Triste jour que celui où est tombée la nouvelle du décès de notre amie et camarade Lucienne.
Lucienne nous quitte, et c’est avec une profonde émotion que j’exprime le chagrin que nous cause sa disparition.
J’aimerais dire combien nous perdons une femme exceptionnelle, une femme courageuse, appréciée de tous.
Une femme certes mais également une mère, une grand-mère et une arrière grand-mère particulièrement aimante.
Mes premières pensées iront à son défunt époux Jules, à ses filles Danielle et Joëlle, à son fils Lucien, à ses petits-enfants et arrière-petits-enfants, ainsi qu’à l’ensemble de la famille.
Qui n’a pas connu, parmi les anciens, Lucienne, cette figure incontournable, née le 27 mars 1923 ici-même à Escautpont.
Tout d’abord, celle qui a partagé les moments de la vie d’une famille de militants communistes fortement engagée dans la Résistance.
Lucienne aura en effet connu le combat contre l’occupant, la Résistance et le soulagement qu’a été la Libération.
Sa famille a d’ailleurs payé le prix fort de cet engagement exemplaire contre la barbarie nazie.
Je pense à son frère Lucien décédé en déportation. Je pense également à son père Louis, interné au Fort de Huy, en Belgique.
Mon père Eugène, lui aussi interné dans cette même forteresse, m’a maintes fois conté le courage de Lucien et de tous ces hommes et femmes prisonniers politiques.
Tout cela aura conduit Lucienne à porter un attachement indéfectible, comme bon nombre de gens de bon sens, à la paix dans le monde. Attachement qu’elle aura à cœur de transmettre à ses enfants.
Elle se sera ainsi investie dans bien des combats contre les guerres coloniales.
Lucienne a en effet été de toutes les grandes luttes pour la paix, la solidarité entre les peuples et contre les guerres d’Algérie, Tunisie, Maroc, du Vietnam et du Golfe.
Ou encore pour la libération d’Angela Davis, du peuple d’Afrique du Sud et de son dirigeant Nelson Mandela, premier président élu démocratiquement en Afrique du Sud.
On ne peut évoquer la vie de Lucienne sans évoquer celle de son époux Jules, qui dès l’âge de 13 ans a travaillé dans les mines, puis à la Coopérative Centrale du Pays Minier, où Lucienne l’aidera.
Un couple uni par l’amour mais également par leurs convictions et leur engagement.
Un couple simple et modeste, dont le parcours force le respect et l’admiration.
Refusant les injustices, toujours droite et sincère, Lucienne n’aura eu de cesse de lutter contre les inégalités.
Vétérante du PCF, parti qu’elle a rejoint après la guerre et pour qui elle a fait beaucoup, Lucienne a également été responsable de l’Union des Femmes Françaises.
Son engagement, son soucis de l’autre, l’aura conduit à côtoyer de grandes figures telles que Gaston POULAIN, Georges BUSTIN, Gustave ANSARD, Hector VIRON ou encore Arthur MUSMEAUX, le Député du Chemin de l’Honneur.
C’est donc une femme et une mère exceptionnelle que nous honorons aujourd’hui.
« Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur, et rien d'autre » disait Paul ELUARD.
Je sais combien Lucienne – la femme, la mère, l’amie, la militante - aura essayé, chaque jour de sa vie, de semer ce même bonheur autour d’elle.
Sa famille peut être fière d’avoir compté parmi elle une telle femme, si généreuse et attachante.
Lucienne, j’aimerais tant que tu puisses aujourd’hui percevoir combien les gens t’ont aimé, t’aiment et continueront de t’aimer.
Et surtout combien tu vas leur manquer.
Sache Lucienne que nous ne t’oublierons pas.
Nous conserverons le souvenir d’une amie, d’une camarade aimée et estimée, d’une femme qui a su conjuguer le verbe « lutter » au présent et enfin, d’une mère qui n’a eu de cesse d’aimer et de chérir ses enfants.
A Danielle, Lucien et Joëlle, tes enfants,
A tes petits-enfants et arrière-petits-enfants,
A toute ta famille et aux nombreux amis,
J’adresse, au nom de mon parti et du journal Liberté Hebdo, toutes mes condoléances et l’expression de mon profond soutien.