MONTPELLIER ET LA CRISE SYSTEMIQUE DU CAPITALISME.

Ne nous laissons pas tromper : la crise économique et financière que nous connaissons ne date pas de septembre !

Le gouvernement s’est échiné à nous dire que la situation de nos banques est saine en oubliant de nous rappeler que la Société Générale, Natixis et le Crédit Agricole ont dû colmater les brèches du scandale des « subprimes » en 2007. En 2008, les banques françaises ont touché comme toutes les banques, aux fameux actifs pourris… Le résultat, nous le voyons : Les montpelliérains, comme tous les Français, seront touchés de deux façons : dans leurs vies et leurs activités privées et par les effets de la crise sur les collectivités locales par l’intermédiaire de DEXIA. .../...

De quoi DEXIA est-elle le nom ?

Disons-le de façon claire : d’une volonté politique en faveur du capitalisme financier. Depuis le Traité de Maastricht (repris par le traité de Lisbonne art 123), l’Union Européenne (et donc les gouvernements de l’époque) fait obligation aux Etats et aux collectivités locales de faire leurs emprunts auprès des banques privées et en fonction des règles du marché.

Le Crédit Local de France (CLF) était la banque autonome des collectivités locales depuis 1966 (avant cette date, c’était une partie de la caisse des dépôts et des consignations (CDC) et des CNP). Après sa privatisation en 1991, le CLF fusionne avec le crédit communal de Belgique pour former DEXIA en 1996, avec pour seule mission : être leader mondial sur le financement du secteur public local, ce qu’elle est aujourd’hui.

DEXIA Crédit Local de France a utilisé les mêmes outils, les mêmes mécanismes de prêt, les mêmes techniques de spéculation que n’importe quelle banque. Les collectivités locales, quelques soient leurs investissements, ont été soumis aux règles « de la main invisible du marché ». Aujourd’hui, ¼ des prêts (sur 105 milliards d’euros de prêts) consentis l’ont été avec des taux variables.

Quand le Parlement décida de centraliser les fonds du Livret A, c’était dans « l’objectif de transformer cette ressource liquide en prêts à long terme au-delà de l’horizon habituel des banques ». Cette méfiance contre la spéculation à court terme ne date pas de la Libération, mais de 1837… Ce qui est risqué pour les particuliers, va avoir des conséquences lourdes pour les collectivités, y compris Montpellier.

La « main invisible du marché » fait-elle les poches de Montpellier ?

Montpellier est dans une situation plutôt saine car elle est peu endettée. Cependant elle doit faire face comme beaucoup à plusieurs phénomènes tout en devant respecter les règles budgétaires (dont l’obligation d’avoir un compte en équilibre entre dépenses et recettes). Il y a deux phénomènes principaux : la hausse des prix des matières premières et la hausse des taux d’intérêts pour ses emprunts d’investissements.

Tout le débat autour de la hausse du ticket de cantine vient de la spéculation sur les matières premières. Le prix du ticket de cantine ne peut être une hausse d’impôt déguisée car les collectivités ne peuvent pas augmenter au delà des taux de certains indices. Autre exemple est celui du logement social. L’ACM est obligé d’augmenter les loyers de 2,6% au 1er janvier 2009. De plus, les taux d’intérêts qui augmentent, c’est aussi une gêne pour la construction du logement social. La mairie de Montpellier, le CHRU et les centres de recherches sont les plus gros employeurs de Montpellier. Ce sont aussi ceux qui investissent le plus sur le plan local. Outre les emplois directs, leurs décisions impliquent des emplois indirects.

L’affaire du parking de l’hôpital (les communistes sont intervenus car des solutions techniques existent pour que cela ne coûte pas un euro aux personnes malades et à leurs familles) ne doit pas masquer la crise politique plus profonde : le gouvernement que soutient Jacques Domergue et son groupe conditionne les sommes qu’il doit verser (de 9 à 13 millions d’euros) au CHRU de Montpellier à un budget en équilibre… Pour l’UMP, la santé et la qualité d’un service public tiennent en un bilan comptable.

A un moment où l’on veut privatiser la Poste pour l’apport de fonds mais où il faut nationaliser les banques parce qu’elles manquent de fonds ; à un moment où le gouvernement veut financer la recherche française par la vente d’EDF (les sommes reçues iront sur un fonds, c’est les fruits du placement qui serviront aux campus), le débat que la place des services publics, leur financement et leur contrôle n’est pas vain ou futile comme a pu le dire Jacques Domergue lors du dernier conseil municipal.

Les conséquences et les défis que soulèvent la crise financière demandent des communistes une riposte de fond pour mobiliser la gauche car elle aura des conséquences sur notre démocratie. La droite est en embuscade…

La crise comme prétexte pour porter atteinte à notre démocratie.

Depuis 2002 et avec l’accélération que l’on connait depuis 2007, la droite n’a qu’un discours : la dépense publique est la cause de tous nos maux, les services publics créent la demande donc la dépense, la démocratie locale coûte trop cher. Voilà la raison d’être de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) dont on entend souvent parler.

La crise que nous connaissons est utilisée par l’UMP pour avancer un projet particulièrement réactionnaire. Michel Passet, lors de son intervention du conseil municipal du 30 septembre pour le groupe communiste à propos de la modification du taux de taxe d’habitation, a dénoncé les idées portées par le rapport de la fondation Concorde, boîte à idées de l’UMP où l’attaque frontale contre la démocratie locale est clairement assumée.

Morceaux choisis : regroupement des communes par trois (trois communes n’en feront plus qu’une), intercommunalité forcée et élection directe des délégués, transformation des mairies en maison des services publics (en gros, ce ne seront que des guichets uniques), suppression des départements, transferts des compétences du maire vers le sous-préfet, finances locales mises sous tutelle, casse des services publics, suppression de la taxe professionnelle.

Le passage de l’abattement du taux de TH de 19 à 15% (à Béziers, de 5% il a été ramené à 0%... pour donner plus de pouvoir d’achat au contribuable sans doute !) est une des conséquences de la crise financière. Mais le débat va plus loin : une vraie démocratie locale demande une réforme profonde de la fiscalité locale dans les critères qui servent à l’établir et de ceux qui doivent contribuer. Par exemple, vouloir supprimer la taxe professionnelle revient à faire que les entreprises bénéficient des investissements publics locaux mais ne contribuent pas à ces derniers.

Il n’y a pas qu’une réforme, celle de l’UMP, qu’on pourrait discuter sur les détails. C’est bien deux conceptions qui s’affrontent : l’une qui veut concentrer les pouvoirs, les moyens dans les mains de quelqu’un ; l’autre qui veut une démocratisation des pouvoirs, des impôts progressifs et justes, des coopérations et des services publics adaptés aux besoins de la population.

C’est ce choix que font les élus communistes de Montpellier, c’est le sens de leur proposition d’un grand conseil municipal ouvert au débat avec le public lors du débat d’orientation budgétaire. Face à la crise, il faut plus de démocratie !