer les pays les plus pauvres, étaient bien inférieurs aux pertes fiscales engendrées par la disparition des droits de douanes dans ces mêmes pays qui auraient atteint 60 milliards de Dollars.

Lors de ces négociations, la Commission, enferrée dans son dogme libérale, a fait preuve d’une total irresponsabilité vis à vis des peuples européennes allant jusqu’à proposer de sacrifier la production automobile sur le territoire de l’Union pour arriver à conclure un accord.

Pour l’OMC et la Commission, il n’existe que des consommateurs et jamais de producteurs de richesses. C’est cette conception des choses qui est à l’origine de la crise actuelle, car en faisant de la concurrence l’alpha et l’oméga de tout, elle pousse à toujours plus de productivité donc à une paupérisation absolue des salariés et à une destruction méthodique de toute protection sociale.

Si le cycle de Doha venait à être conclu, cela serait une catastrophe pour tous les peuples.

Ce qui est affligeant dans le contexte actuel, c'est que malgré la constatation des dégâts considérables enregistrés, on veuille coute que coute continuer dans la mauvaise direction.

Il y a urgent à révolutionner en profondeur l’OMC, en y amenant la démocratie.