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Sarkozy : la glissade pétainiste, par P. Le Hyaric

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Le premier dirigeant politique de droite à avoir tenté de récupérer le 1er mai était le maréchal Pétain en 1941.
Le second a été M. Le Pen en 1988, en en faisant « la fête du travail et de Jeanne d’Arc ». Le troisième va être M. Sarkozy. Il le fait à partir des mêmes valeurs nauséabondes et ultra-réactionnaires que les précédents.
Après avoir vanté en 2007, « la France qui se lève tôt », parsemé ses discours de « la valeur travail », voici que « le 1er mai, nous allons organiser la fête du travail, mais la fête du vrai travail ».
« Du vrai travail » ? Celui dont la politique jette mille travailleurs par jours au chômage va glorifier « le vrai travail ».
Oui, « le vrai travail », comme il y avait « le vrai français », à une époque où la devise de la France commençait par le mot : « travail,»…
Tout ceci sent l’odeur rance des années 1940.

Le fumier de la division entre de « bons français » qui se lèveraient tôt et de « mauvais » qui se lèveraient tard ou qui seraient « payés sans travailler », ce « cancer de l’assistanat » comme l’a dit, il y a quelques mois, un ministrion.
Sarkozy n’a jamais été le président du « vrai travail » mais celui du vrai chômage.
Si son quinquennat avait été consacré à la défense de l’emploi, du travail et de la création, à la réduction de la souffrance au travail, de la précarité, il ne ferait sans doute pas le meeting du 1er mai, prétendument sur le travail.
C’est un rassemblement contre les syndicats et les travailleurs. S’il n’y avait pas, à cause de sa politique et des traités européens qu’il a imposé, cinq millions de chômeurs, des millions de travailleurs pauvres mal logés et des millions de précaires, il ne parlerait pas du « vrai travail ».
Quel vrai travail ? Celui du quart de la jeunesse privée d’emplois ? Celui des femmes qui gagnent 27% de moins que les hommes ?
Celui des travailleurs immigrés forcés de travailler sans droits et sans papiers par des esclavagistes ?
Quel vrai travail de la part de celui qui veut détruire le code du travail et la sécurité sociale publique s’il était réélu ? En fait Sarkozy ne veut parler du travail que pour le surexploiter, le livrer aux actionnaires affamés, aux banksters et aux rentiers.
Tous les démocrates, tous les républicains, les humanistes qui refusent ces discours de division, de guerre civile, de déchiquetage de notre pacte républicain et social, ne peuvent accepter ce discours pétainistes de la part d’un Président de la République en mal de réélection.
C’est grave ! C’est dangereux !
Il faut faire barrage à cet appauvrissement et utiliser le 6 mai le bulletin de vote F. Hollande.

 

Et maintenant, Sarkozy dehors !

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Déclaration de Pierre Laurent, secrétaire du PCF

Pour toutes celles et tous ceux qui aiment notre pays, qui, depuis cinq ans, ont durement souffert de la politique de Nicolas Sarkozy, souffert de la voir affaiblir, appauvrir, abîmer la France, les résultats (connus à cette heure) du premier tour de l’élection présidentielle résonnent comme un appel à tout mettre en œuvre pour battre le président sortant.
Comme on le redoutait, le score du Front national peut servir de réservoir au candidat Sarkozy. Le président sortant, en recul par rapport à 2007, peut être battu le 6 mai prochain.
Le second tour mettra aux prises, pour la droite, Nicolas Sarkozy, pour la gauche, François Hollande, le candidat socialiste que le suffrage universel a placé en tête.
La droite doit maintenant subir une large défaite. C’est la nouvelle et prochaine étape indispensable de la révolution citoyenne que nous avons entamée.
À gauche, les près de 12 % et quelque 4 millions de voix crédités au candidat commun du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon représentent un score inédit et un événement de cette élection, comme l’a été notre campagne, une campagne dont se sont emparé des centaines de milliers de femmes et d’hommes, et de jeunes dans tout le pays.

Le peuple combattant, la gauche du courage et de l’engagement sont de retour, et dans leur sillage, l’espoir de changer la vie, d’ouvrir un autre avenir à notre pays, la France, et du même coup à l’Europe. Je veux saluer toutes les électrices et tous les électeurs qui ont porté leur choix sur le bulletin de Jean-Luc Mélenchon, et le programme du Front de gauche qu’il représentait.
Je veux remercier du fond du cœur toutes les militantes et tous les militants communistes et du Front de gauche, toutes celles et tous ceux, quelle que soit la forme de leur engagement, qui ont su donner corps à cette espérance et rendu possible ce résultat.
Au nom du Parti communiste français, j’appelle au plus large et au plus fort rassemblement possible de toute la gauche, de tout notre peuple, pour battre Nicolas Sarkozy, en votant pour le candidat socialiste François Hollande. La défaite du président sortant devra être ample, claire et nette, et nous y mettrons toutes nos forces.
Tout doit être fait pour empêcher la réélection du candidat de l’UMP et du Medef, qui n’a pas hésité sur bien des points à reprendre à son compte le programme du Front national. La droite et l’extrême droite ne passeront pas. La France ne mérite pas cinq années supplémentaires de ce cauchemar.
Combattre et mettre en échec les idées xénophobes et racistes de Marine Le Pen demeurent d’une brûlante actualité.
Le Front de gauche est fier du travail qu’il a entamé, bien seul dans cette campagne, pour faire reculer les idées du FN. Nous allons l’amplifier dans les élections législatives à venir. Aucun député de ce parti ne doit être élu à l’Assemblée nationale.
Le PCF, le Front de gauche, vont continuer à rassembler autour des choix qu’ils ont portés dans cette campagne. Nos propositions pour mener une audacieuse politique de gauche sont disponibles ; elles sont de nature à sortir le pays de la crise en tournant le dos à l’austérité et en reprenant le pouvoir aux forces de l’argent.
C’est le cas de l’augmentation du SMIC et des salaires, du retour immédiat de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, de l’interdiction des licenciements boursiers. C’est le cas d’une réforme de la fiscalité, de la création d’un pôle public bancaire et financier.
C’est le cas de l’exigence de soumettre à ratification du peuple français tout nouveau traité européen, renégocié ou non.
Le PCF, Le Front de gauche mobiliseront le pays dans les semaines à venir pour donner plus de poids encore à ces propositions, pour faire élire une majorité de gauche à l’Assemblée nationale, avec le maximum de députés du Front de gauche.
La France aura besoin de députés courageux pour abroger sans tergiverser les lois Sarkozy, pour en élaborer et en voter de nouvelles qui constituent de réelles conquêtes politiques, sociales et économiques en faveur des travailleurs.
Les députés du Front de gauche seront porteurs à l’Assemblée du mouvement de mobilisation citoyenne qui a surgi au cours de cette campagne électorale.
Le 6 mai prochain, la victoire de la gauche est à portée de main. Elle sera complète à l’issue des élections législatives avec la confirmation de la place du Front de gauche dans la nouvelle vie politique française.
La campagne électorale et le résultat du Front de gauche et de son candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, prouvent que le peuple de France et que les peuples européens ne sont pas condamnés à subir la loi des marchés capitalistes.
Un autre chemin est désormais ouvert.
J’appelle les millions de citoyens qui ont commencé à l’emprunter avec nous à poursuivre la route, à investir le Front de gauche, les assemblées citoyennes, les fronts de luttes, de propositions et d’action que nous avons créés.
Faites-en votre affaire, pour réussir le changement auquel notre peuple aspire.

 

CLICHY : Le candidat du Front de Gauche J.L. Melenchon à 14,6% !

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Voici les résultats de Clichy :

Hollande : 9143 voix 41,6 %
Sarkozy : 4422 voix 20 %
J.L. Melenchon : 3219 voix 14,6 %
Le Pen : 1993 voix 9 %
Bayrou : 1860 voix 8,4 %
Joly : 751 voix 3,4 %
Dupont-Aignan : 289 voix 1,3 %
Poutou : 184 voix 0,8 %
Arthaud : 108 voix 0,4 %
Cheminade : 57 voix 0,2 %

14,6 % , la percée du candidat Front de gauche est réussie à Clichy, ville populaire où le rejet de Sarkozy est particulièrement net.
Le beau score de J.L. Melenchon sur Clichy, qui dépasse largement Marine Le Pen -, est à mettre au crédit des militants du PCF et de l'ensemble des partenaires du Front de gauche.
Tous ont mené une belle campagne en profondeur dans les quartiers.
Ce bon résultat traduit une tendance de fond sur Clichy, en récompensant un travail militant de longue haleine, car il survient après la progression régulière des candidats PCF-Front de gauche lors des précédentes élections, cantonales et régionales.
Le PCF remercie les 3219 électeurs de J.L. Melenchon et les appellent à se servir du bulletin Hollande pour battre Sarkozy le 6 mai prochain.
La dynamique de rassemblement doit se poursuivre maintenant autour du candidat du Front de gauche à Clichy François Delalleau pour marquer la volonté des clichois de réussir un véritable changement à gauche, avec une majorité de députés prêts à en découdre avec les marchés financiers, disposés notamment à voter le SMIC à 1700 euros et le retour à la retraite à 60 ans à taux plein.
Le 6 mai, on vote Hollande pour dégager Sarkozy et pour les législatives, on ne cède rien, on continue avec François Delalleau !

 

Vote Melenchon, vote d'espoir, par P. Le Hyaric (PCF)

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Jusqu’à dimanche soir, les électrices et les électeurs vont choisir le bulletin qu’ils mettront dans l’urne.
Le rejet du Président sortant est si fort, si largement partagé qu’on voit mal ce qui pourrait empêcher une majorité de nos concitoyens de tourner la page d’un quinquennat qui leur aura fait tant de mal, qui aura défiguré notre beau pays, qui aura terni son image en Europe et dans le monde.
Et son projet est encore pire que son bilan ! Les enquêtes d’opinions confirment ce que nous entendons et ressentons autour de nous.
L’actuel climat ressemble à celui qui précédait la victoire du “non” au référendum de 2005. Elles nous disent que la gauche et l’écologie politique sont, au premier tour, à un niveau bien plus élevé qu’en 2007 de dix pour cent puisqu’elles atteignent les niveaux de 1981 qui ont permis la victoire de François Mitterrand.
C’est grâce à la percée de Jean-Luc Mélenchon depuis quelques semaines qui conforte toute la gauche. Elles nous disent aussi, depuis des mois et des mois, sans aucune exception, que F. Hollande l’emportera au second tour avec une avance à la mesure de la répulsion suscitée par le candidat des riches.
Elles nous disent enfin que, notamment sous les coups de boutoir du Front de Gauche, la candidate de l’extrême-droite n’est heureusement pas en mesure de rééditer le sinistre “exploit” de son père en 2002.
C’est donc en toute liberté et sans risque, dimanche prochain, que chacune, chacun pourra non seulement choisir le changement à gauche mais surtout la nature et le niveau de ce changement.
Or, ce dont il est question, c’est de savoir si cette élection, puis celles des députés qui suivront, permettront ou non de renouer avec les fils d’un processus démocratique trop longtemps interrompu, pour une marche en avant vers le progrès social, humain, écologique.

Il s’agit de le faire dans les conditions de notre époque en tirant pleinement les leçons de tout ce qui a échoué, aujourd’hui comme hier, ici comme ailleurs.
L’un des grands défis à relever devrait être de briser l’actuel cercle infernal qui fait que les générations actuelles vivent plus mal que leurs parents.
Il suppose un changement de logique, de pouvoir pour progresser vers une société nouvelle inscrivant à son fronton : « l’humain d’abord » et non plus la dictature des puissances d’argent.
Le grand mérite du Front de Gauche et de son candidat aura été précisément de commencer à briser le rouleau compresseur de la fatalité, d’une pensée unique qui, toujours, prend le parti des plus fortunés contre celui des exploités, des opprimés et des méprisés.
Au fond, n’est-ce pas la reconnaissance de ce mérite là qu’a exprimée F. Hollande, dans un entretien à nos confrères de Libération, il y a quelques jours, affirmant : « Jean-Luc Mélenchon n’est pas mon adversaire, ni même mon concurrent », souhaitant « que le score du reste de la gauche soit important, qu’ont ait un total des voix de gauche qui nous permette d’avoir de la marge, qui nous permette de gagner, oui ».
Et parlant des électeurs, le candidat du Parti socialiste a ajouté : « J’aurai donc à écouter leur message », précisant que « l’enjeu est de savoir sur quelle ligne politique je peux gagner cette élection ».
Or, pour une part importante, c’est le score atteint par Jean-Luc Mélenchon qui influencera cette «ligne» dans le sens d’une politique capable de donner vie à une évolution révolutionnaire, indispensable au mieux vivre, au mieux être, à la solidarité, à la paix, à de nouveaux progrès de civilisation.
Nous ne pouvions mieux dire combien le vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon est d’une utilité irremplaçable pour nos concitoyens et la gauche toute entière. Plus le message sera fort, plus les chances de réussir les changements tant espérés et depuis si longtemps seront grandes.
Plus la nécessité d’une autre répartition des richesses et d’une nouvelle manière de les produire prendront le pas sur une austérité qui partout enfonce dans la crise, avec son cortège de souffrances pour le monde du travail, des retraités et de la culture. Il faudra en effet que soit mise sur la table l’énormité des sommes qui devraient enfin servir aux êtres humains et non plus à la finance.
317 milliards d’euros de revenus financiers soustraits des entreprises contre les salaires et l’emploi ; 170 milliards de cadeaux fiscaux et sociaux contre la justice et la protection sociale ; 210 milliards pris sur les résultats des entreprises pour être versés en dividendes aux actionnaires contre la sécurité de l’emploi ; 1000 milliards prêtés aux banques privées au taux exceptionnel de 1%. En voilà des sommes astronomiques à répartir autrement pour que le plus grand nombre puisse vivre mieux et pour sortir de la crise !
Il en est de même des pouvoirs d’intervention des salariés sur la gestion de leur entreprise et de l’économie.
Ou encore de la force à se donner pour résister et riposter aux offensives de la finance internationale, de la Commission de Bruxelles qui ne supporte pas qu’on puisse envisager un référendum sur le nouveau traité européen, ni que l’on refuse l’outil installé depuis une banque de Francfort, lundi dernier, pour spéculer contre la dette de la France.
D’ailleurs dans un ultime sursaut, la droite n’hésite pas à faire appel aux marchés financiers contre le pays en cas de victoire de la gauche.
D’ici dimanche soir, les manœuvres de dernière heure, avec leur lot de diversions, de ferments de division, ne vont pas manquer.
Des peurs seront agitées. Sereinement, confiants, tous ensemble, jusqu’à la dernière heure, nous allons nous efforcer de rassurer, pour convaincre les hésitants, conforter celles et ceux qui font mouvement vers Jean-Luc Mélenchon avec l’espoir raisonné qu’une très bonne nouvelle est à la portée de ces derniers efforts.
Nous le ferons avec en tête les épisodes d’une extraordinaire campagne de Jean-Luc Mélenchon et du Front de Gauche qui rend possible la concrétisation de nos espoirs.

 

"Où trouver l’argent ? pas sur les marchés financiers!", par Denis Durand, économiste et syndicaliste.

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Le programme du Front de gauche n’est pas un catalogue de promesses sociales que l’on pourrait satisfaire par la vertu d’une simple redistribution des richesses.
La crise du capitalisme financiarisé est profonde, aussi notre stratégie économique est-elle d’amorcer un nouveau type de développement fondé sur l’économie des dépenses en ressources naturelles et en charges financières, pour pouvoir dépenser plus pour les salaires et l’emploi?: l’humain d’abord?!
Mais cela exige dès à présent de réaliser des investissements considérables pour pouvoir créer beaucoup d’emplois.
Où trouver l’argent?? Sur les marchés financiers?? Sûrement pas?!
C’est cela qui nous a conduits au chômage de masse et aux crises spéculatives de plus en plus destructrices.
Dans les banques, alors?? En effet, les banques disposent d’un pouvoir extraordinaire?: décider à qui ira l’argent de leurs crédits.
Mais depuis trente ans les politiques monétaires menées par les banques centrales ont incité les banques à financer les spéculations financières plutôt que l’emploi et la création de richesses réelles.
Changer ces politiques est un levier indispensable pour sortir des cercles vicieux du chômage et de l’austérité.
Bien sûr, pour changer les objectifs et le statut de la Banque centrale européenne, il faudra changer les traités européens.
C’est ce que prévoit le programme du Front de gauche.
Mais il appelle à commencer cette action dès aujourd’hui.

Les luttes sociales et politiques commencent à interpeller les banques pour qu’elles donnent à la priorité à l’emploi, au développement des territoires, à la préservation de l’environnement.
Elles auront à le faire de plus en plus à mesure que la crise s’approfondira.
Ces exigences peuvent, demain, être l’objet d’assemblées régionales et d’une assemblée nationale pour l’emploi, les qualifications et les salaires. Un pôle financier public donnerait l’impulsion à une mobilisation de tout le système financier dans ce sens.
La Banque de France analyse les comptes et le financement de plus de 250?000 entreprises. Dès aujourd’hui, elle a les moyens de dire aux banques?: tel crédit accordé à telle entreprise a servi à créer des emplois pour développer de nouvelles productions utiles et protéger l’environnement, à développer des recherches. Il mérite donc d’être encouragé, je suis d’accord pour que la BCE te prête cet argent, à un taux inférieur à celui du marché, voire à 0?%.
Tel autre crédit a servi à exporter des capitaux, à délocaliser des productions, à remplacer des emplois par des machines?: ne compte pas sur moi, ni sur la BCE, pour le refinancer?!
La même logique présiderait au financement direct par la BCE, grâce à son pouvoir de création monétaire, du fonds européen de développement social, écologique et solidaire dont le Front de gauche préconise la création.
Ce fonds serait affecté au financement de dépenses publiques répondant à des critères soigneusement vérifiés d’efficacité économique (création de valeur ajoutée dans les territoires), sociale (sécurisation de l’emploi et de la formation) et écologique (économies d’énergies et de ressources naturelles).
Ainsi, pour le Front de gauche, la réorientation de l’action de la BCE n’est pas un instrument magique pour résoudre la crise à la place des peuples?: c’est l’enjeu d’un combat qui concerne tous les citoyens.

 

Contre la finance, le projet du Front de gauche est crédible

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Il n’est de programme réalisme que si l’on combat la loi de l’argent pour l’argent.
Pas réaliste, le programme du Front de gauche ? Les « experts » et économistes de services dans les médias, où ils représentent en réalité les groupes financiers auxquels ils appartiennent, s’autoproclament papes de l’orthodoxie économique.
Pour eux hors de l'austérité imposée aux peuples point de salut. Ils pratiquent le tri sélectif à la frontière du scrutin.
Les propositions que porte le candidat du Front de gauche seraient «?irréalistes?».
Mais tout montre, au contraire, que pour sortir la France et les Français de la crise actuelle, la seule démarche crédible est celle en faveur de mesures radicales visant à faire reculer la domination de la finance.
Nos soi-disant experts se gardent bien de réclamer des comptes à Nicolas Sarkozy. De lui demander de s’expliquer sur sa promesse de 2007 de réduire le taux de chômage à 5?% au bout de cinq ans, sur l’assurance renouvelée aux Français que le nombre de personnes sans emploi allait enfin baisser.
Ils évitent de mettre en cause la crédibilité des candidats qui comme F. Hollande, prétendent marier l’eau et le feu, l’austérité budgétaire et sociale et la croissance économique. Comme si c’était possible !

Ils évitent de s’interroger sur cette supercherie consistant à proclamer très utiles au sein des budgets publics les dépenses d’investissement et éminemment dispendieuses les dépenses de fonctionnement, essentiellement celles consacrées aux salaires des fonctionnaires.
Comme si, lorsqu’il s’agit de déneiger une route, il fallait considérer le camion à sel comme une bonne dépense et le salaire de celui qui le conduit comme un gâchis insupportable!
Tout ce petit monde, biberonné à la pensée libérale, feint de ne pas voir la démarche radicalement nouvelle proposée par le Front de gauche.
Pour le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, les 130?milliards d’euros de mesures sociales qu’il envisage seraient financés par les mesures suivantes: - Taxation des revenus du capital comme ceux du travail, 50?milliards.
- Taxation des revenus financiers des entreprises, 20?milliards.
- Instauration de 14 nouvelles tranches progressives à l’impôt sur le revenu, 20?milliards, issus des contribuables les plus aisés.
- Renforcement de l’ISF et des droits de succession, 10?milliards.
- Suppression des niches fiscales et sociales inutiles, entre 10 et 20?milliards.
- Taxation différentielle des fraudes fiscales, 30?milliards.
Le Front de gauche n’envisage pas dans son programme de trouver simplement des ressources dans ce qui existe afin de financer le Smic, la retraite à soixante ans, le développement des services publics, notamment ceux de la santé, de l’éducation et de la formation.
Certes, il ambitionne d’effectuer des prélèvements fiscaux et sociaux qui dégonflent les fortunes, les spéculations, mettent un terme à des gâchis.
Mais il entend également en trouver de nouvelles, bien plus importantes.
Le projet se fonde sur un changement radical des règles du jeu au cœur même du pouvoir suprême des capitalistes, au sein des banques, là où se trouve le pouvoir de créer de l’argent.

 

Les valeurs du progressisme sont de retour, par P. Le Hyaric

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La semaine dernière a encore amplifié la dynamique autour du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon.
De la rencontre avec les créateurs et intellectuels, de Vierzon, Limoges, jusqu’à la grande démonstration de force et d’unité place du Capitole à Toulouse, partout des foules actives, déterminées, joyeuses et fraternelles ont plaisir à se retrouver.
Une nouvelle démonstration de la vitalité et de la force du Front de Gauche aura lieu ce samedi à Marseille.
Ces puissants rassemblements qu’aucun autre candidat ne peut organiser sont constitutifs d’un processus de maturation d’un nouveau rapport de forces politiques.
Le Front de Gauche gagne en intérêt, en capacités de rassemblement et d’élargissement. En influençant toute la campagne électorale, il démontre aux yeux de millions d’électrices et d’électeurs qu’il peut modifier les rapports des forces politiques dans les urnes, pour la victoire et demain, dans la vie, pour la réussite du changement.
Sa progression redonne des couleurs à toute la gauche et à l’écologie politique.
Pour beaucoup de nos concitoyens, elle est la meilleure nouvelle de ce printemps.
A partir du Front de Gauche se construit quelque chose qui a à voir avec un Front unitaire du peuple en mouvement pour briser tant d’années de pensée unique, de valeurs renversées, d’humiliations aussi, pour celles et ceux qui n’ont jamais voix au chapitre.

Pareille à celle pour le NON au référendum de 2005, cette campagne mêle intelligemment action politique et éducation populaire pour faire revivre le meilleur des valeurs du progressisme à la française resitué dans les enjeux les plus modernes de notre époque.
Sous les coups de butoir de Jean-Luc Mélenchon, peu à peu se déconstruit la vision ultra libérale sarkozyste qui, un temps, avait gagné une part notable de l’hégémonie idéologique. L’extrême droite lepéniste en a le souffle coupé et baisse pavillon.
Sans cette bataille, nos concitoyens, comme ligotés, n’auraient eu à choisir qu’entre un plus ou moins grand degré d’austérité.
Le Front de Gauche, lui, a fait de l’être humain, de son émancipation, du respect qui lui est dû, la mesure cardinale de toute chose qu’il oppose aux froids plans-comptables de l’oligarchie financière.
Il torpille l’idée selon laquelle une partie de nos concitoyens profiterait de « l’assistanat », pour que vivent enfin la solidarité et la fraternité. Il place au cœur de son projet le partage des richesses, à l’opposé de leur accaparement par une minorité.
Au lieu de la précarité, de l’angoisse du lendemain, il fait avancer le projet d’une sécurité de vie, sécurité du travail et de la formation.
Projet prioritaire à ses yeux qu’une nouvelle majorité de gauche devrait concrétiser car la précarité dans le travail, dans l’accès aux soins, à l’énergie empêchent chacun de vivre dignement et de choisir librement son destin.
Le Front de Gauche rend ses lettres de noblesse aux notions de bien public et de service public, patrimoine de ceux qui n’en ont pas, qui sont facteur d’égalité républicaine. Il démontre que l’austérité provoque et aggrave la crise. En sortir implique donc d’abandonner un poison qui fait tant de dégâts dans les pays qui nous entourent.
M. Sarkozy et les puissants enragent. Ils cherchent à faire peur avec le programme de Jean-Luc Mélenchon qu’ils présentent comme irréaliste tout en prétendant qu’il est dangereux !
Ce qui est sûr, c’est qu’il ne cajole pas les plus fortunés comme l’a fait pendant cinq ans le président des riches! Par contre, sa logique découle de sa priorité, l’humain d’abord.
Elle le conduit à refuser que le pouvoir politique soit le mandataire direct du pouvoir économique des puissances d’argent et du grand capital industriel pour se mettre au service du monde du travail et de la culture dans leur diversité ainsi que de la préservation de notre planète. En ce sens, le règlement de la dette écologique prend une importance capitale pour l’avenir de l’humanité.
Évidemment « l’humain d’abord » implique une considérable avancée de la démocratie, dont de nouveaux droits pour les travailleurs dans leur entreprise, et les citoyens dans la cité.
Ils cherchent à faire peur aussi en prétendant que François Hollande risque d’être l’otage de Jean-Luc Mélenchon. Voilà la charge d’une droite qui a beaucoup de mal à admettre la souveraineté d’un peuple qui entend librement déterminer la politique qui sera menée en France et en Europe dans les cinq années à venir.
Il apparait clairement dans cette campagne électorale, que de plus en plus nombreux sont les citoyens qui entendent utiliser leur bulletin de vote pour, à la fois chasser M. Sarkozy et peser pour une politique favorable à la majorité de celles et ceux qui n’ont que leur travail ou leur retraite pour vivre. Le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon le 22 avril, celui des candidats du Front de gauche aux élections législatives qui suivront sont pour eux une assurance que le président sortant sera battu, que l’extrême droite lepéniste reculera et une garantie pour donner toute ses chances aux changements qu’ils espèrent ardemment.
Il s’agit de remettre les choses à l’endroit, de faire revivre nos belles valeurs républicaines et progressistes, de relancer un projet humain, social et écologique digne de ce début de XXIe siècle.
Le Front de Gauche a gagné les galons d’une force neuve, populaire, qui promeut une nouvelle société du vivre ensemble, contre le repli sur soi, le repli identitaire dans un monde où chacun aurait peur de son voisin et où la haine serait attisée par ceux qui ont intérêt à ce que les regards ne se posent pas sur les causes réelles des difficultés et des souffrances, de la mal vie qui se répand.
C’est l’honneur du Front de Gauche et de Jean-Luc Mélenchon de faire revivre les plus beaux idéaux de la gauche, de celle des Lumières contre l’obscurantisme, celle de la Révolution française pour une nouvelle Constituante, celle de la Commune pour le pouvoir au peuple, celle de mai 1968 pour de nouvelles émancipations, celle de 1981 et de la gauche victorieuse, celle de l’avenir avec l’objectif d’une mutation écologique de nos modes de production et de consommation.
Chacun, chacune, dans les jours qui nous séparent du vote, peut faire beaucoup pour que le torrent impétueux des espoirs populaires acquière une force irrésistible qui obligera tout le monde à en tenir compte.

 

Chiffrage du Programme du Front de gauche: les "experts" à la ramasse!

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La droite, Sarkozy et Bayrou, mais aussi les grands groupes de presse et les soit-disants experts qui se relaient sur les chaînes TV ainsi que les dirigeants socialistes prétendent que le programme du candidat du Front de gauche est irréaliste.
Faute d'imaginer une autre logique que celle découlant de la domination de la finance, ils ne veulent pas voir la logique nouvelle possible et le puissant effet de levier de la maitrise du crédit.
Voici la réponse de trois économistes communistes à cette opération de dénigrement: Yves. Dilmicoli, Frédéric Boccara et Denis Durand.
« Loin des exercices traditionnels de chiffrage, donner à voir la possibilité d'une autre logique »
De prétendus éléments de chiffrage du programme du Front de gauche ont été avancés dans divers journaux, dont « Le Monde ». Très discutables, ils cherchent à accréditer l'idée que ce programme serait irréaliste, voire dangereux.
Ils montrent surtout que leurs auteurs font fi de la nouvelle logique sur laquelle la mise en œuvre de ce programme permettrait d'embrayer, rompant avec les cercles vicieux de la croissance financière et du chômage, à la racine de l'emballement des déficits et des dettes.
On amorcerait, au contraire, les cercle vertueux d'un nouveau type de croissance tirée par la sécurisation et la promotion de l'emploi, de la formation, des revenus du travail et de remplacement et une grande expansion des services publics, en France et dans ses régions, en Europe.
Faisant reculer tous les gâchis de capitaux et écologiques, grâce à l'intervention des salariés et des citoyens pour changer les gestions d'entreprises, elle mobiliserait l'argent des profits, des fonds publics et du crédit bancaire pour réaliser de grands objectifs sociaux et environnementaux novateurs.

Le programme du Front de gauche, jamais cité par « Le Monde », déclare précisément : « Nous proposons que la BCE finance par création monétaire un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen ».
Le produit d'achats de titres de dette publique des différents États de la zone euro par la BCE serait, en effet, affecté, en alimentant ce Fonds, pour une expansion des services publics, différenciée suivant les besoins des divers pays, en vue d’une nouvelle croissance sociale, avec des coopérations de solidarité entre les services publics.
De même, il s’agirait de déployer une « nouvelle mission de service public du crédit … au service de l’emploi, de la formation, de la croissance réelle et de la préservation de l’environnement »: Cela concernerait une baisse sélective très forte des taux d’intérêts jusqu’à zéro (voire négatifs, avec une diminution des remboursements) pour un crédit long aux entreprises, avec des taux d’intérêts d’autant plus abaissés que sont programmés et vérifiés de bons emplois et formations, pour des investissements réels, matériels et de recherche et leur efficacité appuyée sur la combinaison des recherches et des formations hardies.
Ce nouveau crédit pourrait être organisé à plusieurs niveaux, local, national et européen, de façon diversifiée et coordonnée.
Ainsi, au niveau local, nous proposons des Fonds régionaux publics pour la prise en charge, par des fonds publics, de tout ou partie des intérêts, pour des crédits favorisant l’emploi et la formation avec des investissements efficaces pour une nouvelle croissance réelle.
Au niveau national, nous proposons l’institution d’un Pôle financier public. Il viserait la mise en réseau des institutions publiques et mutualistes existantes (Caisse des dépôts, Banque Postale, Oseo, Caisses d'épargne, Banques mutualistes) ainsi que certaines nationalisations de banques, comme pour Dexia.
Ce pôle contribuerait à impulser des orientations nouvelles, y compris dans tout le secteur bancaire et financier, avec l’avancée de contrôles publics et de dispositions nouvelles, en liaison avec des soutiens publics possibles de recapitalisation des banques.
Outre les incitations au nouveau type de crédit, les mesures porteraient notamment contre les activités spéculatives, y compris par la séparation des banques de dépôts et d’investissement, et elles viseraient à conjuguer croissance réelle efficace et progrès social, avec également des taxations dissuasives et incitatives.
On pourrait encore, pour renforcer le Pôle public et le soutien des baisses sélectives des taux d’intérêt, utiliser une partie des énormes fonds publics, gâchés et poussant aux bas salaires, comme ceux dévolus aux exonérations de cotisations sociales (28 milliards d'euros annuels).
Enfin et surtout, ce nouveau type de crédit pourrait s’appuyer sur un autre financement des banques par la BCE, tout particulièrement pour des crédits à long terme.
Cela implique de nouvelles missions prioritaires pour la BCE, pour l’emploi et la croissance réelle, contre la priorité actuelle à l’opposition à l’inflation avec l’objectif principal dit de maintien de la stabilité des prix.
Alors que, déjà, la BCE a dû prêter à 1% sur 3 ans plus de 1000 milliards d'euros aux banques, sans aucune condition de critères visant une relance de la croissance sociale, et alors qu'elle a du prendre 217 milliards d'euros de dette publique de pays européens, ce sont donc plusieurs centaines de milliards d'euros qui seraient rendus disponibles pour l'ensemble des pays européens dont la France.
Ces propositions ambitieuses et réalistes du programme du Front de gauche permettent d'aller au-delà des propositions de F. Hollande et du PS mettant en cause la finance, tout en précisant l'audace nécessaire.
Loin des exercices traditionnels de chiffrage, toujours faux car contredits par les réalités ultérieures, auxquels donnent lieu les élections et qui, aujourd'hui plus que jamais, visent à enfermer la réflexion des citoyens dans le fatalisme face aux contraintes réputées indépassables du capitalisme financier en crise, il s'agit de donner à voir la possibilité d'une autre logique.
Yves Dimicoli, Denis Durand, Frédéric Boccara, membres de la commission économie du PCF,

 

Amplifions l'élan Melenchon

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Après les attaques de la Droite et de certains éléments du parti socialiste contre le candidat du Front de gauche, voici un extrait de l'édito de P. Le Hyaric dans l'Huma Dimanche.
Sans doute un hommage du vice à la vertu, la patronne du grand patronat, Mme Parisot, -qui ne fait évidemment pas de politique-, a expliqué dimanche dernier que Jean-Luc Mélenchon serait : "l’héritier d’une forme de terreur ".
Visage éternel des grands possédants misant sur les peurs pour refuser toute idée de partage des richesses et des pouvoirs.
Plus surprenantes sont les attaques répétées de personnalités de gauche et écologistes contre le candidat du Front de Gauche. Ainsi, M. Colomb, maire de Lyon, allant jusqu’à suggérer que le Front de Gauche proposerait un modèle de société proche de celui « du Cambodge de Pol Pot ». (...)
La gauche n’a que faire de dirigeants qui tirent contre leur camp au risque de compromettre ses chances de succès. Ces derniers seraient mieux inspirés de mettre en débat des propositions nouvelles. Il est par exemple de la première responsabilité de la gauche de sortir du marasme les onze millions de personnes menacées de tomber dans la pauvreté. (...)
La dynamique créée par la campagne de Jean-Luc Mélenchon, les foules qu’elle mobilise sont un atout, d’abord pour nos concitoyens mais aussi pour la gauche et l’écologie politique toutes entières.
Nombreux sont les progressistes de toutes sensibilités qui le considèrent et l’expriment publiquement.
Prétendre le contraire et présenter le candidat du Front de gauche comme un danger, telle est la dernière trouvaille des portes-plumes et porte-voix du système, alors que toutes les enquêtes d’opinion sans exception depuis des mois, placent F. Hollande comme vainqueur du second tour.
Qu’ils prennent garde qu’elle ne soit de plus en plus perçue comme un signe supplémentaire de l’écart qui sépare ces élites de la bienpensance et le peuple.

Ce sont les mêmes qui avaient mené la campagne pour le OUI au référendum de 2005. Les mêmes qui nous expliquent depuis tant d’années que le capitalisme est le meilleur système au monde. Que « leur » Europe protège les populations, avec son cortège de vingt-cinq millions de chômeurs, de précaires et de régressions sociales, culturelles et démocratiques.
Quand Jean-Luc Mélenchon met en accusation une austérité qui partout, de la Grèce à l’Espagne, de l’Italie au Portugal provoque tant de dégâts, quand il ajoute que ce remède là empoisonne davantage les malades jusqu’à menacer leur existence, il rencontre l’expérience du monde du travail et de la culture, celle de la jeunesse.
Quand il avance d’autres solutions pour sortir de la crise que celles défendues par les autres candidats qui tournent autour d’un niveau d’austérité plus ou moins élevé, celui du Front de Gauche est en phase avec les revendications des organisations syndicales, à l’échelle du continent.
L’intérêt qu’il suscite tient à sa priorité -l’humain d’abord- et au contenu des projets qui rompent avec des propositions de politique européenne qui ne font que peu ou prou répéter ce qui a échoué ici et chez nos voisins.
Des citoyens qui s’étaient écartés des urnes s’en rapprochent à nouveau. Tous les démocrates devraient s’en réjouir d’autant plus que ce mouvement s’accompagne du recul constant de la candidate de l’extrême-droite qui courbe l’échine sous les coups répétés et déterminés du Front de Gauche.
Libérés de l’angoisse de la voir figurer au second tour, bien plus nombreux sont celles et ceux qui entendent en profiter pour assurer la victoire et la réussite du changement en utilisant le bulletin de vote Jean-Luc Mélenchon comme un levier qui bouscule l’ordre établi du côté des attentes et des espoirs de la majorité de nos concitoyens.
Du vote NON au référendum de 2005, au succès du livre de Stéphane Hessel jusqu’aux mouvements contre la réforme des retraites, en passant par la multitude d’actions dans les entreprises pour l’emploi ou le pouvoir d’achat, la défense de l’industrie ou des services publics, ce n’est pas une demande de droite qui parcourt le pays mais bel et bien une forte volonté de changement progressiste, une demande de justice, de solidarité pour la France et l’Europe.
L’extraordinaire impact de la campagne de Jean-Luc Mélenchon en rapproche la perspective. Il reste trois semaines pour concrétiser toute la richesse et la créativité exceptionnelles de ce qui a déjà été accompli. Trois semaines pour amplifier l’élan Mélenchon.

 

NON et NON à la candidature de Melenchon !

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Le groupe dirigeant du PCF vient de tomber le masque : P. Laurent renonce à une hypocrisie qui n'était plus tenable, et vient d'appeler ouvertement les communistes à se ranger derrière la candidature de Mélenchon à la Présidentielle.
Plutôt Mélenchon, plutôt un socialiste bis, qu'un communiste, voilà où en arrive l'actuelle direction!
C'est l'aboutissement prévisible du pacte secret, scellé dans le dos des communistes, il y plusieurs mois entre l'ex sénateur socialiste J.L. Mélenchon, P. Laurent et M.G. Buffet, experte en stratégie électorale, comme chacun sait (1, 93% aux dernières présidentielles).
A. Chassaigne qui s'était porté candidat a été privé par le groupe dirigeant du PCF des moyens de faire campagne : il a été censuré par cette direction, sa campagne a été a été cyniquement sabotée, tandis que Laurent et Buffet faisaient la promotion de celle de Mélenchon. Il en fut de même à l'encontre d' André Gérin, l'autre candidat à la candidature, souvent caricaturé et qui lui aussi ne fut jamais en mesure d'exposer ses propositions, se heurtant à la même hostilité de la direction..
A aucun moment la Direction actuelle - qui a peur de la démocratie dans le parti- n'a créé les conditions d'un véritable débat interne démocratique et équitable.
Tout était ficelé d'avance, c'est un secret de Polichinelle, Mélenchon l'ayant d'ailleurs confié à la Presse, voilà plusieurs mois.
Tout est fait pour empêcher les communistes de choisir en connaissance de cause.
Les communistes, comme le souligne Chassaigne, ont été "infantilisés" par une direction "hypocrite" et manipulatrice: celle ci cache les divergences pourtant profondes avec J. L Mélenchon sur tous les domaines essentiels ( les réformes à mettre en œuvre, l'économie, la décroissance, l'Europe, l'Ecole, l'énergie, la démocratie, l'Etatisme, la paix, l'avenir du PCF, la stratégie de rassemblement à gauche, etc...).
Aujourd'hui, pour effrayer les communistes, Laurent et Buffet répandent dans le parti et reprennent à leur compte le chantage du PG : c'est Mélenchon ou la fin du Front de Gauche!
Le groupe Buffet-Laurent-Dartigolles tait soigneusement aux communistes le but réel de Mélenchon, qui sait pertinemment qu'il ne sera pas élu : faire des Présidentielles une étape dans l'effacement du PCF en vue de sa dilution dans un parti gauche, dont il ambitionne de prendre la tête.
Mais tel ne serait pas également le but du groupe dirigeant qui n'a jamais digéré d'avoir à reculer sur sa tentative avortée, grâce à la vigilance des communistes lors des derniers congrès, de "métamorphose" du PCF ?
La direction, comprenant que la couleuvre Mélenchon serait trop grosse à faire avaler aux communistes, a décidé de supprimer le congrès prévu en juin, pour lui substituer une conférence nationale dont elle peut plus facilement contrôler la composition afin de faire "valider" ce nouvel acte liquidateur.
La souveraineté des communistes est piétinée par ce groupe manœuvrier qui se complet dans les grenouillages de sommet, loin de la vie des gens, avec cette caricature de désignation démocratique. Pour l'heure les communistes souhaitent toujours qu'André Chassaigne soit le candidat.
Chassaigne a fait les preuves de sa capacité à rassembler bien au delà du parti, à l'inverse de Mélenchon, candidat de la division qui ne rassemblerait même pas les voix des communistes...
En tout état de cause, J.L. Mélenchon ne sera pas à la Présidentielle, le candidat que soutiendront les communistes de Clichy.

 

Débat à gauche : Pas de compromis médiocre sur l'Ecole!

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Les questions de l’Ecole et de la réussite scolaire des enfants préoccupent grandement nos concitoyens, à l’heure ou la droite casse l’école, avec la baisse programmée des dépenses publiques.
Mais, pas plus hier qu’aujourd’hui, le système de formation n’est à la hauteur des exigences de savoir et de formation du XXIèm siècle.
Avancer des propositions fortes et crédible pour une école de la réussite pour tous, une école vraiment égalitaire est aussi un des enjeux de ces cantonales.
Stéphane Bonnery, chercheur en sciences de l’éducation et dirigeant communiste, souligne, pour le regretter, qu’au sein du Front de Gauche, existent des désaccords avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon.
Pourquoi en effet, avoir peur d’avancer l’idée de la transformation nécessaire et de la démocratisation du système scolaire ? Dialogue Clichois publie des extraits de son éditorial de la Lettre du Réseau école du PCF.

En effet, avec la réforme de l’autonomie des établissements, et la raréfaction des postes de fonctionnaires d’état, voila le scénario prévu par le gouvernement : quasi fin des financements nationaux, les établissements devront se tourner vers les collectivités locales pour financer les postes d’enseignants « optionnels » au-delà du socle commun, poussant ainsi à ce que, faute de pouvoir financer partout, on regroupe d’un côté les enfants de familles populaires dans certains établissements de la ville ou du canton, en limitant l’enseignement au « socle commun », et d’un autre côté dans des établissements différents les enfants qui ont déjà acquis des choses à la maison et avec qui sera alors visé non seulement le socle, mais aussi le reste du programme, avec des profs contractuels pour ce faire.



Le gouvernement a tout mis en place pour ce renoncement à l’égalité : l’affaiblissement de la carte scolaire et le choix des élèves recrutés par l’établissement sous prétexte d’exhortation aux « projets » d’établissements différents donc en concurrence les uns avec les autres, ce qui se traduit déjà par le dispositif se substituant à l’éducation prioritaire cyniquement appelé « ECLAIR ».

Plus que jamais, le peuple de France va avoir besoin d’élus capables d’interpeller l’Etat sur ses responsabilités, refusant de s’y substituer, assumant ce qui est de leur rôle (construction de bâtiments, etc.) pour mieux signifier à l’Etat que c’est à lui d’assurer l’égalité pédagogique sur tout le territoire, que le caractère national de l’éducation est une condition de l’égalité.
Esquiver ce débat de fond, en se contentant de demander que la droite « dégage » pour prendre sa place, c’est laisser penser au peuple qu’il n’y a le choix qu’entre un projet de droite et une absence de projet, sans issue.
C’est ainsi un jeu dangereux pour notre pays que jouent certains à gauche, y compris parmi nos partenaires, de ne pas pointer ces aspects, en se focalisant sur les ambitions politiciennes personnelles de 2012.
Dans ces derniers jours de campagne, les communistes ont tout à gagner au rassemblement pour une autre politique éducative : l’attente est grande comme le montrent les discussions avec les parents, les lycéens, les étudiants, les pédagogues, les syndicalistes.
A ce titre, et même si notre activité ne saurait se réduire aux campagnes électorales, 2012 sera un rendez-vous important, avec la présidentielle, mais aussi son articulation avec les législatives. Il faudra y faire entendre un projet, et pas seulement le refus ou la dénonciation.
Dans ce sens, depuis des années, les communistes, tous ceux qui participent à notre réseau école, élaborent des idées. Lors des multiples débats que nous avons conduits, et dont le nombre s’est accru ces derniers mois, elles trouvent beaucoup d’écho.
La richesse de notre démarche n’est pas de se présenter « les mains vides » devant les militants de terrain, ni de leur donner nos propositions « à prendre ou à laisser ».
C’est de la confrontation que nous ferons un projet ambitieux.(…) Il faut que chacun le sache, tout ne se fait pas simplement. Nous avons un débat, et même un désaccord avec le PG sur la démarche du rassemblement.
Il ne m’a pas semblé souhaitable que les responsables des questions éducatives des partis du Front de gauche se mettent à l’avance d’accord sur un minimum commun, qui aurait été bien étroit.
Oui, il nous faut rechercher des cohérences, des convergences. Mais pas sur le minimum de départ qui empêche le débat, et pour tout dire, qui réduit la participation populaire à un simple auditoire. (…)
C’est une autre démarche(…)que nous entendons poursuivre : celle qui fournit l’occasion à chacun de construire une action politique sur l’école et sur la société, sans s’en remettre à des accords politiciens élaborés en catimini ou à un sauveur suprême, fût-il de gauche, qui se proposerait comme alternative à l’autocratie de droite.
Les partis n’ont pas à être en retrait sur leurs propositions. C’est l’un des apports essentiels qui alimente la confrontation, l’appropriation par chaque militant. Il y a besoin de débattre, de confronter avec d’autres opinions, pour qu’advienne le meilleur projet possible de transformation progressiste de l’école.
Je sais que dans le Front de Gauche, tout le monde n’est pas d’accord sur la nécessité de parler de transformation de l’école et d’une nouvelle phase de démocratisation scolaire.
Débattons-en, avec tous ceux qui veulent s’engager pour une réelle alternative de gauche. Au contraire du plus petit dénominateur commun au départ (qui ne peut conduire qu’à des compromis médiocres, donc à notre inutilité), c’est le frottement de tous les arguments qui participera d’un projet novateur et crédible.
Au PCF, quelques axes nous semblent essentiels pour envisager l’avenir :
- la culture scolaire commune que toute une génération a besoin de s’approprier pour vivre dans une civilisation de demain modelée par les savoirs savants et les technologies ;
- la démocratisation : le nécessaire allongement des études et le combat contre les inégalités ;
- la reconnaissance égale des qualifications, des diplômes ;
- les pouvoirs donnés à la communauté scolaire dans un cadre national ;
- les moyens financiers, en matériel, en personnel, en recherche et formation pour atteindre ces objectifs.

 

Mélenchon candidat : Est-ce raisonnable d'avoir deux candidats socialistes ?

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J.L. Mélenchon vient d'annoncer sa candidature à l'élection présidentielle. Ce n'est pas une surprise, venant de cet homme, ancien ministre de J. Jospin et formé par Mitterrand, que les médias et le bocal politicien ambiant verraient volontiers comme chef de file du Front de Gauche.
Mais pour battre Sarkozy et ancrer la gauche vraiment à gauche, le Front de Gauche n'a pas besoin d'idées simplistes, de propos populistes, ou de moulinets avec des sabres de bois.
Son programme ? "Salaire maximum" et "partager les richesses".
C'est un peu court!
Ce n'est pas seulement son manque de clairvoyance politique- J.L. Mélenchon avait voté oui à Maastricht , estimant que c'était un bon compromis !- qui pose problème, mais l'absence d'idées novatrices et la faiblesse de son programme, très éloigné de ce qu'il faut pour s'attaquer à la crise.
Il faut des propositions alternatives à la hauteur des défis de la crise et avancer des mesures radicales et précises pour museler les marchés financiers. C'est ce qu'est prêt à porter André Chassaigne.
Les communistes clichois sont engagés dans la promotion de la candidature d'André Chassaigne , ils regrettent d'ailleurs que le groupe dirigeant du PCF et celui de la FD 92 ne soient pas dans cette disposition combative et offensive .
Dialogue clichois publie aujourd'hui les propos de l'économiste et dirigeant communiste Yves Dimicoli...

Je veux d'abord insister sur l'extrême profondeur de la crise européenne avec la fuite en avant des gouvernements de l'Union dans la logique de Maastricht, super-austérité et privatisations redoublées à l'appui, pour rassurer les créanciers des États sur-endettés sur les marchés financiers, en brisant les modèles sociaux.
Cela casse la croissance de l'Europe, devenue « l'homme malade » du monde, et y accentue le chômage et la précarité, en même temps que s'y creusent de très graves dissymétries.
On trouve en effet l'Allemagne en tête, loin devant, suivie par ses satellites de l'ex-zone mark. Puis, loin derrière, les pays « périphériques » comme la Grèce ou le Portugal et l'Espagne, crucifiés; puis, dans un entre-deux, quelques rares pays dont, principalement, la France.
D'où, l'importance de ce qui va se passer en France dans les mois et les années qui viennent...

- Soit, nous nous rapprochons des exigences et des luttes des peuples d'Europe du sud, et ,au-delà, de ceux de notre « Sud », comme la Tunisie ou l'Algérie qui connaissent aujourd'hui de grands mouvements sociaux, pour la défense et la promotion du modèle social avec, pour cela, la nécessite d'une autre construction européenne;

- Soit, les yeux vrillés sur le verdict des agences de notation financière, nous nous alignons dans la marche vers une « Europe allemande », au service de la domination de la Finance.

Ces enjeux vont peser très lourdement pour 2011 et 2012. Ce qui va se jouer, en effet, c'est la suite de la bataille engagée contre le traité de Lisbonne et pour une autre Europe.
On se tromperait, me semble-t-il, si on tentait de répliquer, purement et simplement, la bataille de 2005, avec un Front de gauche qui serait dépourvu de l'ambition de faire avancer l'exigence précise d'une autre construction européenne avec un nouveau traité.
En effet, si on veut une alternative majoritaire en 2012, il faudra arriver à bousculer le PS sur son ancrage à la logique de Maastricht. Cela exige d'engager, sans attendre, et tout le long de l'année 2011, une très grande campagne du PCF sur ses positions novatrices, et de tout faire pour donner une vraie chance à une candidature communiste du Front de gauche en 2012 avec André Chassaigne.
Pourquoi? Mais parce qu'il faut déjouer le piège qui se met déjà en place dans le débat franco-européen en perspective de l'élection présidentielle. Tout est fait, en effet, pour enfermer le débat dans une fausse alternative:
- Le premier terme consiste à affirmer qu'il faut rester dans l'euro et, pour cela, défendre et renforcer la logique de Maastricht. On y trouve aussi bien la droite que les dirigeants actuels du PS, d'accord sur le pacte de stabilité et une BCE « indépendante » au service de la domination des marchés financiers, d'accord aussi sur les « partenariats public-privé » conçus pour une nouvelle vague de privatisations, d'accord enfin sur la « flexisécurité » et la promesse illusoire du retour au « plein emploi ». Et, sur ce socle commun considérable, la droite parle « efficacité et responsabilité », tandis que le PS parle « égalité » et « partage des richesses ».
- Le second terme consiste à prôner une « sortie de l'euro ». C'est une illusion mortifère avec la perspective d'une dévaluation violente du franc, l'accentuation des pressions du marché financier, l'explosion de l'Europe et la mise en concurrence à mort entre européens, la consolidation de l'hégémonie du dollar!
Face à cette fausse alternative, le mot d'ordre de Mélenchon, « sortir du Traité de Lisbonne », pose problème à un double titre:
- Il entretient une confusion politicienne avec l'idée de sortir de l'euro;
- Il ne fait guère le poids pour arriver arracher le PS à son ancrage pro-Maastricht.
D'où l'importance et la nécessité des propositions communistes pour changer l'utilisation de l'euro et l'orientation de la BCE en avançant sur deux grandes exigences:
- Une promotion massive des services publics en Europe, au lieu des privatisations, et, pour la financer, la mise en œuvre d'un Fonds social de développement européen, en lieu et place du Fonds de stabilisation financière lancé en mai dernier. Il serait alimenté par la création monétaire de la BCE. Cette proposition, initialement portée par le PCF, est désormais aussi une proposition du PGE, c'est dire s'il faut la mettre en avant; - L'avancée vers une sécurité d'emploi ou de formation commune aux Européens, au lieu de la « flexisécurité », en vue d'une éradication progressive du chômage, au lieu de la promesse illusoire du « plein emploi » qui maintiendrait un volant de chômeurs. Et, pour la financer, un autre utilisation de la BCE impulsant un nouveau crédit sélectif pour l'emploi et la formation, avec des pôles financiers publics requérant des nationalisations de banques et des Fonds publics régionaux.
Cela permettrait de casser la spéculation.
Popularisons massivement ces options, au lieu de les refouler et de faire le dos rond pendant que Mélenchon sur-occupe les médias, que le Parti de gauche diffuse massivement son propre programme et que Chassaigne rame en solo comme il peut!
A ce propos, je veux dire mon désaccord avec une façon de faire dans nos rangs qui consiste à faire silence sur les différences entre nos propositions et celles de Mélenchon.
C'est le contraire-même de ce qu'il faut faire pour avancer vers un programme qui soit à la fois populaire et partagé. Pire, cela contribue gravement à laisser s'installer l'idée que Mélenchon serait le bon candidat « incontournable », « naturel », parce qu'il est le plus médiatisé, parce qu'on aurait les mêmes idées que lui mais qu'il pourrait mieux les porter car il apparaît neuf, moderne, alors que nous nous serions vécus « comme une force du passé»! C'est là, typiquement, pour moi de la capitulation matinée de désinformation des communistes. Car, en fait, il y a avec Mélenchon de grandes différences, à côté de points communs:
- Sur les objectifs du Front de gauche dont Mélenchon dit qu'il doit constituer une « étape intermédiaire » vers la création d'une « nouvelle force de gauche » après un « nouveau congrès de Tours »...Bref, la disparition du PCF;
- Sur le fond de la politique alternative à proposer au Français, comme je l'ai montré pour l'Europe.
A vrai dire, le réformisme de Mélenchon n'est guère plus audacieux que celui de la social-démocratie traditionnelle. Mélenchon est un « socialiste », c'est même cette évidence que, dans une récente tribune à l'Huma, un adhérent du Parti de gauche a mis en avant comme un atout essentiel.
Alors, est-il vraiment raisonnable d'avoir deux candidats socialistes pour l'élection présidentielle, l'un qui se revendique du PS et l'autre qui se revendiquerait du Front de gauche?...

 

PCF : la direction a-t-elle dèjà fait le choix de Mélenchon?

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En tout cas, c'est ce qu'ont cru comprendre nombres d'observateurs de la vie politique, malgré un démenti embarrassé de P. Laurent et de la direction du PCF qui prétend que rien n'est joué.
Mais les militants ont bel et bien le sentiment que toute une partie de la direction à déjà fait son choix et roule pour Melenchon.
Ainsi comment expliquer le black out organisé autour de la lettre d'André Chassaigne aux communistes, où il expose le sens de son offre de candidature?
DIalogue Clichois reproduit ici les inquiétudes de Nicolas Marchand en publiant son intervention lors du dernier CN.

Tout est organisé pour entrainer les communistes à se rallier ou à se résigner en Juin à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. J'ai la conviction et même la certitude que pour un certain nombre de dirigeants du Parti ce choix est acquis.
Mais les communistes sont très nombreux à penser que ce serait une grave erreur de s'effacer, avec nos idées, pour celles portées par un candidat socialiste.
Cela va bien au delà de celles et ceux, très divers, qui se sont exprimés par des appels. Ils ont les moyens de faire que les choses se passent autrement.
Oui, je dis bien « un candidat socialiste », je ne vois pas pourquoi ça suscite des protestations. Ce n'est pas une attaque, c'est un fait.

Il était même revendiqué en conclusion de la tribune d'un camarade du PG publiée par l'Huma le 6 janvier, comme argument de la candidature de JL Mélenchon: « Pour parler au cœur de la gauche et notamment à l'électorat socialiste, la meilleure candidature n'est-elle pas celle de quelqu'un qui se revendique républicain et socialiste. »
C'est la vérité. Et une donnée politique du débat.
Mais les communistes ont tout de même le droit de se poser la question de savoir s'il n'y a pas mieux à faire pour un parti qui a la conviction d'être un parti d'avenir, porteur d'idées neuves, que d'être les promoteurs d'une 2eme candidature socialiste. Même si leur direction ne leur signale pas ce problème!
Si la direction, ou des dirigeants, pensent qu'on n'a pas d'autre choix que le ralliement à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, c'est leur devoir de le dire, d'informer les communistes de tous les éléments, et d'accepter le débat avec ceux qui pensent autrement.
Ce qui n'est pas acceptable, c'est un processus de fait accompli, consistant à chercher à placer peu à peu les communistes dans la situation de penser qu'il n'y a pas d'autre choix.
C'est de faire comme si on allait débattre entre plusieurs candidats alors qu'au sommet la décision est déjà prise. Ce qui n'est pas acceptable, c'est la désinformation sur les enjeux politiques, alors que dans un tel débat, il faut donner aux communistes tous les éléments d'information, qu'ils soient positifs ou négatifs.
Jean-Luc Mélenchon a une stratégie; sa volonté d'être candidat pour le Front de gauche à l'élection présidentielle s'inscrit dans cette stratégie: il a quitté le PS pour constituer à gauche du PS un parti sur le modèle de Die Linke en Allemagne, un parti rassemblant des communistes, des socialistes, des gens de l'extrême-gauche.
Je rappelle qu'avant le 34eme congrès, notre participation à un tel processus a été envisagée à la direction, formulée dans un livre de Patrice Cohen-Seat, et qu'un calendrier vers un congrès « fondateur » avait même été adopté. Les communistes ont bousculé tout cela et en ont décidé autrement.
J.L.Mélenchon a rappelé récemment sur son blog (billet du 24/12/2010) qu'il n'avait pas pour autant changé ses objectifs, tout au plus ajusté son plan de marche:
« notre visée historique est de construire une force politique nouvelle. Nous n'avons pas l'intention de faire « le congrès de Tours à l'envers » comme on le disait un temps. Au contraire ! Notre intention est de refaire le Congrès de Tours. C'est-à-dire de fonder une force politique de gauche nouvelle....
Mais cette construction n'est pas un préalable au rassemblement. Il peut parfaitement se faire avec une diversité de composantes autonomes et indépendantes. Le Front de gauche incarne ce choix intermédiaire. »
C'est clair: pour Jean-Luc Mélenchon, le Front de gauche est une étape intermédiaire vers le but: un nouveau Congrès de Tours pour la création d'un nouveau parti de gauche. A qui fera-t-on croire que sa candidature n'a rien à voir avec çà.
Pourquoi la direction est-elle silencieuse sur ces faits? Pas seulement silencieuse d'ailleurs, car, dans ce cadre, il paraît qu'on se préparerait à céder à nouveau à la pression de J.L.Mélenchon pour des adhésions individuelles au Front de gauche: lui même écrit (dans le même billet du 24/12/2010) que « C'est Marie Georges Buffet elle-même qui avait annoncé notre proposition commune sur ce point, à la sortie de notre rencontre au sommet en mai dernier. Cette idée fut repoussée par les instances communistes.
C'est donc partie remise. Nous en sommes toujours autant partisans. La question reviendra sans doute d'une façon ou d'une autre, un jour ou l'autre » Mais céder sur l'adhésion individuelle, ce serait accepter de franchir un pas vers la transformation du Front de gauche en parti.
Tout cela constitue une affaire très sérieuse.
Il ne suffit pas de dire: les communistes ne veulent pas de cette fusion.
Et dire « il n'y a pas de risque », c'est, au minimum, irresponsable. D'ailleurs, regardez déjà ce qui se passe avec la promotion médiatique de Mélenchon: la machine à séduire et illusionner les communistes est déjà en marche.
Est-il raisonnable de penser qu'une année de campagne présidentielle, quel que soit l'habillage collectif, ne donnerait pas au candidat, avec des appuis au sein du Front de gauche, et aussi avec des appuis dans le Parti, des moyens nouveaux d'influence pour passer à l'étape suivante.
D'ailleurs, pourquoi les arguments qui auraient servi à justifier l'appui à sa candidature, concernant notamment une mauvaise image du PCF, et une image plus dynamique de J.L.Mélenchon, ne serviraient-ils pas ensuite à justifier un processus fusionnel?
On doit aussi informer les communistes sur nos différences et non pas les minorer, comme hier on minorait les différences dans les collectifs antilibéraux et avec José Bové.
Nous avons des différences avec Jean-Luc Mélenchon; c'est normal. Mais il faut en parler et non les nier. Des différences n'empêchent pas de s'unir. Mais ne pas en traiter, ne pas en faire l'affaire des gens, c'est faire de l'union un leurre voué à produire des déceptions et des tromperies.
Laisser croire que nos idées les plus radicales, comme sur l'argent, la transformation de l'euro et de la BCE, le crédit, l'emploi, les pouvoirs des salariés, seront portées dans la campagne quel que soit le candidat, dès lors qu'il y aura un « programme partagé », c'est tromper les communistes.
Jean-Luc Mélenchon est déjà en campagne sur le « programme partagé »Il n'en parle pas au futur. Il le résume à « la trame en cinq points que j'ai présenté en synthèse du premier débat de lancement du programme partagé à la Fête de l'Humanité ».
A France Inter, cette semaine, il parle des « 5 points du programme du parti de gauche et du front de gauche, parce que le programme est assez largement partagé », et il renvoie à son livre, dans lequel l'essentiel serait déjà exposé.
Autrement dit, Jean-Luc Mélenchon mène déjà en notre nom une campagne sur les options du PG.
Ce n'est pas acceptable. Et agiter la peur de l'échec de 2007 n'est pas un bon argument pour justifier la capitulation et le défaitisme. N'ayons pas peur de mettre en avant les atouts d'un candidat communiste pour représenter le front de gauche en 2012.
Et pourquoi, alors que le PG est en campagne pour la candidature de son président, n'aurions pas le droit d'appuyer un bon candidat issu de nos rangs? Appuyons activement la candidature de notre camarade André Chassaigne.
Nicolas Marchand