Le portail des blogs Elunet

Les communes à l’honneur ? Le tract de l'ANECR au congrès des maires.

Tract ANECR pour le congrès AMF 2012Elles peuvent être un formidable atout anti-crise si elles ont les moyens de jouer pleinement leur rôle.

Le Président de la République au cours de son intervention aux État généraux du Sénat, a prôné un contrat de confiance entre l’Etat et les collectivités territoriales et un nouvel Acte de décentralisation… Mais les ambitions de cette réforme sont aussitôt contredites car il enferme ce processus dans ce qu’il appelle le redressement des comptes publics, en fait la «règle d’or» budgétaire imposée par le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance (TSCG) d’Angela Merkel et de Nicolas Sarkozy.Cela se traduit par le gel des dotations d’État aux collectivités en 2013 et une réduction programmée de 2,4 milliards pour 2014 et 2015. Une potion très amère pour nombre de communes, départements et régions en proie à l’étouffement progressif de leur capacité d’agir au service des populations. Le processus sera étroitement surveillé avec la création du Haut Conseil des Territoires, expressément prévu dans le TCSG, chargé de faire respecter l’austérité permanente et véritable retour d’une tutelle sur les budgets des collectivités.

C’est d’autant plus grave qu’explosent partout sur le territoire les situations de détresse des familles qui mobilisent des moyens d’urgence de la part des collectivités. Celles-ci n’ont souvent d’autres choix que de pallier tant que faire se peut les carences de l’État qui, au cours des années de gouvernement de droite, s’est désengagé en transférant les compétences sans compensation suffisante, en s’en prenant aux services publics. L’aggravation de la crise sociale du pays, pleine de dangers, nécessite assurément d’autres choix…

Si quelques mesures vont dans le bon sens, le gouvernement a en réalité imprimé un cap politique (confirmé par la conférence de presse de François Hollande qui repousse à cinq ans les résultats !) un cap qui, s’il n’est pas infléchi largement, ne nous sortira pas de la crise et de la domination des marchés financiers. Il n’y a en effet pas d’austérité juste, ni efficace. Comment compter sur le succès d’un «pacte de compétitivité» en ne donnant pas un nouvel élan à ces acteurs stratégiques que sont les collectivités territoriales, qui portent plus de 70% des investissements publics civils du pays, de multiples politiques solidaires et sociales, qui sont vecteurs d’innovation, de développement économique, social et environnemental et parmi les premiers défenseurs de l’emploi ?

Pas de décentralisation réussie sans recettes nouvelles.

C’est pourquoi, les élus communistes et républicains avec les parlementaires du Front de gauche, d’autres élus partout dans le pays et les citoyens, mènent l’action pour que des mesures concrètes et «anticrise» soient prises tout de suite ou dans les prochains mois dans le cadre de la loi sur l’acte 3 de la décentralisation.
Il est ainsi urgent de rétablir un impôt économique lié au territoire après la suppression de la taxe professionnelle décidée par Nicolas Sarkozy. Nous proposons de donner à cet impôt une nouvelle force en lui intégrant la taxation des actifs financiers des entreprises, lesquels sont significatifs de l’évolution de ces 20 dernières années vers la sphère financière et spéculative d’une grande partie de l’économie, processus à l’origine de la crise. Taxer ces actifs, même faiblement à 0,3%, aurait l’avantage de ramener vers nos territoires des sommes considérables (40 milliards) et permettrait d’alimenter efficacement un fonds de péréquation verticale utile aux besoins de nos concitoyens, sans opposer les collectivités entre elles.

S’agissant de la nouvelle banque des collectivités locales (à terme un consortium Banque Postale et Caisse des Dépôts et Consignations), nous proposons qu’elle soit vraiment affranchie des critères des marchés financiers (rentabilité immédiate, taux sélectifs et usuraires), ce qui suppose un pilotage et un contrôle démocratique. Mais elle a ses limites en volume, et il faudra bien créer un pôle financier public à la hauteur des besoins.

Enfin, en pleine préparation du projet de loi par le gouvernement, c’est le moment pour les élus de s’exprimer et d’agir en faveur d’une réforme ambitieuse donnant plus de souffle à la démocratie territoriale, pour répondre aux défis humains et démocratiques d’aujourd’hui, avec des services publics et des champs d’intervention publique locale élargis, véritables boucliers anticrise et vecteurs de solidarité. Il n’est pas trop tard pour abroger complètement la réforme territoriale de 2010 de Nicolas Sarkozy qui préparait l’évaporation des communes et des départements et qui a suscité une très forte opposition de la part de dizaines de milliers d’élus… Le rendu de vos questionnaires des Etats généraux du Sénat contenait des exigences fortes : affirmation très large du fait communal, refus des fusions autoritaires des intercommunalités, rétablissement d’un impôt économique garant de la libre administration des collectivités…

Certaines annonces gouvernementales nous inquiètent : définition stricte de blocs de compétence à chaque niveau, risquant de remettre en cause «de facto» la clause de compétence générale. Le débat sur la métropole ou le pôle métropolitain ne doit pas faire non plus disparaître la primauté du fait communal. Les élus communistes et républicains proposent que dans le cas de transferts lourds de compétences, la loi oblige à consulter les citoyens, la commune étant le lieu efficace permettant cette consultation.

Rien sans la commune !

Les communes sont des leviers démocratiques et économiques tout à fait indispensables pour sortir de la crise. Moderniser la vie politique, c’est mettre le citoyen au coeur, tourner le dos au présidentialisme, conquérir des pouvoirs sur la finance. Dans ce cadre, le non cumul des mandats, la citoyenneté de résidence avec le droit de vote des étrangers aux élections locales, le scrutin proportionnel à toutes les élections pour respecter le pluralisme d’opinion, des nouveaux droits pour les salariés sont autant de mesures qui ne doivent pas être reportées.

Il n’y a pas trop d’élus dans ce pays, leur dévouement est un atout considérable. La représentation démocratique ne doit pas être réservée aux professions libérales. Il est particulièrement urgent de travailler à un statut de l’élu qui aille jusqu’à donner des droits équivalents aux droits syndicaux.



UBULAND Les limites des péréquations !
On a perdu la TP et des effets ciseaux multiples apparaissent pour les collectivités. Les dotations globales de l’Etat accentuent leur pente descendante, non compensées complètement par les hausses légères de la DSU et de la DDU décidées récemment. Quant aux péréquations «horizontales», elles sont dramatiques, avec de nombreuses situations ubuesques : Nanterre paye plus que Neuilly ! Des communes éligibles à la DSU sont contributrices ! Il est urgent de revenir à des financements pérennes et solides.

 

Congrès de l'ANECR : Rapport introductif aux débats par Jean-Jacques Paris

INTRODUCTION : LA VIOLENCE DE LA PERIODE

D’un congrès à l’autre bien des événements se produisent, tant au plan international qu’à l’échelle du pays, c’est également vrai à l’échelle des collectivités locales.

La période qui s’est ouverte après le congrès de Nantes a été particulièrement riche en événements et en péripéties.

Les guerres qui ont surgi et continuent de sévir au Moyen Orient ou en Afrique semant la mort et le désarroi dans les populations traduisent l’immense gâchis que provoquent les politiques impérialistes qui n’ont pour but que de garder la main mise sur les richesses, les matières premières pour en extraire les plus grands profits possibles.

Les innombrables mouvements sociaux qui font irruption sur tous les continents traduisent les profondes aspirations des peuples à s’émanciper et se libérer des chaines de l’exploitation.

Le refus des politiques d’austérité et de régression sociale gagne du terrain dans toute l’Europe ébranlant les certitudes jusque dans les sphères des institutions mondiales et européennes. Le vote pour la ratification du traité budgétaire a d’ailleurs permis d’entrevoir que le rejet de ce corset démocratique et financier allait au-delà des parlementaires du Front de gauche, un rejet partagé par des millions de français et que la tenue d’un référendum n’aurait fait qu’amplifier. Et pourtant, après avoir obtenu l’aval de la France les gourous de la finance veulent encore aller plus loin.
Ces réalités participent pleinement de ce que chaque citoyen doit aujourd’hui prendre en considération pour s’emparer des pouvoirs qui lui sont confisqués par les tenants du capital et de la finance à leur seul profit, et ce à tous les niveaux, jusque dans les entreprises.

A Nantes, en 2010, notre congrès avait tenu ses travaux en pleine lutte pour le droit à la retraite à 60 ans face à un gouvernement de choc, intraitable avec les salariés, tout dévoué au grand patronat pour toujours mieux servir ses intérêts.
Cette offensive patronale a redoublé d’efforts tout au long de ces deux années pour soumettre le pays, ses structures, ses institutions, son code du travail, son régime de protection sociale à ses seules exigences toujours plus grandes.

Aujourd’hui notre congrès ouvre ses débats alors que le tribunal de commerce de Rouen vient de prononcer la liquidation du site de Petroplus, provoquant une colère, oh combien légitime de la part des salariés qui font tout depuis des mois pour sauver la raffinerie. C’est clair, sans une volonté politique nouvelle et affirmée qui doit se traduire par des actes et des lois il n’y aura pas le renouveau industriel attendu.
C’est bien à cela qu’il faut s’atteler, et tout de suite, il y a urgence !

1 Dans cette période nous avons déployé des efforts pour agir avec les habitants

Voilà dans quel environnement violent nous avons exercé nos mandats durant ces deux années, au cœur d’affrontements de classe, confrontés en permanence à des questions politiques majeures au regard desquelles il est devenu de plus en plus difficile de trouver des réponses dans la seule gestion de nos collectivités, acculées en dernier lieu à accompagner les dégâts pour en atténuer les effets.

Ainsi avons nous recherché toujours mieux à rencontrer les citoyens pour réfléchir et agir avec eux pour ici défendre et développer les services publics, là défendre l’emploi ou encore pour obtenir des moyens pour l’école, l’hôpital ou encore le logement. Une démarche toujours plus prégnante dans l’exercice d’un mandat pour un(e) élu(e) communiste et républicain.

Nous avions d’ailleurs une feuille de route partagée au travers de la charte des engagements que nous avions adoptée à notre dernier congrès, rappelons nous ces six engagements :

1 - Les droits de l’être humain au cœur des politiques publiques territoriales.
2 - Promouvoir le vivre ensemble et les diversités.
3 - L’intérêt général et le service public, base de modernité, d’égalité, d’émancipation, de progrès social et de liberté.
4 - Un développement écologique et solidaire des territoires.
5 - Penser local, agir global, être source de nouvelles solidarités européennes et mondiales.
6 - Des moyens financiers et une fiscalité solidaire au service du développement humain et des territoires.

Six engagements et une double démarche :
• l’intervention citoyenne et la démocratie participative
• la coopération entre les hommes et les territoires

Des objectifs que chacune et chacun peut aujourd’hui illustrer d’exemples concrets avec des résultats encourageants mais aussi des limites qui doivent être prises en compte pour dépasser tous les obstacles voire les dérives observées.

N’est-ce pas le cas avec la démocratie participative telle qu’elle est vécue trop souvent par les citoyens ?

Le débat qui va s’engager nous permettra ce travail d’approfondissement nécessaire car il faut bien le dire nous sommes encore loin d’une intervention citoyenne à la hauteur des enjeux et des besoins, et nos pratiques en ce domaine sont loin d’être émancipées des habitudes délégataires encore trop présentes, comme des travers liés à l’exercice du pouvoir et des responsabilités, et d’une tendance à faire à la place des uns et des autres ou à ficeler les projets en amont pour les faire approuver.

Nous avons à maintes occasions tant au plan national que local construit des partenariats avec les organisations syndicales, il en a été ainsi dans le secteur des transports, dans les services publics, dans l’industrie pharmaceutique, sur les finances publiques ou le logement social…dans les ports ou les aéroports et j’en passe, ce rapprochement avec les organisations syndicales doit s’étoffer et s’élargir à d’autres, il sera déterminant dans l’avenir pour construire un vrai rapport d’égalité avec le mouvement social.

Nous avons également consolidé nos rapports avec de nombreuses associations dans les domaines social et environnemental, des liens qui doivent s’enrichir encore sur le terrain. Mais également, nous avons pris toute notre place dans toutes les associations d’élu(es). Nous avons pleinement contribué à la dynamique des collectifs pour un audit citoyen de la dette, au plan national comme dans plusieurs départements et plus largement dans les collectifs anti austérité qui se développent depuis la manifestation réussie du 30 septembre 2012. Nous devons apporter notre point de vue et nos propositions dans ces rassemblements qui impliquent de nombreuses organisations au-delà du Front de gauche et intéressent un large éventail de progressistes préfigurant de larges possibilités de rassemblement.

2 Nous avons multiplié des initiatives pour contribuer à la réussite du Front de gauche, à son élargissement, et au succès de tous ses candidats

Dès le congrès de Nantes nous avons préparé le rendez-vous des élections cantonales qui reste toujours pour nos candidats une élection difficile de par un mode de scrutin et un découpage électoral qui nous sont défavorables.

L’élargissement, nourri par la stratégie du Front de gauche a permis de poursuivre une lente progression permettant que soit reconduite la quasi-totalité des élu(e)s communistes et républicains sortants, comme des autres composantes du Front de gauche, mais aussi d’en gagner quelques nouveaux.

Mais au-delà de ces résultats concrets nous pouvions vérifier que le périmètre des rassemblements s’élargissait à d’autres citoyens, non organisés, qui faisaient connaître leur intérêt pour la démarche. Malgré, il faut le souligner une forte abstention, ce succès partiel et plus généralement celui de toute la gauche dans les conseils généraux face à la politique dévastatrice de Sarkozy était de nature à conforter tous ceux et celles qui voulaient le changement.

D’une certain manière les candidats et les candidates qui refusaient la réforme territoriale destructrice des services publics, portée par le gouvernement Fillon avaient la faveur des électeurs. Déjà lors du congrès de Nantes Jean-Marc Ayrault qui nous accueillait avait bien pointé la question, il disait « Il est évident que si en 2012, la gauche est à la tête du pays il faudra abroger et revoir de fond en comble cette réforme des collectivités territoriales pour bâtir un nouveau contrat entre l’Etat et les collectivités locales ».

Voyez, compte tenu de ce qui est sorti des états généraux du Sénat, il y a encore beaucoup d’efforts à faire pour que cette évidence soit partagée. Nous aurons l’occasion samedi après midi de décider des initiatives d’actions nécessaires.

Le projet de loi ne viendra au conseil des ministres qu’au mois de janvier, un délai qui traduit des hésitations et qui doit nous encourager à nous mobiliser. D’autant plus que le basculement historique du Sénat doit beaucoup à ce refus de la réforme Sarkozy dont la logique était dévastatrice pour la démocratie locale et les services publics.

Que disait-il Sarkozy ?
« Les dépenses locales ont augmenté de 40 milliards d’euros entre 2003 et 2007…, les impôts locaux augmentent. Quant à la fonction publique territoriale 36000 emplois nouveaux….Comment voulez-vous que notre pays puisse s’en sortir si l’on continue comme cela ? Nous sommes un pays qui a créé 1 million d’emplois de fonctionnaires depuis 1992. C’est le contribuable qui paie. C’est la compétitivité de l’économie française qui est en cause »
et il précisait :
« Cette réforme repose sur une vision : l’évolution de notre organisation territoriale en deux couples complémentaires, communes intercommunalités d’une part, départements régions d’autre part, et puis à côté, non pas à la place, mais en parallèle pour des raisons d’aménagement du territoire et selon une logique de projets plutôt que de structures, un réseau de métropoles pour relever le défi de la mondialisation ».

Intervenant lors des états généraux de la Sorbonne le Président de la République François Hollande en appelait lui à la concertation et à la confiance retrouvée entre l’Etat et les collectivités. Clarté. Maintien des 3 niveaux. Statut de l’élu…poursuivait-il

Mais tout aussitôt il insistait sur les deux contraintes auxquelles ils donnent la priorité : le redressement des comptes publics et le redressement productif par la compétitivité ajoutant : « La restauration des équilibres financiers appelle une contribution de tous les acteurs : l’Etat, les collectivités locales aussi » rappelant que les collectivités locales engagent 20% de la dépense publique. Il annonçait également la création d’un nouveau statut de métropole assorti d’un transfert de compétences de l’Etat et des autres collectivités. Autant dire que le débat est loin d’être clos et promet de sérieuses empoignades, car sur ce sujet également nos analyses et propositions convergent avec de nombreux élu(e)s bien au-delà de nos sensibilités.

A l’occasion de cette bataille des sénatoriales nous avons pu mesurer le bien fondé d’un travail coopératif entre l’ANECR, les ADECR et le groupe CRC, témoignant des possibilités de faire vivre un travail collectif efficace permettant de mieux populariser le rôle et le travail des parlementaires pour l’enrichir et le rendre visible. Nous devrons faire des propositions pour consolider cette démarche dans l’avenir.

Puis il y a eu tout notre engagement pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon présent lors de nos rencontres de Villejuif en octobre 2011. Les multiples rassemblements, réunions publiques, assemblées citoyennes, tous ces efforts déployés dans nos communes au plus près des habitants et des salariés, pour faire grandir le mouvement. Les 1000 parrainages recueillis en peu de temps par l’ANECR témoignant d’une énergie qui a parcouru toute la campagne avec le projet partagé « l’humain d’abord », un programme recoupant largement nos engagements et nos préoccupations pour les droits humains et traçant les contours d’une 6ème République démocratisée et déprésidentialisée. Les 4 millions de suffrages qui ont soutenu ce projet et son candidat ont permis au second tour l’élection de François Hollande.

Les 4 millions de voix qui se sont retrouvées dans ce vote ont permis de redessiner une implantation sur tout le territoire national avec des scores nettement en hausse dans les grandes villes et supérieur à 50% dans la quasi-totalité des départements, ouvrant de nouveaux espaces à nos pratiques politiques dans les territoires, y compris pour faire émerger des candidats dans les petites communes pour les prochaines échéances.

Bien sûr la séquence législative a révélé d’autres limites, même si le résultat marque un progrès par rapport à 2008, puisque nous perdons des députés. D’autres limites que notre activité, quelque soient les efforts engagés n’a pas permis de dépasser, ce qui nous engage à rechercher les causes profondes, rechercher les raisons sans vouloir justifier à postériori des certitudes ou des préjugés. Plutôt y regarder de près pour dégager de solides explications et des solutions pour l’avenir. Ce n’est pas un sujet tabou, y compris à l’ANECR.

3 L’ANECR a mieux défini sa place et développé son rôle

L’équipe mise en place au dernier congrès a déployé un travail collectif intense.

Le secrétariat et le bureau ont pu jouer leur rôle même si on peut souhaiter encore plus d’assiduité.

Il s’en est suivi des initiatives, des actions, des prises de position, une plus grande présence des collectifs de travail qu’il nous faut encore investir plus nombreux ; ce sont organisés ainsi les assises de la santé et du logement, des rencontres sur l’interco, pour la culture, la démocratie, en partenariat avec le CIDEFE, ou encore sur l’éducation, ou sur l’eau.

Des tracts et des déclarations ont été édités sur différents sujets.

Nous avons rédigé le cahier d’acteurs sur la réforme à partir de tout le travail construit depuis 4 ans au travers de nombreuses initiatives nationales, départementales ou locales. Le journal l’Elu d’aujourd’hui a franchi une étape importante en ajoutant à ses parutions des numéros spéciaux dans les départements et en ouvrant plus largement ses colonnes. Il faudra certainement aller au-delà pour se donner le mensuel adapté à nos combats à venir.

De nombreux élus ont contribué à animer des formations du CIDEFE apportant leur expérience et leurs connaissances aux côtés d’autres intervenants.

D’autres ont nourri par leurs témoignages ou leurs déclarations la lettre du CIDEFE et CIDEFIL, des parutions qui jouent un rôle très important pour l’information et la documentation des élus. Autant de supports qu’il convient toujours d’améliorer tant la demande évolue vite.

Ces deux années nous auront permis d’améliorer notre travail sur l’Europe tant avec le groupe GUE qu’avec le réseau REALPE avec de belles initiatives permettant des rencontres utiles avec des élus des différents pays et d’alimenter ainsi la réflexion, mais aussi la connaissance de l’union européenne, de ses rouages et de ses politiques qui nous concernent au plus haut point.

Nous aurons l’occasion d’y revenir samedi soir avec de passionnants intervenants pour pousser plus loin notre combat pour une autre Europe sociale et démocratique.

Nous avons bien entendu poursuivi nos actions pour la reconnaissance de l’Etat Palestinien et une rencontre est envisagée avec l’ambassadeur pour faire le point de notre partenariat.

Nous avons également manifesté notre solidarité avec le peuple kurde et ses élus privés de liberté, comme avec les Roms toujours chassés et jamais accueillis.

Toutes ces questions ont été débattues lors des réunions régulières du conseil national et les échanges ont permis au fur et à mesure de l’actualité de mieux cibler les objectifs à atteindre, de tirer les enseignements des résultats électoraux mais aussi de décortiquer les mesures gouvernementales notamment celles touchant les collectivités locales, mais pas seulement, et de décider des actions à mettre en œuvre et des rassemblements nécessaires.

Les membres du conseil national se sont attachés à être présents aux différentes réunions. Cependant il est à regretter qu’un certain nombre d’entre eux n’aient jamais participé, privant l’ANECR de leur réflexion. Dans l’intérêt général il nous faut travailler à une pleine et entière participation de chacune et chacun.

Un conseil national qui fonctionne à plein favorise une activité soutenue des ADECR dans le cadre d’une cohérence nationale et en retour les ADECR s’appuyant sur des expériences donne un contenu concret et du sens aux travaux du Conseil national.

Si les obstacles sont nombreux et les contraintes fortes, faire vivre notre association permet de porter l’engagement politique des élues au niveau des grands enjeux nationaux et internationaux, d’autant plus que beaucoup d’entre elles et d’entre eux ne sont organisés dans aucun parti.

De plus, sous l’effet de la crise systémique les tendances au repli sur soi, ou sur son territoire, ou son entreprise peut conduire à l’isolement et à un certain découragement devant l’absence de solutions face aux problèmes rencontrés.

Il est plus que jamais nécessaire de faire vivre des lieux de mise en commun, d’échanges d’expérience, de co-élaboration pour investir ensemble le champ politique dans toutes ses dimensions, locales nationales et internationales ;

L’ANECR et les ADECR peuvent être de formidables outils bien appropriés au rôle des élu(e)s Communistes et républicains et plus largement progressistes.

4 Une nouvelle situation politique qui ouvre à de nouveaux possibles
Si la défaite de Nicolas Sarkozy a déclenché un grand soulagement dans une large partie de l’opinion et s’est concrétisée par une majorité confortable pour François Hollande, elle n’a pas suscité une vague d’espoir et de confiance en l’avenir.

Quelques mois après le scepticisme progresse, même si les électeurs de gauche continuent à faire confiance au Président de la République et à son gouvernement.

L’aggravation de la crise avec ses conséquences terribles sur l’emploi et la vie des familles nourrit un sentiment de fatalité mêlé de colère et de désespérance.

Le MEDEF et les tenants du libéralisme redoublent d’efforts pour peser sur les choix du gouvernement et de l’union européenne et obtenir une baisse sensible du prix du travail et de la protection sociale.

Face aux mesures d’austérité qui s’installent dans le pays des luttes sociales s’organisent en profondeur marquant le refus des salariés, comme des retraités de payer les dégâts faits par les banques, les marchés financiers et les spéculateurs.
Dans cette situation ouverte mais pleine d’incertitudes, les élu(e)s communistes et républicains peuvent faire reconnaître leur utilité.

En effet, nous sommes porteurs d’une ambition pour notre peuple et notre pays, qui passe par des changements très concrets dans tous les domaines de la vie. Nous mettons notre engagement au service des populations pour faire en sorte que leurs attentes deviennent force de loi. Nous nous investissons dans l’action publique pour que ce gouvernement que des millions d’électeurs de gauche ont décidé de mettre en place prenne les mesures les plus avancées possibles pour combattre la finance, rétablir la justice sociale et relancer une croissance utile et durable.

Nous le faisons car nous partageons la conviction qu’il ne faut pas semer la désespérance ou nourrir encore la fatalité sur lesquelles le Front national fait fructifier son poison anti-républicain, situation que la droite cherche à récupérer.

Nous le faisons car nous savons bien comme beaucoup d’économistes aujourd’hui que l’austérité n’est en rien la solution et qu’elle ne peut générer que toujours plus de malheurs et de récession et donc fragiliser encore plus le pays face aux marchés financiers.

Nous le faisons car face aux exigences patronales, seule l’intervention massive et consciente des citoyens peut bousculer la donne et infléchir suffisamment les choix gouvernementaux. C’est à construire ce rapport des forces que nous voulons consacrer notre énergie pour pied à pied enregistrer des succès pour notre peuple, son niveau de vie et sa place dans les pouvoirs.

Tous les élu(e)s que nous sommes et à tous les niveaux peuvent redonner de la confiance dans l’avenir en révélant par leur proximité avec le peuple une autre conception de la politique, que celle des promesses non tenues, ou de l’impuissance face au pouvoir de l’argent.

Tous les élu(e)s que nous sommes et à tous les niveaux peuvent faire avancer avec les citoyens des solutions pour combattre l’austérité et sortir de la crise, nous ne renoncerons pas, ni la soumission, ni le rejet pur et simple, les deux attitudes conduisant à l’abandon du combat pour l’émancipation et la recherche de solutions pour transformer la société.

Ne soyons pas frileux, ni trop de certitudes, ni trop de doute, ne craignons pas de dire ce qui nous parait aller dans le bon sens, en prenant le soin d’en rechercher les limites, nous serons d’autant plus crédibles pour porter des alternatives aux mesures et aux choix persistant à plonger le pays dans la récession et qu’il nous faut combattre avec détermination en ayant le souci de rassembler le plus largement.

Prenons nos distances avec le jeu politicien et ses mauvais calculs, les citoyens nous dirons demain en direct ce qu’ils pensent de la politique et ce qu’ils en attendent.

S’exprimant au sujet de son dernier roman « ce que savait Jennie » Gérard Mordillat nous dit « Un écrivain sert à lire le monde autrement et surtout à ne jamais renoncer à l’esprit critique. Le fait que la gauche soit arrivée au pouvoir- je nuance : que les socialistes soient arrivés au pouvoir ne change rien à nos yeux. Nous ne devons pas renoncer à notre esprit critique et ce serait aussi vrai si Jean-Luc Mélenchon était Président ».

Soyons de ces écrivains pour participer à écrire l’histoire humaine. A vos plumes ! il y a encore de belles pages à écrire.

Jean-Jacques PARIS
Secrétaire général de l’ANECR

 

De la commune à l’Europe, des élus rassembleurs et utiles à l’intervention des citoyens pour que les changements s’imposent : LES GRANDS CHANTIERS DE L’ANECR.

Logo anecr

0-1 Les urgences sociales résonnent à toute volée dans notre pays et dans l’Europe en proie à une crise majeure de civilisation. Nombre de nos concitoyens voient leur situation se dégrader rapidement, vivent d’énormes difficultés, un profond mal être. L’angoisse du lendemain nourrit le repli sur soi, la peur et une perte de repères porteuse de dangers. Les droits humains sont mis en cause au nom d’un choc de « compétitivité » et des « sacrifices » qui seraient « inévitables ». La défaite en mai dernier de Nicolas Sarkozy, avec les 4 millions de voix du Front de gauche et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, signifie un rejet profond du « président des riches ». Pour autant, la victoire de François Hollande s’est faite sur un certain flou : le candidat socialiste portait un double message. Plus qu’un changement de société, il avait promis un changement de présidence, et il y avait une contradiction entre les réformes annoncées et le langage de la rigueur qu’il préconisait en même temps. Si une partie de nos compatriotes, marqués par la fatalité, avait des attentes relativement modestes, cette victoire porte néammoins un espoir réel pour beaucoup. Nous ne voulons pas qu’il soit déçu.
0-2 La bataille d’idées fait rage avec l’engagement total d’un patronat et d’une droite qui n’acceptent pas le verdict démocratique de mai et juin, veulent maintenir, voire amplifier la domination des marchés financiers et revenir à la politique de Nicolas Sarkozy.
0-3 Face aux attentes de changement, le gouvernement français après avoir soufflé le chaud et le froid, appelle désormais à partager les efforts entre la finance et le travail, comme si un compromis historique était possible.
0-4 Avec la ratification du traité budgétaire Sarkozy-Merkel à l’identique, le gouvernement semble multiplier les dérobades et les reculs… Les plans de casse industrielle et de licenciements passent l’un après l’autre : la seule dénonciation officielle n’entrave pas les choix patronaux. La majorité gouvernementale parle de confiance aux collectivités, mais organise leur asphyxie financière pour les budgets à venir. Après quatre mois, les contradictions apparaissent au grand jour.

0-5 Des socialistes, des écologistes, des syndicalistes, des militants associatifs ou des électeurs de gauche, nombre de celles et ceux qui ont voulu chasser Sarkozy s’interrogent, sont troublés souvent profondément par la direction que prend la politique gouvernementale actuelle. Révélée par l’émergence sans précédent du Front de Gauche à laquelle nous avons contribué, la dynamique de son programme l’Humain d’abord et l’espoir qu’il a fait naître au printemps, la demande politique et l’aspiration au changement restent fortes. Et d’importantes luttes sociales prennent forme.

0-6 Pour que l’immense majorité puisse faire valoir ses droits au changement, pour redonner confiance, pour donner du sens à la citoyenneté et à l’action politique transformatrice, nous nous engageons à relever les défis : élus à tous les niveaux, nous voulons contribuer à la prise de conscience partagée qui rassemblera nos concitoyens pour un projet de société fondé sur l’Humain. Nous voulons agir contre le déplacement de la confrontation sociale sur le terrain identitaire et communautariste, contre les divisions au sein du peuple, contre toutes les peurs, les haines de l’étranger, les jalousies.

Parce que nous ne voulons pas rester spectateurs, nous allons être complètement rassembleurs

0-7 Pour que les deux années qui viennent soient, malgré tout, celles des conquêtes sociales et démocratiques à la hauteur des enjeux, pour obtenir, imposer le plus vite possible des changements.

0-8 Aucun des changements attendus ne s’imposera sans l’intervention des citoyens. La lutte contre l’austérité commence à peine : ces rassemblements unitaires ont vocation à élargir vraiment le potentiel du Front de gauche et s’adressent à toute la gauche et aux écologistes, à toutes les femmes et les hommes de bonne volonté qui ne veulent pas céder au chantage patronal et qui veulent sortir du carcan budgétaire et de la « règle d’or ». A tous ceux qui veulent au plan local construire ensemble des projets progressistes, s’engager à tous les niveaux en faveur d’un redressement économique et écologique, une avancée sociale, démocratique et humaine.

0-9 Autant de rassemblements, d’assemblées, d’ateliers citoyens qui prépareront en profondeur, avec la démocratie comme but et comme mode de vie, les échéances importantes que sont les municipales, les européennes et les sénatoriales de 2014 et en 2015 les régionales et les cantonales, chaque élection étant spécifique.

0-10 Autant de rassemblements qui pourront concourir, dès maintenant, à faire avancer chaque jour à l’Assemblée Nationale et au Sénat, dans les conseils généraux et régionaux, dans les communes et intercommunalités comme dans les institutions européennes, des propositions de changement qui peuvent être adoptées à tout moment au Parlement et faire force de loi.

Plutôt qu’une reprise détaillée des objectifs et des propositions que nous portons collectivement, nous avons choisi de mettre en exergue six grands axes dans le travail de l’ANECR, comme boite à idées. Elles sont significatives des engagements forts et du sens de la bataille menée par les élus communistes et républicains pour les prochains mois. Portées ensemble, de façon lisible et visible, elles contribueront à fédérer, à rassembler le plus largement à tous les niveaux, à rendre lisible, visible, crédible à l’échelle du pays l’exigence de changement et son irruption dans la vie.

Chantier 1
Sortir du marasme économique, répondre aux besoins sociaux et humains, conquérir de nouveaux droits

Du côté des idées reçues on entend souvent :
« Il y a trop de social » « c’est toujours les couches moyennes qui paient et ne reçoivent rien » « les riches n’accepteront jamais de payer, il faut les comprendre » « ils vont tous filer à l’étranger » …
Nous menons débat et action
1-1 Il n’y a pas d’austérité juste. C’est un contresens car l’austérité nourrit la baisse de l’investissement, l’étouffement de l’action publique. Elle génère la baisse de l’emploi, des cotisations sociales et augmente le chômage ! Loin d’être capable de résorber l’endettement des politiques antérieures, elle concourt à la récession et non aux équilibres. C’est un mensonge de prétendre que les efforts sont partagés entre riches et pauvres : les premiers sont à peine égratignés tandis que la majorité des salariés trinque durement et en premier lieu les plus fragiles d’entre eux. Combattre la crise nécessite de changer de cap, d’utiliser l’argent autrement pour répondre aux besoins de logement, de santé, de transport, de transition énergétique, et plus largement écologique… qui sont autant de pistes importantes de développement de l’emploi.
1-2 Nous sommes de toutes les mobilisations pour un meilleur partage des richesses, l’augmentation du SMIC et des salaires, pour une amélioration de la couverture sociale et du pouvoir d’achat, pour une relance massive de la construction de logements pour tous, pour un essor rapide des transports en commun publics, la défense et l’amélioration de l’hôpital, un véritable plan d’urgence et une refondation de l’école publique engageant l’Etat pour le respect de l’égalité et la gratuité. 1-3 Plus généralement, nous agissons pour la promotion des services publics nationaux et locaux, leur avancée dans de nouveaux secteurs : eau, petite enfance, logement… Nous poursuivons nos mobilisations sur les droits : droit à la ville contre les ségrégations urbaines, défense de la ruralité, émancipation par les arts et la culture, le sport
1-4 Le seul patrimoine des gens modestes, c’est leur accès au service public : c’est pourquoi nous agissons pour consolider le statut et les postes d’agents publics indispensables à l’accès de tous à ces services. Nous agissons pour des tarifs sociaux ou pour des gratuités. Nous nous opposons aux mesures inhumaines comme les coupures d’eau ou d’électricité, les expulsions locatives. Cette véritable guerre menée aux plus démunis concourt à opposer les victimes entre elles en faisant oublier que les fauteurs de crise sont épargnés.

Chantier 2
Dans l’espace public, réinvestir le débat sur la question du travail

Du côté des idées reçues on entend souvent :
« J’ai tout accepté depuis 2 ans, alors moi j’ai mérité mon CDI » « les fermetures, le gouvernement n’y peut rien, ce sont les patrons et les banques qui décident » « La France ne peut plus avoir d’industrie, car le coût du travail est trop cher » « La droite est pour le travail, le mérite, la gauche est pour l’assistanat, les emplois aidés »….
Nous menons débat et action
2-1 Alors que la France compte 5 millions de personnes touchées par le chômage et 8,5 millions de personnes en situation de pauvreté, les repères sont brouillés depuis que Sarkozy a usurpé les valeurs du travail avec son mensonge « travailler plus pour gagner plus » Le trouble persiste alors qu’en face d’une destruction industrielle qui s’accélère, le ministre du « redressement productif », Arnaud Montebourg se limite à dénoncer l’injustice des plans sociaux…. sans remettre en cause la toute puissance des marchés financiers.
2-2 Nous entendons sortir de l’incantatoire en proposant et en arrachant une batterie de droits nouveaux pour les salariés, avec la mise en place d’un droit de veto contre les licenciements, un droit de regard sur la gestion et les investissements des entreprises, une politique publique de modulation de l’impôt et l’accès aux crédits en fonction des investissements, de la recherche, de la création de l’emploi et de la formation. Cette exigence impose d’autres orientations bancaires jusqu’au niveau de la BCE, une législation dynamique contre les licenciements, et pas seulement les licenciements boursiers, doit prévaloir.
2-3 Et il faut relancer l’industrie. Evidemment, pas comme autrefois. Nous entendons dans les territoires et dans le pays favoriser un autre type de croissance afin de faire cesser le gâchis social et écologique, ce qui veut dire produire autrement, au service des hommes et de l’environnement : création de pôles publics de l’industrie, transition écologique, sécurisation des parcours professionnels, extension des qualifications, maîtrise publique de la formation, soutien et développement de l’économie sociale et solidaire…
2-4 Nous combattons la précarité dans le privé comme dans le public, sous toutes ses formes, le CDD doit redevenir exceptionnel, et le CDI le droit commun.
2-5 La jeunesse doit rentrer de plein droit dans le monde du travail sans préalable : la formation en alternance doit être transformée pour que les droits des jeunes soient respectés.
2-6 Nous agissons également pour le respect et la modernisation du statut de la fonction publique.
2-7 L’ensemble de ces droits concernant le travail et la création doit reconstituer un marqueur identifiable pour nos concitoyens d’une vraie politique de gauche.

Chantier 3
Notre quotidien d’Européens : quand l’Union Européenne s’enfonce, il faut la refonder

Du côté des idées reçues on entend souvent :
« Depuis l’Euro, les prix flambent » « on ne peut plus rien faire, c’est l’Europe qui décide de tout » « il faut accepter des sacrifices, sinon on sera bientôt comme la Grèce ou le Portugal »…
Nous menons débat et action
3-1 Les interrogations au quotidien sur l’Europe sont dans toutes les conversations, tous les esprits. Car déjà vingt sommets européens ont promis depuis 2008 le sauvetage de l’Union Européenne. Ils n’ont fait que précipiter sa fuite en avant, s’acharnant à faire payer l’addition de la crise des marchés financiers aux peuples européens.
3-2 C’est dans cette situation que le gouvernement, ayant fui un referendum pourtant attendu par notre peuple vient de faire ratifier le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire, signé en mars par N. Sarkozy.
3-3 Notre bataille aura permis d’empêcher le silence organisé autour de cette ratification peu glorieuse puisque le Président n’a rien renégocié comme il l’avait pourtant promis. Avec les élus Front de gauche, des socialistes, des écologistes, 99 parlementaires de gauche ont refusé de céder aux pressions et sont restés fidèles à leurs convictions. Et derrière eux, des millions de français.
3-4 C’est encourageant pour la suite car ce traité ne va rien régler. Ou bien l’Union Européenne poursuit sa fuite en avant avec toujours plus d’austérité et de confiscation des pouvoirs, et elle laissera toujours plus de terrain aux apprentis sorciers qui prônent la dissolution de la zone euro et le retour au choc des égoïsmes nationalistes. Ou bien elle choisit la voie de la solidarité et de la démocratie et c’est alors un projet de refondation de l’UE qui doit être, d’urgence, mis en chantier. Si des ruptures ne sont pas opérées, c’est l’idée même d’union qui est menacée.
3-5 Nous proposons trois chemins pour refonder l’Union européenne. Le premier, c’est la rupture avec l’austérité et la priorité donnée au redressement productif et social de la France et de l’Europe, avec l’harmonisation vers le haut des standards sociaux pour lutter contre le dumping social et fiscal, les délocalisations, la mise en place de visas sociaux et environnementaux…, la coopération industrielle primant sur la concurrence, la promotion des services publics prenant le pas sur les privatisations, l’intérêt général sur la course aux profits. Le deuxième chemin est la reconquête des pouvoirs bancaire et monétaire au service de ce redressement social et productif, avec la bataille pour le changement du statut et des missions de la BCE et la création d’un fonds européen de développement social et écologique. Le troisième chemin, démocratique, est le renforcement des rôles et pouvoirs des parlements nationaux et européens.

3-6 Avec la mise en place d’un collectif européen au sein de l’ANECR, nous allons donner un nouvel élan aux Réseaux des élus européens REALPE, reprendre avec le PGE, la GUE, sous une autre forme, la pétition européenne sur le rôle de la BCE et des fonds européens qui a été interdite par la Commission. Et nous emparer aussi d’exigences sur l’usage des Fonds structurels existants. Mais nous aurons également, avec les avis a priori de la commission européenne sur les budgets des Etats, à mener dans chaque collectivité territoriale et chaque établissement public une bataille frontale contre l’austérité que tentera d’imposer à chaque niveau cette tutelle nouvelle, dont les consignes strictes seront relayées par le Haut Comité des finances publiques.

Chantier 4
Face aux peurs et aux divisions du local au mondial : un grand besoin de fraternité, de solidarité, de culture de paix

Du côté des idées reçues on entend souvent : « Ce que je vois à la télé me fait peur » « il y a de la violence, alors faut pas trop demander » « ils ne m’ont jamais rien fait, mais ils ne vivent pas comme nous » « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde »…

Nous menons débat et action
4-1 Les crises internationales s’enchaînent dans un monde présenté irrémédiablement instable et dangereux. Les réponses militaires et stratégiques de puissance seraient, nous dit-on, les seules possibles. Pourtant les dépenses liées à la guerre, à l’armement pèsent lourds dans les budgets publics.
4-2 Au Moyen Orient, en Afrique, en Asie centrale, les logiques de guerre au nom de prétendues valeurs occidentales n’ont cessé d’exacerber les tensions, d’étendre les instabilités. Les politiques nationalistes et racistes en Europe centrale nourrissent aussi le rejet de populations entières. L’exigence de paix, de règlement pacifique des tensions, l’arrêt des politiques de répression de masse sont des urgences, car le monde est un village et chaque déflagration locale a des conséquences pour tous.
4-3 Nous sommes solidaires du combat du peuple Palestinien pour ses droits, des Kurdes qui demandent le respect de leur identité, des peuples d’Afrique victimes des contrecoups des interventions des puissances occidentales… La France doit se dégager de la ligne guerrière de Sarkozy, jouer un rôle positif pour le désarmement et le codéveloppement. Nous voulons, à tous les niveaux de collectivité ou au plan national et européen donner un nouvel essor aux solidarités Nord-Sud. Ces actions permettent aussi d’aider nos concitoyens à se libérer des fantasmes xénophobes et du repli sur soi.
4-4 Développer des actions de solidarité, c’est aussi développer le vivre ensemble, le lutter ensemble. La réalité de nos quartiers, de nos villes, de notre pays, c’est un brassage intégrant à chaque époque, les différents apports des régions comme du monde. Tous font partie du peuple d’aujourd’hui. Nous voulons favoriser sa mise en mouvement solidaire. Cela suppose de combattre toutes les divisions, les tentatives d’ethnisation des rapports sociaux qui ne visent qu’à sauver les intérêts égoïstes des puissants et qui paralysent la société.
4-5 Il faut combattre l’idée « de guerre des civilisations », souvent accompagnée d’une diabolisation de l’islam assimilée à l’intégrisme, voire au terrorisme. A partir de là peuvent se déployer toutes les peurs, les haines, toutes les jalousies, comme ont le voit particulièrement à l’endroit des immigrés, et notamment des Roms et des sans papiers. Ce nouveau type de racisme, de plus en plus décomplexé, mené par la droite et l’extrême droite, en mettant cet affrontement identitaire à l’ordre du jour, est un grand danger.
4-6 L’action solidaire des élus et des collectivités fait avancer la compréhension de l’autre et de son cheminement, sa culture, les combats pour la paix. Mais elle se construit aussi par les luttes communes contre l’échec scolaire, pour la rénovation de la cité, l’exigence d’embauche des jeunes sans discrimination, et le droit de vote pour tous les résidents étrangers, et pas seulement ceux issus de l’union européenne, et tout simplement le bien vivre ensemble. La solidarité, la fraternité, c’est l’antidote au grand piège de l’affrontement identitaire.

Chantier 5
Une renaissance démocratique indispensable. Place au peuple dans une nouvelle république

Du côté des idées reçues on entend souvent :
« Ils promettent et il n’y a rien qui change » « tous les mêmes » « je ne crois plus en la politique, seulement en l’économie » « Ils ne nous écoutent pas » « Ils ne vivent pas sur la même planète » « voter ne sert à rien » « Moi, je cherche à tirer mon épingle du jeu, le reste… » « De toute façon, c’est mondial »

Nous menons débat et action
5-1 Devant la pression du pouvoir considérable des marchés financiers, de leurs innombrables lobbies, la régression démocratique est réelle. A tous les niveaux, a été organisé le dessaisissement progressif des citoyens de leur pouvoir. On parle de plus en plus de « gouvernance », concept pervers véhiculant l’idée que la conduite politique, devenue trop complexe, pouvait se contenter de « compétences ». L’hyper présidentialisation, le recours à des traités loin de la compréhension des gens, la peopolisation, la façon dont les médias traduisent les enjeux de façon binaire, le bipartisme utilisé pour marginaliser toute critique radicale, toute diversité. Tout concourt derrière une façade démocratique, à affaiblir l’image de l’action politique comme porteuse de solutions.
5-2 Nous considérons, au contraire, la démocratie comme mode de vie. Rien ne peut se faire sans la participation des citoyennes et des citoyens. Partout où ils sont, les élus communistes et républicains en font une exigence parce que c’est au cœur du vivre ensemble, et la seule légitimité réelle des pouvoirs revient à la souveraineté populaire.
5-3 Confrontée à la réforme territoriale de Sarkozy passée en force en décembre 2010, l’ANECR a su rassembler et faire bouger les lignes, jusque tout récemment lors des Etats Généraux du Sénat qui ont permis que plus de 20 000 élus s’expriment dans le pays, avec des exigences fortes pour la libre administration des collectivités, l’affirmation du fait communal et l’exigence de revenir à un impôt économique dynamique lié au territoire – car la suppression de la taxe professionnelle se confirme à l’usage comme une aubaine pour le patronat et une catastrophe pour les finances des collectivités.
5-4 Le gouvernement va soumettre au parlement une réforme dans les semaines à venir : elle ne détricote pas, loin s’en faut, l’ensemble de la réforme Sarkozy. Si l’abandon du conseiller territorial est obtenu, le maintien des niveaux conseil régional et conseil général annoncé, bien des questions restent en suspend. Le Président a proposé pour l’acte III de la décentralisation, un pacte de confiance avec les collectivités. Mais il annonce en même temps la mise en place d’une Haute Autorité des finances publiques, véritable gendarme financier des collectivités, et fait savoir, en vue d’un partage des « efforts de redressement » une baisse de 2,24 milliards d’euros pour les collectivités en 2013 et 2014. Que deviennent, dans ce contexte les débats sur le partage des compétences ? Quid des « métropoles » Paris, Lyon Marseille qui auront une loi spécifique dont rien n’est dévoilé ?

5-5 L’ANECR continuera à rassembler les citoyens et les élus pour aller le plus loin possible dans l’esprit d’une nouvelle république.
5-6 Dans toutes les institutions, nous voulons rompre avec le présidentialisme, limiter le cumul des mandats, favoriser le débat démocratique et l’exercice collectif des responsabilités, le partage du pouvoir. Nous voulons promouvoir la proportionnelle et la parité effective, généraliser la participation et le droit d’initiative des citoyens, la création d’un statut de l’élu comparable au droit syndical, permettant aux salariés du privé comme du public, d’exercer un mandat électif.
5-7 Nous agissons pour mettre en place une réforme des finances locales, de la taxe d’habitation qui est particulièrement injuste, en mettant notamment à contribution les actifs financiers des entreprises ; en attribuant à chaque collectivité un panier fiscal de plusieurs impôts, s’adressant aux ménages et aux entreprises, permettant d’intervenir sur la base ou les taux ; en sortant du maquis des péréquations horizontales qui créent une véritable concurrence entre les collectivités.
5-8 Nous agissons pour une vraie démocratie locale dont les communes doivent être le cœur battant. Les coopérations intercommunales doivent être initiées ou décidées par les élus et les populations, tant dans le niveau des compétences transférées que dans les rapports entre les collectivités regroupées.
5-9 L’Etat doit rester garant de l’égalité des territoires et assurer des dotations suffisantes et pérennes permettant aux collectivités de financer leur politique publique. Nous proposons une administration démocratisée des services publics. Nous voulons permettre aux organisations syndicales et aux usagers de tenir la place qui leur revient à tous les niveaux, avec les élus, pour les questions d’aménagement du territoire.
5-10 Pour leur financement, les collectivités doivent avoir accès au crédit, à un système public bancaire échappant aux marchés financiers.
5-11 Nous sommes pour une citoyenneté de résidence et nous défendons le droit de vote des étrangers vivant dans notre pays.
5-12 Nous allons revisiter le Cahier d’acteur de l’ANECR, pour mettre rapidement à disposition de tous les élus, tous les citoyens, les éléments actualisés de mobilisation en vue de contribuer au débat parlementaire sur cette réforme qui sera présentée au Sénat début 2013.

Chantier 6
Une ANECR rassembleuse, rendant visible l’action collective des élus à tous les niveaux

6-1 Nous voulons promouvoir une nouvelle étape de nos pratiques démocratiques. Nous savons que rien de concret et durable ne s’opère sans que les citoyens et les acteurs ne soient au cœur du processus qui conduit à des décisions. L’intervention citoyenne, la démocratisation, les indispensables mobilisations et les conquêtes sociales que nous visons dans les années à venir sont donc au cœur de nos préoccupations. Il s’agit d’approfondir nos pratiques du partage du pouvoir, « du local à l’européen et au mondial », d’orientation démocratique et participative que cela sous-tend tant dans les luttes que dans la gestion.
6-2 La dynamique incarnée par le Front de gauche dans ce domaine lors de la séquence électorale nous conduit et nous encourage à approfondir ce que nous mettons dans les formules « Place au peuple » et « Prenez le pouvoir ».
6-3 Cette réflexion vaut aussi à l’approche des municipales où n’existe pas, au stade où nous sommes, une espèce de « mécano électoral » qui nous permettrait de « nous en sortir » au moyen d’accords préétablis qui réduiraient les enjeux de la gestion locale à des batailles sur la répartition des sièges ! Nous avons une toute autre ambition de rassemblement des citoyens, basée sur des contenus progressistes et de transformations, et donc sur l’action pour maintenir, développer ou conquérir des choix de gestion à caractère social et démocratique.



L’ANECR pour travailler avec les associations d’élus

6-8 Nous produisons un travail régulier au sein de l’Association des Maires de France, Association des Régions de France, Association des Départements de France, Association des Maires Ruraux de France, Association des Maires Villes et Banlieues de France, Association des Communautés de France, Fédération Nationale des Collectivités Territoriales pour la Culture, Fédération des Entreprises Publiques Locales ….
6-9 Ce sont des espaces où notre participation est utile et reconnue. Nous proposons de mettre en place davantage de liens avec les camarades qui s’y investissent et en faire bénéficier tous les membres de notre association.
6-10 Nous avons des échanges réguliers avec les associations politiques des élus de Gauche, la FNESR nous invitant régulièrement à ses universités. Nous avons une coopération avec l’association « La gauche par l’exemple » (qui regroupe des élus du Parti de gauche) sur le fond comme sur les questions de formation.

Au niveau des ADECR, plus de coordination

6-11 Un plus grand besoin d’animation et de solidarité départementale se fait sentir : avec la réforme des collectivités nous avons davantage besoin de nous rencontrer pour construire du sens et des batailles communes. La mise en concurrence entre les territoires pourrait isoler ou opposer les élus. Les ADECR contribuent au contraire à construire, avec tous, la meilleure réponse aux besoins des gens, à l’intérêt général et font valoir l’exigence de faire participer les citoyens aux choix qui engagent leur avenir. Et le plus souvent des contre propositions offensives émergent, rassemblent et permettent de combattre les mauvais coups.
6-12 La défense des hôpitaux, des services publics, la gestion de l’eau, exigent également de fédérer les efforts, de dépasser le local.
6-13 Les ADECR doivent favoriser des nouvelles formes d’échange et de travail en commun, de mobilisations partagées à l’échelon régional en y associant les élus régionaux.
6-14 Un groupe de travail sera mis en place rassemblant des élus marseillais, lyonnais et parisiens avec les parlementaires pour élaborer des propositions et des mobilisations à propos de la loi Métropole préparée par le gouvernement. Nous devons décider de la mise en place d’une structure de coordination ANECR Ile de France : les batailles autour du grand Paris ne font que commencer et elles impliquent des centaines d’élus qui sont encore un peu dispersés.

L’ANECR pour la visibilité de tous les élus : inventons l’amplificateur parlementaire

6-15 Dans le contexte d’aujourd’hui, le rayonnement de nos parlementaires prend une dimension très importante : ils sont notre drapeau au plan national, comme au plan européen. Nous devons inventer de nouvelles méthodes de travail pour que – bien au-delà de leur circonscription – leur bataille en notre nom à tous et à toutes prolonge nos combats locaux et qu’inversement, chaque loi, chaque bataille parlementaire qu’ils engagent résonne jusque dans chacun de nos territoires. Avec les groupes, il faudra analyser comment les supports de l’Anecr, l’Elu d’Aujourd’hui, les réseaux numériques peuvent permettre à cet « ampli » de donner à fond.
6-16 Si l’Elu d’Aujourd’hui a retrouvé une place et une dynamique nouvelle, son contenu devra encore évoluer. Nous pouvons prendre deux décisions : celle d’une nouvelle formule et d’une bataille d’élargissement de la diffusion. Une réflexion s’engagera également sur les outils numériques et le rôle des réseaux et publications actuels ou à développer.

L’ANECR, notre maison commune doit revisiter son rôle et réfléchir à ses évolutions

6-17 Notre association a été utile pour mener les rassemblements, fédérer la réflexion partagée et l’action des élus dans leur diversité depuis deux ans, dans une période particulièrement riche et intense.
6-18 Elle a joué son rôle de maison commune à des élus issus de formations politiques du Front de gauche comme à ces élus sans affiliation à un parti et ce, à tous les niveaux de responsabilité.
6-19 Comment mieux donner à voir les richesses portées par la diversité de ce que nous sommes, montrer notre volonté d’accueillir encore des élus venant de tout l’arc politique, intéressés par le changement pour lequel ils seraient prêts à s’investir ?
6-20 Nous proposons que le futur Conseil National élise en son sein un groupe de travail qui élaborera des propositions de modifications de nos statuts dans ce sens. Avec des allers et retours vers tous les adhérents – et l’éventuelle inscription de changements à intervenir lors du congrès de 2014.

La formation des élus

6-21 La formation est une nécessité pour exercer pleinement et efficacement son mandat. La loi permet à chaque élu d’avoir droit à 18 jours de formation au cours de son mandat. Peu d’élus exercent ce droit. Pourquoi ? Quels sont les freins ? Même si les élus communistes et républicains sont plus nombreux que les autres sensibilités à suivre des sessions de formation, ils ne sont que 20 %, chaque année à exercer ce droit. L’ANECR et les ADECR doivent aider à favoriser l’exercice du droit à la formation. Comment veiller à ce que des collectivités ne remettent pas en cause ce droit ? Le Cidefe, association loi 1901, a un rôle reconnu nationalement et sa cinquantaine d’antennes, avec qui nous avons un partenariat privilégié et qui joue un rôle positif dans l’exercice du droit à la formation. Nous apprécions son apport. Le prochain Conseil National aura à faire des propositions face aux nouveaux enjeux et défis de formation et ses contenus, afin de contribuer à des formations encore plus utiles à la diversité des situations des élus et des collectivités, et plus en lien avec les batailles et initiatives à mener, pour qu’il y ait davantage de formations décentralisées, pour libérer l’initiative, pour inventer des partenariats plus étroits à mettre en œuvre au plan national avec le CIDEFE et dans les régions et les départements entre les ADECR et le Cidefe, pour répondre plus et mieux à la formation des élus.
6-4 Nous tenons le drapeau de l’union pour de tels rassemblements à construire au plan local. Ils vont au-delà du Front de gauche et concernent de nombreux citoyens, des syndicalistes, personnes de la vie associatives, socialistes, écologistes, qui veulent construire démocratiquement un projet progressiste refusant l’austérité et permettant au peuple de prendre toute sa place et donc résolu au sein de la collectivité à combattre toute politique droitière, ségrégative, pro patronale et anti service public, à faire avancer la satisfaction des besoins humains du local au mondial.
6-5 C’est en travaillant les contenus et l’élargissement de ce rassemblement que nous constituerons les meilleurs préparatifs aux scrutins à venir, et que nous échapperons le mieux à la bataille des ego. Le risque est réel de donner le sentiment que nous nous battons pour des places. La crise de la démocratie est profonde. Même si nous gardons des grands liens de proximité, les élus locaux ne sont plus à l’abri des rejets, des critiques faites aux « politiques ». Mais ces rejets sont aussi une grande exigence de sens, de politique au sens noble du terme. Nous devons être à la hauteur de cette exigence dans nos pratiques (élus communistes et républicains, ADECR, ANECR) et notre réflexion globale.
6-6 Cette ambition doit aussi être portée au niveau européen avec la perspective des élections européennes de 2014, des sénatoriales et des scrutins de 2015 pour les conseils généraux et régionaux.
6-7 Nous voulons approfondir nos pratiques d’élus, pour être des facilitateurs de mise en mouvement des habitants, pour diminuer la délégation de pouvoir. Nous soutenons les luttes sociales, et c’est bien. Mais nous ne pouvons nous limiter à les accompagner, nous avons la responsabilité d’organiser, d’animer avec d’autres de façon rassembleuse, les espaces des débats citoyens où s’expriment les exigences populaires, des alternatives, des actions concrètes susceptibles d’obtenir des avancées, des changements. Nous voulons aider à ce que les citoyens fassent leur propre expérience, que leurs espoirs soient entendus.

 

Conflit social à SANOFI : Jean-Jacques Paris, président de l'ANECR, écrit au 1er ministre.

Monsieur le Premier Ministre,

Après avoir fait respecter les termes de la loi en faisant annuler une première convocation des dirigeants du groupe SANOFI, le mercredi 3 octobre 2012 les salariés seront en grève et manifesteront à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales boycottant un comité de groupe dont l’ordre du jour est consacré au désengagement de l’entreprise pharmaceutique et aux conséquences sur l’emploi.

Ainsi, les salariés expriment leur rejet de la logique même de ces « restructurations » et réclament légitiment une remise à plat contradictoire de la situation économique de ce groupe et de sa stratégie industrielle afin de conforter l’emploi et l’activité.

Le groupe SANOFI qui a réalisé 8,8 milliards d'euros de profits, qui a touché de l'Etat chaque année 150 millions de crédit d'impôt recherche et bénéficié massivement des politiques de santé publique doit embaucher au lieu de détruire l'emploi.

L’Etat ne peut se contenter de « limiter » le nombre de suppressions d’emplois mais doit s’engager résolument aux côtés des salariés et de leurs organisations syndicales pour obtenir de nouveaux droits d’intervention dans la gouvernance des entreprises permettant la prise en compte d’autres critères de développement que ceux du cours de bourse.

Ainsi je vous demande, Monsieur le premier ministre, de tout mettre en œuvre pour que soit suspendue la prochaine réunion du Comité Central d’Entreprise, qui donnerait le coup d’envoi d’un processus de licenciement, et que puisse s’engager un véritable dialogue social avec toutes les parties dans la transparence avec la volonté de relancer la recherche pour la satisfaction des besoins de santé croissants de la population.

Votre intervention est attendue par tous les salariés mais aussi par l’ensemble des françaises et des français qui refusent de se soumettre aux dictats des grands groupes et espèrent le soutien du gouvernement et de la majorité dans ce combat.

Dans cette attente je vous prie de recevoir, Monsieur le Premier Ministre, mes respectueuses salutations.

Jean-Jacques PARIS
Vice-président du Conseil Général
Président du groupe Front de gauche-PCF

 

Pacte budgétaire européen : L’ANECR appelle les élus et les citoyens à agir pour un succès massif de la manifestation du 30 septembre.

Logo anecr

Les collectivités territoriales n’ont vraiment rien à attendre de bon de l’adoption du Pacte budgétaire européen (TSCG) par le Parlement. Sa « règle d’or » imposée, l’austérité obligatoire ne manquera pas d’avoir dans les années qui viennent des conséquences directes sur leurs dotations, leur capacité d’agir au service des populations, dans des domaines essentiels de la vie quotidienne. Les collectivités territoriales sont à l’origine de plus de 70% des investissements publics du pays et de multiples politiques solidaires et sociales. Elles ont également un rôle décisif en faveur du développement économique, social et environnemental. L’adoption du traité porterait un coup très dur à ces actions positives, facteur déterminant pour une croissance retrouvée. Il n’est pas possible en effet de concilier une politique enfermant les collectivités territoriales et les dépenses publiques dans le carcan de l’austérité avec une politique de croissance utile. Il n’y aura pas d’issue à la crise sans s’appuyer sur l’atout que représentent les communes, départements, régions au service du développement des capacités de chacune et de chacun et de la démocratie.

L’ANECR demande une nouvelle fois et solennellement de soumettre ce Pacte budgétaire élaboré par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel à une consultation populaire par référendum. Elle s’associe et prend part au très large rassemblement qui s’est constitué avec l’Audit Citoyen et appelle les élus à prendre toutes les initiatives utiles pour faire de la manifestation du 30 septembre à Paris organisée pour dire non à ce pacte et exiger la tenue un large débat démocratique, un succès énorme de participation populaire.

 

Réforme territoriale : Dominique Adenot, Président de l’ANECR écrit à Jean-Marc Ayrault.

Logo anecr Monsieur le Premier Ministre,

Notre association a pris connaissance avec attention de votre déclaration de politique générale prononcée le 3 juillet devant les députés.

Elle a bien noté et apprécié positivement votre décision de mettre en application dans la législature le droit de vote des résidents étrangers aux élections municipales, ainsi que le non cumul d’un mandat parlementaire et l’exercice de fonctions électives locales.

Pour ces deux mesures, qui concourent à combattre la crise démocratique que connaît notre pays, vous pouvez compter sur tout notre soutien. Il en est de même pour l’abrogation du conseiller territorial.

Mais nous avons relevé l’absence dans votre propos de toute référence à l’abrogation de la réforme territoriale du 16 décembre 2010, dite réforme Sarkozy. Celle-ci a été critiquée avec force et rejetée dès le départ par une majorité d’élus. Les fédérations nationales d’élus de gauche, FNESR, FEVE et ANECR ont lutté et manifesté ensemble contre l’adoption de cette loi.

Elle introduit en effet au sein de nos institutions une logique libérale dénaturant des principes fondamentaux de notre République, comme celui de la garantie d’égalité des citoyens sur tout le territoire. Elle met à mal la décentralisation. Il s’agit en particulier de la dévalorisation du rôle des départements et des communes, la remise en cause de la libre administration des collectivités et de leur compétence générale, le regroupement forcé de communes et de groupes de communes.

Conjuguée avec l’austérité imposée aux collectivités, elle porte gravement atteinte aux capacités de service public dans les territoires et aux intercommunalités de projet. C’est pourquoi, si l’abrogation annoncée du conseiller territorial, déjà actée par un vote majoritaire au Sénat, constitue une avancée, cela ne peut suffire à effacer toutes les conséquences structurelles de cette loi de 2010.

Selon nous, avec l’acte III de la décentralisation, il faut à l’automne repartir en procédant à une remise à plat beaucoup plus complète des enjeux et des défis à relever, rompant avec les visées réductrices de la commission Balladur/Mauroy, à l’origine de la réforme. C’est ainsi que nous pourrons construire une réforme territoriale ambitieuse, répondant aux défis humains et démocratiques d’aujourd’hui, avec des services publics et des champs d’intervention publique locale élargis, véritables boucliers anticrise et vecteurs de solidarité.

De même, il est très important de rompre avec l’asphyxie financière des collectivités territoriales, mise en œuvre avec zèle par le gouvernement précédent, avec notamment la suppression de la taxe professionnelle, le gel des dotations, le transfert de charges non compensé.

Une réforme de la fiscalité locale s’impose pour redonner des moyens d’action aux communes, départements et régions. Ceux-ci sont vous le savez à l’origine de plus de 70% des investissements publics du pays et de multiples politiques solidaires et sociales. Ils sont bien gérés, vecteurs d’innovation, de développement économique, social et environnemental, ils sont parmi les premiers défenseurs de l’emploi. Leur meilleure santé est un facteur déterminant pour une croissance retrouvée. C’est aussi, en garantissant leur libre administration, un élément essentiel d’une vraie décentralisation.

C’est pourquoi, nous marquons notre réprobation sur la teneur des différentes informations qui parviennent, lettres de cadrage du Projet de Loi de Finances, cour des comptes, déclaration de Madame la Ministre de la réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction Publique… Celles-ci font état du maintien du gel des dépenses de l’Etat, d’une réduction supplémentaire des dépenses publiques. Vous-même, Monsieur le Premier Ministre, dans votre discours devant les députés, en appelez à ce que « l’Etat et les collectivités locales mènent une action plus lisible, plus efficace et moins coûteuse, en finissant avec les doublons administratifs. ». Monsieur Cahuzac, Ministre délégué au budget n’a pas démenti l’effort qui sera encore demandé aux collectivités en laissant entendre un nouveau gel de leurs dotations.

Nous ne pouvons également accepter les annonces de votre gouvernement portant sur le non remplacement d’agents partant à la retraite dans la Fonction publique hors ministère de l’Education, de la Justice et de l’Intérieur, décisions qui frapperaient encore les collectivités et la qualité du service public rendu aux populations. Dans votre discours du 3 juillet, vous avez dit vouloir refuser l’austérité et vouloir le retour de la croissance. Nous partageons ce point de vue. Mais est-il possible de concilier efficacement une politique qui poursuivrait cette réduction des dépenses publiques mettant à mal les collectivités territoriales et les services publics, avec une politique de croissance utile ? Nous ne le pensons pas.

Le pacte de croissance arraché à Madame la Chancelière Angela Merkel, est certes un pas en avant. Mais il est loin en l’état de prendre le dessus sur le TSCG c’est-à-dire le pacte budgétaire contenant la « règle d’or » imposant une austérité renforcée aux Etats au mépris de leur souveraineté. L’ANECR demande avec force et solennité que le TSCG fasse l’objet d’une consultation du peuple par référendum.

Il est très important de prendre appui sur les collectivités pour sortir de la crise, ce qui suppose de les sortir des difficultés financières qui les frappent et qui touchent durement les populations. Il est efficace dans ce sens de rétablir un impôt économique lié au territoire et à l’emploi, d’en élargir l’assiette. Une taxation des actifs financiers des entreprises rapporterait également plusieurs dizaines de milliards tout en décourageant la spéculation.

Ces mesures, et d’autres, sont de nature encore une fois à garantir le principe de libre administration des collectivités, qui, avec la préservation de la compétence générale pour tous les niveaux institutionnels, est la condition de tout approfondissement de la décentralisation. Dans les territoires, aux cotés de leurs concitoyens et dans les lieux de concertation comme les Etats-généraux du Sénat au mois d’octobre, les élus communistes et républicains agiront dans ce sens, avec la volonté que le changement tant attendu par les populations voie le jour. Nous vous prions, Monsieur le Premier Ministre, de recevoir l’assurance de notre très haute considération.

Dominique Adenot,
Président de l’Association Nationale des Elus Communistes et Républicains

 

Déclaration de l’ANECR Sur le second tour de l’élection présidentielle ...

artoff902-ee32e.jpg
A quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, les élus communistes et républicains déploient dans tout le pays leur activité avec le Front de gauche pour amplifier encore la mobilisation et impliquer une défaite cuisante à Nicolas Sarkozy et à sa politique de destruction des services publics et du système social de notre pays.

Ils ont été très présents avec leur Associations départementales dans les manifestations du 1er mai aux cotés des salariés et de leurs syndicats, mais aussi dans les assemblées citoyennes et les meetings du Front de gauche pour poursuivre avec détermination leur action et faire élire François Hollande sans rien demander en échange.

Les élus communistes et républicains s’engagent dans un même temps dans la campagne des élections législatives pour obtenir à l’Assemblée Nationale un groupe parlementaire consolidé, capable de peser dans les futurs choix économiques et sociaux.

 

Réponses du Front de Gauche au questionnaire de l'AMF

logo Front de gauche

1. Organisation institutionnelle de la France

30 ans après les lois de décentralisation, estimez-vous que l’Etat en a tiré toutes les conséquences?

Depuis 10 ans les gouvernements de droite ont fait régresser la décentralisation. Les libéraux l'ont détournée pour couper à la hache dans les dépenses, les services et les personnels de l'Etat, en transférant de manière désordonnée toute une série de compétences aux collectivités locales. Désormais, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy, cette stratégie libérale conduit à l'asphyxie financière des collectivités. La dernière loi de réforme des collectivités locales a resserré l'étau autour des élus locaux, afin de les contraindre à réduire eux aussi leurs dépenses, au détriment des services publics locaux. Cette réforme jette les bases d’un détricotage de l’organisation territoriale de notre République. A terme nos communes et nos départements sont menacés de disparition par évaporation. C’est tout le sens de l’intercommunalité contrainte, de la métropolisation et de la mise en place du conseiller territorial. Face à un tel détournement libéral de ses finalités, la décentralisation doit être refondée dans le cadre d'une 6ème République.Pour être remise au service de l'égalité des citoyens devant le service public.

Quelle est votre vision de notre organisation territoriale et souhaitez-vous la faire évoluer ?

Nous proposons au peuple lui-même de se saisir aussi de la question de l'organisation territoriale du pays dans le cadre de l'Assemblée constituante qui posera les bases d'une 6ème République. Nous y défendrons des principes clairs. Nous sommes favorables au maintien des communes, des départements et des régions comme autant de collectivités territoriales de plein exercice. Chaque niveau de collectivité doit pouvoir disposer des moyens juridiques et financiers lui permettant d'agir efficacement et lisiblement au service de la population de son territoire. La répartition des compétences devra être remise à plat, dans le cadre d’une vaste consultation des élus locaux et des citoyens eux-mêmes. Une réelle autonomie financière garantie sera la condition d'un exercice efficace des compétences. Sans oublier l'effort considérable de redistribution à opérer, non pas pour répartir la pénurie mais pour faire jouer massivement la solidarité nationale en faveur des collectivités les plus pauvres. La démocratie suppose aussi que le lien ne soit pas rompu entre le vote pour désigner des élus locaux et le pouvoir de ces élus de déterminer le taux ou l'assiette des impôts.
Dans les relations entre l'Etat et les collectivités, comme entre les collectivités elles-mêmes, il faut passer de la logique actuelle de concurrence et d'irresponsabilité à des relations de coopération au service de l'intérêt général. Enfin, pour favoriser le plein exercice des compétences de chacune, à l’inverse de la tendance actuelle à une intégration purement comptable, il faut renforcer les coopérations intercommunales et inter-collectivités. Afin de porter des politiques publiques fondées sur des volontés partagées, à partir de besoins identifiés. Cela doit être rendu possible par la mise en commun, toujours entre partenaires égaux, sans installer de nouvelles tutelles.

2. Répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités

L’AMF souhaite que l’Etat assume pleinement ses responsabilités régaliennes sans faire appel au local.
Elle estime également nécessaire de clarifier les compétences entre l’Etat et les collectivités locales. Cette clarification nous paraît aujourd’hui indispensable dans un certain nombre de domaines (logement, université-recherche, transport…).

Quelle est votre position et que proposez-vous, le cas échéant ?

Répondre à cette question suppose de définir d’abord les responsabilités régaliennes de l’Etat. Ainsi en matière de sécurité, d’éducation, ou d’aménagement du territoire, l’Etat n’assure plus totalement ses missions. Il faudrait en effet qu’il y retrouve une place plus importante, pour assurer l’égalité des citoyens et un développement équilibré du territoire. Sinon c’est la concurrence entre les territoires qui s’installe, en prélude à la mise en concurrence des habitants eux-mêmes.
Mais nous ne voulons pas d'un Etat rabougri sur ses seules missions régaliennes comme l'organise les libéraux. D’autant qu’il a tendance, actuellement, à en céder une partie à la sphère de l’économie privée, tout particulièrement dans le domaine de la sécurité. Il doit à notre sens conserver son rôle d’Etat protecteur, stratège et interventionniste garant de l’égalité de tous sur l’ensemble du territoire.

3. Relations entre les divers niveaux de collectivités

Pour l’AMF, lorsque l’exercice d’une compétence nécessite le concours de plusieurs collectivités, il serait nécessaire, pour assurer une cohérence globale des politiques, de renforcer le principe du chef de file, tout en associant les collectivités concernées à la gouvernance du dispositif.

Etes-vous favorable à ce que les collectivités de chaque région décident de leur organisation (répartition des compétences, coordination des actions et gestion des crédits correspondants) ?

Si la répartition des compétences doit être, à notre sens, du domaine de la loi et donc la même sur tout le territoire, autant la coordination éventuelle des actions publiques qui en découlent doit être du domaine de la libre administration des collectivités territoriales qui y concourent.
Aussi, à ce refus de la tutelle de l’Etat, dans ce domaine, ne doit pas se substituer l’acceptation, plus ou moins forcée, d’une autre tutelle venant cette fois d’une collectivité territoriale.
La coopération volontaire doit être la règle. Une coopération ou chacun compte pour un. Dans ce cadre, si un chef de file, coordinateur de politiques publiques partagées, est une option que nous soutenons, sa mise en place doit relever, à notre avis de l’accord entre les parties.

4. Intercommunalité

Les communes doivent continuer à détenir une clause de compétence générale. En effet, dans un monde qui se caractérise par sa complexité, son éclatement, et où il est de plus en plus difficile de saisir les questions dans leur globalité, la commune reste le seul lieu de "synthèse" et de proximité.
L’AMF est favorable au renforcement de l’intercommunalité, mais les structures intercommunales, qui assurent le développement économique, l’aménagement et les grands services d’un territoire, doivent conserver leur statut d’établissement public soumis au principe de spécialité et ne pas devenir des collectivités locales supplémentaires. Elles doivent tenir leurs périmètres et compétences de la libre volonté des communes et leurs instances doivent être désignées dans le cadre municipal.

Comment concevez-vous les relations entre les communes et l’intercommunalité ?

L’intercommunalité doit, pour nous, demeurer un outil de coopération, entre les mains des communes, pour mettre en œuvre volontairement des politiques publiques mutualisées sur un même territoire. Elle doit permettre de réaliser des projets construits à partir d’une vision partagée et pour satisfaire les besoins et les attentes de la population.
De ce fait les intercommunalités ne peuvent se substituer aux communes en quelques domaines que se soit, sauf pour les compétences volontairement déléguées.
Elles doivent aussi devenir des boites à outils, à la disposition des communes qui en sont membres.
La refondation d’une intercommunalité de projet doit trouver sa source dans le volontariat, la libre association des communes entre elles, l’intervention citoyenne et la recherche du consensus dans ses modes de gestion.

La loi doit-elle, selon vous, renforcer les compétences obligatoires des communautés ?

Certainement pas. Ce serait la mort annoncée de nos communes. Ce serait un acte politique destructeur, mettant à mal la base essentiel de notre organisation territoriale. Nous sommes pour le volontariat et l’accord préalable avant tout transfert de compétence. Et les compétences déjà attribuées doivent déjà être bien exercées.

Quel mode de désignation prônez-vous pour les délégués communautaires ?

Dans le cadre actuel des intercommunalités, nous sommes pour un système de fléchage, à l’occasion des élections municipales, dans les communes de plus de 500 habitants. Cela tient au fait que les délégués communautaires lèvent aujourd’hui l’impôt. Il faut donc retisser le lien entre autonomie fiscale et représentation populaire.

Estimez-vous qu’un régime juridique particulier doit renforcer les grandes métropoles ? Si oui, lequel et à partir de quelle population ?

Non. Le droit commun doit s’appliquer à tous les territoires. La commune et ses pouvoirs, le département et ses pouvoirs, la région et ses pouvoirs doivent être les mêmes partout. La coopération doit aussi être partout fondée sur le volontariat.

5. Système financier et fiscal

Le système financier des collectivités locales est aujourd’hui à bout de souffle et mélange reliquat d’autonomie fiscale sur des bases obsolètes et empilement de dotations. Il faut choisir un système clair. L’AMF rappelle son attachement à l’autonomie fiscale, qui va de pair avec la pleine responsabilité des collectivités locales.
Dans ce contexte, voulez-vous aller vers une réelle autonomie fiscale des collectivités, permettant aux territoires de fixer l’assiette et/ou le taux des impositions ?

Nous sommes pour une réelle autonomie fiscale des collectivités territoriales. Dans les conditions prévues par la loi, cette autonomie doit comporter une capacité d'action sur les assiettes et de modulation sur les taux. Cette fiscalité locale doit pouvoir s’exercer à partir d’impôts directs sur les ménages et sur les entreprises et d’impôts indirects dont elles pourraient arrêter les taux. Dans ce cadre il faudrait que chaque collectivité dispose d’un panier fiscal (plusieurs impôts directs et indirects) lui assurant des recettes dynamiques.
Notre revendication d’une réelle autonomie fiscale ne signifie pas qu'elle devrait suffire à assurer l’autonomie financière des collectivités locales. Celles-ci doivent aussi disposer de recettes de dotations et de péréquation découlant des compétences déléguées qu’elles assument et dont l’évolution doit suivre le rythme de progression des coûts.

6. Maîtrise de la dépense publique

Les communes et les communautés assurent les services publics de proximité aux habitants, dans le respect de leur obligation d’équilibre budgétaire. Elles sont tout à fait conscientes de la gravité de la situation financière de notre pays et prêtes à apporter leur contribution à la maîtrise de la dépense publique, mais dans le cadre d’un véritable pacte de confiance avec l’Etat.
Elles dénoncent :
- les politiques nationales décidées de manière unilatérale par l’Etat et qui ont des conséquences sur leurs moyens et leurs effectifs ;
- l’inflation des normes législatives et règlementaires, génératrices de surcoûts budgétaires.

Êtes-vous favorable à ce que chaque projet ou proposition de loi fasse l’objet d’une étude d’impact pour en évaluer le coût et ses conséquences sur les collectivités locales ?

Nous ne partageons pas votre analyse introductive. Nous savons que les élus locaux sont attentifs à ne pas trop dépenser. Là n’est donc pas la question, ni l’enjeu. En effet, nous ne pensons pas que la situation du pays nécessite de leur part une maitrise renforcée, c'est-à-dire une diminution, de la dépense publique dont ils ont la charge. Ce serait même contre productif.
Mais nous sommes favorables à ce que l’impact sur les collectivités locales, de tout texte législatif, soit obligatoirement étudié. Tout projet concernant les collectivités territoriales devrait aussi faire l’objet d’une concertation préalable avec les associations d’élus et pourquoi pas avec une nouvelle instance nationale de concertation permanente. Et tout texte concernant les personnels de ces mêmes collectivités devrait être soumis aux organismes paritaires. Pour y parvenir il vaut mieux inscrire ces obligations dans la loi, car les pactes de confiance sont comme les engagements qui ne valent que pour ceux qui y croient.

Souhaitez-vous renforcer le champ d’intervention et les pouvoirs de la Commission consultative d’évaluation des normes ?

Pourquoi pas, cela fait partie des organismes qui devraient être associés avant tout nouveau texte et avant la sortie de leurs décrets d’application. Cela dit une telle commission ne peut avoir le pouvoir de changer la loi, qui doit rester de la responsabilité du Parlement. A ce propos nous mettons en garde contre une tendance actuelle qui propose que suivant la richesse d’une collectivité, elle soit plus ou moins tenue d’appliquer certaines normes. Il s’agit pour nous d’une dérive que l’on ne peut accepter.

7. Maintien de la capacité d’investissement des collectivités

Les collectivités locales financent plus de 70 % de l’investissement public. A travers leurs dépenses d’investissement, qui s’élèvent à 52 milliards d’euros en 2011, dont 32 milliards pour le seul bloc communal, elles jouent un rôle essentiel de soutien à l’économie locale et nationale. Pour pouvoir financer ces investissements, les collectivités locales doivent pouvoir recourir à l’emprunt, complément indispensable de l’autofinancement et aux recettes d’investissement. Or le système bancaire n’est plus en capacité de financer les collectivités et c’est un véritable changement de paradigme qui se profile. Il doit, selon l’AMF, aboutir au développement de nouveaux outils de financement.

Comment envisagez-vous de permettre aux collectivités de continuer à pouvoir recourir à l’emprunt ?

Permettre aux collectivités d’emprunter, ne veut pas dire les obliger à la faire sur les marchés financiers. On en a vu les conséquences en laissant faire n’importe quoi aux banques.
La création d’un pôle public financier s’avère donc absolument nécessaire pour permettre notamment aux collectivités locales de poursuivre leurs investissements. Dans le même temps chacun comprendra qu’il faut aussi que ce pôle public soit libéré de la pression des marchés grâce au contrôle des mouvements de capitaux. Un programme qui nécessite une volonté politique forte.

Etes-vous favorable à la création d’une Agence de financement des investissements locaux basée sur la mutualisation des besoins des collectivités et sur leur solidité financière ?

Pourquoi pas, si celle-ci à la possibilité de rechercher des ressources ailleurs que sur les marchés financiers. Sinon cela ne règlera pas les problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.
La mutualisation donnera sans doute plus de force et une plus grande expertise. Cela dit la finance est aujourd’hui très puissante. Si rien n’est fait au niveau national, européen et même mondial, pour enrayer sa puissance en bloquant ses activités spéculatives, pensez-vous que nos collectivités rassemblées seront plus fortes que les Etats…

8. Aménagement du territoire

L’AMF estime que le maintien et le développement de services publics de qualité et de proximité sont essentiels pour la vie de nos concitoyens. Une véritable concertation avec l’Education nationale sur la carte scolaire et l’organisation de l’école, le déploiement du très haut débit pour tous et la couverture des besoins médicaux sur la totalité des territoires font partie des priorités.

Quelles seront vos politiques dans chacun de ces domaines ?

Comme vous nous considérons qu’il est essentiel d’assurer la sauvegarde et le développement des grands services publics nationaux. A ceux que vous citez, d’autres pourraient être ajoutés tels que la protection sociale, l’eau, l’énergie, les réseaux de transports, l’enseignement supérieur et la recherche, la justice, la sécurité civile, la police, la poste, le crédit, le logement. Nous proposons que d'autres voient le jour, en particulier dans le domaine de la petite enfance. Cela relève à notre sens des prérogatives d’Etat qui doit en être le garant et au moins le principal financeur. Malheureusement ce n’est pas ce qui s’est passé dans la dernière période. En ouvrant de nombreux secteurs à la concurrence, l'Union européenne a fragilisé de nombreux services publics à commencer par les transports et l'énergie. Pour sortir de cette spirale, le Front de Gauche défend un moratoire sur toutes les libéralisations. Le gouvernement n'a eu aussi de cesse depuis 5 ans de réduire l'implantation des services publics, prenant le risque d’accentuer les déséquilibres et les inégalités et d’en transférer les charges sur les collectivités territoriales. Le Front de Gauche s'oppose à toute fermeture de services publics sur le territoire.
Le déploiement local des services publics nationaux fait partie de la concertation institutionnelle qui doit se mettre en place entre l’Etat et les collectivités locales.

Plus généralement, quelle est votre vision en matière d’aménagement du territoire ?

Le Front de Gauche défend la mise en œuvre d’une planification écologique pour réorienter le développement de notre pays. Dans ce cadre nous réaffirmons l’objectif majeur, à nos yeux, d’assurer un aménagement équilibré et harmonieux du territoire, de tous les territoires. Qu’ils soient métropolitains, urbains, périurbains ou ruraux l’ensemble de nos territoires doit permettre aux populations de vivre dans des conditions dignes et en réduisant l'empreinte écologique. Le développement de pôles publics forts en matière de transport et d'énergie est pour nous une condition indispensable d'un aménagement juste du territoire. Aucune mise à l’écart ne doit être acceptée, aucune mise en concurrence non plus.

9. Relations entre les collectivités locales et l’Etat

Pour l’AMF, il est impératif que s’instaure enfin entre l’Etat et les collectivités un véritable « pacte de confiance » au sein duquel seraient définies conjointement les mesures à prendre dans l’intérêt général de nos concitoyens et les moyens à y consacrer.

Comment envisagez-vous d’associer les élus locaux à l’élaboration et au suivi des politiques nationales et européennes ayant un impact sur les collectivités locales, notamment en matière financière ?

Une concertation institutionnalisée devrait se mettre en place, à tous les niveaux de la Nation, au département, en passant par la région, pour favoriser les échanges permanents entre l’Etat et les collectivités locales, sur l’ensemble des politiques nationales, et européennes. Par ailleurs, aucune charge supplémentaire ne devrait pouvoir leur être imposé sans leur accord. Il suffirait d’appliquer … la Constitution qui d’ores et déjà l’interdit.
Une concertation régulière devrait aussi permettre d'évaluer l'exercice des compétences transférées au service d’une meilleure réponse aux besoins des populations.

10. Démocratie locale :

Envisagez-vous de modifier le mode de scrutin des élections municipales ? Si oui, selon quelles modalités et à partir de quel seuil de population ?

Cela relève de la prérogative du peuple souverain, à qui nous souhaitons donner la parole pour élaborer une nouvelle constitution. Nous proposons d'abaisser le seuil des scrutins de liste obligatoire. Le plus bas possible, au moins à partir de 500 habitants. Cela renforcera la parité, à laquelle nous sommes très attachés.
Est-il enfin nécessaire de donner une prime si forte à la liste arrivée en tête ? Une majoration légèrement plus faible donnerait une plus grande place à l’opposition, sans remettre en cause la majorité. Ce pourrait-être une bonne chose pour la démocratie locale.

Estimez-vous que le nombre de conseillers municipaux doit être modifié ? Si oui, pour quelle taille de commune ?

Non, un bon équilibre a été trouvé. Ceux qui disent qu'il y a trop d'élus en France oublient bien souvent que l’immense majorité est bénévole et que s’ils n’étaient plus là, il faudrait les remplacer, par des salariés, pour faire ce qu’ils font, dans la proximité et bien souvent au quotidien, surtout dans les petites communes. Par contre il est devenu urgent de mettre en place un véritable statut de l’élu qui leur donne les moyens d’exercer pleinement leur mandat.

Pensez-vous que le droit de vote aux élections municipales puisse être étendu aux citoyens non communautaires et, si oui, à quelles conditions ?

Les différentes composantes du Front de gauche ont toujours été favorables au droit de vote local des étrangers non-communautaires. Ils ne pourraient exercer les fonctions de maire ou d'adjoint, ni participer à la désignation des électeurs sénatoriaux et à l'élection des sénateurs. A l’occasion de multiples propositions et projets de lois, nos parlementaires ont porté amendement pour inscrire ce droit dans la loi. Dernièrement il y a eu un vote majoritaire au sénat sur une proposition de loi allant dans ce sens. Il faudrait qu’elle puisse s’appliquer dès 2014.

 

Mécanisme Européen de Stabilité : Le Sénat de gauche doit repousser le MES !

logo Front de gaucheMettre le monde en bon etat d'urgence









L’ANECR , les groupes communistes et républicains des collectivités territoriales, les Associations départementales, appellent solennellement les sénateurs et sénatrice à s’opposer mardi au Sénat au projet de loi autorisant à ratifier le mécanisme européen de stabilité.

La nouvelle majorité de gauche du Sénat s’honorerait à repousser ce texte qui, loin d’être un mécanisme de solidarité, conditionne les aides aux États à de nouvelles mesures drastiques d’austérité, décidées dans le secret d’un collège de gouverneurs, mesures qui ne feront qu’enfoncer l’Europe et les nations qui la composent.

C’est en réalité un FMI européen lié à des normes renforcées de discipline budgétaires que le gouvernement de Monsieur Sarkozy, en complicité étroite avec Mme Merkel, demande de ratifier. C’est un abandon considérable de souveraineté dessaisissant le Parlement de ses prérogatives républicaines.

Avec Le MES et TSCG (Traité de stabilité et de coordination de la gouvernance européenne) qui doit parachever le dispositif, le gouvernement met en place un carcan d’austérité, pour faire payer la crise aux peuples, et contraindre les Etats, les collectivités à une saignée des dépenses publiques.

La camisole budgétaire qui en résultera est incompatible avec une politique de gauche digne de ce nom. Elle complique terriblement une réforme territoriale alternative fondée sur la citoyenneté et la décentralisation, la libre administration des collectivités.

Face à une telle offensive, l’heure n’est pas aux atermoiements, mais à la résistance et à la riposte.

Le premier geste fort de cette contre offensive est le vote contre au Sénat, un vote de gauche !

Montreuil le 24 février 2012

 

Etats généraux des collectivités locales : la lettre de l'ANECR aux ADECR à propos du questionnaire du Sénat

Non à l'asphyxie de la démocratie locale.


Le Sénat a lancé les Etats généraux de la démocratie territoriale, suite au mécontentement de nombreux élus face à la réforme territoriale de la droite.

La première phase de cette grande consultation qui s’adresse aux 550 000 élus de notre pays, est lancée avec notamment un questionnaire qui peut être rempli en ligne sur le site du Sénat . La date limite a été fixée au 22 février.

Le dernier Conseil National de l’ANECR a insisté sur l’intérêt pour les élus de notre association d’investir fortement cette consultation en remplissant ce questionnaire. C’est le moyen de porter plus haut au sein de ces États généraux les exigences que nous avons dans nos départements et dans notre pays : notamment l’abrogation de la réforme territoriale de 2010, et l’instauration d’une réforme alternative contribuant à reprendre à la finance les pouvoirs d’intervention pour le donner aux citoyens.

Le questionnaire a été conçu par un comité de pilotage au sein du Sénat. Il comporte parfois des questions assez « orientées » dans un sens qui ne saurait nous convenir. D’autres questions appellent des réponses qui sont à l’appréciation de chacun. Il y manque enfin des sujets ou des possibilités de réponses correspondants à l’ambition d’une réforme à la hauteur de la crise financière et démocratique que connait notre pays.

Compte tenu de ces éléments, nous ne saurions trop vous inciter à remplir l’espace de « commentaires » de 2000 signes, situé en fin de questionnaire, afin d’exprimer les exigences qui vous tiennent le plus à cœur.

En outre, nous souhaitons t’informer que dans les tous prochains jours nous allons mettre à disposition des élus sur le site Elunet des documents destinés à animer le débat autour de ce questionnaire.

Le premier d’entre eux sera le « Cahier d’acteur de l’ANECR », un document qui rentre dans le cadre de cette consultation des États généraux (Il sera mis en ligne sur le site des États généraux du Sénat).

Le deuxième document sera une sorte « d’argumentaire » conçu pour y voir plus clair dans les questions qui vous sont proposées.

Nous t’adressons, cher(e) ami(e), cher(e) camarade, nos plus fraternelles salutations.

Le secrétariat de l’ANECR"

 

Salah Hamouri enfin libéré !

logo PCF paix en palestine

La très bonne nouvelle tant attendue est enfin arrivée : Salah Hamouri, étudiant franco-palestinien pourra retrouver sa famille ce dimanche, après plusieurs années d’emprisonnement dans les geôles israéliennes.

Cette libération n’est que justice puisque Salah avait été jugé par un tribunal militaire israélien et condamné pour des faits qu’il n’a jamais commis. A 26 ans, il a dû passer 6 ans, 9 mois et 7 jours derrière les barreaux, dans des conditions qui n’ont cessé de se détériorer, pour avoir soutenu la création d’un État palestinien et refusé l’occupation israélienne.

Au nom de l’Anecr, je ne peux que me réjouir de cette décision de libérer Salah. Je tiens tout particulièrement à saluer la détermination de tous les instants du Comité pour la libération de Salah Hamouri et de son président Jean-Claude Lefort. Ils ont su alerter sans relâche les citoyens français, trouver des soutiens de la plus grande diversité et organiser la pression sur les autorités françaises dont le peu d’empressement à s’occuper de Salah ne les a pas grandies.

Je veux aussi saluer et dire toute ma fierté pour l’engagement décisif des milliers d’élus de notre association, de leur collectivité pour la libération de Salah Hamouri. On ne compte plus les vœux, délibérations, rassemblements, manifestations, pétitions qu’ils ont su organiser, sans oublier les communes qui ont eu l’audace de faire de Salah leur citoyen d’honneur. Ils sont justement l’honneur de notre pays.

Notre pensée va aujourd’hui à Salah bien sûr mais aussi à ses parents qui ont su ne jamais baisser les bras et le soutenir, même dans les épreuves les plus difficiles qui leur ont été infligées ;

L’Anecr sera heureuse de pouvoir, en son temps, accueillir en France, avec tous les acteurs de sa libération, Salah Hamouri.

Michel Billout, Sénateur de Seine-et-Marne, secrétaire national de l’ANECR

 

94ème Congrès des Maires de France : communiqué des Maires communistes et républicains, membres du bureau de l'Association des Maires de France.

Logo anecr

Les maires et président(e)s de communautés membres de l’AMF (Association des Maires de France), et par ailleurs adhérent(e)s à l’Association des Élus Communistes et Républicains ne peuvent que déplorer le fait que son congrès n’ait pas adopté cette année, pour la première fois depuis longtemps, la résolution qu’il avait l’habitude de prendre, à un moment où justement, ses participants ont fait part de « leurs préoccupations et inquiétudes », dans un contexte fait « d’incertitudes et de réduction de la dépense publique », comme le rapporte la presse.

Et au moment où on leur demande, en même temps, de prendre en compte la « demande sociale » qui explose, et d’investir pour « compenser la crise économique »: n’est-ce-pas le Président réélu, Jacques Pelissard (UMP) qui déclare à l’issue du congrès que « le soutien à l’économie nationale, le développement de la croissance et l’emploi passent en grande partie par l’action des collectivités ». Or, comment faire avec des dotations de l’État en baisse, une fiscalité locale maintenant basculée vers les impôts des ménages (taxes d’habitation et foncière), et des banques qui leur prêtent moins, à des taux plus élevés, et –nous a-t-on dit au congrès- sur des durées moins longues !

Le projet de résolution, proposé par l’ensemble des élu(e)s de gauche du bureau de l’Association des Maires n’a pas été accepté par les autres élu(e)s.

Il aurait été, à notre avis, souhaitable qu’il soit présenté au vote des participants au congrès : s’il avait été refusé, c’est alors celui proposé par les élu(e)s appartenant, ou proches, de la majorité gouvernementale et du Président Sarkozy qui aurait été adopté. Nous en aurions pris acte, à notre grand regret évidemment, compte tenu du contexte décrit ci-dessus, et que vivent bien les élus de proximité que sont les maires.

Il nous appartient donc d’agir dans ce contexte politique qui préfigure celui de l’année 2012 à venir, pour que notre association continue à être, comme le dit sa présentation, « une association qui, de par son histoire, veille sans relâche à ce que la décentralisation garantisse aux communes une réelle autonomie de gestion des affaires locales, et s’implique avec force pour que les maires disposent des moyens juridiques et financiers suffisants pour assurer leurs missions ».

« Pour que les maires disposent des moyens juridiques et financiers suffisants pour assurer leurs missions » : ce qui, c’est le moins que l’on puisse dire, n’est plus le cas, et s’annonce encore plus difficile. Une expression nous semble caractériser cette réalité: celle d’un maire de notre sensibilité à la tribune de l'un des derniers congrès de l'A.M.F. : « Nous sommes mis en première ligne d’une société de plus en plus déséquilibrée, territorialement et socialement. Certains cumulent les deux avantages, et les autres les deux inconvénients, devenus des élus fusibles quand c’est avant tout la société qui disjoncte, et que c’est elle qu’il faut changer… »

C'est bien tout l'enjeu de l'année 2012.

Maxime CAMUZAT, maire de Saint-Germain-du-Puy

Catherine PEYGE, maire de Bobigny

Gilles LEPROUST, maire d’Allonnes

 

Les journées nationales de l'ANECR : les photos.

Des élus et élues de Sète et Montpellier composaient la délégation de l'ADECR 34.
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et président du comité de campagne du Front de gauche, et Jean Luc Mélanchon, candidat du Front de Gauche, sont intervenus le samedi soir.

_DSC0123.JPG

André Chassaigne

La tribune de la première plénière.

Nicole Borvo

Sébastien Andral

_DSC0070.JPG

_DSC0088.JPG

_DSC0114.JPG

_DSC0122.JPG

_DSC0116.JPG

_DSC0112.JPG

_DSC0111.JPG

_DSC0143.JPG

_DSC0142.JPG

_DSC0159.JPG

_DSC0150.JPG

_DSC0155.JPG

 

Tract national : POUR MIEUX SERVIR L’INTÉRÊT GÉNÉRAL UN NOUVEL ESSOR DES COLLECTIVITES EST INDISPENSABLE !

Logo anecr

Depuis le 5 mars 2009 et la présentation du rapport Balladur préfigurant la réforme de l’organisation territoriale, l’ASSOCIATION NATIONALE DES ÉLUS COMMUNISTES ET RÉPUBLICAINS (Anecr) n’a pas ménagé ses efforts pour dénoncer les très nombreuses dérives contenues dans les propositions de ce rapport, et pour appeler à une réforme démocratique de nos institutions.

Aujourd’hui, force est de constater que les inquiétudes et le mécontentement des élus locaux à l’égard de la réforme territoriale ont grandi. Cette colère s’est exprimée lors du dernier renouvellement sénatorial, le 25 septembre dernier, sous la forme d’un véritable désaveu et d’un vote sanction à l’encontre des projets et des méthodes mis en œuvre par l’État et ses représentants à l’encontre des territoires et des élus locaux.

Sont mis en cause les délais de réflexion trop restreints, les incertitudes financières, les périmètres proposés, la suppression autoritaire des syndicats ainsi que l’autoritarisme de la méthode employée et le manque de respect des préfets à l’égard d’élus du peuple.

Enfin, de nombreux élus s’inquiètent du déficit démocratique que cette réforme traduit et estiment, à juste titre, ne pas avoir eu de mandat de leurs concitoyens lors du dernier scrutin municipal.

Nos gouvernants doivent en tirer les leçons !

Il est désormais urgent que le président de la République, le Premier ministre et le gouvernement, écoutent et entendent la colère des élus.

ILS DOIVENT:
- abroger la réforme territoriale,
- décider un moratoire notamment sur la mise en place de la carte de l'intercommunalité, qui provoque d’abondants différends avec les préfets dans de très nombreux départements,
- apporter des garanties financières à l’ensemble des collectivités territoriales : communes, intercommunalités, départements et régions,
- restaurer la clause de compétence générale aux départements et aux régions et abandonner le projet de conseiller territorial,
- laisser aux collectivités et aux élus, le libre choix de leur intercommunalité,
- et lancer, sans plus attendre, un vaste débat national. Il est urgent d’associer les élus, les techniciens et personnels territoriaux, les militants associatifs, syndicalistes et politiques, les habitants et tous les acteurs des territoires, pour une nouvelle étape de la décentralisation et une réforme démocratique des institutions.

L’Anecr, forte d’un réseau de 10000 élus locaux, départementaux, régionaux et nationaux jouera tout son rôle pour l’élaboration d’une telle réforme et est disponible pour toute initiative.

Alors que notre pays subit les conséquences d’un système économique voué à la seule satisfaction d’intérêts égoïstes, alors que les politiques d’austérité aggravées en France comme en Europe enfoncent toujours plus les peuples dans la récession privant de fait les politiques publiques des moyens nécessaires pour répondre à la croissance des besoins, mais aussi au développement économique, les élus locaux sont désormais confrontés à des situations ingérables.

Ainsi les collectivités locales sont-elles progressivement privées des moyens financiers nécessaires et les élus du pouvoir d’agir pour les habitants. Pourtant, ce n’est pas leur endettement qui est en cause. Faut-il rappeler que son niveau a oscillé entre 9,4 % du PIB en 1994 et 6,8 % entre 2002 et 2004 pour se stabiliser autour de 8,5 % ? Un endettement limité et seulement affecté à l’investissement, utile y compris pour l’emploi.

Non, ce qui est en cause c’est la place même des collectivités locales et de la démocratie locale dans le pays. Désormais, elles sont la cible des politiques libérales pour réduire la part du secteur public dans l’économie et ouvrir de nouveaux marchés concurrentiels aggravant encore les inégalités territoriales et sociales.

Il est grand temps d’ouvrir le chantier d’une réforme démocratique de nos institutions.

Celle-ci doit s’appuyer sur le respect des élus et des citoyens, sur le débat, la coopération, la co-décision, la solidarité et l’égalité territoriale, la libre administration des collectivités par les élus et un profond renouveau démocratique encourageant le dialogue et la concertation avec les élus et favorisant l’intervention des habitants comme des acteurs indispensables à l’élaboration des choix et des décisions qui les concernent.

Cette réforme des institutions doit s’accompagner d’une réforme de la fiscalité, donnant aux élus les moyens de pouvoir répondre aux demandes et aux attentes des habitants ainsi qu’au besoin d’équiper et développer les territoires.

Dans cette perspective, il est plus que jamais vital de préserver et promouvoir les services publics, garants de l’intérêt général et de l’égalité de traitement des territoires et des citoyens.

Ces questions doivent être au cœur des prochaines échéances électorales. Nous sommes bien décidés à y prendre toute notre place.

 

Journées nationales L'ANECR : l'appel des élus communistes et républicains pour le Front de gauche.

Logo anecr

Pour mettre en échec la droite et le coup d’État financier en cours,

ENSEMBLE AVEC LE FRONT DE GAUCHE

Mobilisons-nous partout dans les assemblées citoyennes

Élu(e)s dans les communes, les départements, les régions, aux parlements français et européen, nous vous appelons à constituer sans attendre des assemblées citoyennes du Front de gauche. Car la crise frappe davantage, les ravages du chômage, de la pauvreté s’étendent, la croissance s’effondre, parce que les plans d’austérité s’accumulent ! Et le pouvoir utilise sans vergogne le chantage à la dette publique et le poison de la division pour justifier comme seule possible la dictature de fait des marchés financiers en France comme dans toute l’Europe.

Rien de plus urgent que de convaincre et de rassembler le pays contre ces choix, de l’unir pour dire « stop » à la régression, reprendre nos vies en main.

Nous avons besoin d’un espace commun et rassembleur pour dire nos besoins, nos envies, partager nos analyses, consolider nos luttes et résistances, décider de nos mobilisations sociales et politiques.

Notre objectif est de créer un nouveau front populaire capable de battre la droite et sa politique au service des marchés financiers.

Et nous avons une ambition: mettre la gauche à la hauteur de la situation. Ce qui exige de se tourner vers les citoyennes et les citoyens, pour permettre une nouvelle majorité politique capable de sortir le pays de la crise.

Dans chacune de nos communes ou de nos circonscriptions, Ensemble, relevons le défi de nous mêler des affaires publiques.

Nous ne serons pas de trop face au matraquage médiatique, pour faire entendre notre volonté de solidarité, de justice sociale, de démocratie et d’écologie.

Nous avons besoin d’une gauche qui ne déçoive pas cette fois-ci. D’une gauche qui ose s’attaquer aux vrais privilégiés, ceux qui prônent l’austérité tout en se gavant avec les cadeaux fiscaux et les profits.

Il est urgent de rétablir au niveau de l’État comme au niveau des collectivités la priorité aux droits humains.

Pour reprendre l’initiative sur nos vies, nous luttons pour mettre en place un gouvernement qui combatte le diktat financier des banques et des marchés, avec un pôle public bancaire hors spéculation. Nous agissons pour une révolution fiscale et salariale afin d’éradiquer la pauvreté et relancer l’économie par la justice sociale et un service public développé et modernisé. Nous projetons d’instituer une véritable sécurité sociale de l’emploi et de la formation, un nouveau mode de développement respectueux de l’Homme et de l’environnement. Nous voulons un gouvernement qui fasse de l’éducation et la culture un véritable investissement national, qui donne sa place au monde associatif, acteur de citoyenneté, de démocratie, d’éducation populaire et de solidarité.

Pour cela il faudra s’affranchir du traité de Lisbonne, et que la France contribue à construire une autre Europe, solidaire et actrice de la paix et du développement.

Atteintes aux libertés, ségrégations, sexisme, racisme, xénophobie, homophobie doivent être bannis de la République que nous voulons, porteuse d’émancipation humaine, donnant les moyens à chacun d’être maître de sa vie. La réforme sarkozyste des territoires doit être abrogée, et il faut y opposer une démocratisation générale, avec des pouvoirs aux citoyennes et aux citoyens comme aux salarié(e)s à tous les niveaux.

Et le chantier d’une VIe République déprésidentialisée est à investir sans délais.

Voilà pourquoi, nous, élu(e)s communistes et républicains, nous vous appelons à la résistance et aux fronts de la lutte pour mettre en échec les mauvais coups qui pleuvent et à faire irruption dans le débat politique par ces assemblées citoyennes. Des assemblées, des ateliers qui décident avec les candidat(e)s du Front de gauche aux législatives, autour du candidat commun Jean- Luc Mélenchon à la présidentielle, des formes pour agir, contribuer à battre Sarkozy, en finir avec les politiques de droite et réussir à gauche.

Avec le Front de gauche, imposons l’humain d’abord

 

Communiqué du Bureau National de l’ANECR sur la proposition d’ « agence de financement des collectivités locales »

Bandeau solidarité Un autre crédit pour un autre type de développement Force est de constater que les modalités de l’emprunt des collectivités locales tout comme ses structures et ses intervenants se sont profondément modifiés.

Autrefois encadré de manière très stricte, l’emprunt des collectivités locales connaît une période de dérèglementation totale.

Les organismes prêteurs se sont multipliés proposant une variété de financements.

Ainsi les collectivités locales ont atteint une quasi autonomie d’action en matière d’emprunt, avec une moindre dépendance vis-à-vis de l’Etat dans ce domaine. Mais les fonctions de conseil et de suivi des organismes de crédit ont été largement usurpées ou dévoyées dans cette période. Certaines banques ont fait des offres alléchantes accompagnées de contrat aux clauses opaques.

Est apparu alors le besoin pour les collectivités locales de mieux contrôler leur système d’emprunt et la gestion de leur dette pour réduire les risques et notamment ceux liés à une trop grande dépendance avec les institutions financières et à leurs choix.

Est apparu alors le besoin pour les collectivités locales de mieux contrôler leur système d’emprunt et la gestion de leur dette pour réduire les risques et notamment ceux liés à une trop grande dépendance avec les institutions financières et à leurs choix.

Les collectivités locales les plus démunies étant celles qui ne disposent ni d’une puissance financière suffisante, ni d’un savoir faire nécessaire.

L’actualité montre d’ailleurs les conséquences graves pour les collectivités locales qui découlent de la concurrence exacerbée dans le secteur bancaire pour rentabiliser toujours plus le capital, comme elle montre que les créanciers des États font leur rente sur la dette publique.

De nombreuses collectivités locales se trouvent plombées par des prêts dont elles n’ont pas maitrisé la nature usurière.

Gérer une telle complexité est donc rendue extrêmement difficile pour bon nombre de collectivités locales, exceptées les plus importantes qui ont pu se doter des personnels et des moyens financiers pour accéder à un tel système.

Alors que l’accès à l’emprunt est devenu de plus en plus difficile avec la crise bancaire et la raréfaction du crédit, l’idée de créer une agence de financement des collectivités locales est portée par les associations d’élus AMF/ ARF etc... pour mutualiser l’emprunt et garantir des meilleures conditions de financement. Cette idée peut paraître intéressante comme une solution aux difficultés.

Encore faut-il s’interroger sur la réelle indépendance financière que cet outil permettrait.

Cette agence aurait en fait la possibilité d’aller emprunter directement sur les marchés financiers, sans intermédiaire arguant du fait qu’elle bénéficierait du meilleur label des agences de notation, dont elle ferait profiter toutes les collectivités locales adhérentes.

C’est oublier un peu vite les critères de rentabilité maximum qui anime le fonctionnement des marchés financiers, leurs exigences dominatrices pour réduire toujours plus les risques pour les capitaux et favoriser leur liberté totale. Ainsi d’ores et déjà la future agence fait savoir que l’adhésion d’une collectivité locale ne vaudra pas droit de tirage automatique.

Les collectivités sollicitant des liquidités devront faire valoir leur bonne santé financière et notamment un niveau d’endettement acceptable qui sera apprécié par l’agence elle-même.

Nous le voyons bien cette nouvelle agence, faute de se dégager des critères du marché, constituera un outil, in fine, d’autorégulation des collectivités locales à l’orthodoxie budgétaire libérale.

La crise systémique que nous traversons appelle le développement d’un autre crédit tourné vers des dépenses utiles, tant pour les entreprises que pour les collectivités. Une politique de crédit sélectif favorisant les investissements pour l’emploi, la formation, l’éducation, la recherche et le social etc…

C’est tout le sens de la proposition portée par de nombreux acteurs sociaux et syndicaux, par les élus communistes et républicains et du Front de Gauche de la création d’un pole public financier regroupant toutes les institutions financières publiques et semi publiques : caisse d’épargne, banque postale, caisse des dépôts, crédit foncier, banque de France etc…

Cette idée est le fruit de convergences entre les salariés de plusieurs institutions et de nombreux acteurs du mouvement social et politique ce qui la rend possible aujourd’hui.

Ce pôle public financier, indépendant du pouvoir d’Etat et des marchés financiers serait placé sous le pilotage d’un conseil reflétant les différents acteurs : parlementaires, élus locaux, organisations de consommateurs, représentants des salariés, conseil qui se verrait confier un véritable pouvoir de décision et de contrôle.

De nouvelles coopérations pourraient se nouer à l’échelle européenne.

Ce sont ainsi des centaines de milliards issus de la collecte de l’épargne qui pourraient être disponibles pour un autre type de développement au lieu d’être utilisés en placements sur les marchés financiers renforçant leur emprise sur l’économie et alimentant la croissance financière.

Tout au contraire, en restant dépendante des marchés financiers et sous la pression des injonctions de l’Union Européenne en matière de dette publique, l’agence de financement peut se voir transformée en outil de mise au pas des budgets locaux.

Si les élus communistes et républicains considèrent que la création de l’agence de financement des collectivités locales peut répondre à une préoccupation légitime des élu(e)s elle n’est pas de nature à elle seule répondre au défi d’un nouveau développement des collectivités locales.

C’est d’une autre politique du crédit dont elles ont besoin dans lesquelles la Banque Centrale Européenne comme la Banque d’Investissement Européen auraient un nouveau rôle à jouer.

Jean-Jacques PARIS
Secrétaire général de l’ANECR

 

Sénatoriales 2011 : déclaration de l'ANECR suite à la victoire de la gauche.

Non à l'asphyxie de la démocratie locale.
Pour la première fois sous la cinquième République, est élue au Sénat une majorité de gauche ! C’est une victoire historique ! L’Association Nationale des Élus Communistes et Républicains se réjouit de ce succès.

C’est une forte sanction de la politique désastreuse menée par messieurs Sarkozy et Fillon, lesquels imposent l’austérité pour la grande majorité des habitants, pour les collectivités locales et les services publics alors qu’ils accompagnent les plus riches dans leurs privilèges.

Cette victoire est une démonstration éclatante du rejet par les élus locaux de la réforme territoriale qu’on veut leur imposer, de l’asphyxie des collectivités, de la mise en cause des droits et besoins humains.

L’ANECR avec tous ses élus, en menant une bataille sans relâche contre cette politique, a joué un rôle important dans ce rejet.

Rien ne pourra passer en force ! Tout doit passer par les habitants et leurs élus, par la sollicitation et le respect de leur avis !

Le Sénat qui bascule à gauche ouvre un grand champ d’action pour toutes celles et tous ceux qui voient dans les collectivités locales un atout pour les gens, une richesse démocratique pour notre pays.

Cette victoire doit donner lieu à un coup d’arrêt de cette réforme antisociale et antidémocratique, jusqu’à son abrogation.

La gauche majoritaire au Sénat doit être le signal pour que soit donnée la parole au peuple !

L’heure est à un grand débat public associant tous les élus et les citoyens sur l’avenir des collectivités, sur ce que signifie une vraie décentralisation, sur une nouvelle impulsion de la démocratie et des services publics, sur les moyens financiers nécessaires pour répondre aux besoins des populations !

L’ANECR, aux cotés du groupe CRC-SPG, a joué un grand rôle dans ce succès contre la droite.

La mobilisation a permis, au sein de listes de gauche et du Front de gauche de progresser en voix dans la plupart des départements.

Avec 21 sénateurs, malgré un scrutin inique et quelques manœuvres, le groupe CRC tiendra sa place.

Il sera actif pour que la majorité nouvelle engage le changement au Sénat.

Ce groupe est une force à la disposition du rassemblement, pour transformer à gauche l’essai victorieux du 25 septembre. Il est formé de sénatrices et de sénateurs en lien avec tous les élus du pays pour relayer dans la Haute Assemblée les aspirations fortes au changement exprimées par les citoyens.

Montreuil le 26 septembre 2011

 

Rentrée 2011 : Mobilisés contre la casse de l’école !

Mon école, j'y tiens !La rentrée scolaire est le moment de faire le point sur la situation de l'éducation nationale et sur l'avenir de nos enfants. Entre les fermetures de classes, les postes supprimés, la formation inadaptée des enseignants stagiaires, la baisse des moyens consacrés à l’encadrement des enfants, nous voyons l'école de la République davantage fragilisée chaque année, avec à la clef un renforcement des inégalités.

Les élus que nous sommes prenons résolument parti pour la défense d’une l’école pour tous, qui soit l'outil d’une véritable émancipation des jeunes, et non plus une simple variable d'ajustement budgétaire.

L’école publique en danger.

Les suppressions de postes et fermetures de classe mettent à mal la qualité du système éducatif, avec en conséquence directe l'augmentation du nombre d'élève par classe. L’ensemble des orientations gouvernementales, à commencer par le dogme de suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux qui justifierait tous les sacrifices, conduisent à une dégradation générale des conditions d’études pour les jeunes.

En limitant l'accès à la maternelle dès 2 ans dans la plupart des écoles, le ministre de l'éducation nationale minimise l’importance de la scolarisation des jeunes enfants. La qualité de l'accueil des enfants est ainsi diminuée pour réaliser des économies sur le dos des familles et des collectivités auxquelles il incombera de financer des places d'accueil pour la petite enfance.

Réduire les inégalités scolaires passe au contraire par un allongement de la scolarisation des enfants jusqu'à 18 ans, en la rendant accessible dès 2 ans !

Les moyens consacrés aux zones d'éducation prioritaire, les postes d’assistants dans les écoles maternelles, les auxiliaires de vie scolaires, ou encore les RASED, pour combattre les difficultés scolaires, sont supprimés par ceux-là même qui tiennent un discours hypocrite sur « l’égalité des chances ».

Dans la logique d’une marchandisation des savoirs et d’une formation qui répondrait aux seuls besoins immédiats des entreprises, l'individualisation des parcours et la concurrence entre établissements sont devenues la règle, témoignant de l'instauration d'une école à plusieurs vitesses, avec laquelle on renonce à mettre l'excellence à portée de tous.

Nous refusons de laisser s’accroître cette concurrence et les inégalités entre les établissements !

Aux antipodes des orientations données par le ministre Chatel, il faut impulser une transformation progressiste de l’éducation nationale répondant aux besoins des élèves qui n'ont que l'école pour apprendre.

Elus et collectivités locales engagés pour la réussite scolaire pour tous

La baisse des moyens consacrée à l’accompagnement des élèves en difficultés ou aux quartiers populaires renforce les inégalités sociales en encourageant leur reproduction au sein de l’école. De même, les fermetures de classes et le projets de regroupements d’établissements menacent directement l’existence de certaines écoles en zones rurales, avec pour conséquence d’importantes inégalités territoriales.

Nous défendons le droit pour tous les jeunes d’accéder dans la proximité à une formation de qualité et choisie.

Les collectivités locales (communes, conseils régionaux et généraux...) sont impliquées dans le bon fonctionnement du système scolaire, ainsi que dans l'aménagement du territoire indispensable pour créer les bonnes conditions d'accès de tous à l'école.

Elles doivent peser de tout leur poids aux côté de la communauté éducative pour que l’Etat assume ses missions, afin d’assurer une égalité pédagogique réelle sur tout le territoire.
Dans un contexte de réforme territoriale et de baisse de leurs financements, le désengagement de l'état en direction des collectivités locales contribue à renforcer les inégalités. Le caractère national du service public de l'éducation, et sa continuité sur tout le territoire, doivent être réaffirmés.

Nous entendons, dans les mobilisations et dans notre travail d’élus au quotidien, mener ce combat de façon déterminée.

Les élus communistes et républicains sont à vos côtés au cœur des luttes pour la défense de l'école.
Le 27 septembre, avec les parents, les jeunes, les enseignants et personnels de l’éducation, rassemblons-nous pour la défense de l’Ecole !

 

Dominique Adenot, maire de Champigny-sur-Marne, président de l'ANECR répond aux questions de Michel Cotta

 

Des élus français malmenés à l’aéroport de Tel Aviv.

Une fille de Juste témoigne !

Une délégation d’élus et de responsables associatifs initiée par l’Ajpf et l’Anecr s’est rendue en Israël et en Palestine du 6 au 16 avril, à l’invitation du Consulat de France à Jérusalem. Elle avait pour objectif de rencontrer une grande diversité d’acteurs du dialogue pour la paix tant en Israël qu’en Palestine, en vue de construire ou de pérenniser des projets de coopération décentralisée.

Les 54 membres de cette délégation se sont rendus notamment à Jérusalem, Bethléem et Ramallah.

Cette destination a provoqué l’ire des autorités israéliennes au moment du départ d’une partie du groupe de l’aéroport de Ben Gourion, le lundi 11 avril. Comme en témoigne Christine Thomas-Bichon, élue à Beaumont (63), à l’actuel ambassadeur d’Israël en France, qui a récemment remis à sa mère la médaille des Justes, « Nous avons attendu 1h1/2, debout dans une file, attendant que les responsables de la sécurité de l’aéroport aient questionné et re-questionné Mme Alezard, une des responsables de la délégation, puis certains d’entre nous, en français ou en anglais.

Quatre d’entre nous ont subi une fouille complète extrêmement traumatisante. Je ne sais que penser de ces mesures excessives de contrôle prises à notre encontre. Étant donné le caractère officiel de notre délégation et son parcours, je ne voudrais pas qu’au delà de la sécurité du vol, il se soit agit de mesures destinées à nous décourager de vouloir œuvrer pour la paix et la reconnaissance du peuple palestinien. »

Effectivement, cinq personnes, dont quatre élus de la République, ont été fouillés au corps, certains entièrement déshabillés !

Devant ces faits inqualifiables, le sénateur Michel Billout, qui conduisait la délégation avec Fernand Tuil, de l’Ajpf, s’est adressé au ministre des affaires étrangères jeudi dernier pour dénoncer « une attitude délibérément hostile de la part des autorités israéliennes, une volonté de punir des citoyens français qui se sont rendus dans les territoires occupés afin de réduire le nombre des témoins des violences quotidiennes infligées à la population palestinienne.

Mais il s’agit également d’un nouvel affront à l’égard de la France puisque ce sont les invités du Consul Général qui ont eu à subir ces brimades. » Nous avons choisi de ne rendre publique cette lettre qu’aujourd’hui après le retour d’une seconde partie de la délégation samedi 16 avril, pour lui éviter tout nouveau désagrément.

La gravité de tels actes incite l’Anecr à exiger de la France qu’elle intervienne avec fermeté auprès des autorités israéliennes pour protester contre ces pratiques indignes d’un Etat prétendument de droit.

- page 1 de 4