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Dominique BUCCHINI - SESSION DES 20-21 FEVRIER 2012

2010_D_BUC.jpgAllocution du Président

Mes chers collègues, Avant d’aborder l’ordre du jour, permettez-moi comme à l’accoutumée de commencer par un bref propos d’actualité et de cadrage. En ce qui concerne l’actualité, je souhaite revenir sur l’épisode neigeux que la Corse a connu la semaine dernière. Bien qu’il ait été annoncé, et « préparé » en quelque sorte par une vague de froid venue de l’Europe centrale, ce phénomène a surpris par son intensité, mais aussi par sa durée. Les spécialistes estiment en effet qu’il faut remonter à 1956 pour retrouver des précipitations aussi abondantes, et tenant au sol aussi longtemps. Bien que certains aient pu ressentir, sans doute à juste titre, une sensation d’isolement, je crois que notre île a plutôt bien géré ces intempéries : la viabilité du réseau routier, la fourniture d’énergie et la distribution des denrées de base ont subi le minimum de perturbation. Mais si les problèmes ont été limités, nous le devons avant tout à la mobilisation des services publics, et à la solidarité de la population. Deux valeurs centrales, qui ont fait une fois de plus la preuve de leur efficacité, j’ajouterai de leur solidité, alors qu’il est parfois de bon ton de les juger obsolètes ou en déclin. Aussi, je souhaite à travers vous, Monsieur le Président du Conseil exécutif, remercier au nom de l’Assemblée de Corse l’ensemble des agents des services publics qui ont travaillé sans relâche pendant cet épisode neigeux. J’adresse également nos plus vifs remerciements à toutes celles et à tous ceux qui ont su se mobiliser et venir en aide, dans le cadre de leur métier ou tout simplement par esprit de fraternité, aux personnes les plus vulnérables : notamment la population âgée des communes rurales, les exploitants agricoles, et les sans abris des centres urbains. Par leur action, ils ont honoré la société corse. Toujours au titre de l’actualité, je dois aborder à mon tour la question des effectifs enseignants dans l’Académie de Corse. Récemment, la chambre régionale des comptes a déploré le retard accumulé par notre île en matière de recherche et d’innovation. Le collectif Corte ’96 s’est inquiété des conséquences de l’échec scolaire et des sorties sans qualification en termes d’alimentation de la violence. Et certains d’entre nous ne manqueront pas de souligner, lors de la campagne des élections législatives, l’importance de l’enjeu éducatif dans le développement de la Corse. Dans un tel contexte, il est irresponsable, et je l’affirme avec solennité, de continuer à réduire le nombre des personnels enseignants dans l’Académie de Corse. L’application indistincte de la révision générale des politiques publiques ne saurait conduire à obérer de cette façon l’avenir de notre jeunesse, et la qualité de notre tissu économique et social. S’il y a bien des services publics où un moratoire se justifie, c’est en priorité dans l’Education nationale. A cet égard, je voudrais rappeler qu’au mois de juin, nous célèbrerons le tricentenaire de Jean-Jacques ROUSSEAU. Ce philosophe des Lumières, admirateur de la Corse au point de lui prédire, un jour, un destin hors du commun. Ce penseur humaniste qui affirme, dans son « contrat social », que l’homme est naturellement bon et que c’est le « désir de posséder, de dominer et de paraître », qui peut le corrompre en société. Cet écrivain universel qui, dans son « essai sur l’origine des langues », estimait que la mélodie et la chanson populaire, en mêlant la poésie et le chant pour exprimer les passions humaines, avaient formé le langage des hommes. Non seulement pour ces raisons Jean-Jacques ROUSSEAU m’est cher, mais il me semble également toujours d’actualité ! Je conclurai, enfin, avec quelques données de cadrage de l’ordre du jour. S’agissant, d’abord, des questions orales, j’ai tenu vendredi une réunion de travail avec les responsables de France 3/Via Stella à propos du sous-titrage bilingue de leur retransmission télévisée. France télévision est prête à assurer ce sous-titrage moyennant certaines conditions, et notamment : la transmission préalable des questions et des réponses, leur traduction par les services de la CTC, la nécessité pour les orateurs de s’en tenir au texte écrit. Dans l’optique d’une expérimentation à la séance de mars, j’ai demandé à être saisi d’une réponse écrite, et si vous en êtes d’accord, l’organisation d’une réunion de sensibilisation entre F3/Via Stella et les élus de notre Assemblée qui le souhaiteraient. S’agissant, ensuite, de l’ordre du jour, nous aborderons cet après-midi un premier débat sur la desserte maritime, qui consiste à faire un état des lieux du dispositif existant, mais aussi du contexte technique et juridique à intégrer; nous aurons ensuite, au mois de mars, à délibérer sur la configuration de la nouvelle délégation de service public, sachant qu’une séance spécifique sera consacrée à la desserte aérienne. Trois rapports nous ont été transmis en procédure d’urgence : deux projets de décret et la situation de la Falep ; il appartient aux commissions concernées de se réunir, cet après-midi et si elles n’avaient pas fini à 15 heures, dans le courant de cette session. Enfin, concernant l’agenda des commissions, je vous rappelle que la commission permanente se réunira vendredi 24 à 17 heures au titre de l’actualisation du règlement intérieur. La prochaine réunion de la Commission « Violence » aura lieu le 1er mars à Corte pour valider les contenus d’un rapport annuel d’étape qui vous sera soumis prochainement. La Commission des compétences législatives a prévue également une réunion au début mars, je crois qu’il en va de même pour la Commission de contrôle et il devrait en être ainsi pour la commission Tchernobyl dans le cadre du suivi de l’enquête épidémiologique. Quant aux Assises du Littoral, qui ont du être reportées à cause des intempéries, elles se dérouleront les vendredi 9 et samedi 10 mars. La densité d’un tel agenda rend encore plus nécessaire une programmation en amont des autres réunions. En commission permanente vendredi dernier, ce problème a de nouveau été abordé. Pour faciliter cette gestion, je vous rappelle que les séances de l’Assemblée et de ses commissions sont organisées sur la base de créneaux fixes et connus à l’avance. Je demande avec insistance aux responsables des agences et offices d’en faire de même et d’en rendre le secrétariat général destinataire. Enfin, j’attire l’attention des présidents de commission et de l’administration sur l’activation du système de visioconférence, qui doit aller de pair avec leur volonté de délocaliser une bonne moitié des réunions.

 

Voeux aux Corses et à la Corse de Dominique Bucchini

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Mes chers compatriotes, Paci è Saluta a tutti, Je vous présente avec une grande sincérité mes vœux les meilleurs et les plus féconds pour l’année 2013.

Cette année 2012 a été une année particulièrement difficile non seulement en Corse mais aussi partout dans le monde où la crise a aggravé encore davantage les inégalités et ses effets pour les plus faibles d’entre les nôtres.

Je formule pour la population de notre île, à l’aube de cette nouvelle année, le vœu que nous puissions vivre de façon plus sereine dans une Corse plus solidaire. Ce vœu n’est pas illusoire et je le sais possible pour peu que nous en ayons la conviction. Les Corses ont toujours su relever les défis lorsque leur avenir semblait agité et sans perspectives.

J’ai d’abord une pensée attristée et profonde pour ceux qui vivent dans la solitude, dans la précarité ou qui sont malades. Nous devons faire en sorte que ne soient pas exclus de notre société ceux qui auraient eu moins de chance dans leur parcours personnel ou professionnel. C’est un challenge difficile que nous devons relever et auquel nous nous efforçons de répondre à l’Assemblée de Corse.

Je pense aussi à tous ceux qui, cette année, ont perdu un proche ou connu des épreuves difficiles.

Cette année encore aura malheureusement été marquée par une violence inacceptable et je formule le vœu que cette spirale dangereuse arrête son infernal mouvement. Tant que nous n’arriverons pas à éradiquer ce mal, nous ne pourrons avancer sur le chemin du progrès social et sociétal.

Je crois que nous devons nous concentrer à faire disparaitre les facteurs de violence dont les racines se trouvent dans l’illusion de l’argent facile et dans l’appât du gain, dans la croyance malsaine en une vie de consumérisme sans effort, dans l’absence de perspective économique saine et durable, dans la précarité et dans l’échec scolaire.

Nous devons croire en nos atouts et espérer en la construction d’une Corse plus prospère et plus fraternelle. Au travers des problématiques comme celles du foncier et du logement, de l’éducation et des grandes infrastructures, c’est à cela que travaille l’Assemblée de Corse.

C’est en mobilisant nos valeurs de solidarité et de fraternité que nous construirons pour notre île et pour ses habitants une Corse apaisée.

A tous les Corses, où qu’ils se trouvent dans le monde et à tous les habitants de l’île, je présente mes vœux les plus sincères de bonne et heureuse année 2013.

Paci è saluta à tutti.

Dominique Bucchini Président de l’Assemblée de Corse.

 

Assemblée de Corse Groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche

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Ce n’est pas la Corse qui est visée par les « neuf sages », ce sont les hauts revenus

Les parlementaires de droite ont déféré devant le Conseil Constitutionnel la loi de finances de 2013. Ce recours, contresigné par les trois députés UMP de la Corse, visait principalement la contribution fiscale à 75 % pour les revenus supérieurs à un million d’euros annuels. Le Conseil Constitutionnel les a suivis et sa décision a été accueillie (sauf en Corse apparemment…) par des cris de victoire de tous ceux qui ne supportent pas d’atteinte, même minime, aux privilèges fiscaux.

La loi de finances comportait également une disposition particulière à la Corse qui prorogeait jusqu’en 2017 le régime dérogatoire des arrêtés Miot ; cette disposition particulière répondait à une demande de l’Assemblée de Corse a été également annulée

Contrairement à certaines déclarations, ce n’est pas la Corse qui est visée par les « neuf sages », ce sont les hauts revenus qui doivent être protégés ! Il ne s’agit donc pas d’une mesure « anti-corse », mais d’une sanction de la politique fiscale du gouvernement, lequel a immédiatement précisé que son dispositif serait revu et représenté au Parlement sous une autre forme.

Quant aux appels « spontanés » à manifester pour défendre les gros patrimoines insulaires bien plus que les intérêts généraux de la Corse, nous n’en soutenons pas l’idée. Nous proposons, pour ce qui nous concerne, de manifester pour l’emploi, les salaires, le logement social, les restitutions de réfaction de TVA aux consommateurs, contre la vie chère…Nous n’oublions pas qu’en 2009, 495 foyers insulaires ont déclaré 1,9 millions d’euros annuels de revenus tandis que 22% des familles corses vivent avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

Rappelons, à cet égard, que les délibérations de l’Assemblée de Corse de juin 2011 et 2012 ont repris un amendement de notre groupe, amendement voté à l’unanimité, qui a rétabli la contribution des gros patrimoines insulaires dans le cadre du transfert à la Corse de la fiscalité du patrimoine.

Nous n’écartons pas a priori les réformes institutionnelles, voire constitutionnelles, souvent évoquées ici ou là. Nous voulons simplement que les Corses soient clairement informés des enjeux : pourquoi une réforme et pour qui ? Il faut donc les consulter par referendum. Nul doute qu’ils se prononceront en faveur d’un SMIC à 1800 €, de la construction de 8000 logements sociaux, de l’installation de 2000 jeunes agriculteurs et de créer des emplois productifs… plutôt qu’en faveur de dispositions fiscales uniquement avantageuses pour une toute petite minorité insulaire.

Ce qui doit guider les décideurs publics, ce ne peut être les privilèges de quelques-uns, mais la défense de l’intérêt général.

Le 30 décembre 2012

 

Vous avez dit politicien !....par Michel Stefani

M_Stefani__15_.jpg Le président du Conseil général de la Corse du Sud ne « décolère pas » sa motion, qui est vraisemblablement celle du mouvement France Corse, a été votée par la majorité territoriale de gauche quand son groupe quittait l’hémicycle. Ainsi nous devions selon lui condamner, nous l’avons fait, les attentats les assassinats, soutenir, nous l’avons fait, les familles des victimes et demander, ce qui revenait à considérer qu’il n’avait pris aucun engagement, au gouvernement d’agir contre la spirale mortifère qui mine la société insulaire. Nous ne l’avons pas fait. Pour partie, cela justifiait d’amender la motion « Panunzi France Corse ». Or selon ses auteurs, ce texte n’était pas amendable puisque son seul objet était de condamner la violence. Pour le Conseiller Panunzi et les quelques donneurs de leçons de ce mouvement figé dans le temps, il était impossible de vouloir condamner la violence patronale contre des grévistes chargés par des énergumènes en 4X4 munis de battes de baseball. Pris en ce sens, il était également impensable d’expliquer que la dérive affairiste et mafieuse enfle sur la spéculation immobilière et que la « désancturarisation » chère à Monsieur Panunzi et ses amis politiques y est pour quelque chose. C’est l’autre aspect de notre amendement (1) dans lequel nous avons affirmé l’objectif de changer de modèle de développement économique et d’aménagement du territoire notamment avec le PADDUC dont les orientations ont été rejetées par la droite et Monsieur Panunzi en particulier qui les trouve « trop à gauche ». Cerise sur le gâteau, ce mouvement et son porte parole, nous expliquent que, pour condamner la violence sous toutes ses formes, il serait inutile de parler de la vie chère et des bas salaires, de la pénurie de logements sociaux… bref de ce qui fait le quotidien des corses. Autrement dit, peu importe de savoir que la Corse a connu, ces 20 dernières années, une aggravation des inégalités avec d’un côté un peu plus de 490 ménages qui déclarent 1.9 M€ de revenu annuel quand de l’autre côté 60 000 personnes ont un revenu mensuel inférieur au 964 € du seuil de pauvreté. Pour changer cette situation notre amendement demandait au gouvernement de soutenir, par des moyens budgétaires correspondant, la politique de la CTC « favorable à un développement économique social et culturel, respectueux de la dignité et de l’identité des femmes et des hommes qui, indépendamment de leur origine, ont choisit de vivre sur cette terre et d’en composer le peuple ». Ce genre d’argument n’est pas non plus du gout du Conseiller Panunzi et du mouvement France Corse. Ensemble ils crient à tue-tête que leur motion a été dénaturée. L’étroitesse de la pensée politique est parfois amusante. Le président Panunzi, qui n’a pas eu l’idée de déposer la même motion au Conseil général de Corse du Sud, trouve que la Commission violence, sous l’impulsion du Président de l’Assemblée de Corse, n’apporte rien sinon de la confusion alors que la participation du Député UMP Marcangeli aux dernières journées internationales de Corté ne soulève aucun commentaire de sa part. Cette cécité sélective lui fait même oublier que le PCF a toujours condamné la violence en refusant « l’union sacrée ». Cela prend plus de sens encore à la veille du 70ème anniversaire de l’insurrection populaire pour la Libération de la Corse à laquelle les communistes ont apporté une contribution déterminante. Naturellement, la droite, qui a dirigé la région pendant 25 ans, a un peu de mal à digérer sa défaite de 2010 sur le fond comme sur la forme. L’incapacité à surmonter les divisions, à être un peu plus assidue aux travaux de l’Assemblée de Corse en général et à ceux de la Commission violence en particuliers, empêche ses dirigeants d’y voir clair et Monsieur Panunzi de sortir d’un épais brouillard déroutant. Tant est si bien qu’en janvier 2013 il devrait y avoir dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse plusieurs groupe UMP. Ainsi, son coup de colère pourrait être à usage interne pour masquer ces turpitudes et resserrer les rangs. Vous avez dit politicien !

(1) La motion amendée et votée par les 23 élu(e)s de la majorité régionale, Jean Baptiste Luccioni s’étant abstenu, sur présentation de Michel Stefani au nom du Groupe communiste et citoyens du Front de gauche. CONSIDERANT la situation extrêmement préoccupante de la Corse, liée en particulier à la multiplication des assassinats et à la recrudescence spectaculaire des attentats à l’encontre de biens immobiliers ou d’entreprises situés sur l’ensemble de notre territoire. CONSIDERANT que toute forme de violence à l’encontre de personnes ou de biens, quelque soit sa motivation, est de nature à obérer tout développement et à altérer durablement la paix sociale. CONSIDERANT les prises de position nombreuses de l’Assemblée de Corse visant à dénoncer la violence. CONSIDERANT les démarches engagées par l’Assemblée de Corse au travers de sa Commission ad hoc en charge de réfléchir à la problématique de la violence en Corse. CONSIDERANT les appels lancés de toutes parts par les acteurs de la société civile. CONSIDERANT que l’Assemblée de Corse doit être le lieu d’une réaffirmation de cette exigence de Paix et de Justice par les représentants élus de la Corse. CONSIDERANT les engagements dernièrement pris par le Gouvernement à ce sujet. CONSIDERANT les déclarations de M. le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales invitant les élus insulaires à se mobiliser pour dénoncer collectivement cette situation. L’ASSEMBLEE DE CORSE CONDAMNE solennellement tous les assassinats et attentats commis en Corse. AFFIRME sa solidarité à l’égard des victimes de ces violences ainsi qu’à leurs familles. Amendement groupe communiste et citoyen du Front de gauche ajouter les passages en italiques S’engage à mettre en œuvre une politique fondée sur un nouveau type de développement économique et un nouveau type d’aménagement du territoire pour endiguer la dérive affairiste et mafieuse en agissant contre la spéculation immobilière, contre la cherté de la vie et les bas salaires, la précarité et la pauvreté, la pénurie de logement sociaux Récuse la mise en cause du droit de grève et l’intimidation violente contre les organisations syndicales et les grévistes Appelle toutes les forces vives à se mobiliser, dans une action démocratique et populaire favorable à un sursaut citoyen conforme aux valeurs et principes républicains Demande au gouvernement de soutenir, par des moyens budgétaires correspondant, cette politique de la CTC favorable au développement économique social et culturel et respectueux de la dignité et de l’identité des femmes et des hommes qui, indépendamment de leur origine, ont choisit de vivre sur cette terre et d’en composer le peuple. Prend acte de la volonté politique du gouvernement d’agir sans attendre en usant, avec détermination et lucidité, de tous les moyens régaliens à sa disposition pour mettre un terme à la spirale de violence qui mine la société corse.

 

Session de Décembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE- Michel STEFANI

MICHEL STEFANI PCF

Co-officialité

L’Assemblée de Corse doit adopter une délibération finalisant un vote antérieur obtenu le 27 mai 2010 sur une motion de Corsica Libera amendée par le Front de gauche afin « que soient mis en œuvre les moyens juridiques nécessaires pour définir un cadre statutaire à la langue corse fondé sur le principe de co-officialité ». Certains s’étonnent et nous interrogent sur ce choix politique d’une co-officialité non discriminatoire en faveur d’un bilinguisme assumé et expliquent que nous serions dans la confusion au prétexte que co-officialité et bilinguisme ne veulent pas dire la même chose. Du point de vue du vocabulaire c’est incontestable mais pour ce qui est du concept c’est différent. Les 34 élus qui ont voté cette motion amendée se sont prononcés en faveur : « d’un cadre statutaire pour la langue corse fondé sur le principe de co-officialité » et par pour autre chose. Aussi, nous nous sommes permis de transmettre à chaque groupe pour information la brochure intitulée : « pour une politique démocratique de la langue » rédigée par Jean Baptiste Marcellesi sociolinguiste mondialement reconnu et éditée par Terre Corse. Lui-même prenait soin de démontrer que ce sujet ne pouvait être laissé entre les seules mains des juristes et des sociolinguistes et qu’il fallait que les principaux intéressés s’en saisissent. C’est l’esprit avec lequel, pour notre part, nous travaillons à cet objectif qui s’impose de fait et semble accepté de tous : sauver la langue corse. Par cet amendement nous avons voulu réaffirmer une position claire y compris dans ses implications constitutionnelles et plus largement dans une politique de promotion des langues de France sans avoir la prétention de rédiger le texte de loi qui le permettrait. Il en est de même pour la ratification de la Charte des langues régionales, en faveur de laquelle nous nous prononçons, défendue par François Hollande candidat à la présidence de la République. Dans tous les cas une réforme de la constitution est nécessaire. Au mois de septembre la ministre de la culture, en répondant à une question écrite du parlementaire communiste, Jean Jacques Candelier, a donc annoncé que le gouvernement relancerait la procédure de ratification de la Charte des langues régionales. Le 15 novembre elle l’a confirmé et le 4 décembre la Commission des lois de l’Assemblée nationale a débattu des implications constitutionnelles de cette ratification. Ce processus devrait aboutir en mars, et nous pensons qu’il y a un réel intérêt à y inscrire les travaux de l’Assemblée de Corse car notre langue est selon nous constitutive du patrimoine linguistique de la France avec l’ensemble des langues régionales dévalorisées. Il n’est nullement question de mettre le doigt dans un engrenage fédéraliste et encore moins de prendre une revanche sur l’histoire pour imposer en sens inverse une minoration de la langue la plus rependue le français. En revanche il faut, augmenter le nombre de locuteurs de corse en sachant que l’usage de la langue ne se décrète pas, il faut aussi que cela corresponde à une réalité sociale et économique, à un territoire à son histoire comme à son avenir. Dans La liberté de l'esprit, Paul Valery montrait comment la « baisse de la valeur esprit » était induite par un état de l'économie politique. Le monde entier connaît une crise sans précédent et la révolution informationnelle ne cesse de s’étendre. Les bouleversements sont d’une telle ampleur qu’il n'est plus possible de parler d’art et de culture, de science et d'éducation sans en prendre la mesure. La Corse n’est ni la Catalogne ni même la l’Alsace et si la France n’est pas l’Espagne elle a néanmoins accepté l’enseignement bilingue à parité horaire de l’alsacien. Depuis longtemps nous nous sommes défaits de la référence au modèle précisément pour appréhender au mieux la réalité sans nous désintéresser de ce qui se fait ailleurs. Par conséquent, nous considérons que nous devons en premier lieu convaincre et pas contraindre celles et ceux qui ont choisi de vivre sur cette terre pour construire ensemble, quelles que soient leurs origines, un destin commun. C’est pourquoi nous nous opposons à cette approche absurde de la revanche des girondins sur les jacobins qui nous éloigne de l’objectif essentiel tendant à établir le cadre législatif nécessaire pour permettre, au-delà de ce qui est fait aujourd’hui par l’Etat, l’usage le plus large de notre langue. La place accordée à la langue dans la société est, en effet, un enjeu essentiel. Une double dimension apparaît, touchant à la sphère publique et à l'individu, lui-même au cœur de celle-ci, en tant que citoyen. La langue, instrument de communication avec les autres est en même temps, dans une certaine mesure, le révélateur de son identité souvent complexe. Ce paradoxe souligne le caractère aberrant de la logique marchande qui pousse à la standardisation linguistique et culturelle quand la prise en compte de la diversité est constitutive de richesse intellectuelle, collective et personnelle. D’où l'affirmation : « langues communes oui langue unique non », car, effectivement, le plurilinguisme est un avantage pour l'épanouissement de l'individu. Par contre, le sentiment de perte d'appartenance sociale et la frustration de ceux qui n'ont pas accès à la formation, à l'information et aux échanges, se conjuguent et trouvent dans l’expression politique de division et de stigmatisation de communautés entières, un exutoire dangereux. La précarité, l’isolement individuel conduisent au rejet et au repli face à un système qui broie les hommes, leur statut social, leurs origines. Le passé et les valeurs ancestrales deviennent, parfois à tort, de nouvelles références pour des rapports sociaux, dans certains cas non laïcs, fondés sur une conception ethnique voire communautariste. En ce sens, on ne peut prétendre qu’il soit urgent de s’attaquer à la fracture sociale, pour la réduire, et ignorer la dimension économique, la démographie, la diversité sociale et culturelle, l’histoire du territoire sur lequel elle se développe. Aujourd'hui le bilinguisme doit s'inscrire dans un projet sociétal dont la caractéristique essentielle serait l'ouverture face à ces risques terribles. Par l’affirmation, d’un bilinguisme assumé et respectueux de notre diversité comme de notre histoire, d’une co-officialité dont le champ d’application serait définie après une véritable et large concertation pour écarter toute forme de discrimination, il s’agit de poser dans la sérénité les conditions d’un processus démocratique pour préserver et promouvoir la langue corse sans dresser de murs entre celles et ceux qui parlent ou ne parlent pas le corse. En conséquence, nous rejetons l'idée de la sélection à l'embauche par la maîtrise de la langue pour « corsiser » l'emploi. Nous pensons particulièrement au respect des règles établies avec le code du travail, les statuts de la fonction publique d’état et territoriale, les statuts des agents des entreprises nationales et les conventions collectives. Dans le prolongement de la proposition de loi 2321 des députés communistes, déposée en 1984, à travers les travaux de Jean Baptiste Marcellesi, nous avons proposé en 1985, la co-officialité dans le but de sauver le corse en préservant le bilinguisme franco corse précisément parce que depuis l'édit de Viller Cotterets les langues de France ont été occultées par une politique d'uniformisation au bénéfice du français. Ainsi valorisé, l’identique est devenu facteur de dépossessions à plus forte raison quand la volonté politique signifie : « même langue et mêmes façons de penser » sur fonds de rentabilité et de productivité capitalistes. En même temps nous ne pouvons pas ignorer que le français a été la langue de la promotion sociale. C’est ce mouvement contradictoire qui fonde notre réflexion. De fait, la langue minorée est aussi celle du peuple et son usage est resté limité malgré les dispositions prises ces dernières années pour l’enseignement du Corse. La République une et indivisible, l'unité de la Nation ont souvent été les arguments développés pour justifier une politique fondée avant tout sur des enjeux économiques et des données démographiques. Or, nous voyons aujourd’hui que les exigences capitalistes d'un monde sans entrave pour la spéculation financière menacent les Etats. Ce n’est pas le cas de la diversité linguistique. Nous en avons eu l’exemple avec la ratification du traité Merkel Sarkozy qui consacre l’abandon de souveraineté budgétaire au bénéfice de la Commission non élue de l’UE. La société est donc transformée pour l'adapter à ces règles de la mondialisation capitaliste imposées à l'homme, au mépris de son propre avenir et de son environnement, en vantant les mérites d'un individualisme forcené pour mieux détruire les principes de solidarité donc du vivre mieux ensemble. Et s’il faut revenir quelques années en arrière pour convaincre de la validité de notre démarche, nous retiendrons qu’en 2008 la discussion à l’Assemblée nationale, ouverte sur la question des langues régionales et la modification de la Constitution, s’était conclue à la demande du gouvernement par le refus d'une loi offrant un cadre juridique plus fiable que la loi Deixonne de 1951. On se souviendra également du refus de Jacques Chirac de ratifier la Charte des langues régionales, pourtant signée par la France en 1999, au motif que le Conseil constitutionnel jugeait plusieurs clauses contraires à la Constitution. Sur le plan des principes, c’est intéressant de le rappeler, le Conseil constitutionnel a estimé que la Charte conférait des droits spécifiques et imprescriptibles à des groupes de locuteurs, à l’intérieur de territoires, ce qui portait atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. Pour ce qui nous concerne nous ne pensons pas qu'un peuple existe parce que sa langue existe. C’est aussi faux que d'affirmer le contraire. Devant l'Assemblée de Corse Paul Bungelmi insistait en 1983 sur la nécessité de « prendre en compte le fonds commun à l'identité corse et la diversité et surtout admettre le caractère évolutif de l'homme en qui le nouveau et la tradition se mélangent dans un mouvement qui fait que l'identité culturelle se crée toujours au présent ». La France, précisément parce qu'elle est celle des Lumières, se doit à la fois de préserver son exception culturelle et de consacrer les moyens, humains techniques et financiers, nécessaires à une réelle promotion des langues et cultures régionales. Après la politique de suppression massive de postes dans l'Education Nationale, menée ces dernières années, il faut inverser la tendance, modifier la Constitution et adopter une loi pour donner un statut aux langues et aux cultures de France favorisant à long terme leur promotion et leur plein épanouissement. Beaucoup l’ont dit, cette revitalisation constitue un apport aux rapports sociaux et à l'essor culturel qu’il faut évaluer pour définir au mieux l'engagement de l'Etat. À défaut, l’avenir resterait incertain et à terme la part du patrimoine national que le corse, comme les autres langues de France constituent, serait définitivement perdue. Définie dans un cadre national de responsabilité publique, cette politique serait d'autant plus efficace qu'elle afficherait une ambition décentralisatrice forte donnant aux régions la capacité d'adapter les objectifs communs aux particularités de chacune d'elle. L'enjeu, c'est effectivement, à nos yeux, de fonder, dans la reconnaissance et la connaissance de l’autre, une société généreuse, solidaire conjuguant la citoyenneté, l'épanouissement de la personne et la dignité humaine. Le ciment de l’unité nationale se trouvera ainsi dans le respect des valeurs et des principes de la République.

 

Groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche

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Communication à Madame le Garde des Sceaux et à Monsieur le Ministre de l’Intérieur

La Corse connait une situation des plus préoccupantes caractérisée par une double urgence à propos de laquelle l’intervention de l’Etat est indispensable à la fois pour stopper le dérive affairiste et mafieuse et pour soutenir la CTC dans une politique sociale de relance économique par la création d’emplois stables, la lutte contre la cherté de la vie, la construction de logements sociaux. La presse samedi rappelait que plus de 100 assassinats ont été commis en Corse depuis 2005. Les causes sont identifiées. La plupart des assassins ne le sont pas. Nous savons qu’il faut de la détermination, du discernement pour agir en conséquence contre cette infime minorité d’individus qui tentent de s’accaparer le territoire, son économie et de corrompre son administration. Il est insupportable qu’ils puissent, comme ils le font, tuer qui ils veulent, ou ils veulent et quand ils veulent et s’enrichir ainsi. Une société qui vit à ce rythme est condamnée. Le président de l’Assemblée de Corse en a appelé à l’intervention de l’Etat dans l’exercice de ses compétences régaliennes parce que la Corse seule ne peut faire face à un tel phénomène destructeur et rejeté par l’immense majorité des Corses qui aspirent à vivre sereinement et dignement. Monsieur le ministre, il faut démanteler ces bandes armées, interpeller les individus qui mettent ainsi la Corse en coupes réglées. Ces dix dernières années le modèle libéral low cost, fondé sur l’économie résidentielle et la dé-sanctuarisation, a stimulé leurs ambitions dans l’immobilier notamment. Les trafics vous l’avez souligné ont été florissants pour la drogue, les jeux et la main d’œuvre à bas coût… Il faut s’extraire des faux débats et des clichés. Vous avez cité une profession celle des notaires. Soit vous en dites trop, soit vous n’en dites pas assez si vous disposez d’information et si certains notaires sont effectivement indélicats il faut être précis sans bafouer la présomption d’innocence. Il appartient à la justice et à la police de mener les enquêtes. Ainsi l’impérative nécessité d’élucider les affaires criminelles va de pair avec la confiscation des biens illégalement acquis. Le gouvernement a renforcé les moyens pour cela, nous nous en félicitons, il doit également veiller à la coordination et à la cohésion des services pour gagner en efficacité. La circulaire pénale doit le permettre. Pour ce qui nous concerne, nous faisons la différence entre le témoignage et la délation parce que nous ne tirons pas un trait d’égalité entre le braqueur et le braqué, entre l’assassin et l’assassiné. Nous nous mettons du côté de la victime. Le témoin n’est pas le repenti. Il agit par civisme sans être payé mais la subornation existe et il faut l’empêcher. La pression exercée par les criminels est très forte. Les actes commis relèvent de la barbarie. Dans ces conditions plus encore il faut rétablir les repères, c’est ce à quoi s’emploi le président de l’Assemblée de Corse à travers la commission violence. Il privilégie la culture intellectuelle non le culte des armes, la justice, non la vengeance, le vivre ensemble, non le relationnel formel, le respect de la vie humaine et les règles élémentaires d’un fonctionnement normal de la société. La Corse à besoin de transparence et de démocratie. En Corse comme dans tout le pays les collectivités publiques font l’essentiel de l’investissement sauf qu’ici l’abus de position dominante est facilitée à la fois par le petit nombre d’entreprises susceptibles de répondre aux appels d’offres et par la difficulté de candidater pour les entreprises extérieures. Là-dessus s’ajoute une proximité problématique entre le monde économique et politique qui nécessite des mesures spécifiques empêchant ce type de cumul a fortiori sur un territoire de si petite taille. Pour ce qui est du sport la loi, permettant l’introduction en bourse des clubs de foot en 2005, a structuré le championnat en distinguant ceux qui peuvent prétendre aux premiers rôles en Europe et les autres qui deviennent des faire-valoir en imposant les mêmes critères de gestion à tous. L’élite peut se vendre aux fonds d’investissements aux origines indéterminées.

Les clubs qui font le milieu et le bas de classement doivent se débattre pour boucler leur budget en comptant sur les subventions publiques. On peut s’interroger sur certains transferts mais au-delà de tel ou tel cas qui interpelle et justifie une clarification, il faut réguler ce milieu où le joueur est plus une marchandise qu’un être humain. Monsieur le ministre depuis que le gouvernement a présenté ses dix mesures pour rétablir l’Etat de droit et combattre les dérives affairiste et mafieuse, des rapports, des écrits des déclarations, consécutifs au lâche assassinat du préfet Erignac ont refait surface. Les rapports parlementaires Glavany, pour l’Assemblée nationale, Courtois pour le Sénat, le rapport Legras pour la justice, tous fournissent des éléments sur lesquels l’Etat peut orienter son action et fonder les positions du gouvernement en effaçant les stigmates de l’affligeant épisode des paillotes incendiées par les hommes du préfet Bonnet. Montrer une perspective tel est l’enjeu pour ancrer la Corse avec ses spécificités dans la République et l’assurer à travers l’application des principes républicains de la solidarité nationale qui le permettent. L’action des élus, l’intervention citoyenne et démocratique indispensables au sursaut civique se développeront d’autant mieux. La Corse a besoin d’une politique de rupture avec celle de la droite qui a contribué à aiguiser les appétits sur les portions de territoire les plus lucratives. Dans le cadre de l’élaboration du PADDUC nous défendons l’application de la loi littoral, nous nous sommes mobilisés pour mettre en place une Agence de l’urbanisme et un EPF. Le gouvernement doit accompagner ces efforts de reconquête de la maîtrise du foncier comme dans ses efforts de construction de logements sociaux. Dans le même temps la convoitise de l’argent public dans de nombreux domaines a été encouragée par l’accélération libérale de la libre concurrence. La continuité territoriale, mise en cause dans ses fondements, en fournit l’exemple le plus significatif. La Mission sénatoriale Revet, la Chambre régionale des comptes et maintenant l’Inspection générale des finances l’ont démontré. Le gouvernement ne peut l’ignorer. Le gel de l’enveloppe de continuité territoriale impacte lourdement le budget de l’OTC confronté avec les compagnies délégataires de service public à la hausse du coût du pétrole. Ces compagnies, dont l’Etat est encore actionnaire, pour deux d’entre elles sont en difficultés et celles-ci sont répercutées sur les usagers et les salariés. Les tarifs sont trop élevés et les plans sociaux se multiplient. Air France a licencié 45 jeunes en février dernier sur les escales de la Corse. A la SNCM 900 postes ont été supprimés ces dix dernières années. Ça suffit ! Nous demandons au gouvernement la réindexation de l’enveloppe de continuité territoriale, la réintégration des 45 indignés d’Air France et l’adoption de loi imposant le pavillon français premier registre pour le cabotage maritime. La Corse importe dix fois plus qu’elle n’exporte et au bénéfice d’une loi scellier particulièrement stimulante enregistre un boom immobilier qui fait craindre à présent un effondrement d’autant plus désastreux que des centaines de foyers attendent désespérément un logement social. A cela s’ajoute la cherté de la vie, une augmentation sans précédent du chômage en particulier des jeunes, une grande précarité relative à l’économie saisonnière et liée exclusivement à l’activité touristique, un pouvoir d’achat des ménages populaires d’autant plus écrasé que les salaires sont bas. Nous préconisons l’adoption d’une loi pour mettre fin au scandale de la vie chère, des mesures fiscales antispéculatives pesant sur les gros patrimoines, un soutien à la création d’emplois stables et rémunérateurs. Monsieur le ministre, répondre aux aspirations de celles et ceux qui aujourd’hui sont le plus en difficulté est une priorité. 22 % des ménages insulaires vivent sous le seuil de pauvreté, plus de 60 000 personnes, alors que part ailleurs une infime minorité a pu dans cette situation s’enrichir considérablement. Il suffit de regarder l’écart de revenu de plus de sept points entre les plus riches et les plus pauvres. La grande pauvreté côtoie ainsi la richesse insolente. Réduire la fracture sociale et territoriale, créer de l’emploi productif, promouvoir le service public, c’est aussi prendre le chemin inverse de la désertification des territoires, de la RGPP qui a supprimé en Corse plus de mille postes, de la réduction des dotations aux collectivités locales. En plus des 10 mesures de lutte contre le crime organisé, le gouvernement doit sans tarder en prendre de nouvelles pour l’emploi, l’Education, la culture, le logement, la santé, l’agriculture… et contribuer ainsi à faire grandir la nécessaire alternative politique et démocratique à la violence sous toutes ses formes et au libéralisme.

Michel STEFANI le 26 novembre 2012

 

Interview de Dominique BUCCHINI à ACTU KURDE

Bucchini_2.JPGDans une interview accordée à l’ActuKurde,http://www.actukurde.fr/actualites/... ]M. Bucchini exprime sa solidarité avec les kurdes, justifie le statut de co-officialité de la langue corse, revient sur le modèle de l’Etat-nation français, expose les racines de la violence actuelle en Corse et propose des solutions.

SOLIDARITÉ AVEC LES KURDES

MAXIME AZADI : Alors que les gouvernements des pays européens gardent le silence face à la répression contre les kurdes, vous avez accueilli le 23 octobre une délégation kurde à l’Assemblée de Corse, que signifie cet accueil?

DOMINIQUE BUCCHINI : Parce que, je veux dire, il y a une association en Corse qui défend les kurdes (Amitiés Corse Kurdistan) que je connais bien, qui est souvent venue me voir et je partage les objectifs de l’association et j’en profite pour donner mes amitiés au peuple kurde. Celui qui se bat fort démocratiquement, il a raison, pour parler sa langue, pour vivre, parce qu’il représente 20 millions d’habitants à l’intérieur de la Turquie.

Peut-on espérer une coopération plus active entre les kurdes et les corses ?

-On peut réfléchir si, demain, on peut établir des éléments de coopération entre le peuple kurde et le peuple corse. Cela dit, à ce niveau-là, il faut regarder ce que sont les positions des gouvernements d’Europe et du gouvernement de la France.

Peut-on également parler d’une lutte commune par rapport aux revendications comme l’enseignement dans la langue maternelle et plus d’autonomie ?

-En Corse nous avons plus de compétences que les autres régions françaises, ce qui signifie déjà dans les faits, un peu plus d’autonomie dans le cadre de la république française.

Cela se justifie que, étant une île, et ayant des problèmes spécifiques liés à notre position géographique, nous avons besoin d’adapter les lois françaises à notre situation. Depuis 1980, dans le cadre de la République française, nous avons obtenu démocratiquement trois statuts particuliers qui font de la région corse la région la plus décentralisée de France.

Deuxièmement, au niveau de la langue, l’Assemblée de Corse a voté, il y a de cela un an, un statut de co-officialité de la langue corse. C’est-à-dire, non pas le corse par opposition aux français et non pas le français par opposition aux corses, mais les deux langues ensemble d’une manière conjointe et solidaire.

CO-OFFICIALITE DE LA LANGUE CORSE

''Pouvez –vous développer sur la co-officialité de la langue corse ? '' -Historiquement, particulièrement dans les années 1920 et au début des années 1930 (sous l'influence notamment des bretons communistes de Paris tels que Marcel Cachin, le directeur de L'Humanité,) puis dans l'après-guerre, le PCF a sympathisé avec les revendications culturelles des régions françaises en dénonçant le centralisme de l'Etat et la domination de la langue et de la culture parisienne sur les langues et cultures du peuple. Il ne s'agit pas pour nous d'aborder ce problème en termes politiques. Très nombreux sont ceux qui admettent qu'il faut promouvoir la langue corse quelle que soit leur position politique. La co-officialité signifie l’usage simultané des deux langues (le français et le corse). L’usage du corse se fait non pas en opposition avec la langue de la République mais en complémentarité avec elle. Le pluri-linguisme est perçu comme une richesse et non évidemment comme une fermeture. L'enseignement bilingue ne représente nullement une menace pour l'unité de la République.

LA FRANCE A PEUR DE LA DÉCENTRALISATION

Le modèle de l’État-nation français répond-il vraiment aux revendications des autres cultures et peuples du pays ?

-Il y a un débat par rapport à ça, de nature différente, parce que l’histoire de notre peuple est différente que chez vous (Kurdistan). La France est par tradition un Etat très centralisé et qui a toujours eu un peu peur de la décentralisation. Mais ce que vous appelez les autres « peuples » du pays n’ont pas les mêmes revendications identitaires que la Corse. La France est un vieux pays qui a assimilé depuis longtemps les différents peuples qui l’ont composée. Et c’est pourquoi le modèle de l’Etat Nation est celui qui correspond à la nature de la France, même si je crois qu’une décentralisation est utile pour laisser aux régions le pouvoir de respirer un peu mieux.

Si je comprends bien, vous ne contentez pas de contexte actuel de la décentralisation et vous demandez plus d’autonomie…

-On peut demander plus. Mais le problème n’est pas de demander plus. Lorsqu’on vit dans des régions pauvres, et c’est le cas de la Corse, l’important est de savoir quels sont les moyens financiers que l’Etat central peut nous donner au nom de la solidarité.

A l’inverse de votre histoire (celle des kurdes), notre histoire en France vient de 1789, de la révolution française. Et le peuple de France a inventé des concepts, donc des mots qui sont « liberté, égalité, fraternité ». Il faut donc, au niveau de l’égalité sur l’ensemble du territoire national, la solidarité pour que la région puisse se développer. Parce qu’autrement, les régions qui sont riches vont peut-être pouvoir se développer et les régions qui sont pauvres, où est-ce qu’elles vont prendre de l’argent ? Donc, il faut faire attention de ne pas jouer sur des mots mais, de bien savoir quels contenus politiques y-a-il derrière les mots, en particulier pour les gens de condition modeste.

JE SUIS AVANT TOUT UN MILITANT PRÉSIDENT

Le modèle corse pourrait-il être envisageable pour les kurdes ?

-A un certain moment. Moi, j’ai enseigné en Afrique noire. Et il y avait un président de la République, dont le pays s’appelle le Sénégal, qui était quelqu’un qui avait fait de brillantes études en France. Et par rapport à la culture nègre, au bon sens du terme, et à ce que faisaient l’Europe et la France, il disait qu’il était nécessaire d’aller au rendez-vous de donner et de recevoir pour aller vers la civilisation universelle. Il faut donc aujourd’hui s’ouvrir au monde, respecter les cultures, les épanouir pour ne pas être passéiste. Sur ces bases-là, on peut discuter avec des gens du Moyen-Orient ou des peuples, comme des peuples africains, comme des peuples d’Amérique du Sud, c’est la foi que j’ai en tant que militant, parce que je suis président mais je suis avant tout un militant président.

Où en est-on avec les aspirations indépendantistes?

-Je suis profondément corse et français, non pas l’un ou l’autre et je ne suis pas pour l’indépendance de la Corse.

Il y a une force indépendantiste qui a des élus à l’Assemblée de Corse, avec elle nous discutons, avec elle nous approuvons souvent des délibérations communes.

Mais à partir du moment où il y a, « qu’il faut se séparer de la France », ça c’est une ligne jaune et une barrière infranchissable.

QUELLE SOLUTION POUR LA CORSE

Quelle solution politique et sociale préconisez-vous pour la Corse ?

-Elle a un autre type de développement économique, parce que jusqu'à il y a deux ans ceux qui dirigeaient l’Assemblée de Corse pensaient que le tourisme allait développer la Corse. Il n’y a aucun pays au monde qui peut se développer sur mono-activité, une seule activité saisonnière, on a besoin donc de tourisme, on a besoin de dévalement d’une agriculture, on a besoin de recherche, on a besoins d’une industrie technologique qui rente, on a besoin de revitaliser l’intérieur de la Corse pour pouvoir vivre à peu près normalement en Corse. Et dans une Corse de paix, il n’y aura plus de meurtres.

L’ARGENT SALE

D’où vient la violence en Corse ?

-La violence en Corse est un sujet sérieux qu’on ne peut pas évacuer en quelques mots. Pour ce qui est de la violence actuelle et récente, elle semble liée à la lutte que se livrent des bandes pour contrôler ce qui fait la beauté de la Corse : ses côtes. Les rivages corses sont convoités par les spéculateurs immobiliers qui voudraient en faire une côte bétonnée accueillant un maximum de touristes ; ils donnent naissance à des affaires et à la violence à laquelle l’assemblée territoriale de Corse est déterminée à s’attaquer. Nous assistons depuis quelques années à un tarissement de la violence politique clandestine et à une activité débordante du milieu corse maniant de l’argent sale qui veut s’installer en bord de mer, faire beaucoup de fric, en faisant parfois pression d’une manière éhontée et parfois violente sur des élus locaux qui doivent faire élaborer des documents d’urbanisme.

LES RACINES DE LA VIOLENCE

Comment résoudre ce problème ?

-L’assemblée de Corse, depuis que la gauche y est majoritaire, a créé une commission de la violence dont le premier rapport a été voté à l’unanimité. Il contient trois éléments importants. Tout d’abord, la violence étant multiforme et complexe, il faut créer un observatoire pour pouvoir bien appréhender son évolution et mieux cibler les voies et les moyens d’en sortir sur le long terme. Ensuite, la violence actuelle vient de la spéculation immobilière: il n’y a plus un Corse qui puisse s’acheter 1.500m² et construire une villa, c’est réservé à des gens qui ont de l’argent. Il y a en même temps des flux financiers importants parce qu’il y a recyclage d’argent sale. Enfin, il est bien nécessaire d’examiner la problématique de la précarité et des inégalités sociales. Il est évident que la violence plonge ses racines dans la délinquance naissante, car bon nombre de jeunes gens ne trouvent pas de boulot ou de logement. Au final, il faut créer les conditions d’un sursaut collectif et montrer notre mécontentement d’être la région la plus criminogène d’Europe et notre désir vivre chez nous dans la paix et la démocratie.

Mais il faut en même temps une action forte de la part des pouvoirs publics. Le Premier ministre dit entre autres qu’il faut réactiver le pôle financier de Bastia, mais c’était déjà une préconisation qui remonte au lendemain du meurtre du préfet Erignac en 1998. Malheureusement ce pôle financier n’a pas produit grand-chose. Mais si demain M.Ayrault nous annonce que des fonctionnaires qualifiés et spécialistes des délits financiers vont venir travailler là-dessus, on ne peut que l’accepter. Malheureusement, ce genre d’exercice aurait dû se faire il y a longtemps, car cela aurait évité la situation dramatique dans laquelle nous vivons.

SEUL LE TOURISME NE PEUT PAS DÉVELOPPER LA CORSE

Et si demain ce pôle financier se remet en route, peut-être saurons-nous s’il y a une internationalisation de l’argent sale. L’opinion demande à savoir ce qui se passe en Corse. Ce n’est pas le tourisme seul qui va développer la Corse. Si on arrive à montrer qu’il y a d’autres manières de développer la Corse en créant des emplois, par l’agriculture, l’agro-alimentaire, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies, nous pouvons redonner espoir au peuple corse qui a envie de vivre et travailler au pays, de gagner sa vie décemment, de se loger. C’est un long chemin parsemé d’embûches, mais c’est l’objectif de la majorité de gauche qui gouverne l’assemblée de Corse.

Propos recueillis par Maxime Azadi

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Marie Jeanne FEDI

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PÔLE EXCELLENCE TIC

Ce rapport a une qualité essentielle : il permet de mieux percevoir et de comprendre une stratégie de développement économique dont la Corse a un besoin impérieux, celle du développement de l’économie numérique. Ceci est une urgence politique. Ceci est une condition pour redynamiser la croissance en Corse. Le pôle d’excellence favorise le développement d’une filière et c’est une bonne chose. Cela va dans le bon sens, même s’il nous paraît que ce rapport aurait pu être présenté il y a déjà au moins 10 ans, lorsque ces technologies numériques se développaient et s’affinaient. L’idée du pôle d’excellence doit être soutenue, mais elle suppose comme il est dit dans ce rapport que soient mises en place les bases d’une « grappe » d’entreprises susceptibles de former un ensemble cohérent, solidaire et dynamique pour développer une activité de pointe et de haute technologie dans des domaines variés :

  • cela signifie d’abord de créer et d’organiser un lieu ou un espace qui serait le centre nerveux et géographique de cette activité. Vous voyez déjà les problématiques soulevées par cet impératif économique. Pour la création de nouvelles entreprises, cela ne devrait pas poser de problèmes, mais pour les sociétés préexistantes à ce pôle, comment les regrouper ou les faire travailler ensemble ? Il est expliqué dans le rapport que la sous-taille critique de ces entreprises est un frein au développement de la filière.
  • Il est fait par ailleurs un état des lieux de ce qui existe en Corse en matière de TIC et on voit bien qu’il ne faut pas se contenter de structurer la filière ou de conforter des secteurs existants, mais il faut aussi stimuler l’émergence d’entreprises innovantes : je pense par exemple aux communications numériques, optique et radio ; au traitement de l’information et du signal ; à la réalité virtuelle ; aux sciences du vivant ; aux sciences et aux technologies marines. Il ne faut pas simplement chercher à rattraper le retard que la Corse a pris dans le domaine des TIC, mais aussi se tourner vers l’avenir.

A ce propos, pourquoi ne pas lancer l’idée d’un Centre des Sciences de la mer, un parc des sciences et des technologies marines, à l’exemple de ce qui s’est fait à Brest ? La Corse ne serait pas la plus mal placée pour accueillir ce type de filière.

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Viviane BIANCARELLI

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MODIFICATION DE LA STRUCTURE PEDAGOGIQUE GENERALE DES ETABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT DU SECOND DEGRE : MESURES COMPLEMENTAIRES DE RENTREE SCOLAIRE 2012-2013 / MESURES DE RENTREE SCOLAIRE 2013-2014

- Accent mis sur les besoins du tissu économique, la sécurisation des parcours, l’optimisation de l’information et de l’orientation sur l’ensemble du territoire.

- Prise en compte particulière du développement du bilinguisme (ouverture d’une classe de 6ème bilingue au collège de Saint Florent, …) et du sport scolaire (création de deux nouvelles sections sportives au collège de Luri et au collège Clémenceau de Sartène).

- Propositions élaborées dans le cadre d’une concertation élargie avec les services académiques et les directions des établissements avec, par exemple l'ouverture de la Terminale Bac Pro « Gestion des Entreprises Equestres » au lycée agricole de Sartène à la rentrée 2013 qui constitue la suite (et fin) logique de transformation du BEPA Activités Hippiques en Bac Pro (Réforme de la Voie Professionnelle).

Cependant, concernant le lycée agricole de Sartène et plus particulièrement la formation hippique, nous tenons à souligner les contraintes structurelles de la conduite de cette formation.

En effet, faute d’infrastructures pédagogiques sur le site, la conduite de cet enseignement n'est possible qu'en faisant appel à un prestataire extérieur, ce qui représente une charge financière importante pour l’établissement. En effet le coût de cette prestation, qui n'est pas intégré dans le calcul de la dotation de fonctionnement, grève le budget de l’établissement à hauteur de 12 000 € par an. Il serait juste qu'à compter de la rentrée 2013, ce coût soit intégré et rajouté à la dotation de fonctionnement 2014 du LEGTA de Sartène.

Par ailleurs, nous ne partageons pas la satisfaction exprimée dans le rapport, concernant le bac pro en trois ans.Bien au contraire, les enseignants font part de difficultés scolaires considérables dues à la suppression d’une année d’enseignement Ce fait est national, et se retrouve pleinement en Corse.

De même, le décrochage scolaire , nécessite une attention particulière et en tout premier lieu la formation initiale et continue des enseignants sur les difficultés des enfants et des adolescents. Les mesures dites de suivi ou de soutien individuelles devraient bien correspondre à cet objectif. Or il semble qu’actuellement ces actions s’effectuent en lycée sans objectif particulier et la plus part du temps en classe entière.

Les sections sportives scolaires, à partir de la rentrée 2013, n'auront plus le nombre d'heures fléchées dans la dotation accordée à l'établissement. Jusqu'à présent le nombre d'heures était connu et les enseignants avaient les heures nécessaires d'une année sur l'autre pour leurs sections sportives.

Concernant maintenant, les Sections Sportives Scolaires de handball de Sartène et de Judo à LURI le rapport ne mentionne pas le niveau 6ème.

Or nous savons que Le SNEP, syndicat enseignant, vient d’obtenir de l'IA IPR EPS de Corse la possibilité d'inclure ce niveau de classe pour ces sections comme le prévoient les textes.



Suite cette obtention, la réponse du Recteur à été de supprimer les moyens, et de n'accorder que 3 heures à toutes les sections sauf les 2 sections voile d'Ajaccio et la section montagne de Corte auxquelles il donne 6 heures (ce qui reste insuffisant pour la section voile du collège Laetitia qui nécessite 9 heures pour fonctionner).

Les textes précisent que le temps de pratique ne sera pas inférieur à 3 heures pour un élève sans préciser qui devra les donner.

Le bilan est donc de - 21 heures entre les heures demandées par l'ensemble des 15 sections et celles accordées par le rectorat à la rentrée 2013.

La plupart des sections du continent fonctionnent avec des moyens donnés par le monde fédéral mais chez nous les clubs ou les ligues ne peuvent pas assurer, ni des heures, ni donner des créneaux d'utilisation d'installations sportives.

Le résultat est que 95% des sections ne peuvent plus fonctionner avec ces horaires. Le complément devra être trouvé par les chefs d'établissements dans leur dotation.

si ce n'est pas possible, la le rectorat attribuera les heures si il a suffisamment de moyens.

il semble par ailleurs que le recteur n’ai a pas garanti, qu'au final, il n'y aurait pas de problème de moyens.

En clair : la pérennité des sections sportives est soumise à la volonté de chaque chef d'EPLE,

il y a 15 sections, cela fait donc 15 cas particuliers à traiter et dans l'incertitude, chaque année, sur leur pérennité.

vu les pressions que subissent les chefs d'EPLE lors de la répartition de la DHG, avec les dédoublements de classes et autres, on peut supposer que les 1ères à subir les baisses moyens seront certainement les sections sportives scolaires.

la pérennité de ses sections est bien remise en cause et nous demandons d'y remédier dans le cadre du partenariat possible, sur cette question, avec les établissements scolaires.

Enfin nous souhaiterions attirer l'attention sur une carence forte du système scolaire à l'égard des jeunes lycéens sportifs. Ils sont assez nombreux à pratiquer leur sport dans des championnats nationaux, ce qui les amène - au delà des entrainements quasi quotidiens - à se déplacer les WE sur le continent. Pour ces jeunes, des classes dites de sportifs peuvent exister (lycée Laetitia par exemple pour les jeunes joueurs de l'ACA).

La seule mesure consiste à essayer de ne pas leur imposer des heures de cours après 17 heures afin qu'ils puissent se rendre aux stades pour les entraînements. Rien d'autre malgré des emplois du temps qui ne leur laissent pas beaucoup de disponibilité. De fait, ces jeunes ne peuvent pas mener de front des études secondaires complètes et leur passion sportive.

Plus particulièrement je m’attarderai sur la situation de Luri et de ses équipements sportifs : il n’y a plus de salle de sport depuis un an suite à l’incendie des équipements l’année dernière, il est bien prévu un plateau sportif et le doublement de sa surface , mais en raison de l’impraticabilité l’équipement plein air actuel régulièrement inondé et exposé à tout les vent, et la carence en équipement sportif du CAP CORSE, nous demandons que soit prévu un véritable complexe sportif pouvant répondre aux besoins des différentes disciplines pratiquées dans la région.

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Josette RISTERUCCI

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PROJET REGIONAL DE SANTE 2012 -,2016

L’examen de ce Projet Régional de Santé, qui est comme vous l’avez dit, un document complexe et particulièrement difficile à étudier dans les délais impartis par la loi, c’est-à-dire 2 mois, doit cependant nous permettre de bien ancrer notre volonté politique de ne plus être que consultatifs dans ce domaine. Donc ce PRS nous donne l’occasion d’impulser une autre dynamique pour la santé en Corse.

Le hasard du calendrier fait que nous l’examinons en même temps qu’ont lieu les débats sur le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) pour 2013. Comme vous le savez, notre groupe a voté contre ce PLFSS à regret, nous l’avons jugé insuffisant et n’engageant pas de réforme de fond sur le financement de la protection sociale, il ne remet pas en cause les franchises médicales, les déremboursements, la fiscalisation des indemnités des accidentés du travail et du jour de carence dans la fonction publique (dont les conséquences sur l’absentéisme seront plus graves et ne permettront pas de faire les économies escomptées sur le dos des salariés). Il s’agit de mesures introduites, je le rappelle par un gouvernement de droite que nous avons combattues. À cela se rajoute, le faux accord signé par les médecins libéraux sur les dépassements d’honoraires, dont les usagers eux-mêmes ont dénoncé l’application au regard de l’importance du reste à charge pour le patient. Nous souhaitions l’adoption de recettes nouvelles fondées sur la taxation des revenus des placements financiers des banques et des entreprises à la même hauteur que ceux issus du travail des salariés. Cette piste a été rejetée et nous le regrettons.

Je vous épargnerai un examen plus détaillé de ce point dans notre assemblée, mais il était important d’y faire référence car le PRS que nous avons eu le « plaisir » de lire, près de 1000 pages, ne peut être complètement déconnecté des ressources financières. Son application en sera même dépendante.

C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il y a deux ans, j’avais voté contre le projet stratégique régional de santé car il était entièrement soumis aux objectifs de l’ONDAM, et cela était inscrit dans le document.

Le temps a passé, les relations difficiles ou conflictuelles avec l’ARS ont commencé à s’améliorer, et j’ai réussi à faire retirer cette phrase du document. Il n’en demeure pas moins, que tous les objectifs prévus dans le PRS sont bien évidemment soumis aux allocations financières dont notre région disposera. C’est pour cela que je partage les amendements proposés dans votre rapport, car non seulement nous devons rattraper un retard structurel mais nous devons aussi moderniser les infrastructures et plateaux techniques. À ce titre, l’ensemble du document retient ces principes même s’il est noté que la Corse est globalement « bien dotée »…. C’est dans cet esprit, que les membres de la commission sociale et du développement culturel qui ont reçu Monsieur le Directeur de l’ARS et ses collaborateurs, ont pu échanger et proposer de transformer l’amendement N° 6 de votre rapport en une motion. Cela nous a paru plus pertinent, et j'insiste sur la nécessité de faire aboutir notre demande. Nous faisons référence à une résolution européenne et non à une loi.

Pour introduire le débat, je reprendrai la page 12 du plan stratégique et les 3 questions dites fondamentales posées par le document : - quel, diagnostic pour la corse ? - quelles évolutions prévisibles ? - quelle organisation adopter ?

Comme vous le rappelez Mme la conseillère exécutive, la santé est une des préoccupations principales des corses, suite aux résultats du questionnaire du Padduc.

Nous n’examinons pas seulement la santé stricto sensu mais différents plans et schémas qui ne peuvent être dissociés les uns des autres pour constituer ce Prs. Du plan stratégique régional de santé, sont établis les schémas d’organisation régionale de la prévention, de l’organisation des soins, et du médico-sociale puis les programmes régionaux d’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (PRAPS), le programme pluriannuel régional de gestion du risque (PRGS), le programme télémédecine, et le programme interdépartemental d’accompagnement des handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC).

Dans un contexte national dit de crise, je continue à rappeler que la corse dans ce domaine a raté bien des opportunités depuis plus de trente ans, cela par manque de politique de santé cohérente et surtout à cause d’ une vision partisane bien souvent des dossiers. Il faut stopper cette méthode, nous voyons bien que le Prs dans sa globalité est un document qui croise des compétences multiples, dont celles de la CTC.

J’ai voulu faire ce rappel pour prouver que pour toutes ces raisons, nous serons donc exigeants envers les ministères concernés pour faire reconnaître nos besoins et nos retards. C’est pourquoi, Mme la conseillère exécutive, Messieurs les présidents de l’exécutif et de l’assemblée, je souhaite renouveler autant que de besoin les rencontres auprès de la ministre de la santé pour faire avancer ces dossier vitaux, les porter directement en concertation et dialogue avec l’ars Corse, ce serait une démarche responsable, qu’attendent tous les patients et usagers. J’espère donc avoir une réponse positive sur ce point.

Je le rappelle nous ne devons pas laisser arriver les crises sociales, les situations déficitaires catastrophiques, etc... Nous ne devons pas laisser porter les demandes de solutions aux seuls salaries, usagers, professionnels de ces secteurs sanitaire et médico-social, nous devons les anticiper et défendre ensemble des dossiers tant auprès de l’Ars Corse, qu’au niveau de l’état. C’est notre rôle d’élu.

Donc, soyons efficaces et choisissons cette voie. J’espère être suivie.

Ayant participé depuis des années à diverses instances et commissions dans ce domaine, j’ai demandé, comme d’autres, pour l’élaboration de ce PRS qu’un état des lieux précis soit présenté dans le document. Pour l’ensemble des schémas, cette méthode a été retenue.

Même si dans ces mille pages , nous retrouvons les seuils pour les autorisations d’activité, pour les différents zonages que nous avons d’ailleurs rejetés et autres critères fixés par la caisse nationale d’assurance maladie dont je vous épargne les détails, il est important pour contrer les effets néfastes de certaines mesures de prendre en compte les amendements présentés par l’Exécutif et les réponses apportées par Monsieur le Directeur de l’ARS.

Cette marge de manœuvre nous oblige à la responsabilité, à la vigilance, à l’exigence, au contrôle, donc à la discussion, à la négociation, aux échanges entre l’État, l’ars, et notre assemblée. Ceci a été acté, vous nous l’avez confirmé.

Le délai très court imposé par la loi ne m’a pas permis de faire plus de réunions de notre commission, mais nous pourrons durant l’application de ce plan le faire puisque le directeur de l’Ars est lui-même demandeur de ces échanges. La mise en place d’Assises de l’accès aux soins permettra également d’évaluer ces politiques publiques.

Je retiens des axes stratégiques qu’ils visent à : - Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé en garantissant une offre de prévention efficiente, - D’améliorer la fluidité du parcours de prise en charge sanitaire et médico-sociale, - De coproduire la politique régionale de santé avec les professionnels et les usagers. L’ensemble du document donne des taux de recours sans les mettre en perspective avec l’évolution des besoins sur les 5 années à venir. Mais cela peut être modifié puisque le document n’est pas figé. Nous retrouvons dans la présentation les tableaux des implantations des structures sanitaires et médico-sociales, ceci correspond aux prescriptions du code de la santé publique. Il faut noter également que dans ce PRS, il n’y a pas de suppression d’activités ou d’établissements, les suppressions correspondent à des regroupements concertés avec les établissements concernés, contrairement à bien d’autres régions qui ont vu des hôpitaux fermés, nous devons d’ailleurs être la seule région de France qui a créé un Hôpital Local. Nous retrouvons également le développement aux alternatives à l’hospitalisation, et la structuration de l’offre de soins en filières coordonnées (gériatrie, AVC, etc…). L’objectif est bien de diminuer le nombre d’hospitalisations sur le continent.

L’article R1434.2 du code de la santé publique indique que le PRS comporte : - L’évaluation des besoins de santé et leur évolution, tenant compte de la situation démographique, de l’état de santé de la population, des données sur les risques sanitaires, des inégalités sociales et territoriales de santé, des données régionales en matière de santé et de handicap, - Une analyse de l’offre et de son évolution prévisible dans les domaines de la prévention du soin et de la prise en charge de la perte d’autonomie, - Des objectifs fixés en matière : de prévention, d’amélioration de l’accès aux établissements, aux professionnels et aux services de santé, de réduction des inégalités sociales et territoriales en santé, notamment en matière de soins, de qualité et d’efficience des prises en charge, de respect des droits des usagers, - Des mesures de coordination avec les autres politiques de santé (PMI, santé au travail…), - D’organisation du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre du projet régional de santé.

C’est donc pour appliquer ces principes du code de la santé publique, qu’il est nécessaire d’inclure les amendements au rapport ainsi que la motion présentée par la commission. C’est également pour cela, que nous devons avoir des engagements financiers pérennes pour certaines mesures financées en missions d’intérêt général (EVASAN), La corse est une montagne dans la mer, c’est la seule région de France qui n’a pas de CHU, la seule région d’Europe qui ne dispose pas d’un seul km d’autoroute, etc.. tout cela entraine de fortes contraintes dans le domaine de l’accès aux soins. Faire reconnaître ces handicaps par des moyens financiers et structurer cette offre de soins à hauteur des attentes de tous est bien l’objectif que nous devons atteindre. Je sais que certains élus ou usagers souhaitent un mode d’organisation pour la gestion des établissements publics de santé en regroupement régional, pour ma part je ne souscris pas à cette proposition au regard des difficultés actuelles rencontrées par les établissements de santé tant en terme financiers que de gestion. Actuellement, cela ne ferait qu’augmenter les difficultés rencontrées dans certains hôpitaux.

Je peux témoigner que ce document, dont la publication a été prolongée, à nécessité de nombreuses réunions, citées dans l’introduction, c’est un début de ce que l’on appelle la démocratie sanitaire qui se met en place. L’exercice a été difficile, je suis bien placée pour en parler, nous ne pouvons pas remettre en cause la volonté et le sérieux des membres assidus, des présidents, des 4 commissions de la crsa qui fonctionne avec peu de moyens.... Pendant un an, ils ont examiné et donc participé à l’élaboration de ce plan, leurs avis et observations ont été donnés et pris en compte.

Pour introduire le débat, je reprendrai la page 12 du plan stratégique et les 3 questions dites fondamentales posées par le document : - quel diagnostic pour la corse ? - quelles évolutions prévisibles ? - quelle organisation adopter ?

Il aborde la problématique de l’accessibilité de l’offre de santé du point de vue géographique et financier. Sont actés la construction de l’hôpital d’AJACCIO (financé à 90 % ce qui est exceptionnel) et la modernisation de celui de BASTIA, tout comme l’amélioration et le rôle central des hôpitaux locaux dans les projets territoriaux de santé. Tout cela, en tenant compte de la mise en place du parcours de santé du patient et la nécessité de faire émerger les projets territoriaux de santé surtout pour les zones rurales. Le Prs reprend l’ensemble des réunions et concertations qui ont eu lieu avec les professionnels de santé, les élus, les usagers. À la lecture de ces pages, il parait donc comme une évidence que cet accès pour tous est acté, sauf qu’il met en parallèle la maîtrise médicalisée des dépenses, et demande de gérer au mieux les ressources…. Je dirais d’emblée, qu’il n'est pas scandaleux de gérer au mieux, encore faut-il que l’ars et le ministère soient crédibles dans ce discours, depuis plus de 30 ans nous actons les allocations de ressources de façon trop aléatoire, par crises sociales, par interventions politiques, etc... La logique et la responsabilité politique de tous est de s’emparer de ces sujets, et l’occasion est donc donnée. Pour rattraper ces retards structurels et assurer une meilleure répartition de l’offre de soins sur le territoire, l’aspect financier est incontournable.

Je ne reprendrai pas toutes les données démographiques, je retiendrai les principales.... En 2040 une personne sur 3 aura plus de 65 ans, p 20, un rappel des données socio-économiques coût de la vie élevé, revenus salariaux plus faibles, des capacités d’hébergements pour les handicapés et polyhandicapés inférieures à la moyenne nationale, une mortalité chez les hommes de 24 à 54 ans 2.2 fois plus élevée chez les ouvriers employés que chez les cadres. P 24 , etc..

Madame la Conseillère, vous avez dans votre rapport fait une synthèse de ce document de 1000 pages, j’arrête donc mon intervention en souhaitant que les amendements proposés amènent une réponse positive de Monsieur le Directeur de l’ARS, et que ma demande de suivi du PRS avec le ministère de la santé directement pour les réponses financières, ce qui pour notre groupe permettrait de voter favorablement.

Rappel du principe du droit au logement pour le public handicapé, âgés dépendants ou pas donc volet qui rejoint les politiques publiques dont celles de la ctc. P 81

Taux allocation d’éducation pour enfant handicapé Aeeh de 16,76 pour 10,98 au niveau national. P 92 p 102 le taux très élevé.

Déséquilibre des dotations régionales enfance handicapée p 96 du à l’absence d Iem. En haute corse, il est aussi prévu la création de place en Mas Fam.

Surcoût de plus de 4 millions d euros. P 98 rationnaliser les coûts ? Comment ?

Mise en place du cra autisme en septembre 2012 p 100 Problème de prise en charge fiche p 108 du à la démographie médicale et orthophoniste, kiné....

P 115 insertion et formation des personnes handicapés, cf. politique de formation ctc.

P118 volet adultes handicapés.

P 120. Taux équipement global en Ets pour adultes handicapés inférieur de 0.5 à la moyenne nationale. L’évolution potentielle des capacités des structures pour adultes sera réalisée dans le strict respect des circulaires budgétaires 65 % places Fam pour 35 % mas.

Donc un rattrapage est possible vis,à vis des coûts moyens nationaux pour les services et Ets du secteur adultes handicapés. P 124.

La corse est la région la moins équipée en Esat (ancien centre aide par le travail).p 125. Et cependant aucune place supplémentaire est prévue.... 2 Esat ont des tarifs sup à la moyenne nationale. P 125.

P 143. La population âgée est particulièrement touchée par la pauvreté 22.3% des plus de 65 ans contre 17,5 au niveau national.

P 195 196 écart des prix entre les deux départements P 197 planification du sros, un outil opérationnel dans la capacité à faire du au délai de mise en œuvre des projets.

Schéma de prévention page 217

Si la corse dispose d’acteurs de prévention de premier recours, le maillage territorial des actions est peu visible, voire inexistant, au-delà du périurbain. P 230 huit territoires de santé correspondant aux 8 bassins de vie retenus par la CCT.

Pour conclure, je dirai soyons audacieux et relevons le défi en imposant par notre travail notre volonté de peser dans ce domaine. Il n’en reste pas moins que la bataille des moyens financiers est importante et nous ne pouvons pas la perdre, c’est pendant cette période du Prs, que nous devons amorcer cet équilibre territorial d’accès aux soins, cette égalité devant l’urgence vitale, cette égalité

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Etienne BASTELICA

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ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES POUR 2013

Un contexte difficile marqué par la programmation de l’austérité dans la durée

Le rapport rappelle le contexte difficile dans lequel s’inscrit ce débat d’orientations budgétaires, la crise économique, financière, industrielle et sociale dont l’impact est sensible sur les collectivités territoriales. Le Gouvernement mise sur une croissance de 0,8 mais plusieurs économistes, (le FMI, l’OFCE) sont plus pessimistes et prévoient une croissance bien moindre, voire une stagnation. Vous évoquez, Monsieur le Président, l’alternance de Mai 2012 au niveau national, et la « volonté de changement » qu’elle manifeste et, notamment, une « relation de confiance » renouvelée avec les collectivités. Nous voulons toujours l’espérer mais force est de constater une contradiction entre le changement prôné par François Hollande et les mesures gouvernementales ; la logique financière qui présidait sous la direction de la Droite n’a pas été infléchie. L’adoption du Traité de Stabilité Budgétaire aggrave les politiques d’austérité et leurs conséquences dramatiques.

Si le projet de Loi de finances pour 2013 comporte quelques avancées, il demeure malheureusement soumis à la logique d’austérité. Il vise une nouvelle réduction du déficit de près de 30 milliards d’€ par rapport à 2012. Mais plusieurs observateurs et L’OFCE, affirment que la France n’atteindra pas les 3 % de déficit public en 2013. Cet objectif ne pourrait sans doute être atteint qu’au prix de réajustements brutaux, évalués à plus de 20 milliards d’euros, qui risquent de plonger un peu plus l’économie française dans la récession et, au bout du compte, d’accroître encore l’endettement public, comme le montrent les exemples de l’Italie, de l’Espagne ou de la Grèce. S’accrocher à l’objectif de 3% de déficit budgétaire a pour conséquence la déprime des dépenses publiques et sociales utiles, et au bout du compte, le risque d’une nouvelle explosion du chômage. A l’opposé de la programmation de l’austérité de longue durée, la gauche doit porter une autre politique en répondant aux attentes sociales. C’est la croissance qui nous permettra de réduire nos déficits, et non l’inverse.

L’état de l’économie Corse

La crise économique touche la Corse, même si elle ne subit pas – et pour cause – les dégâts de la désindustrialisation, elle bénéficie du Programme Exceptionnel d’Investissements et le poids du secteur public y est toujours important. L’activité a nettement ralenti ; le chômage progresse plus qu’au niveau national et touche désormais près de 16 000 personnes, multipliant les situations de pauvreté, de précarité, et d’exclusion. Les jeunes, les femmes, les seniors, les personnes les moins qualifiées sont particulièrement exposés. La progression constatée de l’emploi salarié en 2012 ne peut masquer la fragilité structurelle de notre économie, caractérisée par le faible poids de l’industrie et l’importance des activités saisonnières, limitant son potentiel et ne permettant pas de répondre au besoin d’emploi.

Le rôle de notre Collectivité – par son niveau d’investissement, par le soutien aux activités économiques – est évidemment très important pour la relance. Cependant, notre action ne sera efficace que si elle contribue à restructurer notre économie dans le cadre d’une réorientation du modèle de développement pour la Corse.

Les perspectives d’action en 2013

Des recettes en baisse

Dans ce contexte, bâtir un budget résolument tourné vers le développement productif est un exercice d’autant plus ardu que nous ne maîtrisons pas totalement la règle du jeu. La crise impacte nos finances publiques: par rapport à 2012, les prévisions de recettes sont, au mieux stables, souvent en nette régression et, au total, en baisse d’environ 1%. Considérant le niveau de la fiscalité directe (2% des recettes) et indirecte (27%) on mesure la dépendance à l’égard des dotations (plus de 51%) et la faible marge de manœuvre qui nous reste. C’est le problème récurrent de l’autonomie financière des collectivités qui est posé. Le seul choix des dépenses ne correspond pas à la notion d’autonomie financière : celle-ci suppose que les collectivités puissent aussi fixer le volume de leurs recettes : l’autonomie fiscale est une condition de l’autonomie financière. Or, la part de nos ressources propres est faible et nous avons peu de latitude dans leur modulation et cela au moment même où l’État se désengage. Nous pouvons donc réfléchir à une restructuration de nos recettes, voire à en déterminer de nouvelles, afin de dégager des marges de manœuvre conséquentes. Soyons toutefois prudents, car pour mener à bien les politiques ambitieuses que nous souhaitons, nous avons besoin de la solidarité nationale.

La maîtrise des dépenses de fonctionnement

La crise et la baisse des recettes conduisent à la « maitrise des dépenses de fonctionnement », ce qui est en soi une bonne chose. Ainsi, il apparaît d’une part que la masse salariale de la CTC est sensiblement inférieure à celle des autres régions ; d’autre part que la gestion de la dette est optimisée. La contraction des dépenses de fonctionnement a, cependant, ses limites, non seulement techniques – du fait du caractère incompressible des dépenses de personnel et de remboursement de la dette mais aussi parce que ces dépenses sont utiles et productives : le fonctionnement c’est le coût de l’éducation, de la recherche, de l’innovation, la remise à niveau des salaires et des conditions de travail des agents ou encore la réduction de la précarité… Fonctionnement ou investissement, le critère déterminant c’est d’estimer en quoi les dépenses contribuent à répondre aux besoins des habitants de cette île.

Un niveau d’investissement de 190 à 200 M€

Grâce à une capacité d’autofinancement de 97 M€, et avec la mobilisation d’un emprunt de25 M€, vous fixez un objectif de dépenses réelles d’investissement de 190 à 200 M€ avec au minimum 50% de dépenses directes sous maîtrise d’ouvrage, qui devrait permettre de poursuivre le financement des infrastructures et de contribuer, malgré les difficultés, à la relance économique et à la préservation des emplois.

Axes d’intervention

Les perspectives d’action sont structurées autour de quatre axes : • la croissance économique et l’emploi • le développement durable • la solidarité sociale et spatiale • un aménagement des territoires pertinent

Il faut poursuivre l’action engagée depuis le budget 2011 pour une politique de progrès économique et de justice sociale, performante autant en termes de croissance qu’en termes de solidarité.

Les interventions, la mobilisation des outils financiers et d’ingénierie doivent converger vers l’objectif principal : le maintien et la création d’emplois. Nous sommes particulièrement attentifs à la mise en place de la future Banque Publique d’Investissement, futur instrument déterminant du financement d’activités industrielles innovantes, et notamment à son articulation avec la CADEC.

L’effort passe aussi par le développement de la recherche et de l’innovation : innovation technologique mais aussi innovation sociale. L’innovation, c’est aussi l’encouragement à d’autres logiques que celles du marché, à d’autres formes de propriété, à l’économie sociale et solidaire. Parlant de l’innovation et de l’emploi, on songe en premier lieu au soutien aux filières en devenir, l’économie verte, les énergies renouvelables ; mais l’innovation doit parcourir l’ensemble du tissu économique, y compris les secteurs dits « traditionnels ». Je pense en particulier au bâtiment : nous avons fait du logement une priorité, le nouveau règlement des aides adopté par notre assemblée, les dispositifs arrêtés à l’issue des assises du foncier et du logement, la création de l’Agence d’aménagement et d’urbanisme, la mise en place prochaine de l’établissement public foncier ouvrent une perspective intéressante d’activité pour ce secteur sur la dizaine d’années qui vient ; nous avons besoin notamment de 8000 logements sociaux. Cela représente des milliers d’emplois, des millions d’heures de travail. Il y a mieux à faire que favoriser la surexploitation basée sur la mise en concurrence des travailleurs de l’Est et du Sud, dans des conditions de légalité parfois douteuses. Pourquoi ne pas définir, en concertation avec les acteurs de la filière –promoteurs, entrepreneurs, syndicats…- un ambitieux programme de formation, qualification, valorisation des métiers du bâtiment incluant les nouvelles technologies, l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’utilisation des matériaux locaux ?

Dans le même ordre d’idées – c’est une autre proposition – il m’apparait à priori intéressant de réfléchir à la constitution d’un pôle centré sur la filière navale (réparation, maintenance, services), en Méditerranée.

La question de l’éducation et de la formation est au centre de la bataille du développement et de l’emploi. 20 000 élèves sont scolarisés dans 49 établissements mais combien sortent du système scolaire sans qualification ni diplôme ? Nous proposons de construire, en accord avec l’État, un plan d’action contre l’échec scolaire. S’il y a un domaine où les restrictions budgétaires ne doivent pas jouer c’est bien celui là. Au travers notamment de l’effort sur les constructions scolaires et universitaires, de la gratuité des manuels, de l’action culturelle, de l’appui social aux étudiants, nous prenons nos responsabilités. Nous seront vigilants quant à l’engagement de l’État, le Président de la République s’étant engagé à « sanctuariser » le budget de l’Éducation Nationale.

Le développement durable semble aujourd’hui nous rassembler tous ; il est au cœur des orientations du PADDUC et constitue un volet important des orientations budgétaires et nous nous félicitons des initiatives multiples en ce sens. Plus globalement, nous pensons que les logiques capitalistes du profit immédiat, le productivisme prédateur, sont des facteurs de destruction de la biodiversité, d’épuisement des ressources naturelles et nous sommes favorables à une transition écologique créatrice d’emploi et facteur d’égalité sociale.

S’agissant des déchets, ne pourrions-nous pas réfléchir, avec nos amis Sardes, à une coopération consistant à créer ici des unités de valorisation des déchets de carton et à faire valoriser nos déchets de matière plastique en Sardaigne ? La crise du capitalisme provoque de nouvelles fractures sociales et territoriales, brise ce qui reste des solidarités anciennes, accroît les inégalités. Une politique de gauche doit travailler au renforcement des solidarités sociales et spatiales. De cette nécessité découlent les actions en faveur de la formation professionnelle et l’apprentissage, l’accès aux soins où que l’on se trouve sur le territoire, les politiques en direction de la jeunesse, au travers de l’éducation, de la culture, du sport. Les « Assises du sport et de la jeunesse » viendront nourrir l’ensemble de nos actions en ce domaine. S’agissant de la culture et du patrimoine, nous prenons acte avec satisfaction des perspectives de concrétisation de grands projets tels l’aménagement du Couvent Saint François, la Scène Nationale, la Caserne PADOUE à Corte, l’ouverture fonctionnelle du Centre d’Art Polyphonique, la perspective de nouveaux locaux pour le conservatoire Henri TOMASI à Ajaccio… autant de réalisations structurantes qui, en cohérence avec l’action quotidienne des compagnies, associations et centres culturels, contribueront à l’aménagement culturel du territoire. On aurait tort de sous-estimer l’apport de la culture à l’activité économique de notre région ; cet apport est notable et pourrait être plus considérable encore. Pour ne prendre qu’un domaine : ne pourrait-on étudier l’opportunité de créer une structure commune de commercialisation (fabrication et vente de produits dérivés, édition, montage d’expositions) pour l’ensemble de nos sites historiques et archéologiques (publics et privés) – voire pour nos musées – qui serait l’unique donneur d’ordre, sous la responsabilité scientifique des conservateurs concernés ? N’y a-t-il pas là un gisement d’emplois, à la condition expresse que l’on fasse en sorte de mobiliser sur place, par un programme de formation adaptée et les transferts de savoir-faire qui s’imposent, artisans, entrepreneurs, ouvriers et artistes ? Un mot enfin sur les investissements consacrés aux infrastructures. D’une part, il s’agit de l’application du Schéma Directeur des Routes Territoriales. D’autre-part des investissements sur le domaine ferroviaire et à ce titre, nous nous félicitons de la croissance sensible enregistrée sur les lignes régulières, signe que la politique engagée commence à porter ses fruits. Si le document d’orientation reprend les opérations prévues par le Schéma directeur, nous n’y retrouvons cependant pas la mention de la Commande centralisée pour voie unique et l’étude de faisabilité pour l’extension en plaine Orientale et je souhaiterais avoir des précisions sur ces points. S’agissant des équipements hydrauliques, dans les orientations budgétaire 2012 de l’OEHC, avaient été programmées les « Etudes préliminaires à la réalisation du barrage sur le Taravo ». Où en est-on et quelles sont les prévisions pour 2013 ? En conclusion, en 2013 encore, malgré les contraintes financières, les orientations proposées permettront de poursuivre les politiques ambitieuses engagées, en particulier dans les domaines du logement, des infrastructures, du développement durable… Mais cette dynamique sera-t-elle possible à l’avenir, dans la mesure où les dotations de l’État seront à la baisse ? Des centaines d’économistes à travers le monde, des prix Nobel d’économie comme Joseph Stiglitz et Paul Krugman, critiquent le non-sens de la politique actuellement à l’œuvre en Europe. Leur constat est sans appel?: l’austérité est à la fois injuste, inefficace et antidémocratique. Avec eux, nous pensons que l’on peut faire autrement, qu’il est urgent de changer de cap pour sortir de la crise par le haut et relever les défis sociaux et écologiques d’aujourd’hui. Pour notre part, nous continuerons de tenter d’en convaincre les dirigeants et le peuple de notre pays.

 

Importante intervention de Michel STEFANI et du Groupe CCFG

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Desserte maritime en OSP

Vous avez fait le choix de procéder en deux étapes pour définir le périmètre et le contenu de la desserte maritime de service public. Autant le dire pour la clarté du débat si nous avions été en charge de cette compétence nous aurions agi différemment. Pour avoir une vision complète il fallait disposer de l’ensemble des éléments concernant la desserte en DSP et hors DSP. La DSP votée le 5 octobre, considérablement réduite, est en l’état un appel à plus de concurrence puisque l’enjeu immédiat sera pour les uns de garder pour les autres de capter les 500 000 passagers qui transitent par Marseille. Si dans le même temps rien n’est fait pour s’attaquer aux distorsions de concurrence nous voterons à nouveau contre vos propositions. Inversement si dans un souci de bonne maîtrise de la politique de transports et de la continuité territoriale il s’agit d’affirmer la régulation par un ensemble équilibré et complémentaire nous voterons pour. C’est le sens de nos amendements. Un des points de fracture qui est apparu le 5 octobre portait sur l’abandon, soutenu par une très large majorité, de la DSP sur Toulon et conjointement le maintien des capacités à un niveau inférieur au réalisé avec des fréquences divisées par deux. La politique tarifaire n’étant pas neutre dans cette affaire, nous avions proposé une grille complète reposant sur des tarifs fixes et encadrés en trois catégories pour les passagers : résidents, sociaux, autres usagers et pour le fret à travers un tarif unique avec un bonus pour les transporteurs enregistrés en Corse et dont l’activité principale se fait au départ de la Corse. Tout le monde s’accorde à reconnaître que la vente à perte est un élément de la distorsion de concurrence il faut donc s’y attaquer. C’est ce que nous proposons en incluant la réduction significative des surcapacités et un contrôle efficient des titres de transports délivrés pour s’assurer de leur correspondance avec les critères de leur attribution. L’hyper saisonnalité de la desserte, son caractère unidirectionnel, l’insuffisance de services réguliers à l’année sur l’ensemble de la desserte de continuité territoriale, impliquent une telle régulation pour empêcher que l’offre ne devienne sans rapport avec les besoins réels de la Corse et les objectifs de développement durable. En conséquence, les conventions établies avec les opérateurs doivent répondre à cet impératif entre les ports de Toulon, Nice, et les six ports de la Corse et, en même temps, assurer un équilibre économique et social avec la DSP entre Marseille et la Corse. Partant de ce principe il est normal, vous le précisez dans votre rapport, que le ou les attributaires de la DSP ne se voient imposer des OSP supplémentaires à celles qu’ils remplissent déjà au titre de la DSP. Il faut également qu’ils puissent, en exclusivité, faire une offre supplémentaire au départ de Marseille. Faute de quoi les passagers qui fréquentent ces lignes se tourneront en grande partie vers Toulon à 70 km de distance et les pics de trafic relatifs aux vacances scolaires d’hiver ne seront plus couverts. Ces recettes perdues auront une incidence sur le montant de la compensation financière versée aux attributaires de la DSP. Il y a donc un intérêt pour la CTC, AOT, à procéder de cette façon. Ainsi l’obligation de créer une société dédiée peut faire obstacle à cette faculté et la proposition que nous faisions, de donner un caractère facultatif à cette création, prend ici tous son sens. Dans le cas où le ou les attributaires de la DSP sur Marseille, se positionnent sur Toulon et Nice ils devront respecter les OSP fixées entre ces ports continentaux et ceux de Corse. Tout opérateur qui se positionnera sur ces lignes devra être conventionné et en faire de même. Aucune compensation financière n’étant versée aux opérateurs conventionnés, ils doivent bénéficier d’une exclusivité sur les lignes exploitées qui peuvent faire l’objet de groupement. Au-delà des OSP, l’offre passagers et fret ne pourra être supérieure en sièges offerts et en mètres linéaires aux besoins estimés par l’OTC pour une année sur les deux périodes indiquées. Dans ces conditions les programmes et des horaires sur Toulon et Nice sont définis sans surcapacités. En conséquence nous pensons que les fréquences minimales doivent être mieux réparties en avant et arrière saison en tenant compte de la spécificité des deux dessertes et en les distinguant nous proposons d’augmenter de 72 rotations pour passer des 148 inscrites au rapport à 220 mieux réparties sur la période avril à octobre avec 120 rotations au lieu de 108 et de novembre à mars 100 au lieu de 40 pour répondre à la fois à la volonté affirmée d’étalement de la fréquentation touristique et aux besoins annuels de service public de la population insulaire et réciproquement continentale. Ce mécanisme, cohérent sur l’ensemble de la desserte, permettrait de regagner la maîtrise financière et politique de cette compétence essentielle de la CTC mise à mal ces 10 dernières années par une logique pro low cost et l’acharnement procédurier des dirigeants de CFF. Les effets de cette politique ont été désastreux pour le service public, pour l’emploi et pour les finances de la CTC. • Pour le service public dont le périmètre a été rétréci délibération après délibération depuis 2002. • Pour l’emploi plus de 900 postes ont été supprimés à la SNCM et prochainement, sans doute, un nombre conséquent supplémentaire s’y ajoutera selon le profil de la nouvelle DSP. • Enfin pour les finances de la collectivité contrainte pour la première fois l’an dernier d’abonder à hauteur de 10 M€ le budget de l’OTC après avoir recapitalisé la CCM pour un montant de 15 M€ et avant d’augmenter de 11 M€ la compensation financière versée au titre de la desserte publique aérienne sur Paris aux opérateurs historiques AC AF victimes de la concurrence déloyale de compagnies low cost étrangères.

Nous nous étonnons d’ailleurs qu’à ce jour aucune demande officielle n’ai été faite au gouvernement en vue d’obtenir une révision du montant de l’enveloppe de continuité territoriale ne serait-ce que pour prendre en compte les surcharges combustible sauf à considérer que l’usager pourra indéfiniment en supporter les conséquences. Au regard des enseignements qui peuvent être tirés de ces dix dernières années, chercher à ne pas déplaire aux fonctionnaires de l’Union européenne voire à ceux du ministère des transports et en définitive abandonner des pans entiers du service public au secteur privé marchand, ne peut constituer une politique à long terme. En toute logique la reconduction annuelle de ces OSP sur une période équivalente à la durée de la DSP implique de s’assurer de la fiabilité des opérateurs par la production sur les trois exercices antérieurs des comptes de résultats des sociétés candidates et des comptes consolidés de leurs groupes quand elles sont des filiales. En même temps nous attendons beaucoup de la saisine du procureur de la république concernant le non respect des obligations fiscales pour ce qui est de la taxe sur les transports. Nous maintenons notre appréciation à ce propos et nous regrettons que notre amendement tendant interdire l’accès aux opérateurs indélicats n’ait pas été retenu pour le prochain appel d’offres ou aux futures conventions. Nous considérons que c’est une façon non feinte de défendre les intérêts bien compris de la Corse puisque le manque à gagner pour la CTC est sans doute de plusieurs dizaines de millions d’euros depuis l’instauration de la taxe sur les transports en mai 1991. Pour la période 2008 2011 les investigations menées seulement sur quelques compagnies, non sur la totalité, le confirme en révélant que le montant recouvré au bénéfice de la CTC aurait du être supérieur de 7.8 €. Il nous semble donc légitime de renforcer le contrôle de l’OTC non seulement sur le recouvrement de cette taxe mais également sur le respect des OSP pour ce qui est des tarifs pratiqués comme des fréquences et des capacités. On ne peut concevoir que ces OSP ne portent pas les mêmes exigences sur l’ensemble de la desserte. Cela nous renvoie à la nécessité d’imposer aux opérateurs de candidater avec des navires dont l’âge ne peut être supérieur au critère applicable à la DSP qui a été porté par la délibération du 5 octobre, c’est à nos yeux un recul, à 30 ans. Chacun sait que la technologie évolue et que l’impact environnemental n’est pas le même avec des moteurs de nouvelle génération avec des peintures de coques sans TBT. La réflexion est valable également pour l’accueil à bord, les installations et des prestations proposées en hôtellerie et restauration. Les conditions de sécurité ne peuvent être négligées non plus cela passe aussi par le respect des règles d’équipages et de manutention conformément à la réglementation française et notamment à celle du pavillon français premier registre.

Groupe CCFG Amendements

Amendement numéro 1 page 1 (5) du rapport

Au titre rédiger comme suit : Obligations de service public pour la desserte publique maritime entre les ports de Marseille, Toulon, Nice et les ports de Corse

Numéro 2 ajouter :

Conformément à la délibération de l’Assemblée de Corse du 05 octobre 2012 (article 2 de la convention de DSP entre Marseille et la Corse) et compte tenu de la nécessaire régulation à mettre en place sur l’intégralité de la desserte maritime de continuité territoriale, le présent dispositif de desserte maritime de service public entre les ports continentaux de la continuité territoriale d’une part, la Corse, d’autre part, prendra effet à partir du 1er janvier 2014 jusqu’au 31 décembre 2023.

Numéro 3 rédiger comme suit :

Ces OSP doivent impérativement être respectées dans toutes leurs composantes par tout armateur communautaire qui propose des services de transport maritimes pour les passagers et/ou le fret (marchandises diverses) entre Toulon, Nice et la Corse.

Numéro 4 après le paragraphe 5 « Toutefois …….. marchandises »

Supprimer le paragraphe 6 « Aussi ……….. territoriale ». Ajouter : Aussi, il est nécessaire de prévoir des mesures afin d'éviter une ponction notamment saisonnière des trafics les plus rentables ce qui pourrait déstabiliser la DSP, au détriment des compagnies délégataires et de leurs missions de service public comme de la continuité territoriale.

Numéro 5 dernière ligne rédiger comme suit :

« Ce dispositif a pour objet d’empêcher les effets négatifs d’une concurrence dérégulée sur la continuité territoriale mettant en cause les intérêts de la CTC ».

Numéro 6 page 2 (page 6 du rapport) rédiger comme suit la dernière ligne :

« Leur respect ne donne lieu à aucune compensation financière de la part de la CTC et constitue simplement une condition impérative d’accès au marché considéré sur lequel l’exclusivité sera reconnue aux opérateurs conventionnés ». Ajouter à la suite : « En application des dispositions des articles L. 1411-3 et R. 1411-7 du Code Général des Collectivités Territoriales, les opérateurs transmettent à l'OTC, avant le 1er juin de l’année suivant l’année concernée, un rapport retraçant en totalité l’exécution de la convention et une analyse de la qualité du service. Ce rapport est assorti d’une annexe permettant à l'OTC et la CTC d’apprécier la qualité d’exécution du service public. Les contrôles seront effectués par les organismes de l’Etat français (Affaires Maritimes/DIRECTE/DCCRF). De même l’OTC s’assurera par des contrôles réguliers du respect des critères d’application de la grille tarifaire comme des fréquences et des capacités. Tout manquement constaté entrainera la dénonciation unilatérale de la convention de la part de l’AOT. Les opérateurs devront fournir les bilans, comptes de résultats, rapport des commissaires aux comptes sur les trois derniers exercices ainsi que les comptes consolidés dans le cas d’un groupe ou si l’entreprise est elle-même chef de file d’un groupe. Les opérateurs sont tenus d’être à jour de leurs obligations sociales et fiscales. Dans le cas ou ceux-ci ont déjà desservi la Corse, ils devront attester du paiement de la Taxe sur les transports pour les six exercices précédents. Tout manquement constaté à ce sujet faisant l’objet de sanction pour fraude entrainera la dénonciation unilatérale de la convention de la part de l’AOT. Il appartient aux opérateurs d’obtenir les autorisations nécessaires à l'accès aux ports et à l'utilisation des installations portuaires auprès des autorités portuaires. La réglementation, la Convention Collective Nationale Unifiée, les accords et usages en vigueur seront respectés pour les opérations de manutention à bord des navires. Chaque navire dispose d'un certificat d'assurance ou toute autre garantie financière, avec ou sans franchise, couvrant les créances maritimes soumises à limitation au titre de la convention de Londres du 19 novembre 1976. Un dispositif de protection des cétacés, constitué de moyens matériels et humain, (acoustique, observateur embarqué, formation…) sera demandé. Les navires de type ROPAX destinés à ces services, de transport de passagers et de fret, ne pourront excéder 30 ans. Ils seront conformes aux exigences de sécurité certifiés par les organismes de contrôle reconnus par l’Etat français notamment des affaires maritimes et de l’Inspection du Travail. L’ensemble des locaux communs et des cabines doivent être climatisés. Un système de stabilisation antiroulis efficace doit être installé. Les aménagements à bord permettront un accès pour piétons offrant toute garantie de sécurité ; un ascenseur ou escalier roulant au moins pour 500 passagers ; un accès pour personnes à mobilité réduite. En cas d’urgence, les passagers devront pouvoir se connecter aux réseaux téléphoniques national et international. La compétence médicale de l’équipage doit être attestée et un médecin de bord doit être présent pour les navires chargés à plus de 1 200 passagers. Les locaux publics suivants sont exigés : • Hall d’information d’une surface significative avec places assises pour attente permettant la diffusion de toutes informations relatives à l’activité économique, touristique et culturelle de la Corse ; • consignes à bagages (au-delà de 150 passagers en installations communes) ; • chenil ; • espace enfant ou nurserie ; • espace de vente de type kiosque permettant la commercialisation des productions corses ; • infirmerie ou local de consultation médicale ; • au moins une place de restaurant (tous types de restauration) pour 3 passagers et au moins une place de bar (tous types de bar) pour 3 passagers à bord de tous les navires ; • espaces de projection ou salle de conférence pour cinéma ou TV par satellite d’une capacité au moins égale à 10 % du nombre de passagers. • service d’objets trouvés ».

Numéro 7 page 3 (page 7 du rapport) après le premier paragraphe ajouter :

« Les lignes entre Marseille et les six ports de Corse sont sous convention en DSP seuls les délégataires pourront apporter une offre supplémentaire au départ de Marseille ». Numéro 8 après le deuxième paragraphe ajouter : « L’hyper saisonnalité de la desserte, son caractère unidirectionnel, l’insuffisance de services réguliers à l’année sur l’ensemble de la desserte de continuité territoriale, impliquent une régulation pour empêcher les surcapacités sans rapport avec les besoins réels du service public et les objectifs de développement durable. En conséquence, les conventions établies avec les opérateurs répondront aux besoins entre les ports de Toulon, Nice, et la Corse, de manière à assurer l’équilibre avec la DSP entre Marseille et la Corse. Au-delà des OSP, l’offre passagers et fret ne pourra être supérieure en sièges offerts et en mètres linéaires aux besoins estimés par l’OTC et répartis entre les ports de Haute Corse et Corse du Sud (ports principaux et départementaux) pour une année sur les deux périodes indiquées. Dans ces conditions les programmes et des horaires sur Toulon et Nice sont définis sans surcapacités. Numéro 9 à l’alinéa portant sur les rotations à effectuer rédiger comme suit : « Les rotations minimales hebdomadaires à effectuer depuis Toulon et Nice sont de : • Deux rotations (2 Aller-retour) en saison d'hiver entre Nice et la Corse (40) • Trois rotations (3 Aller-retour) en saison d’hiver entre Toulon et la Corse (60) • Trois rotations en avant saison et arrière saison d’été (du mois d’avril au mois de juin et du mois de septembre au mois d’octobre) entre Nice et la Corse (60) • Trois rotations en avant saison et arrière saison d’été (du mois d’avril au mois de juin et du mois de septembre au mois d’octobre) entre Toulon et la Corse » (60) les rotations effectuées depuis le port de Toulon ou Nice, réalisées avec escales dans un port de la continuité territoriale seront comptabilisées comme une seule rotation entre Toulon et la Corse ou entre Nice et la Corse.

Numéro 10 page 3 (page 7 du rapport) au dernier paragraphe rédiger comme suit :

« Trois mois au moins avant le début de chaque « saison » les programmes et les horaires sont déposés auprès de I’OTC qui se réserve la possibilité de demander des adaptations afin de satisfaire les besoins en service public de la desserte de manière à maintenir la continuité, la régularité, les fréquences de la desserte de continuité territoriale tout au long de l’année et durant chaque période définie ». Supprimer le paragraphe suivant : « Si le ou les délégataire(s) effectue(nt) le nombre minimal de rotations prévues par les présentes obligations de service publie dans le cadre de la délégation de service public de desserte maritime il(s) n'est (sont) pas tenu(s) de réaliser en plus les rotations exigées hors délégation de service public ». Numéro 11 ajouter : Horaires : L’accès aux ports pour les départs et arrivées de navires, sera donné en priorité aux navires effectuant les services de la Délégation de service public dans le cadre du contrat de Délégation de Service Public. Pour le transport du fret : • départ à partir de 18 h 30, • arrivée entre 6 h 30 et 7 heures, jusqu’à 8 heures les dimanches et lundis. Capacités : Pour le transport des passagers : • au moins 450 places en installations couchées dans, au minimum, 140 cabines ; • au moins 50 places en installations communes affectées (fauteuils par exemple) ; • au moins 150 emplacements de voitures (type 4,50 m x 2 m) pour les véhicules des passagers. Il conviendra de respecter ce niveau minimum de capacités pour le transport de passagers et de fréquence hebdomadaire toute l’année pour chaque opérateur distinctement et non de manière globale entre opérateurs. Pour le transport du fret : • le linéaire offert doit correspondre à au moins 500 mètres de longueur effective de camions ou ensembles, avec une hauteur minimum sous plafond de 4,5 m, plus 80 places pour les voitures de commerce ; • l’ensemble du linéaire doit être accessible par des rampes d’accès qui doivent avoir une hauteur minimum, sous plafond, de 4,5 m ; • les véhicules hors gabarit jusqu’à 6,5 m de haut devront pouvoir être transportés au moins une fois par semaine ; • au moins 40 prises de courant pour véhicules frigorifiques doivent être installées ; • 40 places pour les convoyeurs en installations couchées, dans des cabines à deux maximum, doivent être réservées ; Numéro 12 page 4 (page 8 du rapport) après 1/Généralités ajouter : « Les tarifs applicables sont conformes au coût réel des prestations afin de garantir l'égal accès aux services de transport maritime pour le transport de personnes et de marchandises et empêcher la vente à perte ».

Numéro 13 page 5 (page 9) rédiger comme suit :

3/Tarification sociale Un tarif social destiné aux usagers à faibles revenus est appliqué sur présentations de justificatifs de attestant de faibles revenus : minimas sociaux, retraités, étudiants, chômeurs, PMR… 4/ Tarification pour les autres usagers Les tarifs-planchers pour les passagers et les voitures accompagnées sont ceux de la délégation de service public de desserte maritime à partir de Marseille. • Une décote de 20% est appliquée pour les rotations au départ de Nice. • Une décote de 10% est appliquée pour les rotations au départ de Toulon. Ces décotes sont justifiées par la différence de distance parcourue entre chacun de ces ports du continent et la Corse.

Numéro 14 page 5-6 (page 9-10 du rapport) rédiger comme suit :

2/ Voitures dites « de commerce » Pour les voitures de commerce non accompagnées, le tarif maximum applicable sera de 127 euros pour un véhicule au-dessous de 4 m, 140 euros pour un véhicule de 4 m à 4,5 m et 151 euros pour un véhicule au-dessus de 4,5 m de longueur.

Numéro 15 rédiger comme suit :

Règles d’équipage du navire La législation et la règlementation de l’État d’accueil, c’est-à-dire de l’État français s’applique à bord des navires. L’examen de la loi imposant au cabotage national le pavillon français premier registre étant prévu. Son adoption parlementaire, ou toute autre évolution législative, règlementaire ou conventionnelle en ce sens s’imposera aux compagnies titulaires de la convention. Avant cela, les opérateurs qui remplissent les conditions pour être admis au cabotage en France conformément au règlement européen n°3577/92, sont tenus de respecter les conditions fixées par le décret n° 99-195 du 16 mars 1999 à savoir : Le reste sans changement

Numéro 16 page 7 (page 11 du rapport) article premier de la délibération à la dernière ligne rédiger comme suit :

« Elles s’appliquent à compter de l’entrée en vigueur de la prochaine convention de DSP et pour une durée équivalente. Numéro 17 article 2 rédiger comme suit : « Les OSP feront l’objet de conventions établies entre l’OTC et les compagnies retenues ».

 

Entretien Violences en Corse : «Il nous faut aller aux racines du mal»

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Pour le président de l’Assemblée de Corse, Dominique Bucchini (PCF), la dérive mafieuse de l’île ne peut se comprendre sans tenir compte des difficultés sociales de la région.

Comment réagissent les élus régionaux corses à l’assassinat d’Antoine Sollacaro, hier matin à Ajaccio ?

Dominique Bucchini : On ne fait aucune différence entre les morts, mais si on tue un avocat, on tue quelqu’un qui a pour mission de défendre les droits de l’homme, un représentant de la justice. On tue la République. Il y a à juste titre une forte commotion dans le peuple corse.

Ce quinzième meurtre en Corse depuis le début de l’année est-il un symptôme de la « mafiosisation » que vous dénonciez dans l’Humanité du 18 septembre dernier ?

On dit : « c’est une escalade ». Non, c’est permanent en Corse. Lorsque nous avons été reçus (les présidents de région, NDLR) par le président de la République le 17 septembre, je lui ait dit qu’il était temps de faire quelque chose. Le gouvernement s’était déplacé à Marseille, mais au prorata de la population, la criminalisation de la société corse est beaucoup plus importante que celle des Bouches-du-Rhône : nous sommes la région la plus criminogène d’Europe ! Le gouvernement ne peut pas rester l’arme au pied.

Après cette réunion à l’Elysée, vous demandiez au ministre de l’Intérieur de « venir rapidement en Corse et rassurer la population ».

Mais pas pour donner un coup de menton, comme bon nombre de ses prédécesseurs l’ont fait, puis attendre que les évènements passent. Ni pour créer une zone spéciale qui nous détacherait dix gendarmes en plus, comme on l’a fait ailleurs : au kilomètre carré, on est champions de France de la présence policière et gendarmesque. Ce serait plutôt pour définir sur dix, quinze ou vingt ans les voies et les moyens d’une politique nouvelle à l’endroit d’un territoire qui souffre. La criminalité relève des compétences régaliennes de l’Etat, ce n’est pas à la collectivité territoriale de le régler.

La Ligue des Droits de l’homme, à laquelle l’avocat assassiné appartenait, estime qu’il faut « se tourner vers la société corse (car) l’exercice de la citoyenneté n’est pas de la seule responsabilité de l’Etat. »

C’est pourquoi nous proposons un sursaut collectif. Pour mettre les gens en mouvement, il faut les sensibiliser. Il faudrait se mettre autour d’une table avec d’autres collectivités (les conseils généraux de Corse et les villes importantes) pour monter à l’assaut du mal-vivre dans un premier temps et de son corollaire, la délinquance. Il nous faut aller aux racines du mal.

Aller à la racine c’est notamment s’adresser aux plus jeunes…

Dès le mois prochain, je vais aller dans des lycées, écouter les jeunes et leur parler. D’autres collègues viendront aussi, pour dénoncer la violence et porter une parole positive. Je veux le faire parce que j’ai subi les foudres du président du conseil général de Corse du Sud il y a dix jours à propos des compétences du Conseil territorial de Corse. Dans les statuts particuliers de la Corse, il est écrit que « l’Assemblée de Corse s’occupe des affaires de la Corse ». La violence est une affaire de la Corse et des élus corses. On ne peut pas développer harmonieusement un pays avec des extorsions de fonds, des crimes à cadence accélérée…

C’est le sens de votre engagement à la tête de la « commission violence » de l’Assemblée de Corse ?

Durant un an on a écouté des gens de toutes opinion, des administratifs, des politiques et des associatifs ; des femmes, des jeunes, des vieux, des experts… Nous poursuivrons nos travaux au mois de novembre, qui seront conclus par un deuxième rapport, mais nous aimerions avoir des réponses de l’Etat au premier rapport, sorti en mars dernier.

Que disait-il ?

Il détaillait un certain nombre de préconisations. Notamment l’engagement d’une action rapide dans trois domaines prioritaires : la spéculation immobilière qui profite en partie au milieu, comme la pénétration de l’économie par l’argent sale, et enfin la précarité.

Bien sûr : nous sommes la région la plus précaire de France, ex-aequo avec Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’échec scolaire et la sortie sans qualification du système sont les premiers problèmes à résoudre : il faut reprendre et restructurer l’ensemble du système éducatif et de formation professionnelle. Trop de jeunes en rupture scolaire tombent dans la délinquance ordinaire de la rue, sont récupérés par le milieu corse : des jeunes prêts à tuer pour quelques euros…

 

ASSEMBLEE DE CORSE Séance des 27 et 28 septembre 2012

Dominique_Bucchini.jpg!!!!Extraits de l’allocution d’ouverture du Président Dominique BUCCHINI

Mes chers collègues,

l’Assemblée de Corse engage aujourd’hui sa rentrée politique.

Avant d’examiner l’ordre du jour, il me revient à la fois de commenter la trêve estivale, et d’évoquer l’esprit dans lequel nous gagnerons à situer nos travaux. S’il le souhaite, le Président GIACOBBI pourra compléter en annonçant les dossiers prioritaires pour l’Exécutif.

L’actualité estivale est restée dominée par une violence insupportable.

Il est trop tôt pour établir un bilan précis de la saison touristique.

En effet, malgré un démarrage laborieux, la fréquentation touristique se maintient à un niveau élevé ; mais les retombées économiques seront sans doute en recul, étant donné que la crise s’accentue, et que le surcoût des transports -et de leur carburant- rend notre destination plus vulnérable par rapport à d’autres régions. Cela doit nous conforter à réorienter notre modèle de développement, à la fois pour rééquilibrer l’activité touristique dans le temps et dans l’espace, et diversifier les moteurs de l’économie régionale.

Concernant les incendies, on doit saluer un résultat favorable.

Malgré une sècheresse persistante et des températures élevées, le bilan des superficies brûlées apparaît insignifiant. Je tiens à féliciter l’ensemble des services publics, de prévention et de lutte : leur mobilisation est la preuve que même en Corse, le refus du fatalisme permet de changer les mentalités, et vaincre un fléau ancestral. Dans ce contexte, les mises à feux répétées d’Oletta constituent une pression irresponsable et je souhaite assurer publiquement notre ancien collègue Jean-Pierre LECCIA de notre solidarité.

Car l’actualité insulaire reste dominée par une violence exacerbée.

Nous avons tous été horrifiés par les meurtres sauvages commis à Ponte Leccia et Castirla. Vous me permettrez d’avoir une pensée pour celles et ceux que la folie homicide plonge dans le deuil et oblige à pleurer un enfant, un père ou un époux. Quand on peut assassiner quelqu’un où et comme on le souhaite ; lorsque la liberté de la presse est foulée au pied ; quand on se permet des plaisanteries publiques de très mauvais goût pour intimider un élu du peuple ; lorsque l’on fait sauter des supermarchés en prétendant défendre les intérêts des consommateurs ; et quand des jeunes tirent sur la grand place d’Ajaccio au sortir des boites de nuit, alors mes chers collègues, la société corse est vraiment « mal en point ». Je l’ai dit au Président de la République, il appartient à l’Etat de prendre, enfin, la mesure exacte de ces enjeux, sans considérer, comme trop de gouvernements l’on fait, qu’il s’agit d’un simple problème de maintien de l’ordre. La C suscite aujourd’hui les convoitises d’une criminalité mondialisée, et il est du devoir de la puissance publique de protéger sa population, et son économie, contre une telle dérive. Nous allons avec Paul GIACOBBI écrire aux ministres de l’Intérieur et de la Justice pour les saisir officiellement. Dans le même esprit, je vais réunir la Commission Violence, qui avait du suspendre ses travaux en période électorale, pour définir les thèmes à approfondir en priorité, et celui-ci devrait, à mon avis, en faire partie. Et je me ferai aujourd’hui l’interprète de l’ensemble des groupes politiques pour témoigner aux journalistes, de Corse-Matin et d’ailleurs, de notre détermination à garantir le libre exercice de leur beau métier ; comme j’assure, si besoin était, notre ami Paul-Marie BARTOLI de notre entier soutien. J’inclurai enfin, dans ce chapitre, trois autres sujets d’actualité : d’une part, le nombre élevé d’accidents de la route qui exige un vrai plan régional de sécurité routière ; d’autre part, le rapprochement des détenus insulaires qui pour beaucoup d’entre eux n’est toujours pas réalisé : aussi avons-nous, avec Paul GIACOBBI, invité de nouveau l’Etat au respect de ses engagements ; et enfin, les incidents survenus au stade de Furiani, pour constater une disproportion dans la réaction des forces de l’ordre, mais aussi saluer l’état d’esprit du club et de la préfecture, qui privilégient aujourd’hui une solution apaisée.

S’agissant de la rentrée, notre Assemblée doit poursuivre la dynamique engagée depuis le début de cette mandature, en proposant à l’Etat de relever, ensemble, trois grands défis.

Mes chers collègues, depuis plus de deux ans et demi, nous avons tous ici fait un choix collectif, celui du volontarisme et de l’ambition. Dans le même esprit, nous gagnerions, cher Paul, à proposer au Président François HOLLANDE d’engager la mobilisation autour de trois priorités stratégiques pour l’avenir de la Corse.

L’éducation et la jeunesse, d’abord.

Il s’agit de réduire le taux élevé de sorties sans qualifications du système scolaire, avec l’ambition de garantir l’égalité des chances dès le plus jeune âge aussi bien entre la Corse et le continent qu’entre les différentes micro-régions de notre territoire. A cet égard, la « refondation de l’école » voulue par le gouvernement doit se traduire ici par le renforcement des moyens éducatifs ; tandis que de son coté, la CTC organiserait des assises de la Jeunesse pour définir, ensemble, des perspectives plus globales d’épanouissement dans la société.



Les urgences sociales, ensuite.



Comme dans les autres régions, la crise provoque une montée de la précarité et du chômage, phénomènes accentués ici par un coût de la vie plus élevé qu’ailleurs, et par des difficultés croissantes à trouver un logement abordable. A titre d’exemple, notre Collectivité a multiplié par quatre son budget consacré au logement : si l’Etat engageait un effort comparable, on créerait un effet d’entraînement. Aussi, j’ai demandé au Président HOLLANDE d’organiser rapidement une réunion de travail sur ce dossier.

L’aide aux entreprises et à l’emploi, enfin.

Comme il nous l’a indiqué le 12 septembre, le chef de l’Etat a retenu trois priorités en matière de développement régional : la banque d’investissement, les exportations des PME, et les jeunes sans qualification. Notre Collectivité doit proposer, là aussi, un partenariat actif : l’économie de la Corse se caractérise par un tissu de très petites entreprises, un retard important en recherche et développement, et un manque chronique de capitaux propres. Dans la mesure où l’on joue sur de petits nombres, les nouvelles mesures pourraient trouver ici un terrain d’expérimentation intéressant, et positif.

Une action résolue des pouvoirs publics contre la violence criminelle, d’abord ; en faveur de l’éducation et de la jeunesse ensuite ; pour traiter les urgences sociales et économiques, enfin, serait de nature, à modifier le climat de notre île, voire à créer un « choc de confiance » dans la population. Notre Collectivité a fait la preuve de son volontarisme et elle est prête à s’y impliquer à son niveau. A cet égard, une éventuelle réforme institutionnelle devra clairement apparaître comme un outil au service de ces objectifs, et plus globalement, du bien-être des hommes et des femmes de notre région.




Enfin, je souhaite rendre hommage à notre collègue François PIAZZA ALESSANDRINI.



Enfant d’Oletta, il a siégé dans notre institution dès la première élection de l’Assemblée de Corse, en août 1982, réélu sans interruption jusqu’en avril 2004. Membre de la commission des finances, d’abord, il a rejoint ensuite le nouvel exécutif régional, et à partir de Mars 1992, il sera chargé aux cotés de Jean BAGGIONI de la politique régionale des transports. Cette responsabilité, dans laquelle il s’est impliqué avec un sens reconnu de l’intérêt général, ne l’a pas empêché de poursuivre une carrière politique nationale dans plusieurs cabinets ministériels; et il a été, également, membre du conseil économique et social. Au-delà de nos sensibilités politiques respectives, j’ai personnellement apprécié son sens de l’Etat et la rigueur intellectuelle dans laquelle il concevait l’exercice de ses responsabilités. En votre nom à tous, je renouvelle nos condoléances émues à Madame PIAZZA ALESSANDRINI ainsi qu’à l’ensemble de sa famille.

Avant de conclure, vous me permettrez de saluer publiquement un jeune insulaire, Jérôme FERRARI : ses qualités littéraires sont aujourd’hui reconnues comme elles le méritent, au plus haut niveau, et elles rejaillissent sur notre île où j’espère qu’elles susciteront, notamment dans la jeunesse, un effet d’entrainement ! Dans le même esprit, j’ai eu le plaisir d’inaugurer le 18 septembre l’exposition du FRAC intitulée « l’amour à mort », conçue par le critique et écrivain Hervé Gauville. Treize œuvres remarquables acquises par le FRAC depuis sa création y sont présentées, témoignant de la haute valeur patrimoniale d’une collection internationale constituée pour la Corse grâce à l’engagement de notre collectivité. Je vous invite à découvrir nombreux cette belle exposition, à Corte, jusqu’au 5 décembre prochain. Aussi, je vous ferai volontiers partager le propos d’un autre auteur brillant, Marcu BIANCARELLI, qui dans Corse-Matin du 16 septembre affirmait : " Je ne crains pas l’acculturation mais l’inculture (…) l’inculture qui court partout aujourd’hui est l’arme des gens qui n’ont plus de repères, sans foi ni loi (…) je suis persuadé que la culture sauve des vies. »



J’en aurai terminé en donnant à votre connaissance la démission de Paul-Félix BENEDETTI du groupe « Corsica Libera », que j’ai reçue hier soir : j’ai demandé au secrétariat général de recenser les modifications qu’elle va entraîner de façon à vous proposer, lors de la prochaine session, les modifications appropriées.

 

Le Front de gauche dans le débat

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Etienne BASTELICA , président du Groupe des élus communistes et citoyen du Front de gauche à l’Assemblée de Corse :

Les 26 et 27 juillet, ont eu lieu, à l’Assemblée de Corse, un débat et un vote « historiques » autour du cœur social de ce qui va devenir le Plan d’Aménagement et de Développement Durable de la Corse.

Une très large majorité s’est prononcée en faveur de cette « société de progrès » qui constitue désormais la vision d’avenir que la Collectivité Territoriale a proposée à la Corse. Tous les élus nationalistes, indépendantistes ou non, ont approuvé le document d’orientation de l’exécutif présenté par Maria Guidicelli (Front de gauche). De telles convergences, inédites sur le fond comme sur la forme, témoignent d’une certaine évolution des esprits et de la capacité de la gauche à faire du neuf en Corse. Une semaine plus tard, les indépendantistes de Corsica Libera invitaient toutes les formations politiques aux Ghjurnate internaziunale di Corti où ils accueillent, depuis trente ans, des mouvements autonomistes ou indépendantistes de différentes régions d’Europe.

Une invitation au débat est toujours positive. Celle-ci, au surplus, était nouvelle. Mais, comme on pouvait s’y attendre, elle a posé problème à tous les invités, quels qu’ils soient. D’abord parce qu’elle était uniquement centrée sur la réforme institutionnelle que souhaitent les nationalistes, ignorant visiblement les votes stratégiques récents de l’Assemblée de Corse ; ensuite parce qu’elle s’est présentée d’emblée comme une volonté de rassembler autour de soi bien plus que comme une ouverture aux autres.

Pour débattre réellement, il faut un cadre approprié. Pour nombre d’invités, ces conditions ne paraissaient pas réunies. Le contenu des échanges l’a d’ailleurs prouvé. Ce sont probablement des considérations de ce genre qui ont conduit les deux leaders dits « modérés » à s’abstenir de « se montrer » à Corte. L’UMP, en revanche, y a fait une apparition remarquée, y compris par la presse nationale. Mais, si l’on a bien vu l’image (nouvelle) d’un jeune député de droite à une tribune indépendantiste, on n’a pas entendu dans son propos la moindre proposition novatrice, juste quelques banalités courtoises …

Le Front de gauche, pour ce qui le concerne, même absent de la photo, est très présent dans le débat. Il poursuit sa politique d’ouverture, dans la majorité territoriale, dans les municipalités d’union, et dans le mouvement social, principal vecteur de transformation démocratique de la société.



E.B. Ajaccio le 7 août 2012

 

Assemblée de Corse - SESSION DES 25 ET 26 JUILLET 2012 - Intervention de Michel STEFANI

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SCHEMA DES INVESTISSEMENTS FERROVIAIRES

Six mois après le transfert d’exploitation à la SAEML CFC, l’Exécutif veut franchir une étape décisive, dans la modernisation du service public ferroviaire de la Corse. Au-delà des 10 ans de validité du schéma c’est sur une période de 30 ans que la réflexion nous entraîne. De fait nous débattons d’une telle planification au moment où nous entrons dans la phase d’élaboration du PADDUC et nous pouvons constater que les orientations proposées de part et d’autre correspondent aux axes d’une politique répondant aux exigences sociales et aux défis environnementaux de notre époque. Le train offre ainsi la possibilité de conjuguer progrès et modernité. L’exécutif propose en conséquence de faire aboutir des projets comme la réalisation du nouveau dépôt de Bastia, le déplacement de la gare de Calvi, et le lancement du projet d’aménagement du fond de baie d’Ajaccio. Il s’agit d’améliorer les plans de circulation de désengorger le réseau routier en termes de sécurité et d’impacts environnementaux et de répondre aux attentes légitimes des municipalités. Dans cet esprit, l’étude de faisabilité de l’extension de ligne ferroviaire en plaine orientale renforce le rôle et la place du chemin de fer dans l’aménagement durable. Le développement du transport de marchandises s’inscrit dans cette volonté confirmée pour laquelle la SAEML doit de son côté faire une étude technique et commerciale comme le rapport l’indique.

L’extension de la CCVU est une priorité qui permettra de mieux gérer les trafics, d’augmenter les fréquences et les capacités avec un niveau de sécurité plus élevé pour les agents et les usagers. Ce dispositif déjà en service sur les 21 KM de ligne entre Bastia et Casamozza le démontre en diminuant les temps de trajet et les manœuvres de croisement des trains. Les améliorations prévues sur la voie et les ouvrages d’arts permettront également d’augmenter le niveau de sécurité et de relever les vitesses, notamment pour ce qui est des sept tunnels supérieurs à 300 mètres, de la réfection du pont ferroviaire de Lupino du traitement des talus et des surplombs instables. Sans entrer dans les détails un effort particulier a été fait pour sécuriser les traversées piétonnes, elles sont nombreuses notamment dans la pinède de Calvi où 9 ont été retenues, puis aménagées avant d’engager la procédure de classement en passages à niveau de 3ème et 4ème catégorie. Une campagne de communication a été lancée avec la CTC pour alerter les usagers et les piétons sur les risques qui existent sur et à proximité de la voie. L’intermodalité des gares de Casamozza, Corté, Ile Rousse et Mezzana la création d’une gare au cœur des quartiers sud de Bastia, en même temps que la réfection des haltes et la mise aux normes des accès notamment aux PMR renforceront l’attractivité du service public moins coûteux. L’information des usagers répond à cette exigence d’une fréquentation régulière et soutenue que nous pressentons d’ores et déjà avec la montée en charge du plan transport Nous notons effectivement une meilleure performance des services liée à l’exploitation de 6 AMG 4 Soulé 1 2000 en relation avec les objectifs du plan transport d’été sans substitution par car. Depuis le 14 mai nous avons rétabli 3 navettes sur la Balagne puis 4 depuis le 2 juillet sous le contrôle du STRMTG. Nous nous sommes également efforcés d’améliorer le confort à bord à partir des remarques des usagers sur la propreté et la climatisation des rames. La gestion, l’entretien et le devenir du patrimoine présentent des avantages comme des inconvénients. De nombreux bâtiments dont il n’est plus fait usage sont vétustes parfois en ruine. Nous sommes sollicités pour certains par des collectivités locales pour y installer des services où accueillir des activités ou encore réaliser des logements sociaux. Dans ce dernier cas il faudra procéder au déclassement des biens immobiliers séparables de l’exploitation ferroviaire en les incluant aux objectifs de la politique en faveur du foncier et de l’habitat que nous avons définie à travers les Assises du Foncier et du Logement. En tenant compte de la diversité des besoins l’Exécutif invite non pas à démunir les CFC de son patrimoine mais à examiner précisément l’action qu’il doit mener dans ces limites clairement définies avec l’obligation qui lui est faite en tant que propriétaire de garantir la sécurité et la viabilité des bâtiments concernés. Il est également judicieux de destiner les bâtiments de « Petite Vitesse » dans les gares de croisement, au déploiement, après réhabilitation, au système de gestion des circulations comme aux activités en relation avec l’ensemble des prestations assumer par les CFC. Les autres types de bâtiments notamment des logements il est indispensable de disposer d’un état des lieux pour décider en fonction de leur état et des contraintes d’exploitation. En fonction de ce constat il faudra retenir la démolition, la réhabilitation ou la rénovation de ces logements en fonction des inscriptions budgétaires possibles. Pour ce qui est du matériel roulant et des incertitudes apparues au mois de juin, Messieurs BARTOLI (DG CFC) et FOATA du service ferroviaire de la CTC se sont rendus à Bagnère de Bigorre où ils ont eu confirmation de la livraison de 4 Rames (une toutes les trois semaines) d’ici le mois de septembre et la dernière avant la fin de l’année. La première est d’ailleurs attendue ce vendredi au port d’Ajaccio. Ces moyens supplémentaires nous permettront d’établir le plan transport à la rentrée incluant une desserte spécifique pour l’Université. Comme indiqué par le président de l’Exécutif les étudiants bénéficieront de la gratuité sur celle-ci. Dans cette perspective pour éviter des arrêts techniques prolongés nous avons commandé à la société Valdunes 40 roues livrables en fin d’année. Nous envisageons de monter ces roues sur les essieux dans nos ateliers de Casamozza et d’y installer, à cet effet, une presse dédiée. D’autres aménagements ont été ou seront réalisés pour améliorer les conditions de travail, faciliter la maintenance et la production au fur et à mesure de la montée en charge et des besoins en matériels roulants. L’organisation du service matériel et traction s’inscrit dans cette recherche de performance à laquelle nous travaillons. Nous voulons procéder de la même façon pour l’informatique. Un audit conduit par la SITEC dès le mois de septembre nous permettra de définir, en accord notre prestataire actuel, les besoins de la SAEML et les dispositions envisageables pour ce faire. Pour autant la mise en service de la flotte complète des AMG 800 ne suffira pas et la question se pose du remplacement des rames SOULE et 2000. L’option présentée par l’Exécutif semble la plus appropriée au regard des coûts de rénovation et de modernisation de ces rames. L’acquisition de rames neuves serait effectivement mieux adaptée aux objectifs définis des services urbains. Depuis le 25 juin, le responsable du pôle sécurité a suivi une formation SNCF à Nanterre sur « le Management de la sécurité », s’adressant aux chefs de pôle Sécurité. Cette responsabilité était assumée par un prestataire dont la mission de consultant a été interrompue début juillet au lieu de fin août sans préjudice pour le respect des règles de sécurité. En effet, dans le cadre de la convention d’assistance technique SNCF/CFC, la SNCF a désigné un de ces cadres spécialisé qui est régulièrement dans nos murs et assiste le pôle sécurité sur la partie relevant du « management de la sécurité » au titre de l’axe 1 de la convention. Le Règlement Sécurité de l’Exploitation (RSE) a été transmis comme prévu à l’autorité organisatrice en l’occurrence l’Exécutif et au préfet. Le Plan d’Intervention et de Sécurité (PIS) qui détermine les responsabilités de l’exploitant et des agents, en cas d’événements majeurs, est en fin de vérification. Nous pouvons donc confirmer le respect des règles de sécurité découlant du transfert des référentiels à la SAEML selon les recommandations du Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG) auquel nous avons répondu lors d’une réunion organisée sous l’autorité du préfet de la Haute Corse le 5 avril dernier. Un Audit de sécurité national opérationnel (ASNO) est programmé au mois de novembre prochain sur l’ensemble des activités. Il nous permettra de faire un point zéro et d’anticiper sur le futur conformément aux ambitions de ce schémas d’investissements et à la mise en œuvre de la DSP. Sur ce point nous présenterons en fin d’année un rapport qui vous permettra de prendre connaissance des éléments nécessaires à la vérification de la bonne exécution de cette convention. Je parle ici sous le contrôle des administrateurs auxquels nous avons déjà transmis à chaque CA une information exhaustive sur la situation comptable et commerciale de l’entreprise en même temps que celle relative aux transferts des référentiels de sécurité. Avec ce schéma des investissements ferroviaires, les nombreuses raisons objectives que j’ai évoquées, nous pouvons considérer que le CFC ne tardera pas à occuper toute sa place de service public à court et à long terme dans l’intérêt bien compris des Corses et de la Corse.

 

Assemblée de Corse -SESSION DES 26 ET 27 JUILLET 2012 - ETIENNE BASTELICA

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REPARTITION DES CREDITS 2012 DU CNDS

Dans le cadre de ses compétences en matière de sport et d’éducation populaire, la CTC est attributaire des fonds du Centre National pour le Développement du Sport (CNDS) : pour l’année 2012, cet établissement lui a notifié un crédit de 1 275 200 € au titre de la répartition de la part régionale. A priori, une répartition équilibrée entre les Ligues et Comités (430 300 €), les Clubs (714 950 €), l’Aide à l’emploi (24 500 €) et l’Accompagnement éducatif (105 450 €). Les propositions ont été établies en étroite concertation avec les représentants du Comité Régional Olympique et Sportif de Corse. Un soutien non négligeable pour 278 clubs en plus de l’aide apportée aux divers comités et ligues.

Baisse de 3% de l’enveloppe 2012 par rapport à 2011 alors que l’on assiste à une augmentation des demandes, 394 contre 288 en 2011. Le soutien de deux emplois au lieu de sept en 2011, 5 emplois arrivant cette année en fin de dispositif. La Commission Territoriale pour le Développement du Sport en Corse souhaite pour 2013 « une accélération de la procédure et un passage plus en amont devant l’Assemblée de Corse ».

 

Assemblée de Corse - SESSION DES 25 ET 26 JUILLET 2012 - MARIE-JEANNE FEDI

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INTERCONNEXION DU SYSTEME INFORMATIQUE DE LA CTC AVEC CELUI DE FRANCE 3 CORSE

Cette opération entre dans un projet plus vaste de modernisation des équipements audiovisuels numériques de la CTC et du système de retransmission. Dans ce rapport il s’agit de la mise en place d’une connexion et d’un lien en fibre optique entre l’hémicycle et France 3 Corse par l’intermède d’un boitier numérique et d’un coffret énergie : il s’agira d’échanger directement des images et du son entre les deux entités (transfert de signal et diffusion), sans passer par un car satellite et un groupe électrogène qui, je l’espère, disparaitront dès la prochaine session au mois de septembre. Seul restera un car régie qui sera acheminé sur le site de la CTC lors des questions orales. On gagnera en simplicité d’utilisation et en rapidité de transmission, en évitant les contraintes et les aléas de raccordement satellite. Il s’agit de rationaliser les moyens mis en œuvre pour une opération qui dure une heure seulement. Cette fibre sera disponible 24H sur 24. A terme, les caméras de la CTC seront remplacées par un matériel plus performant. En attendant, ce sont toujours les caméras de France 3 Corse qui opèreront. Par ailleurs, un nouvel éclairage sera aussi opérationnel en Septembre. Nous sommes ravis de la possible adaptation du dispositif médiatique de la CTC aux nouvelles contraintes technologiques liées à l’apparition du tout numérique. La CTC se dote d’un outil plus efficace, et surtout, plus moderne pour diffuser des débats et faire connaitre son travail, je souhaite profiter de cet outil plus efficace et plus moderne pour demander que, lors de la retransmission des débats, ceux-ci soit traduits en langue Corse.

 

Assemblée de Corse -SESSION DES 26 ET 27 JUILLET 2012 - VIVIANE BIANCARELLI

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OPAH TARAVU HAUT-TARAVU ET OPAH CAPA

Cette convention met en relief l'importance de l’existence même de l’intercommunalité qui permet à un territoire de l’intérieur constitué pour l’essentiel de petites communes, d’établir un diagnostic, de mobiliser les partenaires et d’assurer le suivi de la mise en œuvre de la procédure grâce, notamment, à une mutualisation des moyens. Les objectifs de l'opération sont diversifiés et sont selon nous à la hauteur des enjeux posés à cette région ; en effet, la lutte contre l’habitat indigne et très dégradé en faveur de foyers modestes, le volet énergie et précarité énergétique, le volet travaux pour l’autonomie de la personne dans l’habitat, la diversification de l'offre de logement, répondent au diagnostic posé et vont dans le sens du développement que nous attendons. Nous voterons ce rapport en soulignant, un aspect de ce programme initié par la CAPA, qui au-delà des enjeux propres à toute OPAH, a pris le parti de coupler son OPAH à un dispositif de valorisation du patrimoine architectural et paysager. et qui fait figurer parmi les objectifs de l’opération, un volet patrimonial et environnemental mobilisant, de façon complémentaire, des primes et un partenariat avec la Fondation du Patrimoine. Enfin, globalement, et ma remarque concernent les deux rapports, j'ajouterais qu’ils s’inscrivent pleinement dans les orientations de développement votées hier par notre assemblée.

 

Assemblée de Corse -SESSION DES 26 ET 27 JUILLET 2012 - MICHEL STEFANI

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PADDUC

La loi du 22 janvier 2002, il y a 10 ans, conférait aux élus de l’Assemblée de Corse la responsabilité d’élaborer le Padduc. C’est une compétence majeure confirmée par la loi du 5 décembre 2011. Pour autant, les premiers éléments d’études montrent que 44 % des Corses reconnaissent ne pas être au fait de ce qu’il en est de sa portée et des enjeux qu’il recouvre. En ce sens la communication et de façon plus globale la démocratie locale est un défi au cœur même de son élaboration. La démarche initiée à travers les Assises du Foncier et du Logement, puis des Assises du littoral confirme que cette dimension a été prise en compte par l’Exécutif dans la concertation élargie qu’il impulse. Cependant, on peut comprendre que, confrontée à des problèmes quotidiens face à des besoins essentiels, beaucoup puissent ne pas mesurer l’importance d’un tel projet pour eux-mêmes. Pour que cet exercice d’anticipation et de planification soit compris, reconnu et partagé, deux conditions essentielles doivent être remplies : le Padduc doit être perceptible au service de tous et répondre aux attentes légitimes de ceux qui sont en difficulté. C’est là tout l’intérêt que revêt l’étude d’opinion et bientôt le questionnaire qui d’ores et déjà avec près de 3000 réponses est, non seulement un succès, mais un outil précieux d’aide à la décision. Les enjeux prioritaires définis par les réponses (accès aux soins, gestion des déchets, valorisation des ressources naturelles…) correspondent à ce que nous constatons et que l’on retrouve dans l’exposé de Monsieur GUIDONI. Pour résumer, l’économiste nous alerte sur les risques engendrés par un modèle économique appliqué en Corse comme dans les autres îles européennes de méditerranée autour de l’activité touristique promue de manière exclusive avec des variantes de masse et/ou de luxe. Cette économie de rente, d’avantages fiscaux souvent injustes ou détournés, a généré la précarité, la multiplication des résidences locatives estivales, l’insuffisance du secteur secondaire, l’agonie pour partie de l’agriculture, la frénésie immobilière et ses dérives spéculatives sur fond de grand banditisme et de pratiques mafieuses. Monsieur GUIDONI a insisté également sur le phénomène de bulle immobilière dont l’ampleur est d’ores un facteur d’aggravation de la situation pour lui l’issue passe par une impulsion déterminée en faveur du secteur productif industriel. Les Corses sont inquiets de cette situation et affichent, sans surprise, leurs principales préoccupations que sont l’emploi, la santé, le cadre de vie, les déplacements ou encore l’éducation et le logement… Ils font preuve de bon sens et leurs interrogations ramènent à la question sociale et de fait à la réponse à y apporter dans un projet de développement ouvert sur l’avenir. En cette période de crise profonde du capitalisme, ce retour au concret est plus que nécessaire pour rendre l'essentiel à ceux qui en ont besoin et retirer le superflu à ceux qui en ont trop. Pour nous il s’agit d’un nouveau schéma à la mesure humaine centrée sur la vie, cela suppose des droits nouveaux pour le citoyen dans la cité et l’entreprise, des règles de respect environnemental et la redéfinition du « vivre bien » ou du bonheur qui est toujours selon St JUST une idée neuve. Cette approche est aussi celle qui remet l’argent à sa place, en tant qu’un instrument de régulation et de coopération non spéculatif pour développer les échanges. La spéculation sur l’eau, les terres communales et ancestrales, les forêts, les semences comme cela se passe aujourd’hui où l’on assiste à un holdup légalisé des biens communs de l’humanité est inacceptable. C’est en ce sens que nous avons été très sensible à l’exposé de Mr PLA sur la création d‘une monnaie complémentaire à partir de ces critères. Il est donc primordial qu’à tous les niveaux de pouvoir et de responsabilité, il y ait accord sur ce cadrage essentiel. Je pense notamment, au domaine de la santé, du logement et des services publics incluant les transports, l’Éducation nationale, l’énergie, pour lesquels, indépendamment du Padduc, l’action de l'État doit rester prépondérante. De même il est de sa responsabilité de s’assurer que les réfactions de TVA bénéficient aux ménages, et non aux intermédiaires de la distribution et de la construction. 54 % des Corses sont pessimistes sur la situation sociale de l'île. Comment ne pas l'être, quand un sur cinq vit sous le seuil de pauvreté. Une société équilibrée, sinon harmonieuse, c'est en premier lieu un contrat où chacun contribue selon ses possibilités à l’expression de la solidarité collective et reçoit selon ses besoins. Le contrat social est nécessaire, selon Rousseau, lorsque « les besoins de chacun sont supérieurs à ce que chaque homme peut faire pour y subvenir par lui-même ». Ce principe est le socle du pacte républicain repris par les Résistants dans leur programme mis en œuvre après la Libération et sans cesse attaqué par les libéraux au point qu’aujourd’hui pour satisfaire aux exigences des donneurs d’ordres économiques et financiers les dépenses sociales utiles sont réduites et tout ce qui leur paraît profitable, soumis aux critères des marchés spéculatifs et de la libre concurrence ultralibérale. Dans ce contexte on ne peut pas s’étonner de l’attente forte de solidarité dans des domaines aussi vitaux que disposer d'un toit, des moyens de vivre dignement, de s'épanouir et se cultiver,… indépendamment du niveau de revenu et de l’âge car se pose avec inquiétude la question du devenir de la génération suivante. Une société c'est avant tout la répartition juste des richesses et la péréquation dans l’intérêt général bien compris. C’est l’humain d’abord et à travers cette priorité la préservation des conditions de son existence matérielle dans un environnement protégé. C’est ce qui devrait caractériser une civilisation autrement dit l'ensemble des traits qui déterminent l'évolution d’une société soucieuse de l’épanouissement des hommes. Comment, ne pas être interpellé, quand ces principes qui constituent le « ciment social » sont mis en cause, à plus forte raison sur un territoire impacté par l’insularité. En ce sens le Padduc devra s’attaquer aux inégalités sociales, à la fracture territoriale, aux dérives affairistes et mafieuses. Les choix doivent ainsi relever de la planification écologique, du progrès social, et de la volonté d’endiguer la pression spéculative immobilière. Ce souci nous le retrouvons dans la forte proportion de personnes interrogées qui se prononcent pour la protection des terres agricoles. La pire des choses serait de laisser perdurer le scénario actuel qui consiste, en l'absence de règles ou de mécanismes de régulation publique, à laisser « gâcher » de façon irréversible la possibilité d’un rééquilibrage du territoire par une « sanctuarisation » des espaces remarquables et des terres agricoles avec la perspective d’aboutir à une autosuffisance alimentaire susceptible de réduire les importations et les circuits d’acheminement. Partant de là, il faudra orienter la production immobilière en priorité vers la construction de résidences principales, de logements sociaux, pour rééquilibrer la proportion « résidences principales/résidences secondaires », contenir l'étalement urbain, densifier les espaces déjà constructibles et proposer des aménagements de qualité conciliant accès au logement, aux services et commerces de proximité, aux espaces publics. Bref, il faut construire et aménager autrement et beaucoup plus pour les hommes… C'est la condition pour que cessent les conflits d'usage qui pèsent sur le foncier, afin qu'agriculture, urbanisation et respect des espaces remarquables ne s'opposent pas, mais s’articulent sur l’objectif du vivre mieux ensemble dans un environnement préservé. L’intérêt porté à la réalisation des infrastructures d’eau, d'assainissement et routières, au-delà des progrès significatifs enregistrés ces dernières années, tend à le confirmer et également à reconnaître que le rattrapage structurel visé par le PEI n’a pas été atteint. C'est, ce qu'ont voulu exprimer nos concitoyens dans leurs réponses. Lorsqu'ils nous alertent sur les questions d'assainissement ou d'eau potable, ils expriment aussi leur attachement à un milieu naturel riche et préservé. Lorsqu'ils pointent les infrastructures routières, ils font référence à leur souci de pouvoir se déplacer dans des conditions acceptables en termes de sécurité, mais également en termes de coûts, ou encore de temps de trajet. Ce qui m'amène à penser qu'améliorer notre réseau routier devra aller de pair avec une politique offensive en matière de transports en commun et d'intermodalité. J'entends par là une bonne articulation entre les transports routiers, maritimes et ferroviaires notamment de marchandises, entre les transports individuels et collectifs. Ceci est d'autant plus important que le prix du pétrole ne cesse d'augmenter et que pour l’instant l’essence en Corse reste scandaleusement plus chère qu’ailleurs. Il faut également prendre en compte l’exigence d’un nouveau modèle de développement pour l’intérieur de l’île, où s’affirme la volonté de vivre, de valoriser le patrimoine, l’identité et l’histoire. C’est aussi une façon de revendiquer un espace dans lequel on doit pouvoir travailler, habiter et accéder aux services publics indispensables (santé, éducation, etc.). Ceci d'autant plus que les villes ne disposent plus de capacités foncières pour construire des logements à prix accessibles, et que les zones péri-urbaines s'assimilent souvent à des « cités dortoirs ». S'il est vrai que nous avons failli dans le maintien de nos équilibres territoriaux, il convient d'inscrire notre Padduc au service de ce rééquilibrage. Deux voies peuvent être explorées dans le prolongement des Assises : • Celle d'un maillage d'équipements et de services publics en milieu rural, en lien avec un projet de développement proposant la relance de l'activité agricole, de l'artisanat et des potentialités de la montagne corse. À cet égard, nous devrons travailler à un grand plan de valorisation de la montagne et ne plus focaliser exclusivement sur le littoral. • Celle d'une solidarité financière et économique entre les territoires producteurs de richesse, et ceux qui n'ont que trop longtemps subi les effets de la dévitalisation. Il nous faut, sur ce plan, réfléchir à une véritable péréquation fiscale assise sur une fiscalité corrective et antispéculative et pour le coup de faire usage de notre capacité d'adaptation réglementaire et législative. Les priorités définies sur une génération, ou les 20 prochaines années, invitent à concentrer les efforts sur l'accès aux soins et à l'emploi, ce qui est tout aussi fondamental que de répondre aux attentes en matière de logement. C’est dans ce cadre que s’affirme la volonté de préserver et de valoriser l’identité dans tout ce qu’elle détient de positif pour unir plutôt que diviser ou stigmatiser la personne aux origines différentes. Toute réflexion sur le développement d’une société moderne ne peut faire l’impasse sur cette articulation entre singularité et pluralité pour produire un sens commun à tous ceux qui ont choisi de vivre sur cette même terre. C’est l’acception que nous donnons au peuple corse. En revanche il faudra s'interroger sur la place réservée aux questions comme la préservation des ressources naturelles, l'autonomie alimentaire et énergétique, le développement de l’économie de la connaissance, plutôt mal classés dans l’étude. Il faudra démontrer que l'avenir, notamment en termes de « mieux vivre » et d'emploi, se déclinera aussi autour de ces sujets qui seront déclinés dans le nouveau Padduc. Enfin l’étude montre que la « lowcostisation » de la société insulaire est plutôt mal vécue et que pour faire face aux grands défis régionaux, les Corses font plus confiance au secteur public qu'au privé. Le message qu'il nous faut retenir de ce positionnement en faveur du secteur public, c'est que les services et ou biens fondamentaux ne peuvent être relégués au simple rang de marchandises. La puissance publique doit donc en être le garant et en assurer un accès équitable pour tous. Les Corses nous incitent à apporter de la régulation publique, là où la seule loi du marché, dans une île très attractive et objet de nombreuses convoitises, génèrent plus d'inégalités et, par voie de conséquence, une déstructuration sociale qui nourrit le repli sur soi, le rejet de la politique et de ceux qui en font. Pour nous le rapport à la France est clair la France de Bouygues, Bolloré, et Betencourt n’est pas la nôtre et nous nous sentirons toujours plus proche et solidaire du travailleur de PSA auquel l’emploi est retiré. Partant de cette analyse nous proposons de changer de direction, de faire le choix d’un développement productif créateur d’emplois stables et de poser les bases d’une telle société de progrès humain, non pas par incantation mais parce que la priorité serait, dans notre visée, de satisfaire aux besoins vitaux de nos concitoyens les plus en difficulté. C’est selon nous la certitude de préparer dans le présent un avenir meilleur pour la Corse.

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