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Dominique BUCCHINI - SESSION DES 20-21 FEVRIER 2012

2010_D_BUC.jpgAllocution du Président

Mes chers collègues, Avant d’aborder l’ordre du jour, permettez-moi comme à l’accoutumée de commencer par un bref propos d’actualité et de cadrage. En ce qui concerne l’actualité, je souhaite revenir sur l’épisode neigeux que la Corse a connu la semaine dernière. Bien qu’il ait été annoncé, et « préparé » en quelque sorte par une vague de froid venue de l’Europe centrale, ce phénomène a surpris par son intensité, mais aussi par sa durée. Les spécialistes estiment en effet qu’il faut remonter à 1956 pour retrouver des précipitations aussi abondantes, et tenant au sol aussi longtemps. Bien que certains aient pu ressentir, sans doute à juste titre, une sensation d’isolement, je crois que notre île a plutôt bien géré ces intempéries : la viabilité du réseau routier, la fourniture d’énergie et la distribution des denrées de base ont subi le minimum de perturbation. Mais si les problèmes ont été limités, nous le devons avant tout à la mobilisation des services publics, et à la solidarité de la population. Deux valeurs centrales, qui ont fait une fois de plus la preuve de leur efficacité, j’ajouterai de leur solidité, alors qu’il est parfois de bon ton de les juger obsolètes ou en déclin. Aussi, je souhaite à travers vous, Monsieur le Président du Conseil exécutif, remercier au nom de l’Assemblée de Corse l’ensemble des agents des services publics qui ont travaillé sans relâche pendant cet épisode neigeux. J’adresse également nos plus vifs remerciements à toutes celles et à tous ceux qui ont su se mobiliser et venir en aide, dans le cadre de leur métier ou tout simplement par esprit de fraternité, aux personnes les plus vulnérables : notamment la population âgée des communes rurales, les exploitants agricoles, et les sans abris des centres urbains. Par leur action, ils ont honoré la société corse. Toujours au titre de l’actualité, je dois aborder à mon tour la question des effectifs enseignants dans l’Académie de Corse. Récemment, la chambre régionale des comptes a déploré le retard accumulé par notre île en matière de recherche et d’innovation. Le collectif Corte ’96 s’est inquiété des conséquences de l’échec scolaire et des sorties sans qualification en termes d’alimentation de la violence. Et certains d’entre nous ne manqueront pas de souligner, lors de la campagne des élections législatives, l’importance de l’enjeu éducatif dans le développement de la Corse. Dans un tel contexte, il est irresponsable, et je l’affirme avec solennité, de continuer à réduire le nombre des personnels enseignants dans l’Académie de Corse. L’application indistincte de la révision générale des politiques publiques ne saurait conduire à obérer de cette façon l’avenir de notre jeunesse, et la qualité de notre tissu économique et social. S’il y a bien des services publics où un moratoire se justifie, c’est en priorité dans l’Education nationale. A cet égard, je voudrais rappeler qu’au mois de juin, nous célèbrerons le tricentenaire de Jean-Jacques ROUSSEAU. Ce philosophe des Lumières, admirateur de la Corse au point de lui prédire, un jour, un destin hors du commun. Ce penseur humaniste qui affirme, dans son « contrat social », que l’homme est naturellement bon et que c’est le « désir de posséder, de dominer et de paraître », qui peut le corrompre en société. Cet écrivain universel qui, dans son « essai sur l’origine des langues », estimait que la mélodie et la chanson populaire, en mêlant la poésie et le chant pour exprimer les passions humaines, avaient formé le langage des hommes. Non seulement pour ces raisons Jean-Jacques ROUSSEAU m’est cher, mais il me semble également toujours d’actualité ! Je conclurai, enfin, avec quelques données de cadrage de l’ordre du jour. S’agissant, d’abord, des questions orales, j’ai tenu vendredi une réunion de travail avec les responsables de France 3/Via Stella à propos du sous-titrage bilingue de leur retransmission télévisée. France télévision est prête à assurer ce sous-titrage moyennant certaines conditions, et notamment : la transmission préalable des questions et des réponses, leur traduction par les services de la CTC, la nécessité pour les orateurs de s’en tenir au texte écrit. Dans l’optique d’une expérimentation à la séance de mars, j’ai demandé à être saisi d’une réponse écrite, et si vous en êtes d’accord, l’organisation d’une réunion de sensibilisation entre F3/Via Stella et les élus de notre Assemblée qui le souhaiteraient. S’agissant, ensuite, de l’ordre du jour, nous aborderons cet après-midi un premier débat sur la desserte maritime, qui consiste à faire un état des lieux du dispositif existant, mais aussi du contexte technique et juridique à intégrer; nous aurons ensuite, au mois de mars, à délibérer sur la configuration de la nouvelle délégation de service public, sachant qu’une séance spécifique sera consacrée à la desserte aérienne. Trois rapports nous ont été transmis en procédure d’urgence : deux projets de décret et la situation de la Falep ; il appartient aux commissions concernées de se réunir, cet après-midi et si elles n’avaient pas fini à 15 heures, dans le courant de cette session. Enfin, concernant l’agenda des commissions, je vous rappelle que la commission permanente se réunira vendredi 24 à 17 heures au titre de l’actualisation du règlement intérieur. La prochaine réunion de la Commission « Violence » aura lieu le 1er mars à Corte pour valider les contenus d’un rapport annuel d’étape qui vous sera soumis prochainement. La Commission des compétences législatives a prévue également une réunion au début mars, je crois qu’il en va de même pour la Commission de contrôle et il devrait en être ainsi pour la commission Tchernobyl dans le cadre du suivi de l’enquête épidémiologique. Quant aux Assises du Littoral, qui ont du être reportées à cause des intempéries, elles se dérouleront les vendredi 9 et samedi 10 mars. La densité d’un tel agenda rend encore plus nécessaire une programmation en amont des autres réunions. En commission permanente vendredi dernier, ce problème a de nouveau été abordé. Pour faciliter cette gestion, je vous rappelle que les séances de l’Assemblée et de ses commissions sont organisées sur la base de créneaux fixes et connus à l’avance. Je demande avec insistance aux responsables des agences et offices d’en faire de même et d’en rendre le secrétariat général destinataire. Enfin, j’attire l’attention des présidents de commission et de l’administration sur l’activation du système de visioconférence, qui doit aller de pair avec leur volonté de délocaliser une bonne moitié des réunions.

 

MICHEL STEFANI à CONTRASTU

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http://corse.france3.fr/emissions/c...

 

A propos de « l’exception communiste » dans le débat sur l’Arrêté Miot

Conseil-Constitutionnel-log.jpg « Une union sacrée dont la Corse aurait bien besoin et qui, pourtant, fait défaut sur le sujet, que l’on aurait pu penser, entre tous, consensuel, à savoir la prorogation des Arrêtés Miot. A part l’exception communiste qui, dans son credo de faire payer les riches, enferme les petits et moyens revenus dans une impasse, la récente réunion de la Commission Chaubon et de la Commission des finances, à Corte, a révélé plus de divergences que d’esprit d’unité. Malgré les déclarations lénifiantes des deux présidents, aucun accord n’a été trouvé. Le gouffre reste béant entre les nationalistes qui, soutenus par une large partie de la société civile, veulent faire reculer le gouvernement et une partie de la gauche qui atermoie et fait le dos rond en proposant des solutions de compromis qui ne règlent rien, pendant que la droite essaye de se tirer du bourbier où ses alliés nationaux l’ont plongée, en visant la loi rectificative de finance ». Extrait de l’article de Nicole Mari de Corse Net Info mis en ligne le 15 janvier 2013.

Réponse de Michel Stefani

Je trouve assez surprenant d’ignorer à ce point la position que nous défendons sauf à vouloir la déformer pour faire croire en définitive que toutes les couches sociales ont des intérêts qui se confondent. L’impasse dont vous parlez se situe dans cette confusion que les riches apprécient particulièrement parce qu’elle leur permet de maintenir leurs privilèges en prétendant qu’ils tiennent compte des situations moins avantageuses que la leur.

Je suis surpris tout autant du mutisme qui entoure la saisine du Conseil constitutionnel par les 3 députés UMP de Corse qui, en visant une mesure de justice fiscale pesant sur les revenus supérieurs à 1 M€, ont détruit la prorogation jusqu'en 2022 du dispositif de sortie de l'arrêté Miot. Je précise que les députés communistes ont voté cet amendement Giacobbi Pupponi. Pour ce qui nous concerne il s’agissait, non pas d’obtenir l'exonération permanente des droits de succession pour les plus fortunés, mais de disposer du temps nécessaire et raisonnable afin de sortir du désordre juridique causé par l'absence de titre et l'abondance de successions collatérales. Ce faisant nous avons choisi de partir de la réalité sur ce plan technique comme au plan politique des inégalités qui caractérisent la société insulaire, pour la sortir justement de quelques impasses comme la pauvreté, la spéculation et les dérives qui en découlent. N’y a-t-il pas de différence entre un ménage qui déclare 1,9 € de revenus annuels et un ménage qui n’est pas soumis à contribution ? Les premiers sont quelques centaines en Corse moins de 500 les seconds sont plusieurs dizaines de milliers, environ 60 000 avec moins de 950 EUR de revenus mensuels.

Entre ces ménages riches et pauvres, il existe des ménages disposant de revenus correspondant à ceux de salariés correctement rémunérés. Ce n’est pas la majorité. On compte 105 000 actifs en Corse qui est connue pour être une région de bas salaires avec un revenu moyen annuel inférieur à 14 000 €. Pour autant, La plupart, selon vous, seraient détenteurs de patrimoines (exemple donné sur l’article précédent intitulé « des réunions de combat ») de 600 000 € seuil à partir duquel un héritier dont le père défunt aurait en bien propre une maison de village (il serait intéressant de la situer) estimée à 150 000 € devrait acquitter 43 194 € dans le droit commun c’est-à-dire dans 5 ans alors qu'avant sa contribution serait de 18 194 €. Dire que cette contribution serait confiscatoire et susceptible de conduire cet héritier unique (assez malchanceux dans cet exemple donnant son père propriétaire en propre de la maison de village) au malheur de la faillite personnelle, avec 557 000 € ou dans le meilleur des cas 580 000 € garanti par l'héritage, n'est pas sérieux. Dans le même exemple 2 enfants devraient payer 5 347 € chacun en 2018 et 0 € avant sur un patrimoine de 600 000 €. Dire qu'il leur faudrait vendre la maison du village à 150 000 € pour payer chacun 5 347 € de droits de succession sur 600 000 € est encore moins sérieux.

Ceux qui ont voté les deux délibérations de l’Assemblée de Corse en juin 2011 et juillet 2012 ont reconnu dans la première que les petits et moyens patrimoines continueraient à être exonérés de droits de succession et dans la seconde que la justice fiscale devait être associée à la justice sociale et en ce sens que l'exonération des gros patrimoines ne pouvait être maintenue. C’est écrit noir sur blanc, certains l’oublient nous non. Un transfert partiel de la compétence fiscale sur les successions a été envisagé, nous y sommes favorables, pour en reverser le produit à la CTC afin qu'elle mette en œuvre une politique ambitieuse de construction de logements sociaux, de maitrise du foncier, de lutte contre la spéculation et les dérives affairistes et mafieuse. Tout cela est cohérent avec la bataille que nous avons menée en faveur de la création d'un Etablissement public foncier, d'une Agence de l'urbanisme et de l'augmentation sensible des crédits pour le logement social.

Enfin, j’invite vos lecteurs à se rendre sur mon blog http://michelstefani.over-blog.com/ ils verront que notre position n'est pas celle que vous décrivez.

Michel Stefani

 

Voeux aux Corses et à la Corse de Dominique Bucchini

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Mes chers compatriotes, Paci è Saluta a tutti, Je vous présente avec une grande sincérité mes vœux les meilleurs et les plus féconds pour l’année 2013.

Cette année 2012 a été une année particulièrement difficile non seulement en Corse mais aussi partout dans le monde où la crise a aggravé encore davantage les inégalités et ses effets pour les plus faibles d’entre les nôtres.

Je formule pour la population de notre île, à l’aube de cette nouvelle année, le vœu que nous puissions vivre de façon plus sereine dans une Corse plus solidaire. Ce vœu n’est pas illusoire et je le sais possible pour peu que nous en ayons la conviction. Les Corses ont toujours su relever les défis lorsque leur avenir semblait agité et sans perspectives.

J’ai d’abord une pensée attristée et profonde pour ceux qui vivent dans la solitude, dans la précarité ou qui sont malades. Nous devons faire en sorte que ne soient pas exclus de notre société ceux qui auraient eu moins de chance dans leur parcours personnel ou professionnel. C’est un challenge difficile que nous devons relever et auquel nous nous efforçons de répondre à l’Assemblée de Corse.

Je pense aussi à tous ceux qui, cette année, ont perdu un proche ou connu des épreuves difficiles.

Cette année encore aura malheureusement été marquée par une violence inacceptable et je formule le vœu que cette spirale dangereuse arrête son infernal mouvement. Tant que nous n’arriverons pas à éradiquer ce mal, nous ne pourrons avancer sur le chemin du progrès social et sociétal.

Je crois que nous devons nous concentrer à faire disparaitre les facteurs de violence dont les racines se trouvent dans l’illusion de l’argent facile et dans l’appât du gain, dans la croyance malsaine en une vie de consumérisme sans effort, dans l’absence de perspective économique saine et durable, dans la précarité et dans l’échec scolaire.

Nous devons croire en nos atouts et espérer en la construction d’une Corse plus prospère et plus fraternelle. Au travers des problématiques comme celles du foncier et du logement, de l’éducation et des grandes infrastructures, c’est à cela que travaille l’Assemblée de Corse.

C’est en mobilisant nos valeurs de solidarité et de fraternité que nous construirons pour notre île et pour ses habitants une Corse apaisée.

A tous les Corses, où qu’ils se trouvent dans le monde et à tous les habitants de l’île, je présente mes vœux les plus sincères de bonne et heureuse année 2013.

Paci è saluta à tutti.

Dominique Bucchini Président de l’Assemblée de Corse.

 

Assemblée de Corse Groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche

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Ce n’est pas la Corse qui est visée par les « neuf sages », ce sont les hauts revenus

Les parlementaires de droite ont déféré devant le Conseil Constitutionnel la loi de finances de 2013. Ce recours, contresigné par les trois députés UMP de la Corse, visait principalement la contribution fiscale à 75 % pour les revenus supérieurs à un million d’euros annuels. Le Conseil Constitutionnel les a suivis et sa décision a été accueillie (sauf en Corse apparemment…) par des cris de victoire de tous ceux qui ne supportent pas d’atteinte, même minime, aux privilèges fiscaux.

La loi de finances comportait également une disposition particulière à la Corse qui prorogeait jusqu’en 2017 le régime dérogatoire des arrêtés Miot ; cette disposition particulière répondait à une demande de l’Assemblée de Corse a été également annulée

Contrairement à certaines déclarations, ce n’est pas la Corse qui est visée par les « neuf sages », ce sont les hauts revenus qui doivent être protégés ! Il ne s’agit donc pas d’une mesure « anti-corse », mais d’une sanction de la politique fiscale du gouvernement, lequel a immédiatement précisé que son dispositif serait revu et représenté au Parlement sous une autre forme.

Quant aux appels « spontanés » à manifester pour défendre les gros patrimoines insulaires bien plus que les intérêts généraux de la Corse, nous n’en soutenons pas l’idée. Nous proposons, pour ce qui nous concerne, de manifester pour l’emploi, les salaires, le logement social, les restitutions de réfaction de TVA aux consommateurs, contre la vie chère…Nous n’oublions pas qu’en 2009, 495 foyers insulaires ont déclaré 1,9 millions d’euros annuels de revenus tandis que 22% des familles corses vivent avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

Rappelons, à cet égard, que les délibérations de l’Assemblée de Corse de juin 2011 et 2012 ont repris un amendement de notre groupe, amendement voté à l’unanimité, qui a rétabli la contribution des gros patrimoines insulaires dans le cadre du transfert à la Corse de la fiscalité du patrimoine.

Nous n’écartons pas a priori les réformes institutionnelles, voire constitutionnelles, souvent évoquées ici ou là. Nous voulons simplement que les Corses soient clairement informés des enjeux : pourquoi une réforme et pour qui ? Il faut donc les consulter par referendum. Nul doute qu’ils se prononceront en faveur d’un SMIC à 1800 €, de la construction de 8000 logements sociaux, de l’installation de 2000 jeunes agriculteurs et de créer des emplois productifs… plutôt qu’en faveur de dispositions fiscales uniquement avantageuses pour une toute petite minorité insulaire.

Ce qui doit guider les décideurs publics, ce ne peut être les privilèges de quelques-uns, mais la défense de l’intérêt général.

Le 30 décembre 2012

 

Vous avez dit politicien !....par Michel Stefani

M_Stefani__15_.jpg Le président du Conseil général de la Corse du Sud ne « décolère pas » sa motion, qui est vraisemblablement celle du mouvement France Corse, a été votée par la majorité territoriale de gauche quand son groupe quittait l’hémicycle. Ainsi nous devions selon lui condamner, nous l’avons fait, les attentats les assassinats, soutenir, nous l’avons fait, les familles des victimes et demander, ce qui revenait à considérer qu’il n’avait pris aucun engagement, au gouvernement d’agir contre la spirale mortifère qui mine la société insulaire. Nous ne l’avons pas fait. Pour partie, cela justifiait d’amender la motion « Panunzi France Corse ». Or selon ses auteurs, ce texte n’était pas amendable puisque son seul objet était de condamner la violence. Pour le Conseiller Panunzi et les quelques donneurs de leçons de ce mouvement figé dans le temps, il était impossible de vouloir condamner la violence patronale contre des grévistes chargés par des énergumènes en 4X4 munis de battes de baseball. Pris en ce sens, il était également impensable d’expliquer que la dérive affairiste et mafieuse enfle sur la spéculation immobilière et que la « désancturarisation » chère à Monsieur Panunzi et ses amis politiques y est pour quelque chose. C’est l’autre aspect de notre amendement (1) dans lequel nous avons affirmé l’objectif de changer de modèle de développement économique et d’aménagement du territoire notamment avec le PADDUC dont les orientations ont été rejetées par la droite et Monsieur Panunzi en particulier qui les trouve « trop à gauche ». Cerise sur le gâteau, ce mouvement et son porte parole, nous expliquent que, pour condamner la violence sous toutes ses formes, il serait inutile de parler de la vie chère et des bas salaires, de la pénurie de logements sociaux… bref de ce qui fait le quotidien des corses. Autrement dit, peu importe de savoir que la Corse a connu, ces 20 dernières années, une aggravation des inégalités avec d’un côté un peu plus de 490 ménages qui déclarent 1.9 M€ de revenu annuel quand de l’autre côté 60 000 personnes ont un revenu mensuel inférieur au 964 € du seuil de pauvreté. Pour changer cette situation notre amendement demandait au gouvernement de soutenir, par des moyens budgétaires correspondant, la politique de la CTC « favorable à un développement économique social et culturel, respectueux de la dignité et de l’identité des femmes et des hommes qui, indépendamment de leur origine, ont choisit de vivre sur cette terre et d’en composer le peuple ». Ce genre d’argument n’est pas non plus du gout du Conseiller Panunzi et du mouvement France Corse. Ensemble ils crient à tue-tête que leur motion a été dénaturée. L’étroitesse de la pensée politique est parfois amusante. Le président Panunzi, qui n’a pas eu l’idée de déposer la même motion au Conseil général de Corse du Sud, trouve que la Commission violence, sous l’impulsion du Président de l’Assemblée de Corse, n’apporte rien sinon de la confusion alors que la participation du Député UMP Marcangeli aux dernières journées internationales de Corté ne soulève aucun commentaire de sa part. Cette cécité sélective lui fait même oublier que le PCF a toujours condamné la violence en refusant « l’union sacrée ». Cela prend plus de sens encore à la veille du 70ème anniversaire de l’insurrection populaire pour la Libération de la Corse à laquelle les communistes ont apporté une contribution déterminante. Naturellement, la droite, qui a dirigé la région pendant 25 ans, a un peu de mal à digérer sa défaite de 2010 sur le fond comme sur la forme. L’incapacité à surmonter les divisions, à être un peu plus assidue aux travaux de l’Assemblée de Corse en général et à ceux de la Commission violence en particuliers, empêche ses dirigeants d’y voir clair et Monsieur Panunzi de sortir d’un épais brouillard déroutant. Tant est si bien qu’en janvier 2013 il devrait y avoir dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse plusieurs groupe UMP. Ainsi, son coup de colère pourrait être à usage interne pour masquer ces turpitudes et resserrer les rangs. Vous avez dit politicien !

(1) La motion amendée et votée par les 23 élu(e)s de la majorité régionale, Jean Baptiste Luccioni s’étant abstenu, sur présentation de Michel Stefani au nom du Groupe communiste et citoyens du Front de gauche. CONSIDERANT la situation extrêmement préoccupante de la Corse, liée en particulier à la multiplication des assassinats et à la recrudescence spectaculaire des attentats à l’encontre de biens immobiliers ou d’entreprises situés sur l’ensemble de notre territoire. CONSIDERANT que toute forme de violence à l’encontre de personnes ou de biens, quelque soit sa motivation, est de nature à obérer tout développement et à altérer durablement la paix sociale. CONSIDERANT les prises de position nombreuses de l’Assemblée de Corse visant à dénoncer la violence. CONSIDERANT les démarches engagées par l’Assemblée de Corse au travers de sa Commission ad hoc en charge de réfléchir à la problématique de la violence en Corse. CONSIDERANT les appels lancés de toutes parts par les acteurs de la société civile. CONSIDERANT que l’Assemblée de Corse doit être le lieu d’une réaffirmation de cette exigence de Paix et de Justice par les représentants élus de la Corse. CONSIDERANT les engagements dernièrement pris par le Gouvernement à ce sujet. CONSIDERANT les déclarations de M. le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales invitant les élus insulaires à se mobiliser pour dénoncer collectivement cette situation. L’ASSEMBLEE DE CORSE CONDAMNE solennellement tous les assassinats et attentats commis en Corse. AFFIRME sa solidarité à l’égard des victimes de ces violences ainsi qu’à leurs familles. Amendement groupe communiste et citoyen du Front de gauche ajouter les passages en italiques S’engage à mettre en œuvre une politique fondée sur un nouveau type de développement économique et un nouveau type d’aménagement du territoire pour endiguer la dérive affairiste et mafieuse en agissant contre la spéculation immobilière, contre la cherté de la vie et les bas salaires, la précarité et la pauvreté, la pénurie de logement sociaux Récuse la mise en cause du droit de grève et l’intimidation violente contre les organisations syndicales et les grévistes Appelle toutes les forces vives à se mobiliser, dans une action démocratique et populaire favorable à un sursaut citoyen conforme aux valeurs et principes républicains Demande au gouvernement de soutenir, par des moyens budgétaires correspondant, cette politique de la CTC favorable au développement économique social et culturel et respectueux de la dignité et de l’identité des femmes et des hommes qui, indépendamment de leur origine, ont choisit de vivre sur cette terre et d’en composer le peuple. Prend acte de la volonté politique du gouvernement d’agir sans attendre en usant, avec détermination et lucidité, de tous les moyens régaliens à sa disposition pour mettre un terme à la spirale de violence qui mine la société corse.

 

Session de Décembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE- Michel STEFANI

MICHEL STEFANI PCF

Co-officialité

L’Assemblée de Corse doit adopter une délibération finalisant un vote antérieur obtenu le 27 mai 2010 sur une motion de Corsica Libera amendée par le Front de gauche afin « que soient mis en œuvre les moyens juridiques nécessaires pour définir un cadre statutaire à la langue corse fondé sur le principe de co-officialité ». Certains s’étonnent et nous interrogent sur ce choix politique d’une co-officialité non discriminatoire en faveur d’un bilinguisme assumé et expliquent que nous serions dans la confusion au prétexte que co-officialité et bilinguisme ne veulent pas dire la même chose. Du point de vue du vocabulaire c’est incontestable mais pour ce qui est du concept c’est différent. Les 34 élus qui ont voté cette motion amendée se sont prononcés en faveur : « d’un cadre statutaire pour la langue corse fondé sur le principe de co-officialité » et par pour autre chose. Aussi, nous nous sommes permis de transmettre à chaque groupe pour information la brochure intitulée : « pour une politique démocratique de la langue » rédigée par Jean Baptiste Marcellesi sociolinguiste mondialement reconnu et éditée par Terre Corse. Lui-même prenait soin de démontrer que ce sujet ne pouvait être laissé entre les seules mains des juristes et des sociolinguistes et qu’il fallait que les principaux intéressés s’en saisissent. C’est l’esprit avec lequel, pour notre part, nous travaillons à cet objectif qui s’impose de fait et semble accepté de tous : sauver la langue corse. Par cet amendement nous avons voulu réaffirmer une position claire y compris dans ses implications constitutionnelles et plus largement dans une politique de promotion des langues de France sans avoir la prétention de rédiger le texte de loi qui le permettrait. Il en est de même pour la ratification de la Charte des langues régionales, en faveur de laquelle nous nous prononçons, défendue par François Hollande candidat à la présidence de la République. Dans tous les cas une réforme de la constitution est nécessaire. Au mois de septembre la ministre de la culture, en répondant à une question écrite du parlementaire communiste, Jean Jacques Candelier, a donc annoncé que le gouvernement relancerait la procédure de ratification de la Charte des langues régionales. Le 15 novembre elle l’a confirmé et le 4 décembre la Commission des lois de l’Assemblée nationale a débattu des implications constitutionnelles de cette ratification. Ce processus devrait aboutir en mars, et nous pensons qu’il y a un réel intérêt à y inscrire les travaux de l’Assemblée de Corse car notre langue est selon nous constitutive du patrimoine linguistique de la France avec l’ensemble des langues régionales dévalorisées. Il n’est nullement question de mettre le doigt dans un engrenage fédéraliste et encore moins de prendre une revanche sur l’histoire pour imposer en sens inverse une minoration de la langue la plus rependue le français. En revanche il faut, augmenter le nombre de locuteurs de corse en sachant que l’usage de la langue ne se décrète pas, il faut aussi que cela corresponde à une réalité sociale et économique, à un territoire à son histoire comme à son avenir. Dans La liberté de l'esprit, Paul Valery montrait comment la « baisse de la valeur esprit » était induite par un état de l'économie politique. Le monde entier connaît une crise sans précédent et la révolution informationnelle ne cesse de s’étendre. Les bouleversements sont d’une telle ampleur qu’il n'est plus possible de parler d’art et de culture, de science et d'éducation sans en prendre la mesure. La Corse n’est ni la Catalogne ni même la l’Alsace et si la France n’est pas l’Espagne elle a néanmoins accepté l’enseignement bilingue à parité horaire de l’alsacien. Depuis longtemps nous nous sommes défaits de la référence au modèle précisément pour appréhender au mieux la réalité sans nous désintéresser de ce qui se fait ailleurs. Par conséquent, nous considérons que nous devons en premier lieu convaincre et pas contraindre celles et ceux qui ont choisi de vivre sur cette terre pour construire ensemble, quelles que soient leurs origines, un destin commun. C’est pourquoi nous nous opposons à cette approche absurde de la revanche des girondins sur les jacobins qui nous éloigne de l’objectif essentiel tendant à établir le cadre législatif nécessaire pour permettre, au-delà de ce qui est fait aujourd’hui par l’Etat, l’usage le plus large de notre langue. La place accordée à la langue dans la société est, en effet, un enjeu essentiel. Une double dimension apparaît, touchant à la sphère publique et à l'individu, lui-même au cœur de celle-ci, en tant que citoyen. La langue, instrument de communication avec les autres est en même temps, dans une certaine mesure, le révélateur de son identité souvent complexe. Ce paradoxe souligne le caractère aberrant de la logique marchande qui pousse à la standardisation linguistique et culturelle quand la prise en compte de la diversité est constitutive de richesse intellectuelle, collective et personnelle. D’où l'affirmation : « langues communes oui langue unique non », car, effectivement, le plurilinguisme est un avantage pour l'épanouissement de l'individu. Par contre, le sentiment de perte d'appartenance sociale et la frustration de ceux qui n'ont pas accès à la formation, à l'information et aux échanges, se conjuguent et trouvent dans l’expression politique de division et de stigmatisation de communautés entières, un exutoire dangereux. La précarité, l’isolement individuel conduisent au rejet et au repli face à un système qui broie les hommes, leur statut social, leurs origines. Le passé et les valeurs ancestrales deviennent, parfois à tort, de nouvelles références pour des rapports sociaux, dans certains cas non laïcs, fondés sur une conception ethnique voire communautariste. En ce sens, on ne peut prétendre qu’il soit urgent de s’attaquer à la fracture sociale, pour la réduire, et ignorer la dimension économique, la démographie, la diversité sociale et culturelle, l’histoire du territoire sur lequel elle se développe. Aujourd'hui le bilinguisme doit s'inscrire dans un projet sociétal dont la caractéristique essentielle serait l'ouverture face à ces risques terribles. Par l’affirmation, d’un bilinguisme assumé et respectueux de notre diversité comme de notre histoire, d’une co-officialité dont le champ d’application serait définie après une véritable et large concertation pour écarter toute forme de discrimination, il s’agit de poser dans la sérénité les conditions d’un processus démocratique pour préserver et promouvoir la langue corse sans dresser de murs entre celles et ceux qui parlent ou ne parlent pas le corse. En conséquence, nous rejetons l'idée de la sélection à l'embauche par la maîtrise de la langue pour « corsiser » l'emploi. Nous pensons particulièrement au respect des règles établies avec le code du travail, les statuts de la fonction publique d’état et territoriale, les statuts des agents des entreprises nationales et les conventions collectives. Dans le prolongement de la proposition de loi 2321 des députés communistes, déposée en 1984, à travers les travaux de Jean Baptiste Marcellesi, nous avons proposé en 1985, la co-officialité dans le but de sauver le corse en préservant le bilinguisme franco corse précisément parce que depuis l'édit de Viller Cotterets les langues de France ont été occultées par une politique d'uniformisation au bénéfice du français. Ainsi valorisé, l’identique est devenu facteur de dépossessions à plus forte raison quand la volonté politique signifie : « même langue et mêmes façons de penser » sur fonds de rentabilité et de productivité capitalistes. En même temps nous ne pouvons pas ignorer que le français a été la langue de la promotion sociale. C’est ce mouvement contradictoire qui fonde notre réflexion. De fait, la langue minorée est aussi celle du peuple et son usage est resté limité malgré les dispositions prises ces dernières années pour l’enseignement du Corse. La République une et indivisible, l'unité de la Nation ont souvent été les arguments développés pour justifier une politique fondée avant tout sur des enjeux économiques et des données démographiques. Or, nous voyons aujourd’hui que les exigences capitalistes d'un monde sans entrave pour la spéculation financière menacent les Etats. Ce n’est pas le cas de la diversité linguistique. Nous en avons eu l’exemple avec la ratification du traité Merkel Sarkozy qui consacre l’abandon de souveraineté budgétaire au bénéfice de la Commission non élue de l’UE. La société est donc transformée pour l'adapter à ces règles de la mondialisation capitaliste imposées à l'homme, au mépris de son propre avenir et de son environnement, en vantant les mérites d'un individualisme forcené pour mieux détruire les principes de solidarité donc du vivre mieux ensemble. Et s’il faut revenir quelques années en arrière pour convaincre de la validité de notre démarche, nous retiendrons qu’en 2008 la discussion à l’Assemblée nationale, ouverte sur la question des langues régionales et la modification de la Constitution, s’était conclue à la demande du gouvernement par le refus d'une loi offrant un cadre juridique plus fiable que la loi Deixonne de 1951. On se souviendra également du refus de Jacques Chirac de ratifier la Charte des langues régionales, pourtant signée par la France en 1999, au motif que le Conseil constitutionnel jugeait plusieurs clauses contraires à la Constitution. Sur le plan des principes, c’est intéressant de le rappeler, le Conseil constitutionnel a estimé que la Charte conférait des droits spécifiques et imprescriptibles à des groupes de locuteurs, à l’intérieur de territoires, ce qui portait atteinte aux principes constitutionnels d’indivisibilité de la République, d’égalité devant la loi et d’unicité du peuple français. Pour ce qui nous concerne nous ne pensons pas qu'un peuple existe parce que sa langue existe. C’est aussi faux que d'affirmer le contraire. Devant l'Assemblée de Corse Paul Bungelmi insistait en 1983 sur la nécessité de « prendre en compte le fonds commun à l'identité corse et la diversité et surtout admettre le caractère évolutif de l'homme en qui le nouveau et la tradition se mélangent dans un mouvement qui fait que l'identité culturelle se crée toujours au présent ». La France, précisément parce qu'elle est celle des Lumières, se doit à la fois de préserver son exception culturelle et de consacrer les moyens, humains techniques et financiers, nécessaires à une réelle promotion des langues et cultures régionales. Après la politique de suppression massive de postes dans l'Education Nationale, menée ces dernières années, il faut inverser la tendance, modifier la Constitution et adopter une loi pour donner un statut aux langues et aux cultures de France favorisant à long terme leur promotion et leur plein épanouissement. Beaucoup l’ont dit, cette revitalisation constitue un apport aux rapports sociaux et à l'essor culturel qu’il faut évaluer pour définir au mieux l'engagement de l'Etat. À défaut, l’avenir resterait incertain et à terme la part du patrimoine national que le corse, comme les autres langues de France constituent, serait définitivement perdue. Définie dans un cadre national de responsabilité publique, cette politique serait d'autant plus efficace qu'elle afficherait une ambition décentralisatrice forte donnant aux régions la capacité d'adapter les objectifs communs aux particularités de chacune d'elle. L'enjeu, c'est effectivement, à nos yeux, de fonder, dans la reconnaissance et la connaissance de l’autre, une société généreuse, solidaire conjuguant la citoyenneté, l'épanouissement de la personne et la dignité humaine. Le ciment de l’unité nationale se trouvera ainsi dans le respect des valeurs et des principes de la République.

 

Rapport sur le statut de la langue Corse

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Intervention de Viviane Biancarelli

(Intervention en commission sans vote)

Session plénière du 13/12/12.

« Nous ne considérons pas en termes d’opposition les deux langues, les deux cultures, qui nous habitent, ou plutôt qui se fondent en nous dans une culture à double appartenance :la culture française et la culture Corse ; c’est aussi cela l’identité Corse à notre époque. Quelle que soit notre appréciation, notre tendance, notre philosophie, nous ne pouvons échapper à cette réalité que pour notre part, nous acceptons comme un privilège, en n’imaginant pas qu’on puisse un jour effacer l’une ou l’autre, et nous ne considérons pas en termes d’opposition la langue française et la langue corse , menacée de disparition. Nous somme dans ce combat avec conviction, avec passion… Il nous faut prendre en compte le fond commun à l’identité corse et la diversité, et surtout admettre le caractère évolutif de l’homme en qui le nouveau et la tradition se mélangent dans un mouvement qui fait que l’identité culturelle se crée toujours au présent. » Monsieur le conseiller exécutif, chers collègues, ces mots sont ceux que notre regretté camarade Paul Bungelmi a prononcé en 1983 devant cette assemblée. Ce propos illustre la conception que nous avons du bilinguisme et de la co-officialité qu‘en précurseur, nous défendons, faut-il le rappeler, depuis les années 80. . Et si nous aimons notre langue et notre culture, notre conviction ne s’est pas moins forgée sur une base scientifique, la socio linguistique, avec notamment, les travaux de J.B. Marcellesi*, demeurant incontournables à ce jour. jean_baptiste_marcellesi.png

Notre conception de la co-officialité ne subordonne aucune langue à une autre, tant pour nous, le bilinguisme est une chance, un atout indéniable pour une société; une richesse qu’il faut sauvegarder.

C’est en respectant chacune de ses langue que la société Corse parviendra à promouvoir celle des deux qui est le plus en danger.

  • NB Jean-Baptiste Marcellesi est l'un des "pères fondateurs" de la sociolinguistique en France ; ses travaux, sa réflexion, son oeuvre internationalement reconnus, cités, commentés encore à ce jour, se sont déployés sur deux thèmes clés : l'épistémologie de la sociolinguistique (méthodes, concepts, théories, histoire) et les langues régionales, notamment la langue corse.

REGARDS_sur_la_langue_Corse.JPGVous l’avez compris, pour nous, la co-officialité et le bilinguisme ne menacent en rien l’unité de la République, les conflits qui traversent les sociétés ne sont historiquement jamais d’ordre linguistiques mais toujours politiques ou sociaux. Bien sûr, l’obtention d’un tel statut, ainsi que la ratification de la charte des langues minoritaires mais surtout son application dans ses propositions hautes conduirait à une reformulation de la culture nationale, que pour notre part non seulement nous ne craignons pas mais que nous appelons de nos vœux. J’en vœux pour preuve, les différentes propositions de lois, élaborées en ce sens par les députés communistes depuis 1949. Notre conception de la question dépasse bien entendu les frontières de notre île pour s’étendre à l’ensemble des langues et cultures de France, prenant en compte leur spécificité et leur degré de revendication en la matière. Le problème de la langue, de sa survie et/ou de son devenir, ne peut être distrait des autres problèmes, économiques, sociaux, culturels politiques qui affectent la situation actuelle de la Corse et de sa population, les travailleurs et les sans-travail, la jeunesse en premier lieu ; pour autant le combat pour la survie de la langue ne saurait être relégué à un quelconque arrière-plan des préoccupations. La ré-acquisition du bilinguisme par la société Corse est un projet ambitieux et d’une importance cruciale, nous le mesurons tous. Il suscite tant d’espoir : on ne doit pas risquer d’essuyer un rejet de la part de l’Etat, ou de la population, par ce que sa conception et son esprit, alimenteraient des craintes. C’est l’adhésion populaire qu’il nous faut obtenir pour sa réussite, allant la chercher au cœur même de la démocratie, de l’indispensable débat public, seul en mesure de susciter la prise de conscience de la nécessité impérieuse de l’apprentissage, de la connaissance, de la maitrise et donc de la pratique courante et naturelle de la langue. Alors, monsieur le conseiller exécutif, Je ferais plusieurs observations concernant le document que vous soumettez au débat aujourd’hui. La première relève de la méthode : - vous le savez, je vous en ai fait plusieurs fois la remarque, nous regrettons qu’il n’y ait pas eu un débat publique organisé en amont. - une concertation préalable, large ,ouverte à l’ensemble des acteurs de la société Corse, aurait sans doute permis de parvenir à un consensus sociétal réaliste, sans pour autant amoindrir l’ambition et la portée d’un tel projet ayant pour objectif, je le rappelle, la sauvegarde de la langue par la généralisation du bilinguisme . Vous avez choisi avec sincérité, j’en conviens, une autre méthode qui nous conduit aujourd’hui à débattre, à s’opposer, ici entre nous, et dans la société, sur des aspects du texte qui font aujourd’hui obstacle, nous en sommes convaincus, à la réussite de l’objectif visé. Ce projet de statut confond selon nous deux niveaux distincts, à savoir : le statut de la langue lui-même et les modalités de mise en œuvre de la co-officialité qui quant à elles suscitent un certain nombre de craintes, voire pour certains le rejet. Pour la clarté des débats, et l’efficacité de nos travaux il serait souhaitable selon nous, de séparer ces deux niveaux. Il serait de bonne méthode de les traiter successivement. Car en définitive, ce document traite moins de la co-officialité entre la langue corse et la langue française, que des renforcements des prérogatives de notre assemblée. En l’état, certains aspects du texte ne sont pas acceptables selon nous, notamment ceux qui touchent à l’enseignement et au statut des enseignants. Faut-il rappeler que la question du mode de nomination des enseignants , autre fois directement soumis à l’autorité du politique, a fait l’objet d’une grande bataille en France et que ce que vous nous proposez constituerait une régression et une remise en cause fondamentale du principe arraché de haute lutte par le camp progressiste sur ce point. Il en va de même pour les programmes scolaires. Bien sûr qu’il faut enseigner l’histoire et la géographie de la Corse ! Faut-il pour autant soumettre les programmes à l’approbation de notre assemblée? Quelle société voulons-nous ? Les programmes scolaires doivent-ils être soumis à l’approbation directe d’une assemblée qui peut changer de coloration politique (c’est le principe même de la démocratie) et donc orienter à son gré les contenus? Quelles garanties pouvons-nous proposer ? Si comme vous le soulignez, il y a un hiatus entre service de l’Etat et la CTC, trouvons les moyens de le dépasser en précisant et en augmentant le rôle de la CTC. Ne facilitons pas le désengagement de l’Etat, qui doit fournir les moyens de la mise en œuvre de notre politique en la matière. Votre rapport rend seul responsable la CTC, alors même que nous proposons un statut de co-officialité nous dispenserions l’État de son devoir de mobiliser les moyens en ce sens. L’essentiel de vos préconisations concerne l’enseignement, or en l’état actuel, ni la rue, ni la famille, ni l’école, prises isolément ne sont en mesure, loin s’en faut, d’assumer une telle charge. De plus il nous semble important de rester vigilant une certaine décentralisassions néolibérale et bureaucratique, vise à accélérer le transfère des charges sur les collectivités locales et les familles. Aujourd’hui s’impose le recours à une multiplicité de démarches et de moyens divers dont il convient d’assurer la convergence, les interrelations et interactions indispensables. La question de la langue, de la culture Corse est mieux ressentie dans les milieux où la culture en général revêt un caractère d’importance. La conscience de l’importance de l’apprentissage et de la pratique courante de notre langue, recule parce que l’importance de la culture en général recule dans les valeurs de la société et c’est aussi contre cela qu’il faut lutter. Les progrès de la co-officialité dépendent des progrès de l’alphabétisation dans son ensemble.

Le statut que vous proposez n’aborde pas la question des moyens financiers nécessaires à la mise en œuvre des mesures que vous préconisez. Il s’agit là encore, sans aucun doute, d’un effet du décalage de niveaux dont je parlais au début de mon propos. La question des moyens est une question d’importance, car tout projet aussi pertinent soit-il, est inefficace si les moyens nécessaires à sa mise en œuvre sont insuffisants. Et pour exemple, prenons la charte de la langue corse que toutes les communes de Corse n’ont pas signé car le coût il de leur mise en œuvre leur revient, dans un contexte économique où la mode est plus à l’économie, voire à l’austérité, qu’à la dépense. Pour finir, nous souhaitons qu’un accord soit possible sur ce qui pour nous sont les points essentiels du statut de la langue. A savoir, la place du corse dans les médiats dans la société civile, dans les services publics, et bien entendu sa place et son rôle dans l’enseignement, sur lesquels nous sommes prêts à avancer pour que la co-officialité soit effective Si nous sommes d’accord ici sur ces points, nous serons en mesure de formuler une synthèse la plus large possible, rendant notre démarche crédible au regard de l’Etat. Si nous y parvenons, il serait dommage d’échouer en raison de divergences portant sur des aspects dont le caractère indispensable n’a pas été démontré, pour la réussite de la mise en œuvre de la co-officialité, pour atteindre le bilinguisme. Nos travaux doivent donc se poursuivre pour que nous trouvions ensemble mais aussi avec l’ensemble des composantes de la société, qu’il faut gagner à cette cause, un chemin praticable vers le bilinguisme.

 

Groupe des élu(e)s communistes et citoyens du Front de gauche

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Communication à Madame le Garde des Sceaux et à Monsieur le Ministre de l’Intérieur

La Corse connait une situation des plus préoccupantes caractérisée par une double urgence à propos de laquelle l’intervention de l’Etat est indispensable à la fois pour stopper le dérive affairiste et mafieuse et pour soutenir la CTC dans une politique sociale de relance économique par la création d’emplois stables, la lutte contre la cherté de la vie, la construction de logements sociaux. La presse samedi rappelait que plus de 100 assassinats ont été commis en Corse depuis 2005. Les causes sont identifiées. La plupart des assassins ne le sont pas. Nous savons qu’il faut de la détermination, du discernement pour agir en conséquence contre cette infime minorité d’individus qui tentent de s’accaparer le territoire, son économie et de corrompre son administration. Il est insupportable qu’ils puissent, comme ils le font, tuer qui ils veulent, ou ils veulent et quand ils veulent et s’enrichir ainsi. Une société qui vit à ce rythme est condamnée. Le président de l’Assemblée de Corse en a appelé à l’intervention de l’Etat dans l’exercice de ses compétences régaliennes parce que la Corse seule ne peut faire face à un tel phénomène destructeur et rejeté par l’immense majorité des Corses qui aspirent à vivre sereinement et dignement. Monsieur le ministre, il faut démanteler ces bandes armées, interpeller les individus qui mettent ainsi la Corse en coupes réglées. Ces dix dernières années le modèle libéral low cost, fondé sur l’économie résidentielle et la dé-sanctuarisation, a stimulé leurs ambitions dans l’immobilier notamment. Les trafics vous l’avez souligné ont été florissants pour la drogue, les jeux et la main d’œuvre à bas coût… Il faut s’extraire des faux débats et des clichés. Vous avez cité une profession celle des notaires. Soit vous en dites trop, soit vous n’en dites pas assez si vous disposez d’information et si certains notaires sont effectivement indélicats il faut être précis sans bafouer la présomption d’innocence. Il appartient à la justice et à la police de mener les enquêtes. Ainsi l’impérative nécessité d’élucider les affaires criminelles va de pair avec la confiscation des biens illégalement acquis. Le gouvernement a renforcé les moyens pour cela, nous nous en félicitons, il doit également veiller à la coordination et à la cohésion des services pour gagner en efficacité. La circulaire pénale doit le permettre. Pour ce qui nous concerne, nous faisons la différence entre le témoignage et la délation parce que nous ne tirons pas un trait d’égalité entre le braqueur et le braqué, entre l’assassin et l’assassiné. Nous nous mettons du côté de la victime. Le témoin n’est pas le repenti. Il agit par civisme sans être payé mais la subornation existe et il faut l’empêcher. La pression exercée par les criminels est très forte. Les actes commis relèvent de la barbarie. Dans ces conditions plus encore il faut rétablir les repères, c’est ce à quoi s’emploi le président de l’Assemblée de Corse à travers la commission violence. Il privilégie la culture intellectuelle non le culte des armes, la justice, non la vengeance, le vivre ensemble, non le relationnel formel, le respect de la vie humaine et les règles élémentaires d’un fonctionnement normal de la société. La Corse à besoin de transparence et de démocratie. En Corse comme dans tout le pays les collectivités publiques font l’essentiel de l’investissement sauf qu’ici l’abus de position dominante est facilitée à la fois par le petit nombre d’entreprises susceptibles de répondre aux appels d’offres et par la difficulté de candidater pour les entreprises extérieures. Là-dessus s’ajoute une proximité problématique entre le monde économique et politique qui nécessite des mesures spécifiques empêchant ce type de cumul a fortiori sur un territoire de si petite taille. Pour ce qui est du sport la loi, permettant l’introduction en bourse des clubs de foot en 2005, a structuré le championnat en distinguant ceux qui peuvent prétendre aux premiers rôles en Europe et les autres qui deviennent des faire-valoir en imposant les mêmes critères de gestion à tous. L’élite peut se vendre aux fonds d’investissements aux origines indéterminées.

Les clubs qui font le milieu et le bas de classement doivent se débattre pour boucler leur budget en comptant sur les subventions publiques. On peut s’interroger sur certains transferts mais au-delà de tel ou tel cas qui interpelle et justifie une clarification, il faut réguler ce milieu où le joueur est plus une marchandise qu’un être humain. Monsieur le ministre depuis que le gouvernement a présenté ses dix mesures pour rétablir l’Etat de droit et combattre les dérives affairiste et mafieuse, des rapports, des écrits des déclarations, consécutifs au lâche assassinat du préfet Erignac ont refait surface. Les rapports parlementaires Glavany, pour l’Assemblée nationale, Courtois pour le Sénat, le rapport Legras pour la justice, tous fournissent des éléments sur lesquels l’Etat peut orienter son action et fonder les positions du gouvernement en effaçant les stigmates de l’affligeant épisode des paillotes incendiées par les hommes du préfet Bonnet. Montrer une perspective tel est l’enjeu pour ancrer la Corse avec ses spécificités dans la République et l’assurer à travers l’application des principes républicains de la solidarité nationale qui le permettent. L’action des élus, l’intervention citoyenne et démocratique indispensables au sursaut civique se développeront d’autant mieux. La Corse a besoin d’une politique de rupture avec celle de la droite qui a contribué à aiguiser les appétits sur les portions de territoire les plus lucratives. Dans le cadre de l’élaboration du PADDUC nous défendons l’application de la loi littoral, nous nous sommes mobilisés pour mettre en place une Agence de l’urbanisme et un EPF. Le gouvernement doit accompagner ces efforts de reconquête de la maîtrise du foncier comme dans ses efforts de construction de logements sociaux. Dans le même temps la convoitise de l’argent public dans de nombreux domaines a été encouragée par l’accélération libérale de la libre concurrence. La continuité territoriale, mise en cause dans ses fondements, en fournit l’exemple le plus significatif. La Mission sénatoriale Revet, la Chambre régionale des comptes et maintenant l’Inspection générale des finances l’ont démontré. Le gouvernement ne peut l’ignorer. Le gel de l’enveloppe de continuité territoriale impacte lourdement le budget de l’OTC confronté avec les compagnies délégataires de service public à la hausse du coût du pétrole. Ces compagnies, dont l’Etat est encore actionnaire, pour deux d’entre elles sont en difficultés et celles-ci sont répercutées sur les usagers et les salariés. Les tarifs sont trop élevés et les plans sociaux se multiplient. Air France a licencié 45 jeunes en février dernier sur les escales de la Corse. A la SNCM 900 postes ont été supprimés ces dix dernières années. Ça suffit ! Nous demandons au gouvernement la réindexation de l’enveloppe de continuité territoriale, la réintégration des 45 indignés d’Air France et l’adoption de loi imposant le pavillon français premier registre pour le cabotage maritime. La Corse importe dix fois plus qu’elle n’exporte et au bénéfice d’une loi scellier particulièrement stimulante enregistre un boom immobilier qui fait craindre à présent un effondrement d’autant plus désastreux que des centaines de foyers attendent désespérément un logement social. A cela s’ajoute la cherté de la vie, une augmentation sans précédent du chômage en particulier des jeunes, une grande précarité relative à l’économie saisonnière et liée exclusivement à l’activité touristique, un pouvoir d’achat des ménages populaires d’autant plus écrasé que les salaires sont bas. Nous préconisons l’adoption d’une loi pour mettre fin au scandale de la vie chère, des mesures fiscales antispéculatives pesant sur les gros patrimoines, un soutien à la création d’emplois stables et rémunérateurs. Monsieur le ministre, répondre aux aspirations de celles et ceux qui aujourd’hui sont le plus en difficulté est une priorité. 22 % des ménages insulaires vivent sous le seuil de pauvreté, plus de 60 000 personnes, alors que part ailleurs une infime minorité a pu dans cette situation s’enrichir considérablement. Il suffit de regarder l’écart de revenu de plus de sept points entre les plus riches et les plus pauvres. La grande pauvreté côtoie ainsi la richesse insolente. Réduire la fracture sociale et territoriale, créer de l’emploi productif, promouvoir le service public, c’est aussi prendre le chemin inverse de la désertification des territoires, de la RGPP qui a supprimé en Corse plus de mille postes, de la réduction des dotations aux collectivités locales. En plus des 10 mesures de lutte contre le crime organisé, le gouvernement doit sans tarder en prendre de nouvelles pour l’emploi, l’Education, la culture, le logement, la santé, l’agriculture… et contribuer ainsi à faire grandir la nécessaire alternative politique et démocratique à la violence sous toutes ses formes et au libéralisme.

Michel STEFANI le 26 novembre 2012

 

Interview de Dominique BUCCHINI à ACTU KURDE

Bucchini_2.JPGDans une interview accordée à l’ActuKurde,http://www.actukurde.fr/actualites/... ]M. Bucchini exprime sa solidarité avec les kurdes, justifie le statut de co-officialité de la langue corse, revient sur le modèle de l’Etat-nation français, expose les racines de la violence actuelle en Corse et propose des solutions.

SOLIDARITÉ AVEC LES KURDES

MAXIME AZADI : Alors que les gouvernements des pays européens gardent le silence face à la répression contre les kurdes, vous avez accueilli le 23 octobre une délégation kurde à l’Assemblée de Corse, que signifie cet accueil?

DOMINIQUE BUCCHINI : Parce que, je veux dire, il y a une association en Corse qui défend les kurdes (Amitiés Corse Kurdistan) que je connais bien, qui est souvent venue me voir et je partage les objectifs de l’association et j’en profite pour donner mes amitiés au peuple kurde. Celui qui se bat fort démocratiquement, il a raison, pour parler sa langue, pour vivre, parce qu’il représente 20 millions d’habitants à l’intérieur de la Turquie.

Peut-on espérer une coopération plus active entre les kurdes et les corses ?

-On peut réfléchir si, demain, on peut établir des éléments de coopération entre le peuple kurde et le peuple corse. Cela dit, à ce niveau-là, il faut regarder ce que sont les positions des gouvernements d’Europe et du gouvernement de la France.

Peut-on également parler d’une lutte commune par rapport aux revendications comme l’enseignement dans la langue maternelle et plus d’autonomie ?

-En Corse nous avons plus de compétences que les autres régions françaises, ce qui signifie déjà dans les faits, un peu plus d’autonomie dans le cadre de la république française.

Cela se justifie que, étant une île, et ayant des problèmes spécifiques liés à notre position géographique, nous avons besoin d’adapter les lois françaises à notre situation. Depuis 1980, dans le cadre de la République française, nous avons obtenu démocratiquement trois statuts particuliers qui font de la région corse la région la plus décentralisée de France.

Deuxièmement, au niveau de la langue, l’Assemblée de Corse a voté, il y a de cela un an, un statut de co-officialité de la langue corse. C’est-à-dire, non pas le corse par opposition aux français et non pas le français par opposition aux corses, mais les deux langues ensemble d’une manière conjointe et solidaire.

CO-OFFICIALITE DE LA LANGUE CORSE

''Pouvez –vous développer sur la co-officialité de la langue corse ? '' -Historiquement, particulièrement dans les années 1920 et au début des années 1930 (sous l'influence notamment des bretons communistes de Paris tels que Marcel Cachin, le directeur de L'Humanité,) puis dans l'après-guerre, le PCF a sympathisé avec les revendications culturelles des régions françaises en dénonçant le centralisme de l'Etat et la domination de la langue et de la culture parisienne sur les langues et cultures du peuple. Il ne s'agit pas pour nous d'aborder ce problème en termes politiques. Très nombreux sont ceux qui admettent qu'il faut promouvoir la langue corse quelle que soit leur position politique. La co-officialité signifie l’usage simultané des deux langues (le français et le corse). L’usage du corse se fait non pas en opposition avec la langue de la République mais en complémentarité avec elle. Le pluri-linguisme est perçu comme une richesse et non évidemment comme une fermeture. L'enseignement bilingue ne représente nullement une menace pour l'unité de la République.

LA FRANCE A PEUR DE LA DÉCENTRALISATION

Le modèle de l’État-nation français répond-il vraiment aux revendications des autres cultures et peuples du pays ?

-Il y a un débat par rapport à ça, de nature différente, parce que l’histoire de notre peuple est différente que chez vous (Kurdistan). La France est par tradition un Etat très centralisé et qui a toujours eu un peu peur de la décentralisation. Mais ce que vous appelez les autres « peuples » du pays n’ont pas les mêmes revendications identitaires que la Corse. La France est un vieux pays qui a assimilé depuis longtemps les différents peuples qui l’ont composée. Et c’est pourquoi le modèle de l’Etat Nation est celui qui correspond à la nature de la France, même si je crois qu’une décentralisation est utile pour laisser aux régions le pouvoir de respirer un peu mieux.

Si je comprends bien, vous ne contentez pas de contexte actuel de la décentralisation et vous demandez plus d’autonomie…

-On peut demander plus. Mais le problème n’est pas de demander plus. Lorsqu’on vit dans des régions pauvres, et c’est le cas de la Corse, l’important est de savoir quels sont les moyens financiers que l’Etat central peut nous donner au nom de la solidarité.

A l’inverse de votre histoire (celle des kurdes), notre histoire en France vient de 1789, de la révolution française. Et le peuple de France a inventé des concepts, donc des mots qui sont « liberté, égalité, fraternité ». Il faut donc, au niveau de l’égalité sur l’ensemble du territoire national, la solidarité pour que la région puisse se développer. Parce qu’autrement, les régions qui sont riches vont peut-être pouvoir se développer et les régions qui sont pauvres, où est-ce qu’elles vont prendre de l’argent ? Donc, il faut faire attention de ne pas jouer sur des mots mais, de bien savoir quels contenus politiques y-a-il derrière les mots, en particulier pour les gens de condition modeste.

JE SUIS AVANT TOUT UN MILITANT PRÉSIDENT

Le modèle corse pourrait-il être envisageable pour les kurdes ?

-A un certain moment. Moi, j’ai enseigné en Afrique noire. Et il y avait un président de la République, dont le pays s’appelle le Sénégal, qui était quelqu’un qui avait fait de brillantes études en France. Et par rapport à la culture nègre, au bon sens du terme, et à ce que faisaient l’Europe et la France, il disait qu’il était nécessaire d’aller au rendez-vous de donner et de recevoir pour aller vers la civilisation universelle. Il faut donc aujourd’hui s’ouvrir au monde, respecter les cultures, les épanouir pour ne pas être passéiste. Sur ces bases-là, on peut discuter avec des gens du Moyen-Orient ou des peuples, comme des peuples africains, comme des peuples d’Amérique du Sud, c’est la foi que j’ai en tant que militant, parce que je suis président mais je suis avant tout un militant président.

Où en est-on avec les aspirations indépendantistes?

-Je suis profondément corse et français, non pas l’un ou l’autre et je ne suis pas pour l’indépendance de la Corse.

Il y a une force indépendantiste qui a des élus à l’Assemblée de Corse, avec elle nous discutons, avec elle nous approuvons souvent des délibérations communes.

Mais à partir du moment où il y a, « qu’il faut se séparer de la France », ça c’est une ligne jaune et une barrière infranchissable.

QUELLE SOLUTION POUR LA CORSE

Quelle solution politique et sociale préconisez-vous pour la Corse ?

-Elle a un autre type de développement économique, parce que jusqu'à il y a deux ans ceux qui dirigeaient l’Assemblée de Corse pensaient que le tourisme allait développer la Corse. Il n’y a aucun pays au monde qui peut se développer sur mono-activité, une seule activité saisonnière, on a besoin donc de tourisme, on a besoin de dévalement d’une agriculture, on a besoin de recherche, on a besoins d’une industrie technologique qui rente, on a besoin de revitaliser l’intérieur de la Corse pour pouvoir vivre à peu près normalement en Corse. Et dans une Corse de paix, il n’y aura plus de meurtres.

L’ARGENT SALE

D’où vient la violence en Corse ?

-La violence en Corse est un sujet sérieux qu’on ne peut pas évacuer en quelques mots. Pour ce qui est de la violence actuelle et récente, elle semble liée à la lutte que se livrent des bandes pour contrôler ce qui fait la beauté de la Corse : ses côtes. Les rivages corses sont convoités par les spéculateurs immobiliers qui voudraient en faire une côte bétonnée accueillant un maximum de touristes ; ils donnent naissance à des affaires et à la violence à laquelle l’assemblée territoriale de Corse est déterminée à s’attaquer. Nous assistons depuis quelques années à un tarissement de la violence politique clandestine et à une activité débordante du milieu corse maniant de l’argent sale qui veut s’installer en bord de mer, faire beaucoup de fric, en faisant parfois pression d’une manière éhontée et parfois violente sur des élus locaux qui doivent faire élaborer des documents d’urbanisme.

LES RACINES DE LA VIOLENCE

Comment résoudre ce problème ?

-L’assemblée de Corse, depuis que la gauche y est majoritaire, a créé une commission de la violence dont le premier rapport a été voté à l’unanimité. Il contient trois éléments importants. Tout d’abord, la violence étant multiforme et complexe, il faut créer un observatoire pour pouvoir bien appréhender son évolution et mieux cibler les voies et les moyens d’en sortir sur le long terme. Ensuite, la violence actuelle vient de la spéculation immobilière: il n’y a plus un Corse qui puisse s’acheter 1.500m² et construire une villa, c’est réservé à des gens qui ont de l’argent. Il y a en même temps des flux financiers importants parce qu’il y a recyclage d’argent sale. Enfin, il est bien nécessaire d’examiner la problématique de la précarité et des inégalités sociales. Il est évident que la violence plonge ses racines dans la délinquance naissante, car bon nombre de jeunes gens ne trouvent pas de boulot ou de logement. Au final, il faut créer les conditions d’un sursaut collectif et montrer notre mécontentement d’être la région la plus criminogène d’Europe et notre désir vivre chez nous dans la paix et la démocratie.

Mais il faut en même temps une action forte de la part des pouvoirs publics. Le Premier ministre dit entre autres qu’il faut réactiver le pôle financier de Bastia, mais c’était déjà une préconisation qui remonte au lendemain du meurtre du préfet Erignac en 1998. Malheureusement ce pôle financier n’a pas produit grand-chose. Mais si demain M.Ayrault nous annonce que des fonctionnaires qualifiés et spécialistes des délits financiers vont venir travailler là-dessus, on ne peut que l’accepter. Malheureusement, ce genre d’exercice aurait dû se faire il y a longtemps, car cela aurait évité la situation dramatique dans laquelle nous vivons.

SEUL LE TOURISME NE PEUT PAS DÉVELOPPER LA CORSE

Et si demain ce pôle financier se remet en route, peut-être saurons-nous s’il y a une internationalisation de l’argent sale. L’opinion demande à savoir ce qui se passe en Corse. Ce n’est pas le tourisme seul qui va développer la Corse. Si on arrive à montrer qu’il y a d’autres manières de développer la Corse en créant des emplois, par l’agriculture, l’agro-alimentaire, les énergies renouvelables, les nouvelles technologies, nous pouvons redonner espoir au peuple corse qui a envie de vivre et travailler au pays, de gagner sa vie décemment, de se loger. C’est un long chemin parsemé d’embûches, mais c’est l’objectif de la majorité de gauche qui gouverne l’assemblée de Corse.

Propos recueillis par Maxime Azadi

 

AJACCIO - problématique des eaux pluviales

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Paul Antoine Luciani, premier adjoint au maire d’Ajaccio - Entretien réalisé par Ghjilormu Padovani (Corse matin)

1. Lors du dernier conseil municipal, le maire a regretté « l'absence de réseau d'eaux pluviales ». Pourquoi une telle situation ?

Ces réseaux ne sont pas inexistants, ils sont notoirement insuffisants ; ils ne permettent pas de réguler, de recueillir et d’évacuer rapidement tout le ruissellement urbain, surtout en cas de fortes pluies. Cette vulnérabilité de la capitale régionale à l’égard des inondations est connue depuis très longtemps ; elle a été aggravée par le développement de la construction qui entraîne une plus grande imperméabilisation des sols et, par conséquent, un débit plus abondant et plus rapide des écoulements. Ces phénomènes sont désormais bien appréhendés par les pouvoirs publics grâce aux études diligentées, depuis la fin des années 80, par les services de l’Etat ; et par la ville elle-même qui a conduit ses propres études, notamment sur l’événement pluvieux de mai 2008. Nous disposons désormais d’une connaissance approfondie, scientifiquement fondée, de la situation de notre territoire, des solutions à mettre en œuvre et de leur coût. Il y a deux volets étroitement liés dans notre politique : un aspect règlementaire qui encadre le droit à construire en instituant, sur les secteurs exposés, trois types de zones de prévention (précaution, préconisations, interdiction) et qui impose d’intégrer dans nos documents d’urbanisme les deux Plans de prévention des risques d’inondation qui couvrent de larges périmètres du territoire communal ; un volet grands travaux qui coûte cher et qui sera long à mettre en œuvre, mais dont on peut constater les premiers résultats, très encourageants.

2. Dans certains quartiers, les Ajacciens ont les pieds dans l'eau à la moindre averse. Les plus anciens assurent qu'ils ont toujours connu cette situation. Est-ce une fatalité ?

Il n’y a aucune fatalité ; il y a des réalités climatiques, météorologiques, humaines… et budgétaires ! Vous observerez que, dans certains quartiers justement, on a désormais les pieds au sec grâce aux travaux réalisés. Devant le rectorat, il y avait quarante centimètres d’eau à l’occasion de certaines précipitations. Ce sont les interventions de l’opposition des années 90 qui ont amené la municipalité de l’époque à prendre certaines décisions. Nous n’avons jamais cantonné notre rôle à déplorer ce qui n’allait pas ; nous faisions des propositions qui étaient suivies de votes positifs ! Je puis affirmer que nous avons contribué efficacement à engager, notamment avec Charles Ornano, une première phase, limitée mais utile, de lutte contre les inondations

3. Pourquoi la partie basse du cours Napoléon est souvent inondée malgré les travaux coûteux effectués pour l'exutoire Sainte-Lucie ?

L’exutoire Sainte Lucie a coûté 3,5 millions d’euros ; la rénovation du quartier du Tribunal a coûté, elle, trois millions, dont 600 000 euros pour les eaux pluviales. Mais il s’agit, uniquement, de la partie aval (et publique) du bassin versant des Jardins de l’Empereur ; tout le réseau amont de récupération des écoulements reste à rénover, voire à créer. Le dispositif mis en place n’aura sa pleine efficacité que lorsqu’il pourra recueillir toutes les eaux qui dévalent depuis l’amont, (coût des ouvrages à réaliser : dix millions d’euros…) car, en l’état actuel des choses, il n’en récupère qu’une partie. Ce qui a été réalisé était donc absolument nécessaire et urgent, mais ce n’est pas suffisant pour régler le problème ; d’autant qu’il faudra aussi rénover les parties privatives des réseaux qui sont à la charge des propriétaires. Pour fixer les idées, les dépenses consenties pour la prévention des inondations s’élèvent actuellement à près de huit millions d’euros (Sainte Lucie, Tribunal, bassins de Budiccioni, d’ A Madunuccia, d’Alzu di Leva) et le programme hydraulique du projet ANRU n’a pas encore atteint sa vitesse de croisière…

4. Les bassins de rétention de la Madunuccia, de Bodiccioni et d'Alzu di Leva sont des réalisations remarquables qui ont fait leurs preuves. Un quatrième est prévu aux Moulins blancs mais le projet connaît des difficultés, pourquoi ?

Les bassins de rétention sont destinés à protéger les habitants, leurs biens, leurs quartiers. Ils sont aussi des espaces verts de grande qualité qui améliorent le cadre de vie. Pour les aménager, la ville doit maîtriser le foncier. Il y a plusieurs moyens, pour elle, d’en disposer : par transaction amiable, à l’euro symbolique avec ses partenaires publics ou sociétés d’HLM, à titre onéreux avec des propriétaires privés ; elle peut, en cas de transaction entre particuliers, exercer son droit de préemption urbain ; elle peut aussi exproprier pour cause d’utilité publique. Nous avons eu à utiliser ces trois moyens. La procédure amiable est souvent la plus rapide. L’expropriation, elle, peut durer des années… Dans le cas du grand bassin de 40 000 m3 prévu aux Padule, les acquisitions sont en cours de négociation et, sur une parcelle, nous avons essuyé un vote défavorable d’une copropriété. Nous allons poursuivre nos efforts de conviction auprès des vendeurs potentiels et, au besoin, nous demanderons au préfet, après enquête publique, de déclarer cette acquisition d’utilité publique…

5. Combien de temps selon faudra-t-il à la ville d'Ajaccio pour régler ses problèmes d'eaux pluviales ?

Nous avons pris à bras le corps toute la problématique des risques, en particulier le risque d’inondation ; et nous avons engagé une politique ambitieuse d’équipement. Cela commence à se voir : Ajaccio est déjà un peu mieux protégée. Mais personne ne pourrait se satisfaire de ces premiers succès. Il faut inscrire cette politique dans le temps long : Soixante millions d’euros sur dix ans, tel est, globalement, le niveau des efforts à consentir pour achever la besogne. Nous nous y employons très activement, nos successeurs devront en faire autant !

6. L'opposition ne manque jamais une occasion de vous rappeler les lacunes de la ville en matière d'eaux pluviales. Que répondez-vous ?

Tous les projets relatifs aux réseaux et aux bassins de rétention sont toujours votés à l’unanimité par le conseil municipal. Personne, par conséquent, ne conteste ni la nécessité de notre politique de prévention, ni l’importance des efforts budgétaires consentis, ni les progrès considérables accomplis par notre majorité. La mauvaise foi que l’on peut relever ici ou là n’a guère d’importance au regard de ces réalités.

Ajaccio le 7 novembre 2012

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Marie Jeanne FEDI

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PÔLE EXCELLENCE TIC

Ce rapport a une qualité essentielle : il permet de mieux percevoir et de comprendre une stratégie de développement économique dont la Corse a un besoin impérieux, celle du développement de l’économie numérique. Ceci est une urgence politique. Ceci est une condition pour redynamiser la croissance en Corse. Le pôle d’excellence favorise le développement d’une filière et c’est une bonne chose. Cela va dans le bon sens, même s’il nous paraît que ce rapport aurait pu être présenté il y a déjà au moins 10 ans, lorsque ces technologies numériques se développaient et s’affinaient. L’idée du pôle d’excellence doit être soutenue, mais elle suppose comme il est dit dans ce rapport que soient mises en place les bases d’une « grappe » d’entreprises susceptibles de former un ensemble cohérent, solidaire et dynamique pour développer une activité de pointe et de haute technologie dans des domaines variés :

  • cela signifie d’abord de créer et d’organiser un lieu ou un espace qui serait le centre nerveux et géographique de cette activité. Vous voyez déjà les problématiques soulevées par cet impératif économique. Pour la création de nouvelles entreprises, cela ne devrait pas poser de problèmes, mais pour les sociétés préexistantes à ce pôle, comment les regrouper ou les faire travailler ensemble ? Il est expliqué dans le rapport que la sous-taille critique de ces entreprises est un frein au développement de la filière.
  • Il est fait par ailleurs un état des lieux de ce qui existe en Corse en matière de TIC et on voit bien qu’il ne faut pas se contenter de structurer la filière ou de conforter des secteurs existants, mais il faut aussi stimuler l’émergence d’entreprises innovantes : je pense par exemple aux communications numériques, optique et radio ; au traitement de l’information et du signal ; à la réalité virtuelle ; aux sciences du vivant ; aux sciences et aux technologies marines. Il ne faut pas simplement chercher à rattraper le retard que la Corse a pris dans le domaine des TIC, mais aussi se tourner vers l’avenir.

A ce propos, pourquoi ne pas lancer l’idée d’un Centre des Sciences de la mer, un parc des sciences et des technologies marines, à l’exemple de ce qui s’est fait à Brest ? La Corse ne serait pas la plus mal placée pour accueillir ce type de filière.

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Viviane BIANCARELLI

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MODIFICATION DE LA STRUCTURE PEDAGOGIQUE GENERALE DES ETABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT DU SECOND DEGRE : MESURES COMPLEMENTAIRES DE RENTREE SCOLAIRE 2012-2013 / MESURES DE RENTREE SCOLAIRE 2013-2014

- Accent mis sur les besoins du tissu économique, la sécurisation des parcours, l’optimisation de l’information et de l’orientation sur l’ensemble du territoire.

- Prise en compte particulière du développement du bilinguisme (ouverture d’une classe de 6ème bilingue au collège de Saint Florent, …) et du sport scolaire (création de deux nouvelles sections sportives au collège de Luri et au collège Clémenceau de Sartène).

- Propositions élaborées dans le cadre d’une concertation élargie avec les services académiques et les directions des établissements avec, par exemple l'ouverture de la Terminale Bac Pro « Gestion des Entreprises Equestres » au lycée agricole de Sartène à la rentrée 2013 qui constitue la suite (et fin) logique de transformation du BEPA Activités Hippiques en Bac Pro (Réforme de la Voie Professionnelle).

Cependant, concernant le lycée agricole de Sartène et plus particulièrement la formation hippique, nous tenons à souligner les contraintes structurelles de la conduite de cette formation.

En effet, faute d’infrastructures pédagogiques sur le site, la conduite de cet enseignement n'est possible qu'en faisant appel à un prestataire extérieur, ce qui représente une charge financière importante pour l’établissement. En effet le coût de cette prestation, qui n'est pas intégré dans le calcul de la dotation de fonctionnement, grève le budget de l’établissement à hauteur de 12 000 € par an. Il serait juste qu'à compter de la rentrée 2013, ce coût soit intégré et rajouté à la dotation de fonctionnement 2014 du LEGTA de Sartène.

Par ailleurs, nous ne partageons pas la satisfaction exprimée dans le rapport, concernant le bac pro en trois ans.Bien au contraire, les enseignants font part de difficultés scolaires considérables dues à la suppression d’une année d’enseignement Ce fait est national, et se retrouve pleinement en Corse.

De même, le décrochage scolaire , nécessite une attention particulière et en tout premier lieu la formation initiale et continue des enseignants sur les difficultés des enfants et des adolescents. Les mesures dites de suivi ou de soutien individuelles devraient bien correspondre à cet objectif. Or il semble qu’actuellement ces actions s’effectuent en lycée sans objectif particulier et la plus part du temps en classe entière.

Les sections sportives scolaires, à partir de la rentrée 2013, n'auront plus le nombre d'heures fléchées dans la dotation accordée à l'établissement. Jusqu'à présent le nombre d'heures était connu et les enseignants avaient les heures nécessaires d'une année sur l'autre pour leurs sections sportives.

Concernant maintenant, les Sections Sportives Scolaires de handball de Sartène et de Judo à LURI le rapport ne mentionne pas le niveau 6ème.

Or nous savons que Le SNEP, syndicat enseignant, vient d’obtenir de l'IA IPR EPS de Corse la possibilité d'inclure ce niveau de classe pour ces sections comme le prévoient les textes.



Suite cette obtention, la réponse du Recteur à été de supprimer les moyens, et de n'accorder que 3 heures à toutes les sections sauf les 2 sections voile d'Ajaccio et la section montagne de Corte auxquelles il donne 6 heures (ce qui reste insuffisant pour la section voile du collège Laetitia qui nécessite 9 heures pour fonctionner).

Les textes précisent que le temps de pratique ne sera pas inférieur à 3 heures pour un élève sans préciser qui devra les donner.

Le bilan est donc de - 21 heures entre les heures demandées par l'ensemble des 15 sections et celles accordées par le rectorat à la rentrée 2013.

La plupart des sections du continent fonctionnent avec des moyens donnés par le monde fédéral mais chez nous les clubs ou les ligues ne peuvent pas assurer, ni des heures, ni donner des créneaux d'utilisation d'installations sportives.

Le résultat est que 95% des sections ne peuvent plus fonctionner avec ces horaires. Le complément devra être trouvé par les chefs d'établissements dans leur dotation.

si ce n'est pas possible, la le rectorat attribuera les heures si il a suffisamment de moyens.

il semble par ailleurs que le recteur n’ai a pas garanti, qu'au final, il n'y aurait pas de problème de moyens.

En clair : la pérennité des sections sportives est soumise à la volonté de chaque chef d'EPLE,

il y a 15 sections, cela fait donc 15 cas particuliers à traiter et dans l'incertitude, chaque année, sur leur pérennité.

vu les pressions que subissent les chefs d'EPLE lors de la répartition de la DHG, avec les dédoublements de classes et autres, on peut supposer que les 1ères à subir les baisses moyens seront certainement les sections sportives scolaires.

la pérennité de ses sections est bien remise en cause et nous demandons d'y remédier dans le cadre du partenariat possible, sur cette question, avec les établissements scolaires.

Enfin nous souhaiterions attirer l'attention sur une carence forte du système scolaire à l'égard des jeunes lycéens sportifs. Ils sont assez nombreux à pratiquer leur sport dans des championnats nationaux, ce qui les amène - au delà des entrainements quasi quotidiens - à se déplacer les WE sur le continent. Pour ces jeunes, des classes dites de sportifs peuvent exister (lycée Laetitia par exemple pour les jeunes joueurs de l'ACA).

La seule mesure consiste à essayer de ne pas leur imposer des heures de cours après 17 heures afin qu'ils puissent se rendre aux stades pour les entraînements. Rien d'autre malgré des emplois du temps qui ne leur laissent pas beaucoup de disponibilité. De fait, ces jeunes ne peuvent pas mener de front des études secondaires complètes et leur passion sportive.

Plus particulièrement je m’attarderai sur la situation de Luri et de ses équipements sportifs : il n’y a plus de salle de sport depuis un an suite à l’incendie des équipements l’année dernière, il est bien prévu un plateau sportif et le doublement de sa surface , mais en raison de l’impraticabilité l’équipement plein air actuel régulièrement inondé et exposé à tout les vent, et la carence en équipement sportif du CAP CORSE, nous demandons que soit prévu un véritable complexe sportif pouvant répondre aux besoins des différentes disciplines pratiquées dans la région.

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Josette RISTERUCCI

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PROJET REGIONAL DE SANTE 2012 -,2016

L’examen de ce Projet Régional de Santé, qui est comme vous l’avez dit, un document complexe et particulièrement difficile à étudier dans les délais impartis par la loi, c’est-à-dire 2 mois, doit cependant nous permettre de bien ancrer notre volonté politique de ne plus être que consultatifs dans ce domaine. Donc ce PRS nous donne l’occasion d’impulser une autre dynamique pour la santé en Corse.

Le hasard du calendrier fait que nous l’examinons en même temps qu’ont lieu les débats sur le PLFSS (projet de loi de financement de la sécurité sociale) pour 2013. Comme vous le savez, notre groupe a voté contre ce PLFSS à regret, nous l’avons jugé insuffisant et n’engageant pas de réforme de fond sur le financement de la protection sociale, il ne remet pas en cause les franchises médicales, les déremboursements, la fiscalisation des indemnités des accidentés du travail et du jour de carence dans la fonction publique (dont les conséquences sur l’absentéisme seront plus graves et ne permettront pas de faire les économies escomptées sur le dos des salariés). Il s’agit de mesures introduites, je le rappelle par un gouvernement de droite que nous avons combattues. À cela se rajoute, le faux accord signé par les médecins libéraux sur les dépassements d’honoraires, dont les usagers eux-mêmes ont dénoncé l’application au regard de l’importance du reste à charge pour le patient. Nous souhaitions l’adoption de recettes nouvelles fondées sur la taxation des revenus des placements financiers des banques et des entreprises à la même hauteur que ceux issus du travail des salariés. Cette piste a été rejetée et nous le regrettons.

Je vous épargnerai un examen plus détaillé de ce point dans notre assemblée, mais il était important d’y faire référence car le PRS que nous avons eu le « plaisir » de lire, près de 1000 pages, ne peut être complètement déconnecté des ressources financières. Son application en sera même dépendante.

C’est d’ailleurs pour cette raison, qu’il y a deux ans, j’avais voté contre le projet stratégique régional de santé car il était entièrement soumis aux objectifs de l’ONDAM, et cela était inscrit dans le document.

Le temps a passé, les relations difficiles ou conflictuelles avec l’ARS ont commencé à s’améliorer, et j’ai réussi à faire retirer cette phrase du document. Il n’en demeure pas moins, que tous les objectifs prévus dans le PRS sont bien évidemment soumis aux allocations financières dont notre région disposera. C’est pour cela que je partage les amendements proposés dans votre rapport, car non seulement nous devons rattraper un retard structurel mais nous devons aussi moderniser les infrastructures et plateaux techniques. À ce titre, l’ensemble du document retient ces principes même s’il est noté que la Corse est globalement « bien dotée »…. C’est dans cet esprit, que les membres de la commission sociale et du développement culturel qui ont reçu Monsieur le Directeur de l’ARS et ses collaborateurs, ont pu échanger et proposer de transformer l’amendement N° 6 de votre rapport en une motion. Cela nous a paru plus pertinent, et j'insiste sur la nécessité de faire aboutir notre demande. Nous faisons référence à une résolution européenne et non à une loi.

Pour introduire le débat, je reprendrai la page 12 du plan stratégique et les 3 questions dites fondamentales posées par le document : - quel, diagnostic pour la corse ? - quelles évolutions prévisibles ? - quelle organisation adopter ?

Comme vous le rappelez Mme la conseillère exécutive, la santé est une des préoccupations principales des corses, suite aux résultats du questionnaire du Padduc.

Nous n’examinons pas seulement la santé stricto sensu mais différents plans et schémas qui ne peuvent être dissociés les uns des autres pour constituer ce Prs. Du plan stratégique régional de santé, sont établis les schémas d’organisation régionale de la prévention, de l’organisation des soins, et du médico-sociale puis les programmes régionaux d’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (PRAPS), le programme pluriannuel régional de gestion du risque (PRGS), le programme télémédecine, et le programme interdépartemental d’accompagnement des handicaps et de la perte d’autonomie (PRIAC).

Dans un contexte national dit de crise, je continue à rappeler que la corse dans ce domaine a raté bien des opportunités depuis plus de trente ans, cela par manque de politique de santé cohérente et surtout à cause d’ une vision partisane bien souvent des dossiers. Il faut stopper cette méthode, nous voyons bien que le Prs dans sa globalité est un document qui croise des compétences multiples, dont celles de la CTC.

J’ai voulu faire ce rappel pour prouver que pour toutes ces raisons, nous serons donc exigeants envers les ministères concernés pour faire reconnaître nos besoins et nos retards. C’est pourquoi, Mme la conseillère exécutive, Messieurs les présidents de l’exécutif et de l’assemblée, je souhaite renouveler autant que de besoin les rencontres auprès de la ministre de la santé pour faire avancer ces dossier vitaux, les porter directement en concertation et dialogue avec l’ars Corse, ce serait une démarche responsable, qu’attendent tous les patients et usagers. J’espère donc avoir une réponse positive sur ce point.

Je le rappelle nous ne devons pas laisser arriver les crises sociales, les situations déficitaires catastrophiques, etc... Nous ne devons pas laisser porter les demandes de solutions aux seuls salaries, usagers, professionnels de ces secteurs sanitaire et médico-social, nous devons les anticiper et défendre ensemble des dossiers tant auprès de l’Ars Corse, qu’au niveau de l’état. C’est notre rôle d’élu.

Donc, soyons efficaces et choisissons cette voie. J’espère être suivie.

Ayant participé depuis des années à diverses instances et commissions dans ce domaine, j’ai demandé, comme d’autres, pour l’élaboration de ce PRS qu’un état des lieux précis soit présenté dans le document. Pour l’ensemble des schémas, cette méthode a été retenue.

Même si dans ces mille pages , nous retrouvons les seuils pour les autorisations d’activité, pour les différents zonages que nous avons d’ailleurs rejetés et autres critères fixés par la caisse nationale d’assurance maladie dont je vous épargne les détails, il est important pour contrer les effets néfastes de certaines mesures de prendre en compte les amendements présentés par l’Exécutif et les réponses apportées par Monsieur le Directeur de l’ARS.

Cette marge de manœuvre nous oblige à la responsabilité, à la vigilance, à l’exigence, au contrôle, donc à la discussion, à la négociation, aux échanges entre l’État, l’ars, et notre assemblée. Ceci a été acté, vous nous l’avez confirmé.

Le délai très court imposé par la loi ne m’a pas permis de faire plus de réunions de notre commission, mais nous pourrons durant l’application de ce plan le faire puisque le directeur de l’Ars est lui-même demandeur de ces échanges. La mise en place d’Assises de l’accès aux soins permettra également d’évaluer ces politiques publiques.

Je retiens des axes stratégiques qu’ils visent à : - Réduire les inégalités sociales et territoriales de santé en garantissant une offre de prévention efficiente, - D’améliorer la fluidité du parcours de prise en charge sanitaire et médico-sociale, - De coproduire la politique régionale de santé avec les professionnels et les usagers. L’ensemble du document donne des taux de recours sans les mettre en perspective avec l’évolution des besoins sur les 5 années à venir. Mais cela peut être modifié puisque le document n’est pas figé. Nous retrouvons dans la présentation les tableaux des implantations des structures sanitaires et médico-sociales, ceci correspond aux prescriptions du code de la santé publique. Il faut noter également que dans ce PRS, il n’y a pas de suppression d’activités ou d’établissements, les suppressions correspondent à des regroupements concertés avec les établissements concernés, contrairement à bien d’autres régions qui ont vu des hôpitaux fermés, nous devons d’ailleurs être la seule région de France qui a créé un Hôpital Local. Nous retrouvons également le développement aux alternatives à l’hospitalisation, et la structuration de l’offre de soins en filières coordonnées (gériatrie, AVC, etc…). L’objectif est bien de diminuer le nombre d’hospitalisations sur le continent.

L’article R1434.2 du code de la santé publique indique que le PRS comporte : - L’évaluation des besoins de santé et leur évolution, tenant compte de la situation démographique, de l’état de santé de la population, des données sur les risques sanitaires, des inégalités sociales et territoriales de santé, des données régionales en matière de santé et de handicap, - Une analyse de l’offre et de son évolution prévisible dans les domaines de la prévention du soin et de la prise en charge de la perte d’autonomie, - Des objectifs fixés en matière : de prévention, d’amélioration de l’accès aux établissements, aux professionnels et aux services de santé, de réduction des inégalités sociales et territoriales en santé, notamment en matière de soins, de qualité et d’efficience des prises en charge, de respect des droits des usagers, - Des mesures de coordination avec les autres politiques de santé (PMI, santé au travail…), - D’organisation du suivi et de l’évaluation de la mise en œuvre du projet régional de santé.

C’est donc pour appliquer ces principes du code de la santé publique, qu’il est nécessaire d’inclure les amendements au rapport ainsi que la motion présentée par la commission. C’est également pour cela, que nous devons avoir des engagements financiers pérennes pour certaines mesures financées en missions d’intérêt général (EVASAN), La corse est une montagne dans la mer, c’est la seule région de France qui n’a pas de CHU, la seule région d’Europe qui ne dispose pas d’un seul km d’autoroute, etc.. tout cela entraine de fortes contraintes dans le domaine de l’accès aux soins. Faire reconnaître ces handicaps par des moyens financiers et structurer cette offre de soins à hauteur des attentes de tous est bien l’objectif que nous devons atteindre. Je sais que certains élus ou usagers souhaitent un mode d’organisation pour la gestion des établissements publics de santé en regroupement régional, pour ma part je ne souscris pas à cette proposition au regard des difficultés actuelles rencontrées par les établissements de santé tant en terme financiers que de gestion. Actuellement, cela ne ferait qu’augmenter les difficultés rencontrées dans certains hôpitaux.

Je peux témoigner que ce document, dont la publication a été prolongée, à nécessité de nombreuses réunions, citées dans l’introduction, c’est un début de ce que l’on appelle la démocratie sanitaire qui se met en place. L’exercice a été difficile, je suis bien placée pour en parler, nous ne pouvons pas remettre en cause la volonté et le sérieux des membres assidus, des présidents, des 4 commissions de la crsa qui fonctionne avec peu de moyens.... Pendant un an, ils ont examiné et donc participé à l’élaboration de ce plan, leurs avis et observations ont été donnés et pris en compte.

Pour introduire le débat, je reprendrai la page 12 du plan stratégique et les 3 questions dites fondamentales posées par le document : - quel diagnostic pour la corse ? - quelles évolutions prévisibles ? - quelle organisation adopter ?

Il aborde la problématique de l’accessibilité de l’offre de santé du point de vue géographique et financier. Sont actés la construction de l’hôpital d’AJACCIO (financé à 90 % ce qui est exceptionnel) et la modernisation de celui de BASTIA, tout comme l’amélioration et le rôle central des hôpitaux locaux dans les projets territoriaux de santé. Tout cela, en tenant compte de la mise en place du parcours de santé du patient et la nécessité de faire émerger les projets territoriaux de santé surtout pour les zones rurales. Le Prs reprend l’ensemble des réunions et concertations qui ont eu lieu avec les professionnels de santé, les élus, les usagers. À la lecture de ces pages, il parait donc comme une évidence que cet accès pour tous est acté, sauf qu’il met en parallèle la maîtrise médicalisée des dépenses, et demande de gérer au mieux les ressources…. Je dirais d’emblée, qu’il n'est pas scandaleux de gérer au mieux, encore faut-il que l’ars et le ministère soient crédibles dans ce discours, depuis plus de 30 ans nous actons les allocations de ressources de façon trop aléatoire, par crises sociales, par interventions politiques, etc... La logique et la responsabilité politique de tous est de s’emparer de ces sujets, et l’occasion est donc donnée. Pour rattraper ces retards structurels et assurer une meilleure répartition de l’offre de soins sur le territoire, l’aspect financier est incontournable.

Je ne reprendrai pas toutes les données démographiques, je retiendrai les principales.... En 2040 une personne sur 3 aura plus de 65 ans, p 20, un rappel des données socio-économiques coût de la vie élevé, revenus salariaux plus faibles, des capacités d’hébergements pour les handicapés et polyhandicapés inférieures à la moyenne nationale, une mortalité chez les hommes de 24 à 54 ans 2.2 fois plus élevée chez les ouvriers employés que chez les cadres. P 24 , etc..

Madame la Conseillère, vous avez dans votre rapport fait une synthèse de ce document de 1000 pages, j’arrête donc mon intervention en souhaitant que les amendements proposés amènent une réponse positive de Monsieur le Directeur de l’ARS, et que ma demande de suivi du PRS avec le ministère de la santé directement pour les réponses financières, ce qui pour notre groupe permettrait de voter favorablement.

Rappel du principe du droit au logement pour le public handicapé, âgés dépendants ou pas donc volet qui rejoint les politiques publiques dont celles de la ctc. P 81

Taux allocation d’éducation pour enfant handicapé Aeeh de 16,76 pour 10,98 au niveau national. P 92 p 102 le taux très élevé.

Déséquilibre des dotations régionales enfance handicapée p 96 du à l’absence d Iem. En haute corse, il est aussi prévu la création de place en Mas Fam.

Surcoût de plus de 4 millions d euros. P 98 rationnaliser les coûts ? Comment ?

Mise en place du cra autisme en septembre 2012 p 100 Problème de prise en charge fiche p 108 du à la démographie médicale et orthophoniste, kiné....

P 115 insertion et formation des personnes handicapés, cf. politique de formation ctc.

P118 volet adultes handicapés.

P 120. Taux équipement global en Ets pour adultes handicapés inférieur de 0.5 à la moyenne nationale. L’évolution potentielle des capacités des structures pour adultes sera réalisée dans le strict respect des circulaires budgétaires 65 % places Fam pour 35 % mas.

Donc un rattrapage est possible vis,à vis des coûts moyens nationaux pour les services et Ets du secteur adultes handicapés. P 124.

La corse est la région la moins équipée en Esat (ancien centre aide par le travail).p 125. Et cependant aucune place supplémentaire est prévue.... 2 Esat ont des tarifs sup à la moyenne nationale. P 125.

P 143. La population âgée est particulièrement touchée par la pauvreté 22.3% des plus de 65 ans contre 17,5 au niveau national.

P 195 196 écart des prix entre les deux départements P 197 planification du sros, un outil opérationnel dans la capacité à faire du au délai de mise en œuvre des projets.

Schéma de prévention page 217

Si la corse dispose d’acteurs de prévention de premier recours, le maillage territorial des actions est peu visible, voire inexistant, au-delà du périurbain. P 230 huit territoires de santé correspondant aux 8 bassins de vie retenus par la CCT.

Pour conclure, je dirai soyons audacieux et relevons le défi en imposant par notre travail notre volonté de peser dans ce domaine. Il n’en reste pas moins que la bataille des moyens financiers est importante et nous ne pouvons pas la perdre, c’est pendant cette période du Prs, que nous devons amorcer cet équilibre territorial d’accès aux soins, cette égalité devant l’urgence vitale, cette égalité

 

Session des 8 et 9 Novembre 2012 ASSEMBLEE DE CORSE Etienne BASTELICA

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ORIENTATIONS BUDGÉTAIRES POUR 2013

Un contexte difficile marqué par la programmation de l’austérité dans la durée

Le rapport rappelle le contexte difficile dans lequel s’inscrit ce débat d’orientations budgétaires, la crise économique, financière, industrielle et sociale dont l’impact est sensible sur les collectivités territoriales. Le Gouvernement mise sur une croissance de 0,8 mais plusieurs économistes, (le FMI, l’OFCE) sont plus pessimistes et prévoient une croissance bien moindre, voire une stagnation. Vous évoquez, Monsieur le Président, l’alternance de Mai 2012 au niveau national, et la « volonté de changement » qu’elle manifeste et, notamment, une « relation de confiance » renouvelée avec les collectivités. Nous voulons toujours l’espérer mais force est de constater une contradiction entre le changement prôné par François Hollande et les mesures gouvernementales ; la logique financière qui présidait sous la direction de la Droite n’a pas été infléchie. L’adoption du Traité de Stabilité Budgétaire aggrave les politiques d’austérité et leurs conséquences dramatiques.

Si le projet de Loi de finances pour 2013 comporte quelques avancées, il demeure malheureusement soumis à la logique d’austérité. Il vise une nouvelle réduction du déficit de près de 30 milliards d’€ par rapport à 2012. Mais plusieurs observateurs et L’OFCE, affirment que la France n’atteindra pas les 3 % de déficit public en 2013. Cet objectif ne pourrait sans doute être atteint qu’au prix de réajustements brutaux, évalués à plus de 20 milliards d’euros, qui risquent de plonger un peu plus l’économie française dans la récession et, au bout du compte, d’accroître encore l’endettement public, comme le montrent les exemples de l’Italie, de l’Espagne ou de la Grèce. S’accrocher à l’objectif de 3% de déficit budgétaire a pour conséquence la déprime des dépenses publiques et sociales utiles, et au bout du compte, le risque d’une nouvelle explosion du chômage. A l’opposé de la programmation de l’austérité de longue durée, la gauche doit porter une autre politique en répondant aux attentes sociales. C’est la croissance qui nous permettra de réduire nos déficits, et non l’inverse.

L’état de l’économie Corse

La crise économique touche la Corse, même si elle ne subit pas – et pour cause – les dégâts de la désindustrialisation, elle bénéficie du Programme Exceptionnel d’Investissements et le poids du secteur public y est toujours important. L’activité a nettement ralenti ; le chômage progresse plus qu’au niveau national et touche désormais près de 16 000 personnes, multipliant les situations de pauvreté, de précarité, et d’exclusion. Les jeunes, les femmes, les seniors, les personnes les moins qualifiées sont particulièrement exposés. La progression constatée de l’emploi salarié en 2012 ne peut masquer la fragilité structurelle de notre économie, caractérisée par le faible poids de l’industrie et l’importance des activités saisonnières, limitant son potentiel et ne permettant pas de répondre au besoin d’emploi.

Le rôle de notre Collectivité – par son niveau d’investissement, par le soutien aux activités économiques – est évidemment très important pour la relance. Cependant, notre action ne sera efficace que si elle contribue à restructurer notre économie dans le cadre d’une réorientation du modèle de développement pour la Corse.

Les perspectives d’action en 2013

Des recettes en baisse

Dans ce contexte, bâtir un budget résolument tourné vers le développement productif est un exercice d’autant plus ardu que nous ne maîtrisons pas totalement la règle du jeu. La crise impacte nos finances publiques: par rapport à 2012, les prévisions de recettes sont, au mieux stables, souvent en nette régression et, au total, en baisse d’environ 1%. Considérant le niveau de la fiscalité directe (2% des recettes) et indirecte (27%) on mesure la dépendance à l’égard des dotations (plus de 51%) et la faible marge de manœuvre qui nous reste. C’est le problème récurrent de l’autonomie financière des collectivités qui est posé. Le seul choix des dépenses ne correspond pas à la notion d’autonomie financière : celle-ci suppose que les collectivités puissent aussi fixer le volume de leurs recettes : l’autonomie fiscale est une condition de l’autonomie financière. Or, la part de nos ressources propres est faible et nous avons peu de latitude dans leur modulation et cela au moment même où l’État se désengage. Nous pouvons donc réfléchir à une restructuration de nos recettes, voire à en déterminer de nouvelles, afin de dégager des marges de manœuvre conséquentes. Soyons toutefois prudents, car pour mener à bien les politiques ambitieuses que nous souhaitons, nous avons besoin de la solidarité nationale.

La maîtrise des dépenses de fonctionnement

La crise et la baisse des recettes conduisent à la « maitrise des dépenses de fonctionnement », ce qui est en soi une bonne chose. Ainsi, il apparaît d’une part que la masse salariale de la CTC est sensiblement inférieure à celle des autres régions ; d’autre part que la gestion de la dette est optimisée. La contraction des dépenses de fonctionnement a, cependant, ses limites, non seulement techniques – du fait du caractère incompressible des dépenses de personnel et de remboursement de la dette mais aussi parce que ces dépenses sont utiles et productives : le fonctionnement c’est le coût de l’éducation, de la recherche, de l’innovation, la remise à niveau des salaires et des conditions de travail des agents ou encore la réduction de la précarité… Fonctionnement ou investissement, le critère déterminant c’est d’estimer en quoi les dépenses contribuent à répondre aux besoins des habitants de cette île.

Un niveau d’investissement de 190 à 200 M€

Grâce à une capacité d’autofinancement de 97 M€, et avec la mobilisation d’un emprunt de25 M€, vous fixez un objectif de dépenses réelles d’investissement de 190 à 200 M€ avec au minimum 50% de dépenses directes sous maîtrise d’ouvrage, qui devrait permettre de poursuivre le financement des infrastructures et de contribuer, malgré les difficultés, à la relance économique et à la préservation des emplois.

Axes d’intervention

Les perspectives d’action sont structurées autour de quatre axes : • la croissance économique et l’emploi • le développement durable • la solidarité sociale et spatiale • un aménagement des territoires pertinent

Il faut poursuivre l’action engagée depuis le budget 2011 pour une politique de progrès économique et de justice sociale, performante autant en termes de croissance qu’en termes de solidarité.

Les interventions, la mobilisation des outils financiers et d’ingénierie doivent converger vers l’objectif principal : le maintien et la création d’emplois. Nous sommes particulièrement attentifs à la mise en place de la future Banque Publique d’Investissement, futur instrument déterminant du financement d’activités industrielles innovantes, et notamment à son articulation avec la CADEC.

L’effort passe aussi par le développement de la recherche et de l’innovation : innovation technologique mais aussi innovation sociale. L’innovation, c’est aussi l’encouragement à d’autres logiques que celles du marché, à d’autres formes de propriété, à l’économie sociale et solidaire. Parlant de l’innovation et de l’emploi, on songe en premier lieu au soutien aux filières en devenir, l’économie verte, les énergies renouvelables ; mais l’innovation doit parcourir l’ensemble du tissu économique, y compris les secteurs dits « traditionnels ». Je pense en particulier au bâtiment : nous avons fait du logement une priorité, le nouveau règlement des aides adopté par notre assemblée, les dispositifs arrêtés à l’issue des assises du foncier et du logement, la création de l’Agence d’aménagement et d’urbanisme, la mise en place prochaine de l’établissement public foncier ouvrent une perspective intéressante d’activité pour ce secteur sur la dizaine d’années qui vient ; nous avons besoin notamment de 8000 logements sociaux. Cela représente des milliers d’emplois, des millions d’heures de travail. Il y a mieux à faire que favoriser la surexploitation basée sur la mise en concurrence des travailleurs de l’Est et du Sud, dans des conditions de légalité parfois douteuses. Pourquoi ne pas définir, en concertation avec les acteurs de la filière –promoteurs, entrepreneurs, syndicats…- un ambitieux programme de formation, qualification, valorisation des métiers du bâtiment incluant les nouvelles technologies, l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’utilisation des matériaux locaux ?

Dans le même ordre d’idées – c’est une autre proposition – il m’apparait à priori intéressant de réfléchir à la constitution d’un pôle centré sur la filière navale (réparation, maintenance, services), en Méditerranée.

La question de l’éducation et de la formation est au centre de la bataille du développement et de l’emploi. 20 000 élèves sont scolarisés dans 49 établissements mais combien sortent du système scolaire sans qualification ni diplôme ? Nous proposons de construire, en accord avec l’État, un plan d’action contre l’échec scolaire. S’il y a un domaine où les restrictions budgétaires ne doivent pas jouer c’est bien celui là. Au travers notamment de l’effort sur les constructions scolaires et universitaires, de la gratuité des manuels, de l’action culturelle, de l’appui social aux étudiants, nous prenons nos responsabilités. Nous seront vigilants quant à l’engagement de l’État, le Président de la République s’étant engagé à « sanctuariser » le budget de l’Éducation Nationale.

Le développement durable semble aujourd’hui nous rassembler tous ; il est au cœur des orientations du PADDUC et constitue un volet important des orientations budgétaires et nous nous félicitons des initiatives multiples en ce sens. Plus globalement, nous pensons que les logiques capitalistes du profit immédiat, le productivisme prédateur, sont des facteurs de destruction de la biodiversité, d’épuisement des ressources naturelles et nous sommes favorables à une transition écologique créatrice d’emploi et facteur d’égalité sociale.

S’agissant des déchets, ne pourrions-nous pas réfléchir, avec nos amis Sardes, à une coopération consistant à créer ici des unités de valorisation des déchets de carton et à faire valoriser nos déchets de matière plastique en Sardaigne ? La crise du capitalisme provoque de nouvelles fractures sociales et territoriales, brise ce qui reste des solidarités anciennes, accroît les inégalités. Une politique de gauche doit travailler au renforcement des solidarités sociales et spatiales. De cette nécessité découlent les actions en faveur de la formation professionnelle et l’apprentissage, l’accès aux soins où que l’on se trouve sur le territoire, les politiques en direction de la jeunesse, au travers de l’éducation, de la culture, du sport. Les « Assises du sport et de la jeunesse » viendront nourrir l’ensemble de nos actions en ce domaine. S’agissant de la culture et du patrimoine, nous prenons acte avec satisfaction des perspectives de concrétisation de grands projets tels l’aménagement du Couvent Saint François, la Scène Nationale, la Caserne PADOUE à Corte, l’ouverture fonctionnelle du Centre d’Art Polyphonique, la perspective de nouveaux locaux pour le conservatoire Henri TOMASI à Ajaccio… autant de réalisations structurantes qui, en cohérence avec l’action quotidienne des compagnies, associations et centres culturels, contribueront à l’aménagement culturel du territoire. On aurait tort de sous-estimer l’apport de la culture à l’activité économique de notre région ; cet apport est notable et pourrait être plus considérable encore. Pour ne prendre qu’un domaine : ne pourrait-on étudier l’opportunité de créer une structure commune de commercialisation (fabrication et vente de produits dérivés, édition, montage d’expositions) pour l’ensemble de nos sites historiques et archéologiques (publics et privés) – voire pour nos musées – qui serait l’unique donneur d’ordre, sous la responsabilité scientifique des conservateurs concernés ? N’y a-t-il pas là un gisement d’emplois, à la condition expresse que l’on fasse en sorte de mobiliser sur place, par un programme de formation adaptée et les transferts de savoir-faire qui s’imposent, artisans, entrepreneurs, ouvriers et artistes ? Un mot enfin sur les investissements consacrés aux infrastructures. D’une part, il s’agit de l’application du Schéma Directeur des Routes Territoriales. D’autre-part des investissements sur le domaine ferroviaire et à ce titre, nous nous félicitons de la croissance sensible enregistrée sur les lignes régulières, signe que la politique engagée commence à porter ses fruits. Si le document d’orientation reprend les opérations prévues par le Schéma directeur, nous n’y retrouvons cependant pas la mention de la Commande centralisée pour voie unique et l’étude de faisabilité pour l’extension en plaine Orientale et je souhaiterais avoir des précisions sur ces points. S’agissant des équipements hydrauliques, dans les orientations budgétaire 2012 de l’OEHC, avaient été programmées les « Etudes préliminaires à la réalisation du barrage sur le Taravo ». Où en est-on et quelles sont les prévisions pour 2013 ? En conclusion, en 2013 encore, malgré les contraintes financières, les orientations proposées permettront de poursuivre les politiques ambitieuses engagées, en particulier dans les domaines du logement, des infrastructures, du développement durable… Mais cette dynamique sera-t-elle possible à l’avenir, dans la mesure où les dotations de l’État seront à la baisse ? Des centaines d’économistes à travers le monde, des prix Nobel d’économie comme Joseph Stiglitz et Paul Krugman, critiquent le non-sens de la politique actuellement à l’œuvre en Europe. Leur constat est sans appel?: l’austérité est à la fois injuste, inefficace et antidémocratique. Avec eux, nous pensons que l’on peut faire autrement, qu’il est urgent de changer de cap pour sortir de la crise par le haut et relever les défis sociaux et écologiques d’aujourd’hui. Pour notre part, nous continuerons de tenter d’en convaincre les dirigeants et le peuple de notre pays.

 

Importante intervention de Michel STEFANI et du Groupe CCFG

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Desserte maritime en OSP

Vous avez fait le choix de procéder en deux étapes pour définir le périmètre et le contenu de la desserte maritime de service public. Autant le dire pour la clarté du débat si nous avions été en charge de cette compétence nous aurions agi différemment. Pour avoir une vision complète il fallait disposer de l’ensemble des éléments concernant la desserte en DSP et hors DSP. La DSP votée le 5 octobre, considérablement réduite, est en l’état un appel à plus de concurrence puisque l’enjeu immédiat sera pour les uns de garder pour les autres de capter les 500 000 passagers qui transitent par Marseille. Si dans le même temps rien n’est fait pour s’attaquer aux distorsions de concurrence nous voterons à nouveau contre vos propositions. Inversement si dans un souci de bonne maîtrise de la politique de transports et de la continuité territoriale il s’agit d’affirmer la régulation par un ensemble équilibré et complémentaire nous voterons pour. C’est le sens de nos amendements. Un des points de fracture qui est apparu le 5 octobre portait sur l’abandon, soutenu par une très large majorité, de la DSP sur Toulon et conjointement le maintien des capacités à un niveau inférieur au réalisé avec des fréquences divisées par deux. La politique tarifaire n’étant pas neutre dans cette affaire, nous avions proposé une grille complète reposant sur des tarifs fixes et encadrés en trois catégories pour les passagers : résidents, sociaux, autres usagers et pour le fret à travers un tarif unique avec un bonus pour les transporteurs enregistrés en Corse et dont l’activité principale se fait au départ de la Corse. Tout le monde s’accorde à reconnaître que la vente à perte est un élément de la distorsion de concurrence il faut donc s’y attaquer. C’est ce que nous proposons en incluant la réduction significative des surcapacités et un contrôle efficient des titres de transports délivrés pour s’assurer de leur correspondance avec les critères de leur attribution. L’hyper saisonnalité de la desserte, son caractère unidirectionnel, l’insuffisance de services réguliers à l’année sur l’ensemble de la desserte de continuité territoriale, impliquent une telle régulation pour empêcher que l’offre ne devienne sans rapport avec les besoins réels de la Corse et les objectifs de développement durable. En conséquence, les conventions établies avec les opérateurs doivent répondre à cet impératif entre les ports de Toulon, Nice, et les six ports de la Corse et, en même temps, assurer un équilibre économique et social avec la DSP entre Marseille et la Corse. Partant de ce principe il est normal, vous le précisez dans votre rapport, que le ou les attributaires de la DSP ne se voient imposer des OSP supplémentaires à celles qu’ils remplissent déjà au titre de la DSP. Il faut également qu’ils puissent, en exclusivité, faire une offre supplémentaire au départ de Marseille. Faute de quoi les passagers qui fréquentent ces lignes se tourneront en grande partie vers Toulon à 70 km de distance et les pics de trafic relatifs aux vacances scolaires d’hiver ne seront plus couverts. Ces recettes perdues auront une incidence sur le montant de la compensation financière versée aux attributaires de la DSP. Il y a donc un intérêt pour la CTC, AOT, à procéder de cette façon. Ainsi l’obligation de créer une société dédiée peut faire obstacle à cette faculté et la proposition que nous faisions, de donner un caractère facultatif à cette création, prend ici tous son sens. Dans le cas où le ou les attributaires de la DSP sur Marseille, se positionnent sur Toulon et Nice ils devront respecter les OSP fixées entre ces ports continentaux et ceux de Corse. Tout opérateur qui se positionnera sur ces lignes devra être conventionné et en faire de même. Aucune compensation financière n’étant versée aux opérateurs conventionnés, ils doivent bénéficier d’une exclusivité sur les lignes exploitées qui peuvent faire l’objet de groupement. Au-delà des OSP, l’offre passagers et fret ne pourra être supérieure en sièges offerts et en mètres linéaires aux besoins estimés par l’OTC pour une année sur les deux périodes indiquées. Dans ces conditions les programmes et des horaires sur Toulon et Nice sont définis sans surcapacités. En conséquence nous pensons que les fréquences minimales doivent être mieux réparties en avant et arrière saison en tenant compte de la spécificité des deux dessertes et en les distinguant nous proposons d’augmenter de 72 rotations pour passer des 148 inscrites au rapport à 220 mieux réparties sur la période avril à octobre avec 120 rotations au lieu de 108 et de novembre à mars 100 au lieu de 40 pour répondre à la fois à la volonté affirmée d’étalement de la fréquentation touristique et aux besoins annuels de service public de la population insulaire et réciproquement continentale. Ce mécanisme, cohérent sur l’ensemble de la desserte, permettrait de regagner la maîtrise financière et politique de cette compétence essentielle de la CTC mise à mal ces 10 dernières années par une logique pro low cost et l’acharnement procédurier des dirigeants de CFF. Les effets de cette politique ont été désastreux pour le service public, pour l’emploi et pour les finances de la CTC. • Pour le service public dont le périmètre a été rétréci délibération après délibération depuis 2002. • Pour l’emploi plus de 900 postes ont été supprimés à la SNCM et prochainement, sans doute, un nombre conséquent supplémentaire s’y ajoutera selon le profil de la nouvelle DSP. • Enfin pour les finances de la collectivité contrainte pour la première fois l’an dernier d’abonder à hauteur de 10 M€ le budget de l’OTC après avoir recapitalisé la CCM pour un montant de 15 M€ et avant d’augmenter de 11 M€ la compensation financière versée au titre de la desserte publique aérienne sur Paris aux opérateurs historiques AC AF victimes de la concurrence déloyale de compagnies low cost étrangères.

Nous nous étonnons d’ailleurs qu’à ce jour aucune demande officielle n’ai été faite au gouvernement en vue d’obtenir une révision du montant de l’enveloppe de continuité territoriale ne serait-ce que pour prendre en compte les surcharges combustible sauf à considérer que l’usager pourra indéfiniment en supporter les conséquences. Au regard des enseignements qui peuvent être tirés de ces dix dernières années, chercher à ne pas déplaire aux fonctionnaires de l’Union européenne voire à ceux du ministère des transports et en définitive abandonner des pans entiers du service public au secteur privé marchand, ne peut constituer une politique à long terme. En toute logique la reconduction annuelle de ces OSP sur une période équivalente à la durée de la DSP implique de s’assurer de la fiabilité des opérateurs par la production sur les trois exercices antérieurs des comptes de résultats des sociétés candidates et des comptes consolidés de leurs groupes quand elles sont des filiales. En même temps nous attendons beaucoup de la saisine du procureur de la république concernant le non respect des obligations fiscales pour ce qui est de la taxe sur les transports. Nous maintenons notre appréciation à ce propos et nous regrettons que notre amendement tendant interdire l’accès aux opérateurs indélicats n’ait pas été retenu pour le prochain appel d’offres ou aux futures conventions. Nous considérons que c’est une façon non feinte de défendre les intérêts bien compris de la Corse puisque le manque à gagner pour la CTC est sans doute de plusieurs dizaines de millions d’euros depuis l’instauration de la taxe sur les transports en mai 1991. Pour la période 2008 2011 les investigations menées seulement sur quelques compagnies, non sur la totalité, le confirme en révélant que le montant recouvré au bénéfice de la CTC aurait du être supérieur de 7.8 €. Il nous semble donc légitime de renforcer le contrôle de l’OTC non seulement sur le recouvrement de cette taxe mais également sur le respect des OSP pour ce qui est des tarifs pratiqués comme des fréquences et des capacités. On ne peut concevoir que ces OSP ne portent pas les mêmes exigences sur l’ensemble de la desserte. Cela nous renvoie à la nécessité d’imposer aux opérateurs de candidater avec des navires dont l’âge ne peut être supérieur au critère applicable à la DSP qui a été porté par la délibération du 5 octobre, c’est à nos yeux un recul, à 30 ans. Chacun sait que la technologie évolue et que l’impact environnemental n’est pas le même avec des moteurs de nouvelle génération avec des peintures de coques sans TBT. La réflexion est valable également pour l’accueil à bord, les installations et des prestations proposées en hôtellerie et restauration. Les conditions de sécurité ne peuvent être négligées non plus cela passe aussi par le respect des règles d’équipages et de manutention conformément à la réglementation française et notamment à celle du pavillon français premier registre.

Groupe CCFG Amendements

Amendement numéro 1 page 1 (5) du rapport

Au titre rédiger comme suit : Obligations de service public pour la desserte publique maritime entre les ports de Marseille, Toulon, Nice et les ports de Corse

Numéro 2 ajouter :

Conformément à la délibération de l’Assemblée de Corse du 05 octobre 2012 (article 2 de la convention de DSP entre Marseille et la Corse) et compte tenu de la nécessaire régulation à mettre en place sur l’intégralité de la desserte maritime de continuité territoriale, le présent dispositif de desserte maritime de service public entre les ports continentaux de la continuité territoriale d’une part, la Corse, d’autre part, prendra effet à partir du 1er janvier 2014 jusqu’au 31 décembre 2023.

Numéro 3 rédiger comme suit :

Ces OSP doivent impérativement être respectées dans toutes leurs composantes par tout armateur communautaire qui propose des services de transport maritimes pour les passagers et/ou le fret (marchandises diverses) entre Toulon, Nice et la Corse.

Numéro 4 après le paragraphe 5 « Toutefois …….. marchandises »

Supprimer le paragraphe 6 « Aussi ……….. territoriale ». Ajouter : Aussi, il est nécessaire de prévoir des mesures afin d'éviter une ponction notamment saisonnière des trafics les plus rentables ce qui pourrait déstabiliser la DSP, au détriment des compagnies délégataires et de leurs missions de service public comme de la continuité territoriale.

Numéro 5 dernière ligne rédiger comme suit :

« Ce dispositif a pour objet d’empêcher les effets négatifs d’une concurrence dérégulée sur la continuité territoriale mettant en cause les intérêts de la CTC ».

Numéro 6 page 2 (page 6 du rapport) rédiger comme suit la dernière ligne :

« Leur respect ne donne lieu à aucune compensation financière de la part de la CTC et constitue simplement une condition impérative d’accès au marché considéré sur lequel l’exclusivité sera reconnue aux opérateurs conventionnés ». Ajouter à la suite : « En application des dispositions des articles L. 1411-3 et R. 1411-7 du Code Général des Collectivités Territoriales, les opérateurs transmettent à l'OTC, avant le 1er juin de l’année suivant l’année concernée, un rapport retraçant en totalité l’exécution de la convention et une analyse de la qualité du service. Ce rapport est assorti d’une annexe permettant à l'OTC et la CTC d’apprécier la qualité d’exécution du service public. Les contrôles seront effectués par les organismes de l’Etat français (Affaires Maritimes/DIRECTE/DCCRF). De même l’OTC s’assurera par des contrôles réguliers du respect des critères d’application de la grille tarifaire comme des fréquences et des capacités. Tout manquement constaté entrainera la dénonciation unilatérale de la convention de la part de l’AOT. Les opérateurs devront fournir les bilans, comptes de résultats, rapport des commissaires aux comptes sur les trois derniers exercices ainsi que les comptes consolidés dans le cas d’un groupe ou si l’entreprise est elle-même chef de file d’un groupe. Les opérateurs sont tenus d’être à jour de leurs obligations sociales et fiscales. Dans le cas ou ceux-ci ont déjà desservi la Corse, ils devront attester du paiement de la Taxe sur les transports pour les six exercices précédents. Tout manquement constaté à ce sujet faisant l’objet de sanction pour fraude entrainera la dénonciation unilatérale de la convention de la part de l’AOT. Il appartient aux opérateurs d’obtenir les autorisations nécessaires à l'accès aux ports et à l'utilisation des installations portuaires auprès des autorités portuaires. La réglementation, la Convention Collective Nationale Unifiée, les accords et usages en vigueur seront respectés pour les opérations de manutention à bord des navires. Chaque navire dispose d'un certificat d'assurance ou toute autre garantie financière, avec ou sans franchise, couvrant les créances maritimes soumises à limitation au titre de la convention de Londres du 19 novembre 1976. Un dispositif de protection des cétacés, constitué de moyens matériels et humain, (acoustique, observateur embarqué, formation…) sera demandé. Les navires de type ROPAX destinés à ces services, de transport de passagers et de fret, ne pourront excéder 30 ans. Ils seront conformes aux exigences de sécurité certifiés par les organismes de contrôle reconnus par l’Etat français notamment des affaires maritimes et de l’Inspection du Travail. L’ensemble des locaux communs et des cabines doivent être climatisés. Un système de stabilisation antiroulis efficace doit être installé. Les aménagements à bord permettront un accès pour piétons offrant toute garantie de sécurité ; un ascenseur ou escalier roulant au moins pour 500 passagers ; un accès pour personnes à mobilité réduite. En cas d’urgence, les passagers devront pouvoir se connecter aux réseaux téléphoniques national et international. La compétence médicale de l’équipage doit être attestée et un médecin de bord doit être présent pour les navires chargés à plus de 1 200 passagers. Les locaux publics suivants sont exigés : • Hall d’information d’une surface significative avec places assises pour attente permettant la diffusion de toutes informations relatives à l’activité économique, touristique et culturelle de la Corse ; • consignes à bagages (au-delà de 150 passagers en installations communes) ; • chenil ; • espace enfant ou nurserie ; • espace de vente de type kiosque permettant la commercialisation des productions corses ; • infirmerie ou local de consultation médicale ; • au moins une place de restaurant (tous types de restauration) pour 3 passagers et au moins une place de bar (tous types de bar) pour 3 passagers à bord de tous les navires ; • espaces de projection ou salle de conférence pour cinéma ou TV par satellite d’une capacité au moins égale à 10 % du nombre de passagers. • service d’objets trouvés ».

Numéro 7 page 3 (page 7 du rapport) après le premier paragraphe ajouter :

« Les lignes entre Marseille et les six ports de Corse sont sous convention en DSP seuls les délégataires pourront apporter une offre supplémentaire au départ de Marseille ». Numéro 8 après le deuxième paragraphe ajouter : « L’hyper saisonnalité de la desserte, son caractère unidirectionnel, l’insuffisance de services réguliers à l’année sur l’ensemble de la desserte de continuité territoriale, impliquent une régulation pour empêcher les surcapacités sans rapport avec les besoins réels du service public et les objectifs de développement durable. En conséquence, les conventions établies avec les opérateurs répondront aux besoins entre les ports de Toulon, Nice, et la Corse, de manière à assurer l’équilibre avec la DSP entre Marseille et la Corse. Au-delà des OSP, l’offre passagers et fret ne pourra être supérieure en sièges offerts et en mètres linéaires aux besoins estimés par l’OTC et répartis entre les ports de Haute Corse et Corse du Sud (ports principaux et départementaux) pour une année sur les deux périodes indiquées. Dans ces conditions les programmes et des horaires sur Toulon et Nice sont définis sans surcapacités. Numéro 9 à l’alinéa portant sur les rotations à effectuer rédiger comme suit : « Les rotations minimales hebdomadaires à effectuer depuis Toulon et Nice sont de : • Deux rotations (2 Aller-retour) en saison d'hiver entre Nice et la Corse (40) • Trois rotations (3 Aller-retour) en saison d’hiver entre Toulon et la Corse (60) • Trois rotations en avant saison et arrière saison d’été (du mois d’avril au mois de juin et du mois de septembre au mois d’octobre) entre Nice et la Corse (60) • Trois rotations en avant saison et arrière saison d’été (du mois d’avril au mois de juin et du mois de septembre au mois d’octobre) entre Toulon et la Corse » (60) les rotations effectuées depuis le port de Toulon ou Nice, réalisées avec escales dans un port de la continuité territoriale seront comptabilisées comme une seule rotation entre Toulon et la Corse ou entre Nice et la Corse.

Numéro 10 page 3 (page 7 du rapport) au dernier paragraphe rédiger comme suit :

« Trois mois au moins avant le début de chaque « saison » les programmes et les horaires sont déposés auprès de I’OTC qui se réserve la possibilité de demander des adaptations afin de satisfaire les besoins en service public de la desserte de manière à maintenir la continuité, la régularité, les fréquences de la desserte de continuité territoriale tout au long de l’année et durant chaque période définie ». Supprimer le paragraphe suivant : « Si le ou les délégataire(s) effectue(nt) le nombre minimal de rotations prévues par les présentes obligations de service publie dans le cadre de la délégation de service public de desserte maritime il(s) n'est (sont) pas tenu(s) de réaliser en plus les rotations exigées hors délégation de service public ». Numéro 11 ajouter : Horaires : L’accès aux ports pour les départs et arrivées de navires, sera donné en priorité aux navires effectuant les services de la Délégation de service public dans le cadre du contrat de Délégation de Service Public. Pour le transport du fret : • départ à partir de 18 h 30, • arrivée entre 6 h 30 et 7 heures, jusqu’à 8 heures les dimanches et lundis. Capacités : Pour le transport des passagers : • au moins 450 places en installations couchées dans, au minimum, 140 cabines ; • au moins 50 places en installations communes affectées (fauteuils par exemple) ; • au moins 150 emplacements de voitures (type 4,50 m x 2 m) pour les véhicules des passagers. Il conviendra de respecter ce niveau minimum de capacités pour le transport de passagers et de fréquence hebdomadaire toute l’année pour chaque opérateur distinctement et non de manière globale entre opérateurs. Pour le transport du fret : • le linéaire offert doit correspondre à au moins 500 mètres de longueur effective de camions ou ensembles, avec une hauteur minimum sous plafond de 4,5 m, plus 80 places pour les voitures de commerce ; • l’ensemble du linéaire doit être accessible par des rampes d’accès qui doivent avoir une hauteur minimum, sous plafond, de 4,5 m ; • les véhicules hors gabarit jusqu’à 6,5 m de haut devront pouvoir être transportés au moins une fois par semaine ; • au moins 40 prises de courant pour véhicules frigorifiques doivent être installées ; • 40 places pour les convoyeurs en installations couchées, dans des cabines à deux maximum, doivent être réservées ; Numéro 12 page 4 (page 8 du rapport) après 1/Généralités ajouter : « Les tarifs applicables sont conformes au coût réel des prestations afin de garantir l'égal accès aux services de transport maritime pour le transport de personnes et de marchandises et empêcher la vente à perte ».

Numéro 13 page 5 (page 9) rédiger comme suit :

3/Tarification sociale Un tarif social destiné aux usagers à faibles revenus est appliqué sur présentations de justificatifs de attestant de faibles revenus : minimas sociaux, retraités, étudiants, chômeurs, PMR… 4/ Tarification pour les autres usagers Les tarifs-planchers pour les passagers et les voitures accompagnées sont ceux de la délégation de service public de desserte maritime à partir de Marseille. • Une décote de 20% est appliquée pour les rotations au départ de Nice. • Une décote de 10% est appliquée pour les rotations au départ de Toulon. Ces décotes sont justifiées par la différence de distance parcourue entre chacun de ces ports du continent et la Corse.

Numéro 14 page 5-6 (page 9-10 du rapport) rédiger comme suit :

2/ Voitures dites « de commerce » Pour les voitures de commerce non accompagnées, le tarif maximum applicable sera de 127 euros pour un véhicule au-dessous de 4 m, 140 euros pour un véhicule de 4 m à 4,5 m et 151 euros pour un véhicule au-dessus de 4,5 m de longueur.

Numéro 15 rédiger comme suit :

Règles d’équipage du navire La législation et la règlementation de l’État d’accueil, c’est-à-dire de l’État français s’applique à bord des navires. L’examen de la loi imposant au cabotage national le pavillon français premier registre étant prévu. Son adoption parlementaire, ou toute autre évolution législative, règlementaire ou conventionnelle en ce sens s’imposera aux compagnies titulaires de la convention. Avant cela, les opérateurs qui remplissent les conditions pour être admis au cabotage en France conformément au règlement européen n°3577/92, sont tenus de respecter les conditions fixées par le décret n° 99-195 du 16 mars 1999 à savoir : Le reste sans changement

Numéro 16 page 7 (page 11 du rapport) article premier de la délibération à la dernière ligne rédiger comme suit :

« Elles s’appliquent à compter de l’entrée en vigueur de la prochaine convention de DSP et pour une durée équivalente. Numéro 17 article 2 rédiger comme suit : « Les OSP feront l’objet de conventions établies entre l’OTC et les compagnies retenues ».

 

8 novembre 2012 Assemblée de Corse :

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Allocution d’ouverture du Président Dominique Bucchini

Mes chers collègues,

comme vous avez pu le constater, l’ordre du jour de cette séance publique est chargé : il comporte, notamment, le débat d’orientations budgétaires préparatoire au budget primitif 2013 ; et l’examen du rapport relatif aux obligations de service public qui viendront compléter notre politique régionale des transports maritimes entre la Corse et le continent.

Cependant, l’actualité me contraint à évoquer dans mon propos introductif la situation de notre île.

J’évoquerai, une nouvelle fois, une violence qui se déchaîne. Je prends le risque de me répéter, mais je le ferai sans cesse car jamais, je n’accepterai sa banalisation.

Dans la même semaine, ce sont trois insulaires qui ont été les victimes de véritables guets-apens. L’un d’entre eux, Antoine SOLLACARO, était une personnalité reconnue dans la vie régionale, qui exerçait son métier d’avocat jusqu’au plus haut niveau ; homme de convictions et de fidélités, il intervenait volontiers dans le débat public. Vous me permettrez d’évoquer ce nouveau drame humain, en pensant à son épouse, et à ses enfants comme, d’ailleurs, aux deux autres familles plongées dans le deuil.

Cet assassinat en plein jour, et en plein centre-ville, a donc eu un retentissement national. Pendant plusieurs jours, les télévisions, les radios, les journaux ont cherché, souvent honnêtement il faut le reconnaître, parfois hélas avec des approximations ou des clichés scandaleux, à décrire la situation de la Corse, en essayant de comprendre les mécanismes d’une violence qualifiée d’inextricable.

De son coté, le gouvernement a multiplié les déclarations sur sa volonté de juguler ce fléau et annoncé un ensemble de mesures à l’occasion d’un conseil interministériel réuni en urgence. Enfin, les partis politiques républicains, de quelque bord qu’ils se situent, se sont abstenus, et il faut le souligner, d’instrumentaliser ce dossier.

Chacun ici appréciera ces réactions en fonction de sa sensibilité et de son expérience. Au moins, pouvons-nous faire à ce nouveau gouvernement le crédit de sa détermination à agir : pour ma part, je considère que la gravité de cet enjeu transcende les clivages politiques, en Corse comme sur le continent. A condition, toutefois, de poser les bonnes questions, de savoir prioriser les réponses, et d’être prêt à s’engager sur la durée.

Trop souvent, la surexposition médiatique s’est limitée à couvrir l’évènementiel, les annonces gouvernementales n’ont pas été concrétisées ou se sont enrayées faute de moyens, quand des coups de menton intempestifs ne produisaient pas des effets contraires aux objectifs poursuivis. Avec pour résultat l’accoutumance, la banalisation et la résignation dans l’opinion et chez les criminels, le sentiment qu’ils peuvent agir avec une facilité déconcertante.

Mes chers collègues, la population de la Corse est dans son immense majorité honnête, travailleuse et pétrie de valeurs humaines ; elle ne se retrouve aucunement dans cette caricature de haine et de cupidité qui pousse certains des siens à des actes odieux ; elle mérite mieux que de subir impuissante la litanie insupportable des homicides et des deuils.

L’Assemblée de Corse a organisé dès le début de sa mandature un débat consacré au problème de la violence, et les échanges ont révélé une prise de conscience collective autour des évolutions de celle-ci, avec le risque d’une véritable dérive sociétale. Une commission a été chargée de faire un état des lieux et proposer des axes de solution ; son premier rapport d’étape, adopté à l’unanimité identifie les phénomènes les plus importants et au cours de la deuxième phase, engagée la semaine prochaine, des réunions au contact de la jeunesse et des milieux éducatifs sont prévues.

Je crois que nous sommes aujourd’hui suffisamment crédibles pour demander au gouvernement, non seulement de prendre la mesure de la gravité de cette situation, mais également, d’apporter une réponse adaptée et de le faire savoir à la population.

Il y a quelques mois, j’avais attiré l’attention du pouvoir central en affirmant que la violence en Corse ne saurait être réduite à un phénomène local, mais faisait partie d’un problème beaucoup vaste de criminalité mondialisée qui exige des réponses au niveau national et sans doute même européen. Ce n’est donc pas une question d’uniformes ou d’heures de gardes à vue supplémentaires, mais bien de moyens spécialisés –ce qui ne veut pas forcément dire « dérogatoires ».

Notre commission, dans son rapport, a retenu trois priorités : la spéculation immobilière, la criminalisation de l’économie, et la précarisation des jeunes.

La Collectivité Territoriale, Exécutif et Assemblée, a montré sur tous ses bancs depuis le début de cette mandature, une capacité à surmonter les clivages pour adopter, ensemble, des politiques volontaristes et innovantes. Je ne doute pas de notre détermination à engager, dans le respect bien sûr de nos compétences, des actions résolues pour endiguer la spéculation, combattre la précarité scolaire, économique ou sociale, et promouvoir des valeurs collectives isolant le port des armes ou le trafic de drogue.

Il appartient bien sûr à l’Etat de traduire ces enjeux dans ses domaines de compétences régaliens, au premier rang desquels l’action des forces de police et de justice concentrée sur la criminalité organisée.

Mais quels que soient les moyens mobilisés, le succès ne sera durable qu’à la condition de relever trois grands défis pour l’avenir de la Corse.

Le premier concerne l’éducation et la jeunesse, considérées par le Président HOLLANDE et son gouvernement comme une véritable priorité nationale, et la Corse connaît un déficit préoccupant en moyens éducatifs comme en sorties sans qualification.

Le deuxième traite des urgences sociales alors que le cumul de la précarité et du chômage, du coût de la vie, des difficultés de logement et de l’accès aux soins constitue ici une force puissante de destructions.

Le troisième enjeu, enfin, est celui des entreprises, de l’emploi, et de l’innovation car malgré l’essor de la fréquentation touristique, ou le talent de jeunes entrepreneurs, la Corse demeure une région fragile et vulnérable.

Depuis cette tribune, je lance donc un appel solennel au gouvernement.

La Corse attend des réponses concrètes aux formes les plus aigües de la violence, mais elle espère aussi une perspective nouvelle en termes de société et de développement.

Comme le démontrent tous les sondages d’opinion, l’éducation, l’emploi, la vie chère, la santé et le logement sont les principales préoccupations de sa population.

Ici, à l’Assemblée, nous nous efforçons de créer les conditions favorables à une dynamique collective et avec l’Exécutif, nous attaquer de front aux défis du foncier, du développement et de la précarité.

A un éditorialiste qui s’interrogeait cette semaine sur la volonté de préparer l’avenir avec comme piliers l’économie et le social, et comme socle l’état de droit, je répondrai, en incluant aussi la culture : oui, cette volonté, nous l’avons !

Je ne doute pas que le gouvernement ait pris aujourd’hui la mesure de la complexité de la situation de la Corse, qu’il partage cette approche et qu’il nous rejoindra pour construire, ensemble, le rempart impénétrable du civisme, de la solidarité et du développement.

Avant de conclure, je tiens à assurer de notre soutien les deux agents de nos services routiers qui ont été, à Prunelli, accidentés alors qu’ils réparaient les dégâts des intempéries.

J’adresse également aux agents de la SNCM, par l’intermédiaire de leur directeur régional M. GIOVANNINI, nos encouragements pour la remise à flot du « Napoléon Bonaparte ». Ce superbe navire est familier à beaucoup d’insulaires qui l’ont emprunté, ou l’ont aperçu évoluant dans nos ports. Je connais l’attachement des marins à ce qui est, pour eux, plus qu’un simple outil de travail, et nous espérons tous ici qu’il pourra reprendre rapidement du service.

Il me revient, malheureusement, de vous faire part du décès de Marie-Antoinette GIUSEPPI, ancien agent du service informatique vaincue par la maladie: je vous demanderai, Monsieur le Président du Conseil Exécutif, de bien vouloir assurer sa famille et ses collègues de travail de toute notre affection.

Je ne saurais achever mon propos sans évoquer le Prix GONCOURT décerné hier à notre compatriote Jérôme FERRARI.

Cette distinction exceptionnelle récompense avant tout le talent personnel de ce jeune enseignant.

Un livre puissant, superbe, considéré par la critique comme « ce qu’il y a de plus abouti, de plus beau, de plus universel en cette rentrée littéraire » ; et qui a pour architecture « les trois temps de l’Histoire de Fernand BRAUDEL (…) : celui d’une civilisation, celui d’un siècle et celui d’une vie d’homme ».

Le jury du Prix GONCOURT a notamment décrit à l’AFP un ouvrage « littérairement parlant, très bien et très réussi », une « parabole sur la désespérance contemporaine, dont la morale est optimiste ».

Mes chers collègues, dans une île en proie à tellement de problèmes et de tourments, d’ailleurs décrits avec lucidité par cet écrivain, un tel succès mérite d’être partagé avec ferveur et émotion.

Quelques précisions, enfin, sur le calendrier des séances jusqu’à la fin de l’année :

- le lundi 3 décembre, séance plénière consacrée à la langue corse et à la réforme territoriale,

- les jeudi 20 et vendredi 21 décembre, séance publique avec à l’ordre du jour le BP 2013,

- les jeudi 29 et vendredi 30 novembre, les ministres de l’intérieur, Manuel VALLS, et de la justice, Christiane TAUBIRA, seront à Ajaccio et Bastia : un entretien avec les groupes

 

Dominique BUCCHINI à l'AFP

XX

 

Entretien Violences en Corse : «Il nous faut aller aux racines du mal»

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Pour le président de l’Assemblée de Corse, Dominique Bucchini (PCF), la dérive mafieuse de l’île ne peut se comprendre sans tenir compte des difficultés sociales de la région.

Comment réagissent les élus régionaux corses à l’assassinat d’Antoine Sollacaro, hier matin à Ajaccio ?

Dominique Bucchini : On ne fait aucune différence entre les morts, mais si on tue un avocat, on tue quelqu’un qui a pour mission de défendre les droits de l’homme, un représentant de la justice. On tue la République. Il y a à juste titre une forte commotion dans le peuple corse.

Ce quinzième meurtre en Corse depuis le début de l’année est-il un symptôme de la « mafiosisation » que vous dénonciez dans l’Humanité du 18 septembre dernier ?

On dit : « c’est une escalade ». Non, c’est permanent en Corse. Lorsque nous avons été reçus (les présidents de région, NDLR) par le président de la République le 17 septembre, je lui ait dit qu’il était temps de faire quelque chose. Le gouvernement s’était déplacé à Marseille, mais au prorata de la population, la criminalisation de la société corse est beaucoup plus importante que celle des Bouches-du-Rhône : nous sommes la région la plus criminogène d’Europe ! Le gouvernement ne peut pas rester l’arme au pied.

Après cette réunion à l’Elysée, vous demandiez au ministre de l’Intérieur de « venir rapidement en Corse et rassurer la population ».

Mais pas pour donner un coup de menton, comme bon nombre de ses prédécesseurs l’ont fait, puis attendre que les évènements passent. Ni pour créer une zone spéciale qui nous détacherait dix gendarmes en plus, comme on l’a fait ailleurs : au kilomètre carré, on est champions de France de la présence policière et gendarmesque. Ce serait plutôt pour définir sur dix, quinze ou vingt ans les voies et les moyens d’une politique nouvelle à l’endroit d’un territoire qui souffre. La criminalité relève des compétences régaliennes de l’Etat, ce n’est pas à la collectivité territoriale de le régler.

La Ligue des Droits de l’homme, à laquelle l’avocat assassiné appartenait, estime qu’il faut « se tourner vers la société corse (car) l’exercice de la citoyenneté n’est pas de la seule responsabilité de l’Etat. »

C’est pourquoi nous proposons un sursaut collectif. Pour mettre les gens en mouvement, il faut les sensibiliser. Il faudrait se mettre autour d’une table avec d’autres collectivités (les conseils généraux de Corse et les villes importantes) pour monter à l’assaut du mal-vivre dans un premier temps et de son corollaire, la délinquance. Il nous faut aller aux racines du mal.

Aller à la racine c’est notamment s’adresser aux plus jeunes…

Dès le mois prochain, je vais aller dans des lycées, écouter les jeunes et leur parler. D’autres collègues viendront aussi, pour dénoncer la violence et porter une parole positive. Je veux le faire parce que j’ai subi les foudres du président du conseil général de Corse du Sud il y a dix jours à propos des compétences du Conseil territorial de Corse. Dans les statuts particuliers de la Corse, il est écrit que « l’Assemblée de Corse s’occupe des affaires de la Corse ». La violence est une affaire de la Corse et des élus corses. On ne peut pas développer harmonieusement un pays avec des extorsions de fonds, des crimes à cadence accélérée…

C’est le sens de votre engagement à la tête de la « commission violence » de l’Assemblée de Corse ?

Durant un an on a écouté des gens de toutes opinion, des administratifs, des politiques et des associatifs ; des femmes, des jeunes, des vieux, des experts… Nous poursuivrons nos travaux au mois de novembre, qui seront conclus par un deuxième rapport, mais nous aimerions avoir des réponses de l’Etat au premier rapport, sorti en mars dernier.

Que disait-il ?

Il détaillait un certain nombre de préconisations. Notamment l’engagement d’une action rapide dans trois domaines prioritaires : la spéculation immobilière qui profite en partie au milieu, comme la pénétration de l’économie par l’argent sale, et enfin la précarité.

Bien sûr : nous sommes la région la plus précaire de France, ex-aequo avec Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’échec scolaire et la sortie sans qualification du système sont les premiers problèmes à résoudre : il faut reprendre et restructurer l’ensemble du système éducatif et de formation professionnelle. Trop de jeunes en rupture scolaire tombent dans la délinquance ordinaire de la rue, sont récupérés par le milieu corse : des jeunes prêts à tuer pour quelques euros…

 

FRONT de GAUCHE Le Samedi 27 Octobre 2012

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Nous serons heureux de retrouver les animatrices et animateurs du Front de Gauche, ainsi que tous les camarades qui le désirent, pour une réunion :

Le Samedi 27 Octobre 2012 à partir de 13h30 à l'Université de Corse à Corte.

À la suite des élections présidentielles et législatives 2012, le changement est-il vraiment au rendez-vous ? Après avoir fait le point sur la politique menée par le nouveau gouvernement, nous aborderons plusieurs thèmes concernant la Corse :

  • Politique des transports
  • PADDUC
  • Réforme institutionnelle
  • Statut de la langue corse

Autant de thèmes qui méritent la mobilisation de ceux qui aspirent à un véritable changement en Corse. Dans l'attente de cette rencontre des animatrices et animateurs du Front de Gauche, nous vous transmettons nos sincères salutations.



Etienne Bastelica Viviane Biancarelli Dominique Bucchini Marie-Jeanne Fedi Maria Guidicelli Josette Risterucci Michel Stefani

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