Le portail des blogs Elunet

Mot clé - François Hollande

Fil des billets - Fil des commentaires

Étranger, citoyen ou les deux ?

droitdevote2014.jpgLe débat autour du droit de vote des étrangers aux élections locales fait la Une de l’actualité. C’est pourtant un débat déjà vieux de 30 ans. Depuis la campagne de François Mitterrand en 1981, jusqu’à la récente 50e proposition de François Hollande, il évolue au rythme des promesses électorales.

Cependant, ce débat n’a jamais donné naissance à une loi et aujourd’hui, au regard de bon nombre de pays de l’UE, la France est à la traîne. L’exercice de la citoyenneté doit passer par la nationalité disent les adversaires du droit de vote.

Pourtant à l’échelon local, on constate tous les jours l’implication citoyenne des étrangers. Que ce soit dans les associations ou par l’intermédiaire des syndicats, indéniablement, il existe en France une citoyenneté de résidence. Aujourd’hui, les étrangers ne sont pas les seuls concernés.

C’est la société tout entière qui l’est, et c’est la question du vivre ensemble qui est au cœur de cette question profondément politique.

Pour être effectif lors des élections municipales de 2014, le droit de vote des étrangers doit être mis à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale rapidement afin d’engager le processus de révision constitutionnel. Le collectif national «Droit de vote 2014» regroupe une centaine d’associations, syndicats et partis politiques. Il est à l’initiative d’une pétition qui sera remise au président de la République fin mars. Trois mois durant lesquels la mobilisation populaire sera déterminante. Le PCF, qui participe à ce collectif, est pleinement engagé dans cette bataille.

Signer la pétition

Plus d'infos via le PCF
La série documentaire "Égaux mais pas trop" sur LCP, a consacré une émission au droit de vote des étrangers.
Voir cette vidéo

res-lib.jpg
res-lib_2.jpg

 

François Hollande sera accueilli par Marc-Antoine Jamet, maire, samedi 5 janvier à Val-de-Reuil.

holland_et_maj.jpg L'agglomération Seine Eure est doublement à l'honneur puisque le Président de la République, M. François HOLLANDE, sera à Val-de-Reuil samedi 5 janvier au matin où il arrivera, peu après neuf heures, par l'esplanade de la Mairie afin que lui soit réservé le traditionnel accueil républicain et repartira, de Louviers, en fin de matinée, après y avoir été reçu par la municipalité.

Il s'agit pour le chef de l'Etat d'associer au bel hommage qu'il veut rendre à Pierre Mendès France, proposition qui lui avait été faite, voici fort longtemps, par le maire de la cité drapière, M. Franck Martin et par le député de la circonscription M. François Loncle, une "visite de terrain" sur le thème de la politique de la Ville et d'évaluer les résultats concrets d’une opération de renouvellement urbain qui lui a été présentée comme réussie. Quatre thèmes seront plus précisément développés à cette occasion : la rénovation de la dalle rue Grande avec les architectes Jean-Jacques Ory et Emmanuelle Lego, la réhabilitation du logement social avec Thierry Sure, directeur général de l'Immobilière Basse Seine et l'architecte Bernard Malecamp, rue Traversière, le développement économique avec la construction, par Quille, de l'Hôtel d'entreprises qui va remplacer le foyer des Quatre Soleils, la réorganisation de l'espace urbain au Jardin de la Grosse Borne avec Gilles Gal, directeur général d'Eure Habitat, l'urbaniste Lydie Chamblas et l'architecte Nathalie Régnier, ainsi que Laurent Machet, deux fois de suite lauréat du PUCA, qui a réfléchi à la réhabilitation de la copropriété dégradée "La Garancière".

Afin d'envisager la poursuite de ce projet, fil rouge de la municipalité depuis 2000, et, notamment, les suites à donner au plan stratégique local que Val-de-Reuil, validant ainsi une décennie de travaux, parmi les dix villes de France qui pouvaient y prétendre, a mené à bien, M. François Hollande sera accompagné du Ministre de la Ville, M. François Lamy. Depuis la signature de la première convention "ORU" par Claude Bartolone, tous les titulaires de ce portefeuille ont consacré des réunions de travail au dossier de la "plus jeune commune de France", la plupart d'entre elles ayant eu lieu sur le site même.

La partie rolivaloise de cette visite s'effectue à la demande de l'Elysée qui l'avait déjà envisagée au début du mois de décembre, ainsi que l'a indiqué le Ministre de la Ville. Elle a été concrètement évoquée voici deux semaines par le chef de cabinet de la Présidence de la République avec la direction générale des services de la Commune, définitivement validée par les services de la présidence au lendemain de Noel et confirmée le 31 décembre par le M. le Préfet de l'Eure qui, dès l'origine, avait veillé à sa bonne organisation.

C'est donc à la fois un honneur de recevoir, dans de telles circonstances, le Président de la République, mais aussi, symboliquement, une récompense pour tous ceux qui, collectivement y ont pris leur part, consacrant leur temps et leur énergie à cette initiative d'intérêt général, expérience pilote au service des habitants de Val-de-Reuil, de ses voisins de la CASE et de tous ceux qui y travaillent.

C'est une occasion de se réjouir et de se rassembler autour de notre intercommunalité ainsi mise en exergue par deux fois, à travers ses deux principales villes, ce qui est exceptionnel, par le Président de la République en ce début d'année.

 

Ivry soutien la lutte du peuple Palestinien !


Déclaration du groupe des élu-es communistes et partenaires d'Ivry-sur-Seine :

« Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie », Mahmoud Darwich (1986).

Depuis près d’une semaine, l’Etat israélien s’est lancé dans une opération armée dans la bande de Gaza, appelée sans gène "Pilier de défense". Dans l’indifférence générale, des civils palestiniens sont tués sous des bombardements tout azimut, des bâtiments, des routes, des services publics sont détruits purement et simplement, bafouant une fois de plus la convention de Genève et les résolutions de l’ONU.

En toute impunité, l’opération se déroule avec un objectif à peine voilé que le ministre israélien de l’intérieur, Eli Yashai, a ainsi évoqué le 17 novembre dernier : « Le but de cette opération est de renvoyer Gaza au Moyen-Age. Alors seulement, nous serons tranquilles pour quarante ans». A quelques mois des élections législatives israéliennes, nous ne pouvons tolérer que le sang du peuple Palestinien serve d’argument électoral. Un cessez-le feu immédiat doit s’appliquer pour que s’arrête cette escalade inconsidérée de la violence attisée sans vergogne par le gouvernement israélien.

Il est inadmissible que l’Etat israélien puisse impunément bombarder, tuer, coloniser sans jamais risquer de sanctions. Il est grand temps que l’ONU tape du poing sur la table et joue enfin son rôle. Il est grand temps que cesse cette politique expansionniste et coloniale, cette politique de terreur qui ne mène à rien d’autres qu’à la destruction d’un peuple.

Nous demandons au Président de la République française qu’il prenne immédiatement toute la mesure de la situation, pour que la France soit de nouveau pleinement engagée dans la défense des droits humains du peuple palestinien.

Nous demandons au Président François Hollande qu’il fasse entendre cette voix de la France en Europe et à l’ONU pour que le droit international soit enfin respecté par l’Etat israélien, pour que cesse les bombardements de civils et les assassinats de responsables palestiniens, pour que cesse le blocus illégal et illégitime de Gaza !

Nous demandons également que François Hollande respecte les engagements de son programme pris envers tous les Français concernant la reconnaissance d’un Etat palestinien et son entrée à l’ONU, seule issue désirable à une situation trop longtemps ignorée.

Nous rappelons enfin notre solidarité de toujours aux côtés du peuple Palestinien dans sa lutte pour la dignité et la liberté !

Car comme l’a écrit Mahmoud Darwich :
« Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame ». 

 

Ivry soutient la lutte du peuple Palestinien !


Déclaration du groupe des élu-es communistes et partenaires d'Ivry-sur-Seine :

« Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie », Mahmoud Darwich (1986).

Depuis près d’une semaine, l’Etat israélien s’est lancé dans une opération armée dans la bande de Gaza, appelée sans gène "Pilier de défense". Dans l’indifférence générale, des civils palestiniens sont tués sous des bombardements tout azimut, des bâtiments, des routes, des services publics sont détruits purement et simplement, bafouant une fois de plus la convention de Genève et les résolutions de l’ONU.

En toute impunité, l’opération se déroule avec un objectif à peine voilé que le ministre israélien de l’intérieur, Eli Yashai, a ainsi évoqué le 17 novembre dernier : « Le but de cette opération est de renvoyer Gaza au Moyen-Age. Alors seulement, nous serons tranquilles pour quarante ans». A quelques mois des élections législatives israéliennes, nous ne pouvons tolérer que le sang du peuple Palestinien serve d’argument électoral. Un cessez-le feu immédiat doit s’appliquer pour que s’arrête cette escalade inconsidérée de la violence attisée sans vergogne par le gouvernement israélien.

Il est inadmissible que l’Etat israélien puisse impunément bombarder, tuer, coloniser sans jamais risquer de sanctions. Il est grand temps que l’ONU tape du poing sur la table et joue enfin son rôle. Il est grand temps que cesse cette politique expansionniste et coloniale, cette politique de terreur qui ne mène à rien d’autres qu’à la destruction d’un peuple.

Nous demandons au Président de la République française qu’il prenne immédiatement toute la mesure de la situation, pour que la France soit de nouveau pleinement engagée dans la défense des droits humains du peuple palestinien.

Nous demandons au Président François Hollande qu’il fasse entendre cette voix de la France en Europe et à l’ONU pour que le droit international soit enfin respecté par l’Etat israélien, pour que cesse les bombardements de civils et les assassinats de responsables palestiniens, pour que cesse le blocus illégal et illégitime de Gaza !

Nous demandons également que François Hollande respecte les engagements de son programme pris envers tous les Français concernant la reconnaissance d’un Etat palestinien et son entrée à l’ONU, seule issue désirable à une situation trop longtemps ignorée.

Nous rappelons enfin notre solidarité de toujours aux côtés du peuple Palestinien dans sa lutte pour la dignité et la liberté !

Car comme l’a écrit Mahmoud Darwich :
« Sur cette terre, il y a ce qui mérite vie : sur cette terre, se tient la maîtresse de la terre, mère des préludes et des épilogues. On l’appelait Palestine. On l’appelle désormais Palestine. Ma Dame, je mérite la vie, car tu es ma Dame ».


* En annexe, la déclaration à télécharger en pdf.

 

François, Jean-Marc, Martine...

ft_victoire_tout_v3-page-001.jpgLes victoires de mai et juin ne sont pas seulement celles de la « majorité présidentielle ». Elles sont celles de la gauche toute entière et d'une majorité de notre peuple qui voulaient en finir avec l'ère Sarkozy, les destructions sociales et les régressions démocratiques.

Le Front de Gauche y a pris une part, déterminante. Il se sent donc comptable de la suite, même si le programme de François Hollande ne lui a pas permis pas d’être partie prenante du nouveau gouvernement. Dans une fin d'été, où la crise de la zone euro s’aggrave régulièrement, l’oligarchie financière et la droite préparent leur revanche, flanquées de l’extrême droite. Rien ne serait pire que l'immobilisme et la démoralisation succédant à l’attente de changement.

Christian Picquet, responsable de la Gauche Unitaire, porte parole du Front de Gauche, dans "François, Jean-Marc, Martine, qu'allons-nous faire de notre victoire ?" pose la seule question pertinente de la rentrée : que va faire la gauche de sa victoire du printemps ?

Pour engager une réflexion collective à gauche et éviter un nouvel échec.

François, Jean-Marc, Martine, qu'allons-nous faire de notre victoire ? de Christian Picquet
Parution septembre 2012 aux Éditions Arcanes 17 ; 6.00€

 

NON à l'austérité perpétuelle en Europe !

j_aime_l_europe1.jpgFrançois Hollande, candidat, s'est engagé devant les Français à renégocier le nouveau Traité pour la stabilité, la coopération et la gouvernance, dit aussi Pacte budgétaire. Aujourd'hui, le gouvernement le présente pour ratification au Parlement rigoureusement inchangé, tel que signé en mars dernier par Nicolas Sarkozy.

Ce Traité interdit les déficits publics et donne aux instances européennes des pouvoirs de sanction inédits contre les pays en difficulté. Dans l'espoir de rassurer les créanciers et les spéculateurs, il impose aux États une austérité perpétuelle sans apporter aucun remède aux causes réelles de la crise: la concurrence effrénée au sein de la zone euro et la domination des marchés financiers.

En plaçant l'austérité au-dessus de la démocratie, ce Pacte va aggraver la récession et le chômage, et priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et écologique. Les très maigres mesures « pour la croissance », adoptées par le Conseil européen fin juin n'y changeront rien.

Si la construction européenne devait se poursuivre contre les intérêts et la volonté des peuples, elle n'y survivra pas, pas plus que la démocratie. C'est pourquoi les Députés et Sénateurs doivent rejeter le Pacte budgétaire. Le rejet du Traité par la France ne représenterait pas un repli : il permettrait au contraire de rouvrir le nécessaire débat pour réorienter l'Europe.

De nombreuses organisations associatives, syndicales, politiques ont ainsi décidé de lancer ensemble une campagne unitaire : "pour une Europe solidaire, NON au Traité d'austérité" : plus d'infos

Rendez-vous à la grande manifestation unitaire qui aura lieu à Paris le 30 septembre à 13h30, au départ de Nation.
Les Val d’Oisiens se retrouveront place de la Nation à l’angle du Boulevard Voltaire sous la banderole « L’humain d’abord ! »
Le Front de Gauche gratiennois vous attend à la gare de Saint Gratien à 12h45 pour un départ groupé.

A dimanche !

Signez cette pétition

En imposant l’austérité à marche forcée, le Pacte budgétaire menace de plonger l’Europe dans la récession et le chômage de masse. Il va priver les États de moyens indispensables pour sortir de la crise sociale et environnementale. Pour mieux rassurer les créanciers et les spéculateurs, il place l’austérité au-dessus de la démocratie. Nous vous demandons de rejeter ce Traité d’austérité, et de permettre ainsi de rouvrir le débat pour réorienter l’Europe.

Signer

Les signatures de la pétition seront rendues aux députés lors de la semaine de débats parlementaires du 1er octobre.

 

Les raisons du non

attac_4.jpgFrançois Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte budgétaire européen. Les parlementaires devraient se prononcer avant le 4 octobre. Le candidat Hollande avait pourtant promis de ne pas poursuivre sur le chemin de l’austérité et de renégocier le traité européen. Celui-ci, inchangé, reste toujours aussi nocif.
Dans une Europe qui s’enfonce dans la récession, ratifier le Pacte signifie une course accélérée vers la catastrophe.
Voici quelques raisons de dire non au traité européen.

Revenons tout d’abord sur le soi-disant « pacte de croissance » qui accompagne le traité européen et qui permet au président d’affirmer que tout est changé. Il n’est constitué que de 60 milliards de fonds déjà programmés pour 2012-2013, et 60 milliards d’hypothétiques nouveaux prêts au secteur privé par la Banque européenne d’investissement. Le total n’atteint même pas 1% du PIB européen. « Les différentes idées reprises dans le pacte pour la croissance, c’est-à-dire l'additif au TSCG, étaient sur la table AVANT l'élection de François Hollande » reconnaît d’ailleurs « Le Monde » lui-même…
Oubliées les trois conditions fixées par François Hollande pour la ratification du Pacte, à savoir : la mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ; la réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ; des mesures de relance de la croissance en Europe.

Si les mesures annoncées en matière de croissance sont dérisoires, l’application du Pacte budgétaire signifiera des coupes bien réelles dans les budgets publics.

Le « noyau dur » du Pacte budgétaire est la fameuse « règle d’or » qui stipule que la différence entre les dépenses et les recettes de l’État ne doit pas dépasser 0,5 % du PIB.

Elle apporte inévitablement des plans d’austérité. Ceux menés en Europe se ressemblent tous : coupes pour les fonctionnaires (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) et pour les collectivités locales ; coupes dans la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ; coupes dans les services publics (fermetures d’hôpitaux, de classes…).

attac_1.jpgCes mesures sont socialement injustes car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, les classes populaires. Elles sont aussi économiquement désastreuses. En voulant réduire le déficit à 3% du PIB en 2013 pour atteindre le déficit zéro en 2017, on aggrave la récession et le chômage. Selon le FMI, 300 000 emplois seront de ce seul fait détruits en 2013, et presque autant les années suivantes. La baisse des dépenses publiques accentue la récession. Les rentrées d’impôts et de cotisations chutent. Le déficit augmente au lieu de diminuer. La règle d’or se transforme en plomb. L’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé les économies grecque, portugaise, espagnole, britannique…

Pour réduire le déficit, les gouvernements pourraient choisir d’augmenter les impôts. Quelques hausses d’impôts votées par le Parlement en juillet ont certes légèrement touché les plus riches et les grandes entreprises. Mais la Cour des Comptes a déjà annoncé qu’il serait dangereux d’aller plus loin et qu’augmenter davantage les taxes sur le capital ferait fuir les fortunes, qui bénéficient de la liberté totale de circulation des capitaux. Pour respecter la « règle d’or », c’est donc la hausse de la TVA qui est prônée par la Commission européenne. Elle est déjà intervenue dans tous les pays du Sud de l’Europe. En France, c’est une hausse de la CSG qui est sans doute à redouter.

L’objectif de la règle d’or – le déficit zéro – n’a aucune justification économique. D’une part, la crise ne provient pas d’un endettement excessif des États. L’Espagne et l’Irlande avaient par exemple des budgets publics excédentaires avant la crise. Mais surtout, les déficits et l’endettement publics peuvent être parfaitement légitimes. C’est ce qui permet à l’État d’étaler des recettes et des dépenses dans le temps pour financer des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie. Mais l’État ne peut le faire sur la base des seuls impôts.
C’est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise. On sait que l’État est le seul susceptible de relancer l’activité économique quand les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation chute.

La « règle d’or » n’est pas une règle économique mais purement idéologique. C’est une vision ultra-libérale qui ôte à l’État toute marge de manœuvre. La « règle d’or » est une absurdité.

Mais le Pacte budgétaire n’est pas seulement néfaste sur le plan économique et social. C’est aussi un désastre démocratique.

Il prévoit que les budgets nationaux doivent donner la priorité absolue au désendettement et à la réduction des déficits. Les Etats ne sont plus maîtres de leurs budgets ! De surcroît, la Commission européenne donne des avis, identifie des « déséquilibres » par exemple, un manque de « compétitivité ». Entendez par là qu’il faudra tailler dans les acquis sociaux… Si un gouvernement propose un budget considéré comme trop laxiste, la Commission peut prévoir des sanctions qui peuvent aller jusqu’à 0,1 % du PIB, c’est-à-dire 2 milliards d’euros pour la France. La Commission n’est pas le seul gendarme puisqu’un Etat peut aussi porter plainte auprès de la Cour de justice européenne contre un autre État qu’il jugerait trop permissif.

Ce traité renforce considérablement les pouvoirs des instances européennes – Commission, Conseil, Cour de Justice, toutes instances non élues, – au détriment des Parlements nationaux. Le Parlement européen demeure lui totalement hors du coup.

C’est un grave transfert de souveraineté, pourtant ignoré par le Conseil Constitutionnel, qui n’a pas jugé utile de réformer la Constitution à ce sujet.

L’austérité, c’est pour longtemps ? Il semblerait que la peine soit perpétuelle…Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. C’est Angela Merkel, s’appuyant sur le texte du Pacte budgétaire, qui le précise : « la règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. » Sauf à sortir de l'Europe, on ne peut se débarrasser du Pacte budgétaire...

Selon le Pacte, il faudra adopter « des dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité. En France, sera mis en place un « Haut Conseil des Finances Publiques » composé d’« experts indépendants » et adossé à la Cour des Comptes, afin de contrôler le respect de la discipline budgétaire par le gouvernement français.

Un véritable débat démocratique autour des enjeux de la dette publique, des alternatives à l’austérité est indispensable.

Ces politiques austéritaires seront rejetées par les peuples et ne peuvent aboutir qu’au discrédit et au rejet de l’Union européenne. Les courants xénophobes et réactionnaires en seront terriblement renforcés. Nous voulons au contraire construire les bases d’une autre Europe.
En voici quelques aspects.

-Désarmer les marchés financiers en s’attaquant aux paradis fiscaux, et à tous les mécanismes spéculatifs. Une taxe ambitieuse sur les transactions financières doit voir le jour dans l’Union européenne ou au moins dans la zone euro.
-Dissuader la spéculation et sortir de l’asphyxie les économies des pays surendettés ; la BCE doit financer directement les États au lieu de financer à taux presque nul les banques privées pour que celles-ci prêtent ensuite aux États à des taux prohibitifs. Dans le même temps, des audits de la dette doivent aboutir à des restructurations importantes.
-Lancer une révolution fiscale à l’échelle européenne en taxant les riches et les profits et en mettant un terme à l’évasion fiscale pour redonner des marges de manoeuvre à l’action publique.
-Financer l’écologie et l’emploi : des mesures de relance publique et d’investissements massifs sont urgentes pour satisfaire les besoins sociaux, renforcer la convergence vers le haut des droits sociaux en Europe et engager partout la transition écologique qui devient dramatiquement urgente.
-Mettre les banques au service de la société : dissocier clairement les activités de banques de détail de celles d’investissement, de financement et de spéculation, mettre sous contrôle public et démocratique les banques et assurances dans le cadre d’un pôle public bancaire.

En Grèce, en Espagne, en France mais aussi en Allemagne des forces s’élèvent pour réclamer une réorientation radicale de l’Europe pour éviter le désastre social et démocratique en cours. En France, 72% des Français souhaitent pouvoir s’exprimer par référendum. EELV vient de se prononcer contre la ratification. Le Parlement votera-t-il ce texte au mépris de l’opinion et en oubliant les promesses électorales ?

L’adoption du Pacte budgétaire signifierait l’abandon de toute perspective alternative alors qu’un rejet du texte par la France serait le signal décisif pour enclencher une dynamique de refondation démocratique de la construction européenne. Aidons les députés et sénateurs de la majorité présidentielle à le comprendre ! Une manifestation d’ampleur le 30 septembre peut être un signal fort !
trait__tract_3.jpg

 

Pierre Laurent en Corse

SONY DSC                       Le secrétaire national du PCF, de passage en Corse, est interviewé ce 15 août par le journal « Corse matin ».

Pour les 100 jours de François Hollande, Pierre Laurent « espérait mieux dans l’intérêt des Français. Le PS doit s'armer de courage face aux marchés.» Quant à Arnaud Montebourg, il « n’a pas pris de mesures efficaces ».

Les sages du Palais-Royal opposés à la modification de la Constitution pour faire appliquer le traité européen. Qu’en pensez-vous ?

PL Cette décision risque d’entériner définitivement les politiques d’austérité en France et en Europe. En ratifiant ce traité, nous serons pieds et mains liés. Le pacte budgétaire prévoit une austérité drastique pour les pays qui ne respecteraient pas la réduction de leur déficit public. C’est dramatique. On ne sortira pas de la crise si on ne sort pas de l’austérité. De plus, cette ratification va s’opérer dans le dos des Français.

Que proposez-vous pour empêcher la signature du texte ?

PL Nous allons demander au président de la République d’organiser un référendum dès la rentrée. Les électeurs ne sont pas informés de la gravité de ce que contient ce pacte budgétaire. De plus, cette décision, essentielle pour l’avenir du pays, risque une nouvelle fois d’être prise sans consultation. L’enjeu est encore plus important que pour le traité de Maastricht il y a vingt ans, qui était déjà une erreur monumentale. François Hollande s’est fait élire en promettant une rupture avec les politiques d’austérité, maintenant nous demandons des actes.

Comment allez-vous procéder ?

PL Nous allons prendre des initiatives dès la fin du mois pour mobiliser toutes les forces de gauche. Des associations comme Attac sont décidées à agir ; des acteurs du monde syndical aussi, et des voix s’élèvent également parmi les socialistes et les écologistes. La fête de l’Humanité sera un grand rendez-vous pour cette mobilisation nationale. Ensuite, il faut qu’un nombre important de parlementaires de gauche s’opposent à cette ratification lors du vote en septembre.

Quel bilan dressez-vous des cent premiers jours de la présidence Hollande ?

PL J’espérais mieux dans l’intérêt des Français. Il y avait une attente de rupture sur les questions sociales. Certes, le style a changé, la brutalité et l’agressivité d’un Nicolas Sarkozy ont disparu, mais cela ne suffit pas. La situation est trop lourde. Il faut que les socialistes s’arment de courage face aux marchés financiers et mènent les réformes sociales pour lesquelles ils ont été élus.

Quel regard portez-vous sur la gestion des crises sociales de l’été ?

PL Les plans de licenciements se sont accélérés ; on pouvait s’en douter. Les industriels ont attendu la fin des élections pour agir. Il y a eu clairement de leur part une volonté de mettre en difficulté le gouvernement. Ce n’est pas nouveau : les grands groupes profitent de l’été pour opérer une casse sociale. En revanche, le gouvernement aurait dû agir plus tôt et plus fort. Arnaud Montebourg a fait beaucoup d’effet d’annonce, mais il n’a pas pris de mesures efficaces.

Quelles sont les propositions du Front de Gauche sur le sujet ?

PL Nous continuons de proposer l’interdiction des licenciements boursiers, et une nouvelle loi pour les droits des salariés. La dernière date de 1982, autant vous dire que depuis, le monde de l’entreprise a bien changé.

Quelle alternative aux politiques d’austérité ?

PL Il faut se donner les moyens de relancer l’industrie, en soutenant les PME, en développant les politiques de filière. Nous devons également mener une relance sociale qui a besoin d’investissements publics. Dans le domaine du logement, de l’emploi, de l’éducation mais aussi de la santé. Mais surtout, ne nous lions pas les mains avec le pacte budgétaire. Nous voyons bien les résultats des politiques d’austérité dans les pays où elles sont menées.

Pierre Laurent est secrétaire national du Parti communiste français, conseiller régional d'Ile de France et président du Parti de la gauche européenne.

 

La stabilité, la coordination et la gouvernance expliquées aux nuls

referendum_europe_2.jpgLe Front de Gauche exige un référendum sur le Pacte budgétaire européen

Alors que François Hollande a mis à l’ordre du jour la ratification par la France du Pacte budgétaire européen, le Front de Gauche s’élève contre la volonté du président de la République de faire passer un texte aux conséquences économiques négatives. Le Front de Gauche demande l’organisation d’un grand débat public débouchant sur un référendum, afin d’informer le peuple et de lui laisser le dernier mot. Le journal L’Humanité lance la pétition.

D’accord, au beau milieu des congés d’été, le sujet n’est pas des plus enthousiasmants… Il apparaîtrait même comme carrément rébarbatif et réservé à une petite élite, apte à comprendre les sujets économiques… Et pourtant…
Le « traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance » (son titre n’étant déjà pas des plus clairs, on l’appellera plus généralement « pacte budgétaire »), qui a prétendument comme objectif de « sauver l’euro, l’Europe et sortir de la crise », rien que ça, et de nous éviter un « chaos économique et social aux conséquences incalculables », comme si on ne l’avait pas déjà… le dit traité aura sans conteste des répercussions non négligeables sur notre vie quotidienne…
Le pacte budgétaire nous concerne tous, et de près. Essai de « décryptage », car les choses sont tellement « cryptées » en effet, qu’on dirait que c’est fait exprès pour qu’on n’y comprenne rien… mais au Front de Gauche, et même en plein coeur de l’été, on ne doute de rien, et surtout pas de la capacité de réflexion du simple citoyen.

L’austérité qu’imposera ce traité ne peut qu’aggraver la situation en contraignant à réduire les déficits publics à 0,5% du PIB. C’est la fameuse « règle d’or » ou la bible de l’austérité budgétaire à perpétuité. Les Espagnols, qui sont un peu en avance sur nous quant à l’application de cette purge austéritaire, mais pas encore tombés complètement au fond du trou grec, manifestent massivement depuis que Bruxelles leur a accordé 100 milliards, qui ne sont bien évidemment destinés ni aux chômeurs, ni aux services publics, mais aux banques.
Si les Espagnols sont en colère, c’est qu’en échange de ces 100 milliards dont ils ne verront pas la couleur, ils sont concernés, en contrepartie, par un « plan d’ajustement structurel », on continue dans le jargon obscur à souhait, plan concocté par le gouvernement, et qui prévoit, entre autres douceurs, la hausse de la TVA, le gel de salaires des fonctionnaires, la baisse des aides au logement des jeunes et la « libéralisation », c'est-à-dire pour parler clairement, la privatisation, du réseau ferroviaire…

On commence à mieux comprendre pourquoi donc ce «TSCG » est caché aux citoyens de l’Europe?et pourquoi ce silence autour d’un texte si important.

Mais qu’est-ce donc dans le détail que ce pacte budgétaire ?

Tout d’abord une contrainte : celle de limiter à 0,5% du produit intérieur brut le déficit du pays. Bon, on n’arrive déjà pas à respecter la limite théorique de 3% et le déficit français actuel s’élève à 4,5%... Pour arriver à le réduire à 3%, il faut trouver 30 milliards. La dette, quant à elle, ne doit pas excéder 60% du PIB. Pour info, elle est actuellement de plus de 86% de notre PIB. A prévoir donc de trouver quelques milliards pour rentrer dans les clous européens, et suivant les exemples grec et espagnol, de réduire drastiquement les dépenses publiques, quitte à enfoncer toujours plus le pays dans la récession économique. Ces mesures doivent être traduites dans le droit national, « au moyen de dispositions contraignantes et permanentes », si possible inscrites dans la Constitution.

Et si ça ne marche pas, ce qui, en général, est le cas ? Que fait-on du mauvais élève ? Des sanctions sont évidemment prévues. « Un mécanisme de correction est déclenché automatiquement si des écarts importants sont constatés par rapport à l’objectif. Ce mécanisme comporte l’obligation de mettre en œuvre des mesures visant à corriger ces écarts » d’après un calendrier fixé par la Commission Européenne.
Rappelons que ladite Commission, indépendante des gouvernements des États membres et actuellement présidée par le Portugais Barroso, joue un rôle particulièrement important tout en n’étant pas directement issue du Parlement européen, élu, lui, au suffrage universel, mais personne, sauf de mauvais esprits, ne verra là un souci démocratique.

C’est donc bien un véritable système de contrôle des politiques budgétaires des États qui est ainsi déterminé. L’automaticité des mesures coercitives permet d’éviter tout débat. On peut aussi dénoncer l’un de ses petits camarades, puisque l’un des Etats de l’UE peut saisir la Cour de justice et demander des sanctions, «?une somme forfaitaire ou une astreinte adaptée aux circonstances » mais ne dépassant pas, ouf, 0,1% du PIB. Deux milliards tout de même, en ce qui concerne la France.

François Hollande avait fait de l’objectif de la renégociation de ce traité l’un des axes essentiels de sa campagne. Parmi ses soixante engagements, la proposition numéro 11 est la «?réorientation de la construction européenne?», qui stipule?: «?Je renégocierai le traité européen issu de l’accord du 9?décembre 2011 en privilégiant la croissance et l’emploi et en réorientant le rôle de la Banque centrale européenne dans cette direction?». Le candidat socialiste l’a fortement réaffirmé à plusieurs reprises lors de sa campagne. Or, ce pacte qui met sous la coupe des politiques d’austérité européennes les budgets nationaux reste inchangé. De même que le rôle de la BCE, qui refuse toujours de prêter aux États, mais prête seulement aux banques privées. Certes, le président de la République revendique l’ajout d’un volet croissance. Seulement, sur les 120?milliards d’euros annoncés par François Hollande pour la croissance, l’essentiel était déjà budgété en 2011. Seuls 10?milliards d’euros vont servir à recapitaliser la Banque européenne d’investissement pour de nouveaux projets. La faiblesse de cette somme ne peut masquer l’essentiel, à savoir que le pacte budgétaire européen demeure.

Le Front de Gauche estime qu’il ne peut pas y avoir de ratification parlementaire sans que ces dispositions aient été portées à connaissance des citoyens. Il lance donc la mobilisation en faveur de l’organisation d’un référendum, et promet une mobilisation en masse à la rentrée si le gouvernement refuse la consultation populaire.

Débat public et information du peuple pour lui permettre de prendre sa décision finale sur un sujet qui touche à la souveraineté nationale, le droit de décider du budget de la nation, sont indispensables. Le Front de Gauche se prononce contre la ratification en l’état d’un traité qui aurait des conséquences néfastes sur l’économie française. Alors que le gouvernement veut, fin septembre, faire adopter le traité de stabilité par le seul Parlement dans un package avec d’autres sujets, le Front de Gauche estime que les Français doivent être informés et consultés.

Les responsables du Front de Gauche expliquent pourquoi ils s’engagent dans cette bataille.

Christian Picquet, responsable national de Gauche Unitaire
« Le gouvernement français serait lié par des contraintes budgétaires qui lui interdiraient de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu. Signer le Pacte de stabilité donnerait une trajectoire à la politique gouvernementale pour le quinquennat, qui serait totalement contraire à ce pourquoi les Français ont voté au printemps. Cela orienterait vers une austérité généralisée avec une baisse des dépenses publiques, une diminution du coût du travail pour alléger les cotisations patronales, au moment où les grands groupes affichent des dividendes insolents. Cette trajectoire là, rien ne la justifie. »

Martine Billard, coprésidente du Parti de Gauche
« Il est donc fondamental d’alerter les citoyens sur la situation et les conséquences concrètes de la ratification d’un tel traité. Il y a urgence, et on va mener cette bataille dès maintenant. »

André Chassaigne, président du groupe de la gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale
« Quelles que soient les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel, c’est-à-dire que ce traité soit à inscrire dans la Constitution ou fasse l’objet d’une loi organique, nous défendrons la voie référendaire. L’alternative que nous opposons à ce traité est le changement du statut de la Banque centrale européenne afin qu’elle puisse notamment accorder des prêts directs aux États et disposer de capacités de création monétaire. ?Un fonds européen doit être créé pour financer?un véritable programme de développement économique, social et environnemental. »

Le Front de Gauche a annoncé que ses députés voteraient contre la ratification du traité au Parlement et L'Humanité lance dès à présent une pétition pour un référendum sur le Pacte budgétaire européen.

La ratification ou non du pacte budgétaire européen, concocté par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et qui demeure tel quel aujourd’hui, sera le premier test de la volonté ou non de la gauche au pouvoir de rompre réellement avec les politiques qui, jusqu’à présent, nous ont amenés, en France comme en Europe, dans le mur de la crise économique, financière et sociale.

Pétition à signer en ligne ou, si votre serviette de plage n’est pas équipée d’une connexion Internet, auprès des militants du FdG les plus proches.

 

Le piège de la dette

L’austérité n’est pas la solution pour échapper au piège de la dette

Tribune de Pierre Khalfa, co-président de la Fondation Copernic, co-animateur du Collectif pour un Audit citoyen? de la dette, dans L’Humanité du 3 juillet 2012

La dette publique sert de prétexte à une régression sociale sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale. François Hollande a décidé de respecter l’engagement de Nicolas Sarkozy de réduire le déficit public à 3?% du PIB en 2013, puis d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2017, avec pour conséquence des premières coupes drastiques dans les dépenses publiques. Pire, en voulant ratifier le pacte budgétaire, le pacte Merkozy, il condamne la France à une austérité permanente. Trois instituts économiques indépendants, OFCE (France), IMK (Allemagne) et Wifo (Autriche) ont ainsi chiffré à 7 points de PIB sur la période 2010-2013 son impact sur la croissance de la zone euro. Et le simulacre du pacte de croissance n’y changera, hélas, rien.

Pourtant, il est possible de faire autrement. Non, la croissance de la dette publique n’est pas due à une augmentation inconsidérée des dépenses publiques, celles-ci ayant même eu tendance, avant la crise, à baisser. La croissance de la dette publique trouve sa source en deux endroits. Elle est due d’abord à un manque de recettes fiscales. Comme l’a indiqué Gilles Carrez, ancien rapporteur UMP du budget à l’Assemblée nationale, si la fiscalité était restée ce qu’elle était en 2000, la France aurait connu un excédent budgétaire en 2006, 2007 et 2008. Ce sont les cadeaux fiscaux faits aux ménages les plus riches et aux grandes entreprises qui sont à l’origine des déficits publics. Elle est due ensuite au fait que la France a été obligée d’emprunter sur les marchés financiers, au lieu de pouvoir le faire auprès de la Banque de France. Le taux d’intérêt réel auquel la France a emprunté depuis 1980 a été supérieur au taux de croissance, entraînant ainsi une augmentation mécanique de la part de la dette dans le PIB. Ce que les économistes appellent l’effet boule de neige. Nous avons abouti à une situation hallucinante qui voit les banques se refinancer à 1?% auprès de la Banque centrale européenne (BCE) et prêter aux États à des taux nettement supérieurs.

Comment donc sortir du piège de la dette?? Tout d’abord en évacuant les mauvaises solutions. L’austérité n’est pas la solution, elle est le problème. Socialement inacceptable car elle entraîne une paupérisation de la population, elle est économiquement stupide, car elle est porteuse d’une logique récessive qui aggrave in fine les déficits publics et fait gonfler la dette.

Sortir du piège de la dette suppose d’agir à trois niveaux. D’une part, il faut une réforme fiscale d’ampleur qui redonne des marges de manœuvre à l’action publique. D’autre part, il faut une nouvelle politique monétaire afin que la BCE, sous contrôle démocratique européen, puisse financer les déficits publics à très faible taux. Enfin, il faut une réforme profonde du système bancaire afin de reprendre le contrôle des banques qui doivent assurer le financement de la transition écologique, des activités tournées vers la satisfaction des besoins sociaux et l’emploi.

Ces orientations supposent que le gouvernement ait la volonté politique de mener une bataille politique en Europe pour les imposer, en s’appuyant sur les mobilisations populaires qui existent aujourd’hui dans de nombreux pays européens. Force est de constater que le choix de François Hollande n’a pas, hélas, été celui-là.

copernic.jpg
Depuis 1998, la Fondation Copernic travaille à « remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers ». Soucieuse de son indépendance et restant par principe hors du jeu électoral, Copernic n’est liée à aucun parti politique, aucun syndicat, aucune association, mais s’adresse à toutes les organisations politiques, syndicales et associatives, et surtout à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l’ordre néolibéral.
Par l’intermédiaire de ses groupes de travail (rassemblant des universitaires et des acteurs du mouvement social), dont les conclusions sont éditées sous forme de courts ouvrages argumentés (les Notes et Documents de la Fondation Copernic), Copernic prend part au débat public et tente d’apporter un autre éclairage sur les questions sociales et économiques. Résolument engagée auprès de toutes celles et ceux qui luttent pour une société moins inégalitaire, et de toutes celles et ceux qui en souffrent, Copernic diffuse de courts argumentaires (les Copernic-Flashs) et maintenant des Cahiers, destinés à outiller chacun-e, et pas seulement les militant-e-s, en arguments et en propositions alternatives. Réforme du droit du travail ou de la fiscalité, constitution européenne, réforme de l’assurance maladie, lois sécuritaires, retraites, dépendance, démantèlement des services publics ou de la médecine du travail, campagne pour l’eau publique, pour l’égalité des droits… A chaque fois, Copernic informe, analyse, propose.
Cette année, la Fondation Copernic fêtera ses quatorze ans et continue plus que jamais à croiser les regards de syndicalistes, d’associatifs, de fonctionnaires et d’universitaires, pour « remettre à l’endroit ce que libéralisme fait fonctionner à l’envers ».
Après avoir été à l’origine du collectif « Non à la guerre en Irak », co-animé avec le Mouvement de la paix, après avoir lancé l’Appel des 200 qui amorça la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005, la Fondation Copernic, avec Attac, a fortement contribué en 2010 (près de 500 réunions publiques en 5 mois) à la campagne unitaire pour défendre le droit à la retraite à 60 ans. Elle continue sa campagne « Travailler tue en toute impunité », pour que les employeurs soient enfin rendus responsables des conditions de travail des salariés. Aujourd’hui, Copernic participe au Collectif pour un Audit citoyen de la Dette publique et au Collectif pour un Pôle Public Financier en faveur des droits. Elle a également initié la campagne nationale unitaire actuelle contre le Logement cher, avec le DAL et la Plate-forme Logement des Mouvements sociaux.

 

Débarrassons-nous de la dissuasion nucléaire

Hollande-Bombeducrane150.gifNon Monsieur le Président, la « dissuasion » nucléaire ne contribue pas à la Paix, ni à la sécurité de la France, ni à celle de la planète !

"Je me suis engagé devant les Français pour préserver la dissuasion nucléaire parce que c'est un élément qui contribue à la paix" affirme François Hollande lors d'une conférence de presse en marge du sommet de Rio, en réponse à la proposition de l'ancien Premier Ministre Michel Rocard sur BFM TV de supprimer l'inutile budget de la dissuasion française.

C’est pourtant la théorie erronée de la dissuasion qui demeure le principal argument de la prolifération nucléaire. Car si les armes atomiques sont si bénéfiques que cela, pourquoi dès lors ne pas permettre leur acquisition par tous ?

A contrario, dans le cadre du sommet de l'ONU sur la Terre, le président de la République aurait pu élargir le propos en invitant les puissances nucléaires à s’engager dans un processus d'élimination de l'arme nucléaire pour consacrer les budgets ainsi dégagés aux financements des grands enjeux de la planète : environnement, climat, agriculture, énergie, objectifs du millénaire pour le développement...

Il n’est plus tolérable de continuer, d'un côté, à produire les outils de l'apocalypse, et de l'autre, de ne pas donner les moyens à la sauvegarde de la Planète et à la satisfaction des besoins humains élémentaires (faim, santé, éducation, habitat, culture). Pour le Mouvement de la Paix, la vraie dissuasion, c’est la construction d’un monde plus juste, plus solidaire, plus démocratique. C’est le sens du programme « Culture de la Paix » de l’ONU.

Certes, le président de la République confirme que la France prendra toute sa place dans les négociations et discussions sur le désarmement nucléaire. Le Mouvement de la Paix demande au président de la République de ne pas en rester au verbe et d’engager la France dans le soutien à la Convention d’élimination des armes nucléaires, actuellement soutenue par 146 États. La France se grandirait de jouer un rôle moteur dans ce processus, en respectant les engagements du Traité de non-prolifération bafoués depuis 20 ans en gelant le programme de nouveaux missiles à tête nucléaire M51 et en s'opposant au projet de défense anti-missile des USA en Europe qui relance déjà la course aux armements nucléaires.

Selon le sondage IFOP/Mouvement de la paix, publié en mars 2012 : "81% des français sont favorables à l'engagement de la France dans un processus de Convention internationale d'élimination totale et contrôlée des armes atomiques".

Au moment où on nous annonce qu’il faut d’urgence trouver 10 milliards pour le budget 2013, il y a là près de 4 milliards disponibles en renonçant à la modernisation illégale des armes atomiques françaises.

Le Mouvement de la Paix invite les citoyennes et citoyens à amplifier leur engagement pour sauver la planète de la destruction atomique, et à soutenir la Lettre-pétition au président de la République du Collectif français de la Campagne internationale pour abolir l’arme nucléaire (ICAN – France).

Communiqué du mouvement de la Paix

signer la lettre-pétition

voir le site du Mouvement de la Paix

 

Non au pacte budgétaire, pas d'Europe sans citoyens !

Voici une lettre ouverte à François Hollande, initiée par Attac et la Fondation Copernic.

A l'heure où l'Europe vacille sur ses bases, où le "Pacte budgétaire" veut verrouiller l'austérité ad vitam aeternam, et où l'exclusion de la Grèce semble programmée si elle vote "mal", la position française sera absolument décisive. Laurent Fabius a envoyé un mauvais signal en déclarant "On ne peut pas à la fois vouloir rester dans l'euro et ne faire aucun effort" (déclaration sur FranceTV). C'est pourquoi il est indispensable que la société civile française se manifeste fermement auprès de François Hollande, en même temps que d'autres appels et initiatives européens qui sont en gestation.

Lettre ouverte à François Hollande
Non au « Pacte budgétaire », pas d'Europe sans citoyens !

Monsieur le président de la République,
Lors de la campagne électorale, vous avez annoncé votre volonté de renégocier le Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) de la zone euro, dit Pacte budgétaire, signé par Nicolas Sarkozy et 24 autres dirigeants européens le 2 mars dernier.
Ce traité durcit et rendrait irréversibles les politiques d'austérité en Europe en interdisant définitivement tout déficit « structurel » supérieur à 0,5%. Le déficit « structurel », notion incompréhensible des citoyens et fort controversée parmi les économistes, sera évalué de façon arbitraire par les experts de la Commission. Le Pacte budgétaire prévoit des sanctions automatiques contre les pays contrevenants, coupant court à tout débat. L'aide aux pays en difficulté, prévue par le Mécanisme européen de stabilité, sera conditionnée par l'application de plans d'austérité, de privatisation et de libéralisation.
Les marchés financiers et les banques, activement soutenus par la BCE, continueraient à imposer leur loi aux gouvernements. L'Europe s'enfoncerait encore plus dans la dépression et le déni de démocratie, et signifierait la misère pour le plus grand nombre. L'extrême droite continuerait à se renforcer jusqu'à imposer ses thèses autoritaires et xénophobes sur les débris de l'Union européenne.
Pour éviter cela vous souhaitez « ajouter un volet sur la croissance » au Pacte budgétaire. La croissance ? Nous ne voulons plus de cette croissance prédatrice et inégalitaire portée par le néolibéralisme. Des appréciations différentes existent parmi nous sur la possibilité et la désirabilité d’une croissance verte. Mais en tout état de cause les mesures d’austérité prises simultanément dans tous les pays ne peuvent qu’aggraver le chômage et bloquer la transition écologique et les dispositions du Pacte de stabilité sont contradictoires avec votre exigence de croissance. Vous savez en outre que les « réformes structurelles » - précarisation du travail, privatisation de la protection sociale et des services publics - sont déjà présentées par la BCE et le FMI comme un passage nécessaire pour « retrouver la croissance ». Pour notre part, nous pensons au contraire que l'Europe doit aujourd'hui porter une ambition sociale et écologique à la mesure des enjeux, en finançant un plan massif pour la préservation des ressources naturelles et la transition énergétique, pour l’emploi et la satisfaction des besoins sociaux. Et qu'elle doit se doter à cet effet de politiques fiscale, budgétaire et monétaire infiniment plus ambitieuses et solidaires.

Vous espérez convaincre Angela Merkel et les autres dirigeants d'introduire des « project-bonds » et « euro-bonds » pour financer des grands projets européens. Mais, même si vous y parveniez, le volume de ces emprunts permettra-t-il de compenser significativement l'énorme impact récessif du Pacte ? Et puisque ces emprunts devront être souscrits auprès des marchés financiers, quelles conditions ceux-ci imposeront-ils ? La mutualisation des dettes européennes, ainsi conçue, ne réduira guère le pouvoir exorbitant de la finance, au contraire. Pour dénouer les liens qui asservissent les États aux marchés financiers, il faut que la BCE puisse racheter massivement les dettes des États membres et financer ceux-ci à des taux faibles pour engager la transition écologique et sociale. Cela implique de corriger une anomalie démocratique : placer la BCE sous contrôle politique des citoyens et de leurs représentants élus. Il faut aussi un véritable budget communautaire et une harmonisation vers le haut des politiques sociales et fiscales européennes. Selon nous, le pacte budgétaire empêcherait d'aller dans ce sens et doit être rejeté. C’est la condition de la nécessaire refondation de l'Europe.

Elle ne peut provenir que d’un que d'un sursaut démocratique des sociétés européennes. C’est pourquoi un débat public s'impose : donner la parole au peuple est un impératif. Des résistances sociales et citoyennes émergent dans de nombreux pays contre les politiques d'austérité. Face à la montée de l'extrême droite il faut d'urgence non pas moins mais plus de participation populaire, plus de démocratie en France et en Europe. Vous pourrez y contribuer en convoquant un référendum pour mettre en débat le traité européen, avec ses éventuels compléments, dont le contenu déterminera l'avenir de l'Europe. Vous donnerez ainsi l'occasion au peuple français d'exprimer ses attentes et d'élaborer ses propositions pour la refondation européenne. Vous encouragerez des démarches similaires dans d'autres pays, pour exprimer la volonté populaire d’un changement en Europe. Vous montrerez que, pour vous comme pour nous, l'Union européenne et l'euro ne retrouveront un avenir que si nous construisons la souveraineté démocratique des peuples européens.

 

SODIMEDICAL : j'ai sollicité l'intervention de François Hollande

SODIMEDICAL

C'est aujourd'hui que François Hollande succède à Nicolas Sarkozy. Cet événement nous y avons contribué car sans l'apport des 4 millions de voix du Front de Gauche le départ de Nicolas Sarkozy aurait été impossible. Cette journée est annoncée comme celle des symboles, hommages à Jules Ferry et Irène Curie.
Souhaitons également qu'elle soit celle d'un nouveau départ concernant le traitement des questions sociales et le respect des salariés. J'ai tenu sans attendre à alerter le nouveau président de la République sur la situation des salarié-e-s de SODIMEDICAL qui ne peuvent plus attendre. Vous trouverez ci dessous la lettre que j'ai fait parvenir à François Hollande.

F Hollande

Monsieur le Président de la République,

En cette journée de votre prise de fonction officielle de Président de la République française se concrétise notre victoire du 6 mai 2012. Je partage le soulagement de tous ceux qui ont vécu très difficilement ces dernières années. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a fait tant de dégâts au plan social et a tant abîmé la France que le chantier est aujourd’hui immense... Le besoin d’une politique nouvelle, plus juste, plus égalitaire, plus respectueuse dans tous les domaines est là.
J’ai conscience de l’ampleur des défis qui sont à relever dans tous les domaines au plan national, européen et mondial. Les urgences sont nombreuses. Parmi celles-ci je souhaite attirer solennellement votre attention sur la situation particulièrement dramatique des salarié-e-s de l’entreprise SODIMEDICAL située à Plancy l’Abbaye (Aube).

sodi PM JL MDepuis plus de 7 mois ces salariés, des femmes en majorité, qui ont vu leur production délocalisée en Chine, ne sont plus payés par leur employeur alors qu’ils ne sont aucunement licenciés. Ces salariés sont victimes de la stratégie destructrice de leur entreprise et d’un comportement de la société mère Lohmann et Rauscher que l’on ne peut que qualifier de « voyou ». Les décisions de justice favorables aux salariés ne sont pas appliquées, pas plus que ne sont respectées les différentes obligations de l’employeur alors que l’entreprise continue de bénéficier de l’octroi de marchés publics principalement dans les hôpitaux publics et les groupements sanitaires. Jusqu’à ce jour toutes les demandes qui ont été formulées auprès du précédent gouvernement pour mettre en place sous l’autorité de l’Etat des moyens exceptionnels pour tenir compte d’une situation exceptionnelle sont restées vaines. Les salarié-e-s ne doivent leur survie que par leur exceptionnel courage et l’immense mouvement de solidarité et de générosité financière dont font preuve les salariés et les aubois tandis que jusqu’à aujourd’hui l’Etat est aux abonnés absents.
Alors que l’argent existe dans les caisses de l’entreprise pour honorer les salaires en retard il n’est pas acceptable que ceux-ci continuent de ne pas être versés et que les salariés soient confrontés aux pires difficultés pour manger, se soigner et faire soigner leurs enfants, pour faire face tout simplement aux besoins les plus élémentaires. Il est scandaleux de voir que dans la passivité et l’indifférence de l’Etat des salariés se voient fermer leur compte en banque (pour absence de mouvements !), menacés de coupures de Gaz et d’EDF, d’expulsions de leur logement pendant que leur entreprise s’affranchit de toutes ses obligations en toute impunité.

Monsieur le Président cette situation qui n’a que trop duré ne peut rester plus longtemps en l’état. Compte tenu du contexte et de l’attitude qui a été celle jusqu’à présent des représentants locaux de l’Etat et du Gouvernement précédent il me semble indispensable que soit missionné dans les meilleurs délais un responsable disposant de moyens d’actions pour sortir au plus vite d’une situation qui ne peut perdurer. L’organisation rapide d’une table ronde me semble s’imposer.

J’avais avancé le 24 février dernier dans une lettre à François Baroin, alors ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, que vous trouverez ci-joint, un certain nombre de propositions qui restent pleinement d’actualité. Cette lettre, comme d’autres, est restée sans réponse aucune du ministre.
Nous avons œuvré pour tourner la page d’une telle désinvolture et d’un tel mépris vis-à-vis des salariés, de l’emploi et dans ce dossier de la plus simple humanité.
Je vous remercie Monsieur le Président de l’attention que vous porterez à la situation des « Sodimédical » et des initiatives urgentes qui pourront être mises en œuvre.

 

L'impact de l'élection de François Hollande sur la transition géopolitique globale (2012-2015)

plan_te_terre.jpgDe nombreuses questions, quand ce ne sont pas des projections parfois hasardeuses, sont posées ici et là, dans la perspective (maintenant probable), de l'élection de François Hollande, notamment sur les aspects économiques, mais aussi concernant les relations internationales.

Sur ce dernier sujet, LEAP/E2020 (toujours très en pointe sur l'anticipation globale), souligne deux tendances marquantes qui vont caractériser les deux premières années du nouveau pouvoir français :

. l'affirmation par la France d'une politique européo-gaullienne (ou mitterando-gaullienne), c'est-à-dire faisant de l'indépendance de la politique extérieure européenne une priorité stratégique;

. l'exploration à vitesse accélérée des relations possibles avec les BRICS, notamment dans un contexte de futur partenariat Euro-BRICS.

François Hollande est resté très discret en matière de politique étrangère car, d'une part, elle n'est pas au cœur des préoccupations des Français pour cette élection 2012 et car, d'autre part, on n'annonce pas à l'avance des changements importants dans ce domaine.

Les arguments pour de tels changements étant pléthore et leur mise en œuvre ne risquant pas de générer de difficultés dans l'opinion publique qui, d'une manière générale, s'est sentie trahie par l'inféodation américaniste de la période sarkozienne, il n'y a en effet aucune raison de se précipiter. Comme il l'a annoncé pour la question de la réintégration de la France dans l'organisation militaire intégrée de l'OTAN, il s'appuiera sur une évaluation objective des avantages et inconvénients de cette décision. Le résultat est connu d'avance puisque le président sortant n'a rien négocié (et donc rien obtenu) en échange du retour de la France dans cette organisation militaire. Il y aura donc une action en deux temps : l'exigence d'un certain nombre de contreparties en terme de positions militaires clés pour la France au sein de l'OTAN et de la mise en place d'ici 2015 au plus tard d'un pilier européen de défense hors OTAN mais relié à l'OTAN. La France pourra compter sur le soutien de la plupart des pays européens continentaux que les aventures libyenne et afghane ont définitivement convaincus de la nécessité de changements radicaux au sein de l'Alliance atlantique. Moyennant une prise en charge budgétaire accrue de la part des Européens des coûts de leur propre défense, les Etats-Unis, faisant face à des réductions drastiques de leur budget militaire, accepteront bon gré-mal gré. Et seul le Royaume-Uni s'opposera à cette évolution avant de s'y rallier puisqu'il n'a plus les moyens financiers, militaires et diplomatiques de sa politique.

En matière globale, à la suite de l'Allemagne déjà bien engagée dans le processus de coopération diplomatique avec les BRICS, la France engagera une approche plus stratégique, avec une logique européenne (eurolandaise) commune, qui visera à formuler des axes communs d'action Euro-BRICS au niveau des organisations internationales (réformes du FMI, du Conseil de Sécurité de l'ONU, …) et surtout de réforme fondamentale du système monétaire international (question du remplacement du Dollar US comme pilier du système). Le sommet du G20 à Moscou au premier semestre 2013 marquera la première concrétisation de cette évolution.

En stimulant ces deux seuls changements (et on peut supposer qu'il y en aura d'autres), le nouveau pouvoir français, avec une approche européenne exemplaire, aura ainsi contribué de manière décisive à l'évolution de la gouvernance mondiale post-crise.

 

Jean-Pierre Bel : "Soyons clairs : la réforme territoriale sera abrogée".

Liberte_egalite_fraternite.jpg(Sources : lemonde.fr) Jean-Pierre Bel, président (PS) du Sénat, expose au Monde les projets de François Hollande, candidat socialiste à l'élection présidentielle, pour les collectivités territoriales.

Où en est la décentralisation et comment doit-elle évoluer, selon vous ?

Depuis cinq ans, Nicolas Sarkozy a mis en œuvre une forme de recentralisation. Il a reconcentré le pouvoir dans les préfectures, notamment les préfectures de région, qui se substituent en certains domaines aux préfectures de département. Cela a encouragé tous les effets pervers sans même maintenir la présence de l'Etat dans les départements. Un double mouvement de crispation autoritaire et de concentration s'est opéré. Il nous faut aujourd'hui réenclencher une nouvelle démocratie territoriale et redonner de l'autonomie financière aux collectivités.

Que proposez-vous ?

Pour donner un nouveau souffle à la démocratie territoriale, il faut recréer un pacte de confiance entre l'Etat et les collectivités locales. Pour nous, les collectivités ne sont pas une charge, c'est une richesse. Il faut être clair, nous l'avons toujours dit : la réforme qui a instauré les conseillers territoriaux sera abrogée. Nous allons reprendre la dynamique des contrats de plan Etat-région.

Si le PS arrive au pouvoir, comment associerez-vous les exécutifs nationaux et régionaux ?

Nous proposons la création d'une structure nationale permanente, une forme de "haut conseil", qui réunira les associations représentant les différents niveaux de collectivités territoriales, en lien direct avec le gouvernement. Elle sera obligatoirement consultée sur tout projet de réforme pouvant avoir des incidences dans l'exercice des compétences des collectivités locales. Le Sénat aurait évidemment un rôle, dans cette structure, pour faciliter les échanges et les relations entre les différents acteurs concernés.

N'est-il pas nécessaire de simplifier le "mille-feuilles" territorial ?

Plutôt que de simplifier, terme qui s'est souvent confondu avec dépouiller, je préfère parler de clarifier. Il faut promouvoir un pacte de gouvernance territoriale, dans le cadre d'une conférence des exécutifs locaux. Cette conférence sera réunie dans l'année suivant les élections.

Il faut renforcer le pouvoir des régions, en leur donnant des compétences étendues en matière de développement économique, d'innovation et de formation. Celle-ci est encore trop morcelée ; il faut vraiment considérer que le chef de file en ce qui concerne la formation, c'est la région. Les régions doivent pouvoir accéder directement aux fonds structurels européens, sans que cela transite par le préfet.

Il faut mieux prendre en compte la diversité des territoires, notamment en favorisant les possibilités d'adaptation réglementaire d'une loi en fonction des spécificités, sur des champs déterminés par le législateur, et les capacités d'expérimentation. Jean-Pierre Raffarin avait commencé à ouvrir cette possibilité ; nous allons la reprendre. Donnons un peu de souplesse à notre système !

La suppression du conseiller territorial va-t-elle entraîner une révision des modes de scrutin aux régionales et aux cantonales ?

Pour les régionales, c'est simple : on reviendrait à ce qui a bien fonctionné et qui a fait ses preuves, c'est-à-dire la prime majoritaire au scrutin proportionnel. Pour les conseillers généraux, je pense que les esprits sont ouverts aujourd'hui à une forme de proportionnelle. C'est nécessaire si on veut assurer une meilleure représentation et aller vers la parité.

Que proposez-vous pour la fiscalité locale ?

D'abord, toutes les politiques qui relèvent de la solidarité nationale doivent être financées par le budget national. Puisque ce sont les départements qui sont concernés par ce volet, on pourrait attribuer aux départements une fraction de la CSG.

Ensuite, il faut revenir sur les conséquences négatives de la suppression de la taxe professionnelle. Nous voulons redonner un véritable pouvoir fiscal aux régions. Le barème d'imposition mis en place sur la valeur ajoutée doit être revu, afin que ce ne soit pas au détriment de l'Etat.

Il faudra une nouvelle répartition des impôts entre les régions, les départements et les communes. Chaque collectivité disposera d'un panier d'impôts, assis sur les ressources des ménages et des entreprises, avec la possibilité, pour les assemblées locales, d'en moduler les taux.

La révision des valeurs locatives est absolument nécessaire pour renforcer l'équité et la justice. Enfin, il faudra intégrer les revenus dans l'assiette de la taxe d'habitation.

Comment comptez-vous revivifier la démocratie locale ?

Nous allons d'abord donner un véritable statut aux élus locaux. Je ne reviens pas sur le droit de vote des étrangers aux élections municipales. Nous irons vers une limitation du cumul des mandats : on ne pourra pas être parlementaire et présider en même temps un exécutif local. On pourrait même s'interroger sur une limitation de la durée des mandats successifs, mais cette question n'est pas tranchée.

Avec le droit de pétition, une assemblée locale sera obligée de se prononcer sur un sujet qu'un certain nombre de citoyens souhaitent voir mis en discussion. Nous voulons également renforcer la participation des citoyens en mettant en place des conseils de développement, qui ont le mérite d'associer plus largement des chefs d'entreprise, responsables d'association ou simples citoyens. La démocratie participative est un principe qui n'est pas oublié.

 

Ce soir au 20h de TF1, c'était tout "un faux"...

clown.jpg Tout était fait ce soir, par la rédac du JT de 20h sur TF1, pour servir la soupe au candidat de l'UMP. Les résultats de l'Insee concernant le 4ème trimestre 2011, de bons commentaires de bons envoyés spéciaux, des ITWS de salariés confiants... Ca va, ils ne sont pas trop partisans, chez Bouygues... Ils traitent juste d'un slogan.

Pendant ce temps, François Hollande labourait le terrain et comme le souligne Marc-Antoine Jamet, secrétaire fédéral du PS de l'Eure : (...) "Le candidat socialiste a fait un choix pour présenter son projet : s'adresser avec honnêteté aux Français, à la France, choisir la proximité, la chaleur et la convivialité. C'est un nouveau style, un nouveau cours, un nouveau comportement. Celui d'un Président. Le sortant a préféré être seul face à l'écran complice de TF1. Quel fossé entre ces deux images, entre ces deux hommes ! C’est toute la différence qui existe entre un rapport à notre pays et ses habitants fondé sur l’écoute, le respect et le rassemblement tel que François Hollande le conçoit et une relation fondée sur la défiance souvent, l’hostilité toujours, l’agression parfois involontaire, qui heurte et qui belle, caractéristique majeure du Président sortant et qui explique qu’il batte des records d’impopularité. Chaque individu, chaque catégorie, par lui, s'est senti un jour humilié." (...).

Sans commentaire.

 

En direct de La Rochelle.

la_rochelle.jpeg Quelques blogueurs, et pas des moindres, sont allés "couvrir" l'Université d'été du PS à La Rochelle. Ils nous livrent leurs premières impressions. Merci à Nicolas, Dagrouik, Melclalex, Seb Musset, Romain Blachier, et d'autres.

Ce qui en ressort, comme dans les sondages, c'est la course en tête de François Hollande. Personnellement, cela me convient, même si je sais bien que ce ne sera pas le soir du grand jour...