Lors du Conseil municipal de jeudi 18 octobre, le groupe communistes et partenaires a présenté un voeu pour le déblocage des aides de l'Etat dans le programme ANRU pour le quartier Gagarine Truillot. Le voeu a été voté à l'unanimité !
Voici l'intervention de Méhadée Bernard, présidente du groupe communistes et partenaires, et conseillère municipale déléguée au quartier centre-ville :
C’est généralement avec un grand plaisir que j’interviens au Conseil Municipal sur le projet Anru du quartier Gagarine-Truillot mais je dois avouer qu’aujourd’hui c’est non sans amertume que je présente au nom du groupe des élu-es communistes et partenaires un vœu sur ce projet phare de notre mandat.
Ce vœu, c’est d’abord notre volonté partagée de voir la réussite du projet dans ce quartier en manque, depuis bien trop longtemps, d’intervention publique de l’Etat.
C’est ensuite le respect du travail engagé, un travail qui est, on ne le rappellera jamais assez, partenarial à tous les niveaux.
Enfin, à ceux qui pensent que nous nous y sommes mal pris, je leur répondrais simplement : certes nous avons pris le temps de concerter (c’est peut-être pour certains une erreur, mais pour nous c’est ce qui fait sens), et c’est l’engagement que nous avons pris dans notre programme ! Construire nos projets de ville avec les ivryennes et Ivryens, les partager, les dessiner, les faire avancer.
Presque 8 ans de construction avec des allers-retours, des va et vient avec les services de l’Etat pour multiplier les chances d’être subventionné à un haut niveau, au niveau de l’exigence des locataires, ne pas se contenter de miettes mais aller vers un quartier véritablement redimensionné, équipé, ouvert, remaillé, reconnecté au reste de la ville. Un quartier qui verra de nouvelles constructions de logements sociaux accessibles à tous, un quartier où mixité ne rimera pas avec ghetto social et urbain.
Nombre de projets Anru subventionnés en Ile de France n’ont pas
eu d’autre objectif que de mettre à l’index les habitants des quartiers
populaires qui y vivaient, en les éloignant de leur nouveau quartier
devenu inaccessible compte tenu du prix des loyers de sortie. A Ivry,
notre volonté est tout autre. Notre responsabilité, à l’aune du travail
que nous avons engagé sous le pilotage de Romain sur la révision du PLU,
est bien de construire une ville durable pour toutes les ivryennes et
tous les ivryens.
La rénovation du quartier Gagarine-Truillot n’est pas qu’un
projet de quartier, c’est bien un projet de ville, un projet pour toutes
et tous sans exclusive. Il est grand temps de rallumer les étoiles de
Gagarine, de nous battre ensemble – élu-es, habitants, associations,
personnels, partenaires, pour sa réussite.
(...) Il y a des moments, dans la vie d’une municipalité, où l’accord de tous aide à avancer pour le mieux vivre ensemble.
Ci-dessous, l'intégralité du texte du voeu présenté par le groupe communistes et partenaires :
Considérant que la ville est engagée depuis bientôt 8 ans dans un projet de grande ampleur de rénovation urbaine du quartier Gagarine-Truillot pour répondre, conformément à ses engagements, aux difficultés des habitants, aux défis d’un logement de qualité dans un territoire revitalisé, ouvert et agréable à vivre,
Considérant que ce projet, longtemps réfléchi, s’inscrit dans un vrai travail collectif entre les élus, de nombreux services de la ville, les associations présentes sur le quartier et les habitants. L’objectif était bien d’aboutir à un projet à la fois cohérent et largement partagé, produit d’un processus impliquant tous les partenaires institutionnels concernés, du département à l’Etat.
A ce titre, le rappel des grandes étapes est significatif :
- En février 2005, la Ville engageait une réflexion incluant la perspective d’un projet urbain sur le quartier Gagarine-Truillot conformément aux orientations fixées par la Charte « vers Ivry 2015 », ainsi qu’aux 183 engagements de notre projet de ville,
- En juin 2006, la Ville approuvait le lancement des études urbaines, ainsi que la mission d’assistance à la maîtrise d’ouvrage nécessaire à l’élaboration du projet,
- En octobre 2007, le Conseil Municipal approuvait le lancement d’un appel d’offres ouvert pour l’attribution des marchés de définition simultanés. Procédure innovante et intéressante, puisqu’elle a permis de mandater 3 équipes pluridisciplinaires pour travailler un projet avec des allers-retours fréquents devant les habitants du quartier : ce sont près de 350 personnes qui ont assisté aux 5 ateliers organisés entre octobre 2007 et février 2009.
- La CAO de juillet 2009 déclarait lauréate l’équipe menée par l’agence Grifo, équipe pluridisciplinaire : Agence GRIFO – Agence TER – Bureau d’études : EPDC – Alain Beurotte, urbaniste conseil, Jean-Paul Lamoureux, acousticien, et Stéphane Shankland, artiste plasticien. Ce choix a été entériné par délibération du Conseil Municipal de septembre 2009.
- En 2010, nous mettions en place sur le site une permanence d’information et d’écoute.
- Le 23 septembre 2010, notre instance autorisait notre maire, Pierre Gosnat à solliciter l’Etat pour l’obtention des financements ANRU.
- En 2011, un premier dossier a été déposé, puis un second après modification en mars 2012
Considérant que la rénovation structurelle du quartier va également de pair avec une redynamisation, par le commerce et les services de proximité. En vue de permettre à tous les acteurs (associations, habitants, services de la ville) d’agir, dans le souci permanent qui est le nôtre d’une proximité renforcée, premier jalon d’une ouverture sur la Ville et au-delà, une réflexion a été engagée pour l’ouverture d’un centre social de quartier. Les élus, les services, les associations et les habitants avancent ensemble dans l’élaboration de ce centre,
Considérant que la Ville, pleinement impliquée dans cette rénovation, ne peut pas la porter seule. Aussi, les services de l’Etat, sollicité pour des financements dans le cadre du programme ANRU courant de 2003 à 2012, ont été enthousiastes et attentifs à l’évolution du projet. La participation souhaitée de l’Etat pour 20 à 25 % du coût total de l’opération évalué à 100 millions d’euros, était attendue par l’ensemble des acteurs du projet. Bien sûr, ce projet a un coût, mais c’est bien le coût d’un mieux vivre : mieux vivre chez soi dans son logement, mieux vivre ensemble dans son quartier et dans sa ville,
Considérant que le refus de l’Etat, décidé lors de la Commission Technique Partenariale, de s’engager dans le financement de ce projet nous contraint à revoir très largement les ambitions portées si l’on ne veut pas abandonner cette aventure commune. C’est un coup porté aux élus qui se sont battus pour qu’il voit le jour, et aux services qui ont travaillé pour le penser et le bâtir. C’est avant tout une grande désillusion pour les habitants de cette cité pour qui la transformation du quartier représente un espoir de changement, de mieux être et de mieux vivre, nécessitant en même temps un travail de mémoire, de deuil, et un effort de ré-appropriation de leur environnement. Au-delà du projet ANRU, c’est l’ensemble de notre politique de transformation de ce quartier avec la création du centre social, qui en pâtit.
Considérant qu’après des années de lutte contre des gouvernements de droite, et que les défis d’aujourd’hui sont énormes, l’arrivée de la gauche au gouvernement laisse espérer que l’engagement de l’Etat aux côtés de notre ville sera renforcé et pas sacrifié au nom de l’austérité.
Le Conseil municipal demande donc au gouvernement :
- de reconsidérer les positions actuelles concernant le projet ANRU Gagarine-Truillot et d’investir l’argent nécessaire au commencement de sa réalisation,
- la mise en œuvre sans délai, dès 2013, d’un PNRU 2e génération afin que ce renouvellement urbain d’envergure puisse se poursuivre,
- de tenir compte que la demande de toutes et tous, pleinement mobilisés dans la construction collective de ce projet ambitieux pour un mieux vivre durable et pérenne, ne saurait souffrir d’incertitude ni de délai dans une période de fragilisation et d’instabilité grandissante.
A quelques jours de la fin de la «
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Cet apparent recul du pouvoir n’est en fait qu’un artifice qui ne peut masquer la désastreuse réalité. Parce qu’il aggrave son désengagement dans le financement du logement, le gouvernement persiste à vouloir faire financer le logement social par les organismes de logements sociaux.
