
PROJET REGIONAL DE SANTE 2012 -,2016
L’examen de ce Projet Régional de Santé, qui est comme vous l’avez dit, un document complexe et particulièrement difficile à étudier dans les délais impartis par la loi, c’est-à-dire 2 mois, doit cependant nous permettre de bien ancrer notre volonté politique de ne plus être que consultatifs dans ce domaine.
Donc ce PRS nous donne l’occasion d’impulser une autre dynamique pour la santé en Corse.
Le hasard du calendrier fait que nous l’examinons en même temps qu’ont lieu les débats sur le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) pour 2013.
Comme vous le savez, notre groupe a voté contre ce PLFSS à regret, nous l’avons jugé insuffisant et n’engageant pas de réforme de fond sur le financement de la protection sociale, il ne remet pas en cause les franchises médicales, les déremboursements, la fiscalisation des indemnités des accidentés du travail et du jour de carence dans la fonction publique (dont les conséquences sur l’absentéisme seront plus graves et ne permettront pas de faire les économies escomptées sur le dos des salariés). Il s’agit de mesures introduites, je le rappelle par un gouvernement de droite que nous avons combattues. À cela se rajoute, le faux accord signé par les médecins libéraux sur les dépassements d’honoraires, dont les usagers eux-mêmes ont dénoncé l’application au regard de l’importance du reste à charge pour le patient.
Nous souhaitions l’adoption de recettes nouvelles fondées sur la taxation des revenus des placements financiers des banques et des entreprises à la même hauteur que ceux issus du travail des salariés. Cette piste a été rejetée et nous le regrettons.
Je vous épargnerai un examen plus détaillé de ce point dans notre assemblée, mais il était important d’y faire référence car le PRS que nous avons eu le « plaisir » de lire, près de 1000 pages, ne peut être complètement déconnecté des ressources financières. Son application en sera même dépendante.
C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il y a deux ans, j’avais voté contre le projet stratégique régional de santé car il était entièrement soumis aux objectifs de l’ONDAM, et cela était inscrit dans le document.
Le temps a passé, les relations difficiles ou conflictuelles avec l’ARS ont commencé à s’améliorer, et j’ai réussi à faire retirer cette phrase du document.
Il n’en demeure pas moins, que tous les objectifs prévus dans le PRS sont bien évidemment soumis aux allocations financières dont notre région disposera.
C’est pour cela que je partage les amendements proposés dans votre rapport, car non seulement nous devons rattraper un retard structurel mais nous devons aussi moderniser les infrastructures et plateaux techniques.
À ce titre, l’ensemble du document retient ces principes même s’il est noté que la Corse est globalement « bien dotée »….
C’est dans cet esprit, que les membres de la commission sociale et du développement culturel qui ont reçu Monsieur le Directeur de l’ARS et ses collaborateurs, ont pu échanger et proposer de transformer l’amendement N° 6 de votre rapport en une motion.
Cela nous a paru plus pertinent, et j'insiste sur la nécessité de faire aboutir notre demande. Nous faisons référence à une résolution européenne et non à une loi.
Pour introduire le débat, je reprendrai la page 12 du plan stratégique et les 3 questions dites fondamentales posées par le document :
- quel, diagnostic pour la corse ?
- quelles évolutions prévisibles ?
- quelle organisation adopter ?
Comme vous le rappelez Mme la conseillère exécutive, la santé est une des préoccupations principales des corses, suite aux résultats du questionnaire du Padduc.
Nous n’examinons pas seulement la santé stricto sensu mais différents plans et schémas qui ne peuvent être dissociés les uns des autres pour constituer ce Prs.
Du plan stratégique régional de santé, sont établis les schémas d’organisation régionale de la prévention, de l’organisation des soins, et du médico-sociale puis les programmes régionaux d’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (PRAPS), le programme pluriannuel régional de gestion du risque (PRGS), le programme télémédecine, et le programme interdépartemental d’accompagnement des handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC).
Dans un contexte national dit de crise, je continue à rappeler que la corse dans ce domaine a raté bien des opportunités depuis plus de trente ans, cela par manque de politique de santé cohérente et surtout à cause d’ une vision partisane bien souvent des dossiers.
Il faut stopper cette méthode, nous voyons bien que le Prs dans sa globalité est un document qui croise des compétences multiples, dont celles de la CTC.
J’ai voulu faire ce rappel pour prouver que pour toutes ces raisons, nous serons donc exigeants envers les ministères concernés pour faire reconnaître nos besoins et nos retards.
C’est pourquoi, Mme la conseillère exécutive, Messieurs les présidents de l’exécutif et de l’assemblée, je souhaite renouveler autant que de besoin les rencontres auprès de la ministre de la santé pour faire avancer ces dossier vitaux, les porter directement en concertation et dialogue avec l’ars Corse, ce serait une démarche responsable, qu’attendent tous les patients et usagers.
J’espère donc avoir une réponse positive sur ce point.
Je le rappelle nous ne devons pas laisser arriver les crises sociales, les situations déficitaires catastrophiques, etc... Nous ne devons pas laisser porter les demandes de solutions aux seuls salaries, usagers, professionnels de ces secteurs sanitaire et médico-social, nous devons les anticiper et défendre ensemble des dossiers tant auprès de l’Ars Corse, qu’au niveau de l’état. C’est notre rôle d’élu.
Donc, soyons efficaces et choisissons cette voie. J’espère être suivie.
Ayant participé depuis des années à diverses instances et commissions dans ce domaine, j’ai demandé, comme d’autres, pour l’élaboration de ce PRS qu’un état des lieux précis soit présenté dans le document. Pour l’ensemble des schémas, cette méthode a été retenue.
Même si dans ces mille pages , nous retrouvons les seuils pour les autorisations d’activité, pour les différents zonages que nous avons d’ailleurs rejetés et autres critères fixés par la caisse nationale d’assurance maladie dont je vous épargne les détails, il est important pour contrer les effets néfastes de certaines mesures de prendre en compte les amendements présentés par l’Exécutif et les réponses apportées par Monsieur le Directeur de l’ARS.
Cette marge de manœuvre nous oblige à la responsabilité, à la vigilance, à l’exigence, au contrôle, donc à la discussion, à la négociation, aux échanges entre l’État, l’ars, et notre assemblée. Ceci a été acté, vous nous l’avez confirmé.
Le délai très court imposé par la loi ne m’a pas permis de faire plus de réunions de notre commission, mais nous pourrons durant l’application de ce plan le faire puisque le directeur de l’Ars est lui-même demandeur de ces échanges.
La mise en place d’Assises de l’accès aux soins permettra également d’évaluer ces politiques publiques.
Je retiens des axes stratégiques qu’ils visent à :
- Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé en garantissant une offre de prévention efficiente,
- D’améliorer la fluidité du parcours de prise en charge sanitaire et médico-sociale,
- De coproduire la politique régionale de santé avec les professionnels et les usagers.
L’ensemble du document donne des taux de recours sans les mettre en perspective avec l’évolution des besoins sur les 5 années à venir. Mais cela peut être modifié puisque le document n’est pas figé.
Nous retrouvons dans la présentation les tableaux des implantations des structures sanitaires et médico-sociales, ceci correspond aux prescriptions du code de la santé publique.
Il faut noter également que dans ce PRS, il n’y a pas de suppression d’activités ou d’établissements, les suppressions correspondent à des regroupements concertés avec les établissements concernés, contrairement à bien d’autres régions qui ont vu des hôpitaux fermés, nous devons d’ailleurs être la seule région de France qui a créé un Hôpital Local.
Nous retrouvons également le développement aux alternatives à l’hospitalisation, et la structuration de l’offre de soins en filières coordonnées (gériatrie, AVC, etc…).
L’objectif est bien de diminuer le nombre d’hospitalisations sur le continent.
L’article R1434.2 du code de la santé publique indique que le PRS comporte :
- L’évaluation des besoins de santé et leur évolution, tenant compte de la situation démographique, de l’état de santé de la population, des données sur les risques sanitaires, des inégalités sociales et territoriales de santé, des données régionales en matière de santé et de handicap,
- Une analyse de l’offre et de son évolution prévisible dans les domaines de la prévention du soin et de la prise en charge de la perte d’autonomie,
- Des objectifs fixés en matière : de prévention, d’amélioration de l’accès aux établissements, aux professionnels et aux services de santé, de réduction des inégalités sociales et territoriales en santé, notamment en matière de soins, de qualité et d’efficience des prises en charge, de respect des droits des usagers,
- Des mesures de coordination avec les autres politiques de santé (PMI, santé au travail…),
- D’organisation du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre du projet régional de santé.
C’est donc pour appliquer ces principes du code de la santé publique, qu’il est nécessaire d’inclure les amendements au rapport ainsi que la motion présentée par la commission.
C’est également pour cela, que nous devons avoir des engagements financiers pérennes pour certaines mesures financées en missions d’intérêt général (EVASAN),
La corse est une montagne dans la mer, c’est la seule région de France qui n’a pas de CHU, la seule région d’Europe qui ne dispose pas d’un seul km d’autoroute, etc.. tout cela entraine de fortes contraintes dans le domaine de l’accès aux soins.
Faire reconnaître ces handicaps par des moyens financiers et structurer cette offre de soins à hauteur des attentes de tous est bien l’objectif que nous devons atteindre.
Je sais que certains élus ou usagers souhaitent un mode d’organisation pour la gestion des établissements publics de santé en regroupement régional, pour ma part je ne souscris pas à cette proposition au regard des difficultés actuelles rencontrées par les établissements de santé tant en terme financiers que de gestion.
Actuellement, cela ne ferait qu’augmenter les difficultés rencontrées dans certains hôpitaux.
Je peux témoigner que ce document, dont la publication a été prolongée, à nécessité de nombreuses réunions, citées dans l’introduction, c’est un début de ce que l’on appelle la démocratie sanitaire qui se met en place.
L’exercice a été difficile, je suis bien placée pour en parler, nous ne pouvons pas remettre en cause la volonté et le sérieux des membres assidus, des présidents, des 4 commissions de la crsa qui fonctionne avec peu de moyens.... Pendant un an, ils ont examiné et donc participé à l’élaboration de ce plan, leurs avis et observations ont été donnés et pris en compte.
Pour introduire le débat, je reprendrai la page 12 du plan stratégique et les 3 questions dites fondamentales posées par le document :
- quel diagnostic pour la corse ?
- quelles évolutions prévisibles ?
- quelle organisation adopter ?
Il aborde la problématique de l’accessibilité de l’offre de santé du point de vue géographique et financier.
Sont actés la construction de l’hôpital d’AJACCIO (financé à 90 % ce qui est exceptionnel) et la modernisation de celui de BASTIA, tout comme l’amélioration et le rôle central des hôpitaux locaux dans les projets territoriaux de santé.
Tout cela, en tenant compte de la mise en place du parcours de santé du patient et la nécessité de faire émerger les projets territoriaux de santé surtout pour les zones rurales.
Le Prs reprend l’ensemble des réunions et concertations qui ont eu lieu avec les professionnels de santé, les élus, les usagers.
À la lecture de ces pages, il parait donc comme une évidence que cet accès pour tous est acté, sauf qu’il met en parallèle la maîtrise médicalisée des dépenses, et demande de gérer au mieux les ressources….
Je dirais d’emblée, qu’il n'est pas scandaleux de gérer au mieux, encore faut-il que l’ars et le ministère soient crédibles dans ce discours, depuis plus de 30 ans nous actons les allocations de ressources de façon trop aléatoire, par crises sociales, par interventions politiques, etc... La logique et la responsabilité politique de tous est de s’emparer de ces sujets, et l’occasion est donc donnée.
Pour rattraper ces retards structurels et assurer une meilleure répartition de l’offre de soins sur le territoire, l’aspect financier est incontournable.
Je ne reprendrai pas toutes les données démographiques, je retiendrai les principales.... En 2040 une personne sur 3 aura plus de 65 ans, p 20, un rappel des données socio-économiques coût de la vie élevé, revenus salariaux plus faibles, des capacités d’hébergements pour les handicapés et polyhandicapés inférieures à la moyenne nationale, une mortalité chez les hommes de 24 à 54 ans 2.2 fois plus élevée chez les ouvriers employés que chez les cadres. P 24 , etc..
Madame la Conseillère, vous avez dans votre rapport fait une synthèse de ce document de 1000 pages, j’arrête donc mon intervention en souhaitant que les amendements proposés amènent une réponse positive de Monsieur le Directeur de l’ARS, et que ma demande de suivi du PRS avec le ministère de la santé directement pour les réponses financières, ce qui pour notre groupe permettrait de voter favorablement.
Rappel du principe du droit au logement pour le public handicapé, âgés dépendants ou pas donc volet qui rejoint les politiques publiques dont celles de la ctc. P 81
Taux allocation d’éducation pour enfant handicapé Aeeh de 16,76 pour 10,98 au niveau national. P 92 p 102 le taux très élevé.
Déséquilibre des dotations régionales enfance handicapée p 96 du à l’absence d Iem. En haute corse, il est aussi prévu la création de place en Mas Fam.
Surcoût de plus de 4 millions d euros. P 98 rationnaliser les coûts ? Comment ?
Mise en place du cra autisme en septembre 2012 p 100
Problème de prise en charge fiche p 108 du à la démographie médicale et orthophoniste, kiné....
P 115 insertion et formation des personnes handicapés, cf. politique de formation ctc.
P118 volet adultes handicapés.
P 120. Taux équipement global en Ets pour adultes handicapés inférieur de 0.5 à la moyenne nationale.
L’évolution potentielle des capacités des structures pour adultes sera réalisée dans le strict respect des circulaires budgétaires 65 % places Fam pour 35 % mas.
Donc un rattrapage est possible vis,à vis des coûts moyens nationaux pour les services et Ets du secteur adultes handicapés. P 124.
La corse est la région la moins équipée en Esat (ancien centre aide par le travail).p 125.
Et cependant aucune place supplémentaire est prévue.... 2 Esat ont des tarifs sup à la moyenne nationale. P 125.
P 143. La population âgée est particulièrement touchée par la pauvreté 22.3% des plus de 65 ans contre 17,5 au niveau national.
P 195 196 écart des prix entre les deux départements
P 197 planification du sros, un outil opérationnel dans la capacité à faire du au délai de mise en œuvre des projets.
Schéma de prévention page 217
Si la corse dispose d’acteurs de prévention de premier recours, le maillage territorial des actions est peu visible, voire inexistant, au-delà du périurbain.
P 230 huit territoires de santé correspondant aux 8 bassins de vie retenus par la CCT.
Pour conclure, je dirai soyons audacieux et relevons le défi en imposant par notre travail notre volonté de peser dans ce domaine.
Il n’en reste pas moins que la bataille des moyens financiers est importante et nous ne pouvons pas la perdre, c’est pendant cette période du Prs, que nous devons amorcer cet équilibre territorial d’accès aux soins, cette égalité devant l’urgence vitale, cette égalité