Mesdames et Messieurs les
Parlementaires,
Madame (Monsieur) la (le)
représentant(e) du président du Conseil Général de la Haute-Garonne,
Madame (Monsieur) la (le)
représentant(e) du président du Conseil Régional de Midi-Pyrénées,
Mesdames et Messieurs les
représentants d’associations de résistants, de déportés, d’anciens combattants,
Mesdames et Messieurs,
Veuillez excuser l’absence de
Monsieur le Maire de Toulouse, Pierre COHEN, que je représente ainsi que celle
de Monsieur Michel PECH, Conseiller Délégué à la Mémoire et au monde
combattants.
Comme chaque année, nous voilà
réunis pour rendre hommage à la mémoire de Marcel (Mendel) LANGER qui, par le
sacrifice de sa vie, a gravé définitivement les mots «héroïsme» et «courage»
dans nos consciences.
La justice de Vichy ne se doutait
vraisemblablement pas qu’en l’exécutant le 23 juin 1943 dans la cour de la
prison Saint Michel, elle ferait de lui un porte drapeau de la lutte anti nazi
et anti fasciste à Toulouse. D’ailleurs, le bref compte-rendu de son procès
dans la presse locale de l’époque titre «Un Juif polonais est condamné à mort
pour détention d’explosifs» et le dépeint comme un vulgaire terroriste alors
que son combat contre l’occupant répondait au valeur républicaine. Jusqu’au
bout il taira, même sous la torture, le nom de ses camarades de lutte et de son
contact à la gare Saint Agne, les tenants et les aboutissants de sa mission.
Après son exécution, Mendel
LANGER fut inhumé au cimetière Terre Cabade avec les autres condamnés à mort.
Le 25 juillet 1950, il fut exhumé et ré inhumé dans sa tombe actuelle. Un an
plus tard, une grande cérémonie fut organisée à Toulouse et ce monument à sa
mémoire fut inauguré. C’est le sculpteur, Sylvestre CLERC, qui a réalisé le
buste en bronze du résistant.
Depuis plus de 25 ans, la
cérémonie du 23 juillet est organisée par l’ANACR. Le devoir de mémoire est une
nécessité, de même que l’éducation des jeunes générations. Les faits de la
Seconde Guerre Mondiale tendent à s’estomper dans l’esprit des français comme en
témoigne le récent sondage CSA qui révèle que seuls 58 % des Français
connaissent la Rafle du Vel d’Hiv et que seulement 33 % des 15-17 ans en ont
entendu parlé. Il faut sortir de l’apprentissage d’une histoire purement
événementielle, des rois et des reines, des dates et des notables pour
davantage se concentrer sur l’histoire sociale, la vie des gens, les combats du
peuple, l’histoire et l’évolution des civilisations.
La Mairie de Toulouse répond
présente ! Chaque fois qu’elle le peut, elle s’engage pour populariser aux
côtés d’associations d’anciens résistants, de déportés ou d’anciens
combattants, les récits de vies, la sauvegarde du patrimoine, la transmission
des valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. Ce travail est
complémentaire avec l’approche des historiens qui eux, lèvent le voile de
manière scientifique mais dont parfois les acteurs, les témoins, critiquent le
caractère un peu froid et désincarné.
Enfin, pour terminer, j’aimerais
que l’on n’oublie pas les autres membres de la 35ème brigade FTP-MOI
dont Zeev GOTTESMAN, David FREIMAN et François LAFFORGUE qui reposent dans ce
cimetière.
Je vous remercie de votre
attention.
Jean-Marc Barès